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[RP] Quelque part en Brocéliande...

---fromFRAnonymous
La courge en devenir vint frapper la courge achevée en son cou avec la précision chirurgicale d’un trait de sagittaire furieux. Jéhan, attentif aux conseils avisés de son compagnon de fortune, fit faire halte à Pencouët et démonta pour s’approcher de ce qui semblait être une clairière avec force précautions.
En son centre un arbre trop de fois millénaire dressait sa cime jusqu’au ciel, ses racines plantées au cœur du Monde.
Tout semblait étrangement calme, immobile comme pétrifié.
Point de dryades à l’horizon, mais là, dans un nid de geais abandonné, trônait une pomme, rouge, écarlate, sanguine et cramoisie. Belle comme l’astre du jour quand il rejoint sa couche.
Envoutante… est la Connaissance.
Et de la bouche de l’elfe, plus qu’un filet de bave : la source de tous les fleuves, ininterrompue depuis l’aube des temps.

Et bien guerrier, remets-toi.
Puis deux mille ans de traditions militaires revinrent avec toute la rigueur d’un feu de barrage d’une légion patricienne.
Bon. Qu'est ce qu'on fait ? On attend qu'elles sortent ? On fait un fermé ou un rabat ?
---fromFRAdianyce
Les marcassins courent derrière leur mère la laie ; le chevreuil claque des sabots, bondissant ; le renard tapi guette la perdrix, grattant le sol d’excitation ; le lièvre bat impatiemment de la patte, museau au vent ; les bruissements et les battements habituels qu’une chevauchée contre nature vient troubler, comme l’ours la ruche endormie.
De feuille en feuille, de branche en branche le message est délivré, l’elfe de lune et l’humain sous le couvert des arbres ont pénétré et à l’orée de la clairière sont à l’affût.
Les dryades au premier son de course folle se sont évanouies, êtres des arbres au mimétisme parfait.
Ils sont à couvert derrière le prunellier, l’arbre porte-guigne, présage dont semble se défier l’union insolite. Que complotent-ils ? Les propriétés médicinales des feuilles ? Peu probable à leur air de conspirateurs.
La sève s’écoule, comme les murmures. Le roi des arbres à l’épine noire et au noisetier poète, s’est adressé. Ronces et racines autour des jambes et des torses s’enroulent.
L’arbre du neuvième mois s’incline et délivre son message, une énigme, sur fond de bois craquant.

La créature puissante d’avant le Déluge,
Sans chair, sans os,
Sans veine, sans sang,
Sans tête, sans pied…
Par les champs, par la forêt…
Sans une seule main, sans un seul pied.
Elle est aussi vaste
Que la surface de la terre
Et savez-vous bien qu’elle n’est pas née,
Et qu’on ne la voit pas…


Les nymphes des bois tendent l’oreille, observent et guettent. De quelle réponse se muniront le grandes oreilles et le sans-magie ? Petits gloussements retenus. Nul n’approche le vénérable s’il n’y est invité.
---fromFRMangelune
Le petit être attend que Jehan de la Lune ait stoppé sa monture et saute de l'animal, hilare

- Et hop la licornichon arrêtée, je bondit sur l'herbe comme un cafarfadet des sacs de l'animaladroit.... Hiiiii, c'est une chausse-trappiste, les Dryades attirent leurs victimides avec un sort de motordu, on ne sait plus ce qu'on racontrepèterie, ça abuse le langage et l'on raconte de fée n'importe quoi...

Luttant contre le puissant enchantement qui émane du chêne des créatures arboricoles, le Lunarion sort de sa besace un morceau d'une chose longue et molle pour la tendre à l'humain

- Vite mon Jehan, avale cette racinagogue de bruyère mauviette, ça va te protégermanique de la sorcellerigole-donc des folles...

Le bulbe anti-sort croqué, l'elfe de lune reprend ses esprit

- Un fermé ou un rabat, je ne sais pas, à la retraite d'Hastings c'est ceux qui était à la traîne qui se sont fait repasser...

