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[RP] Quelque part en Brocéliande...

---fromFRMangelune
Le petit roi des Aulnes observe la scène entre les feuilles de son refuge. Le grande-gens a un comportement qui n'est pas habituel pour ceux de son espèce...

Il peut bien pleuvoir sur Brocéliande, sur la terre ou ailleurs, moi c'est l'univers entier que je pleure, un amas de chair, et ma main sertie sur ton épaule

Hiiiiiiiiiiiiiiii !

Le cri s'est échappé contre son gré face à l'intrusion de la voix dans son esprit. Ce coup-ci il sait que le grande-gens va le voir... Pourtant celui-ci ne semble pas l'avoir entendu, comme plongé dans des affres intimes qui échappent à Mangelune. Une larme perle au bord des grands yeux de jade du Lunarion et tombe sur le couvre chef du mortel

Plic !


Le visage du grande gens se révèle tout à coup et Mangelune en ressent une étrange sensation... Il le trouve presque beau alors qu'habituellement les mortels ont des visages répugnants et grotesques...

Tu ne possède rien, ni toit, ni écus, ni pain, tu erre des lunes entières à attendre la lumière... Tu n'espère rien, qu'un loup sur le chemin sensible à la misère vers toi tendra la patte...

Hiiiiiiiiiiii !


"-Bon sang, Mangelune, cesse de crier comme une fée de muguet ! "

Contre toutes ses attentes et ses précautions ancestrales, l'elfe lunaire se laisse glisser le long du tronc de l'arbre, sans peur ni défiance et foule l'herbe pour venir jusqu'au grande-gens, désormais assis et scrutant l'ether. Tirage de braie :

- Poueêêtt ? Dessine moi une pomme...
_________________
Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
---fromFRAnonymous
Le vrombissement des ailes des insectes, là les pas d’un bousier, improbable Sisyphe qui pousse sa pelote avec l’énergie d’un titan ancestral, ici encore une feuille qui vient de se poser. Elle pourrira et nourrira la terre qui l’a nourrie.
Ce bruit ! C’est assourdissant ce bruit !
Jéhan pragmatique continue de déballer ses affaires. Le tricorne en folie lui a piraté le tout venant, que lui reste-t-il ?
Une pomme ? Une pathétique pomme ? Jéhan hurle de rire…
Et une fiole d’hypocras.

Maigre pitance Ioannis. Te voilà au régime forcé.
- Plic !
Et il pleut ! Il ne manquait plus que cela.
Il lève la tête mais ne voit rien, pas même un nuage dans le ciel, sauf…
Oui… mais c’est… oui… la mouette ! Elle arrive à tire d’aile, un message à la patte.
Silencieux, il replonge la tête et parle à Pencouët.

Et bien fameux destrier ! Te voilà avec le plus pathétique des chevaliers !
Il va poser la pomme sur le sol pour chercher un couteau et la partager.
En trois ? Une pour Pencouêt, une pour la mouette, et une pour lui ?
Cela tire sur sa jambe, il se penche et ne voit rien. Sourire.

Et tu deviens fou !
Il se souvient de tout. Même le chant des séries que lui contait sa mère sur le rocher de Rhodes. Créer la meute. Tout est à bâtir. Pour chaque génération. Passer à Rohan, aller voir la druide à l’agonie. Il ne pourra pas s’attarder longtemps ici.
La mouette est plus rapide que lui, que ses pensées, que son rêve, que ses songes. Elle se pose sur son épaule. Il dépose la pomme sans l’avoir découpée, sur le sol, mais ici... pas là... juste à côté. Il ne sait pas pourquoi. Même pas une palme plus loin.
Il connaît le nom de ce druide : Lunalisa.
Une nouvelle larme, au sol, coule.

- Plic !
---fromFRAdianyce
Il se dresse le grand chêne, fier cousin du Guillotin et du Hindrés. Le colosse noueux au tronc élancé vers le ciel, de son houppier, domine l’assemblée de résineux. Les hommes parlent du vent, mais lui sait qu’en bas ils tiennent conseil. Ne serait-ce point ce brisant de noisetier qui vient d’assommer d’un fruit le bolet présomptueux qui de son chapeau faisait un pied de nez au beurre de la sorcière répandu sur cette vieille souche de charme ? Allons bon, le petit peuple s’agite, lui martèle le pivert !

