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[RP] La confrèrie des tueurs de mouches

--Carembert
[HRP] Le présent RP a un but bien précis que vous découvrirez au fil du récit. Cependant, comme tout RP, celui-ci a une vie qui lui est propre, et cette vie est d'autant plus riche que des gens viennent y apporter leurs contributions. Aussi, vous êtes libre si vous le désirez d'y participer; nous vous demanderons juste de bien vouloir nous contacter au préalable, afin que nous soyons certain que le fil conducteur de l'histoire sera respecté. [/HRP]







Dans une taverne de Montpensier


Il attend.. cela fait bientôt deux heures qu'il attend dans cette taverne de Montpensier que sa princesse le rejoigne. Deux heures, qu'est-ce que c'est dans une vie, dans sa vie de bourlingueur? bien peu, et pourtant... Et pourtant il a hâte de voir sa silhouette franchir la porte et le rejoindre. Il a hâte d'entendre sa voix lui dire que tout est prêt, que c'est pour ce soir... Il a hâte de retrouver ses lèvres pour lui donner un de ces baisers qu'elle aime tant, gourmand, sulfureux, passionné, complice...

Deux heures... Voilà quelques semaines, il n'en aurait rien eut à faire de ces deux heures. Mais voilà, entre temps il y avait eut cette arrivée à Montpensier, au hasard des chemins, des fuites face aux autorités locales, aux armées patrouillant sur les route. Et ce visage reconnu. Visage de son passé. Visage presque oublié. Visage d'une autre vie, d'un autre temps. Il avait hésité au premier abord. Était-ce elle? 20 ans les séparaient de leur dernière rencontre. 20 ans, une vie, une éternité. Elle n'était alors qu'un bébé, un enfant âgé d'à peine une année. Mais son regard la trahissait. Le même regard que celui de sa mère. Un regard perçant, vif. Inoubliable.

Cela aurait pu s'arrêter là. Mais voilà, le destin est parfois joueur, taquin... Un jour il vous oppose aux pires ennuis, et le lendemain vous offre la chance de votre vie. Un passage à la mairie, quelques annonces lues... C'était décidément trop beau. L'idée avait aussitôt germée dans son esprit, les pièces du puzzle s'étaient mises en place. Idée folle, dangereuse, insensée. L'occasion de se venger d'une blessure jamais refermée depuis ces vingts ans. De mettre fin a son errance. D'offrir à sa poupée une vie de nanti qu'ils n'auraient jamais espéré même dans leurs rêves les plus fous.

Sa poupée.. d'abord elle avait rit à l'évocation de son idée. Puis elle avait crié. Il devait avoir bu. ou être fou. ou les deux. Et puis, au final, elle s'était laissée gagner par sa folie... Un aller-retour Montpensier - Clermont plus tard, ce qui était un mélange entre doute et espérance s'était transformé en certitude. Et la surveillance avait commencé. A tour de rôle. Elle le jour, lui la nuit. Où parfois les deux ensemble, quand le besoin de se retrouver était trop fort. La fraicheur de la nuit est bien peu de chose lorsque la passion enflamme les corps.

Et petit à petit, ils avaient appris à connaitre la vie de celle qu'ils surnommaient entre eux "la cible". Ses heures de sorties, de retour à sa demeure, ses occupations, les personnes qu'elle connaissait, ses amis, ses ennemis... Jamais il n'avaient préparé un coup avec autant de minutie. Mais ce coup était particulier. C'était le coup d'une vie. Le coup de leur vie. Ils n'auraient qu'une seule chance de pouvoir le réaliser. Une seule.

Son regard se repose vers la porte... toujours rien. Un soupire, avant de saisir sa choppe et de la vider d'un trait. Les rayons du soleil couchant viennent frapper son visage à travers la fenêtre, l'obligeant à cligner des yeux... Et puis, un bruit, la porte viens de s'ouvrir, il regarde dans la direction... c'est elle...
--Nemesys


Des jours et des jours à surveiller, à noter, à étudier toutes les possibilités pour ce coup si particulier qui pourrait leur donner une fortune sans nom si tout fonctionne comme prévu. Une sacrée motivation pour rester des heures dehors en hivers mais pour être honnête Némésys ne se donne pas tant de peine pour quelques sacs d’écus, elle le fait pour lui.

Dissimulée derrière un arbre à bonne distance pour ne pas se faire remarquer elle surveille une fois de plus la maisonnée, toujours la même, notant qui entre, qui sort, les habitudes mais toujours en gardant un œil sur sa cible. Cette jeune donzelle à l’origine de toute cette folie.
Le sourire sadique aux lèvres Némésys se souvient du jour ou elle est entrée dans leurs vies sans le vouloir, une simple rencontre qui finalement provoquera un raz de marrée dans son existence. Depuis ce jour il n’avait plus qu’elle en tête, Némésys en serait presque jalouse si elle ne savait pas toute l’histoire. Comment avait elle pu accepter un projet aussi dément ? Comment avait elle pu dire oui à pareil délire ? La seule réponse qu’elle trouve c’est par amour, elle ne voit que ça, pour lui, parce que toute cette histoire semble lui tenir à cœur plus que n’importe quoi et puis parce que toute façon il l’aurait fait, autant être deux, ça n’est pas de trop vu la tâche.

Concentrée sur sa mission elle en a oublié le jour qui décline, sourit quand elle s’en rend compte en rangeant comme tous les jours ces temps ci son carnet dans sa sacoche de voyage limée par le temps. Némésys réajuste sa capuche puis prend le chemin des tavernes, vers celle ou elle doit le rejoindre. Son pas est rapide, aussi bien pour fuir le froid mordant que pour le retrouver. Ils sont si souvent séparés depuis le début de la surveillance qu’elle ressent un manque de plus en plus grand.

La taverne, enfin ! Némésys pousse la porte et sourit dès que son regard croise le sien. Quelques pas de plus et la voilà dans ses bras, au chaud, ses lèvres sur les siennes pour un long baiser passionnée, comme si elle en avait été privée depuis des mois. Et oui quand Némésys est contente ça se remarque, tout comme le contraire d’ailleurs, elle est comme ça, tout l’un ou tout l’autre. Mettant fin à contre cœur au baiser elle fait son rapport quotidien sans pour autant quitter ses bras, pas folle la rouquine.


Rien à signaler aujourd’hui, tout se déroule comme prévu. Tu vas l’avoir en plein cœur ta cible.