In petto une énigme retentit dans les sous-bois, Mangelune regard ele mortel avec des yeux étoilés


- Ombrelle et ribambelle, Jehan des Mots, la réponse trouver tu dois...
_________________
Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
---fromFRAnonymous
Jéhan mâche et avale la racine dont l’amertume lui rappelle cette gelée royale que lui donnaient naguère les médecins arabes de son oncle. Mais lentement, précautionneusement, avec la précision qui vient des âges les plus reculés, avec toute la force de la mémoire indissociable de la sagesse des temps, elles s’enroulent, s’accrochent, s’entourent et se lovent enfin les lianes, les racines, sans laisser d’autre alternative à Jéhan que de s’accrocher à sa lame, à son écu, pétrifié. La broigne elle-même devient le siège d’un affrontement du bois, du cuir et du métal, où les deux derniers semblent vaincus. Bientôt il manquera d’air, bientôt la conscience aura fui les vestiges d’une résistance inutile et vaine. Et dans cette torpeur, les mots du Vate, enfin l’atteignent.
"Découvriras- tu ce qui est ?
La créature forte antédiluvienne,
Sans chair, sans os,
Sans veine, sans sang,
Sans tête, sans pieds,
Ni ne sera plus vieux ni plus jeune
Qu'au début;
Pour peur d'une dénégation,
Il n'y a pas de manques rauques,
Avec les créatures.
Grand Dieu ! Comme la mer blanchit
Quand en premier il vient !
Grandes sont ses bouffées,
Quand il vient du sud;
Grande est sa respiration,
Quand il frappe sur les côtes.
C'est sur le terrain, c'est dans le bois,
Sans main, et sans pied,
Sans signes d'âge,
Bien qu’il soit d’air et de terre,
Avec les cinq âges ou périodes,
Et plus vieux encore,
Bien qu'elles soient des années innombrables.
Il est aussi si largement,
Comme la surface du monde;
Et il n'est pas né,
Ni il a été vu.
Il causera de la consternation,
Où que Dieu veille,
Sur mer, et sur terre,
Ni il voit, ni est vu.
Son cours est rusé,
Et ne viendra pas tant qu’il a désiré;
Sur terre et sur mer,
C'est indispensable.
C'est sans égal,
C'est à quatre côtés;
Il n'est pas restreint,
C'est incomparable;
Il vient des quatre saisons;
Il ne sera pas prévenu,
Ni ne sera sans conseil.
Il commence son voyage,
Au-dessus de la pierre du marbre,
C'est sonore, c'est bête,
C'est doux,
C'est fort, c'est gras,
Quand il jette un coup d'œil sur la terre.
C'est silencieux, c'est vocal,
C'est bruyant,
C'est le plus bruyant
Sur le visage du monde. "

Et avant que de sombrer, les mots s’échappent, les mots gravés dans la pierre, et une fois de plus portés par le vent :
Une créature la plus étrange viendra du marais de mer de Rhianedd,
Comme une punition d'iniquité sur Maelgwn Gwynedd,
Ses cheveux, ses dents, et son existence sont des yeux comme l’or,
Et cela apportera la destruction sur Maelgwn Gwynedd.

Puis il s’effondre ; car de nom… elle n’en a pas… ou aucun que donna la chanson de Taliesin, lui qui fut le chef des bardes de l’Ouest ; lui dont son pays est la région des étoiles de l’été.
---fromFRAdianyce
Blerwm, blerwm.
Ruisseau de mots qui vient de se tarir et l’homme défaillir.
En réponse à l’énigme, un souffle de vent, signal du retrait.
Ronces et racines de leur emprise délivrent l’humain, mais des épines menacent l’elfe malin.

Une à une les dryades se révèlent, Adianyce en tête, et font cercle autour du sans-magie endormi. Yeux curieux et petits rires, arabesques et longues chevelures, tour à tour sur l’évanoui, se font caresses et liesse.


