Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[rp] Le jour d'après

Lglvh
Citation:
À vous, Lestat Gabriel de Lioncourt van Hesling, duc de Trun
De nous, Ursulade Ozta et de Courcy, vicomtesse d'Echauffour et dame de la Chapelle-Vaupleteigne

Salut et paix.

Lestat. Nous osons vous appeler par votre prénom. De toute manière, la distance et la plume nous feront office de bouclier si par mégarde nous vous avons offensé. Nous avons appris, lors de notre séjour à Argentan, par la bouche d'un tiers que vous quittiez l'Alençon. Face à cette nouvelle, nous n'avons pu que faire une seule chose:prendre le vélin et y coucher quelques mots.

Vous allez nous manquer. Au-delà du collègue, nous avons trouvé en vous un ami. Et, comme le contexte s'y prête, laissez-nous vous écrire quelque confidence. Nous sommes mariée, à présent. Ainsi, nos mots n'auront guère un impact important sur nos échanges. Vous allez nous manquer. Nous avons, de tout temps, eu un petit faible pour vous. Même, avoir eu davantage de cran, nous vous aurions volontiers conté fleurette, du temps de notre étroite collaboration ducale. Joli cul, belle gueule, borgne mais pas aveugle. Nous aurions pu faire de grandes choses ensemble pour peu que vous ayez eu l'oeil aguerri et l'esprit libre des tourments de l'un, de l'autre et d'un faucon.

C'est avec une déception plus grande que ce nous aurions imaginé que nous apprenenons votre départ. Que ce soit un aurevoir, plutôt qu'un adieu. Que vous nous gardez au fait de votre santé et de vos accomplissements, de vos joies et de vos peines. Nous vous demandons, en guise de dernier caprice, d'accepter d'être le parrain de notre premier-né, fut-il garçon. 

À ce pli est joint un saucisson à l'ail et du vin de Portugal.

Soyez prudent.

Avec une trop discrète affection.
Ursula. 


Maitre Lesta, vous pleurez ?
Mais non enfin, c'est..l'odeur d'ail la sur le vélin ça fait couler mon oeil
C'est l'oignon qui pique..pas l'ail.
Je ne pleure pas que j'te dis je transpire de l'oeil, fait chaud...de l'air à boire allez ouste du vent je dois répondre à la missive.


Pied au cul séance tenante, c'était pas souvent que je rudoyais ainsi mon valet.
Saint homme qui avait les baloches bien accrochées à me supporter.
Je me ressaisis balayant les larmes d'un revers de main, me mouchant dans ma manche et tant pis pour l'effet crade, pris une lampée de Tuistat * et une fois la mirette en mydriase, j'écrivis.



Citation:
D'un Renard à une petite gousse d'ail.

Ursula.
Peut-être que si nous ne nous connaissions pas si bien, j'aurais pu être vexé.
Mais, il n'en est point. Je vous rappelle quand même que vous connaissez le nombre de tâches de rousseur sur mon séant pour les avoir compter patiemment en taverne.

On ne vous a pas menti, je pars.
Amour gloire trahison et mensonges entre amis, là voilà la raison de mon départ.
A trop écouter les désirs d'autrui, j'en suis venu à m'enfermer dans une cage dorée et la j'étouffe. Je dois me reprendre et faire le vide, profiter d'un vent de liberté...liberté dont j'ai été privé pendant deux ans.
Mon coeur saigne et ma tête va exploser. Je sens que m'éloigner est la chose à faire. Pour combien de temps, je ne sais pas.
Mais je ne vous abandonne pas Ursula, j'accepte avec fierté d'être le parrain du mini vous et je gage de vous revoir avant mon départ.

Votre lettre me touche et ma foi..que de temps perdu, des regrets peut être, d'une histoire qui aurait pu voir le jour et qui est restée au niveau de rumeurs.
Je vous remercie pour le présent et en attendant de vous revoir, je vous fait livré une caisse entière de Tuistat.
Sincèrement
Lestat


C'est non sans une légère amertume que je fis couler la cire sur le parchemin plié et que j'y écrasais ma chevalière


GRIiiiiiiiiiimmmmmmmeeeeeuh !
Que se passe t'il ? Une poule a percé une dent ? La chèvre est morte ?
Apportez ce pli à Echaffour et joignez-y une caisse de notre eau-de-vie.
Tout de suite , Maitre Lesta. Oh..au fait...
Mmmh ?
Je trouve que votre écuyer est sacrément curieux et culotté
Dis-lui de venir me voir, j'y toucherai deux mots.


Chose dite, chose faite, tandis que le vieux valet faisait office de coursier, l'écuyer, lui fit vite déculotté, son cours de langue pouvait commencer, plus que deux mots furent touchés un peu éparpillé sur son corps.




*Consommation de Tuistat ( eau de vie de prunes distillées à son Domaine auquelle il rajoute de la poudre de champignons blancs si meugnons qui poussent à Trun (Psilocybe semilanceata) et du pavot des jardins qui décore les allées de son château).
_________________
Ursula_
«C'était une de ces histoires curieuses, qui ne se terminent jamais, qui endurent, et perdurent sous un toit de glace, dans l'attente obstinée d'un printemps qui ne vient pas.» -Guillaume Vigneault, Carnets de naufrage


Le sceau de cire de couleur inhabituelle est brisé. L'Ibère sourit en devinant l'auteur des pattes de mouches. Assise sur le rebord de son secrétaire, Echauffour parcourt le pli en se rongeant l'ongle de l'index. Fait chier. Il part. Pour vrai. Et il la laisse toute seule pour affronter les monstres, le bougre!

