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[RP] La confrèrie des tueurs de mouches

Arthurdayne
La route vers Montpensier s'était faite assez rapidement, dans un silence presque total. Ils atteignirent les remparts de la ville en même temps que le matin. Leg donna rapidement ses directives. Se séparer, fouiner, recueillir des informations, se retrouver à la taverne. Arthur acquiesça d'un hochement de tête, adressa un sourire confiant à Leg. Nul besoin de mots pour lui assurer qu'ils y parviendraient. Que cette soeur que Leg n'avait pas revue depuis des années, dont ce damné courrier lui assurait qu'elle était retenue prisonnière dans l'attente d'une rançon, ils allaient la retrouver.

Ils se séparèrent donc. Arthur arpenta les rues de Montpensier, s'aventura dans quelques tavernes. Il était passé par la ville à quelques reprises par le passé, y connaissait trois ou quatre adresses. Il ne récolta pas grand chose dans ses recherches. Le nom de Théalis n'évoquait rien à personne. Les seules informations un peu étranges qu'il releva concernaient d'autres individus qui posaient le même genre de questions et qui, au vu de la description qu'on en donnait, n'étaient pas ses compagnons de Moulins. Il y avait aussi des rumeurs bizarres de disparition, auxquelles Arthur ne savait pas vraiment quel crédit il pouvait apporter. Ce qui était certain en revanche, c'était que cet enchevêtrement étrange de rumeurs ne devait sans doute rien au hasard. Il y avait quelque chose à démêler là dedans, restait à trouver quoi.

Leg et les autres en avaient peut être appris plus, et il était temps pour l'heure de se rendre à l'auberge. Arthur poussa la porte et repéra Leg, assise à une table. D'un rapide regard balayant la pièce, il sut que quelque chose s'était produit. Les occupants de l'auberge jetaient des coups d'oeil réguliers vers la table où se trouvait Leg. Arthur s'approcha à pas comptés. Il détailla ceux qui étaient autour de la table en compagnie de son amie. La discussion paraissait un peu tendue, tout le monde semblait à l'affut du moindre mouvement brusque. Arthur reconnut Anseis, qui était passé par Moulins quelques semaines plus tôt. Il y avait aussi une jeune femme qu'il ne connaissait pas, et un homme dont le visage lui rappelait vaguement quelque chose. Qu'il avait du croiser à une quelconque cérémonie...

Et la dernière personne autour de cette table, il la connaissait. Mais ne s'attendait pas le moins du monde à la voir là. Beths? La dernière fois qu'il l'avait vue, c'était lors de ce mariage aussi déconcertant que totalement raté, celui de Bettym et d'un type choisi par Marty qui n'était jamais venu. Il avait entendu parler, par la suite, de la brouille entre le couple ducal, et pensait que Beths était toujours en retraite. Visiblement, elle en était sortie. Et tout aussi visiblement, elle n'en était pas sortie seule... Son ventre ne laissait guère de place au doute, ni à grand chose d'autre, d'ailleurs.

Arthur avait ralenti le pas jusqu'à s'immobiliser en faisant le point sur les personnes qui entouraient Leg. Il s'était mis légèrement à l'écart, prenant prétexte de se payer un verre au comptoir pour étudier la situation. Il lui semblait que l'homme prêt de Legowen chantait... La prudence et un petit morceau d'instinct lui dictaient de rester en retrait pour le moment. L'homme regardait Leg. Comme on regarde un miroir en cherchant à se souvenir à quoi on ressemblait quand on était gamin.

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"Je vivais à l'écart de la place publique
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique."
--Nemesys


[Dans la mine]

Ainsi dont elle a mit dans le mille se dit elle en faisant mine de faire son sac pour sortir à la chasse au mâle. Bien sur elle n’a pas prit grand risque à tout miser sur lui, faut dire qu’elle a pu les observer de longues heures à leurs insu. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre leur attachement à ces deux là, c’était si évident que même un gosse aurait compris de suite qu’ils ne font pas que parler de tout et de rien ensemble. Du coin de l’œil elle peut remarquer les changements d’attitude de sa captive, tout la trahie, son élan, son regard enflammé de colère, son corps qui se crispe, la frustration qui emplit la mine de ne pouvoir agir, ses efforts pour se calmer malgré la rage qui doit la consumer.

Détachez-moi et vous en aurez de l'action, je puis vous l'assurer...

Némésys ne peut retenir son rire moqueur à la suite de ses paroles.

Que pensez-vous donc faire contre nous deux ? Tenter de nous faire mourir de rire ? Lui répond-t-elle en ramassant le pendentif à ses pieds.

Franchement amusée de cette femme qui garde sa hargne malgré sa très mauvaise posture Némésys lance le médaillon en direction de son homme avant de changer totalement d’attitude. Amusée il y a quelques instants elle devient féroce et fond sur celle qui était sa cible avant de devenir leur prisonnière, la prend d’une main à la gorge la poussant durement contre la roche, comme si elle voulait l’encastrer à vie dans ce minerai qui les couvre. Son visage à quelques centimètres à peine du sien elle ne dit pas un mot, se contente de serrer ses doigts sur son cou. De ses yeux enflammés de rage elle regarde le visage qui lui fait face commencer à blêmir du manque d’oxygène, elle attend de voir la peur de mourir s’inscrire dans ses yeux étincelants il y a quelques minutes à peine. Némésys se délecte de cet instant si savoureux puis d’un ton dur et froid elle s’adresse à elle.


Que feriez-vous dont si je vous détache maintenant ? Vous devriez surveiller votre langue avant que celle si ne vous entraîne vers la mort. Sachez que ce serait un plaisir pour moi de vous ôter la vie, sachez qu’après vous je tuerai tout ceux qui vous chers, tous sans exception, je les enverrai à la tombe, un par un, dans des souffrances que vous ne pouvez imaginer, lentement, avec douleur ils vous rejoindront tous. Je saignerai comme un porc votre compagnon, je noierai votre plus fidèle amie, je brulerai vif votre frère qui doit vous courir après en ce moment même, je ferai esclave votre sœur avant de la finir après maintes supplications …

Voyant qu’elle commence à tourner de l’œil Némésys relâche la pression pour lui permettre de prendre une bouffée d’air vicié de la mine, sans la moindre douceur ni le moindre regret d’avoir faillis la finir sur place.


… est ce dont ce genre d’action que vous désirez ? Dites moi que oui que je puisse vous laisser en vie, après tout il serait bien dommage que vous n’assistiez pas à tout ça, je devrais vous tuer en dernière pour que vous puissiez me voir vous les ramener un à un enfin … ce qu’il en restera.

Sans cesser de la malmener Némésys attend sa réponse, espérant un oui mais se doutant bien qu’elle ne l’aura pas. Son but n’est que de la briser afin de lui ôter toute envie de résistance, toute envie de se rebeller voir même de tenter de leur fausser compagnie si elle en avait l’occasion. Elle veut en faire une captive docile, qui se laissera faire quelque soit leur demande et fera tout pour atteindre son but.
Elais
[Dans la mine... bien sûr]

Il était étrange de s'apercevoir que la mort puisse être si simple et rapide lorsque l'on savait combien la création de la vie était complexe et longue. Une question s'était souvent imposée dans l'esprit d'Elais : Pourquoi le Seigneur avait tant œuvré à créer ce monde, pour en définitive condamner toute chose y vivant, à une fin certaine ?

A cet instant, elle songeait qu'elle ne tarderait à rejoindre le saint père pour trouver réponse.

Ses dernières paroles avaient dû avoir plus d'effet qu'elle ne l'avait escompté. Dans une saute d'humeur, Nemesys avait perdu le sourire qu'elle avait exhibé jusque là et se tenait maintenant face à elle, les doigts faisant pression sur son cou gracile afin de lui ôter toute possibilité d'insuffler l'air à ses poumons. Dans ses yeux, une certaine férocité laissait présager sa détermination à mettre à exécution ses menaces, ce qui effraya la jeune Elais qui tenta vainement de la repousser.