- Peut-être pourrions nous sur ces lèvres closes déposer un baiser ?
- Sotte que tu es ! N’oublie pas la mise en garde. Penses-tu ses dernières paroles innocentes ? Que signifie la peste jaune ?
- Timorée que tu es, Adianyce. Le crois-tu capable de se transformer en serpent, et comme à notre regrettée Eurydice nous ôter la vie ?
-Tsss, tsss mes sœurs. Cessons là ! Enquérrons nous, avant tout jeu regrettable, des projets du grandes-oreilles.


La nymphe du chêne se dresse, main sous le menton, voix de velours.


- Lunarion ? Etre frêle, nul n’ensorcelle mais révèle. L’avenir je peux prédire, et d’une pomme tu ne pourras te saisir.
---fromFRMangelune
Hiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Il n'a pu retenir son cri, Mangelune, des dryades, à droite, à gauche devant, derrière... Et le Jehan de la Lune, le Centaure des Pampas est tombé comme un golem d'argile sous le piège-songe tissés par les saloperies arboricoles... les épines noires encerclent et menacent le Lunarion, lui si petit... mais... la pomme !

"Une créature la plus étrange viendra du marais de mer de Rhianedd,
Comme une punition d'iniquité sur Maelgwn Gwynedd,
Ses cheveux, ses dents, et son existence sont des yeux comme l’or,
Et cela apportera la destruction sur Maelgwn Gwynedd."


Le dragon de l'île... le Macle... le combat des arbres, kat godeu... le dormeur doit se réveiller...

Il avance d'un pas le petit elfe en direction du grande-gens ensorcelé, une épine déchire sa cuisse, l'ichor blanc suinte, sa petite voix trompette vers l'humain


Bum yn lliaws rith
Kyn bum kisgyfrith
Bum cledyf culurith
Credaf pan writh
Bum deigyr yn awyr
Bum serwaw syr
Bum geir yn llythyr
Bum llyfyr ym prifder !


Une autre pas, une autre déchirure, cette fois-ci au thorax...

Le dormeur doit se réveiller, réveille-toi Jehan !
Bum llugyrn lleufer
Blwydyn a hanher.
Bum pont ar triger.
Ar trugein aber.
Bum hynt bym eryr.
Bum corwc ymyr.
Bum darwed yn llat.
Bum das ygkawat.

Encore un pas, une autre épine griffe la joue et emporte un morceau d'oreille du Lunarion

Jehan de la Meute, Jehan des Loups, debout ! Le dormeur doit se réveiller !
Bum cledyf yn aghat.
Bum yscwyt ygkat.
Bum tant yn telyn
Lletrithawdc naw blwydyn.
Yn dwfyr yn ewyn.
Bum yspwg yn tan.
Bum gwyd yngwarthan.


Le sang de cristal inonde Mangelune, il est à bout de force, une dernière épine lui perce un mollet... Il tend sa petite main, il manque un pouce pour toucher la grande paume du mortel... la pomme, la pomme la pomme !!! Effort surelfique, un pépin de courge est déposé dans la main du géant Jehan, ces pépins de courges qu'elles abhorrent les dryades, ceux qui annihilent leur sorcellerie...

Mangelue s'effondre dans l'herbe, insouciant des douleurs, son visage repose à un empan de l'oreille du mortel

Tu as... promis... Jehan... promis... la pomme... dormeur... doit... se...

Les yeux de jade se ferment...
_________________
Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
---fromFRAnonymous
Tu as... promis... Jehan... promis... la pomme... dormeur... doit... se...
… réveillé... avec un premier cercle autour de lui et des mots à peine évaporés :
Je ne te l’ai pas promis. Je te l’ai juré petit compagnon.
Et le cercle s’évapore, par saut, pas de côté et pirouettes.
Si elles étaient femmes, l’une d’elle, plus sage, pourrait s’attendrir si l’on savait trouver les mots. Jéhan en vérité était un bien piètre barde, mais il s’y essaya. La vie du lunarion en dépendait.


Et bien ! Voilà une pomme de discorde !
Comme le fut celle, jadis, lancée par Éris.
Faudra-t-il, comme le jugement de Pâris,
Que toute vie s’achève au bout d’une corde ?

