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[RP] La confrèrie des tueurs de mouches

--Carembert


Dans la mine


Carembert apprécie décidément le petit jeu du chat et de la souris qui se met en place entre lui et la jeune femme; Il devine qu'elle fait tout pour essayer de garder bonne contenance, et s'en amuse. Il en sait bien plus qu'elle sur la situation présente, sur sa vie, même, apparemment; Ils auraient joué une partie d'échec, ce sont les pions blancs qui auraient été les siens, ceux qui donnent indéniablement un coup d'avance sur son adversaire, et il compte bien garder cette avance jusqu'à la conclusion de cette histoire.

Vous vous placez bien haut dans votre propre estime... Sans doute votre arrogance vous persuade-t-elle que vous valez bien mieux qu'eux, mais sachez qu'à mes yeux même un rat d'égout aurait plus d'attrait que vous. Cependant méfiez-vous de cette vanité que vous arborez... tout comme Narcisse vous risquez d'y trouver une fin tragique. Hum... Vous vous apprêtez donc à demander une rançon... Pour moi... Et cela à celle que vous supposez être ma génitrice ?

Mais expliquez-moi un fait qui me semble le plus étrange dans votre petite histoire... Comme vous le prétendez, je n'étais qu'une enfant lorsque j'ai été abandonnée, et d'après mon père, il m'a trouvée devant une église, vous ne pouviez donc le connaître, alors qu'est-ce qui vous fait croire que je suis la bonne personne ? Une simple ressemblance ?


Petit sourire avant de répondre

Ma chère, encore un peu je serais presque envieux de ce rat que vous trouveriez à votre goût. Mais sachez que rat je ne suis pas, mais plutôt un chat, et vous n'êtes pas sans savoir qu'un chat à 7 vies; Aussi, ne vous inquiétez pas pour mon devenir, Thealis, je le vois beaucoup plus agréable que vous ne semblez l'imaginer.

La jeune femme se penchant un court instant en avant, le bonhomme ne peut s'empêcher de plonger son regard dans l'échancrure de la chemise de la demoiselle. La sanction est immédiate, un choc violent au niveau de sa besace assorti d'un bruit mat lui font comprendre que rien décidément n'échappe à sa princesse. Il se tourne lentement vers elle, guère surpris de la voir lui lancer un regard emplit de haine. Souriant, il lui murmure un "je t'aime" qu'à défaut d'entendre, elle lira sur ses lèvres, avant de retirer de sa besace le poignard et de se retourner vers sa captive

J'ai comme l'impression que ma Nemesys aimerait bien s'amuser un peu avec vous... c'est une femme pleine d'imagination qui ne manque pas de ressource, mais cela, je crois que vous l'avez déjà expérimenté.

De quoi parlions-nous déjà?? Ah! Oui! La rançon; votre génitrice?


Il prend soudain un air triste, y joignant un signe de croix de la main

Ma pauvre enfant, ne savez vous donc pas que Madame votre mère, celle qui vous a enfanté, choyé, dorloté, nourrit, consolé, a mangé les pissenlits par la racine depuis un bon moment déjà?? Partie, la maman, mangée par les vers et les asticots! Hop, la maman est là, hop elle est plus là! Elle a joué aux chaises musicales de la vie et elle a perdu! Thealis et sa mère son sur un bateau, la mère tombe à l'eau, qui est-ce qu'il reste?? Thealis!! Vraiment, vous m'en voyez peiné de devoir vous apprendre cette affffrrrreuse nouvelle de la sorte; vous voulez un mouchoir?

Il lui tend le mouchoir qu'elle lui avait donné voilà peu avant de continuer

Mais alors?? Alors?? Qui est-ce qui va payer pour la belle est douce Thealis?? Qui c'est qui va vider sa bourse pour elle?? Hum.. laissez moi réfléchir…

Il se met debout, commençant à faire les cent pas dans la mine de façon théâtrale

Récapitulons.. Son padre? Ah bah non, il doit en rester encore moins que sa mère… Son fiancé??? Ah! Pas bête ça, le fiancé! Mais non; vu comment il s'habille, je vais devoir lui faire un crédit pour qu'il paye la rançon… Bien trop pauvre.. Le maire du village? Il est radin comme pas deux! Il a même pas voulu me payer à boire en taverne! Le duc?? Peine perdu, sa femme vient de mettre bas un autre chiard, il parait, et…

Sur le ton de la confidence

Il parait qu'elle a grossit de 50 livres pendant sa grossesse! Si si! Bref, avant qu'elle retrouve la ligne et puisse remettre ses vêtements d'avant… Le duc va être obligé de lui acheter une nouvelle garde robe complète! Autant dire que le duché va être à sec après cela…

Donc, oublions le Duc. Le Roy?? Ah oui, le Roy! Notre bon roy Levan! Lui il a plein d'écus, sans aucun doute!! De plus quoi savoir en faire! Ça c'est une idée!!


Se tournant à nouveau vers Thealis

Vous connaissez le Roy un peu?? Je sais pas moi, vous ne l'auriez pas croisé à l'occasion? Correspondu avec lui?? Sourit? Participé à une partie de touche pipi en sa compagnie? Non?? Arf! Décidément, vous n'y mettez pas du votre en même temps!!

Bon bon.. Qu'est-ce qu'il me reste comme possibilité… Hum.. Ah.. Mais oui! Bien sur!!


Il se tape la main contre le front

Votre bonne vieille Moman, paix à son âme là où elle se trouve – en l'occurrence, dans des milliers de petits estomacs de petits vers! Sacré puzzle, hein! – bref, votre Moooman a eut l'excellente idée de ne pas écarter les cuisses qu'une seule fois dans sa vie! Que nenni! Bon, je n'irai pas jusqu'à prétendre qu'elle avait la cuisse légère… Mais toujours est-il que vous n'avez été que sa troisième réalisation!

Vous me direz, elle ne pouvait pas réussir une aussi charmante personne comme vous du premier coup; besoin d'entraînement, forcément. Et, que reste-t-il de cet entraînement? De ceux qui lui ont servit de brouillons pour vous faire?? Et bien, une femme et un homme dans la fleur de l'age, qui ont eut la bonne idée de plutôt pas trop mal réussir leur vie et d'amasser de la menue monnaie! Un coup de chance, non?


Il s'agenouille à nouveau face à la jeune femme

Ce sont eux qui me payeront pour vous retrouver. Et ils le feront, n'en doutez point. Ils seront trop heureux de retrouver leur petite sœur trop longtemps disparue. En un seul morceau. Ou deux au pire ; D'ailleurs, à l'heure qu'il est il ne m'étonnerait pas qu'ils soient tous deux déjà arrivés en ville.

A ce propos, vous allez devoir me prêter quelque chose pour que je puisse leur prouver que vous êtes bien en ma possession.. Je pourrais vous arracher les yeux, pour leur montrer que ce sont les mêmes que ceux de votre mère, mais je me contenterai de la petite chaîne que vous portez autour du cou. Cette petite chaîne, avec un hérisson gravé dessus. De la sorte ils n'auront aucun doute sur le fait que mon hôte est bien Thealis de Montbazon-Navailles.
Legowen
[Moulins]


Les sabots résonnent dans les rues de la ville , deux chevaux flancs contre flancs, deux cavaliers, bottes contre bottes , qui ne prêtent guère attention aux passants qu’ils croisent
Arrivent à cette ruelle qui longe les remparts , trop petite pour deux chevaux allant de front, les bêtes sont donc ramenées l’une derrière l’autre . Elle s’est enveloppée dans sa cape , a tiré le capuchon sur son visage , laissant ses yeux dans l’ombre . Des images d’une enfance choyée puis meurtrie lui reviennent en flash bonheur , en tornade de peines , laissant la place , par moment, à des instants plus récents
Machinalement elle conduit Illuin par ces ruelles qu’elle connaît par cœur
souvenirs , interrogations , émotion ………..

Emotion de cette soirée en taverne où elle les a retrouvés, ce regard d’Arthur et ces simples mots , j’ai reçu ton courrier

Il ne lui a rien dit d’autre , n’a rien demandé, la connaissant , a attendu que les mots viennent et ils sont venus, hachés , alors qu'elle le regardait puisant dans cette amitié la force de continuer . Qu’il est difficile de faire ressurgir un passé que l’on a enfoui au fond de sa mémoire
Qu’il est dur de lâcher les mots qui l’évoqueront lorsque l’on a décidé de le taire
Elle revoit la tête de ses amis lorsqu’elle leur a appris qu’elle n’était pas seule, qu’elle avait eu , en un temps de l’enfance , un frère et une sœur , ressent encore leur étonnement

Il a fallu cette lettre , il a fallu cette demande impensable , cette rage ressentie , pour qu’elle décide d’ ouvrir quelques images de son passé
Trois enfants jouissant de la vie comme on peut le faire à cet âge, et ce ………….. qui les avait frappé
Une fratrie en souffrance , des liens qui se rompent en un matin d’hiver où il pleut dans leur cœur , où les larmes débordent , ils n’ont pas compris, pourquoi ? pourquoi les séparer ?
Faut être particulièrement vicieux pour oser de sang froid un tel acte et en rire
La jointure de ses doigts blanchissent alors qu’elle serre les rennes , il payera , pour ça , et le reste
Imagine ce qu’aurait pu être son enfance si ….... Elle , elle a eu de la chance , elle a eu Pol mais …………. les autres , sur qui sont-ils tombés ? ont –ils eu à souffrir ? ont-ils subi ces cauchemars et cette sensation de vide au réveil ? que sont –ils devenus ?