La jeune femme sourit de son jeu de mot puis elle vient cacher son visage au creux de son cou tout en prenant place sur ses genoux. Elle lui dépose de doux baisers puis lui chuchote à l’oreille

N’aurais tu point envie de monter à l’étage récompenser ta fidèle et dévouée assistante ?
--Carembert



Dans une taverne de Montpensier


Quelques pas et la jolie rousse se retrouve prêt de lui ; Pas une seconde de répit, les mains de l'homme se referment autour du visage de Nemesys pour un baiser gourmand où les langues se cherchent, se trouvent, se mélangent dans un ballet des plus impudiques... Et lorsque ses mains lâchent son visage, c'est pour mieux l'attirer contre lui, en posant ses mains sur ses hanches et en les caressants de façon sensuelle. Ses yeux se mettent à pétiller alors qu'il écoute ce qu'elle nomme son "rapport" :

Rien à signaler aujourd’hui, tout se déroule comme prévu. Tu vas l’avoir en plein cœur ta cible.

Il acquiesce en souriant avant de l'embrasser goulûment en disant

Je t'aime toi!! J'espère bien que je vais l'avoir!! Plus que quelques heures à attendre non de dieu!

Petit regard méfiant à droite et à gauche, pour vérifier que personne ne les écoute... il a prit soin de choisir une table isolée des autres, mais on est jamais trop prudent. Vérification faite, il poursuit :

Pendant que tu te gelais les miches au soleil, ma belle, je suis allé faire un tour à la vieille mine abandonnée, histoire de vérifier qu'on a rien oublié. Je pense que c'est bon : paillasses, couvertures, bectaille pour plusieurs jours, du bois pour le feu, tout ce qu'il faut pour tenir un bon moment. Les chevaux sont prêts aux écuries, faudra qu'on les mette pas trop loin de la ruelle, mais pas trop prêt non plus, histoire qu'elle nous repère pas. Le grand sac de toile est dans la chambre, la gosse est pas très grande, elle devrait rentrer dedans sans problèmes... Faudra juste que je pense à pas l'assommer trop fort... Ce serait dommage d'abîmer la marchandise de suite tu trouves pas, mon bébé...

Il la regarde en souriant alors qu'elle s'installe sur ses genoux et glisse son visage dans son cou pour y déposer de petits baisers. Posant ses mains sur ses cuisses et les y faisant glisser en de douces caresses chaudes et sensuelles, il en vient presque à regretter qu'elle n'aie pas mis une robe... Un frisson parcourt son échine alors qu'elle murmure à son oreille

N’aurais-tu point envie de monter à l’étage récompenser ta fidèle et dévouée assistante ?

Et posant ses lèvres sur le lobe de son oreille il répond

Ma foi.. je crois qu'elle l'a bien mérité... on a encore un peu de temps devant nous...


Il sort quelques écus de sa bourse, les déposent sur la table, et prend la suite de Némésys qui est déjà prêt de l'escalier. Les marches sont montées de façon lente, histoire qu'il puisse se repaître du déhanché volontairement langoureux de la belle.


A peine la porte de la chambre est-elle franchit que leurs corps se retrouvent en une étreinte passionnée et sauvage... La résistance qu'oppose leurs vêtements est bien faible comparée au désir qui les étreints en l'instant, et c'est emporté par un tourbillon de baisers et de caresses qu'ils s'abandonnent l'un à l'autre pendant les quelques heures qui les séparent du moment tant attendu...
--Nemesys


Des heures qui semblent durer des jours tant la passion entre eux est forte. Némésys n’ira pas vérifier mais elle est à peu près sure que les clients eux aussi présents dans les chambre autours n’ont pas mit longtemps pour deviner ce que le couple fait pour passer le temps. Surtout que cette fois là pourrait bien être la dernière si les évènements ne se déroulent pas comme prévu.
Némésys se refuse à y penser mais dans un coin de sa tête elle sait que cette idée de folie pourrait leur faire tout perdre, y compris la vie alors autant profiter le plus possible du moment présent.

Après une dernière étreinte aussi fougueuse que passionnée Némésys se rend compte que le jour est maintenant franchement finit, il fait si noir dans la chambre qu’elle ne voit pas la porte qui pourtant n’est pas si loin. L’heure approche. Elle le sait, elle le sent, il est temps. Elle ne quitte pas les bras de son homme pour autant, elle préfère de loin profiter encore un peu puis de sa douce voix elle vient rompre le silence ambiant


Il fait nuit …Tu es sur que …


Némésys ne termine pas sa question, elle connaît déjà la réponse. Elle sait parfaitement qu’ils ne feront pas marche arrière, pas après tout ce travail, toutes ces heures de surveillance, tous ces pot de vin pour en savoir toujours plus, toutes ces heures passées loin l’un de l’autre. D’un coup de reins elle vient sur lui, son visage au plus près du sien avant un long baiser. Ses doigts viennent dessiner le contour de son visage tandis qu’elle lui chuchote un je t’aime à l’oreille. Némésys aurait pu profiter de ces dernières heures de calme pour dormir un peu mais entre l’excitation des choses à venir et la proximité de son homme elle ne trouve pas de place pour le sommeil.
--Carembert



Dans une taverne de Montpensier


L'étreinte est folle, passionnée, il aimerait que jamais elle ne se termine... pourtant, la nuit est tombée, l'heure est venue de se mettre en route et de mettre à exécution leur plan. Il sait que Nemesys l'a deviné, aussi la laisse-t-il venir sur lui pour un dernier baisé; Ne sachant quand ils auront l'occasion de profiter d'un moment d'intimité, il profite une derniere fois de sa présence contre lui, de son corps contre le sien. Le baiser est long, intense, il sourit quand elle lui murmure qu'elle l'aime, lui répond par les mêmes mots; quelques mots d'hésitations de la jeune femme

Il fait nuit …Tu es sur que …


Un regard suffit pour lui répondre, il l'enlace tendrement, glissant ses lèvres dans son cou pour le parsemer de baiser, ses mains sur son corps pour le caresser sensuellement, avant de lui faire comprendre que le moment est venu...

Tous deux passent leurs vêtements, glissent à leurs ceintures leurs poignards, et le sac de toile à la main quittent la chambre, prenant la direction des écuries. Les montures sont déjà sellées, le sac est posé sur l'encolure de celui de Carembert, et ils quittent les écuries, tenant leurs montures par la bride.

Alors qu'ils s'avancent dans les rues du village, une appréhension s'empare de l'homme... et s'ils arrivaient trop tard? Si la "cible" était déjà partie sur les remparts? Un regard vers sa belle pour se rassurer, non, ce ne peut être le cas... La lumière perceptible par la fenêtre de la maison de celle qu'ils vont enlever visible, il pousse un soupir de soulagement. Les chevaux sont amenés à l'endroit prévu, il se tourne vers Nemesys


Bon... tu sais ce que tu as à faire? Quand elle sortira, tu t'avanceras vers elle, en faisant semblant d'avoir été attaqué. Pendant que tu l'occuperas, je m'approcherai d'elle et l'assommerai. Il faudra immédiatement aller chercher les chevaux pour que nous partions vers la mine...