Nous sommes trop fatigués, et trop peu nombreux,
Pour jouer en son entier la guerre de Troie.
De fait voyez, nous sommes tout au plus… bien ? Deux !
Et bientôt un, si j’en crois ce que mes yeux voient.

Cueillir le fruit du jardin des Hespérides,
C’est bien la tâche d’un fils des Héraclides.
Je vous jurerais ne plus jamais voir ma mie,
Mais par pitié : Sauvez sa vie ! C’est mon ami !

Je reverrais bien briller ces yeux de jade,
Comme j’aime aussi, oui, ses belles jérémiades.
Et puis en vérité, j’apprécie sa magie...
Et elle serait perdue, s’il reste ici, là et gît.

Croyez-moi il en a eu bien du courage !
Pour affronter Eochaid ; le loup, sa rage.
Il est preux et digne ! Un peu fou en somme.
Mais par tous les Dieux ! Rendez-lui donc sa pomme !

Et il serre de toutes ses forces, un misérable pépin de courge.
---fromFRAdianyce
A nouveau dissimulées au regard humain, elles observent et écoutent. L’humeur est aux chuchotis et à la taquinerie. Quel homme peut préférer un elfe de lune, un petit être, un grandes-oreilles à sa mie ? Par quel sort le sans-magie est-il lié ?
De la pomme, le lunarion ne pourra se saisir, il en est et sera ainsi.

Adianyce est intriguée, sage et juste, l’envoûté elle ne peut laisser ainsi. Ni barde ni initié, mais décidé il est. L’humain en pitié est pris, sous la folie il a promis. Mots et danse pour une première et dernière chance.


Naissance, vie, mort, ordonne sans remord
La belle promise te sera remise
Si le cours du temps tu suis correctement
Ecoute, écoute petit homme, des vers pour une pomme.

De la Déesse-Lune, je célèbre les réjouissances
Sables et brises marines sont lieux de résidence
Pleure, pleure devant l’arbre de la naissance
Une larme pour le fruit de la connaissance.

Obtenue en marchant sur mes rameaux petits
Gare Fraoth au dragon qui garde mes fruits
Touche, touche l’arbre de la vie
Un pas vers le fruit ravi

Naoise et Deirdre, des amants j’ai traversé le corps
Flèche, mors et éllebore, je scelle les sorts
Souffle, souffle sur l’arbre de la mort
Le fruit remis ne le sera pas à tord.


La dryade d’un geste embrasse la forêt, cessant sa ronde.

- Trois arbres pour une pomme. Pleure, touche et souffle et de l’être torturé tu seras délié.
---fromFRMangelune
Les brumes du sommeil secondaire s'effilochent... Mangelune erre dans les limbes de l'Interstice, les visions prescientes, passées, avortées, en devenir se mêlent, des chemins dans des chemins, des plans dans des plans... Chaque goutte de rêve tombant comme une perle de cristal sur le marbre de la mémoire...

Plic !

De hautes falaises battues par les vents, un navire lutte contre la mer en furie, un chaudron et une lance dans ses cales, un homme vétu de blanc à la proue, une pierre de lune au front. Plic ! Un grand loup avance dans les bois, le doigt d'une femme dans ses entrailles... Plic ! Pawn la Claire qui foule de ses jambes légères le gazon du cercle des Anciens, dansant pour le Lunarion il y a des siècles... Plic ! Jehan Cotard sur les créneaux d'une cité des hommes, cimeterre en main, oeil farouche et desespéré, des armées massées sous les murs, le feu, la haine, la ruine, la mort... Plic! L'accouplement d'une pomme et d'une courge, le mélange intime des pépins... Pomme... Plic ! Pomme... Plic ! Hiiiiiiiiiiiiiii....


Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !


Le Lunarion rouvre ses yeux, la vision s'éclaire...

- Jehan ? La grande-gens-qui-pleure-contre-le-temps... Tu la connais... Est-ce qu'elle donnait de l'eau aux morts ?