Emotion de cet élan de ses amis, lorsqu’ils ont su , leur intention de l’accompagner , comme en un certain soir d’hiver , comme en un certain soir de guerre , une blessure de Guy et sa décision de traverser le Berry pour le rejoindre
Leur amitié l’enveloppe, elle n’a guère eu l’ habitude que l’on s’occupe d’elle ainsi , les objections qu’elle a pu faire, craignant pour eux , ont vite été balayées . Aussi, ils viendront , même s’ils se doutent que ce ne sera pas une partie de plaisir , que le Carembert a surement du tout prévoir , tout ? cela reste à démontrer

Ils sont arrivés à la poterne et la jeune femme tourne la tête vers son compagnon . Guy qui l’a rejointe en taverne malgré le petit mot qu’elle avait écrit , qui savait, sans doute par Pol . Elle sourit, devait bien se douter qu’il verrait tout de suite le malaise de sa nourrice , que Pol ne pourrait que lui confier son inquiétude. Et, elle doit reconnaître que la présence de son fiancé la rassure , qu’il saura lui aussi lui donner tout l’appui nécessaire qu’elle pourra souhaiter

Une ombre se dessine , sous les remparts , un cavalier , Arthur , arc , carquois, épée, équipement prouvant qu’il est prêt à toute éventualité et qu’il n’hésitera pas à s’en servir si besoin . La jeune femme fait avancer son cheval proche de celui de son ami

Bonsoir Arthur, j’espère que tu n’attends pas depuis trop longtemps, normalement, nos amis devraient nous rejoindre bientôt, je leur ai dit que nous nous retrouverions aux remparts

La jeune femme jette un œil à la lune qui pour une fois, n’a pas revêtu son manteau de brume , aux étoiles qui luisent dans le ciel nocturne

Il fait clair cette nuit, pour voyager ça n’en sera que mieux

Le petit groupe s’étoffa peu à peu et quelques minutes plus tard, ce furent plusieurs cavaliers qui s’élancèrent sur la route de Montpensier , bien décidés , tous, à retrouver Théalis


[Montpensier ]

Les premières lueurs de l’aube avec son cortège de nuages flamboyants ,les accueillirent lorsqu’ils arrivèrent en vue des remparts de leur voisine . La nuit avait été claire mais fraiche rappelant que l’hiver n’était pas encore tout à fait parti. Comme un signe encore plus révélateur, la rosée du petit matin avait déposé mille gouttelettes , parsemant en taches d’argent l’herbe des près , petits cristaux de givre qui scintillaient doucement

Leg rajusta le capuchon de sa cape, qui avait légèrement glissé pendant sa course sur Illuin, stoppa le grand étalon, regardant les remparts qui s’élevaient vers le ciel, masse imposante , entourant de ses murs protecteurs la ville qui s’y pelotonnait
Elle connaissait Montpensier , s’y était arrêtée plusieurs fois , mais aujourd’hui ce ne serait guère une visite d’amitié, aujourd’hui le passé la rejoignait et de manière brutale .
Qui trouverait-elle ? la pensée de sa sœur prisonnière de ce Carembert ne la quittait pas , image imprégnée dans son esprit à chaque instant . Théalis, un bébé plus souvent en sourires qu’en pleurs , qui vous fixait du même regard que leur mère . Si elle devait reconnaître sa sœur, ce serait grâce à eux, ces yeux , et le Carembert avait pas intérêt à les faire souffrir . Les paroles de Pol avait fait remonter son visage de brute et son rire qui résonnait dans ses oreilles .
Ce rire , elle l’étoufferait
Elle se tourna vers ses compagnons


Les portes devraient être ouvertes lorsque nous y arriverons , je propose que nous nous scindions, va falloir passer au bureau des douanes pour s’enregistrer , leur demander aussi si rien de notable ne s’est produit ces jours ci . Se rendre aussi à la garnison pour les mêmes raisons , réserver les chambres à l’auberge et essayer de glaner de par les rues quelques informations
On se retrouve à l’auberge et on verra ce que nous aurons pu récolter

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Anseis
[Que renaisse l’espoir]

Mais que cherchez vous morte couille ?!

Le vagabond marqua une pause. Lentement ses yeux se détachèrent des clients de l’auberge qui s’étaient mis à fixer le trio au cri de la jeune femme. Tour à tour, son regard croisa celui de l’inconnue puis de Beths. Dans une surprenante complicité – sachant que les deux femmes venaient juste que de se croiser et ne s’étaient encore adressé la parole, elles le dévisageaient attendant explications.

Connaissant le caractère de la duchesse, il ne fut point tant surpris de la voir, malgré l’état avancé de sa grossesse. Une sueur envahit son dos en imaginant tout à coup les deux l’engloutir dans un flot de paroles. Effaçant cette terrible pensée de son esprit, il s’approcha d’une table encore libre et en écarta deux chaises pour les enjoindre à s’asseoir. C’est à ce moment qu’il nota le regard furtif de la jeune femme vers sa hanche.Fronçant les sourcils en se demandant ce qui pouvait tant la captiver, il en vint à baisser les yeux pour réaliser que sa bourse était restée en partie ouverte. La refermant après en avoir extrait quelques deniers – il ne s’écoulerait longtemps avant qu’on ne vint leur proposer boisson, il rejoignit les deux femmes déjà assises puis prit la parole à mi-voix.


Un homme et une femme se sont renseignés sur Elais, il y a quelques jours. Il l’a connaissaient uniquement par son ancien nom : Tealhis. Ils se sont volatilisés depuis le jour où E… El…. Elais a disparu ….
Aujourd’hui, un homme a de nouveau posé des questions au sujet de Tealhis. Il réside dans cette auberge.


Anseis tourna son regard vers Beths avant de conclure.

Il cherchait aussi des renseignements sur une certaine Legowen.
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Beths
[Montpensier]



Ainsi elle pourrait trouver Anseis dans l’église. Bon, certes, soit, il était un pieux Aristotélicien, et elle devrait surement en prendre de la graine, mais … autant la foi, elle l’avait, s’étant tournée plus d’une fois vers Aristote lorsque de sombres pensées l’envahissaient, autant ses représentants sur terre, enfin certains d’entre eux … pour qui la soutane importait plus que la foi … un immense soupir lui échappa. Elle fuyait les messes autant que faire ce peu, à moins qu’elle ne soit dispensée par l’un des rares en qui elle avait confiance. Celui qui l’avait marié d’ailleurs.

Puisqu’elle n’avait pas le choix, elle devrait entrer dans l’église de Montpensier. Un petit sourire amusé naquis sur ses traits se rappelant un fait du passé … elle avait accompagné un curé dans cette église, pour … le défendre. Les Montpensierois voulant absolument enlever à Thiers son curé. Elle s’était retrouvé brusquement à terre, le capitaine de soule de Montpensier sur ses épaules, la bloquant au sol, Soso lui épilant les cheveux et voulant envoyer le tout à son prévôt, puisqu’on n’enlevait pas ainsi une maréchale, sous les yeux stupéfaits et amusés ou bien était-ce des yeux de merlan frits ? 'fin bref, sous les yeux de son ami Herma.
Kidnappée au beau milieu d’une église par un sergent, un membre de la maréchaussée, le maire aussi était dans cette histoire et le capitaine de soule. Tout cela pour un cureton !

Secouant rêveusement la tête, la Duchesse, retardant l’échéance au possible se dirigea vers une auberge qu’elle savait confortable pour y réserver une chambrée. Marty serait exaspérée de ne pas la savoir au calme à Billy, et en réservant la plus belle chambre, si jamais il s’apercevait de son incartade, elle espérait l’adoucir lui montrant qu’elle faisait néanmoins attention à leur enfant à naître …

Sortant les deniers nécessaires, elle paya le tenancier, et sans même visiter la chambre, fit demi tour pour regagner la place, le soleil qui lui réchauffait doucement les épaules après son voyage en carrosse ce qu’elle appréciait particulièrement. Prenant conscience d’ailleurs que le cocher devait toujours l’attendre, elle se dirigea vers les écuries sur un coup de tête pour le trouver et lui préciser où elle était descendue. Et puis surtout, elle avait un élément à reprendre et qu’elle avait oublié sur le siège … son épée.