Malgré ses deux mains accrochées au poignet de Nemesys qui avait une force impressionnante, elle n'arrivait à défaire l'étau qui enserrait sa gorge. Petit à petit, elle se sentait perdre pied, s'éloigner de la réalité pendant que la souffrance s'estompait, laissant place doucement à une sorte d'engourdissement bienfaisant. Les mots n'étaient plus que des bourdonnements graves qui venaient se glisser nonchalamment à ses oreilles. Ses pensées se noyaient dans un enchevêtrement d'images d'une vie écoulée et de visages qu'elle avait aimés... Pourquoi lutter ? Elle vivante, les siens étaient en danger. Elle songea alors à se laisser aller, rejoindre enfin cette lune qu'elle avait tant de fois contemplée émerveillée, en finir, une bonne fois pour toute, trouver la paix dans une existence qu'elle n'avait jamais contrôlée, mais que d'autres semblaient si bien s'approprier...

Combien l'on pouvait se sentir fragile et insignifiant dans ce genre de moment.

Elle s'y préparait donc, à accepter cette fin immuable identique à tout être. Mais encore une fois, le destin en choisit autrement, préférant contrarier ses projets. Aurait-elle opté de vivre qu'il lui aurait aussitôt donné la mort ? Elle sentit la poigne de fer s'écarter de sa trachée, et le long du conduit s'écouler lentement un air salutaire. Un retour à la vie qui réveilla ses sens, ces derniers réceptifs à la brutalité des mots et des gestes de leur bourreau.


… est ce dont ce genre d’action que vous désirez ? Dites moi que oui que je puisse vous laisser en vie, après tout il serait bien dommage que vous n’assistiez pas à tout ça, je devrais vous tuer en dernière pour que vous puissiez me voir vous les ramener un à un enfin … ce qu’il en restera.

Elle ne doutait qu'ils étaient assez fourbes pour accomplir certains des méfaits cités. D'un autre côté, elle avait toute confiance dans l'homme qu'elle aimait et savait qu'il ne se ferait si facilement berner, même si tous risques étaient à envisager, ainsi que pour ceux qui semblaient être son frère et sa sœur...

Mais abdiquer serait donner jouissance à ses ravisseurs, ce qu'elle n'était pas prête à leur concéder... d'autant plus que l'attitude de la femme qui lui faisait face venait de lui confirmer que, quoi qu'elle dise quoi qu'elle fasse, ils étaient tous en danger...

« Puissent-t-ils, si je viens à mourir, être forts et agiles afin de se défendre et donner une correction digne de leur sang, à ces deux impudents », pria-t-elle silencieusement.

En dépit de sa faiblesse physique, son moral restait fier et indomptable. Elle leva difficilement deux billes noires pour les planter dans ceux de Nemesys, alors qu'un sourire étira ses lèvres qui restèrent un long moment closes avant de laisser échapper péniblement quelques mots d'un larynx endolori.


Pensez à récupérer votre rançon avant de décimer mes proches... Ce serait dommage que vous me donniez la satisfaction d'avoir fait avorter vos plans d'enrichissement, surtout ceux de votre compagnon... ses prunelles sombres se dirigèrent vers l'intéressé … et dieu sait combien de vous voir tous deux vous ensevelir dans votre existence misérable et puante, à tenter de nouvelles méthodes pour acquérir quelques piécettes, serait euphorisant...

***
Anseis
[loin de la mine]

De tendue, l’atmosphère avait glissé dans l’étrange. Si Anseis avait au départ écouté avec gravité et attention lorsque le sire Valexan avait indiqué avoir une sœur nommée Téalhis qui n’était encore que nourrisson il y a une vingtaine d’années de cela, il avait jeté un regard de plus en plus incrédule lorsque ce dernier avait continué en se dirigeant vers Legowen pour chanter.

Chanson aux paroles pour le moins curieuses mais qui semblaient pourtant raviver quelques mémoires dans l’esprit de la dame de Chaptuzat indiquées par son silence et l’émotion qui emplissait ses yeux. Les trois autres convives échangèrent quant à eux des regards chargés d’incompréhension, n’osant pourtant déranger l’homme qui continuait sa comptine. Le vagabond rongé par l’inquiétude quant au sort d’Elais se saisit de la fameuse lettre laissée par Valexan sur la table.

Les premières lignes semblaient aussi incompréhensibles que la chanson qu’il écoutait d’une oreille distraite. Elles manquèrent de peu de le décourager à en continuer la lecture, se demandant un instant si l’homme n’avait écrit lui-même cette lettre, ayant perdu l’esprit. Mais le reste de la missive donnait une nouvelle lueur aux derniers événements. Une rançon de 15 000 écus, une « petite sœur » enlevée, portant le même prénom que son aimée d’après les dires de Valexan, un rendez-vous à Montpensier … tout ceci coïncidait. La lettre se concluait par une signature.

Au moment même où ses yeux se posèrent sur le nom, il entendit le noble finir en un murmure.

A l’attaque

Sans même relever la tête et noter l’émotion qui s’était emparée de Legowen et Valexan, Anseis laissa échapper une question.

Qui est Carembert ?
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Legowen

Leg regarda la jeune fille qui venait de mettre plus ou moins les choses aux points en clarifiant la situation par quelques phrases , mettant l’accent sur les point communs.
Si le langage n’était pas vraiment châtié, les mots avaient le mérite d’ être clairs , quoiqu’énoncés sans doute un peu vite puisqu’elle s’était reprise .
Le " nous" en parlant des brigands n’avait pas échappé à la jeune femme et si elle n’en avait rien laissé paraître elle était bien décidée à surveiller la demoiselle . Sa méfiance était éveillée , elle était à la table de Beths et d’Anséis, ce qui supposait un minimum de connaissance mais jusqu’où allait –elle ?
Une compagne de voyage ? pas depuis bien longtemps certainement, la gamine avait l’air délurée et il ne devait pas lui être difficile d’attirer la sympathie .
Le Carembert n’était certainement pas seul . C’ était plutôt le genre a s’entourer , pas une troupe nombreuse , ça amoindrissait les bénéfices , quoique supprimer les bouches en trop ne devait pas le gêner d’après la nature du personnage révélée par Pol
Tiens ce serait utile de le signaler à d’éventuels complices , lorsqu’ils se retrouveraient face à face , car de cela elle n’en doutait pas . Toujours est –il que l’ancien bras droit de son beau père avait fort bien pu déléguer l’un de ses complices pour la surveillance de la ville . Il devait vouloir être prévenu de son arrivée

La jeune femme décida de passer sous silence ses liens avec la prévôté ainsi que son appartenance à la COBA . Elle s’était vêtue de manière neutre et confortable pour le voyage et la possession d’une épée ne signait pas automatiquement la guerrière
S’installant sur l’une des chaises , à côté de Beths , elle dit simplement

je suis Legowen , marraine de cette Dame
et vous ? nouvelle venue ?


Puis , la jeune fille s'étant présentée , elle reporta son intention sur Valexan . Son collègue de la chancellerie s’était apaisé et avait déposé devant lui un parchemin .

De là où elle était , Leg ne pouvait pas lire les mots écrits mais l’encre et la forme de certaines lettres lui rappelèrent étrangement la missive reçue tantôt , elle se pencha légèrement pour mieux voir et allait demander à Val de le lui passer pour comparer, lorsque les précisions qu’il apporta la firent frémir


Elle m'a été envoyée par un homme que j'ai connu enfant... Il m'y annonce qu'il a enlevé ma sœur, et la libérera contre rançon... Il me demande également de me rendre à Montpensier...