La joue fraîche d’Adianyce frotte l’écorce du vénérable. Une caresse pour négocier un peu de repos mais déjà une feuille chatouille la naissance du cou, ébouriffe la longue chevelure fauve et entrouvre une paupière résistante. L’être des bois s’étire et grommelle. Une invasion d’oïdium ? Une plainte d’un de ces fichus rampants baveux à la coquille malmenée par un gland ? Qu’oit-elle ? Ses sœurs dryades ont chapardé une pomme à un elfe teigneux qui fonce comme une buse mal lunée à travers les sous-bois pour récupérer son bien ?

La nymphe des arbres soupire, souffle dans le feuillage son doux appel et se laisse déposer sur le tapis d’épines du pin racorni qui joue aux fier à piquants avec le placide hérisson. L’objet convoité est délicatement déposé entre ses mains. Malicieuses, les dryades entament une danse, sautillant par-dessus les racines, entraînant dans la ronde l’étourdi colibri.
Qu’il vienne le grandes oreilles, le temps d’une œillade et elles auraient disparu, la pomme aussi.
---fromFRla mouette
Le songe de mission de l'Ami guide la mouette à travers les grandes feuilles. Le rêve qui se tisse a éclot il y a longtemps déjà. Il se meut entre deux songes et s'alourdit de nouveaux fils-mots-pensées, créant des motifs complexes. Ici, les arbres rêvent aussi, mais la mouette ne comprend pas ces songes-là.

Elle aperçoit quelque chose en bas, près d'une petite eau qui reflète un nuage d'arbres. C'est l'Ami. La mouette descend doucement vers lui et dans un cri se pose sur son épaule.

En tendant la palme pour donner la voix-écriture de Celle-du-loup, elle penche la tête et écoute le souffle et l'écho d''onde des pensées.

Il est arrivé quelque chose à l'Ami.

Son visage d'homme a changé, mais ce n’est pas à son visage qu’elle le connaît ni qu’elle le ressent. Non. Elle tuite des bribes de pensées grondantes... il y a en l’Ami des rêves de loup. Quelques plumes se hérissent alors sur son échine. Elle s'installe sur l'épaule de l'Ami, avec confiance. Jamais il ne mangera sa mouette.

_________________
Mouette des Remparts - en vadrouille
PNJ de Loarwenn
---fromFRAnonymous
La mouette se posa sur l'épaule sans coup férir. Elle n’a pas hésité. Au moins Jéhan pense-t-il qu’il n’est point fou. Son visage en soi n’a pas changé, il s’est éteint. Seul son regard trahit encore ce qu’il fut. Un enfant de Lacédémonie, puis à la l’agôgé un guerrier de Morée, puis elle s’acheva par la kryptie qui, ouvrant sur la syssition lui permit de devenir archonte de son clan au Sénat d’Achaïe, dernier vestige de l’occupation franque. Enfin, il servit parmi les gardes Varègues. Peu de temps en vérité, car son clan l’envoya en France, précisément à la Sorbonne où il étudia et collecta des informations vitales pour Byzance. Hélas trop tard.
Tout cela était très éloigné de ce qu’il faisait en ce moment.
Il déboucha la bouteille d’hypocras et s’envoya trois bonnes rasades, histoire de faire passer le vague à l’âme.
Pencouët broute tranquillement son herbe. La mouette se repose. Le vent ride à grand peine l’eau calme et claire du lac.
Pourquoi pas rester ici ?
Est-ce cela qu’a vu Maistre Cheeraz en venant à Brocéliande ?
Où est-il ?

Jéhan jette son bouchon derrière lui.
Curieux endroit où vont les elfes, les gnomes, les korrigans et les leprechauns : où les griffes des loups ont des sons métalliques…

Cling !
… ou pas.
Calmement Jéhan se lève, et va là où a atterri son bouchon, approximativement : là où il a vu le loup. Un reflet d’argent attire son regard. Il gratte à son tour la terre, comme le fit le loup.
Et l’éclat de métal devient plus grand, plus…

Venez voir ça !
A qui parle-t-il ? Au grand cheval ? A la mouette ? A l’elfe ?
L’elfe ?!
...
Et il me boulotte ma pomme en plus !
Non mais... mais... hé ! Tu vas pas me tirer mon hypocras sagouin !?