Aussi naturellement que si elle avait porté bouquet à la main, la jeune femme se retrouva pour la troisième fois sur la place de Montpensier, en face de l’église, épée à la main. Elle ne pouvait malencontreusement pas entrer ainsi dans l’église, il lui faudrait attendre un peu la fin de …

Soudain une silhouette se dessina dans l’ombre de la porte du parvis … la silhouette se détacha et se rapprocha très rapidement d’elle. Anseis ! Mais … les cloches n’avaient point sonnées encore … il quittait l’église avant la fin de l’office ?
Sourire avenant aux lèvres constatant qu’il passerait près d’elle, ce dernier, la mine sombre la dépassa sans même la regarder. Bouche entrouverte et interrogative la future mère put remarquer qu’une seconde personne suivait le même rythme au pas et avait apparemment elle aussi quitté l’église. Une jeune femme. Et pour la seconde fois sa tête suivi le mouvement de ses personnes.
De plus en plus mystérieux … Et ce petit monde se dirigeait … vers son auberge. Emboitant à son tour le pas elle se mit à les talonner autant que sa condition le permettait.

Quel étrange tableau que le leur : un homme suivi d’une jeune femme, suivi d’une troisième enceinte et rapière à la main … qui tour à tour franchirent le pas de l’auberge. Mais où était le raton laveur ?


Mais que cherchez vous morte couille ?!


Amusée par le cri d’agacement de cette jeune femme qu’elle ne connaissait point, Beths l’examina avec attention et sympathie. Elle aimait la franchise, apparemment cette personne n’en manquait pas. Signe de tête complice, et la Duchesse retourna son regard vers celui qui fut et qui était peut être toujours, rien n’ayant été dit, son secrétaire.

Ce dernier les invita à prendre place dans l’auberge, cherchant ainsi à cacher leur esclandre premier. Heureuse de pouvoir poser ses abattis quelques instants, elle prit place aussitôt, suivi de façon un peu plus réticente par la jeune femme.

Et Anseis s’expliqua, ou du moins tenta car elle n’y compris rien, pourquoi Elaïs avait elle un ancien nom ? Aurait-elle eu des choses à cacher ? Mais … et puis pourquoi s’intéressait-on ainsi à elle ? Beths ouvrit la bouche pour s’exprimer lorsqu’une remarque du jeune vagabond la glaça.


Il cherchait aussi des renseignements sur une certaine Legowen.


QUOI ?!

Rouge … elle vit rouge la Duchesse

Le premier qui touche à un cheveu de ma marraine, je l’embroche

Sa main s’était crispée sur le pommeau de son épée qu’elle avait délicatement posée sur ses genoux lorsqu’elle s’était assise, ne voulant pas trop attirer l’attention en la laissant en évidence sur la table.
Mais présentement elle s’en contrefichait, ses mâchoires se serraient d’agacement, d’inquiétude


Anseis, tu ne nous dis pas tout ! Je veux tout savoir, et à commencer par le nom de cette jeune femme à mes côtés


Et son regard se dirigea naturellement vers l’intéressée
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Elais
[Dans la mine]

Seigneur tout puissant, aurait-il voulu l'achever, qu'il n'en aurait fallu plus. Elle n'avait jamais cru qu'un homme puisse débiter autant de mots et de sarcasmes en un temps si court. Un peu désorientée par le flot de paroles, elle le regardait faire les cent pas, gesticulant et déclamant son texte tel un acteur de théâtre... Elle songea un instant que doté d'une marotte, le roi en aurait facilement fait son fou attitré. Mais elle se garda bien de lui en faire part, l'homme semblait être enclin à ce genre de confrontation, ce qui n'était guère son cas ; bien trop lasse, elle préférait à présent écouter et en apprendre un peu plus sur les intentions de son ravisseur. De plus, la dague qui avait atterri quelques instants plus tôt sur la besace, avait tôt fait de lui faire comprendre que dans sa situation, même si elle arrivait à se jouer de lui, il en était tout autre de la femme, qui sans aucun doute, la ferait passer de vie à trépas sur un simple caprice.

… votre Moooman a eu l'excellente idée de ne pas écarter les cuisses qu'une seule fois dans sa vie! Que nenni! Bon, je n'irai pas jusqu'à prétendre qu'elle avait la cuisse légère… Mais toujours est-il que vous n'avez été que sa troisième réalisation!

Vous me direz, elle ne pouvait pas réussir une aussi charmante personne comme vous du premier coup; besoin d'entraînement, forcément. Et, que reste-t-il de cet entraînement? De ceux qui lui ont servi de brouillons pour vous faire?? Et bien, une femme et un homme dans la fleur de l'age, qui ont eu la bonne idée de plutôt pas trop mal réussir leur vie et d'amasser de la menue monnaie! Un coup de chance, non?


Luttant de son mieux pour conserver son calme, elle repoussa une de ses boucles brunes de son front, tout en pensant, que de cette même main, elle eût préféré effacer toute trace de sourire sur le visage de son bourreau. Jusque là, habituée depuis l'enfance à n'avoir de géniteurs, aucun sentiment n'était ressorti des révélations qu'il venait de lui faire : Elle avait eu un père et une mère, jadis, et tous deux étaient morts. Dans un souffle, un simple « Paix à leur âme » plein de compassion pour ces gens, avait traversé ses lèvres, ni plus, ni moins. Cependant à l'évocation de son frère et de sa sœur, ses yeux se mirent à briller de curiosité. Intérieurement, une sorte de joie infantile alliée à un soudain sentiment de protection, s'était emparée d'elle. Une sensation étrangement familière, qui restait un mystère aux yeux de la jeune femme. Elle n'avait aucun souvenir d'eux, de leur existence, pourtant, tout son être semblait rasséréné de les savoir tous deux en vie.

A ce propos, vous allez devoir me prêter quelque chose pour que je puisse leur prouver que vous êtes bien en ma possession.. Je pourrais vous arracher les yeux, pour leur montrer que ce sont les mêmes que ceux de votre mère, mais je me contenterai de la petite chaîne que vous portez autour du cou. Cette petite chaîne, avec un hérisson gravé dessus. De la sorte ils n'auront aucun doute sur le fait que mon hôte est bien Thealis de Montbazon-Navailles.


Sa main se porta sur le bijoux qui disparut aussitôt dans son poing. Il était compagnon de sa solitude, refuge à ses angoisses, ses peines. Sa médaille était aussi l'unique objet qu'elle possédait de son père, seul être qui l'eut toujours aimée sans condition, et elle n'était pas prête à ce qu'on lui enlève. Elle inclina légèrement la tête pour se cacher de son interlocuteur, son visage se radoucit, alors que son cœur se contractait pour retenir la vive émotion naissante dans ses entrailles. Un brouillard de larmes brouilla sa vue qui fixait le sol poussiéreux de la mine, et une boule monta dans sa gorge. Le souvenir ainsi que la fatigue ne l'aidaient guère à se dominer, néanmoins elle n'en laissa rien paraître et, une certaine lassitude dans la voix, confia doucement :


Je ne sais pas qui est cette Montbazon-navailles, mais mon nom est Elais, fille du moine nommé Argus, sachez-le... Vous pouvez m'arracher les yeux, ou tout autre partie qu'il vous plaira, peu m'importe... mais pensez bien que jamais je ne vous laisserais me prendre cette chaine avec facilité, moi vivante.


***
Satyne
Tandis que la jeune femme observait sa voisine de table, son regard glissa vers le gros bedon de la donzelle. De diou, elle avait dû becter de tous les diables pour se taper une bedaine pareille... Noble sûrement... Ils s'empiffraient du matin au soir de petites zoziaux ou de gros gâteaux à la crème, c'était bien connu. Elle avait beau sentir le foin, et ne pas avoir les ongles blancs, elle connaissait tout de même le monde ! De quoi vous tourner les sangs leur régime...

Satyne en était là de ses rêveries quand l'histoire de son sauveur la ramena à la réalité. Mais qui était cette Théalis ? Et Elais ? Des sœurs ? Des cousines ? Choucroute et damnation ! Ca sentait l'entourloupe ça, et Satyne elle n'aimait pas beaucoup les coups foireux.

Elais a disparu...

Ha bah voilà, on y était ! Une histoire d'enlèvement, le truc classique. Elle se retint de ricaner, s'y connaissant bien en la matière, et écouta la suite de cette sombre affaire. Sa main droite entoura bientôt un verre d'eau de prunes, tandis que les doigts de sa main gauche battaient la mesure sur la table de bois. C'est que penser ça donnait soif ! Sa langue passa sur ses lèvres, et d'un geste sûr, reproduit maintes fois depuis des lustres, elle vida le liquide ambré dans son gosier d'assoiffée.

QUOI ?!

Et voilà qu'elle venait de perdre une oreille... Fallait pas la ramener trop avec cette boule à deux pattes à côté d'elle une belle rapière sur les genoux, mais quand même !

Le premier qui touche à un cheveu de ma marraine, je l’embroche

Voilà qui lui plaisait plus déjà ! Cette nobliette avait l'air d'avoir du cran.