La main gauche, ornée d'une émeraude symbole de sa servitude, s'avança à l'aveuglette pour saisir un hanap dans lequel avait été versé deux doigts de tuistat. Toujours aussi mauvais. Toujours aussi fort. Toujours aussi entêtant dans l'effluve et dans le goût. Souvenir, pourtant, d'un copinage qui battait de l'aile. L'odorat chargé de souvenirs, l'Ozta quitta son perchoir pour passer derrière la table.


Citation:
Goupil,

Qu'il me fait plaisir de vous lire enfin. Je vous croyais déjà bien loin de l'Alençon. Je comprends votre besoin de prendre du recul. Je ne l'ai pas fait au moment opportun, cela m'a rendue malade et je vous ai déçu, durant votre dernier mandat. Pour ça, je vous demande pardon, d'ailleurs. De toute façon, cela va se retourner contre moi dans les jours à venir, à n'en pas douter.

Comme j'aimerais que vous demeuriez ici, j'aurais eu besoin de vous cet été. Tellement. D'ailleurs, si vous ne revenez pas, je viens moi-même vous chercher et vous traîne par l'orbite blanchâtre jusqu'à l'Alençon, de gré ou de force! Je suis même assurée que vous pouvez entendre timbre de ma voix, menaçante, en lisant ces lignes. Avouez!

Je garde en effet un souvenir plutôt cocasse de votre séant à l'air libre en salle du trône. Ou en taverne pour le simple plaisir d'offusquer les bonnes gens. Il n'y en a pas deux comme vous, et heureusement. L'Univers ne s'en remettrait pas et les cieux nous tomberaient sur la tête...

Nous sommes à quelques jours de la Saint Jean, nous y ferons un immense feu de joie, mieux encore que le Mai! Venez à Echauffour, que je vous pince les joues avant que vous ne quittiez vers des cieux plus cléments et une herbe plus tendre. Il ne s'agit pas là d'une invitation, mais d'une citation à comparaitre. Vous venez. C'est dit. Vous pourrez d'ailleurs y rencontrer mon époux. Il est tout à fait désagréable, impertinent, autoritaire, lubrique, mais il faut bien se marier un jour... Et il n'a pas que des défauts: j'y ai gagné une belle-fille. Elle vous insupporterait, mais moi je l'aime.

Sachez, Lestat, que des regrets j'en ai aussi. Les ouï-dire auraient dû avoir raison. Quelle univers dystopique cela aurait créé!

Je vous remercie pour le Tuistat.



_________________
Ursula_
Alençon milieu de l'été. Château des Ducs. Ozta est survoltée, la reine s'en vient visiter ses terres, demeurera quelques jours repartira par la suite. Peu de temps, donc, pour donner bonne impression et ne pas donner l'illusion que l'Alençon est peuplé de péquenots, qu'ils soient couronnés ou pas.

Ursula avait commandé, avec les deniers maritaux, une robe à la mode d'Italie toute en soie damasquinée, bleue comme le Lys de France, avec des dorures et des perles. Le tout lui remontait le décolleté juste assez pour garder une partie de l'attention de son époux sur elle et moins sur les autres membres de la gent féminine. Bref, une réussite signée Anaïg.


-Eusébia!

Le ton est agacé.

-Tu as bien fait préparer la tenue pour l'arrivée des monarques, si?
-Livrée depuis deux semaines, votre Grâce.
-Où est-elle?
-L...à?


Rien dans le coffre où le vêtement devait être rangé à part une chainse soigneusement pliée. Et un long poil roux sur le blanc de l'étoffe.

Ursule change de couleur, passe du blanc au rouge, du rouge au violet. Saloperie de goupil. Chapardeur à couronne. Horrible petite bête. Lioncourt, on ne peut pas te faire confiance!

Citation:

Alençon
11 juillet 1465


Citation:
    À vous, sublime enflure impénitente
    De nous, à poil dans notre chambre au matin de l’arrivée de la reine à Alençon.


Sale petit renard.


D'abord, vous n'avez pas donné signe de vie depuis votre départ. Oui, je vous blâme pour ça. Vous me manquez, et alors?

Par la suite, je savais que vous m’aviez subtilisé quelque chose, pour garder un souvenir. J’aurais pensé quelque chose de romantique, comme un ruban, une mèche de cheveux, un jupon... Mais ma robe italienne, vraiment? À quoi vous sert-elle? Et surtout, comment vous y êtes-vous pris pour ce faire? Je devrai porter ma robe de noces pour l'arrivée de leurs majestés. À cause de vous!

Je demande réparation.
Un bijou. Lourd. Qui brille.


Et votre présence aux hommages en Alençon. Surtout cela.


Sinon, je vous insère une fourche là où le soleil ne brille jamais.





_________________
Lglvh
Quelque part au fin fond d'une forêt, attifé comme une gourgandine, le nez sous le jupon de mon vrai faux-ecuyer, j'étais en train de m'assurer que ce dernier n'avait pas perdu sa fierté en route, victime de mes sempiternelles conneries et idées de génie et j'en profitais au passage, du bout des papilles expertes, me faire pardonner des conséquences de ce plan qui soyons honnête était foireux dès le départ.

C'est ébouriffé et en nage que Grimm me remit dans la patte une beuglante alençonnaise qui me parvint plus tôt que j'avais prévu.