Jéhan ne bougea pas, observant la petite créature... il était amusé et... pétrifié.
---fromFRMangelune
L'énorme tête encapuchonnée se penche vers lui et Mangelune frémit de tous ses osselets. Mais le regard du grande-gens est diffus et intangible comme s'il regardait au travers de l'elfe. Le Lunarion ricane en se rappellant le don d'invisibilité et la barrière entropique propres aux siens... L'humain débouche une fiole d'une chose qui sent incroyablement mauvais et Mangelune fait un bon de côté et passe derrière en croyant à une attaque empoisonée, mais non finalement le mortel boit la chose nauséabonde...

Plic !

- Muf !

L'elfe de lune vient de se prendre une chose en ferraille sur le bonnet et grommelle quelque chose de très grossier, même du point de vue elfique...

Hiiiiiiiiiiiiiiiii !

Mangelune manque de défaillir, l'être colossal vient de sortir une pomme de son sac et en dépose un morceau à terre comme une offrande. Toutes précautions s'évaporent dans la goinfrerie et Mangelune se jette sur le dive fruit comme la schroumoule sur le bas-clergé. Ennivré de jus de pomme, le Lunarion fait alors une chose interdite qui lui vaudrait un siècle de pétrification au conseil des Anciens si celà venait un jour à leurs oreilles pointues; le charme d'invisibilité est dispersé, l'elfe se révèle tel qu'il est au grande-gens... Celui-ci le regarde, découvrant les dents, Mangelune écarquille les yeux et penche la tête de côté :

Dis... dessine-moi une pomme...
_________________
Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
---fromFRAnonymous
Dessine-moi une pomme… dessine-moi une pomme… C’est que je n’ai guère le talent d’un Masaccio moi, tu sais ?!
Maintenant c’était certain, Jéhan était endormi ou inconscient et rêvait. Il n’avait plus aucun doute à ce sujet. Il extirpa du sol l’écu d’argent et de gueule partagé par moitié qu’il venait de découvrir. Puis il parvint à se lever et avança jusqu’à l’elfe pour prendre sa besace. Au regard de l’extraordinaire vitesse, agilité et dextérité de l’adorable créature, Jéhan faisait figure de colosse ou de cyclope… paraplégique.
Dessine-moi une pomme ?
Jéhan, je vous l’avoue, intrigué s’assit près de sa besace et en extirpa une petite écritoire, un fusain et des bâtonnets de pastel.
Une pomme ?
Il s’appliqua autant qu’il put, à œuvrer en respectant la perspective, les proportions, telles qu’il avait pu les appréhender pour avoir parcouru le fameux traité Da Pictura, d’Alberti ; privilège que d’avoir pu faire la lecture de cette œuvre majeure de la renaissance dont on pouvait trouver une copie à la Sorbonne ; et que seuls les étudiants turbulents et blasés des cours d’église avalaient, en même temps que des boissons plus frelatées qu’alcoolisées. A savoir : Arnaud, François et Jéhan.
Le fusain grattait le parchemin de vélin, accompagné des bâtonnets de pastel qui tournaient en une drôle de danse. De temps à autre Jéhan lançait un regard souriant à la petite créature, qui le lui rendait en plus courroucé, manifestant sa hâte de voir s’achever le dessin.
Jéhan observa le parchemin. C’était plutôt pas mal, même pour un maistre es arts de la Sorbonne.
C’était même respectable.
Pour un humain…
…mais pour un elfe ?

Il le lui tendit, afin que l’elfe le voie. Après tout que risquait Jéhan ?
On ne meurt pas dans un rêve… dans un rêve non… mais dans son sommeil ?
Et Jéhan eut un frisson.