Il la regarde un instant... Il faut qu'elle aie l'air d'avoir été attaqué... il saisit le col de la chemise de sa maîtresse, tire un coup sec, la déchirant à moitié; il passe ensuite sa main dans ses cheveux pour la décoiffer, puis dis en souriant


Voilà ma belle, tu es parfaite! Désolé pour ta chemise, dis-toi que quand ce sera fini, je t'en achèterai en soie réalisées par les meilleurs tisserands du royaume..

Il la prend dans ses bras pour un nouveau baiser, murmure

Je t'aime, soit prudente...

Avant d'aller prendre place sous un porche, non loin de la demeure, et de laisser celle qu'il appelle affectueusement "sa femme" se poster à l'endroit prévu par avance.

Ils n'ont guère à attendre avant que la lumière dans la maison disparaisse et que la porte s'ouvre... Tendu, il regarde la jeune femme refermer sa porte, s'engager dans la ruelle, comme chaque soir... déjà, Nemesys s'avance vers elle en boitillant... c'est parti...
--Nemesys


A deux pas de la demeure de la cible

Némésys lève les yeux au ciel d’entendre une nouvelle fois les consignes, bien sur qu’elle sait ce qu’elle a faire, depuis le temps qu’il lui répète les mêmes mots, les mêmes idées, comment l’oublier ? Amusée elle le laisse déchirer sa chemise, le sourire en coin sur la promesse d’une nouvelle faite par les meilleurs, encore des mots qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’une sourde. Une dernière étreinte, un dernier baiser qui lui laisse comme un pincement au cœur…


Je t’aime, je le serai c’est promis
lui dit elle en commençant à avancer vers sa position.

Némésys une fois en place se conditionne pour son nouveau rôle, la femme blessée, rien de plus facile. Profitant des quelques minutes restantes elle met une dernière touche à son « costume » de victime. Un peu de poussière ramassée au sol pour ses cheveux, son visage, son décolleté pour donner l’illusion d’un combat au sol puis voyant que la lumière est toujours allumée elle se décide pour une dernière touche de réalisme, il faut tout faire pour l’appâter, peu importe le moyen il n’y aura pas de seconde chance, Némésys met le paquet et attrape une de ses dagues avec laquelle elle s’entaille le creux de la main gauche. Rien de bien profond, juste de quoi saigner. Elle passe sa main dans ses cheveux, laissant imaginer une possible plaie sous sa tignasse rousse, un petit trait de sang fait d’un doigt au coin de sa bouche puis elle pose sa main ensanglantée sur son estomac, laissant le tissu s’imprégner du sang tandis qu’elle range sa lame. Un dernier coup d’œil à l’endroit ou doit se trouver son homme puis elle focalise toute son attention sur la lumière et sa mission.

La lumière s’éteint, finalement Némésys avait tout juste le temps pour sa petite mise en scène. Voilà sa cible, pas de temps à perdre, Némésys commence à avancer vers elle, clopinant, sa main sur sa chemise rougeoyante, la tête baissée. En temps normal elle aurait fait ce petit manège jusqu’à être au plus près de sa victime pour la planter de sa dague avant qu’elle n’ait pu comprendre se qui se passe mais pas cette fois, il la veut vivante, hélas.
A quelques pas d’elle Némésys fait entendre sa voix, faible et tremblante


Aidez moi … je … je suis blessée … aidez moi … je vais mourir …du … du sang … au secours … pitié aidez moi !!!


Afin de parfaire la petite mie en scène et créer l’urgence Némésys laisse tomber un genou au sol en gémissant de douleur, se rattrapant sur sa main coupée pour créer une marque rouge dans la poussière avant de la remettre contre son ventre soit disant ouvert lui aussi

Aidez-moi ….
Murmure t elle en priant intérieurement pour que la jeune donzelle tombe dans le piège comme prévu.
--Carembert



A deux pas de la demeure de la cible

Caché sous son porche et masqué par la pénombre, Calembert avait observé en souriant le petit manège de sa belle pour se grimer en pauvre-femme-qui-vient-de-se-faire-attaquer ; décidément, elle ne manque pas de ressource ni d'idées la donzelle! Ils se sont décidément bien trouvés...

Un instant, il se remémore leur rencontre, dans un bordel de la cour des miracles; Nemesys n'étaient alors qu'une petite voleuse qui piquait dans les poches des clients après leur avoir vendu ses faveurs pour quelques écus. La première fois qu'ils se sont vus? Pas mieux que les autres, il avait payé pour l'avoir quelques heures; Le moment avait été délicieux, d'ailleurs; plutôt douée la petite, en matière de câlins Déjà. Dommage pour elle qu'il ne dormait qu'à moitié quand elle a voulu lui piquer sa bourse;

Une gifle et une plainte à la tenancière plus tard, elle était jetée à la rue et l'attendait dans un coin, la dague à la main, pour se venger. Une estafilade sur la joue du Carembert, une nouvelle gifle pour la désarmer, et un éclat de rire de l'homme devant la mine haineuse de la gosse; Et puis, une main tendue, par... pitié? Parce qu'elle avait de jolis yeux? Parce qu'elle était douée pour la bagatelle? Allez savoir... Toujours est-il qu'il l'avait emmené dans ses bagages. La suite? Cela s'était fait tout seul, jusqu'à ce qu'ils deviennent inséparables, aussi indispensable l'un à l'autre que l'alcool pour un poivrot, la flotte pour un poisson ou la quête pour un curé.

Oui, alors qu'il la regarde s'avancer vers la cible en titubant, il ne peut s'empêcher de se dire qu'il l'aime, ce petit bout de femme qui lui ressemble tant. Son âme sœur, peut-être? Possible; ce qu'il sait, c'est qu'il mourrait pour elle, et qu'elle en ferrait autant. Sans hésiter. N’importe ou mais avec elle. Même en enfer.

Apparemment la conversation s'est engagée comme prévu; encore quelques secondes, et sans bruit, en longeant les murs, il se rapproche du couple de demoiselles. Sa femme et l'autre. Des gonzesses qui papotent, quoi de plus naturel? Toujours difficile à séparer. Cela tombe bien, il va pouvoir en profiter... Sa main se glisse à sa ceinture alors qu'il n'est plus qu'à une dizaine de mètres, saisit sa matraque... encore quelques pas, Nemesys se débrouille vraiment bien pour occuper la cible...
Elais
[Près de la demeure de la cible]

La nuit était déjà bien avancée lorsque la porte de la petite chaumière s'ouvrit sur la tisserande. Emmitouflée dans une cape sombre, on ne distinguait guère qu'une partie de son visage ainsi que sa dextre gantée qui venait refermer la chaleureuse petite demeure. Dans l'obscurité hivernale quelques pâles rayons d'un quart de lune lui permettaient d'apercevoir les formes quadrangulaires des maisons qui formaient le quartier où elle vivait. Un quartier calme où résidait que peu d'habitants encore, mais que la jeune femme avait choisi car son échoppe se trouvait à proximité des deux lieux dans lesquels elle aimait se rendre : les remparts et le cimetière.