Ha Sacrée Ursula...
Il me semblait la voir depuis ici, bras et mains potelées sur une hanche parfaitement dessinée, son blond chignon impeccablement en équilibre à l’arrière de son crâne, sa chausse frappant le sol à intervalles réguliers, des effluves d'ail flottant autour d'elle, mais qui n'enlevait en rien au charme de cette étrange poupée ibérique.

Je me tournais vers mon acolyte pointant un doigt suspect, dont la main était ganté de velours-je ne faisais pas dans la demi mesure- sur le passage citant : un objet lourd qui brille, puis en suite sur les hommages d''Alençon.


C'est bien une donzelle ça. Ça veut du lourd et que ça brille, et si on lui envoyait un goret au poil brillant qu'on appellerait Bijou ? T'en penses quoi ?

Puis après avoir boudé quelques secondes, je repris :

Elle me veut à ses hommages ainsi que sa robe soit, elle ne sera donc pas déçu que j'y aille en l'endossant, n'est ce pas ?

Mauvaise foi quand tu nous tiens, je sentais une irrésistible et convulsive envie de faire caguer.





De moi, sa magnifique renarderie duc de tous les ducs
A vous, petite gousse d'ail couronnée

Pustule tracé Ursula,

Vous n'imaginez même pas combien de nos jours, les parchemins et l'encre coûtent cher, sans compter que je n'ai croisé jusqu’à lors aucune pintade à plumes donc la question est : comment pouvais-je vous écrire ? On se le demande. Mais ho miracle, mon écuyer est un véritable homme organisé

A cette phrase je ne pus m’empêcher de dévisager Nicolas déambulant à grandes enjambées toujours revêtant sa robe, à croire qu'il prenait goût.




Et m'a donc débusqué tout le nécessaire à écriture.

Votre robe italienne dites-vous ? Et bien figurez-vous, que je ne fais qu’obéir a vos désirs. N'avez-vous point demandé à se que vos biens soient bien gardés ? C'est ce que je fais, n'ayez crainte, je la bichonne comme si elle m'était amante et pour l'heure nous ne faisons qu'un elle et moi.

Vous remarquerez que je suis un homme attentionné et soucieux de vous rendre heureuse, c'est pourquoi, joint à ma missive, vous trouverez Bijou, lourd et brillant que vous avez demandé.

Je profite aussi de l'occasion pour vous remercier de ramasser le foin du côté nord de Trun, effectivement, le soleil n'y brille jamais et de ce fait, il ne peut sécher convenablement. Il est très noble de votre part que de donner un coup de main à mes serfs.

Bien à vous

Lestat



Nicolas, j'espère que tu cours vite car il nous faut chaparder un cochon dans la première ferme que nous croiserons et courir vite car ils ont toujours des clébards dans ces coins là !
_________________
Ursula_
-Duchesse, un pli pour vous. On ne sait pas de qui elle vient. Croyez-vous que ce puisse être un infâme qui complote contre vous, et a fait tremper la feuille dans de la pisse de pestiféré? Vu l'odeur, ça ne m'étonnerait pas, en vérité. Ça venait avec un cochon, aussi. Un de vos serfs?

Une moue dégoûtée s'afficha sur le visage de la Navarraise alors qu'elle se saisissait de la lettre.

-Un porc? M'enf?

La lettre est ouverte et rapidement Ursula reconnut la calligraphie. Crétin de Trun. Il n'avait définitivement pas compris comment se font les cadeaux. Ou alors, il devait ricaner en scellant le mot, pleinement conscient -et fier- de sa connerie. Air de petit con imprimé sur la trogne qu'il était facile de s'imaginer.

-C'est du duc de Trun, tu le connais, le duc de Trun, non?

-Oh. Le borgne avec qui vous avez c'...


La servante se fit interrompre par sa maitresse d'une tape sur le bras.

-Travaillé.

-Oui. Travaillé.

Citation:
Au verrat orangé
D'une gracieuse gousse d'ail


Je vous déteste.


Avez-vous perdu toute votre fortune au jeu pour être réduit à ne même pas pouvoir acheter de vélin? Si vous avez vendu ma robe à un bordel, je me charge personnellement de vos bourses -pas celles contenant les écus- et vous les attacherai autour de votre cou gracile. Vous m'écrivez en prendre grand soin, je m'attends donc à ce que vous me la rapportiez en l'état où vous l'avez prise. Ne caressez pas trop le tissu, il serait fort dommage de l'user... À moins que ce soit en pensant à moi, auquel cas caressez de tout votre soul.


Non, je n'irai pas faire les foins à Trun, vous me retrouveriez brunie par le soleil et les mains calleuses. Rien de bien band inspirant.

Non, je ne suis pas contente de votre présent. Cependant, le pourceau sera engraissé et abattu à l'automne pour en faire des tourtes et des pâtés que je ne partagerai pas avec vous, voilà. Vous allez crever dans le froid, affamé.

J'attends toujours ma robe, mon bijou -non, pas un porc nommé Bijou- et votre séant devant moi aux hommages. Aussi, comme j'ai également à coeur de vous rendre heureux, vous trouverez joint à cette lettre un nécessaire à écrire que je vous défends de vendre et que vous pourrez utiliser pour m'envoyer des poèmes d'amour courtois.

J'espère quand même que vous allez bien et que vous trouvez... peu importe ce que vous cherchiez en m'aband' quittant l'Alençon.

Rapportez-moi du nougat.

Bien à vous,
Ursula

_________________
L_aconit

- Elle te veut. Cette femme te veut c'est évident.