Comme point commun avec elle, on ne pouvait en effet faire mieux et un plus deux faisant trois jusqu’à preuve du contraire , lequel n’avait pas encore été démontré , il ne lui fallu que quelques secondes pour arriver à un axiome certain


Mais alors Valexan était ?...........

non, elle ne pouvait y croire….. mais …..l’espoir était là

Elle le regarda se lever et se diriger vers elle , une complainte sur les lèvres qu’il ne chantait que pour elle et dont les paroles la ramenèrent 20 ans en arrière . Elle se souvint de ce jour où son frère était venu la trouver un soir dans sa chambre pour lui montrer l’ébauche de cette chanson qui devait être leur hymne de ralliement , la confrérie des tueurs de mouches
Elle ne se rappelait pas de tous les mots ,mais le refrain qu’elle reprenait à chaque fois en cœur avec son ainé lui revint

Et en même temps que lui elle murmura


Confrérie des tueurs de mouches !
On est les plus grands, on est les plus forts !!
Confrérie des tueurs de mouches !
A ces bestioles on réserve un mauvais sort !!!

A l’attaque…


Valexan, Val ou Valinor comme elle s’amusait à l’appeler quand il devenait grand sénéchal , elle plongea son regard dans le sien, retrouvant cette lueur de son enfance
Comment avait –elle pu ne pas la reconnaître plutôt ? bien sur , ils ne faisaient que se croiser à la chancellerie , ne travaillant pas dans les mêmes bureaux mais quand même
Son frère , son petit , enfin, grand frère , elle ne pouvait croire à ce bonheur , se pourrait –il qu’un acte vil puisse aussi déboucher sur un tel évènement, cette joie de retrouver enfin son double, son complice de l'enfance , son frère ?

Celui qu’elle n’espérait plus retrouver , était devant elle , alors elle se leva , gris étincelant de joie


Val , c’est bien toi ? dis moi que ce n’est pas un rêve

Des images lui revinrent en foule , celles de deux enfants prenant la vie à pleine mains , celle d’une fratrie et l’un des liens se reforma

Tu as grandi ........tu es même devenu un bel homme ^^

et se souvenant du tableau de leur père , qu'elle admirait , souvent posée devant et imaginant qu'il en descendait pour les rejoindre

tu lui ressembles

Alors elle l’enserra dans ses bras , pensant avec un certain humour , que si Nata ou Guy arrivaient à cet instant , ils pourraient être pour le moins surpris


Qui est Carembert ?

Les mots eurent le don de la crisper et elle sut qu’il en était de même pour Val

Carembert ……………….elle murmura d’un ton qui promettait mille tourments à celui qui osait faire du mal à leur petite sœur


Ce ne sont pas les mouches que nous chasserons cette fois et écraserons , c’est lui, dis moi que nous le trouverons et que nous l’aurons , dis moi que Théalis sera saine et sauve

Regard plongé dans celui de son frère, comme au temps de l'enfance , lorsqu'ils avaient fait bloc un certain soir . Cela leur avait valu une cruelle séparation . Cette fois, ce serait la revanche , la réussite, la réunion de leur fratrie et elle ferait tout pour qu'il en soit ainsi , ils feraient tout

Elle laissa Val répondre à Anséis , il devait avoir de l’ ancien homme de mains de leur beau père des souvenirs beaucoup plus précis qu’elle


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Guy_kdr
Leur petite troupe formée à Moulins était arrivée en vue des remparts de Montpensier. Une fois passées les portes, ils s'étaient séparés sur suggestion de Leg et c'est assez naturellement que Guy avait écopé de la garnison...

Et alors là, évidemment, à peine était-il arrivé, marchant tranquillement en direction du bureau du Sergent chef, qu'on avait sonné le rassemblement en place d'armes, qu'on lui demandait de passer les soldats en revue pour bien lui montrer que la garnison était tenue nickel, et tout le tintouin.
Ca avait duré des plombes, mais le constat n'en était pas moins satisfaisant au demeurant.
Malgré le caractère pressé de sa visite, il n'en demeurait pas moins primordial d'être à l'écoute des hommes et de montrer un intérêt (justifié) envers les efforts qu'ils déployaient.

Une fois cela fait, il avait fait quelques pas aux côtés du Sergent chef Solenoide alors que la plupart des soldats se dispersaient et retournaient vaquer à leurs occupations.

Le chef de garnison n'avait pas eu d'écho concernant un quelconque enlèvement, et ne connaissait pas de jeune femme répondant au nom de Tealhis. Rien.

Le Soleillant s'était donc apprêté à quitter la garnison bredouille, mais la présence d'une jeune recrue à portée d'oreille en avait voulu autrement.
Un gamin tout au plus, visiblement tout juste sorti de l'acadamie, s'était planté devant lui et avait pris la parole d'une voix mal assurée.


Hum. Mes respects Sénéchal !

Repos, soldat.


Le haut gradé lui avait alors lancé un regard bienveillant, aidant par là le soldat à rassembler son courage.

Sénéchal, veuillez m'en excusez mais j'ai entendu...j'ai entendu bien malgré moi hein ! Bien malgré moi...Ce que vous disiez...
Ben...pour sûr que je connais pas d'Tealhis hein ! Mais, j'ai fait ma première patrouille, on est rentré hier !


Le gamin avait bombé le torse, l'air de rien, tout fier d'avoir assuré sa première mission pour le BA. Une lueur d'intérêt plus profond avait alors pointé dans le regard de Guy, bien qu'il ne sût pas précisément où voulait en venir son interlocuteur. Un froncement de sourcils avait donc accompagné sa réponse.

Félicitations soldat. Où voulez-vous en venir?

Heu...Oui merci. Merci Sénéchal, j'veux dire ! Ce que je veux dire en fait c'est que j'ai aperçu deux personnes à cheval qui quittaient la ville. On est rentré de nuit après plusieurs jours de patrouille, on était à 10 minutes des portes à peine j'avoue qu'on a pas été contrôler les identités...
Rien que de très banal vous allez m'dire Sénéchal, mais juste...enfin ils semblaient transporter pas mal de trucs dans leurs fontes, je me rappelle un gros sac ou un truc du genre, à l'arrière d'un des chevals. Enfin des ch'vaux. Pis c'tun endroit où on croise pas grand monde habituellementsi vous voyez... ce que je veux dire...


Le soldat avait prit de l'assurance le temps de quelques phrases, mais là, force était de constater qu'il commençait à se dire que son histoire avait pas grand chose de fondé et qu'il s'était exposé aux foudres d'un membre d'Etat Major sur la maigre base de quelques élucubrations.

C'était malgré tout plus que ce que Guy avait pu glaner jusque là. Il garderait l'info sous le coude au cas où les autres n'aient rien trouvé, sinon il laisserait tomber. Ces deux cavaliers pouvaient être n'importe qui, même en trimballant un gros "sac". Au mieux deux brigands n'ayant rien à voir avec l'affaire.
Le Sénéchal avait quand même pris le temps de noter précisément le chemin et l'emplacement que lui décrivait le soldat avant de prendre le chemin de la taverne, comme prévu.

Nous y voilà donc : le Thiernois pénétra silencieusement dans la taverne, son corps de colosse éclipsant les rayons du soleil tout juste libérés par l'ouverture de la porte.
Aussitôt, il balaya la pièce du regard en commençant par le comptoir.

Ce qu'il vit en premier l'étonna. Au lieu de trouver Arthur et Leg à l'attendre, c'était Arthur seul qui trônait au bar, tout en observant du coin de l'oeil une table autour de laquelle étaient installés....Une table autour de laquelle étaient installés....Euh, 1, 2 !

Une table autour de laquelle Leg et un homme se bécotaient

Alors là, en toute franchise, son coeur manqua un battement, voire trois ou quatre. Il ne regarda même pas qui les accompagnait. Il ne vit même pas Beths, sa veille amie pour qui il aurait donné jusqu'au dernier de ses écus pour la voir sortir de chez les moines. Il ne vit encore moins qu'elle était enceinte, là il aurait péter une durite, mais ce sera pour après .