En cette soirée, c'était les remparts qu'elle s'apprêtait à rejoindre pour y retrouver, avec un certain espoir, un visage familier et aimé, mais aussi pour prendre sa garde. Depuis son retour, elle cumulait les patrouilles afin de ne pas s'appesantir sur son envie de reprendre les chemins. Le besoin d'économiser pour commencer ses études avait pris le pas sur tout autre chose, l'obligeant à devenir quelque peu sédentaire. Elle savait que sans cela, elle ne pourrait satisfaire l'un des vœux de son père et atteindre le but qu'elle s'était fixée. Cependant, cette situation l'étouffait perceptiblement, et retrouver la muraille était pour elle le seul moyen d'apaiser cette frustration de ne pouvoir simplement vivre comme une vagabonde, loin de toutes ces formalités et convenances qui, durant son enfance, avaient semblé chers à son père... Loin de ce monde qui lui semblait de plus en plus fou, de plus en plus illusoire...

Un frémissement parcourut son corps. La cause aurait pu être la légère brise fraiche qui, chassant ses dernières réflexions, venait de s'engouffrer entre les pans de sa cape, mais ce fut une toute autre raison, laquelle attira soudainement son attention.


Aidez moi … je … … pitié aidez moi … Aidez-moi …


Stoppant net devant la silhouette informe qui se mouvait à terre, elle écarquilla d'abord les yeux, surprise de ne l'avoir remarquée plus tôt. Ses pensées lui avaient fait perdre toute vigilance sur ce qui l'entourait au point qu'elle resta un long moment immobile, à l'observer, sans vraiment que les mots, blessée, mourir et sang, n'eussent le moindre impact sur elle. Les avait-elle au moins assimilés, entendus ?

Il faisait sombre, néanmoins elle discernait assez bien la mise négligée de l'inconnue. Sa chemise déchirée laissait apparaître un fin grain de peau laiteux qu'une chevelure d'un roux flamboyant, cachant les traits du visage, venait frôler. A genoux, recroquevillée sur elle-même, celle qui sans nul doute était une femme, se tenait douloureusement le bas ventre. A cette constatation, elle haussa les sourcils. Etait-ce une de ses soulardes, trainant les rues, dont l'estomac saturé menaçait d'évacuer le trop plein d'ivresse ? Elle en croisait si souvent ces derniers temps... Navrée, elle se rapprocha un peu plus. Ce n'était à elle de juger qui avait besoin de son aide ou non. Tout être humain était la brebis de dieu et avait droit à la miséricorde et la déférence de son voisin.

Elle tendit la main afin de lui porter assistance quand ses yeux tombèrent sur la tâche brune qui souillait sa chemise. Etrangement une autre image, sortie d'un autre temps, d'un autre lieu, vint s'interposer à celle-ci, créant une confusion plus grande que la précédente dans son esprit.


Seigneur... C'est du sang.


En quelques mouvements, la tisserande se retrouva aussitôt, genou à terre, près de la jeune femme blessée.

Pardonnez-moi, je n'avais compris votre... votre état. Mais que vous est-il arrivé ? D'où venez vous ainsi ? Comment...

Les points d'interrogations plein la tête, furieuse que l'on puisse s'attaquer à une femme si frêle, elle passa le bras de l'inconnue sur ses épaules et tenta en premier lieu de l'aider à se relever.


***
--Nemesys


Près de la demeure de la cible

Le projet est lancé, plus moyen de faire marche arrière, Némésys fait tout son possible pour paraître vraiment blessée et amochée. C’est fou comme le rôle de la femme ensanglantée marche à tous les coups. Elle serait bien incapable de dire le nombre de fois ou cette stratégie à fonctionné, après tout quoi de mieux que la pitié pour faire baisser la garde des honnêtes gens ?

Une fois de plus tout se déroule comme prévu, la cible tombe dans le piège, les deux pieds dedans.
Némésys retient son sourire de satisfaction de la voir poser un genou à terre, de l’entendre s’adresser à elle sur un ton qui semble être vraiment inquiet et concerné. Elle ne répond pas de suite, feignant une respiration difficile et saccadée puis elle gémit fortement quand sa cible lui donne son bras en aide avant de la redresser, du moins essayer. La jeune femme s’alourdit plus que de raison, crispe sa main à son ventre comme pour tenter de retenir ses entrailles voulant en sortir. D’un rapide coup d’œil elle remarque le changement de position de son homme, matraque en main, prêt à frapper à la première occasion et cette occasion elle va la lui donner.

La brigande s’agrippe de sa main libre à la cape de la vraie victime puis afin de lui occuper le regard elle la regarde droit dans les yeux en la tirant à elle, s’arrangeant pour avoir un visage crispé de douleur, les yeux larmoyants. D’une voix entrecoupée de gémissements de douleur et de début de sanglots elle tape sa crise de nerf que n’importe qui mettrait sur le coup de l’agression.


Je vous en prie aidé moi …je … j’ai … j’ai … oui c’est ça … je … je me souviens, j’étais en taverne … et … et …il y avait cet homme …grand … fort … il était saoul … je ... j’ai … j’ai essayé de … de … le repousser mais … seigneur j’ai si mal … aidez moi … je … je ne veux pas mourir … oh seigneur ma fille, ma petite fille ! Elle … elle est toute seule à l’auberge …elle, elle dort …Qui va s’occuper de ma fille ? …je vous en prie aidez moi … aidez ma fille …

Sacrément inspirée Némésys lui sort le grand jeu, une tentative de viol qui a mal tourné, une jeune mère qui risque de mourir et une petite fille seule on ne sait ou. Si avec tout ça elle ne capte pas toute son attention c’est peine perdue. Complètement dans son rôle Némésys ne se préoccupe plus de la position de son homme et se focalise sur sa cible, sur celle qui sera bientôt dans un sac avant de finir au fond d’une mine.
--Carembert


Près de la demeure de la cible

Le Carembert ne se serait pas retenu il se serait presque mit à applaudir la prestation de sa belle, digne des plus grandes tragédies antiques!! La gamine ne manquait décidément pas de ressource, et ses talents d'actrices le surprendraient toujours ; La cible occupée à s'inquiéter et à aider Némésys à se relever, l'homme a tout loisir de s'approcher encore un peu; 5, 4, 3 pas, encore un... il est tout prêt, son bras se lève, il ne doit pas rater son coup, frapper ni trop fort, ni trop faible... savant dosage entre force et délicatesse, ce qui n'est pas donné à tout le monde! Combien d'enlèvements ont été avortés parce que le coup avait été donné trop fort, faisant passer de suite la victime de vie à trépas?? Non, non, cela demande un certain doigté pas donné à tout le monde... L

La main s'abat brusquement, entraînant le choc entre la matraque et le crane de la jeune femme, dont le corps s'effondre immédiatement sur le sol. Première paroles demandées à sa compagne :

Elle est en vie??