Anseis, tu ne nous dis pas tout ! Je veux tout savoir, et à commencer par le nom de cette jeune femme à mes côtés

Tandis que deux yeux curieux se tournaient vers elle, Satyne se retourna à son tour, regardant la table d'à côté, l'air de rien. Mais la noble ne sauta pas à pieds joints dans son détournement et la fixa avec insistance. Notre donzelle avait tout de même réussit à glaner le prénom de son sauveur: Anseis. La journée n'était donc pas si perdue ! Rapide calcul dans la caboche juvénile pour savoir si elle était recherchée dans le coin : que nenni, pas le Bourbonnais ! Elle pouvait donc décliner sa véritable identité sans avoir la prévôté aux fesses.

La Dév... Euh Satyne. J'm'appelle Satyne. Et vous ?
_________________
Satyne, rien que Satyne,
Mais bien plus : c'est inévitable...
Valexan
Dans une auberge de Montpensier


Cela fait bientôt deux heures qu'il essaye vainement de trouver le sommeil, se tournant et se retournant dans le lit, au grand damne de son épouse qui l'a déjà gratifié de deux grognements significatifs pour lui demander gentiment de la laisser dormir. Trop de pensées, d'images traversent son esprit, images de ses sœurs enfants, de leurs jeux, de leurs cries, sourires, pleurs; et puis, toujours la silhouette de cet homme qui soudain se dessine dans l'horizon, se rapproche, cachant progressivement le soleil, et cette ombre, son ombre, qui vient recouvrir les visages des enfants aimés... Au bout du compte, sachant pertinemment que rien n'y ferra, il se redresse lentement dans le lit; Il pose un long regard sur sa compagne allongée prêt de lui, sourit tendrement, avant de déposer un long baiser dans son cou et de quitter la couche.

Il passe rapidement ses vêtements, enfile bottes et mantel, avant de se diriger vers la porte. Il a déjà sa main sur la poignée de la porte lorsqu'il se ravise : la nuit est tombée depuis longtemps, et sortir dans les rues du village sans armes peut s'avérer dangereux... quelques pas vers l'armoire de la chambre, il y a caché son arme. Le fourreau est prestement accroché à sa ceinture, il n'a plus qu'à y glisser la lame de son épée ; une dague qu'il glisse dans sa manche vient compléter idéalement son armement et il peu enfin franchir le pas de la porte de la chambre.

Le bruit qu'il perçoit alors qu'il se dirige vers les escaliers ne lui laisse aucun doute quant à l'influence dans la salle de l'auberge. Et il le vérifie bientôt de visu : On doigt bien compter une quinzaine de personnes attablés par petits groupes disperse dans toute la salle. Il s'immobilise sur la dernière marche, observe les clients.. qui sait si l'un d'eux n'est pas en train de l'espionner pour le compte de Carembert? instinctivement, sa main se pose sur la garde de son épée alors qu'il descend la dernière marche et se dirige vers le comptoir.

Valexan n'a que quelques secondes à attendre avant que le tavernier s'approche de lui. Quelques mots murmurés


Quelqu'un vous a posé des questions sur moi?

un signe négatif de la tête de l'homme, à qui le Montbazon glisse discrètement un écu sur le comptoir avant de se retourner et d'observer à nouveau les personnes présentes; son regard est attiré par un petit groupe situé prêt de la porte; un homme, deux femmes, apparemment armés. A voir là façon dont ils chuchotent pour se parler, ceux-ci semblent comploter... serait-ce des complices de l'homme qu'il déteste plus que tout, ou bien simplement des gens qui fomentent un mauvais coup? Il n'a guère le choix, il doit en avoir le cœur net. Mais, comment les aborder? Aller leur parler directement? Si ce sont bien les personnes à qui il pense, cela revient à se jeter dans la gueule du loup! De plus, ils sont trois et lui est seul...

En pareil occasion, nul doute que le Vicomte se serait comporté avec prudence; mais là, il n'a qu'une idée en tête : retrouver sa sœur, saine et sauve. Les rondeurs de l'une des femme, celle qui vient de s'exclamer d'un bruyant


QUOI!!


attire son attention; c'est la sans doute la plus vulnérable des trois; aucune femme enceinte ne prendrait le risque que l'on blesse son bébé. Une seule idée fixe marque son esprit désormais, la meilleur défense est l'attaque; au pire devra-t-il se complaire en plates excuses en prétendant qu'il s'est trompé de personnes.

Prenant une grande respiration, essayant de ne point montrer sa tension, il commence à se diriger vers la porte de la sortie de la taverne; la table des personnes qu'il soupçonne est juste à coté... encore quelques pas, l'homme et les deux femmes ne semblent pas l'avoir remarqué; Le geste qui s'ensuit est rapide, la dague glisse de sa manche à sa main, une main qui se pose sur le front de la femme enceinte et la tire en arrière, la lame qui vient toucher sa gorge, et quelques mots dit sur un ton qui ne laisse que peu de doute sur ses intentions :


Que l'un d'entre vous essaye de faire quelque chose et cette femme et son enfant perdront la vie! Je sais qui vous êtes. Posez vos armes sur la table, et conduisez moi immédiatement à votre chef. J'espère pour vous qu'il n'a pas touché à un seul cheveu de ma sœur....
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--Nemesys


[Dans la mine]

Entre deux coups de pierre sur sa seconde dague Némésys peut lire un « je t’aime » sur les lèvres de son homme. Pense t il s’en sortir si facilement ? Apparemment oui. La jeune femme ne peut empêcher un sourire à ses lèvres de penser que la prochaine fois ce n’est pas la besace qu’elle va viser, non mais ! Némésys n’a que peu de règle de vie, en faite qu’une, la fidélité aussi bien par les armes que celle du cœur. Le voir perdre ses yeux dans la chemise de cette proie ne peut que lui faire bouillir le sang plus que de raison sans pour autant le montrer plus que ça face à la donzelle.
Changeant de côté de lame Némésys écoute son homme faire la liste de toutes les possibilités pour récupérer une belle fortune. Impressionnée par les diverses idées qu’il propose elle ne peut tout de même pas retenir un léger rire à plusieurs reprises, surtout quand il parle du Roy, comme si ce radin légendaire allait se bouger pour la première gueuse venue aussi mignonne soit elle. Sacrément rêveur quand il s’y met son Carembert, une des choses qu’elle adore chez lui. Le fil de ses réflexions continue jusqu’à ce qu’il en vienne à parler de ce pendentif. Au premier coup d’œil Némésys se rend compte que le prendre à cette femme ne va pas être simple mais adorant les défis elle se lève, s’étire longuement, range sa dague et sa piere puis se dirige vers son homme. Le prenant à part elle lui chuchote en le tenant fermement par l’avant bras.


Prend garde aux endroits ou tu égares tes yeux mon adoré, je pourrai moi aussi avoir des soucis de visé de dague lui dit elle en passant une de ses cuisses à son entre jambe, pressant fermement ses parties pour lui faire comprendre se qu’elle pourrait viser au prochain coup s’il n’y prend pas garde. Profitant du moment elle ne peut s’empêcher de lui prendre un baiser passionné puis elle se tourne vers la Thealis, toujours la main autours de son pendentif, la regardant avec son sourire sadique en ajoutant à l’attention de son homme

Repose-toi un peu, je vais me charger de convaincre notre invité. Je suis sure qu’entre femmes nous allons nous comprendre rapidement continue t elle en venant poser un genou à terre pour se mettre à la hauteur de la prisonnière. Némésys reste un court moment à la regarder de haut en bas, vrai qu’il y a de quoi y perdre la vue, la nature a été plus que généreuse avec elle puis d’un ton calme elle s’adresse à elle sans perdre son habituel ton amusé.

Dois-je vous rappeler avec quelle facilité je vous ai bernée ? Je pense que non. Pensez vous que votre compagnon soit plus malin que vous ? Je vous amènerai bien un peu de compagnie mais … je ne vous amènerai que sa tête si vous refusez de me donner votre pendentif. Hélas dans ce cas là la compagnie ne sera guère causante.

Sortant une nouvelle fois ça dague elle la regarde de tout son sérieux cette fois.

Alors ? Le pendentif ou la tête ? Choisissez vite je ne suis guère patiente pour ce genre de chose, je manque d’action.

Némésys attend une petite minute devant elle puis se lève en faisant mine de se préparer à sortir pour la forcer à choisir plus vite
Anseis
Il n’avait fallu longtemps après les paroles de l’homme pour que le silence ne s’impose dans la taverne.

Satyne, par réflexe s’était repoussée de la table en un grincement du bois contre le sol pierreux qui rendit le moment encore plus dramatique. Beths, dont le visage se recouvrait d’une fine sueur, était étrangement calme. Se forçant à calmer sa respiration, elle laissait échapper lentement l’air de ses poumons tout en essayant de ne point bouger, pour ne donner raison à un geste encore plus inconscient de son agresseur.