Le cerveau refusait de traiter l'info, c'était juste impossible.
Pas elle...C'était tout sauf son genre. Ils s'aimaient foutredieu !? Après tout ce qu'ils avaient enduré, son voyage à elle, sa longue maladie à lui, la guerre, les blessures, l'haleine froide de la mort portée par ce loup géant qu'ils avaient abattu...Leur relation n'avait jamais été aussi forte. Il allait même la proposer en mariage (même si personne le savait ). Aurait-elle jeté tout cela par la fenêtre ? S'en était-elle même jouée depuis le début? Guy savait d'expérience qu'on pouvait être déçu par une relation, mais là, c'était impensable, il y devait y avoir une explication. On la forçait ? Non, vraisemblablement.
Et pourtant elle l'enlaçait, elle plongeait ses yeux dans les siens. Il ne pouvait voir son visage à lui d'où il était mais il voyait ses yeux à elle. De l'amour que c'était ! Qu'on ne lui dise pas le contraire. Et les gens autour qui qu'ils soient, laissaient faire tranquillement en les observant ! Elle allait l'embrasser !!!

Inconsciemment, une main se posa sur la garde de Féale, et l'énorme gamberge, comme animée d'une volonté propre, fut mise au clair dans un frottement métallique suffisamment fort pour faire taire illico les quelques clients autour de lui.

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Legowen

Qu’est ce qui l’alerta ? le bruit de l’acier glissant hors du fourreau ? ce son qu’elle reconnut , l’ayant si souvent entendu lorsqu’ils décidaient de s’entrainer dans la grande salle d’arme de Chaptuzat . Soit à deux , soit à trois , elle était alors spectatrice des échanges entre Guy et Haplo ,leur chef des gardes , regardant les épées s’entrechoquer , appréciant les passes et les feintes des deux hommes

Qu’est ce qui l’alerta ? le silence soudain ? balayant les conversations , plombant l’atmosphère dans une attente qui se répandit peu à peu de tables en tables comme ces nuées sombres qui annoncent l’orage

Ou alors un sentiment plus diffus , celui qu’ont deux personnes dont les âmes sont liées , celle de la présence de l’autre ?

Elle se détacha de son frère , gris quittant un instant ces yeux qui lui rappelaient son père pour trouver l’azur . Quelques secondes auparavant , c’est avec un certain humour qu’elle avait pensé que si Guy ou Nat entraient en cet instant , ils seraient pour le moins surpris .
Mais elle fut loin de tout amusement lorsqu’elle vit se refléter dans ce bleu qu’elle aimait toute une gamme de sentiments qui l’atteignirent de plein fouet

D’abord l’incrédulité , comme s’il ne pouvait croire l’image que ses yeux lui renvoyaient , comme un mauvais rêve que l’on balaierait de la main , sauf que là , les images restaient et imprégnait peu à peu le cerveau .

Le doute aussi et cela lui fit mal , avait –il si peu de foi en leur amour , si peu de confiance en elle , n’avait –elle pas montré maintes fois son attachement indissoluble jusqu’ à l’acceptation de la mort il n’y avait pas si longtemps de cela , lorsqu’elle avait volé vers lui et un géant de loup ? ne pouvait –il sentir qu’il y avait une autre explication , qu’il devait avoir une explication toute simple à cette scène qu’il découvrait

L’avait –il jugée et reconnue coupable sans autre forme de procès ? faisait-il si peu de cas de ses sentiments à elle ? faisait –il aussi si peu de cas de l’amitié, croyait-il que leurs amis, que Beths la laisserait ainsi enlacer un étranger sans avoir au moins un air catastrophé au lieu de ce sourire qui naissait sur ses lèvres ?

Et la colère qu’elle voyait , qu’elle sentait en lui, lui faisant mettre au clair Féale , contre qui ? elle ou cet homme qu’elle tenait dans ses bras l’instant auparavant et qu’il devait considérer comme un rival , ou pourquoi pas , les deux ?

jugée , coupable , et application de la sentence ?

Mais ce qui dominait par-dessus tout , qui la fit frémir et excuser tout doute et jugement fut cette souffrance qu’elle lut dans l’ azur qui ne lui avait jamais paru aussi pâle , comme si , pour lui, tout s’écroulait en cet instant et c’était sans doute le cas, comme si cette fée de cristal qu’elle portait au cou, lui échappait et se brisait en mille morceaux , cascade de glace se fracassant sur le sol de la taverne en écho à un coeur qui en faisait de même

Elle s’imagina dans pareil cas , le découvrant dans les bras d’une autre . Le simple fait d’y penser tordit chaque fibre de son être et rater un battement . Elle se souvint de ce courrier qu’elle lui avait envoyé , il y a longtemps , avant sa maladie , lorsqu’elle lui avait écrit que si c’était ce qu’il décidait, pour son bonheur à lui , elle s’effacerait devant un retour malgré la déchirure qu’elle avait ressenti en écrivant ces lignes
Aujourd’hui, ce serait tout bonnement impossible, ce serait sa mort même si elle continuerait d'exister .
Elle s’imagina en pareil cas et force fut de reconnaître que son premier réflexe serait de marcher sur le couple et de les séparer sans aucune douceur , y mettant même dans la violence et la rage de son geste, tout le chagrin et les désillusions ressentis , il se pourrait même qu’une gifle retentissante explose envoyant sans aucun ménagement bouler l’ un des deux , lequel ? pas vraiment de précision , ce serait à l’instinct ..........

Elle vit l’acier , la lame qui miroitait doucement sous la lueur des bougies et des rayons de soleil filtrant à travers les fenêtres , adoucissant ainsi la promesse de mort qu’elle portait en elle

Elle se détacha de Val et alla au devant , ne quittant pas l’azur des yeux , lui livrant son âme , cet amour qu’elle ressentait pour lui mais aussi ce reproche informulé qui malgré tout persistait ,proche de faire céder d’anciennes cicatrices . Alors , elle mit sa main sur l’acier qui lui parut aussi froid que ce jour où elle avait cru le perdre, doucement le baissa , s’approcha encore , à le toucher , et murmura



Cela ne te sera pas utile, ne doute jamais de mon amour pour toi

Mettant sa dextre dans la sienne , enlaçant ses doigts aux siens qu’elle sentait encore rétifs , elle pivota et le conduisant proche de la table ,dit simplement en désignant Valexan qu’il avait déjà rencontré en chambre des nobles , qu'il reconnaissait, elle le sentit à sa brève crispation

Je te présente mon frère

Pas la peine d’en dire plus, il savait depuis peu le drame de son enfance et les explications de leurs retrouvailles viendraient ensuite , elle sentit alors ses doigts se détendre et pressa légèrement sa main


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Beths
Passé le premier moment de frayeur lorsqu’elle avait sentie cette lame contre son cou, passé le premier moment de fureur intense entrainant alors une réponse violente imagée et accompagnée d’un acte quant à l’auteur initial de son émoi, passé le premier moment de gène quant à la réponse qu’il lui faudrait faire à sa marraine … elle tomba de Charybde en Scylla sur le déroulement des événements.