La belle se penche sur le corps un cours instant avant de lui faire un signe affirmatif de la tête. Aussitôt, la mécanique se met en branle; Carembert retourne à la hâte vers le porche où il s'était caché et en revient bientôt avec le sac; il en tire des liens de chanvre et s'en sert immédiatement pour lier les mains et les jambes de Elais. Pendant ce temps, Némésys est allé chercher les chevaux, qu'elle ramène en les tenant par la bride. Le corps inerte est glissé dans le sac, avant d'être placé en travers du cheval de l'homme; Un regard aux alentours pour vérifier qu'il n'y a pas eut de témoins de leur méfait, qui a duré moins de 5 minutes, et un baiser passionné plus tard le couple lance leurs chevaux aux galops au travers des rues du village...

La pleine lune qui luit dans le ciel de cette fraîche nuit d'hivers est la bienvenue pour éclairer leur chemin jusqu'à la vieille mine. Celle-ci ne se trouve qu'à une vingtaine de minutes du village, mais en un endroit peu fréquenté, ce qui est parfait pour en faire une planque idéale. Arrivés sur place, Némésys et Carembert mettent pieds à terre, et pendant que la jeune femme va cacher leurs montures, l'homme emmène le corps du délit au fond de la mine; Il a disposé des torches un peu partout dans la galerie, et c'est en en tenant une à la main qu'il parvient au fond de la galerie. Il dispose le corps sur l'une des paillasses, avant de le retirer du sac. Un bandeau sur les yeux, un anneau de fer fixé à l'une des chevilles, anneau relié à une chaîne elle-même accrochée à un anneau rivé dans le mur, et il peu accueillir une Némésys qui se jette dans ses bras.


Sans aucun soucis, ma belle!! bon, on peu passer à l'étape suivante, les lettres...
Anseis
[Inquiétude]

Anseis laissa glisser lentement la fine terre entre ses doigts. Le temps clair des derniers jours avait rendu les chemins poussiéreux et les marques de fer laissées par les deux chevaux, déjà fort peu visibles, se mélangeaient à celles des multiples voyageurs qui fréquentaient la route.

Se mordant instinctivement la lèvre inférieure, il dut se rendre à l’évidence, il avait perdu leur trace.


Aristote ….

Tête baissée, il commença à faire demi-tour sans noter la couleur plus douce de l’horizon annonçant l’aurore. Une nuit… une nuit entière à chercher en vain.




C’est sourire aux lèvres qu’il avait retrouvé les remparts en soirée. Les registres l’indiquaient : Elais serait de garde cette nuit. Assis entre deux merlons, les jambes pendant vers l’extérieur, il avait attendu, yeux fermés pour mieux reconnaitre son pas lorsqu’elle approcherait.

Il aurait attendu probablement plus longtemps, malgré son inquiétude, s’il n’avait entendu le nom de son aimée dans une lointaine conversation entre deux autres gardes. Et c’est en les rejoignant qu’il avait appris la surprenante nouvelle : La tisserande ne s’était présentée au poste. A peine avaient-ils eu le temps de finir leur phrase que le vagabond s’était élancé vers l’escalier le plus proche.

Il avait retrouvé la porte de la petite maisonnette fermée à clef, et n’avait eu que l’écho pour seule réponse à ses coups sur la porte. Pourquoi s’était-il mis à chercher aux alentours ? Il ne le savait lui-même mais ce qu’il avait découvert n’avait fait qu’alimenter ses craintes. Quelques gouttes brunes laissées par du sang ainsi que plusieurs marques de fers. La petite ruelle non pavée longeant le cimetière était peu fréquentée, surtout le soir, et Anseis qui y était passé dans l’après-midi avait la certitude de n’y avoir vu telles empreintes.

Ces même traces l’avaient conduit jusqu’à l’une des allées centrales pavées, non loin d’une des portes où il apprit par les gardes le passage de deux cavaliers juste avant leur fermeture. Sur son insistance, ils avaient accepté de le laisser passer, non sans le prévenir qu’il devrait attendre le matin pour entrer de nouveau.

Avec pour seule lueur celle d’un croissant de lune, réduite après quelques heures à celle plus ténue des étoiles, il avait avec peine tenté de remonter la piste.


Se frottant les yeux rougis pour en chasser la fatigue, le vagabond continuait de longer la route.

Peut-être tout ceci n’était qu’une mauvaise pensée. Probablement son instinct et son amour pour la jeune femme l’avaient trompé. Elle avait du avoir une commande urgente ou bien s’était-elle rendu à l’hôtel de ville pour aider le maire et les conseillers. Oui … il la retrouverait dans la journée et pourrait admirer son sourire lorsqu’il lui raconterait sa méprise.

Pourtant, à chaque pas qui le rapprochait de la ville, il ne pouvait empêcher son angoisse de s’amplifier. Des cavaliers dans ce quartier tranquille, si proche de sa maison, juste avant la fermeture des portes au même moment où son aimée disparaissait. Malgré la muette prière qu’il adressa au Seigneur, le sentiment que tout ceci n’était point une coïncidence persistait…

_________________
Elais
[Le réveil]

Dans son sommeil, elle bougea, faisant vibrer la lourde chaine qui retenait son pied. Un bruit qui éveilla ses sens, mais aussi une douleur fulgurante à la base de son crâne qui la sortit lentement de son apathie. Les paupières bien trop lourdes pour ouvrir les yeux, elle leva une main pour tâter le coin de sa tête où il lui semblait qu'on venait de lui arracher violemment un grosse poignée de cheveux. La chevelure était bien présente, par contre était venu s'ajouter à l'arc parfait de son os pariétal, une sorte d'excroissance dont elle ne connaissait l'origine.

