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[RP] Quelque part en Brocéliande...

---fromFRAnonymous
Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Mort !

Mort !

Une indicible terreur tempête chez les dryades.
Un doute étreint le Grand Cerf Blanc.
La vermine elle-même, ici, par myriade,
S’incline devant la détermination des petites gens.

C’était ainsi qu’avait été donné signal final
par le petit, mais grandiose et vibrant, général.
Et foncent toute la viande et tous les poulkinans,
à l’assaut, comme seuls le font, de vrais korrigans.

Pourtant sur leurs visages disgracieux une interrogation :
Ce que l'on fait dans sa vie… résonne dans l'éternité.
Qu’a donc voulu dire, de l’elfe, le bleu compagnon ?
Et bien qu’une corne vaut toutes les oblativités...

Quand on est une petite gens de Bretagne.
Quand on est un korrigan de campagne.


Et on leur pèlera l’oignon !
Aux Dryades... aux dryades…
Et on leur pèlera l’oignon !
Aux dryades... ces étrons.

Hé Hé Hé.




Le post qui suivait a été supprimé, à la demande de l'auteur.
***Luchta***
Chimera
[Fontaine de Barenton, le soir de la pleine lune]

La jeune femme s’arrête une fois en vue de la fontaine de Barenton… Ses yeux sont tristes mais résolus. Dans sa main droite, la petite bourse de cuir poli par les âges. Dans sa main gauche, crispée, celle de Mumia. Elle lui avait promis de le conduire à Brocéliande pour Alban Eilir. Voilà qui est fait… Pour rencontrer le reste de la communauté, c’était là le second volet de la promesse… mais ils sont seuls… Elle se sent si seule… Tous… secoue doucement la tête pour chasser ces pensées moroses. Rien n’est immuable… enfin chez les hommes toujours… Nature elle ne faillit pas…

Elle lève les yeux vers la lune … son rituel à elle. Elle inspire profondément… expire… soupire ? Elle est jeune, et le rituel d’Alban Eilir lui est inconnu… mais c’est la pleine lune, et elle sait comment honorer Ceridwen… et purifier les eaux. En quelque sorte… le renouveau de l’équinoxe de printemps. Elle tourne la tête vers l’homme qui l’accompagne. Le fait-il plus pour elle que pour Nature ? Elle l’ignore encore, mais sa présence est un baume. Infime sourire, hochement de tête et elle lâche sa main pour s’approcher de la fontaine. Un regard à Jepehess qui erre dans un coin herbu et grignote en attendant de poursuivre sa route pour les mener à Fougères, fidèle compagnon.

Les mots de Lusiana résonnent encore à son oreille, présence diaphane de la Verdruis… « Car il n'est rien qu'un maitre ne doive savoir faire sans qu'il ne le transmette à l'eleve. Ainsi que Mere Nature me l'a enseigné, il est temps pour toi de purifier les eaux ce soir... »

La lassitude n’est pas de mise. Elle doit le faire... pour la Mère... pour Dame Lune... pour les eaux... pour eux tous… pour lui, et pour elle.

Elle se tient désormais près de la pierre supérieure de la fontaine... Ses doigts, moins tremblants que la première fois, défont les cordons de la bourse. Les minéraux et végétaux fidèles au poste au fond de leur alcôve de cuir savent qu’il est temps, forts de leur expérience de centaines de soirs de pleine lune.

L'un après l'autre, elle dispose les cristaux en cercle sur la pierre... sept cristaux, chacun sa texture, chacun sa couleur... désormais familiers.

Autour des pierres, les feuilles, sept feuilles. Une feuille, une pierre... houx... gui... châtaigner... chêne... une odeur: lavande. Minéraux et végétaux s'appellent pour être réunis, amants de pleine lune…

Elle se baisse et récolte près de la fontaine un morceau de mousse sur un tronc encore humide des éclaboussures de l'eau pour le disposer au centre du cercle.