Bref, elle se tenait là, hésitante entre s’asseoir, rester debout, rester tout court, car l’imbroglio de cette affaire qu’elle sentait poindre doucement ne lui disait rien de bon. Rien de bon quant à la colère de Marty lorsqu’il constaterait dans quelques heures qu’elle avait oublié de rentrer. Or, elle venait à peine de le retrouver, ils venaient à peine de se réconcilier, et il venait à peine d’apprendre sa paternité toute proche … Le jeu en valait-il la chandelle ?
Ce fut bien la question qu’elle se posa intérieurement alors qu’elle écoutait d’une vague oreille le Vicomte se confondre en excuses, tout en trouvant les mots inappropriés d’un homme constatant son erreur … et se perdre dans un méandre d’explication quant à son physique. Patience n’était jamais tombée dans son berceau lorsqu’elle fut enfant, et Beths sentit que l’agacement allait vite prendre le dessus. Quoi, elle était bien enceinte, et oui son ventre était proéminent, enfin elle le voyait bien comme tel car elle ne voyait que lui, et n’était que preuve évidente que sous peu, elle aura la joie d’être bercée par des hurlements enfantins. Mais qu’un Noble, Vicomte par-dessus le marché, osa s’en prendre à femme enceinte dépassait son entendement. S’il avait été brigand ou vil malfrat, elle aurait compris, mais là …
A cet instant elle jeta un regard qui en disait long vers sa marraine … un regard de femme, certaine que cette dernière comprendrait son état.

Et là l’insolite survint … le Vicomte, sous les regards intrigués et incrédules de leur petit groupe, mais aussi sous le regard moqueur de ceux présents dans la taverne qui était à hauteur auditive … le Vicomte de mit à chanter.
La Gondole allait lâcher un quolibet fort d’à propos lorsqu’elle remarqua les yeux de sa marraine. Elle semblait anormalement suffoquer, il lui semblait qu’une joie, une crainte, un bonheur sans nom venait de se révéler à elle. Et étrangement, comme un miroir, les yeux du Vicomte. N’osant interrompre quelque chose qu’elle ne comprenait pas, et alors qu’Anseis attrapait la missive dont Valexan avait précédemment parlé, Beths étudia la salle.

Ses yeux n’eurent guère le temps de faire de tour du bauge, elle n’eut même pas le loisir et le plaisir de constater qu’Arthur Dayne avait discrètement rejoint le comptoir du tenancier car, ce fut à cet instant qu’elle eu la surprise de découvrir Guy entrer dans l’établissement. Un discret sourire naquit sur ses lèvres, ravie de revoir cet ami qu’elle avait également perdu de vu du fait de sa retraite. Elle allait exprimer un geste ou bien une parole lorsque la raideur du thiernois la surprit … que …
Et puis un regard sur Leg … dans les bras de Valexan … et en cet instant elle comprit qu’un orage se préparait. Amour, confiance, jalousie, tout était un seul et même sentiment parfois. Pourquoi les sentiments humains étaient ils si complexe parfois.

Mais le sixième sens de sa marraine l’avait averti du nouvel arrivant et s’était tendrement dirigée vers lui. Si Beths avait été de nature odieuse, elle aurait presque regretté que sans le savoir Guy eu vengé son honneur en posant à son tour lame contre le cou du Vicomte ... mais Beths, naïve, gentillette et un tantinet idiote, n'y songea même pas.

Considérant qu'une potentielle querelle entre amants ne pouvaient être réglée que par eux, elle allait alors questionner Anseis sur l’objet de la plaisanterie qu’il avait eu en lançant un nom pour le moins … étrange, lorsqu’une nouvelle fois son intention première fut tuée dans l’œuf sous une déclamation de Leg


Je te présente mon frère


Quoi ?!


Cette fois, elle avait réussi à en placer une … et l’incompréhension totale la gagnait. La promise d’Anseis qui était enlevée, sa marraine qui se trouvait à Montpensier, l’époux de Nata qui la menaçait, une jeune femme qu’elle ne connaissait pas qui venait trouver Anseis pour d’obscures raisons, Guy qui arrivait et semblait vouloir charger tel un animal enragé, et pour finir une découverte familiale.
Il y avait de quoi être perdue … ou dans le cas de Beths, réagir.

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--Carembert


Dans la mine


Je ne sais pas qui est cette Montbazon-navailles, mais mon nom est Elais, fille du moine nommé Argus, sachez-le... Vous pouvez m'arracher les yeux, ou tout autre partie qu'il vous plaira, peu m'importe... mais pensez bien que jamais je ne vous laisserais me prendre cette chaîne avec facilité, moi vivante.


Sourire qui se fait plus large sur le visage de Carembert, le plaisir de la torture, plus mentale que physique en cet instant, fait remonter dans son échine un frisson des plus agréable. Déjà, il s'apprête à tendre la main pour lui arracher son précieux bijoux lorsqu'il sent la présence de sa douce derrière lui. Il se lève, se retourne pour lui faire face, et se laisse emmener à part par sa tigresse. Quelques mots murmurer, un geste équivoque de sa part pour le cas ou il égarerait à nouveau son regard sur le corps de la prisonnière, un long baiser passionné en signe de pardon, et il laisse Nemesys "convaincre" leur proie de leur donner son médaillon.

La conversation entre les deux femmes est amusante, il reconnaît bien la le sens de la persuasion de sa maîtresse, son sens de l'a propos. Et il devine sans peine combien elle aimerait un refus de la part de Thealis, pour pouvoir à souhait user d'autres moyens pour la persuader. Cependant, cela s'avère inutile, puisque d'une main la prisonnière arrache son médaillon et le lance sur le sol. Carembert se rapproche du couple d'"amies", ramasse le médaillon, et pose la main sur l'épaule d'une Nemesys qui a saisit par la gorge son interlocutrice.


Tout doux ma belle, un peu de patience, tu pourras t'amuser plus longuement avec elle lorsque nous aurons récupéré l'argent. En attendant, pas touche. Le moment est venu d'aller trouver la famille de cette demoiselle pour leur expliciter les modalités de payement. Je ne devrais pas en avoir pour longtemps. Je te laisse la garde de notre invitée, mon ange. Laquelle va être très sage, j'en suis persuadé. N'est-ce pas, Thealis?

Il tourne son regard vers la jeune femme, lit dans ses yeux toute sa rage contre eux

Arf! J’oubliais combien il est difficile pour des femmes à cohabiter sans se crêper le chignon! C'est fou cela! Mettez deux hommes ensemble, et au bout de 5 minutes ils trinqueront ensemble. Mettez deux femmes ensemble, et au bout de 5 minutes elles s'entredéchireront... C'est terrible! Bon, vous m'excuserez par avance, mais je me dois de prendre quelques précautions pour ne point avoir une mauvaise surprise à mon retour... Je suis certain que vous le comprendrez sans peine... c'est pour votre bien!


A peine a-t-il prononcé ses paroles que son bras se détend brutalement, frappant de son poing la pointe du menton de la jeune femme qui tombe inanimée sur le sol. Se retournant vers Nemesys, il pose ses mains sur ses hanches et la tire à lui


Ma belle, n'oublie pas, pas de bêtises....

Un dernier baiser farouche avant qu'il ne sépare son corps du sien et prenne la direction de la sortie de la mine. Il retrouve sans peine sa monture, grimpe lestement dessus et la lance en direction du village...


Au village

Quelques piécettes suffisent pour savoir que le frère est la sœur sont en ville et se trouve à l'auberge. Et comme il s'y attendait, ils ne sont visiblement pas venus seuls. Qu'à cela ne tienne, il est facile de contrecarrer l'avantage du nombre, en particulier quand ces personnes sont des gens honnêtes, bien, et avec des principes. Il en est tout autre avec des scélérats en qui on ne peut avoir confiance ; mais là, ce sont des gens de la haute, lié par le "vivre noblement". Cela en sera presque trop facile...

Un petit tour dans la partie pauvre du village, une petite vagabonde d'à peine une dizaine d'année repérée, une promesse d'un bon dîné et le Carembert se dirige vers l'auberge en tenant par la main l'enfant. Petit regard par la fenêtre, avant de relever le col de son mantel pour masquer en parti son visage et de pousser discrètement la porte, direction, une table non loin de celle où se trouve le groupe imposant entourant la fratrie.