---fromFRMangelune
Le Lunarion regarde longuement le dessin.
Au loin, le bruit de l'aile amie qui frissonne sur les nénuphars berce le sommeil de l'Etranger qui dort encore en Mangelune. Puis la porte entre les monde s'entrouve, le flot du vécu des émotions du grande-gens s'engouffre dans la cervelle de moineau de l'elfe lunaire. Mangelune laisse tomber une unique larme dans le crépuscule qui allume ses premières lueurs en Brocéliande...

Plic !

- En Brocéliande, mon âme...

L'index gauche, immense, du mortel est serré dans la petite main, le Lunarion en transe ferme les yeux et récite, sa petite voix flûtée est devenue celle grave et grondante d'un mortel, les mots ne lui appartiennent plus, mélange intime de la fusion des deux races :

- Source et pluie, ruisselle et reluit, écoute et regarde...

La Lune ma Mère, en maraude au coeur de Brocéliande, grimpe aux pommiers enjuponnés d'argent, méfies toi des chiens rauques et enragés, Jehan de la Lune, ce ne soint point des loups... Toi qui est né au pays de la soie fine, l'Orient est peint sur ton coeur, un jumeau qui passe là-bas, laisse-la libre, Jehan de la Terre, laisse la vivre... Merle blanc, merle noir, fées des pâquerettes, abeilles blondes, elle descend la colline vers la mer, ses yeux d'iris, le renifleur joue des algues, laisse-la libre, Jehan, laisse la vivre habillée de brouillards et de larmes, de lumière et d'amour... lis et pervenches, feuilles et branches, un jour, encore un jour et puis un autre jour, des blés et des vignes, des figues et des raisins délicats, une aurore, puis une autre aurore et enfin encore une aurore dans les frissons de Brocéliande en mon âme... Laisse la vivre...


Au loin le cri solitaire d'un loup pleure la mort de sa louve, le Lunarion lâche le doigt de l'humain et s'écroule au sol. Dans un dernier murmure, la voix redevient un rayon de miel elfique.

...Les méchantes femmes des chênes, volé ma pomme, aides-moi...

Les petits yeux de jade s'éteignent, Mangelune dort sans rêves...
_________________
Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
---fromFRAnonymous
Jéhan écoute et regarde… entend. Cette voix d’homme qui roule des lèvres fines de l’elfe.
...Les méchantes femmes des chênes, volé ma pomme, aides-moi...
Jéhan dégaine son épée et la fiche en terre. Un genou au sol, il s’écrie :
Moi, Ioannis Agios Ioannis, Prince de Morée, Coseigneur de Mystra, Archonte du clan Zaccaria…
Je le jure !
Je le jure !
Je le jure !

Les petits yeux de jade s'éteignent, Mangelune dort sans rêves...
Petit ami, je dois être assez fou en vérité pour te voir et t’entendre.
Et trop loyal ; pour ne pas t’aider ; aussi vrai que je tiens cet écu d'Eochaid.
Mais de là à te comprendre…
Petit ami ?

Jéhan ne connaissait même pas son nom. Les méchantes femmes des chênes… Ce devaient être des Dryades… ou les filles de Mélusine… qui est aussi appelée Mère l'Eusine en Oléron, la fée du chêne vert.
Est-il vivant et dort-il ou est-il mort ? Comment placez-vous votre oreille sur le cœur d’une aussi petite créature pour l’entendre battre ? De toute façon, on racontait que le cœur des elfes ne battait guère qu’une ou deux fois par minute.
Il aimait la pomme, Jéhan conserva par devers lui, les deux autres quartiers, qu’il posa près de l’elfe. L’odeur peut-être…
Puis surveillant le minuscule guerrier. Il se prit à chanter le chant des Séries. Pour la première fois à haute voix :