Nicolas égrenait les mots du bout des yeux, tenant la lettre du bout des doigts, en travers d'un faudesteuil pourpre. Ses cheveux tombant négligemment dans le vide.


- Ou peut-être que c'est toi qui la veut. Mhh?


Les doigts pinçant la missive la laissèrent tomber avec négligence au sol, comme une feuille d'automne.


- Un mariage, une belle façade... Je vois cela d'ici... Une aventure nouvelle.


Les hommes qui avaient gouté aux femmes, comme Lestat ou Ansoald, ces hommes qui avaient apprécié les femmes... Nicolas finirait tôt ou tard par les avoir en horreur. Il avaient en eux la faiblesse du revenez-y. L'absurdité de l'amnésie . La douce latence du presque oubli. Il se redressa dans son assise, suivant les va et viens du Lioncourt.


- Mais sache mon cher Duc, oh oui sache que j'ai pu voir en la vie sans épouse de celui qui m'a tout appris les avantages et les charmes que l'on trouve au célibat...


Que voulez-vous. L'homme n'est jamais pleinement satisfait de sa condition. Nicolas rêvait à l'homme qui le serait. Par lui et pour lui. Doux idéalisme. Il reprit sur un ton égal et posé son réquisitoire. Chassant une poussière sur son épaule.


- Pas d'obligations. Pas de faux semblants. Pas d'assignation à résidence. Oui, je sais. Tu vas me rétorquer que celui qui t'empêchera de sortir n'est pas encore né. Mais crois moi. Lorsque tu lui auras passé la bague au doigt, elle...


Il saisit au travers de l'étoffe de ses braies les couilles du Duc. Et murmura à son oreille, effleurant le pavillon de l'arête de son nez mutin.


- Elle te tiendra par là.

Puis il redessina le lobe de l'estoc de sa langue. Murmurant, presque compréhensif:


- Car l'idée d'un mariage t'a effleuré, n'est-ce pas? Andrea ne t'aurait pas servie de leçon... Les femmes sont toutes différentes selon toi? Gôutons les toutes, voyons quels goûts elles ont... Au début, elles ont la peau douce... Et leur parfum mmmh.. Est enivrant. Oh oui au début elles sont enviables. Et un beau jour on ne leur trouve plus rien d'attrayant. Elles finissent par devenir notre pire cauchemar . Te souviens-tu?

Il prit congé du Duc, balayant au passage d'un geste léger les autres missives de la Ozta qui commençaient à s'entasser comme la poussière que l'on tolère dans les angles. Sous prétexte qu'elle ne porte préjudice à personne, tant qu'elle y reste.


- Si tu prends épouse Lestat de Lioncourt, au moins choisis-la bien. Que je ne m'ennuies pas.


Car oui, dans ce mariage, ils seraient trois.

_________________

    (En Bleu italique, les pensées Laconiques.) -Recueil
Ursula_
Rédaction d’une lettre clandestine. Ouh ouh, mystère-mystère.

Citation:
À vous, Lestat Gabriel de Lioncourt Van Hesling, Duc de Trun

Estimé renard.

    Je sais.
    Vous savez aussi.
    Et maintenant quoi?


Rien d’autre? Une page vierge aux trois-quarts? On aurait pu qualifier alors la lettre de nouvelle post-moderne obligeant le lecteur à trouver les inconnus.

Citation:
Lestat. J’ai tergiversé assez longtemps avant de choisir de vous écrire aujourd’hui, un peu plus d’un mois après notre dernière et trop brève entrevue en Alençon. Votre silence m’inquiète. Ai-je eu des mots trop durs envers vous? M’en voulez-vous?


Ça va, pas trop de scrupules à jouer sur les émotions d’un borgne qui n’en demande de toute façon pas autant?
Citation:

Le ton, peut-être, vous rendra-t-il perplexe ou bien le vélin vous semblera-t-il bien lourd pour si peu de choses. J’essaie d’abord de me montrer rassurante. Permettez : Je ne vous demande rien. Je n’ai aucune attente en ce qui a trait au chaos silencieux que vous avez engendré. Aucun désir que vous ne portiez quelque action chevaleresque que ce soit. Je vous connais! Je ne suis pas en détresse. Je n’ai pas besoin que vous me sauviez. Vous savez. C’est déjà suffisant.


C’est bon, Ozta. Arrête là. Signe. Non, attends, ne signe pas. On ne sait jamais entre les mains de qui ça peut tomber.


Citation:
Vous m’autoriserez aussi -de toute manière, vous me lisez, vous n’avez guère le choix! –


Tu arrêtes, on a dit.

Citation:
à vous rappeler une chose. Nous sommes amis. J’ose espérer que la distance et la force des erreurs d’un côté et de l’autre n’entacheront pas cela. Nous sommes amis. Amants fugaces, peut-être aussi. Si je garde sur ma peau l’agréable souvenir de vos mains, si vous me manquez un peu, juste assez pour que ça me tiraille; je ne vous écris pas pour vous supplier, transie, de revenir en Alençon. Bien au contraire, j’espère que vous arrivez à trouver un peu de paix à mesure que vous dévorez les chemins. Comment est-ce, sous des cieux différents? Rencontrez-vous des gens intéressants? Mangez, buvez, baisez, voire les trois en même temps, bref, appréciez tout ce que cette liberté qui est vôtre désormais peut vous offrir.

D’Alençon d’où je vous écris, rien ne change. Les guerres intestines, le dédain, les mensonges et les calomnies finissent par se ressembler et sonnent comme un chœur aux voix discordantes. En somme, vous ne ratez rien de grandiose. Je regrette néanmoins que vous ne soyez pas là. Avec vous, la politique est toujours beaucoup plus amusante.

