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[RP] Quelque part en Brocéliande...

---fromFRlusiana
La large fosse de six coudées de profondeurs avait été reouverte dans la terre noire au cœur d'un bosquet. Le tombeau était disposé selon la tradition en angle droit, orienté vers le Nord et l'Ouest. La fraicheur de la pierre, l'obscurité, les entrailles de la terre, les entrailles de la Mère. Leur soeur y serait en paix de retour au sein de la matrice.
Les druides sortirent alors du cercle par l'ouest et en firent le tour pour s'approcher du char d'apparat qui portait le lourd coffre de chêne dans lequel reposait le corps de la jeune. Lusiana s'arrêta un court instant par respect pour sa soeur, puis elle continua pour descendre la premiere dans la fosse.

Quatre hommes la rejoignirent portant le cercueil d’erable blond, qu’ils disposèrent orienté vers l'ouest, vers le couchant, vers le Sidh, l'autre monde. Lorsque tout fut achevé, Lusiana se tourna vers les quatre hommes et inclina la tete. Les cinq se dirrigèrent alors hors du tombeau, la verdruis fermant la marche.

Les parois avaient renforcées par un coffrage de planches de frêne. Nion, l'axe monde. L'arbre de la renaissance et de l'eau, un des éléments centraux des oghams du soldat. La solidité et sa longévité auraient raison de l'épreuve du temps sur la sépulture de Killy et de François.

Lorsque tout fut prêt, les druides se tinrent face au couchant à la tête du tombeau, faisant face à l'assemblée. Les trois jeunes femmes parlèrent alors en chœur :


Certaine mort, incertain temps. Repose Soeur sous la protection de la terre.

Une lourde stèle était posée à plat sur la terre auprès du tombeau. A l'aide de cordes de chanvre et d'un levier, ils se mirent à plusieurs pour l'ériger au dessus du tombeau.

Le temps de la gravure des Ogams était venu.


La Verdruis s'approcha alors de la stèle.

Oghams, gardien du savoir, déclara-t-elle avant de commencer à tracer de fines entailles dans la pierre.

Coll, le coudrier, symbole de sagesse et de connaissance.
Idoh, l’if, l’arbre de la longevité, il protege l’ame des defunts, il defie la mort
Luis, le sorbier, deux fois present, la demeure des nymphes, l’arbre qui protege du mal.
Idoh, l’if, encore.
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Lorenz
Pas un mot. Peu de gestes.

Elle a suivi le cortège discret depuis Roazhon jusqu'à la forêt de Brocéliande. Le cercueil lui crève le coeur à chaque pas. Le temps maussade n'arrange rien. Ses yeux sont désêchés d'avoir trop pleurer ces derniers mois.

Pas un mot. Peu de gestes.

Elle regarde et écoute Lusiana et les neveziad avancer dans le rituel sans parvenir à se laisser atteindre par Mère Nature et les Ancêtres. Une seule pensée la retient là: le fait que François lui-même est là, présent pour accueillir sa fille, son bout d'chou.

Elle s'est à peine rendue compte de la présence d'Aliénore parmi les druides. Il y a quelques jours encore elles se croisaient dans une taverne bien loin de leur terre... Mais cela avait si peu d'importance aujourd'hui.

Pas un mot. Peu de gestes.

Elle s'assoit à même la terre, genoux relevés sur la poitrine. Elle aurait envie de crier, d'hurler à la nuit. Mais rien ne sort, contenu au plus profond. Pensées fourbes qui la tourmentent: où était elle lorsque Killy s'éteignait? Pourquoi n'était elle pas à son chevet? C'était son rôle, sa place à elle et elle y avait échoué. Lamentablement.

Elle ferme fortement les yeux. Paupières serrées, elle laisse la colère s'évacuer contre elle, intérieurement. Ses doigts s'enfoncent dans la terre meuble, poing presque serrés maintenant.

Brusquement elle se lève, les mains pleines de cette terre qui recouvrira bientôt Killy, près de François. Quelques pas rapides. Elle franchit les cercles tracés au sol, entre dans le carré central, descend dans la fosse et jette brutalement cette terre qu'elle tenait à pleines mains, sur le cercueil de sa fille. Regard vide et glacé. Voix neutre, froide.