Sept soleils et sept lunes, sept planètes y compris la Poule. Sept éléments avec la farine de l’air. Six petits enfants de cire, vivifiés par l’énergie de la Lune ; si tu l’ignore je le sais. Six plantes médicinales dans le petit chaudron ; le petit nain mêle de breuvage, son petit doigt dans la bouche. Cinq zones terrestres : cinq âges dans la durée du temps, cinq rochers sur notre cœur. Quatre pierres à aiguiser, pierres à aiguiser de Merlin, qui aiguisent les épées des braves. Trois parties dans le monde : trois commencements et trois fins, pour l'homme comme pour le chêne. Trois royaumes de Merlin, pleins de fruits d'or, de fleurs brillantes, de petits enfants qui rient. Deux bœufs attelés à une coque : ils tirent, ils vont expirer ; voyez la merveille ! Pas de série pour le nombre un : la Nécessité unique, le Trépas, père de la Douleur ; rien avant, rien de plus.
Toute belle, belle enfant de Lacédémonie , réponds-moi, toute belle : que te chanterais-je aujourd’hui ?

Parfois les Jardins de Brocéliande prenaient des aspects désespérants.
Dans l’air le bruit d’un battement d’aile d’une mouette qui revint se poser. Et dans le regard d’un fier destrier ; la conviction qu’il était maudit, maudit d’avoir récupéré un aussi pathétique chevalier…
---fromFRAnonymous
L'elfe dort, l'elfe dort... s'en convaincre.
Poursuivre le chant des séries. Le réveiller.
Jéhan força sa voix où s'engouffraient des trémolos d'angoisse.

Huit vents qui soufflent, huit feux avec le Grand feu, allumés au mois de mai sur la montagne de la guerre. Huit génisses blanches comme l’écume, qui paissent l’herbe de l’île profonde ; les huit génisses blanches de la Dame.
Sept soleils et sept lunes, sept planètes y compris la Poule. Sept éléments avec la farine de l’air. Six petits enfants de cire, vivifiés par l’énergie de la Lune ; si tu l’ignore je le sais. Six plantes médicinales dans le petit chaudron ; le petit nain mêle de breuvage, son petit doigt dans la bouche. Cinq zones terrestres : cinq âges dans la durée du temps, cinq rochers sur notre cœur. Quatre pierres à aiguiser, pierres à aiguiser de Merlin, qui aiguisent les épées des braves. Trois parties dans le monde : trois commencements et trois fins, pour l'homme comme pour le chêne. Trois royaumes de Merlin, pleins de fruits d'or, de fleurs brillantes, de petits enfants qui rient. Deux bœufs attelés à une coque : ils tirent, ils vont expirer ; voyez la merveille ! Pas de série pour le nombre un : la Nécessité unique, le Trépas, père de la Douleur ; rien avant, rien de plus.
Toute belle, belle enfant de Lacé…

Aussi pitoyable que cela puisse paraître, le ridicule ne tuant que les imbéciles, Jéhan approcha son index de titan du corps frêle de l'elfe et l'éffleura.
... jeune elfe, réponds-moi, tout beau : que te chanterais-je aujourd’hui ?
---fromFRAdianyce
-Et si nous la déposions au Jardin ? Propose l’une.
-Non ! Gardons la ! Insiste une autre.
-Que nenni mes sœurs des arbres, ni Hespérides ni objet de chamaillerie. Nous la remettrons au Vénérable. Voyez ce nid de geais abandonné, nous y déposerons la pomme.
- Ne te joue pas de nous, Adianyce. Tu souhaites garder le fruit et admirer ton reflet dans sa belle enveloppe rouge lustrée.


Les nymphes des bois batifolent, la pomme devenant tour à tour trésor, miroir, couvre-chef. Soudain le jeu cesse. Quelle est cette agitation ? On murmure sous les racines et sous les feuillages. Les reflets multicolores se font clapotis dans les ruisseaux. Bruissements, chuchotis et gazouillis viennent compléter l’orchestre. Les oreilles et les museaux se dressent, pieds et pattes ne battent plus le sol de schiste rouge. Le petit duc s’engouffre dans le tronc creux du hêtre, suspend son vol et se pose sur une branche basse de l’arbre mort, l’arbre du Conseil. Que dit-on dans les sous-bois ? L’elfe de lune s’est montré à un humain. Le grandes oreilles s’est dévoilé au sans magie. Le mûrier pique son voisin noisetier d’une remarque acide. Un coup de bâton d’un korrigan drôlement chapeauté, un vieux gland peut-être, enfonce un peu plus en terre une chanterelle trop curieuse.
Le vieux chêne s’ébranle, un bruit de porte massive grinçant sur ses gonds se fait entendre et met fin à l’effervescence. L’assemblée se disperse, toute en murmures. L’antique frondaison s’incline en un soupir : les sans âges…
---fromFRAnonymous
L'elfe dort, donc...
Est-ce ainsi que les elfes emprisonnent leurs proies comme Morgane le fit de Merlin ? En faisant une sieste ?
Jéhan reprit le chant des séries, sans que l'angoisse le quitta.