Le regard d’Anseis remonta pour croiser celui de ce dernier. Détermination, oui, mais aussi trace de peur. L’homme réalisait pleinement ce qu’il faisait et connaissait les conséquences. Habillé avec goût, il y avait de fortes chances qu’il soit riche marchand…voir noble.

Le vagabond passa en revue ce qu’il savait, tentant vainement de comprendre. Il rejeta directement le fait que cette affaire n’ait aucun lien. Il n’y avait quasiment aucun doute qu’il soit le même individu qui recherchait information sur Elais et Legowen. Et s’il s’en prenait à une femme enceinte, l’homme ne pouvait être aristotélicien … à moins qu’il ne sache exactement la fonction de cette femme. Oui, au moins cette partie avait un sens. Un homme dont la sœur fut arrêtée et emprisonné pour une quelconque raison dans les provinces royales. Comment pouvait-il l’aider sinon en faisant pression sur le prévôt royal ? La recherche de la marraine de Beths afin de la faire flancher devenait logique. Le fait de profiter de l’occasion de sa présence même en taverne aussi. Mais … pourquoi Elais en ce cas ?

Devait-il tenter de calmer l’homme, l’endormir avec des paroles? Seigneur tout puissant, il n’aurait su où commencer. Les paroles du père Argus lui revinrent en mémoire. Raison et cœur devaient rester ses guides, quoiqu’il arrive. Sans quitter le regard de l’homme, Anseis laissa donc son cœur s’exprimer.


Je ne sais ce que votre sœur a fait pour se retrouver en jugement, mais connaissant la prévot royal, je doute que vous la faisiez flancher sous la menace. Elle préférerait succomber sur le champ que de trahir ce pourquoi elle a vécu jusque là. Par votre geste, vous ne feriez que tuer l’innocente victime qu’elle porte en son sein, occasionner la colère de sa grâce le duc de Billy qui obtiendra sans nul doute votre tête après tel abject geste et vous condamner à un éternel tourment sur la Lune.

Anseis reprit respiration avant de conclure

Je ne pourrais sauver la vie de dame Beths, et croyez bien que j’en paierai chaque jour le prix en mon âme et conscience. Mais ne doutez pas non plus que le temps que vous prendra votre horrible geste me suffira à sortir mon arme et je ne vous cacherai que vous avez peu de chance de gagner avec une simple dague. Je n’ai l’intention de vous tuer et laisserai ce plaisir au duc Marty. Mais croyez-moi sur parole : Dussé-je vous arracher les yeux, je vous ferai avouer tout ce que vous savez sur le sort de celle que vous appelez Tealhis.
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Legowen
Croquant machinalement une pomme achetée sur le marché , enfin machinalement …………pas au point de ne pas savourer la chaire juteuse et légèrement acidulée , elle réfléchissait aux informations reçues
Dans un premier temps, après avoir compulsé ses dossiers, le douanier interrogé n’avait pu que lui confirmer que non seulement aucune Théalis n’avait disparu mais encore , qu’aucune jeune femme vivant à Montpensier ne correspondait à ce nom , décevant ainsi ses espoirs
Avant de gagner l’auberge , elle avait donc décidé de faire un tour de marché, s’arrêtant aux étals , écoutant les conversations sans en avoir l’air ou s’y mêlant quand les propos le lui permettait
De fil en aiguille , elle apprit qu’une jeune fille , Elais , avait disparu . Elais ? elle espéra que ce n’était qu’un homonyme, repensant à la jeune fille croisée une fois dans les couloirs de la prévôté alors qu’elle sortait du bureau du prévôt .

S’approchant d’un étal, elle soupesa une pomme , songeuse


Hé ma p’tite dame ? pour sur y a pas de vers dedans , pas la peine de la yeuter comme çà , j’vous en fais combien ?

Mettez moi en 5 , non pas celle là, l'autre et puis la petite rouge là, ce sont les meilleurs , dites vous n’auriez pas entendu quelque chose concernant une disparition, ou vu quelque chose , quelqu’un qui vous aurait paru bizarre ?

Bizarre ? ben vous savez moi, j’en vois tout l’temps des bizarres , un jour y en a même un qui a voulu une moitié d’pomme , ça lui suffisait qu’il disait

Bizarre attendez voir

J’ avions bien vu quelq’ chose , un noble au marché tout bien vêtu , c’est pas bizarre ça ? même qu’il s’est arrêté chez la Mathilde , la tisserande ,et qu’il lui a posé des tas de questions qu’elle m’a dit

Attendez voir

Heeeeeeeee la mathilde tu’souviens d’cenobliaux tout bien attifé qui t’avait posé un tas d’questions ?


Oui da , c’est pas fréquent, quand j’lai vu entrer , je me suis dis chic, ma journée est faite , et ben, même pas une chemise qu’il m’a acheté , mais juste demandé après une certaine ali , alis ……téalisse oui c’est ça , j’savais bien qui avait un alis dedans et puis aussi légavin ou legovin

Legowen ( plus joli que legovin non ? ^^) pâlit légèrement , ainsi on les cherchait , sa sœur et elle mais qui ? Carembert , avant son forfait ? mais aurait été plus discret et puis même habillé en noble il n’ aurait trompé personne . Donc quelqu'un d’autre les cherchait

Achetant une ceinture à la tisserande pour la remercier et obtenant en retour la confidence que le noble était pas mal de sa personne , Leg fut tout à fait sure que ce ne pouvait être le carembert

Bien le mieux était encore de se rendre à l’auberge , elle avait assez déambulé et ses compagnons devaient sans doute se demander ce qu’ elle devenait . Quoique connaissant Guy, il devait encore être à la garnison de Montpensier ^^

Croquant le dernier morceau de pomme, elle ouvrit la porte de l’auberge, fit quelques pas et se rendit compte que quelque chose ne tournait pas rond, .
D’habitude , quand elle entrait à l’auberge
Le brouhaha ambiant l’assaillait , là rien, pas un mot, pas un rire, rien , à croire qu’ils avaient tous fait vœux de silence pour expier , expier quoi ? ça ne devait pas être une p^tite bétise car ne rien dire en taverne ,à ce niveau, impossible ^^ , à croire qu'ils avaient vidé la cave du Duc

Leg tourna la tête et les vit , deux , non quatre , oui quatre, Anseis , une jeune fille qu’elle ne connaissait pas , et puis surtout eux deux Beths, sa filleule et Valexan qu'elle croisait souvent à la chancellerie ,qui jouaient au jeu de " égorge moi "
Sauf que ça n’avait pas l’air d’un jeu , que Beths était toute pâle qu’Anséis regardait Valexan durement , prêt à bondir

Premier réflexe , s'avancer en hurlant :

Non mais ça va pas non ? tu vas lâcher ma filleule tout de suite ou j’te jure que je t’ étends par terre , , mais t’as vu son état ,t’es malade? tu veux qu’elle nous fasse son bébé là de suite ?



Et un morceau de pomme, un ….. qui lorsqu ‘elle va prendre son souffle pour hurler , a la malencontreuse idée ou chanceuse, on choisira ,de prendre sa trachée pour un itinéraire bis de l’estomac , déclenchant la plus belle quinte de toux qu’elle ait pu avoir , yeux larmoyants ….. , amenant un regard inquiet des protagonistes

Bon si Valexan s’inquiète , c’est qu’il est récupérable, a pas du complètement éteindre les bougies ( je vous signale qu’un disjoncteur n’existait pas à l’époque ^^) , un instant de gros surmenage, gros c’est sur , sans doute avec les dossiers de la chancellerie , les ambassades , tout ça………

Leg s’avança doucement, mains en avant , fixant Valexan


Vel..........

hummmm hummmm gorge encore fragile , reprend

Valexan, c’est moi ……..Legowen, tu sais, la chancellerie , ^^ et la jeune femme que tu tiens, c’est ma f i l l e u l e , tu ne voudrais quand même pas faire de mal à la filleule d’une amie ? à ma filleule ?

HEINNNN !! humm .... hein ? ^^ pardon un reste de pomme .....


En plus si tu déclenches son accouchement, elle sera trop fatiguée, choquée pour s’occuper de son petit, surtout la nuit, oui surtout la nuit,...
c’est une conséquence des accouchements déclenchés par la peur, la maman dort , le bébé pleure , et nous faudra qu’on la veille , je ne vois qu’ une personne pour s’occuper du bébé toutes les nuit,

……….TOI ............. c’est Nata qui sera contente ^^


le dernier argument du porter ses fruits car Valexan baissa le couteau , Anseis en profita pour le saisir, le coucou fit de nouveau tic tac, les buveurs reprirent leur bière, les joueurs leurs dés , et un hurlement fusa , tant pis pour la gorge

ne refais plus jamais ça


ça va ma filleule ?

prend sa filleule dans ses bras puis s’écarte , enfin était déjà écartée ^^

Je te croyais à Billy , qu’est ce que tu fais là ? qu’est ce que vous faites là devrais je dire


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Beths
[Montpensier, taverne]


Alors que la jeune femme sur sa gauche déclinait son identité, son nom lui rappelant vaguement un souvenir sans qu’elle ne su réellement expliquer pourquoi, et ne cherchant pour une fois pas à s’en inquiéter davantage tant son esprit était occupé par le sort de sa marraine, elle allait à son tour répondre.
Mais soudainement ses cheveux furent tirés en arrière tout comme sa tête, et avant qu’elle ne put exprimer le moindre son, ou encore esquisser le moindre mouvement le froid d’une lame vint se poser dangereusement sur son cou.