Se penchant à nouveau, elle plonge ses mains en coupe dans la fontaine pour prélever l’eau qu’elle offre à la Lune. Levant mains et regard vers l’orbe scintillant, elle le contemple un instant tout en laissant l’eau ruisseler entre ses doigts comme elle ruisselle si bien en tout lieu, roche, terre. Alors que l’eau s’écoule, des mots suivent son cours en un murmure inconscient. L’eau glisse le long de ses bras alors qu’elle répète l’opération au dessus de la fontaine, deux fois… sept fois.

Elle en appelle aux forces de la Nature, à la bienveillance de leur Mère. Elle en appelle aux forces des Ancêtres pour que cette eau dont elle a ce soir la charge soit purifiée et continue d’abreuver la terre et de la faire vivre.


Mère, à l’apogée de ta bienveillance, nous te remercions pour ce cycle immuable d’eau et de lumière que tu nous offres, qui est le garant du bien-être de chaque être qui peuple ton royaume.

Elle plonge a nouveau les mains dans l’eau puis se tourn vers les points cardinaux en agitant légèrement les mains. Quelques gouttelettes projetées à l’Ouest, quelques unes au Nord, quelques unes à l’Est, puis au Sud.

Eau qui toujours retourne au ciel, discrète vapeur, pour retomber à nouveau,
Déversant sans distinction ta protection sur les êtres, végétaux, minéraux, animaux.
Cocon protecteur de l’enfant dans le ventre de sa mère,
Vague furieuse érodant la montagne.
Source, Rivière, Fleuve, Nuage,
Terre, air, mer,
Déluge ou Jaillissement,
Mère qui abreuve toute soif et lave toute impureté.


S’agenouillant près de la fontaine, elle joint le geste à la parole et prend une nouvelle fois de l’eau dans ses mains en coupe pour la porter à ses lèvres. Après s’être relevée, elle lève une fois encore les yeux vers l’astre lunaire pour murmurer :

Pâle, insolente et rayonnante
Lointaine tentatrice auréolée d’un halo laiteux
Promesse de brumes lascives, de pluies fécondes ou glacées
Loargann, la nuit est ton royaume, veille sur nous jusqu’à l’aube… veille sur nous…


Nous... Elle tourne la tête vers Mumia, comme sortant d'un songe, puis repose les yeux sur la fontaine. Minéraux et végétaux, humides, scintillent dans la lumière de Ceridwen. Après un long moment, elle se penche une dernière fois et porte de l’eau en coupe dans ses mains jusqu'à lui afin de lui offrir. C’est là, elle le croit, son premier contact avec le rituel druidique, et elle est heureuse de l’accompagner.

/hrp: on ne fait que passer, navrés de perturber la vie du petit peuple de Brocéliande et le sommeil de la jeune dame/
_________________
---fromFRAdianyce
La clairière du Vénérable raisonne et s’assombrit. Dôme de plumes,
tapis de vermines, bancs de poulpikans puants, œuvre d’un petit
bleu teigneux et d’un lunarion grognon, mauvais artistes
amateurs de natures mortes. La cohorte lance l’assaut sous les regards dubitatifs des assiégés.
Œufs pourris et fruits gâtés, il ne manque plus
que quelques pets.
L’armée indignée du grand chêne attend les ordres de leur commandante en chef Adianyce qui tient conseil avec ses sœurs, formation fleur.


-Mes sœurs, le temps est venu de défendre nôtre foret contre l’envahisseur, qui pour une corne jaunie et un flûtiau pipeau, à l’attaque ont lancé la lie des futaies.

Les dryades lèvent le poing, chevelures au vent, arabesques en pointe.
La gardienne du chêne prend place sur une souche, tenant dans une
main une baguette de hêtre. Tous à ses pieds retiennent leur souffle, guettant le premier mouvement.
Chef et orchestre sont en place, imperturbables sous la pluie de projectiles. Adianyce baisse le bras, la marche sylvestre entonne ses premières notes. Dans les ramures,
les bois donnent le la : pinsons bassons, étourneaux piccolos, chouettes clarinettes. Des troncs creux s’élèvent les percussions, noisettes castagnettes des écureuils de seconde ligne, tandis qu’au sol les bolets jouent de la cymbales. Place aux cuivres au premier rang, trompettes de la mort et grenouilles à tuba en mesure derrière les coccinelles
violoncelles. Le vibrato du coucou s’intensifie, battements de cœur de la formation mouvante.