En terminant, retenez ceci de ma lettre : je ne vous attache pas. Il me plaira de vous revoir, même si lors de notre prochaine entrevue j’aurai la prestance d’une outre pleine de lait caillé. Si vous n’avez qu’une image à avoir pour vous souvenir de moi, pensez plutôt à cette étreinte que nous avons partagée. C’est tout de suite plus tentant. Aussi, L’Alençon est toujours aussi morose. Enfin, vous ne m’avez toujours pas renvoyé ma robe. Vous exagérez.

Bien à vous.

P.S. Vous étiez fort beau lors de la cérémonie d’hommages. De rien, le compliment était gratuit.

_________________
Lglvh
Pensif, j'avais regardé la porte se refermer.
Pensif, j'avais roulé le parchemin entre mes doigts.

Je comprenais le ressenti de Nicolas pour avoir été à sa place, cette crainte que l'épouse ne prenne tout et envahisse le moindre espace vital, cette peur d'être oublié et laissé de côté.
Les femmes, j'y avais gouté certes et je ne regrettais rien, encore moins cette relation ambigue avec la poupée iberique.
Lorsqu'on est duc, le savoir vivre de la haute vous met la pression pour prendre épouse et j'avais jusqu'à lors repoussé l'idée. Je n'étais pas l'homme à suivre un troupeau de moutons aspirant à plus de liberté et diversité que de contempler leur cul.

Seulement, une étreinte, des soupirs pouvaient laisser un autre genre de souvenirs que des draps froissés, des images, une odeur et des bruits d'extase.

Je savais Ursula enceinte, qu'elle désirait que je sois le parrain.
Mais une rencontre impromptue avec une nonnette dans mon grand tour du monde avait réussi à chambouler mes convictions.

Je savais.

Et j'en avais mal au bide.
Mal de devoir le lui annoncer et le perdre
Mal du mal que ça pouvait faire à elle autant qu'à lui.


J'avais habilement courbé le tête à tête à la cérémonie d'hommage, me contentant de prononcer ce qu'on attendait de moi avant de m'enfuir comme un coupable.

Coupable, je l'étais et il allait bien falloir assumer mes actes.

C'est quelques semaines plus tard que la Ozta mit fin à la trêve en m'envoyant un courrie
r.




Ursula.

Vous n'avez rien à vous reprocher.
Mon silence a été dû au fait que maintenant je sais et que j'avais à méditer sur mes actes et mes responsabilités en découlant.
Vous connaissez la profonde affection et la complicité qui nous lie et vous savez dans quelle situation délicate nous nous trouvons.
Vous êtes toujours mariée et moi aussi a ma façon.
J'aime profondément ma moitié, vous vous en doutez.
Mais je ne suis pas homme à tourner le dos et nier l'évidence et rassurez-vous, je ne vous laisserais pas tomber, deux c'est assez trois c'est trop.
J'assumerais ma part si vous de votre côté êtes prête à faire des concessions et à accepter mon mode vie.
Je ne tiens pas non plus à vous faire prisonnière et vous imposer des choses que moi-même suis incapable de suivre.
Je pense que nous nous connaissons suffisement bien pour trouver un terrain d'entente, notre complicité étant un gros atout.

Prenez soin de vous.

Lestat



p.s Alençon et sa monotonie, je vous garantis que l'herbe est bien plus verte ailleurs
p.p.s votre robe...a eu un petit accident, rien de méchant.

_________________
L_aconit
Et des lettres. Des lettres délétères. Tant de lettres qui passèrent , parfois sous le manteau, sans que Nicolas ne fasse semblant d'avoir envie de les lire.

Laissons le renard à ses fables, disait l'esprit. Halte! Perçons les secrets de cette Oztà, piquait le coeur. Qu'ainsi toute nue, elle nous apparaisse moins effrayante qu'elle n'en avait l'air.

Car lorsque la correspondance est légère, bien que fardée de sous entendus, rien de nouveau à l'horizon. Les hommes ne sont que des hommes. Avides de s'entendre lire qu'ils sont encore beaux, mêmes en collier. Même en goguette, dans leurs petits papiers.

Quand les courriers s'espacent, on se figure que le correspondant revient à la raison. Un mariage à trois, c'est trois fois plus d'égos à ménager. Trois fois plus de désirs à contenter. Le Duc serait dans la voie d'une meilleure réflexion...

Lorsque cependant, le silence se fait radio, et non de la part adverse qui porte ventre haut... L'oeil d'un bleu électrique s'aiguise aux questions qui étrillent. Quelque chose sent mauvais, là, sous le paquet de vélins. Les aurait-on mal dégraissés? Que lui cacherait-on, qui serait hélas bien vain?


- Venez ici.
- Mon sieur Nicolas?
- Que faites vous de cette lettre?
- Je la range.
- Vous la rangez.
- Je la range.
- Vous la cachez.
- Plait-il?
- Vous la cachez à mes yeux.
- Elle est décachetée.
- Vous mentez. Donnez-moi cette lettre.


Et d'un geste mauvais, l'Aconit spolie le laquais.


- Grimm, foutre, au diable! Du balais.
- Le duc ... Garde ses correspondances privées.
- Oui, depuis peu. En cela, elles ont soudain de l'intêret.