Là, il peut à loisir les observer, assistant amusé à l'étreinte du frère et de la sœur, puis à l'arrivée de celui qui semble être le compagnon de la femme. Et puis, une phrase prononcée, qui rend l'occasion beaucoup trop belle pour la laisser passer, occasion d'une entrée théâtrale comme il les aime, le Carembert. Il se lève brusquement, tirant par le bras la gamine, et ayant vérifié que personne ne pourrait le prendre à revers dit


Carembert? C’est moi messieurs dames, pour vous servir!!

Alors que les regards se tournent vers lui, il tire son poignard qu'il place contre le cou de la petite vagabonde

hep hep hep!! Du calme, du calme! Je vous conseille de rester tranquille et de laisser vos armes se reposer, sinon je crains que cette pauvre enfant pâtisse de votre empressement. et pour ceux qui douteraient de ma détermination et du filet de ma lame....

Maintenant l'enfant contre lui, il amène d'un geste brusque la lame de son arme sur sa joue, entamant la chair sans hésiter


... voilà qui devrait vous rassurer...
Satyne
Toujours dans la taverne

Tous s’assirent serrant leurs chaises, coudes posés sur la table, esprit tendu vers les explications qui fuseraient dans quelques minutes. Satyne observait en biais son voisin de table, c’est qu’avec le coup de sang qu’il venait de leurs faire fallait se méfier du bougre et de ses sautes d’humeur ! La disparition d’un être cher valait-elle vraiment ce genre de réaction ? La jeune femme haussa les épaules pour elle-même : le seul être cher qu’elle avait eu avait filé les routes crevant bouche ouverte dans un large fossé de campagne quelques mois plus tard. Ca lui avait bouffé le cœur à la gamine, et elle avait juré par tous les Grands Dieux qu’on ne l’y reprendrait plus à s’enticher de la sorte. Même d’un quelconque ami… Même s’il avait toujours été là pour elle… Même si cet autre, cette moitié d’elle, avait été le plus grand bonheur de sa vie… Elle baissa les yeux et passa une main rapide dans ses cheveux, battant des cils prestement pour chasser la sensation de picotement qui en émanait.

La conversation reprit son cours. Des détails, des faits, des histoires, puis… une chanson ? Satyne leva le nez des boutons du gilet du nobliau (qu’elle reluquait depuis cinq bonnes minutes se demandant avec sérieux si c’était bien de l’argent qui brillait ainsi ou un fer de mauvaise facture) et regarda interloquée la femme à l’autre bout de la table qui y répondait. Est-ce l’hymne du coin ? Le regard rivé sur Anseis, prête à imiter son sauveur dans toutes les situations délicates qu’elle rencontrait, elle s’aperçut qu’il était aussi surpris qu’elle. Fichtre, ils avaient quoi à taper la chansonnette les deux zigotos ?


Beaucoup d'hommes rêvent d'avoir
Notre courage, notre force, notre savoir
Valexan, Legowen,
Héros de l'avenir
Personne ne pourra égaler
notre vaillance, notre témérité
Valexan, Legowen,
Reste dans le souvenir
Symbole de paix
Justice et liberté
Valexan, Legowen,
Défenseur de la Terre


C’est que c’était entraînant cette petite comptine ! Avant même qu’elle ne s’en rende compte elle tapait du pied et dodelinait de la tête sur l’air de la musique. Et tandis que les deux jeunes gens s’emblaient se redécouvrir après plusieurs années d’absence, Satyne continuait la balade en chantant des paroles sans queue ni tête.

Beaucoup de brigands rêvent d'avoir des chaussettes,
De l'argent, des coussins et une belle couette
Satyne Belle Croquette
Héroïne qui fait des boulettes
...


Elle fut couper net dans son élan par un blondin l'épée au clair. C'était fichtrement bien ce coin de pays dis donc! Ils se trimballaient tous l'arme au poing aussi bien gueux que noble, prêts à coller des poires aux uns et aux autres pour des histoires de câlineries, de famille,... pour des histoires ! Legowen finit par calmer pour la seconde fois le trublion. C'est qu'elle commençait à en imposer à Satyne qui voyait en elle une sorte de maître. Epatée la gamine lorgnée le couple et le soit-disant frère de cette dernière avec une pointe de jalousie.
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Satyne, rien que Satyne,
Mais bien plus : c'est inévitable...
Valexan
Dans la taverne


Le temps, ce temps pourtant insaisissable, qui glisse entre les doigts, qu'on ne peut retenir, semble pourtant s'être arrêté en cet instant ou Legowen murmure en même temps que lui le refrain de la chanson... Leur chanson... Les yeux mouillés par les larmes qu'il ne peut retenir, il la regarde se lever, lui faire face...Il a l'impression d'être dans un rêve, un rêve merveilleux, un de ces rêve qu'il a si souvent fait, où tout deux étaient enfin réunis... Pourtant, ce n'est pas un rêve, les paroles que la jeune femme prononce en sont la preuve

Val , c’est bien toi ? dis moi que ce n’est pas un rêve


Il aimerait pouvoir répondre, mais il ne le peut, sa gorge serrée l'empèche de prononcer le moindre mot, tout juste peut-il secouer doucement la tête en signe d'acquiescement...


Tu as grandi ........tu es même devenu un bel homme... tu lui ressembles...


Ces paroles, qui font clairement référence à leur père, il le devine, lui font un peu l'effet d'une libération dans sa tête, il sourit doucement, lève doucement sa main jusqu'à caresser sa joue, murmure du même ton espiègle qu'il usait lorsqu'ils étaient enfants

Toi aussi tu es pas mal...

Avant d'ajouter, d'une voix emplie de tendresse


non.. c'est faux... tu es merveilleusement belle...


et de la serrer dans ses bras, aussi fortement qu'il le peut, comme s'il avait peur qu'elle disparaisse à nouveau, qu'il la perde à nouveau... Sa sœur.. Sa petite sœur.. Sa Legowen adorée... Tant d'années volées, gâchées, perdues... Tant de choses inachevées... Tant de choses à lui dire, à rattraper... Et puis, la voix de l'homme qui l'a désarmé qui les ramène à la réalité.. Carembert... Cette triste réalité, qui donne à leurs retrouvailles un gout amer...

Ce ne sont pas les mouches que nous chasserons cette fois et écraserons , c’est lui, dis moi que nous le trouverons et que nous l’aurons , dis moi que Théalis sera saine et sauve

Posant son regard dans celui de Legowen, il secoue à nouveau doucement la tête, disant


Oui.. je te le promet... Nous l'aurons.. et plus jamais il ne nous ferra du mal.. plus jamais....

Glissant sa main dans celle de sa sœur, pour garder ce contact trop longtemps perdu, il se tourne vers Anseis pour lui répondre. Se faisant, il ne peut s'empêcher de voir prêt de la porte un homme qui les observe, sabre au clair. Il le reconnait immédiatement comme étant Guy, le fiancé de Legowen. Il ne peut s'empêcher d'afficher un air surpris devant le regard haineux qu'il lui porte, et il lui faut quelques secondes pour retrouver ses esprits et comprendre la raison de ce regard; La méprise est tout à fait compréhensive, Sans doute Natafael aurait-elle eut la même réaction si elle les avait observé, lui et sa sœur.

Fort heureusement, plus prompte que lui, déjà, Legowen s'est rapproché de Guy, et après quelques mots murmurés à son intention revient en sa compagnie. L'explication qu'elle donne se suffit à elle même, Et Valexan opinant de la tête surenchéri


Oui, Messire Guy... Legowen et moi sommes frère et sœur, et...

Carembert? C’est moi messieurs dames, pour vous servir!!


Une voix comme sortie d'outre-tombe... Une voix qui lui glace le sang... Une voix qu'il s'attendait à entendre à nouveau, pourtant, depuis que la lettre lui avait été remise... Il tourne le dos à l'homme qui vient de parler, et pourtant, combien même il n'aurait pas prononcé son nom, Valexan l'aurait reconnu entre mille. Et alors que tous les regards se tournent vers Carembert, Valexan lui reste immobile, ne se donnant même pas la peine de se retourner. Et, alors que le scélérat ajoute

hep hep hep!! Du calme, du calme! Je vous conseille de rester tranquille et de laisser vos armes se reposer, sinon je crains que cette pauvre enfant pâtisse de votre empressement. et pour ceux qui douteraient de ma détermination et du filet de ma lame...