Mangelune se redresse douloureusement et tend un petit poing féroce vers le chêne des dryades

- Ma pomme !
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Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
---fromFRPawn
Elle arrache, geste plein. Le fruit rouge en ses mains. Pawn la Claire a le cul dans la terre, sa cape rouge en auréole, adossée contre un pied de racine, un peu folle, maline. La framboise dérobée, enserrée, les dents percent comme des crocs, ciseaux, elle aspire avidement les ronds luisants du fruit, petit.
C'est bon, c'est froid. Ca se boit mieux que le jus de puceron.

Petite flammèche en son sein. Mal soudain, sous la peau claire.

La framboise roule dans l'humus, les doigts courts et fins de la muse de Lune on tout lâché en silence. Quand elle replie les ongles, elle n'attrape que du vide, tel le vide battant qui lui souffle dans les os. Il a mal ? Celui qui mange les quartiers de la lumière de nuit. Il a faim lui aussi.

Elle arrache, geste vain. D'une framboise, les pépins. Pawn la Claire a le coeur misère, sa cape rouge se balance, deux deux pieds dans l'argile, elle s'élance, fragile.


- Tiens bon, Luminarion, la Claire chevauchavif pour t'aller éveiller..... Hiiiiii, si Lune mère mafoi veille sur ta trogne, c'est coeurbattant que je saute pour toimien par le bois étouffaille...... Respire, souffle. Hiiiiii ! Y'a pas de pépin, Pawn à tes flancs.....
_________________
Pawn la Claire
---fromFRAnonymous
Les mots, comme les dès sont jetés.
Le petit Lunarion s’éveille, Jéhan a juré ; il est fils de Morée, il tiendra sa promesse, quel qu’en puisse être le prix. La voix qui s’élance dans la clairière donne l’énigme, s’il reconnaît les arbres, il lui manque encore de la sagesse. Il se retourne vers l’elfe de lune.

Bien… je vois que tu travaille en férocité.
Seulement, je crains, que nous ne les aurons pas à notre pomme… pogne.

Révérence au petit prince.
...pis doux.
Il s’avance et traverse la clairière… en direction du grand chêne qui y trône.
Ah ! Fou ! Grogne la bête. Mais il ne faut ni rage, ni fureur.
C’est ici qu’il faut de la sagesse.

Arbre Monde, Toi qui partout es symbole de force, de majesté, fidèle amant de Sophia, je t’honore et te salue ; enseignes-moi, je t’en conjure !
Et, ouvrant les bras, l’embrasse pour recevoir un peu de lumière qui balayera les doutes. Il murmure au Vénérable…
Je songe à Yggdrasil, l'Arbre du coursier de Wotan, et je songe et je sens que ce n’est point lui.
Jéhan ferme les yeux. Et les images affluent jusque dans les derniers recoins de sa conscience.
Il quitte le chêne et se présente devant ce que le commun reconnaît comme un sapin, mais que Jéhan identifie comme un épicéa. Il ne lui est pas difficile d’y pleurer. Penser à Constantinople suffit. Les janissaires entrent dans la Cité, le feu et le sang, les remparts de Septime le Sévère tombent ; il voit ce qui fut et jamais plus ne sera.

Plic !
Une larme.
Plic !
Puis deux.
Il passe devant le frêne sans s’y arrêter, songeant aux Eddas Islandaises ; il poursuit son chemin et choisit le houx, symbole de vie, avec ses fruits et ses feuilles persistantes même au plus fort de l’hiver. C’est d’une caresse qu’il le flatte et le touche. Et d’une seconde qu’il l’honore.
Puis poursuit plus loin son périple, toujours les yeux fermés, jusqu’à ce vieil if, comme il en a vu à la nécropole de Roazhon. Il s’y arrête et soupire.
Deux fois, pour deux souffles. Il a réussit, croit-il…

Mais quand il ouvre les yeux, il ne voit ni la clairière, ni l’elfe, ni les dryades… seulement le vieux chêne. Les images de l’Arbre Monde continuent d’affluer, et comme à Ker-Ys l’orgueilleuse, une digue se rompt, une écluse s’ouvre, et la connaissance inonde tout !
Alors Jéhan s’effondre… inconscient.
---fromFRMangelune
Deux pépins de courges tirés sans discernement vers le chêne. Le Jehan entre dans la lumière et s'en va vers le Combat des Arbres

- "Le houx, pense le Lunarion, le houx n'oublie pas Jehan de la Lune, Kelenn l'immortel, ne te trompe pas Jehan..."