Et Nicolas de lire déjà, dans le colimaçon de l'escalier le précieux vélin intercepté... Et de trainer le pas. Louvoyant, pensif, dans la garde robe ducale. Tant de mots à s'échanger... Tant auxquels il se sent bien étranger. C'est donc cela, l'amour courtois? Lestat lui trouve vraiment un je ne sais quoi?

Narquois, Nicolas se laisse piquer par l'aiguillon de la jalousie. Pour autant, lorsqu'il vient s'étendre contre le duc dans le lit, lisant négligemment à bout de bras la missive que celui-ci vient à peine de sceller en secret... Il ne peut s'empêcher d'égrener à haute voix quelques interrogations.



- Lorsque tu écris: "Mon silence a été dû au fait que maintenant je sais et que j'avais à méditer sur mes actes et les responsabilités en découlant. " ...


Le sourire qui s'étire est étrange. La voix qui se contrefait, imitant grossièrement le duc pour le mettre mal à l'aise, plus encore si tant est possible rend la scène pleine de promesses.


- Ou encore... " vous savez dans quelle situation délicate nous nous trouvons... Mais je ne suis pas homme à tourner le dos et nier l'évidence et rassurez-vous, je ne vous laisserais pas tomber, deux c'est assez trois c'est trop. J'assumerais ma part."


Nicolas se retourne sur le ventre, les yeux plissés roulant leur naïveté sur les lignes, et d'ajouter, presque mutin...

- Deux c'est assez. Trois c'est trop... Mhhh... Y-a-t-il un quelque chose que je n'aurais pas saisi dans votre correspondance? Une nuance qui aurait échappé à mon flegme ?


Presque. Les bleus viennent à la rencontre du borgne, pour voir de quelle couleur l'indiscrétion peut teinter un Duc cachotier.

_________________

    (En Bleu italique, les pensées Laconiques.) -Recueil
Ursula_
-Madame a un amant, tu crois?

Un pli cacheté est agité comme un éventail au nez d’Eusébia. Cette dernière s’empressa d’arracher des mains menues le vélin avant qu’il ne s’ouvre. Comment savoir ce que Camille savait et ne savait pas? Lire, par exemple. Et Ursula, Eusébia le savait, ne manquerait pas de faire arracher les yeux à quiconque ébruiterait ses grotesques péripéties. Quelques exemplaires de lettres paraphées Lioncourt s’entassaient dans un tiroir verrouillé du secrétaire de la Navarraise et soulevait dernièrement l’intérêt de la domesticité.

-Pfft! Madame est grosse, qui voudrait d’une maîtresse gravide?

-Déjà qu’en période de jachère, Madame a de l’amplitude…

La servante dessine une sphère avec ses mains, sans doute sensée représenter la circonférence -le poète préférera dire «les formes voluptueuses»- de l’Ibère et les deux commères gloussent.

-Monsieur la tuerait. Et le tuerait. Et irait probablement pisser sur leurs tombes. Arrête donc de cancaner!

Regard sévère de la part de la doyenne à la jeune fille qui ne put s’empêcher de laisser s’échapper une ultime réplique. Les rumeurs sont tellement amusantes, surtout lorsque cela concernait la noblesse. Que de vices se cachaient sous les riches étoffes et derrière les regards hautains!

-Ha ça… Mais pourtant Monsieur ne dédaigne pas… Si tu vois ce que je veux dire!


Sourire goguenard de la part de Camille. Ignorance volontaire de la part de l’autre.


-Non, je ne vois pas ce que tu veux dire!

Eusébia fait mine de se souvenir d’avoir une tâche de la plus haute importance à accomplir et plante là la jeunette et ses sous-entendus, en espérant que la duchesse n’ait pas eu les oreilles trop fines, pour aller déposer à l’endroit prévu la lettre adressée à l’Ozta.

-Madame la régente? Un pli pour vous. Non, toujours pas de robe en vue.

Ursula retrousse le nez, saisit la lettre et brise le sceau. De la main, elle fait signe à la servante de s’en aller. Qu’on la laisse seule, qu’elle ne soit pas dérangée. Des semaines sans nouvelles et un arrière-goût amer, des relents de déjà-vu. Un serment de fidélité approximative et de responsabilités assumées. Pour quoi faire, au final? La mascarade est parfaite pour dissimuler le doute sur l’origine : une union consommée, un mariage en apparence heureux et un royaume entier entre le duc et la Navarraise. La jeune femme pousse un soupir. Lassitude? Agacement? Jalousie? Peut-être une forme de dépit?


Citation:
À vous, Lestat «Lancelot du Lac» de Lioncourt

Tout d’abord, votre silence était bien légitime. Glacial et coupant, peut-être. Compréhensible et légitime néanmoins. Je ne sais exactement ce qu’Ellya vous a dit, mais chacun a su et a vu lors de votre génuflexion. Depuis, ça fait circuler des ragots.

Vous m’écrivez un inutile mea culpa qui m’a fait grincer des dents, Lestat. Des responsabilités, vous n’en avez aucune et nulle faute n’est à pardonner. Je vous l’assure, je vous le jure. Peut-être vous le répété-je en vain, mais crois bon de le faire tout de même. Je ne veux ni promesse ni symbole. Soyez là ou ne le soyez pas. L’un ou l’autre des dénouements me convient parfaitement, même si je vous ai imaginé étendu, attendri à mon côté. Et bien d’autres choses encore… M’accorderez bien l’indulgence d’une scène fantasmatique un peu trop rose pour être réaliste. Blâmez mes humeurs!