Que l'un d'entre vous essaye de faire quelque chose et cette femme et son enfant perdront la vie! Je sais qui vous êtes. Posez vos armes sur la table, et conduisez moi immédiatement à votre chef. J'espère pour vous qu'il n'a pas touché à un seul cheveu de ma sœur....


Un silence pesant s’installa. Traitreusement, une goutte de sueur perla le long de son front. Elle ne pouvait bouger, et malgré la terreur qui s’était emparée d’elle, peur de perdre cette vie qu’elle portait chèrement en elle, Beths s’exhorta au calme, chose dont elle avait peu l’habitude. Mais son esprit réagissait vite. Dans cette position, elle n’avait aucune chance de s’en sortir si elle tentait un mouvement.
Sa main avait beau se crisper sur le manche de son épée posée en travers de ses genoux, elle ne pouvait rien. Peste. Comment avait-elle pu ne rien voir ? Se serait-elle ramollie lors de ces longs mois de retraite ? Ou bien était-ce la gaucherie de son état de femme enceinte. Toujours était-il qu’elle était piégée. Elle se concentra alors sur sa respiration pour enrayer la rage, la colère et la peur. Une inspiration longue suivit une expiration presque nonchalante.

Et ses compagnons ne pouvaient guère plus. Elle avait bien noté le geste instinctif de sa voisine, reculant sa chaise et prête à … à quoi ? se battre ? pour elle ? certainement pas. Peut être pour éviter un traquenard s’ils avaient été plus nombreux, Satyne avait bandé ses muscles, geste qu’elle avait senti, perçu, alors qu’elle se retrouvait coincée par une lame d’un côté et une chaise et le corps d’un homme de l’autre.

Homme qui était seul apparemment. Qu’avait il dit déjà ? Elle tenta de se rappeler, il y avait l’histoire d’une sœur, et qu’il savait qui ils étaient. Le mystère s’épaississait. Autant elle avait été responsable par le passé d’arrestation de bon nombre de brigands ou autres vils malfrats, autant récemment … elle n’avait été qu’inactive. Et elle ne voyait pas comment Marty aurait pu menacer une femme. Et que venaient faire Anseis et sa jeune voisine dans cette affaire ? Non cela n’avait aucun sens.

Sentiment que partageais son secrétaire si elle en croyait le discours qu’il fit à cet instant. Beths ne le quittait pas des yeux, reconnaissant à cet instant précis l’homme qu’il avait pu être par le passé, celui grâce auquel elle était toujours en vie d’ailleurs … décidément, la vie était un éternel recommencement, voila que de nouveau un homme tentait de l’égorger, alors qu’Anseis était là. Sauf que cette fois il ne pouvait rien. Hormis venger sa mort si jamais elle devait arriver. La détermination qu’elle lu dans ses prunelles le lui confirma.

Mais le Très Haut, dans sa grande mansuétude, décida que son heure n’était point encore venu, elle fut sauvée par l’arrivée de sa marraine.



Non mais ça va pas non ? tu vas lâcher ma filleule tout de suite ou j’te jure que je t’ étends par terre , , mais t’as vu son état ,t’es malade? tu veux qu’elle nous fasse son bébé là de suite ?


L’instant n’aurait pas été aussi tragique, elle aurait surement sourit d’entendre ainsi sa marraine hausser la voix. Certaines langues n’auraient pas manqué de préciser que la filleule avait bien là déteint sur la marraine.

Mais le moment n’était pas à la boutade. Legowen par son intervention, ses mots, ses toussotements, et raclements de gorge, et par sa répartie, réussit à convaincre le Vicomte de baisser sa garde. Car apparemment c’était bien de l’époux de Nata dont il s’agissait, Beths s’exhortait toujours au calme, mais son caractère irascible menaçait de prendre le dessus. Le reste se passa à toute vitesse : la dague qui quitta son cou, pour être attrapée in extremis par Anseis, se dernier regardant son agresseur avec un air féroce.

Et avant qu’elle n’ait le temps de dire ouf, elle se retrouva debout et dans les bras rassurant de cette marraine, cette amie si chère


ça va ma filleule ? Je te croyais à Billy , qu’est ce que tu fais là ? qu’est ce que vous faites là devrais je dire


Contrairement à son habitude, la future mère ne prononça pas une parole, mais leva un doigt en direction de Legowen, signe d’attente, signe qu’une chose urgente passait avant la réponse, un petit élément indispensable pour qu’elle apaise sa colère, les battements encore irréguliers de son cœur et celui de son enfant.
Se retournant prestement pour son état, la main droite toujours crispée sur la crosse de son épée, l’ensemble, main et crosse de sa rapière, se dirigèrent et s’enfoncèrent prestement dans l’estomac de celui qui fut son agresseur.
Une fois l’acte fait, alors que l’homme semblait visiblement accuser le coup avec quelques difficultés, elle s’exprima avec une froideur, détachant chaque syllabe


Osez m’attaquer une nouvelle fois Sieur Valexan, et malgré pour toute l’amitié, l’affection et le respect que je porte à Natafaël, je vous arrache une oreille.


La menace avait été crachée, mais elle était réelle, on ne s’attaquait pas à elle sans en assumer les conséquences. Elle n’avait pas passé autant de temps à la prévôté pour uniquement signer des documents ou bien encore monter des dossiers.

L’œil torve toujours accroché sur le Vicomte, elle finit par se détourner avant de sourire difficilement à sa marraine cherchant à lui répondre avec douceur



Je suis en chemin pour Billy, j’ai juste fait un petit arrêt à Montpensier, alertée par une missive d’Anseis …

Le Vicomte étant toujours présent, son courroux n’ayant pas désempli à son égard, elle avait néanmoins la présence d’esprit de ne point trop en dire devant lui. Et surtout ne pas lui préciser que la disparition d’Elais décrite par Anseis l’avait incité à s’arrêter à Montpensier.
Et puis, elle espérait également ne pas trop alerter sa marraine qui aurait désapprouvée sa présence dans son état de femme largement enceinte.

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Satyne
Son identité déclinée n'avait pas soulevé un taulé général, aussi Satyne se détendit quelque peu et reprit un verre. L'alcool avalé passait sans heurt, réchauffant sa gorge agréablement. Elle s'apprêtait à argumenter sur la qualité de la liqueur du coin, quand un homme plutôt bien fardé déboula à côté d'eux dague au poing. Tout se déroula très vite. Trop vite au goût de la demoiselle dont l'esprit commençait à être légèrement embrumé par la boisson. Tandis que d'une main jugée presque experte le nobliau appliquait une lame acérée sous la gorge de sa voisine, Satyne recula prestement prête à fondre sur celle qu'elle dissimulait dans sa botte gauche. Se battre ou fuir, il fallait choisir...

Que l'un d'entre vous essaye de faire quelque chose et cette femme et son enfant perdront la vie!

Han ! C'était donc ça ! Elle s'tapait un marmot dans le tiroir ! De diou à ce rythme elle allait enfanter un monstre pas une crevette ! La jeune fille reconsidéra le ventre de celle qui était malmenée et émit un sifflement de surprise. Le nobliau derrière elle s'agita de nouveau et continua sa tirade sur une sœur enlevée. C'était la mode dans le coin ? Hou ! Elle sentait de plus en plus que ce duché allait lui plaire. Elle se frotta les mains mentalement, et jugea de l'audace du noble avec appréciation. Si les gens riches étaient de la partie ça devait drôlement grisant les traques ici ! Plusieurs propos furent échangés, avec plus ou moins de véhémence, son vis à vis faisant preuve de beaucoup de flegme dans sa façon de parler...

Je ne sais ce que votre sœur a fait pour se retrouver en jugement, mais connaissant la prévôt royal, je doute que vous la faisiez flancher sous la menace.

Il parlait de qui là...? Satyne tourna lentement la tête vers sa voisine. Hé merdeee... Elle était en train de boire un coup à côté de la prévôté même! L'ennemi du juste ! Euh du brigand... La bonne blague... Elle banda ses muscles, prête à filer sans réclamer son dû. Après tout c'était leurs histoires! Son auguste fessier pivotait lentement sur son siège quand elle tomba sur une nouvelle arrivante, la mine offusquée par la scène qui se déroulait en l'instant. Les mots qui fusèrent n'étaient pas des mieux choisis, mais l'effet fut positif puisque le forcené lâcha son arme. Effusion de bons sentiments, cris, menaces, sourire de façade, tout se succéda avec rapidité. Tant et si bien qu'on ne savait plus où donner la tête. La donzelle se leva et claqua ses mains sur la table.