Il est parti vers son destin, l'humain, Mangelune ne peut plus l'aider et se redresse vivement dans la clairière alors qu'un vent ténu et musical fait frémir les frondaisons. Pawn la Claire aux pieds légers, la Luminette, sa fée Caperouge-des-brumes, sa joueuse de clochettes, sa moitié de pomme ! L'elfe de lune clopine jusqu'à l'orée de la clairière et sort sa flûte. Les notes s'élèvent en perle de pluie

Pawn, nimbée d’aurore, la silhouette fragile
Scintillante comme une goutte de cristal
Habillée d’or et de rouge, coiffée d'un pétale
Pawn ma claire au chaud sourire juvénile.

Pawn penchée sur le lac bleu, les mains jointes
Facétieuse nymphe de ruisseau, enchanteresse
Moimienne amour au corps en fièvre des pécheresses.
Luminettte magique et enivrante telle l’absinthe.

Pawn, gracile, nimbée d’une lumière de miel
Accourt dans l’indigo de la nuit venue, sans étoile
Pour me guider, elle sourit, soupire et dévoile
Sur mon coeur, son empreinte d’un croissant de ciel.

_________________
Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
---fromFRAdianyce
L’homme a touché le roi, il a touché le roi, touché le roi.
Adianyce, Adianyce, Adianyce…
La nymphe des bois retient son souffle, âme du chêne, endurance et triomphe, esprit de sagesse. Peau contre écorce, le baiser est donné.
Adianyce, Adianyce, Adianyce…
Appels des sœurs dryades, qui au trouble viennent s’ajouter.

Larmes mortelles aux pieds de l’épicéa, houx caressé bien malgré lui, souffle sur l’if déposé.
A T I
A L I
De tous les arbres qui sont dans la forêt, le houx porte la couronne, mais en ce jour c’est au sorbier qu’il la donne.
L’humain s’est trompé, l’humain s’est trompé, trompé.
Adianyce, Adianyce, Adianyce…


-Silence, mes sœurs. L’erreur est humaine et cette pomme met en peine. Que la convoitise à mon regard ne soit plus soumise.

La gardienne du chêne se révèle. Doucement le fruit tombe du nid, de branche en branche roule, et d’une gangue de sève, ambre sylvestre, se pare. Le fruit défendu au creux d’une paume d’endormi est déposé. Caresses et murmures au délié.

- La pomme est à toi, à jamais préservée. De ta promesse tu es libéré.

La dryade toise le lunarion, amusée.


- Regarde là avec envie autant que faire ce peut. Si de son enveloppe dorée tu essayes de la dépouiller, pépins et vers remplaceront la chair.
---fromFRPawn
Membres battant la mesure, pieds sans chaussures. La capeline court en bruissements et fait jaser entre les feuilles des murmures de tissu rouge. Autour plus rien ne bouge, car face à sa course à vive allure, même les guêpes filent doucement. L'elfe avale les parfums comme le souffle de son autre.
Mange l'amour par les narines.
Où est-il ?

Son du pipeau. Tourne le dos. Vrillée, la Claire trébuche, tenue par les oreilles tel un lapin trappé, les mains aux arrêts qui veulent étreindre la mélopée. Elle pince un cordon, la cape rouge vibre, égraine une note timide. Les doigts agiles parcourent les cordes de sa tunique, sur son ventre tendues... Cest la harpe de Pawn qu'on entend à l'entour.