Le grand cerf fend la défense et au devant s’avance, défiant la mauvaise engeance. Le roi des arbres est courroucé, des dents acérées se referment sur les racines, pour l’armée assassine il n’y aura pas de quartiers mais des rondelles.
Les papillons vont par paires, déroulant les cocons, liant pattes et ailes.
Les rongeurs aux cavaliers s’en prennent, coupant les courroies de selles.
Glands, baies, spores, cônes, sont lancés à la pelle.
Les ronces se mêlent et toutes en épines, les imprudents ficellent.
Les becs pincent les chairs, sans faire dans la dentelle.
Derrière, les nymphes apeurées lancent l’appel.

Les poulpikans sont trop nombreux, de l’aide il leur faut où leur clairière ne sera plus que fagots. Les humains ? Non, ils sont soit égarés soit désœuvrés, alors mener une bataille rangée…

Adianyce, Adianyce, Adianyce
Ah qu’il est fort, ah qu’il est gros, le troll de la forêt.
Aux pommes ils seraient fourrés les korrigans dégénérés.
Mais où est-il, où est-il, où est-il ?
---fromFRMangelune
La guerre fait rage dans les sous bois... le Vénérable est un îlot dans la tempête...

le Brocéliande de l'invisible est secoué par la furie du petit peuple, le monde tangible se voile, le Bosquet Sacré des dryades est l'objet d'assauts répétés, vague après vague, mais il tient bon malgré le nombre toujours croissant de créatures s'attaquant à lui. Le Lunarion exhorte ses troupes, le Kornicouillon donne de la voix aussi, mais soudain un chant s'élève, prend de l'ampleur, les sons noient le bruit des combats, c'est hypnotique et voluptueux, doux et brutal à la fois, des averses de notes tombent des chêne en pluie d'arpèges, les troncs vibrent de basses claquantes, le rythme pénétre les elfes et les gnomes, se propage sous la peau, fait résonner têtes et tempes, s'amplifie, s'amplifie... Les sens sont annihilés, la suprématie et la pureté du chant plongent les troupes elfiques dans une confusion léthargique...

La dryaderie a contre attaqué... Mangelune secoue la tête de désespoir vers le Bleu


- Hiiiiiiiiiiii ! La Sylphide a lancé une Symphonie Siphonée, si fait c'est foutu !

Soudain, le silence retombe... Le Lunarion dresse sa petite tête confuse et lève un doigt vers Adianyce, farouche maestro thaumaturge dressée sur sa souche

- Crétine de reine des pommes, ce n'est point un troll qui est venu à ta musique, mais un grande gens passé dans l'Entremonde...



HRP / C'est pas grave, Chimera, vous ne nous voyez pas !
_________________
Elfe de Lune, Lunarion, Hurlepomme
---fromFRAnonymous
C’est un déluge ininterrompu de bois,
Parfois même, ici ou là, de soie,
En avant de la cavalerie Mud Butt se tient,
Et le moment de la mêlée, de la lutte, vient.

Il chevauche en frère et leur hurle, digne :

Restez avec moi, tous ! Gardez la ligne !
Choc frontal. Brutal. Rageur des Poulpikans.
Les plus tenaces et vils de tous les Korrigans.

Mais où est donc le fameux petit Lunarion ?
Lui qui se bat comme dix, non, trente lions.
C’est maintenant qu’on a besoin de lui.
Pas quand le jour sera dévoré par la nuit.

Elles reculent pour se mettre à couvert,
Serait-il le temps de la curée ouvert ?
Pas vraiment, mais ce pourrait enfin être drôle…
Insensible au chant, Mud Butt sait que vient : le troll.

Il était là quand vinrent les légions de Rome.
Il sait l’infamie des couillonnes des pommes.
Klezeñv Arc’hant signifie Lame d’Argent.
Est venu le temps de montrer qu’il la tient dignement.