Vous me faites des propositions tout à fait dépassionnées. Cela me rassure. À celles-ci, je ne puis cependant pas vous répondre par écrit. Il s’agit d’un sujet épineux et beaucoup trop complexe pour qu’il soit réglé avec succès par le biais de missives envoyées une fois par mois. À l’heure où je vous écris ces lignes, je ne suis plus duchesse d’Alençon. Je ne sais pas même si je serai duchesse tout court. Ployer le genou devant la reine des cauchemars me révulse, et je caresse l’idée de ne pas renouveler mes hommages. Dans un même ordre d’idées, l’Alençon m’étouffe, me fatigue, me pèse, me dégoûte, même. Je peux encore voyager sans mettre en péril ma santé et celle de l’avorton. Pourquoi ne pas joindre le pertinent au trivial et mettre cartes sur table? Vous. Moi. Face à face. Nous nous connaissons assez pour être en mesure de nous entendre.

Je sais que vous aimez celui avec qui vous partagez votre voyage. Je l’envie parfois. Vous savez aussi que même si nous sommes fort mal assortis, je ne hais pas mon mari. Pour ne pas les blesser à outrance, pour éviter les écueils, la honte et les regrets, je ne peux pas vous gribouiller sur une feuille déjà tachée d’encre un « À toi, pour toujours ton Ursula », écrit trop rapidement sur un coin de table pendant que personne ne regarde. Dites-moi où et quand. Nous parlementerons.

D’ici à vous revoir, prenez soin de vous aussi.
Affection,
Ursula.

_________________
Lglvh
    [ Dans la chambre d’une auberge, quelque part dans le royaume]



Je tripotais la couverture, l'œil rond. Un breton qui imite un duc slave on aura tout vu
Je tournais le museau vers le blond, le moment fatidique tant redouté était arrivé.


-Uhmm...
Nicolas. J'ai fait une connerie


Je m’étais redressé sur mes coudes

Et voilà. Les drames de l'amour commencent toujours par " j'ai fait une connerie.
Nicolas avait perdu son sourire et son mutinisme, c'était comme mutin, mais surtout comme mutinerie
.


Ne fait pas ca, avais-je imploré, la situation étant déjà difficile pour qu’en plus il se mette à m’arracher la tête-ou les couilles-si l’envie lui prenait.

Il avait posé le vélin sur la couche, le déplissant d'une main crispée et avait rétorqué
Ne fais pas quoi? Défroisser ce foutu vélin? Que tu avais soigneusement cacheté...?


Je m’asticottais méchamment les cheveux, tandis qu’il poursuivit


tu préfères peut-être que je le REFROISSE un peu?
ca va faire des trous après


Il avait accompagné sa hargne d’un geste de la mimine et je m’étais arraché un cheveu


je...ne sais pas que faire ni quoi penser ni comment tout arreter et tu vas m'aider a raisonner plausiblement. Jean firmin m'a donné la solution mais je crois pas que c'est possible
raisonner? Ha ça, ça résonne...


Il avait claqué sa langue et ordonné de poursuivre

Quelle connerie?


Je m’étais redressé d’un coup, le basculant sur la couche, je m’assis à califourchon sur lui, pour qu’il m’écoute.

J'ai couché avec elle. Une fois, sans même le préméditer, on était d’accord que ça restait sans lendemain. Mais..mais y a cette curette à Limoges….

Je m’interrompis, à bout de nerfs.

Posté en accord avec jd L'aconit et écrit à 4 mains

_________________
L_aconit

-... Qui m'a accusé de...de...


L'Acønit le coupa froidement.

- Tu as?
- D'avoir perverti une f...


Les yeux de Nicolas s'agrandirent, étendirent leur bleu limpide sur les rives de la stupéfaction.

    Dis-moi qui sont ces gens qui promènent en semant la grâce derrière eux. Qui emportent à la tombe leur amour avec eux.


Le Duc, dans un manque de tact piquant, se jeta à l'eau.

- Je l'ai baisée Nicolas

Le blond rua , blessé. Plus, bien plus que piqué. Ce duc aux accents slaves ne saurait jamais s'exprimer correctement. Le roux le retint de force, le regard se faisant plus dur.

- Tu étais avec Ansoald quand ça c'est passé!

D'instinct pourtant, le breton le poussa , échappant à son joug et se levant du lit. La situation qui lui échappait le ramenait aux désagréables fatalités du bourreau voleur, trop souvent tiré de leur lit par les chants de sirènes. Quel drame, pour un être aussi linéaire d'être confronté aux sinueux des autres... Là, à quelques pas de lui, Nicolas le regarda, dressé comme un poil incarné. Le duc, dans une position encore un tantinet confortable - mais point encore pour longtemps - soutint son regard.


- Tu as dis.

Le blond répéta, priant pour avoir mal compris.


- ... à Limoges?
- Quoi à Limoges?
- Quoi! à! Limoges?!
- Cette curette, je ne sais même plus son nom, a failli me planter une dague! Elle a reçu la duchesse en confession... Elle m'a accusé d'avoir perverti une femme mariée. Qui peut être portait en elle le fruit de notre péché.


L'Acønit fut sonné. Il recolla instantanément des morceaux qui ne voulurent rien dire. Limoges. La curette. La duchesse. La dague. Le fr... La jeune main se porta sur son coeur, comme si on lui avait asséné un coup de couteau, tandis qu'il amorçait un repli. Le Lioncourt le rattrapa, nu comme un ver et le retint. Il glapit un sanglot horrifié en le repoussant, le trainant malgré tout dans son élan.