Que cette terre t'accueille en son sein maternel et qu'elle te chérisse tout comme ton père l'a aimée. Plus que tout presque. Qu'ensemble vous soyez enfin heureux et sereins.

Elle fait demi tour, sans croiser aucun regard et s'en va.

Plus de mot. Plus de geste.

Le silence l'a enveloppée.
---fromFRSi0ban
Vérifiant les quelques pièges qu'il avait dissimulé de part et d'autre de la forêt, le jeune homme entendit non loin de la ce qui ressemblait fort à un chant sacré. Son regard fut alors attiré par une procession. Une aura particulière semblait s'en écouler, comme portée par le vent d'un soir d'hiver. Les quelques feuilles persistantes sur les branches des arbres endormis, bercés par le sommeil de la nature, se mirent à crépiter. L'herbe aux pieds du garçon eut un léger frémissement. Le vent se levait. Intrigué par cette ambiance, il fit quelques pas dans la direction du chant. Des saies, des torches. Nul doute… des druides étaient présents. Au loin, le jeune ambassadeur reconnu la dame consul qui l'avait gratifié de sa présence et intégré dans les rangs de la diplomatie bretonne quelques jours auparavant.

Alors qu'il s'approchait, l'une des druides rendait hommage à l'axe monde. Le garçon se rendit alors compte qu'il venait de se dissimuler derrière un frêne. Il eut un sourire dissimulé, et grimpa lestement aux branches basses de l'arbre. La rudesse de l'hiver commençait à se faire sentir et il ne restait plus assez de feuilles pour le dissimuler aux regards. Pourtant, du haut de ses quinze printemps, le garçon misa sur la hauteur à laquelle il se tenait, partant du principe qu'il n'y avait que peu de chances qu'on le remarque à ce niveau.

Le rituel débuta par ce qui ressemblait à un appel aux esprits maîtres du lieu. Ces noms, ces appels aux Thuata : Eriu, épouse de Mac Graine ; Nuada au bras d'argent ; Lug, le brillant, le corbeau ; Dagda, le Dru Widd. Il avait autrefois connu ces noms, bien qu'incapable de mettre le doigt sur le lieu ou le moment où cela avait été le cas.

La perte de ses feuilles donnait un aspect nu à l'arbre. Une sensation de dévoilement que le garçon avait l'impression de partager avec le frêne dont les branches se balançaient au gré du vent en un bruit paisible et lent, croissant et décroissant. Il lui semblait que sa présence au cœur de cette cérémonie lui permettait de se dévoiler tout entier face au cercle et au passage du temps. Se dévoiler et ressentir. Ressentir la douleur de ceux qui perdaient en ce jour un être cher. "Sans amour et sans haine, son cœur a tant de peine !"

Alors qu'il regardait la dame s'éloigner, il se laissa aller en arrière, le dos callé contre les branches de l'arbre, comme épanoui au creux des bras d'un gardien et ferma les yeux pour mieux s'imprégner du rituel.

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Alieniore
Une fois les ogams gravés, ils s'approchèrent du buché qui devait eclairer le chemin de Killy vers le pays de l’Eternelle Jeunesse. Alieniore récupéra la torche avec laquelle elle était entré dans le cercle avec la procession et allait la présenter à Lusiana quand elle vit Lorenz entrer dans les cercles et répandre la terre sur le cercueil. Sa douleur était palpable et rien n'aurait pu changer cela à ce moment, elle attendit donc. Elle fût fortement attrister de la voir ainsi et de ne rien pouvoir faire, la regarda partir sans un mot et aprés un regard de tristesse et d'interrogation a la verduis elle reprit le rituel et lui apporta la torche.

- Voici le feu sacré, voici la lumière de la sagesse, celle qui éclairerai le chemin d'Ogma et Epona.