La brève accalmie bientôt passera.

[Motte de bataille – Conseil des capitaines poulpikans]
Blim !
Coup de poing sur une coquille de noix.
Mais elles sont folles ! Elles connaissent pas Mud Butt les p’tites pommettes
Aux quatre coins de Brocéliande qu’on va l’retrouver les minettes.
Moi quand on m’en fait trop j’correctionne plus : j’thaumaturge, j’ventile, j’tripette.

Le conseil est terminé, une main sur le coeur, le Korriganed salue ses officiers.
Farce et horreur.
Farce et Horreur !
Les capitaines repartent pour l’assaut.
Mains sur les hanches le Korriganed songe :

On se sera pas fait belles pour rien.

HRP/ouais... n'empêche nous on l'a vue... hé hé hé
---fromFRmumia
Mumia regardait Chimera procéder au rituel druidique. Il était subjugué par la beauté des lieux, et la sérénité qui régnait ici...le rythme de son cœur était particulièrement faible, comme si lui aussi ressentait le calme et la beauté du moment.
Les rayons de Lune inondent la chevelure rousse de la jeune femme et se réverbèrent sur l'eau de la fontaine. Ne rien dire, profiter de ce moment magique...simplement.
Après un long moment de contemplation et de méditation, la jeune femme s'approche de Mumia, les mains en coupe, remplies de l'eau désormais purifiée de la fontaine. Il s'y abreuve en silence...
Puis ils reprennent, sans échanger le moindre mot de peur de briser la magie qui vient de s'établir, la route vers leur destination finale...
Trooldesmontagnes
Depuis dés mois et dés mois...aprés maintes attaques de vils gens,il avait parvenu à entrer en terre Bretonne.....
Partit d'Arles en duché de Provence,le voici alors en cité de Rieux......
Comment trouver la forét?par quel chemin,et allait il rencontrer l'esprit de la Fôret et Messire Mat?.....
la route serait encore plus longue que prévu......
Un signe peut etre?croisé son chemin avec un représentant des élément...il ne savait plus ou ce trouvait sa futur route...ou presque...

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---fromFRSi0ban
Assis sur une roche à la forêt de Barenton
Je médite en solo dans le cliquetis de l'eau
"Sioban est un leader, un flipper pas une balle
Passé du feu de Bengale à Cap Canaveral"

- Mais ou est donc passsé ce sieur Kerlane pour qui la brume c'était levé il y a peu chez les druides d'Etel, se demande-t-il à haute voix.

Faisait tourner sa flute entre ses doigts d'un geste habile il la porte à ses lèvres et se met a jouer un air an dro du plus... original et moderne dirons nous.
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---fromFRAnonymous
[Forêt de Barenton]
Il tenait par les rênes, son destrier, qu’il avait pris avec lui afin de perdre le moins de temps possible. Croisant, pied à terre dans la forêt de Barenton, là même où naguère il avait trouvé son écu et ses couleurs, il devisa six menhirs anciens qui semblaient dans leur course vouloir rejoindre le ruisseau, là-bas.
Il s’assit sur une grosse caillasse, attendant que les dites pierres aient achevé de traverser le sentier qu’il empruntait. Il est vrai que l’on dit que les menhirs ne se déplacent qu’une fois par siècle et seulement la première nuit de l’année. Mais en ces temps troublés de guerre, en ces temps incertains de forfaiture et de perfidie française qui aura souillé à jamais le sol béni de Bretagne, les menhirs eux-mêmes sauraient-ils garder mémoire des saisons ?
Car les français, par leur seule et maudite présence, n’avaient-ils pas bouleversés les fragiles équilibres ancestraux ?
Pour preuve : il se mit à pleuvoir, chose rare, sinon exceptionnelle en Bretagne.
Au loin une musique se fit entendre… curieuse, au moins par les instruments qui la nourrissait. Mais il en fallait plus à Jéhan, pour que l’étonnement le gagne ici.
Ici où tout est possible…
Loarwenn
Peut-être est-elle perdue. Banshee semble savoir où il va. Mais de toute façon, ne pas arriver où l'on envisage d'aller, ce n'est pas se perdre, ici. Loarwenn ne s'est pas aventurée si près du coeur de Brocéliande depuis... Elle met pied à terre et flatte l'encolure de son destrier. C'était juste après son départ de Roazhon, fin janvier. Elle entamait sa quête du soleil couchant. Il pleuvait en symphonie ce jour-là et elle s'était réfugiée sous un dolmen. Elle se souvient d'un rêve étrange. Il y avait eu des mots aussi. En quittant l'abri, bien plus tard, ragaillardie, elle avait laissé une pomme en offrande au petit peuple. Une pomme.