Onze prêtres armé, venant de Vannes, avec leurs épées brisées ; et leurs robes ensanglantées et des béquilles de coudrier, de trois cent plus que onze. Dix vaisseaux ennemis qu’on a vus venant de Nantes. Malheur à vous, malheur à vous hommes de Vannes ! Neuf petites mains blanches sur la table de l’aire, près de la tour de Lezarmeur, et neuf mères qui gémissent beaucoup. Neuf korrigans qui dansent avec des fleurs dans les cheveux et des robes de laine blanche autour de la fontaine à la clarté de la pleine lune. La laie et ses neuf marcassins, à la porte de leur bauge, grognant et fouissant, fouissant et grognant : petits, petits, petits, accourez au pommier, le vieux sanglier va vous faire la leçon. Huit vents qui soufflent, huit feux avec le Grand feu, allumés au mois de mai sur la montagne de la guerre. Huit génisses blanches comme l’écume, qui paissent l’herbe de l’île profonde ; les huit génisses blanches de la Dame.
Sept soleils et sept lunes, sept planètes y compris la Poule. Sept éléments avec la farine de l’air. Six petits enfants de cire, vivifiés par l’énergie de la Lune ; si tu l’ignore je le sais. Six plantes médicinales dans le petit chaudron ; le petit nain mêle de breuvage, son petit doigt dans la bouche. Cinq zones terrestres : cinq âges dans la durée du temps, cinq rochers sur notre cœur. Quatre pierres à aiguiser, pierres à aiguiser de Merlin, qui aiguisent les épées des braves. Trois parties dans le monde : trois commencements et trois fins, pour l'homme comme pour le chêne. Trois royaumes de Merlin, pleins de fruits d'or, de fleurs brillantes, de petits enfants qui rient. Deux bœufs attelés à une coque : ils tirent, ils vont expirer ; voyez la merveille ! Pas de série pour le nombre un : la Nécessité unique, le Trépas, père de la Douleur ; rien avant, rien de plus.
... jeune elfe, réponds-moi, tout beau : que te chanterais-je aujourd’hui ?
---fromFRMangelune
La Chanteplainte des Nombres, comment connaît-il ceci ? Merlin, Merzhin, Grand-Père-Dragon... Les mots psalmodiés par le grande-gens sont autant de catharsis assénés à la conscience flottante du Lunarion. Mangelune émerge de la transe, la porte entre les monde est désormais scellé de sceau de l'indivisibilité. Sans mots dire, le petit elfe de lune se redresse et fouille dans sa besace pour en extirper le griffoir de roseau et l'encre de prêles des marais. Le bras de l'humain est retourné doucement et Mangelune regarde de ses yeux verts le mortel:

- Ne peut pas avoir peur, la peur, petite mort qui tue l'esprit...

Un étrange signe triangulaire contenant une spirale et dessiné dans le creux du poignet du grande-gens, le fluide noire et indélébile s'irrise sous la peau et remplit les griffures de la calame.

- Tu es maintenant Jehan-de-la-Meute, souviens-t'en lorsque la lune posera son dernier quartier sur les Etoiles de la Serpe...

Mangelune se redresse et regarde vers l'Ouest, les dernier frémissements du Partage s'évanouissant dans l'Interstice

- Hiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Ma pomme !