- Je ne t'ai pas trahi, je préfère encore que tu me tues si tu le penses! Un coup... Une nuit. Bien avant que tu occupes mes pensées.
- Nous sommes partis de Limoges il y a Quinze jours! Et tu... tu lui écris.
* Le dit avec dédain * Depuis des mois !

La douleur était pourtant bien là. Tapie entre l'amour propre du faux écuyer et les milliers de raisons qui le faisaient aimer le Duc de Trun. La scène tumultueuse, à l'image de l'impact que l'idée d'un enfant et d'une femme dans leur liaison passionnée venait de causer. Une plaie constellée de mille petits vaisseaux éclatés.

    Dis-moi qui sont ces gens qui abritent éclatants leurs yeux de trop d'orages. Dis-moi qui sont ces dieux qui des foudres et des cieux savent faire bon usage.



- QUAND ?! Quand comptais tu me le dire?

- Je ne savais pas!
- Ha tu ne savais pas!


Dans un geste à la hauteur de ses pensées, il le frappa sur le dos, Lestat encaissa sans broncher.

- Tu ne savais pas! Qu'un et un faisaient trois?! Qu'en la troussant .. Diable sait où! Tu la mettrais enceinte?!

Le blondin se trouva dans un état proche de la rage mortelle. Son estomac bileux lui jouant des tours. Ses cheveux blonds zébrant son visage rougi de colère , ou de honte. La honte de ceux qui se laissent reprendre à des maux passés. Détestant ce qu'il ressentait sans pouvoir le contrôler.

- Elle ne me l'a jamais dit a moi.. Mais bon sang pas toutes les femmes tombent enceintes quand on les trousse! ça arrive qu a moi ça tudieu..!

    Dis-moi qui sont ces bourreaux qui me tuent sans un mot de leurs yeux magnifiques?


Et dans leur lutte, de gestes et de mots, de mains qui se retinrent d'étoffes qui s'arrachèrent presque... Nicolas se mit à pleurer. Pleurer c'est tellement bas. C'est tellement pathétique qu'on ne veut pas l'offrir aux autres. Dans sa colère noire, le breton en oublia de garder sa dignité, et traina le duc qui tentait de faire barrière en lui assénant quelques coups supplémentaires, pour le faire lâcher prise. Pour être aussi mauvais que l'animal pris dans le piège.

- Tu m'as menti! Tu mens!

Lestat s'agrippa et lui aurait bien arraché quelques poils s'il en avait.

- Je t'ai jamais menti.
- Je te déteste!
- Ne dis pas ça



L'Acønit le dit, comme il l'eut dit à Ansoald. Puisque finalement, les hommes finiraient toujours par froisser sa sensibilité, pour quelques coups de reins entre des jupons féminins. Diable! Ils pouvaient brûler en enfer! Il sanglota en se débattant comme un beau diable, défaisant ses beaux cheveux au vent de l'ire des amoureux. Irrationnel, emporté à la mesure de son attachement pour le duc, le breton persista et signa. Car il le savait désormais. Il rendrait au centuple les coups qu'il reçevrait. Le temps où il avait tendu la joue était révolu, et ce grâce - quelle ironie - à ces hommes qui l'avaient piqué dans l'âme.

    Et rester hors du temps quand nous autre n'avons que l'hiver pour pâturage. Pour nos tristes pigeons qui sans destination nous renvoient nos messages.


- Je te déteste...

Ce que l'on est stupide, lorsque l'on a dix huit ans. Le valaque se redressa, frémissant.


- Tu l'as mise enceinte...


Lui, glissa à genoux.

- C'était avant toi...avant nous
- Avant ou après , qu'importe...


Le jeune homme cacha son visage dans ses mains, l'autre tomba à genoux face a lui, dépassé et malheureux.


    Moi je n'ai que moi-même pour montrer de mon coeur sa nature impudique. Dis qui sont ces bourreaux qui me tuent sans un mot de leurs yeux magnifiques.


- Jamais. Jamais je n'aurais le droit de vivre quelque chose d'immaculé...
- Mais Nicolas....Immaculé... Je t'ai jamais trompé... Toutes mes journées, toutes mes nuits, mes pensées.. Tout t'appartient.


Le faux écuyer serra les dents, pleurant sans plus se donner en spectacle. L'affront était bien assez piquant, d'apprendre que le duc avait une maitresse qui le désirait, et qui portait son enfant. D'extrapoler tous les détails d'une affaire dont finalement, il n'était qu'un lointain spectateur. Le roux caressa maladroitement ses cheveux blonds.


- Je suis qu'a toi. Je n'aime que toi, peux tu le comprendre?


L'Acønit dégagea sa main, aurait pu la mordre, s'il n'avait pas été aveuglé de larmes assassines.

- Ne me touches pas. Marie-la toi! Ta putain de Oztà! Maintenant que tu l'as engrossée...


    Dis-moi qui sont ces bourreaux qui me tuent sans un mot de leurs yeux magnifiques...


Et l'écuyer de s'enfuir en courant, bousculant Grimm au passage, l'oreille collée à la porte. Le duc se redressa et recula...S'asseyant sur la couche. S'il avait été secoué par les mots de Nicolas, Lestat n'avait pas encore expérimenté le tranchant silence dont s'armait le blondin lorsqu'il voulait se faire un bouclier. Un silence de mort et de mélancolie. Plus nécessaire en réalité pour s'apaiser que totalement destiné à blesser celui qui partageait ses nuits.


JD Lestat, JD l'Aconit & Saez.

_________________

    (En Bleu italique, les pensées Laconiques.) -Recueil
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)