Ioannis a quitté le camp de l'Ost un peu avant elle. Elle fait confiance à la forêt pour lui éviter de faire preuve d'indélicatesse. Les chemins devant ses pieds tourbillonneront et les arbres l'envoûteront de mélodies célestes ; si Ioannis aspire à un temps de solitude.

L'apaisement dispensé par la forêt sacrée commence à dénouer un étau dont elle n'avait pas conscience. Sa respiration se fait plus sereine et son pas vigilant.

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"… Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Détachez la lune, démontez même le soleil
Videz les océans, arrachez toutes les forêts
Car plus rien de bon ne pourra advenir désormais."

Repose en paix, mon Frère.
---fromFRAnonymous
[Assis sur une pierre ~ Observant une meute de menhirs hésitante]
Jéhan observa les menhirs avec une attention accrue, il ne voulait pas rater le départ de leur marche. C’était si rare.
Assis sur sa caillasse il observait, curieux et ostensiblement médusé, par leur attitude surprenante, si on considère que ce sont des menhirs.
Il en avait dénombré six, mais à mieux observer, il en discerna un septième, plus petit et menu que les autres, sans doute un enfant. Jouait-il à cache-cache, comme pour se moquer et railler Jéhan ? C’était probable. Mais il était possible aussi qu’il se soit dissimulé pour donner, par son absence, du sens à sa présence. Un sens que Jéhan, à force de recherches était parvenu à comprendre. Du moins le croyait-il.

Banshee, queue en l’air et agitant sa truffe à la recherche d’improbables proies ou jeux, s’approcha… gagné par la perplexité de l’homme, il s’assit sur son céans non loin de lui, et pencha sa tête comme pour mieux observer ce qui captait à ce point l’attention du bipède omnivore. Et qui dit Banshee, annonce sa maîtresse, qui ne tarderait pas à arriver, les hennissements de sa monture, quoique discrets, avaient tôt fait de révéler sa présence en la forêt de Barenton.
Vois-tu Banshee… le petit là, nous indique quelque chose de précieux en ce qui concerne la première lune… mais ce qui suspend mon attention à leur bon vouloir, ce ne sont pas simagrées de la Lune Noire… non, non, non… c’est celui-là, le trapu, avec la mousse en guise de perruque… il semble hésiter, peser le pour et le contre… il ne se décide pas à traverser, et finalement bloque tous les autres.

Me semble-t-il.
Convaincu que le grand singe qui n’arrêtait jamais de parler n’avait rien qui soit susceptible de l’intéresser, Banshee reprit ses bonnes habitudes truffesques. Il se proposait de refaire toute la topographie de Barenton, en soulevant une motte, grattant un terrier, déplaçant les cailloux, dans sa quête inexorable de… manger.
Lorsque Loarwenn fut là, il eut un moment de simple silence. Une révérence des cœurs celtes au temple de la Nature. Puis Jéhan rompit le silence, et en se retournant vers elle, il n’évoqua même pas la bataille, la victoire, ou le combat. Ce temps était achevé.

Ces sept menhirs ne sont pas prêts de traverser le sentier. Nous avons donc un peu de temps, suffisamment tout au moins pour parler.
La dernière fois qu’il avait évoqué la meute, ses principes… c’était au Menez-Hom.
Loarwenn
Loarwenn s’approche. La majesté tranquille de ce lieu imprègne l’être entier. Ici on peut oublier un temps la guerre et le fracas des armes. C'est un endroit en dehors du Temps ; ou juste en son coeur.