Alié se contenait à grand peine, les larmes ne couleraient pas ce soir , ce n'était pas le moment ..
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Alieniore.
Druide Belean.
---fromFRlusiana
Elle plongea la flamme au milieu du buché avant de lancer son appel aux ames des Anciens:

Lug Samildanach, roi, des échanges, de la beauté, de la pensée
Nous t'invoquons

Taranis seigneur du ciel, de la foudre et du tonnerre.
Nous t'invoquons

Nuada Airgetlam au bras d'argent toi qui trouve la mort lors de la Deuxième Bataille de Mag Tuireadh
Nous t'invoquons

Ogma, père des ogams, toi qui indique la juste direction aux vivants
Morrigan, Grande Reyne, souveraine des guerriers, toi qui assista aux derniers instants de Cuchulain .
Nous t'invoquons.

Que la force de notre appel monte vers notre soeur et vers vous. Ouvrez à notre soeur Killy les chemins de l'au-delà pour que soit respecté le bon ordre de l'univers. Qu'elle entre au pays de la vérité et du repos, gagne les prés fleuris d'Abalonia au pays de Tyr N’ha Nogh.

Elle dispersa alors les cendres des feuillages representant les arbres oghamiques du nom de sa soeur dans la tombe.

Elle leva alors les yeux vers la voute celeste et se mit à chanter:


Masques de colère, juments multicolores
Mille cavaliers aux manteaux brodés d’or
Torques d’or,
Cheveux d’or
Pour des mains d’acier
Brillent lances
Glaives dansent
Sous leurs mains d’acier

Mille regards de flamme inondaient la clairière
Autour de la pierre des héros séculaires
Et le sang
Du serment
Balaiera le temps
Par le feu
De leurs yeux
Renaîtra le temps

Renaîtra le soleil
L’amour et le vent
Refleuriront les pommiers
Au début de mai
Reviendrons l’hirondelle
Et le sanglier
Le jour vainqueur des ténèbres
Aura goût de miel

Survolant les flots Epona nous emmène
Vers les îles blanches d’éternelle jeunesse
Par son corps
Mais l’aurore
A fait dissiper
Cheval d’or
Galop d’or
Vers l’éternité

Pendant qu'elle chantait, on recouvrait le corps de sa soeur de cette terre qu'elle avait tant aimé. Elle la protegerait maintenant pour l'eternité. Elle s'agenouilla, caressa une derniere fois la terre. Puis elle se releva et tout en reprenant sa chanson, elle dissipa les cercles tracé. Killy s'en etait allée maintenant dans un monde doux et blanc comme son innoncence broyée. Elle s'en etait allée dans le repos eternel, veillant desormais sur eux.
Lusina s'en alla alors dans la nuit de la foret.

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Chimera
Elle était desormais seule avec Aliénore, Terenemar se tenant également non loin de là.
Un jeune homme était assis dans un frêne dénudé, elle l'avait aperçu alors qu'il s'y hissait durant le rituel. En l'observant attentivement, elle le reconnut. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Elle le laissa cependant à sa réflexion et reporta son attention sur la terre fraichement retournée. Killy... sa disparition suivait de bien près celle de son père... Elle comprenait la douleur des proches de la jeune femme, elle ne l'avait peut etre jamais aussi bien comprise. Lorenz avait quitté l'endroit, visiblement en proie à un immense désarroi. Elle espérait que sa douleur s'apaiserait... avec le temps... tout comme celle de Lusiana...

Quant à elle-même, comme toujours après une cérémonie, elle se sentait emplie de sérénité, comme si Nature dans sa grande bienveillance avait rempli de sa plénitude le vide que la perte d'un être cher avait causé en elle.

Cessant ses reflexions, la jeune neveziad perdit son regard dans les arbres en face d'elle, elle laissa résonner à ses oreilles le chant de Lusiana. Il l'avait touchée...

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Alieniore
Le coeur en berne et l'âme en proie a de nombreux doutes , Alié se perdit quelques instant en contemplation , les yeux fixés sur cette terre qui avait acceuilli ces deux êtres qui lui étaient cher.
Sa fille avait diparu sans un mot, elle savait la douleur qu'elle ressentait. L'enfant dans son ventre la ramena à la réalité en se manifestant dans son ventre et posant la main machinalement sur celui ci comme pour le protéger elle poussa un long soupir empli de tristesse.


Kenavo mon fils, kenavo ma petite fille.. un jour nous serons à nouveau réunis.. murmura t'elle.