M'excusez dames et sieurs, mais tout'cette histoire me dépasse un peu ! Z'êtes là à vous bouffer le chou comme un couple en débâcle alors que vous êtes tous sur la même barques. Enfin c'que j'en comprends... Elle se tourna vers le nobliau fou de la dague. Votr' soeur ce serait pas l'amie d'lui par hasard ? Elle pointa un doigt vers Anseis. Et vous là, z'êtes qui ? Elle regarda Legowen d'un oeil douteux. Puis elle a disparu quand cette Thealis ? Et vous connaissez aussi sa cousine Elais ? Puis faut un mobile pour enlever les gens. Croyez pas qu'on pond des plans de tous les diables pour le plaisir de garder les gens chez nous en leur offrant gîte et couvert hein ! Enfin quand j'dis nous... Hum... Bref... On peut pas en savoir plus...?

Elle se prêtait vraiment au « jeu» la gamine.
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Satyne, rien que Satyne,
Mais bien plus : c'est inévitable...
Elais
[Toujours dans la mine]

La médaille bien ancrée dans sa main, un œil posé sur les deux ravisseurs qui échangeaient à présent quelques mots à l'écart, Elais se laissa aller de nouveau contre la pierre, s'autorisant un moment de répit. Elle savait qu'ils n'en avaient pas fini avec elle, cependant la fatigue se faisait de plus en plus présente, ce qui ne manquait de jouer sur sa lucidité et ses nerfs. En y songeant... depuis combien de temps se trouvait-elle en ces lieux ?

Lâchant le couple, son regard se porta lentement sur le fond de la caverne. Pas un rayon de lune ou de soleil ne traversait la voûte sombre qui faisait office d'entrée et sortie.
Pour avoir longtemps travaillé dans les mines, la jeune femme se douta qu'au-delà, se trouvait seulement un labyrinthe de galeries obscures, qui assurait au trio discrétion ainsi que protection à toute intrusion inattendue... donc, aucune possibilité d'estimer quel moment de la journée il était. Il faisait probablement encore nuit dehors, à moins que le jour n'ait déjà fait son apparition ? A vrai dire, depuis qu'on lui avait porté ce coup à la tête, elle n'avait plus aucune notion du temps. Une nuit, un jour, une semaine ? Cela faisait une éternité pour la captive -Tout pouvait sembler long lorsque l'on se trouvait enchainée, en compagnie d'un inconnu qui n'avait d'effet que de l'épuiser par ses facéties- Pourtant, elle ne ressentait ni faim, ni soif, ni même une envie naturelle propre à tout être humain, ce qui laissait pressentir que cela ne faisait pas si longtemps qu'elle se trouvait là, et la rassurait un tant soit peu.


… je vais me charger de convaincre notre invité. Je suis sure qu’entre femmes nous allons nous comprendre rapidement.

Le mot « invitée » lui fit pivoter le visage et reporter son attention sur « les maitres de maison » : On parlait d'elle, surement.
Alors que ses doigts se crispaient sur le pendentif, ses yeux suivirent consciencieusement Nemesys qui s'agenouillait près d'elle. Une sorte de silence s'éternisa afin d'accorder le temps à chacune de se jauger. Sans sourciller, elle se laissa observer, soupeser, juger à l'identique d'une de ces carcasses de cochon qu'elle vendait sur le marché, avant que les lèvres de sa voisine ne s'entrouvrent pour laisser tomber le couperet.


...Pensez vous que votre compagnon soit plus malin que vous ? Je vous amènerai bien un peu de compagnie mais … je ne vous amènerai que sa tête si vous refusez de me donner votre pendentif. Hélas dans ce cas là la compagnie ne sera guère causante.

Ni une, ni deux, dans une respiration saccadée, le corps d'Elais se souleva, prêt à se fondre sur sa proie quand une dague s'interposa entre elles et stoppa net la jeune femme dans son élan. Malgré le tremblement de peur qui venait de la secouer à l'allusion de son compagnon, elle écumait de rage, tout en prenant conscience que même si elle l'anéantissait, restait toujours l'entrave de sa chaine, et l'homme... A agir ainsi, elle ne ferait que précipiter sa propre mort et probablement celle de celui à qui elle aurait donné sa vie. Accompagnés d'une bouche durcit en une ligne sinistre et furieuse, ses yeux étincelèrent d'une haine meurtrière qui laissait présager que dans d'autres circonstances, avec une certaine jouissance qui lui aurait ôté toute humanité, elle aurait terrassé cette femme. Cependant, elle ferma les paupières un instant pour essayer de dominer et calmer l'incendie qui venait de réveiller en elle celle qu'elle pensait à jamais ensevelie... son autre, son opposée et alter-ego, celle qu'elle avait autrefois abandonnée sur un champ de bataille. Mais les faits étaient là, sans que sa rivale ne s'en doute, elle venait de toucher l'organe le plus fragile et le plus sensible de son être : son cœur. La douleur était fulgurante. Elais comprit alors son erreur. Dans son insouciance, elle venait de mettre en danger Anseis, et cela lui était insupportable.

Alors ? Le pendentif ou la tête ? Choisissez vite je ne suis guère patiente pour ce genre de chose, je manque d’action.

Détachez-moi et vous en aurez de l'action, je puis vous l'assurer...

La réponse se fit mordante. Les prunelles froides s'ouvrirent doucement et de sa dextre, elle arracha d'un mouvement sec le bijou, laissant une trace rouge à la base de son cou avant de la jeter aux pieds de Nemesys. Tout... Elle serait prête à tout donner, de sa vie, de son âme pour qu'ils oublient jusqu'à l'existence de l'homme qu'elle aimait...

***
Anseis
Un nouveau silence avait répondu aux derniers mots de la jeune Satyne. Non seulement les cinq protagonistes, mais encore tous les clients de l’auberge semblaient attendre un rebondissement, chacun retenant son souffle.

Le vagabond regarda la jeune femme qui s’était levée pour prononcer son discours. Elle avait raison, crier ou menacer ne leur apporterait rien d’autre que perdre un temps précieux. Il finit donc par se lever lui aussi pour attraper puis rapprocher deux chaises. L’une posée proche de Beths afin que sa marraine pût y prendre place, l’autre entre Satyne et lui pour inviter l’homme nommé Valexan à faire de même. A peine l’homme fit-il mine de se diriger vers la chaise que les autres convives, perdant tout intérêt à l’affaire et reprirent leur discussion, plongeant le petit groupe dans un brouhaha qui ne tarda à s’intensifier.

Les muscles se relâchant en un soulagement, Anseis remplit la tasse de tisane à moitié vide de la duchesse tandis qu’une serveuse déposait de nouvelles tasses sur la table et. Sans prêter attention aux chuchotements de Satyne qui apparemment commandait nouvelle ration d’alcool de prune pointant du doigt le noble lorsque l’aide-tavernière demanda monnaie, il échangea un regard avec Beths, puis tous deux hochèrent la tête avant de tourner leur intérêt vers Valexan : l’homme avait lancé les hostilités – et Dieu savait que le mot était pour une fois fort à propos - et il était donc logique de le laisser expliquer son geste. Et possiblement - du moins Anseis l’espérait pour la suite de la conversation - de s’excuser.

Ne pouvant se décider à laisser sa senestre quitter le voisinage de sa dague, il observa l’homme qui prenait place sur la chaise. Sa silhouette élancée soulignée par des habits sobres mais de qualité lui donnaient une allure faussement fragile. Les derniers événements, ainsi que la lueur qui continuait de briller dans le regard de l’individu indiquaient combien la vérité était toute autre. Avec difficulté, Anseis chassa les questions qui se formaient dans son esprit, alimentée par l’intime conviction, angoissante et omniprésente, qu’Elais se trouvait en danger. Cet homme avait des informations que le vagabond brulait de connaitre, mais le forcer ne le ferait parler plus vite.

Seigneur, que la patience pouvait être douloureuse parfois…


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Valexan
Taverne de Montpensier



Le silence... le silence qui s'abat soudainement dans la salle de la taverne, à peine a-t-il prononcé ses paroles, en est presque choquant. Il est des bruits qui marque, des brouhahas à la limite du supportable, qui font mal aux oreilles, qui donne envie de s'éloigner au plus vite; et il est des silences gênant, anormaux, qui perturbe plus que de raison. Ce silence qui vient de se faire en fait parti; et ces regards, tous ces regards qui se sont soudain tournés vers lui, ces respirations qui se sont accélérées, ces gouttes de sueur qui perlent sur les fronts des spectateurs de la scène... Il n'est pas habitué à être ainsi au centre des attentions, le Valexan, mais il ne veut pas montrer son trouble, il est déterminé, n'a pas le choix.

Et puis.. Enfin une voix qui s'élève dans le silence, presque un soulagement. C'est l'homme attablé avec sa victime qui a prit la parole; Cette voix qui se veut sans nul doute posée laisse trahir malgré tout une inquiétude bien compréhensible.