Ces sept menhirs ne sont pas prêts de traverser le sentier.

Loarwenn a remarqué les pierres dressées. Elle tourne le dos à Ioannis, prélevant quelque chose dans ses fontes de selle. Un écureuil l’épie avec intérêt, en éveil sur une branche basse. L'homme assis ne peut voir ses traits, quand elle répond d’un ton parfaitement sérieux.

Ioannis… dès que nous aurons cessé de les observer, les vénérables reprendront leur marche.
… C’est timide, un menhir.


Une fois son destrier entravé, elle se retourne ; ses yeux pétillent de gaieté. Banshee a découvert un hérisson et taquine d’une patte hésitante la boule d’épines.

Nous avons donc un peu de temps, suffisamment tout au moins pour parler.

Et si on jouait, plutôt ? C’est sorti tout seul. Happée sans prévenir par un élan de joie brute, elle rit. L’écureuil détale, éclair fauve le long de la branche. Si elle avait un peu moins de maîtrise sur elle–même, d’un seul élan elle bondirait sur son frère de Meute pour le faire valdinguer de sa caillasse. Un roulé-boulé dans les feuilles et une course-poursuite parmi les chênes centenaires… Voici, à n'en pas douter, qui distrairait suffisamment les menhirs pour qu’ils en oublient leur timidité. Il est bon aussi, pour la Meute... de jouer.

Me regarde pas comme ça !

Pas vif et sourire dévoreur de visage, d’une main adroite elle lui lance une pomme, puis, arrivée à deux pas de lui, se laisse tomber souplement assise en tailleur dans l’herbe. Elle croque alors avec appétit une généreuse bouchée de sa propre pomme. Il y en a d’autres dans les fontes de Krogus. Du pain, du fromage et à boire aussi. Déformation de cantinière. Sans doute.

Ses yeux brillent d'anticipation. Elle attend qu'il veuille bien lui raconter ses découvertes.
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"… Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Détachez la lune, démontez même le soleil
Videz les océans, arrachez toutes les forêts
Car plus rien de bon ne pourra advenir désormais."

Repose en paix, mon Frère.
---fromFRAnonymous
Il attrape la pomme qui lui est cédée et offerte d'un geste précis.
Puis il y eut un long moment pendant lequel Ioannis hésita.
Par quoi allait-il commencer ? Par Démocrite d'Abdère ? Aristarque ? Toutes ses recherches ? Mieux valait abandonner les sept éléments et la farine de l’air à d’autres temps et d’autres cieux. Il préféra commencer par les conclusions, qui seules pourraient éveiller sa curiosité. Il allait essayer de ne pas prendre ce ton pédant de professeur… et n’y arriverait sans doute pas.

Te souviens-tu du chant des séries ? J’y ai longuement travaillé, après le message qu m’avait fait parvenir Dame Chiméra. Et je crois avoir compris ces mots :
Sept soleils et sept lunes,
Sept planètes y compris la Poule.
Sept éléments avec la farine de l’air.