Quand le grillon d'argent soudain cesse son chant
Pour s'en aller trouver une place au repos
Et l'alouette frêle, quand sa voix s'étouffant
N'est plus qu'un cri de paix, silence sans défaut,


Elle le voit à présent, et chantant sur les cordons, elle réduit la distance.

Quand le lys éreinté d'en offrir sa beauté
Nous renferme son âme au creux de ses pétales
Et la rose jalouse des charmes de l'astrée
Se boucle d'un bouton tout comme ses vassales,


Une main quitte la corde, le velours roule épouse la forme de la joue griffée du pépineur. Mais le chant continue...

Quand enfin en ta couche mon amant de fortune
Je viens me partager aux chaleurs d'une étreinte
C'est alors que s'élève notre reine, notre Lune
Et son regard nous couve, ô la pâle mère enceinte..

_________________
Pawn la Claire
---fromFRAnonymous
Lorsque Jéhan s’éveille, il est matin. Il a rêvé, c’est évident. Mais… tout est différent, tout est clair et limpide. Dans sa main, une pomme. A son bras, un écu. Dans son cœur, une chaleur qui lui semblait définitivement évaporée. Et dans son esprit, plus de questions que de réponses.
Une moitié de fiole d’hydromel et une malheureuse miche de pain. Autant dire un carême qui durerait deux saisons quand on connaît Cotard. Mais en aucun cas un déjeuner !
Calmement il libère la pomme de son carcan d’ambre sylvestre en la conservant précieusement dans un linge… on ne sait jamais. Il pèle la pomme, lentement, et sourit amusé en imaginant l’elfe en train de saliver. Il la tient et l’observe. Il la découpe. Lentement. Avec précision. Cotard est boucher. D’abord en deux moitié. Là, sur la lame du couteau une goutte, le jus, acide et sucré, coule et va… il passe la langue dessus. Puis dispose ces deux demi sphères dans sa main gauche et voit… la triskèle.
Alors il sait et se souvient de tout.
Des dryades qui lui ont confié dans une danse sensuelle que l’une des leurs, ni tout à fait Dryade, ni tout à fait humaine le conviait pour son dernier voyage.
Il se souvient, et se souviendra toujours des yeux de jade, d’un Lunarion facétieux.
Il se souvient aussi des images ineffables qui vinrent le frapper sans relâche et que lui confiait le Roi de la Forêt.
Il se souvient enfin… qu’il a échoué.
Malédiction !
Chaque œuvre de Jéhan est frappée de cette malédiction : et rien, rien de ce qu’il pourra entreprendre ne sera jamais parfait. Il observe son visage ravagé dans une flaque. En son temps, et avec ce visage, il aurait été balancé comme un déchet au dessus des remparts.
Il ne serait même pas né.
Il achève de couper la pomme et la dépose sur un linge.
L’hydromel et le pain sont un festin de roi, auquel il convie son petit compagnon d’un geste explicite. Il observe l’Arbre Monde avec révérence.
Puis quand c’est achevé, il se lève et place l’écu sur le flanc de Pencouët. D’un bond il saute en selle.
Alors il s’adresse aux Dryades :

- Merci Mesdames de m’avoir éclairé, de votre sagesse, plus que de votre beauté.
Et enfin à son compagnon.
- Merci à toi Lunarion dont je ne connais ni l’âge, ni le nom. Que Pythagore fasse que je sois présent à tes noces !
Puis il s’incline devant l’Arbre Monde, lui implorant de le pardonner de l’outrecuidance qui fut la sienne quand il l’a embrassé, hier, ou avant-hier... autrefois.
Qui saurait dire dans Brocéliande, comment passe le temps ?
Ainsi il prit la route de Rohan. Il avait à s’affranchir d’une autre tâche.
Il hésite, alors seulement, il se retourne.

Je suis Ioannis Agios Ioannis.
Si vous avez besoin de moi, hurlez mon nom à la lune.
Par trois fois.
Et je viendrais.

Soupir de soulagement, dans l'ombre.
Un vieux loup sombre soupire...

A la bonne heure ! Il a compris !
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