Elle tourna les talons et s'éloigna, passant prés de Chimera elle lui effleura le bras d'un geste doux avant de se diriger vers son carosse plus loin sous le couvert des arbres pour repartir vers son mari qui blessé avait besoin de sa présence.
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Alieniore.
Druide Belean.
---fromFRL'esprit de la Forêt
lusiana a écrit:

Renaîtra le temps
Renaîtra le soleil
L’amour et le vent
Refleuriront les pommiers


L'Esprit se réchauffait aux échos de la mélopée emplie d'espoir et de tendresse. Et tandis que le vieil homme buvait au calice glacé de la tempête de l'hiver, tandis que les bourrasques du vent déchainé saignaient la Nature de ses dernières couleurs, la voix de la Verdruis continuait de résonner sur la tombe de la jeune fille endormie là. Comme une carresse à l'hommage qui venait d'être rendu, le sous bois abritta un peu mieux le départ des officiants.
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Il existe un lieu sublime où cohabitent imaginaire et réel. Savez-vous d'où viennent ces délices qui coulent à flot dans la taverne?
Suivez la voie de votre instinct, et qui sait, peut-être rencontrerez-vous l'Esprit en chemin!
Evenice06
Lorsqu’elle avait appris la mort de Killy, son arrière petite fille, son visage se crispa, ses poings se serrèrent devant cette impuissance devant la situation. Que de décès autour d’elle en peu de temps.
Alors les moments passés avec Killy lui revinrent.
Enjouée, pleine de vie, toujours quelque chose à lui raconter, toujours à prendre de ses nouvelles, elle avait été surprise et surtout attristée lorsque Killy lui avait annoncé qu’elle allait s’éloigner.
Comment penser que l’éloignement aboutirait à cette mort, éloignement définitif d’une personne chère à son cœur.
Elle se rendit alors incognito vers Brocéliande attendant que tout le monde soit parti.
Et là, assise au pied d’un frêne, elle se recueillit seule, pleura tout son saoul, laissant aller son chagrin pour la perte de tous ces êtres chers loin des contraintes et du protocole.

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---fromFRSi0ban
Du haut de son frêne, le jeune homme avait attendu la fin de la procession. Après le départ des uns et des autres, il était resté en haut de son arbre, méditant sur la signification de ce à quoi il venait d'assister.
Douleur, mort, peine…
Il songeant à cette jeune femme qui à présent dormait au fond des bois sous le frémissement des feuilles caressées par le vent. Sous le survol de la chevelure de la forêt au dessus de sa tombe, sous l'alternance claire obscure de l'heure du jour ou de la nuit.

Depuis l'orée de la forêt, une femme s'était approchée. Il baissa les yeux vers le pied de l'arbre. La dame était vêtue à la mode de la cour des grands. Ses vêtements, malgré la solennité du deuil, laissaient envisager un certain prestige. Pourtant, devant cette mort, passage inéluctable tous étaient égaux. Mort si hardie de prendre si noble princesse. Déchirant le souvenir, le plaisir et le confort de ceux qui s'en sentaient si proches. Le jeune garçon resta silencieux. Respectant sa douleur et son besoin de recueillement.

Il regarda vers l'ouest, là où la Terre rejoignait l'eau et où la mer faisait office de mémoire. L'homme était il donc trop attaché à la chaire ? Car de ceux qui restaient, tous pleuraient le départ d'un être cher. Pourtant qu'avait la mort changé ? Se souvenant des Ogams sacrés gravés sur la stèle, le garçon se remémora le nom de la défunte. Killy. Sûrement, elle resterait aussi aimable, aussi estimée. Le trépas n'écarterait pas ses valeurs. Encore restait-il à ne pas les masquer par le voile du deuil et de la douleur. Oui, mettre de coté le voile pour regarder vers la lumière. Ce serait certainement là qu'ils l'apercevraient à nouveau : sœur, amie, fille...