- Emporte moi Jehan Chevaloup, emporte moi sur ta licorne râtée vers le grand chêne, vite !
_________________
Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
---fromFRAnonymous
Jéhan observa avec joie le petit elfe s’agiter. Vivre. Que lui importait que les marques fussent indélébiles, lui qui portait maintenant des stigmates plus prégnants ?
Il vit peu à peu se dessiner la triskèle avec émotion.
Il avait porté tant de noms, il aura eu tant de visages…
Il se souvient de celui radieux de sa mère qui vint se placer à ses côtés.
Tu regardes les serfs et tu t’interroge : Pourquoi vivre en esclavage ?
Hochement de tête affirmatif d’un enfant de sept printemps.
Tu te nourris du fruit de la Terre. Et ils entretiennent ses fruits. Tu songes à tes privilèges au regard de leur peine quotidienne ?
Hochement de tête affirmatif d’un enfant de sept ans.
Sourire lumineux de sa mère.
Il n’en est rien. Ils servent la Terre, comme une armée de fourmis, ils lui livrent leur labeur. Toi, tu les protégeras. Il en est ainsi depuis la nuit des temps. Chacun sert, chacun œuvre à sa mesure. C’est que t’apprendra la Kryptie.
Mais n’oublie jamais Ioannis, ce qui distingue l’homme libre de l’esclave n’est nullement sa manière de servir. Ce qui nous distingue, c’est que nous servons, sans jamais tomber en servitude. Hommes libres ou esclaves, nous ne sommes que des hommes, Ioannis.
Rien de plus. Mais surtout… surtout… rien de moins. Alors seulement, tu seras libre.

Jéhan aurait voulu poser une autre question, mais sa mère leva la main.
Tu n’en apprendras pas plus aujourd’hui.
Le lendemain commençait la Kryptie. Il n’y avait du reste rien d’autre à apprendre.
Mais il avait aussi appris avec le temps à regarder le monde avec des yeux d’enfant, depuis une longue promenade sur la plage.
Il laissa le petit elfe grimper où il lui plairait de le faire, réunit ses affaires, arma son bras de l’écu, et monta Pencouët. Comme il regardait vers l’ouest, il s’adressa à sa monture.

Fier destrier, mauvaise licorne, j’ai besoin de toi. Vole ! Vole jusqu’au grand chêne… pégase.
Et Pencouët hennit avant de prendre son galop le plus rapide, semblant flotter au dessus du sol.
Tout à ses pensées, à l’orée du bois, à l’ombre des grands aulnes, Eochaid, assis, s’allongea en songeant.
Il va peut-être comprendre…
Puis le vieux loup grogna quand il vit un papillon s’envoler en cette saison d’hivers... lui aussi en direction de l'ouest.
---fromFRMangelune
La fonte de selle, endroit idéal pour un elfe de lune. Le grande-gens se hisse sur sa bête et l'enjoint à filer comme le vent. Sur son bras qui tient la lanière de cuir se voit l'image désormais indélébile de l’algue cellule primitive ou cristal originel, de l’œil, du hile ou île primordiale, le macle de Merlin d'Avalon, mais le sait-il Jehan de la Lune ? Peu importe, le grand animal démarre dans un fracas de sabot et le Lunarion chante pour exorciser sa frousse acroché au sac en selle :

J’ai été au firmament
Avec Marie de Magdalène
J’ai été doué de génie
Par le chaudron de Keridwen


Etrange chanson entendue dans sa prime jeunesse où il n'était qu'un elflion polisson dessinant limaçons pour les futurs Maçons d'un barde gallois... Le chêne des voleuses est désormais en vue, les yeux du Lunarion se ferment et il chantonne doucement tandis qu'il prépare sa sabarcane...

Un baphomet
Deux ailes en croix
Cinq sens chez les grandes-gens
Huit chez les elfes
Treize noeud sur la corde du Grand Architecte
Vingt et une pierres dressées
Trente quatre Dryades dans leur chêne
Cinquante-cinq peuples en Brocéliande
Quatre-vingt neuf lunes pour enfanter
Cent quarante quatre colonnes au temple du Sid
Deux cent trente trois portes à l'Entremonde
Trois cent soixante-dix-sept écailles sur le cou du dragon d'or de Merzhin

-Hiiiiiiiiiiiiiii !


Pépin de courge envoyé de la sarbacane sur le cou du grande-gens

- Brousailles et entrailles, pas trop près, elles vont nous voir...
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Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
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