De son esprit embrumé, fusait déjà de nombreuses questions qui venaient ajouter un peu plus de souffrance à sa caboche. Elle ne se souvenait pas du tout de ce qui avait précédé cet état. Ou peut-être juste d'une curieuse suite d'évènements qui n'étaient sortis probablement que de son imagination. Lorsqu'elle essayait de remonter dans ses souvenirs, elle se revoyait parfaitement tenant un petit bout de femme blessée -qui malgré les apparences pesait bien lourd- lui racontant sa tragique mésaventure dans une taverne ainsi que la présence de sa petite fille seule, dans ce même lieu. Puis elle, tentant de la rassurer en lui promettant d'aller chercher la dite fille, mais avant tout de l'emmener chez un médicastre... Du moins était-ce ce qu'elle avait pensé faire, mais tout paraissait être allé si vite. Avait-elle eu le temps de prononcer ces mots rassurants avant que n'arrive ensuite ce passage inimaginable, invraisemblable ?
Un passage d'une dimension à l'autre. Il y avait eu le noir, le silence... Puis de nouveau la lumière. Ce fut comme si elle s'était retrouvée hors du temps, hors du monde qu'elle avait toujours connu. Son coeur s'était arrêté un moment qui avait paru une éternité, pour repartir de plus belle alors que son corps dans un moment de flottement, lui avait semblé tomber lourdement puis doucement s'élever et s'envoler dans les cieux, telle une plume balayée par un vent équatorial. Une étrange sensation de légèreté qui l'avait rendue totalement euphorique. Elle avait ri et s'était laissée emporter, pendant que tout naturellement, ses jambes et ses bras s'étaient mis en mouvement. Il lui avait suffit de quelques brasses pour que la jeune oiselle sache comment voler et avancer dans les airs. Dans son esprit enfantin, pas une seule question, pas une seule pensée, pas de passé, pas de présent et pas de futur. L'esprit vidé, elle regardait, admirait sans frayeur, le paysage qui se déroulait en dessous d'elle. Parfois, elle se sentait redescendre lentement, aussitôt elle étendait bras et jambes avant de les rabattre, imitant les grenouilles nageant dans les étangs, et remontait plus haut, de plus en plus haut, au-delà des augustes cumulus, prête à atteindre le sommet de la voûte céleste.

Allongée sur sa paillasse, le souvenir était presque palpable. Le sourire soudain qu'elle ébaucha en songeant à cela, se transforma rapidement en une vilaine grimace sous la torture lancinante qui s'amplifiait à chaque mouvement. Ce qui lui rappela qu'à cet instant, elle était bien sur terre... Car rien n'était éternel.

La chute n'avait tardé. Un bruit de chaine, un déchirement, et elle s'était sentie happée vers le bas. Ce fut comme plonger du haut d'une immense cascade. Cependant, elle avait accepté docilement la descente et, les yeux clos, s'était laissée tomber. Malgré l'angoisse dévorante qui lui tenaillait les entrailles, elle n'avait eu de pensée que pour ce qu'elle avait accompli durant ces nombreuses années qu'elle trainait derrière elle : Enfant déchue, adolescente tourmentée puis femme respectueuse et disciplinée, elle avait franchi chacune des étapes la tête haute, sans jamais transgresser les préceptes que son père lui avait inculqués. Le chemin avait été sinueux, parfois cahoteux, mais aucun regret ne surgissait. Les désirs qu'elle avait étouffés, les doutes qui l'avaient rongée, les déceptions qui s'étaient cumulées ainsi que les souffrances qu'on lui avait infligées, elle ne regrettait rien, parce que c'est ce qui faisait qu'elle était « Elle ».

C'est apparemment ce qui la réveilla avant l'atterrissage. Couchée sur sa paillasse, elle ne semblait pas avoir été destinée aux enfers... Ni même au paradis... Elle était bien vivante. En dépit de la douleur crânienne qu'elle ressentait, elle tenta d'ouvrir les yeux. Il lui fallut un long moment pour retrouver un semblant de vision, s'adapter à la lumière vacillante des torches et commencer enfin à assimiler les contours de son environnement.

La pièce où elle se trouvait était bien sommaire, les parois rocheuses indiquaient indubitablement qu'elle se trouvait dans une sorte de carrière, à même le sol. Effarée, elle se demanda un instant ce qu'elle pouvait bien faire ici, et s'aida de son coude pour se relever et prendre une position assise. Là, son visage blêmit à la vue de la chaine qui enserrait sa cheville.


Qu'est-ce que c'est que ça...

Désorientée, troublée, sa première réaction fut de tenter de l'enlever, de tirer dessus, mais en vain. Elle porta de nouveau le regard autour d'elle, cherchant à comprendre, à trouver des réponses à sa condition, quand elle rencontra deux paires d'yeux. Elle n'était pas seule. Ce qui fut pour elle, une bonne chose durant un instant, jusqu'à ce que l'opulente chevelure rousse n'échappe à l'attention de la tisserande qui sentit la nausée monter lentement alors que son esprit dévoilait l'inévitable vérité : Elle s'était faite prodigieusement mystifier.

Un air cynique dans les prunelles devenues plus sombres, elle jaugea ses bourreaux avant de les interpeler d'une voix doucereuse.


Eh bien, j'ai l'impression que vous allez beaucoup mieux... On a l'homme, la femme et... la fille ?
Elle se pencha pour faire mine de regarder à la droite puis à la gauche du couple, et rajouta sur un ton tout aussi affecté et hypocrite... Quand arrive-t-elle pour les festivités ?

***
--Nemesys


Occupée à parler avec son homme Némésys ne se rend pas compte de suite que leur invitée forcée se réveille. Du coin de l’œil elle la regarde se mettre sur un coude puis se redresser pour finir assise, elle sourit, amusée de la voir se rendre compte qu’elle est privée de toute liberté, enchainée à un mur. Son regard croise le sien, celui qui était il y a encore peu de temps triste et plein d’empathie pour la pauvre donzelle qu’elle était est maintenant devenu bien plus sombre et rageur.

Némésys a bien du mal à retenir son rire quand elle fait le constat des présences et cherche la fille manquante. Elle ne répond pas de suite, s’éloigne d’elle pour aller chercher un bol d’eau et un linge avant de revenir vers elle tout sourire, comme une tavernière contente de servir ses clients, comme une mercenaire contente que le plan prévu ait fonctionné sans le moindre accro. Restant à bonne distance par prudence elle dépose le bol d’eau de manière à se qu’elle puisse l’attraper sans pour autant pouvoir lui sauter dessus et renverser la situation puis elle lui jette le linge en la toisant du regard

Pour la tête. Lui dit-elle en lui tournant déjà le dos, commençant à partir avant de s’arrêter. Némésys tourne quelque peu la tête puis ajoute d’un ton sérieux

Pas la peine de chercher la petite, elle n’a pas été sage hier ….maintenant elle l’est … sage ! Prenez garde à ne pas finir comme elle.