Valexan lui répond, d'une voix calme malgré la tension qui s'est emparée de lui


Bonjour Carembert... Je vois que tu n'as pas changé... Je t'espérais mort depuis de nombreuses années... Mais il faut croire que même la bête sans nom n'a pas voulu de toi...

Enfin, le Montbazon se retourne pour faire face à l'homme; un regard vers la pauvre enfant dont la joue profondément entaillée saigne abondamment, avant d'ajouter

Je vois que tu n'as pas changé tes pratiques.. tu as toujours aimé t'en prendre à plus faible que toi...

Un silence pesant qui s'installe pendant quelques secondes qui semblent interminables, avant qu'il n'ajoute

Où est Thealis?...

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Guy_kdr
L'épée, ayant accédé au titre d'"extension corporelle" du Sénéchal depuis bien longtemps, était sortie d'elle même de son fourreau en écho aux sombres pensées de son propriétaire.

L'instant d'après, comme prévenue à la fois de son arrivée, de son tumulte intérieur et d'une manière rapide et efficace d'y remédier (c'est beau l'amour !), Leg était plantée devant lui. Elle était calme et sereine bien que Guy devina au fond des prunelles grises qu'intérieurement les digues construites au cours de leur relation étaient mises en difficulté par le flot tumultueux d'un doute présent réveillant les fissures laissées par les épreuves passées.
C'est ce regard qui le calma illico, plus que ce qui suivit : sa main abaissant la lame, son visage se rapprochant et sa bouche formulant aussi légèrement que fermement :


Cela ne te sera pas utile, ne doute jamais de mon amour pour toi

Sorti de sa courte pseudo-transe, il faillit éclater de rire et répondre d'un air badin que jamais de la vie il ne pourrait douter d'elle !!! Pfff elle le connaissait quand même non? Leur idylle était à l'épreuve des ball...des flammes.
Ah mais donc c'était çaaaa qu'il venait de ressentir 3 secondes plus tôt, en la voyant dans les bras de l'autre, à se bouffer des yeux ? De la jalousie oui. Du doute aussi ? Probablement, en y repensant. Ca semblait déjà si loin.
Bref vous l'aurez compris, le Sénéchal, habituellement si vif et réactif (comment ça ouais bof ?! ^^), pataugeait dans la semoule. L'apanage de sa fiancée, unique personne à avoir jamais pu le mettre dans ce genre d'état confus. D'ordinaire c'était simplement lié à ce qu'il la trouva belle à se cogner la tête contre les mûrs. Bon, là c'était un cas différent, soit.

Il avança donc docilement vers la table, guidé par la main de Legowen. L'homme s'était tourné vers eux, et Guy le reconnu instantanément. Valexan! Qui l'avait accueilli en chambre des Nobles de façon si avenante. Marié à Nata...Il avait donc trompé sa femme lui aussi? Légère crispation. Ah non, on vient de te dire qu'il fallait pas douter ! Concentré Guy, concentré !


Je te présente mon frère

Quoi ?!
Quoi ?!


Pris de court, il tourna la tête pour voir l'identité de la personne qui, vraisemblablement était aussi paumée que lui dans cette pièce. Un visage féminin. Un visage connu....Un visage...BETHS!!!

Quoi ?!

Mais qu'est-ce qu'elle foutait là elle !!! Sorti du couvent sans le prévenir lui ?? Puis elle avait comme un truc de changé...Un peu plus en chaire peut-être. Regard d'ensemble. En cloque !!??????????

Quoi ?!

Pendant ce temps la voix de Valexan rentrait par une oreille...

Oui, Messire Guy... Legowen et moi sommes frère et sœur, et...

Il allait s'excuser, féliciter les frères et soeurs.
Non, il allait sauter au cou de Beths qui semblait légèrement tirer la tronche.
Non, il allait saluer les autres personnes qu'il n'avait même pas encore regardé, c'était la moindre des politesses avant de se lâcher.
Et non, il allait rien faire de tout ça, car une voix, derrière eux, résonna.


Carembert? C’est moi messieurs dames, pour vous servir!!
hep hep hep!! Du calme, du calme! Je vous conseille de rester tranquille et de laisser vos armes se reposer, sinon je crains que cette pauvre enfant pâtisse de votre empressement. et pour ceux qui douteraient de ma détermination et du filet de ma lame...


Et le gars qu'entaille la joue de la gamine. Non mais ils voulaient le rendre barge là. Sa bouche s'ouvrit pour une troisième édition d'un "quoi ?! " débile, garant de tout sauf d'un intellect supérieur au navet.

QU.....??????????????

Chut, ferme là. Situation de crise.

Cette fois plus question de badiner, le militaire qu'il est retrouve instantanément ses repères, ses pensées se clarifient, son regard s'affute, faisant état de la situation en un (allez, deux max) clin d'oeil.

Leg lui tient toujours la main. Valexan, tourné vers le Carembert, engage la discussion avec ce dernier. Deux autres personnes sont là, qu'il ne connait pas. La petite semble sur la défensive. L'homme, plus calme et posé d'apparence.

Féale est toujours au clair, mais il est dans l'impossibilité de s'en servir immédiatement. Pas tant que l'agresseur est focalisé sur leur groupe, prêt à charcuter l'enfant. Une diversion serait de bon aloi...

Dans un grand effort pour ne pas accompagner sa réflexion d'un détournement du regard, Guy se remémore la présence d'Arthur, seul au comptoir, qui n'a toujours pas bougé. La vile quenouille ne peut l'avoir repéré. Le Moulinois est hors du champ de vision de l'homme.

S'il peut faire mouvement, le colosse de Thiers fondra sur sa proie.
Se refusant à tout regard ou signe extérieur qui dévoilerait l'appartenance d'Arthur à leur groupe, Guy ne peut qu'espérer.

Si seulement...

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Beths
Dans une taverne décidément bien remplie


Apprenant le lien de parenté entre sa marraine et l’homme qui précédemment l’avait menacé, l’étonnement était donc sorti de sa bouche … et un écho identique se mélangea à sa propre voix. Guy exprimait tout autant qu'elle son étonnement.
Ah enfin une autre personne présente dans cette assemblée qui s'étonnait!

Le thiernois surpris d'entendre écho égal au sien, mais d'une sonorité plus aigüe (enfin il fallait l'espérer ... ahem), tourna son visage vers elle et Beths se mit à lui sourire bêtement, heureuse de le revoir après si longtemps. Bon elle devrait juste réfléchir ensuite au fait qu'elle n'aurait jamais du se trouver en taverne à Montpensier, et si elle ne voulait pas qu'ensuite le héraut de son coeur lui tomba dessus, elle devrait peut être préciser à ses amis que discrétion devrait être de mise. Mouais ... elle qui aimait la droiture ... elle était servie. Dans quoi s'était elle fourré au juste ? Apparemment une réunion familiale.

Et pendant que pour une fois ce n'était point elle qui émettait quelques vocalises bien ressenties, ce qui amena un réel sourire amusé sur ses traits, décidément Thiers pourrait sous peu proposer une chorale, car ils arriveraient à se faire entendre des anges, elle allait saluer gentiment le fiancé de sa marraine, son ami, mais soudainement un homme à la mine patibulaire intervint à son tour.