Je ne sais ce que votre sœur a fait pour se retrouver en jugement, mais connaissant la prévôt royal, je doute que vous la faisiez flancher sous la menace. Elle préférerait succomber sur le champ que de trahir ce pourquoi elle a vécu jusque là. Par votre geste, vous ne feriez que tuer l’innocente victime qu’elle porte en son sein, occasionner la colère de sa grâce le duc de Billy qui obtiendra sans nul doute votre tête après tel abject geste et vous condamner à un éternel tourment sur la Lune.

Je ne pourrais sauver la vie de dame Beths, et croyez bien que j’en paierai chaque jour le prix en mon âme et conscience. Mais ne doutez pas non plus que le temps que vous prendra votre horrible geste me suffira à sortir mon arme et je ne vous cacherai que vous avez peu de chance de gagner avec une simple dague. Je n’ai l’intention de vous tuer et laisserai ce plaisir au duc Marty. Mais croyez-moi sur parole : Dussé-je vous arracher les yeux, je vous ferai avouer tout ce que vous savez sur le sort de celle que vous appelez Tealhis.


Les paroles qu'il entend sont pour le moins surprenantes, et il est obligé de se les répéter dans sa tête plusieurs fois, histoire d'être certain qu'il a bien entendu. Deux noms en particulier. Le premier, Thealis. Comment c'est homme sait-il qu'il cherche Thealis, si ce n'est en étant impliqué dans son enlèvement? Pourtant, cet homme veut lui faire avouer ce qu'il lui est arrivé... Incompréhension. Et puis... La prévôt royale?? Dame Beth?? Cette dame a qui il a posé son poignard sous la gorge serait donc Beth?? C'est impossible voyons! Il l'a déjà rencontré à plusieurs reprise, elle n'est pas ainsi!!! Incrédule, il ne peut s'empêcher de se pencher pour mieux observer le visage de son otage...

Mon dieu! Oui, il semble bien que ce soit elle! Mais.. Incroyable ce qu'elle a grossit depuis la dernière fois qu'il l'a vu!! Inimaginable! Jamais il n'aurait pu penser que cette dame aux formes plus qu'arrondit était l'épouse du Duc de Billy! Il s'apprête à relâcher son étreinte, Lorsque la porte de la taverne s'ouvre, laissant apparaître une femme qui, le voyant, se met aussitôt à hurler


Non mais ça va pas non ? tu vas lâcher ma filleule tout de suite ou j’te jure que je t’ étends par terre , , mais t’as vu son état ,t’es malade? tu veux qu’elle nous fasse son bébé là de suite ?

Cette femme, il l'a connait pour la rencontrer régulièrement à la chancellerie. Voyant le regard haineux qu'elle lui lance, il ne bouge pas, s'attendant à une attaque de sa part à l'aide de son arme; mais, au contraire, sa voix se radoucit soudain alors qu'elle poursuit, non s'en avoir au préalable craché ses poumons...

Vel.......... Valexan, c’est moi ……..Legowen, tu sais, la chancellerie , ^^ et la jeune femme que tu tiens, c’est ma f i l l e u l e , tu ne voudrais quand même pas faire de mal à la filleule d’une amie ? à ma filleule ? En plus si tu déclenches son accouchement, elle sera trop fatiguée, choquée pour s’occuper de son petit, surtout la nuit, oui surtout la nuit,...
c’est une conséquence des accouchements déclenchés par la peur, la maman dort , le bébé pleure , et nous faudra qu’on la veille , je ne vois qu’ une personne pour s’occuper du bébé toutes les nuit,

……….TOI ............. c’est Nata qui sera contente


Il semble percevoir une pointe d'humour dans les propos de Legowen, ce qui le radoucit. Lentement, il baisse son arme, libérant le cou de Beth. Comme il s'y attendait, l'homme se lève aussitôt, saisissant son bras pour s'emparer de son poignard, alors que l'ambassadrice s'enquiert de l'état de santé d'une future maman qui lâche son fiel trop longtemps retenu contre le Montbazon :

Osez m’attaquer une nouvelle fois Sieur Valexan, et malgré pour toute l’amitié, l’affection et le respect que je porte à Natafaël, je vous arrache une oreille.

Prenant une grande respiration, Valexan ouvre enfin la bouche pour s'exprimer

Dame Beth... Je suis désolé pour ce que je vous ai infligé... J'avoue que j'ai fait une erreur, je ne vous ai pas reconnu. Il faut dire à ma décharge que... Vous avez beaucoup... beaucoup... changé!! Vous semblez particulièrement en forme de... en forme! Mais, je sais que cela n'excuse pas mon geste. Si vous souhaitez porter plainte contre moi, je le comprendrai et assumerai mes actes...

Ses excuses prononcées, le regard de Valexan se tourne vers l'homme qui a évoqué le nom de Thealis. De nombreuses questions viennent en son esprit, aussi lorsqu'une chaise lui est proposé Valexan s'y installe-t-il. C'est à cet instant que la voix de la dernière jeune femme présente se fait entendre.

M'excusez dames et sieurs, mais tout'cette histoire me dépasse un peu ! Z'êtes là à vous bouffer le chou comme un couple en débâcle alors que vous êtes tous sur la même barques. Enfin c'que j'en comprends...

Votr' soeur ce serait pas l'amie d'lui par hasard ? Et vous là, z'êtes qui ? Puis elle a disparu quand cette Thealis ? Et vous connaissez aussi sa cousine Elais ? Puis faut un mobile pour enlever les gens. Croyez pas qu'on pond des plans de tous les diables pour le plaisir de garder les gens chez nous en leur offrant gîte et couvert hein ! Enfin quand j'dis nous... Hum... Bref... On peut pas en savoir plus...?


Hochant la tête, Valexan glisse sa main à l'intérieur de son mantel, et en sort la lettre qu'il a reçu. Il la pose sur la table, à la vu de tous, et prenant une nouvelle respiration commence...

Je vous dois en effet quelques explications, pour que vous compreniez mon geste... J'ai reçu cette lettre voilà trois jours. Elle m'a été envoyée par un homme que j'ai connu enfant... Il m'y annonce qu'il a enlevé ma sœur, et la libérera contre rançon... Il me demande également de me rendre à Montpensier...

Alors que les regards se posent sur la lettre, il poursuit, regardant tour à tour chacune des personnes présente

Ma sœur... En fait j'ai deux sœurs... que je n'ai pas revu depuis 20 ans. La première, la plus petite, se nomme Thealis... Ce n'était qu'un bébé lorsque nous avons été séparés. La seconde, également plus jeune que moi, se nomme...

Alors qu’il s’apprête à prononcer le nom de sa seconde sœur, son regard croise celui de Legowen… Legowen… le prénom de sa sœur… Legowen, qui comme par hasard, se trouve à Montpensier, comme lui… Bien qu’il l’a côtoie depuis de nombreuses années à la chancellerie, pas une fois encore il avait fait le rapprochement entre son prénom et celui de sa sœur ; Comment aurait-il pu le faire, en même temps ? Nouveau silence, au cours duquel il s’interroge longuement… Et si ?… D’après les paroles prononcées, il semblerait qu’une Thealis a été enlevée… Ce n’est donc pas Legowen qui l’a été.. alors…


Comme un automate, ne quittant plus la jeune femme des yeux, il se lève, fait le tour de la table, se rapprochant de Legowen. Arrivé devant elle, il croise les bras sur son torse, ses mains rejoignant chacune de ses épaules, et il commence à chantonner :


Moitié enfants, moitié soldats
marchant côte à côte pas à pas
Valexan, Legowen,
Défenseurs de la terre
Dans un arc-en-ciel merveilleux
Les mouches rouges, roses, vertes, jaunes et bleues
Valexan, Legowen,
Nous allons écraser !!

Les méchantes du monde animal
Qui volent qui bzzz qui font du mal
Valexan, Legowen,
Nous saurons les briser
On s’en va vers des aventures
Qui préparent notre futur
Valexan, Legowen,
Défenseur de la Terre

Beaucoup d'hommes rêvent d'avoir
Notre courage, notre force, notre savoir
Valexan, Legowen,
Héros de l'avenir
Personne ne pourra égaler
notre vaillance, notre témérité
Valexan, Legowen,
Reste dans le souvenir
Symbole de paix
Justice et liberté
Valexan, Legowen,
Défenseur de la Terre*


Avant finalement de lever les mains en l’air et de poursuivre

Confrérie des tueurs de mouches !
On est les plus grands, on est les plus forts !!
Confrérie des tueurs de mouches !
A ces bestioles on réserve un mauvais sort !!!


Et de finalement terminer par un

A l’attaque…

A peine murmuré, son esprit se perdant dans le regard de Legowen et s'envolant dans ses souvenirs...



[HRP] * Ai-je besoin de préciser que cette chanson est librement inspiré de la chanson "Bioman", interprété par Bernard Minet?? [/HRP]
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