Un sourire en coin pour finir puis elle file retrouver son homme à l’écart des oreilles curieuses, lui raconte son mensonge en s’en amusant. Elle n’a pas le droit de la toucher mais il n’a rien dit pour les mensonges, ni pour cette adoration qu'elle a pour jouer avec ses victimes comme un chat jouerait avec une souris avant de la finir.
--Carembert


Dans la vieille mine

Une planche, deux tréteaux.. Le bureau est pour le moins spartiate, et il ne faut guère s'attendre à ce que les deux lettres soient rédigées dans la plus belle écriture qui soit, mais peu importe, l'essentiel est qu'il se fasse comprendre. Sa colombe a rapproché de lui une torche afin qu'il y voit bien clair, il réfléchi un instant, essayant de trouver les mots justes... Le poète aurait sans doute puisé ses mots à l'encre des yeux de Nemesys, lui se contente de zieuter sur le joli décolleté que la chemise déchirée de la jeune femme laisse apparaître.

Allez, trêve de matage sur la poitrine de sa belle, il aura tout loisir d'y goûter jusqu'à satiété plus tard dans la soirée. Il trempe sa plume dans l'encre, et commence à écrire. Le premier destinataire? à tout bien tout honneur, l'aîné...



Citation:
Mon cher Grand Sénéchal de la Compagnie des tueurs de mouches

C'est avec une joie non feinte que je vous écris en ce jour. Cela fait tellement de temps que nous n'avons pas eut l'occasion de converser ensemble!! Une bonne vingtaine d'année, si je ne me trompe pas. Vingt ans!! Ça, on peut dire que vous avez bien changé depuis tout ce temps... et même assez bien réussit d'après ce que j'ai compris!! Vicomte! Seigneur! Mazette! Jamais j'aurais pensé en vous laissant devant cette église que vous réussiriez si bien!!

Quand je pense que moi je suis pratiquement sans le sous et doit me contenter de vivre de peu... La vie est injuste n'est-ce pas? Terriblement. Trop même. C'est pourquoi j'ai décidé de rectifier le tir. Et de vous demander l'aumône. Oh, peu, comparé à votre fortune. Une broutille. 15000 écus. A peine. Je suis certain que vous ne pourrez me refuser cela. Au regard du passé; Malgré tout, pour pallier à toute possible hésitation de votre part, j'ai pris la permission "d'inviter" votre petite sœur pour me tenir compagnie. J'espère que vous ne m'en voudrez pas outre mesure.

Je vous invite à vous rendre à Montpensier dès que possible; Je vous recontacterai sur place pour vous faire part des modalités de la.. "transaction".

Au plaisir, grand Sénéchal

Votre dévoué Carembert


Première lettre terminée, celle pour la cadette à présent... Forcément, la lettre ressemble un peu à la première...

Citation:
Ma chère générale en chef de la Compagnie des tueurs de mouches

C'est avec une joie non feinte que je vous écris en ce jour. Cela fait tellement de temps que nous n'avons pas eut l'occasion de converser ensemble!! Une bonne vingtaine d'année, si je ne me trompe pas. Vingt ans!! Ça, on peut dire que vous avez bien changé depuis tout ce temps... quoique, il parait que vous êtes toujours aussi jolie que vous l'étiez enfant. Et qu'elle réussite! Que de participations au conseil ducal! J'ai appris également que vous étiez fiancée, toutes mes félicitations!!

Quand je pense que moi je suis pratiquement sans le sous et doit me contenter de vivre de peu... La vie est injuste n'est-ce pas? Terriblement. Trop même. C'est pourquoi j'ai décidé de rectifier le tir. Et de vous demander l'aumône. Oh, peu, comparé à votre fortune. Une broutille. 15000 écus. A peine. Je suis certain que vous ne pourrez me refuser cela. Au regard du passé; Malgré tout, pour pallier à toute possible hésitation de votre part, j'ai pris la permission "d'inviter" votre petite sœur pour me tenir compagnie. J'espère que vous ne m'en voudrez pas outre mesure.

Je vous invite à vous rendre à Montpensier dès que possible; Je vous recontacterai sur place pour vous faire part des modalités de la.. "transaction".

Au plaisir, Générale en chef

Votre dévoué Carembert


Les plis sont pliés soigneusement, la plume posée, et c'est avec le sourire que l'homme se tourne vers sa compagne, qui est en train de revenir vers lui. Il passe son bras autour de se ses jambes, caressant doucement sa cuisse à travers le tissu de ses braies, et embrassant doucement son ventre, comme il aime le faire; Nemesys lui apprenant que la captive s'est réveillé, il sourit de plus belle

Ah! Nous allons enfin pouvoir faire connaissance... Cela te dérange ma belle si je te laisse envoyer les pigeons?

La jeune femme acquiesçant, il la gratifie d'un baiser enflammé avant de se diriger vers l'endroit ou la captive est retenue. S'approchant d'elle en souriant à nouveau, il s'agenouille à quelques pas, et dit

Je vois qu'au final je n'ai pas frappé trop fort; J'en suis ravit, je m'en serais voulu de vous avoir blessé.. Alors, dites-moi, comment vous sentez-vous, ma chère... Thealis?
Legowen
Une , deux , …. Trois ………..non Quatre……..

Quatre qui avaient jailli d’une fissure, amenant une tache de couleur au coin du vieux pont que la jeune femme venait de franchir.
Elle tira sur la bride d’Illuin faisant stopper net le grand étalon, et sauta de la selle, ne résistant pas au plaisir de s’approcher un peu plus de ce petit clin d’œil d’un printemps annoncé
Corolle d’or comme pour appeler un soleil qui jusque là s’était bien fait attendre et cette fraiche odeur qu’ont les narcisses quand ils montrent le bout de leur nez . Une main qui se tend et qui renonce à une cueillette . Ces premiers sont bien mieux à égayer le bord du chemin qu’à s’étioler dans un vase , et puis les bois ne tarderont pas à se couvrir de ces champs d’or où quelques gerbes pourront être prélevées , illuminant les pièces de leur couleur et parfum

La jeune femme remonta en selle , pensant à ces quelques rimes de son poète préféré, Charles D’Orléans

Le temps a laissé son manteau
De vent , de froidure et de pluie
Et s’est vêtu de broderie
De soleil luisant , clair et beau


Et elle sourit, oui les beaux jours arriveraient bientôt , elle l’avait bien senti pendant ces quelques nuits de patrouilles . Par moment la fraicheur de la nuit avait cédé la place à une température plus clémente Pas franchement chaude mais ce petit air plus doux que l’on ressent parfois et qui marque le début du recul de l’hiver

Sa première patrouille : à peine intégrée à la garnison, elle avait appris qu’elle partait quelques jours , elle qui s’attendait à devoir rester en avait été ravie , juste le temps de prendre un sac et elle avait suivi leur chef de groupe .
Trois jeunes femmes sur les chemins , prêtes à en découdre en cas de mauvaises rencontres . Au fil des jours et des nuits trop calmes à leur gout , des liens s’étaient créés entre elles , et si Leg avait un peu craint au début pour son intégration, elle avait vite compris qu’elle était totalement acceptée

De retour, le temps de prendre connaissance des ordres du jour et du reste, ayant quartier libre, elle s’était alors dirigée vers Chaptuzat . Après 4 jours de patrouille elle aspirait à se glisser dans l’eau bien chaude d’un bain , on ne se refait pas

Déjà les sabots d’illuin résonnaient dans la cour d’honneur du Château, déjà Haplo se dirigeait vers elle pour lui apprendre que tout avait été tranquille , déjà Pol lui confiait que tout était prêt. Chère Pol , que ferait-elle sans elle ?