Ces vers sont hautement symboliques pour le Fama Fraternitatis… la Poule !
La poule… j’ai longtemps cherché la signification que pouvait receler cette énigmatique sentence : Sept planètes y compris la poule.
Nulle part je n’ai trouvé de planète qui soit surnommée ainsi. Mais le poulet, je ne parle pas du Marquis de Blain, est l’animal alchimique par excellence : crête rouge, plumes blanches, pattes noires… qui symbolisent la matière de l’œuvre qui commence par devenir noire par la putréfaction, blanche à mesure que la rosée philosophale la purifie et rouge enfin quand elle parfaitement fixée.
Noir, blanc, rouge… sable, argent et gueule… la Genèse.
Mais le vers parle de la Poule et non pas du Poulet… pour les raisons que tu connais.
Sept soleils et sept lunes…
Il n’y a qu’un seul soleil et qu’une seule lune, Certes. Mais il y a sept manières au soleil d’éclairer la lune. Sept lumières qui inondent Phoebe, qui engendrent sept signes.
A la naissance de chaque individu, de chaque Personne Juste, il y a dans le ciel une position adéquate de la lune, qui lui renvoie en miroir une image de ce qu’elle est selon que la lune soit présente ou absente, pleine ou demi-lune.
En fait il y a cinq positions de la lune : absence de lune, premier quart de lune, demi-lune, troisième quart de lune ou pleine lune. Les adeptes, les initiés de la Fama Fraternitatis, nomment cela : les arcanes.
De même il y a dans le ciel au moment de la naissance de chaque individu un mouvement de la lune, ou plutôt un état de la lune qui dépend directement de son mouvement selon qu’elle soit ascendante ou descendante. Les adeptes, les initiés de la Fama Fraternitatis nomment cela les auspices.
Il y a donc cinq arcanes et deux auspices.
Parmi les cinq arcanes on en dénombre trois majeurs et deux mineurs.
Les arcanes majeurs sont ceux qui ne sont pas influencés par les auspices : ce sont l’absence de lune, la demi-lune, la pleine lune. Ce sont des états stables qui marquent durablement et sensiblement la personnalité des Personnes Justes. On les nomme respectivement : Lune Noire, Lune Argent, et la Pleine Lune.
Les arcanes mineurs sont ceux qui sont marqués par les auspices, le premier et le troisième quart de lune dont le fait que la lune soit montante ou descendante influe directement sur l’arcane.
Lune montante – premier quart : la Lune dite Draconique.
Lune montante – troisième quart : la Lune dite Gibbeuse.
Lune descendante – premier quart : la Lune dite du Mâcle.
Lune descendante – troisième quart : la Lune Rousse
.
Pause, de peur de perdre son unique auditrice.
Tu me suis toujours ? Je continue ?
Banshee, lui, était étendu au sol, sur le dos, les quatre pattes en l’air et ronflait : vaincu.
Loarwenn
Noir, blanc, rouge… sable, argent et gueule… la Genèse.

Les mots de son frère de Meute sont comme des rafales de vent qui éparpillent la brume, comme les rayons du soleil dévoilant soudain un paysage caché à la vue.

Les couleurs…
Dubh, Bàn, Dearg…
La genèse...
A l’origine il n’était rien. Rien avant, rien de plus.
Dearg engendrait sans cesse.
Dubh dispersait sans fin.
Et Bàn tissait, des songes de Dearg et Dubh, le treillis de ce qui fut, qui est et qui sera.
Trois forces pour l’équilibre, la triskèle pour les réunir toutes...


La Poule ?!
Ses yeux s'écarquillent de compréhension.
Oui, je connais les raisons.
A-t-elle parlé à voix haute ? Elle n'en sait rien. Ca fait rage à l'intérieur de Loarwenn. Exaltation. Frayeur. Elle absorbe.

Il y a donc cinq arcanes et deux auspices.

Petite mine sérieuse, regard en abysse. Une fine baguette de bois à la main, tout en écoutant le Thaumaturge, Loarwenn dessine au sol, devant elle. Des lunes. Sept lunes éclairées différemment par le soleil. Elle annote chaque croquis et observe l'ensemble.

Mais alors dis-moi... Sa baguette dans la main droite, entre pouce et majeur, elle tapote au rythme de sa réflexion l'index de sa main gauche.

Tu me suis toujours ? Je continue ?

Elle écarquille les yeux. Mais oui !!! Je suis captivée, Ioannis !
Et se penche légèrement.
… Et apparemment, je ne suis pas la seule. Ne te retourne pas mais…
Le plus petit des menhirs a bougé. Il vient vers nous.


Banshee s'agite dans son sommeil, une de ses pattes gigote en rythme de course, il remue la queue. Il doit rêver qu'il chasse.

... Ioannis, dis-moi... Les Personnes Justes... Il y a donc un lien entre...
Elle montre du doigt les sept lunes au sol.
... Et nous ? Main posée sur le cœur : le "Nous", c'est la Meute.
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"… Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Détachez la lune, démontez même le soleil
Videz les océans, arrachez toutes les forêts
Car plus rien de bon ne pourra advenir désormais."