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---fromFRMère~Grand
Epuisée, elle s'est assise au bord de la route à l'orée de la forêt.
Elle avait compris et s'attendait, il y a quelques jours lorsqu'elle avait vu ses chairs commencer à se tuméfier autour de la cicatrice,
à ce qu'elle voyait aujourd'hui quand elle a remonté le bas de ses braies. Cheville noire, mollet noir, genou noir. Elle préfére ignorer
ce qu'il y a dans la chausse.
Elle est arrêtée par la limite de ses forces et sait qu'elle ne repartira pas.
Elle ne reverra plus Brest.

"Légèrement blessée" lui avait-on dit, à Laval, en retirant la pointe de la flèche et avant de lui répandre je-ne-sais-quel produit sur
cette plaie et compresser d'un chiffon douteux.
Cette mort là elle l'avait vu des centaines de fois, après une blessure; parfois longtemps après. Elle l'avait observée, sur d'autres,
s'installer, se développer, croître et gagner le corps entier en bouffant la résistance de la chair qui alors se liquéfiait en répandant
une odeur putride. Quelques uns, même, auraient pu contempler cette liquéfaction, s'il était resté à ces pauvres âmes, folles de douleur,
un tantinet de curiosité.


Bien ! Alors c'est ici le bout du chemin !
Elle respire profondément, le coeur serré, regardant les lourds nuages qui filent vers l'est, cherchant en vain un coin de ciel bleu.
Pourtant, combien de fois elle avait imaginé sa fin, sur la hauteur d'une roche, face à la rade, regardant une dernière fois le vol des
goélands dans la brise d'un beau jour. Et cette pierre, dans le cimetière, sans nom et sans age gravés. Juste "Mère~Grand" et une épitaphe.

Incapable de se relever, sentant sa jambe exploser à chaque battement de coeur, elle se met à ramper vers le profond de la forêt, suit
pendant des heures à la force des bras des passages d'animaux sous les taillis de ronces pour aboutir dans une ravine ignorée où, sur un
flanc, les racines d'un chêne en surplomb lui offrent un refuge.

Elle ramène du fond de sa besace, un morceau déchiré de parchemin et une plume.

Je m'appelle Mère~Grand ... Non c'est idiot, quand on trouvera çà, si on le trouve, on ne m'appelera plus ! Donc ... je m'appelais Mère~Grand ...
Je suis Mère~Grand. Si vous les croisez un jour dites à Orosia de Rennes, à Guilreine de Fougères, à Pinkpunk de Brest, que
Que quoi ? Que je pense à elles ? Que je ne les oublie pas ? Que je vais bien ? Que la vie est belle ?
Je suis Mère~Grand. Si vous les croisez un jour dites à Orosia de Rennes, à Guilreine de Fougères, à Pinkpunk de Brest, que je suis
heureuse.

Hop, voilà ! Pas de pleurnicheries ! Clair et net !
Elle ouvre la petite boite en argent qu'elle porte en médaillon, et avec les mêches de cheveux qu'elle contient déjà, place son bout de
parchemin soigneusement plié en quatre.

La souffrance qu'elle avait oublié quelques instants lui retombe dessus comme une vague. Dents serrées elle hurle silencieusement. Un instant
de répit. Une autre vague se prépare et la submerge. Elle reprend son souffle et attend la suivante. Il lui semble avoir déjà vécu çà par
le passé. Chaque raz de douleur la laisse moins consciente.
Dans la brume de son esprit, une pensée apparaît, et se précise.
"Mundae, ... j'ai oublié pour Mundae." Elle n'a que la volonté de porter la main au médaillon, mais celle ci ne bouge pas.
Une autre vague de douleur déferle. Elle se concentre sur son visage qu'elle imagine maintenant dessiné dans les nuages, qu'elle
entrevoit au travers des racines du chêne, au dessus d'elle.
Mundae qui sourit,
qui la regarde,
Mundae fait la moue.
Une étrange lueur brille au fond de ses prunelles sombres.
Donnez-moi le bras, voulez-vous ? Qu’on les gravisse ensemble, ces marches...
Mundae fait un pas vers Mère~Grand.
Mère~Grand tend le bras.
- Tu me donnes ta main ?
Mundae donne sa main à Mère~Grand, le contact est tiède et doux.
Mère~Grand sourit à la fraicheur et la fermeté de la main de Mundae dans la sienne,
puis distingue au loin, Dahut qui dispute en riant un pot de miel à Sergueï. A coté, Wibras et Slapounette se partagent quelques bonbons au
coquelicot, chapardés. Et Yannochkedar, Merlin, Lanselius, Gratte, ...
La lande est si belle qui domine l'océan sous le soleil d'été.
Mère~Grand se relève en riant, secoue ses nattes et court dans le sillage de Mundae.