Quelques instants après , la jeune femme savourait la chaleur de l’eau sur son corps , poussait un long soupir en brassant l’eau de ses bras pendant que ses muscles un peu raidies par 4 jours et nuits sur les chemins se délassaient peu à peu . Elle glissa encore un peu plus , laissant l’eau savonneuse recouvrir sa longue chevelure . Puis , toute bonne chose ayant malheureusement une fin, émergea brusquement envoyant des gouttes d’eau jusque dans le feu , qui s’évaporèrent avec un petit sifflement, et entreprit de se vêtir rapidement

C’est alors qu’elle le remarqua , rouleau de vélin posé sur le petit bureau de la chambre , surprise de le trouver là au lieu de la bibliothèque , elle s’en approcha tout en essorant ses cheveux . Posant la serviette sur la table elle prit le parchemin pour le dérouler et le lire .

Et la tranquillité de cette journée vola en éclat dans une explosion de souvenirs , un déchainement d’images refoulées au fond de sa mémoire qui déferlèrent comme un maelström et firent chanceler la jeune femme , la firent ouvrir avec fracas la porte de la chambre et crier


POOOOOOOLLLLLLLL

Comme au temps de l’enfance , comme au temps d’une blessure et , comme en ce temps, sa nourrice fut là , accourue devant le désarroi et l’urgence qu’elle avait perçu dans l’appel lancé

Legowen, pâle, lui tendit sans un mot cette lettre qui faisait remonter d’anciennes blessures. Pendant que Pol lisait en silence , elle revécut des moments de bonheur effacés

La Compagnie des tueurs de Mouches

Six petits mots qui la ramenaient en arrière , regardant sans le voir le feu qui crépitait dans la cheminée , ressentant sa chaleur qui lui en rappelait une autre , celle d’un été bonheur où son frère et elle , grands chasseurs devant l’éternel avaient décidé que les mouches , décidément , serait le gibier idéal comme entrainement avant d’aller se mesurer à plus grand
La chasse avait commencé , pièges , appas , poursuite de la cible , trésor de guerre qui consistait en une grande boite où les deux enfants mettaient les dépouilles des adversaires
Elle, général en chef qui du haut de ses 7 ans prenait très au sérieux le droit de prévenir son ainé de 3 ans , grand Sénéchal, de la venue d’un ennemi
regardant d’un air un peu condescendant cette petite sœur qui les avait rejoint et ne savait encore même pas marcher toute seule

Elle ne savait pas alors que ce serait leur dernier été de bonheur , l’orage avait tonné un jour par le bruit de sabots et de grincements d’essieux arrivant dans la cour d’honneur du château .Alors qu’habillée en sauvageonne , pieds nus comme souvent , couverte d’une poussière résultant d’une chasse " objectif mouches " dans la grange ,elle allait se jeter dans les bras de sa mère , une ombre s’interposa



on n' a pas appris à cette enfant le respect du aux parents ? et quelle est cette tenue ?

Elle avait stoppé net son élan , s’était heurtée à un regard de glace et avait reculé cherchant le refuge de la présence de son frère arrivé sur ses talons . Pas un mot de sa mère , tombée complètement sous le charme et la coupe de cet homme épousé après son veuvage et qu’eux les enfants n’avaient pas encore rencontré

S’il avait pu rester à la cour , s’il avait pu s’occuper du domaine par intendant interposé , mais cela n’avait pas eu lieu . L’atmosphère si chaude de ces derniers jours d’été avait vite viré au jours lugubres d’un hiver tombé en leur cœur

le drame s’était noué ce jour où son frère , rebelle à cette autorité qu’il ne reconnaissait pas et refusait ,avait reçu de nombreux coups de férules . Elle s’ était alors planté devant" l’autre" comme elle l’appelait et avait martelé ces mots


ZE TE HAIS

Une gifle magistrale avait suivi, l’envoyant valdinguer contre l’un des bancs de la salle , un gout de sang dans la bouche , seul moment où elle avait enfin vu une réaction de sa mère qui s’était levée

Ce n'est qu' une enfant

Votre enfant ma chère et d’une éducation déplorable , d’ailleurs je vais prendre les mesures nécessaires

Elle n’avait pas compris alors que ces mesures seraient l’éclatement de leur fratrie , chacun confié à des familles sans aucun lien entre elles . Les souvenirs des jours suivants s’étaient noyés dans la brume , noyés au fond de sa mémoire . Puis un jour soleil, Pol était apparue

Comment l’avait –elle retrouvée , elle n’en savait rien mais sa nourrice ne l’avait plus quittée .

Ces quelques bribes du passé , elle n’en avait jamais parlé , même pas à Guy, les évoquer aurait fait remonter trop de blessures , un jour peut-être .....


Aux souvenirs s’ajoutait une rage qui petit à petit montait en elle , l’envahissait par vagues brûlantes , elle n’avait plus 7 ans , et les termes de la lettre s’affichait en rouge devant ses yeux
Elle avait lu les premières lignes du message , attendant la suite , se doutant d’une demande à satisfaire , première faute du demandeur , elle était imperméable à la flatterie , ça l’exaspérait plutôt
Autre faute, la plus grande , de celles qu’elle ne pardonnait pas , s’en prendre à quelqu’un qu’elle aimait , s’en prendre à sa famille , sa petite sœur ....

Citation:
j'ai pris la permission "d'inviter" votre petite sœur pour me tenir compagnie. J'espère que vous ne m'en voudrez pas outre mesure.


Le gris se fit de glace , ses mâchoires se contractèrent et sa main se crispa sur le manteau de la cheminée , il avait intérêt à ce qu’elle n’ait pas la moindre égratignure

De sa sœur , elle ne gardait que l’image d’un bébé de un ans . Théalis , quelle jeune femme étais tu ?
Et son frère ? où était –il ? et pourquoi lui donner rendez -vous à Montpensier , pourquoi pas Moulins ? elle devait aussi demander à Haplo qui avait apporté ce courrier , mais avant elle avait une question à poser

Elle reporta son regard sur Pol, qui, fauchée par l’émotion s’était assise , s’agenouilla devant elle , prit les mains de la veille femme et lâcha ces mots


Qui est Carembert ?
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