Repose en paix, mon Frère.
---fromFRAnonymous
Loarwenn a écrit:
... Ioannis, dis-moi... Les Personnes Justes... Il y a donc un lien entre...
Elle montre du doigt les sept lunes au sol.
... Et nous ? Main posée sur le cœur : le "Nous", c'est la Meute.

Précisément.
Nous avons cinq arcanes qui se décomposent en trois majeurs et deux mineurs, ainsi que deux auspices qui multiplient les arcanes mineurs. En tout sept indentités propres et symboliques, sept parties dans la meute, sept rôles, sept missions.

La Lune Noire est la lune de ‘Ceux qui voient dans les ténèbres’ : La lune des prophèties, celle des oracles et des devins, Ils savent où est la lune, alors même qu’elle est absente dans le ciel. C’est la lune des Vates. Prêtres et devins. Prophêtes au sens où ils prononcent les prophéties.

La Lune d'Argent est la lune de ‘Ceux marchent dans l’harmonie’ : La voie de l’équilibre, c’est la lune des arbitres et de la justice, la lune des Juges. Souvent ceux-là suivent la voie de l’état et font de bons magistrats.

La Lune Immaculée ou Pleine Lune est la lune de ‘Ceux qui renoncent aux ténèbres’ : Ils sont inondés de la lumière et se tiennent en dehors de l’ombre et des ténèbres. Ils sont ‘entiers’, intransigeants, Ils protègent la lumière et combattent les ténèbres.
Ce sont les Guerriers, les Paladins, les Protecteurs.
Ils suivent trop souvent la voie de la guerre et de l’armée, car ils sont souvent soldats.

Ces Lunes sont dites "stables" : c'est pour cela qu'il y a trois voies dans le Monde, trois chemins de l'Intelligence et de la Gnose.

La Lune Draconique est celle de ‘Ceux qui parlent à la Lumière’ : Ils ont aperçu la première lumière de la lune, ils sont élus pour assister à sa ‘naissance’, pour parler en son nom, pour lui parler, pour la comprendre. Ce sont les Théurges. Les seuls qui peuvent s'entretenir avec... l'Ailleurs.

La Lune Gibbeuse ou celle de ‘Ceux qui chantent la lumière’ : Ils sont nés quand la lumière a presque dévoré et vaincu les ténèbres. Ils assitent au spectacle de sa victoire, et renoncent à sa chute. Ils chantent et récitent, ils lancent les odes à la lumière pour qu’elle subsiste et qu’elle ne s’éffondre pas. Ce sont les poêtes qui connaissent les gestes les histoires et les chantent. Ce sont les Bardes.

La Lune du Mâcle est la lune de ‘Ceux qui marchent dans les ténèbres’ : Ils sont nés quand presque toute la lumière est consummée par les ténèbres. Ils ne les craingnent pas et ont accès à la Connaissance, notamment celle des plantes. Mais ils sont les plus troubles car fortement marqués par les ténèbres, les plus corrompus aussi. Une plante peut soigner, mais aussi être un poison. Ils peuvent donc être médicastre, médecin ou…assassin.
Méfie-t-en toujours.

La Lune Rousse ou celle de ‘Ceux qui parlent aux ténébres’. Ils sont nés quand la lumière commence à être dévoré par les ténèbres. Ils ont accès à une part d’ombre inconnue des autres. Ils sont les premiers à voir les ténèbres. Ils sont élus pour leur parler. Alors ils oeuvrent et cherchent les réponses dans les ténèbres, dans ce qui est caché, occulte. Ils ont accès à la Connaissance, notamment celle des astres et des nombres : ce sont les astronomes, les Thaumaturges.


Il fit une brève pause.

Sept parties dans le Monde, sept Soleils et sept Lunes ; sept parties dans la meute.
Cela a un sens comprends-tu ?
...
Il ne s'y trouve pas de chef et la meute n'a de sens que quand elle est complête.


Ce fut alors le silence, seulement rompu par le bruit de la queue de Banshee qui battait la mesure et frappant l'herbe humide.
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