Dans la forêt, un tourbillon de vent froid dépose quelques feuilles mortes sur un corps.

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Déclarée d'intérêt public.
Messagère de Rennes.
Repose quelque part en Brocéliande...
---fromFRAnonymous
Le contact est tiède et doux. Un cocon d'iréel dans une nuit hasardeuse. Des réveils en sursaut et le regard qui pique. Le feu se sera emballé dans l'âtre et la fumée dissipée guinde le sommeil dans un concert macabre de vent froid et d'hiver. La tempête.

Pourtant dehors le ciel est clair.

Il n'est pas temps. Non.

A la sortie du monastère, le coeur plein de desespoir, les rêves se font opaque et reviennent comme autant de remous.

Mère~Grand et ses joues pâles, colorées d'un sourire éternel. Mère~Grand et son ombrelle...non...ne lui répétez pas, elle serait presque horrifiée de se savoir donzelle...Et ce coeur si frêle.

Et le regard qui s'embue. Peut on pleurer dans ses rêves? Un message alors. Entendez celui ci.


Brocéliande. Que ne suis je sortie plus tôt pour arriver en avance. Prévenir votre chute, tappotter votre joue,et chauffer le coin de votre sourire en chatouillant vos paumes. Promettre le chouchenn et mille friandises, à râvir plus l'Esprit que cette mort putride.
---fromFRAnonymous
Les grilles du monastère sont fermées pour la nuit, mais nul noir sans lune n'étouffera ce cri. Ma gorge emplie de larmes, qui ne noiera jamais. La douleur qui se distille. Un rêve. Je survole l'horreur et l'orée en quête d'une lumière. Votre âme qui s'envole ou qui danse sous les cimes. Me rend folle. Et je cherche et je prie. Dame Nature et l'Esprit.
Ceridwen entend moi et cesse donc un peu, tes vaines cabrioles. Cette vie tu ne l'auras pas. A genoux je te prie. Mais connait d'avance l'implacable rupture de ce lien ténu.


L'ancienne Celtie acceuillera son âme. Elle sera la pleureuse, l'officiante et la vie.
Jeanpolc
Il était bien loin de cette forêt qu'il aimait tant. Charmante galopait et tout à coup, il fut parcouru de frissons. Jeanpolc arreta la jument . Les membres de sa lance stoppèrent. Il descendit et posa son genoux sur le sol, regardant un feuille de chêne encore verte. Il pria Dame Nature en silence. Il ne sut retenir un cri.

- HO NON.

Il se releva en silence. Sans un mot, il remonta Charmante et sa troupe repartit.
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Marvailh
On ne sait qui a écrit:
Vous vous assoupissez pendant quelques minutes. En vous réveillant, l'esprit encore embrumé par le sommeil et les rêves, il vous vient un vif regret, que vous ne vous expliquez pas : «Aurons-nous encore des bonbons au coquelicot pour continuer notre chemin ?» -- Et si des gens comme M~G avaient toujours eu raison ?


Marvailh, un peu désemparée, reçut la missive avec un haussement de sourcils. Puis, comprenant soudain, eut un serrement au coeur. La vache. Non, ça ne pouvait être possible. Pourtant... les bonbons, M~G... Oh, mon Aristote...

Pourquoi? Pourquoi là-bas? Pourquoi maintenant? La vache. Faut toujours qu'elle se fasse remarquer. Qu'elle se fisse... qu'elle s'avait fassusse remarquer... bref...

Marvailh marcha à pas lents vers le caveau des Borav, à Brest, la gorge serrée, le nez picotant, et s'y arrêta, caressant du bout des doigts le beau granit bien de chez nous.

A plus tard, M~G... Garde-moi une place, s'il te plaît... Et passe le bonjour à Serguei, aussi... Pff, trop bête, la vie, tiens...
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