D’un regard Beths jaugea la situation : une gamine qui risquait de perdre la vie et qui venait certainement de gagner une jolie cicatrice pour le reste de son existence, un homme exubérant, fier et sur de lui, empli de haine et de pouvoir.
Sauf qu’il était seul, et qu’elle comptait en dehors d’elle-même, deux membres COBA dont un avait déjà la lame à nue prête à servir, il y avait aussi Anseis possédant des talents certains en termes de défense, et puis cette jeune femme avec eux ne semblait pas non plus née de la dernière pluie, mais se lancerait elle dans un combat, rien n’était moins sur, il restait aussi Valexan, était-il aussi bon combattant qu’il semblait arrogant ? Peut être.
Bref, trois hommes, deux femmes si elle ne se comptait pas, plus potentiellement quelques autres clients de la taverne voyant qu’un homme s’en était pris à une mioche.
Quelles seraient ses chances de fuite ? Aucune … et même s’il arrivait à s’échapper étrangement de la taverne, restaient les portes de la ville avec gardes et douaniers aux alentours.

Et alors que le nommé Carembert fanfaronnait et que Valexan qui curieusement semblait le connaitre se dressait contre lui, en un dialogue qui certainement n’apporterait rien, deux hommes qui s’affrontaient verbalement cherchant parfois, ou non, à faire les beaux.
Mouais … les actes étaient en général plus efficaces, sauf que … et puis son œil découvrit une arme qu’elle pouvait aisément utiliser.

Enceinte elle l’était, mais accessoirement, elle avait été largement entrainée aux maniements des armes, de tout type, grâce à l’aide généreuse de son parrain et de son suzerain qui régulièrement lui cherchait des poisses pour la faire vertement réagir balançant tout ce qui pouvait se trouver à sa portée. Oh combien d’entrainements en joute avait-elle eu ? De nombreux.

Attrapant prestement la chope qui se trouvait juste à côté d’elle sur la table, elle l’envoya en direction du celui qui menaçait une enfant. Son entrainement fit qu’elle fit mouche, l’homme était touché.

Sauf qu’elle avait omis un point, la chope n’était point vide, et en plus de l’homme qui venait de recevoir de plein fouet cette vaisselle fait de lourd verre qui devait donc théoriquement le détourner de toute envie ou de toute réflexion pendant quelques très courtes secondes, en dehors de ce fait, elle arrosa copieusement les personnes qui se trouvaient devant elle : le Vicomte, sa marraine, Guy, sans s’oublier elle-même. Une petite troupe d’avinés.

Elle devrait sûrement s’expliquer de son geste plus tard, néanmoins, au moins une personne avait bondi en direction de l’inconvenant répondant au nom étrange de Carembert.

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Anseis
Anseis retint un soupir, essayant de se remémorer les derniers événements. L’émotion entre Sire Valexan et dame Legowen, l’arrivée du fiancé de cette dernière. L’annonce du lien fraternel et … l’arrivée d’un étrange individu.

L’histoire semblait se répéter ce soir là lorsque le fameux Carembert menaça une pauvre souillon de sa dague. En cet instant, Anseis se demanda s’il allait entendre le brigand pousser la chansonnette puis le voir se mettre à embrasser tout le monde, avant de finalement se réveiller d’un étrange rêve.

Valexan après avoir confirmé qu’il s’agissait bien du triste individu, posa la question qui brulait les lèvres du vagabond :


Où est Téalhis ?

C’est alors qu’Anseis réalisa pleinement la situation. Un homme avide de vengeance qui n’hésitait à menacer sans raison une femme enceinte ne se soucierait surement de la vie d’une enfant des rues. Quant aux autres personnes présentes, militaires ou maréchaux, ils savaient très bien que ce genre de brigand couperait probablement la gorge de l’infortunée une fois parti. Qui plus est, ils pèseraient la vie d’une vagabonde contre les multiples vies que l’homme menacerait dans le futur et n’hésiteraient longtemps à agir. Tout cela risquait de se transformer rapidement en un bain de sang.

Le combat ne lui faisait pas peur mais … que se passerait-il pour Elais ? Carembert, n’avait agi seul. S’il était pris ou pire tué que ferait sa – ou ses – complices ? Avaient-ils ordre de tuer son aimée ? Et si, par miracle, il s’enfuyait sans promesse de gain, ne chercherait-il vengeance ?

Que devrait-il faire alors ? Aider Carembert à s’enfuir prétendant être complice ? Si lui et ses compagnons avaient observé Elais, ils devaient le connaitre aussi. Le laisser s’enfuir pour le suivre ? Oui, cela pouvait être la solution. Anseis savait que lors de l’enlèvement, ils avaient quitté la ville par la porte est, jusqu’à la première croisée. A ce moment ils n’avaient aucune raison de fausser les pistes et avaient du prendre le chemin le plus court. Si aujourd’hui Carembert arrivait à s’enfuir, probablement chercherait-il à perdre tout poursuivant, quittant la ville par les portes nord et bifurquerait-il vers l’est. Anseis pourrait alors l’attendre voir le suivre jusqu’à la cache. Il n’était aussi fort que l’homme mais la discrétion restait son point fort.

Le vagabond s’apprêtait à faire un discret signe à Beths et Satyne lorsque la première lança brusquement une chope en direction du brigand, le touchant à la tête. Seigneur ! Cela arrivait plus vite que prévu ! Dans la confusion qui ensuivit, Il s’élança de sa chaise.

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Arthurdayne
L'étrange scénette que jouèrent Legowen et l'autre homme n'avait toujours pas pris la moindre signification cohérente dans l'esprit d'Arthur quand Guy fit son entrée. Il ne fallut que quelques minutes au visage du colosse pour passer du doute à la jalousie et à la colère. A mesure que les émotions se dessinaient sur les traits de Guy, Arthur comprenait ce qui, dans le tableau qu'offrait la tablée un peu plus loin, pouvait provoquer une telle réaction. Leg dans les bras d'un autre homme, oui, il y avait de quoi entrer dans une rage folle. Mais quand Guy mit l'épée au clair, Arthur mesura les conséquences potentielles d'une telle explosion de colère. Il avait posé la main sur la garde de sa propre épée, prêt à bondir, à s'intercaler entre le sénéchal et l'homme que Leg serrait dans ses bras.

Mais pas besoin... Legowen avait senti la présence de Guy, et en quelques pas et quelques mots, elle l'avait radouci. Arthur reprit discrètement son souffle, détendit ses muscles et relâcha la garde de l'épée. Il ne se manifesta pas pour autant. Il n'avait toujours rien compris à ce qui se passait, là bas, ce que pouvait bien fichent Beths et Anseis dans cette histoire, qui était l'homme et la jeune fille assis avec eux, et surtout quel lien tout ça pouvait avoir avec l'histoire de Legowen. Son amie lui avait demandé d'être là pour organiser une sorte de chausse trappe. Et il était idéalement placé, en retrait, personne n'ayant conscience de sa présence, pour ce genre de stratagème.

Il trempa donc à nouveau ses lèvres dans sa chope, l'oreille traînant toujours vers ce qui se disait là bas. Et manqua de s'étouffer lorsque Leg annonça à Guy que l'homme à l'humeur si chantante était son frère. Cela eut néanmoins l'avantage de détendre instantanément le sénéchal. Et alors que le frère surgi de nulle part confirmait le lien de sang, un nouvel acteur fit son apparition dans le petit théâtre. Un acteur qui, semblait-il, avait une place importante dans la petite tragédie familiale, au vu de la réaction du frère et de la soeur. Un acteur qui se présenta comme étant Carembert et qui, dans la minute, avait la gorge d'une gamine sous la lame de son poignard.

Diable de diable. A croire que les choses n'allaient pas tarder à enfin se décanter, à défaut de s'éclaircir. Analyse de la situation. Personne ne le savait présent, à l'exception de Guy qui avait fugitivement croisé son regard en entrant dans la taverne. D'un coup d'oeil, Arthur nota que Guy faisait comme s'il n'était pas là. Excellent réflexe. Plus sa présence serait inconnue des autres, plus l'atout aurait de valeur. Le fait d'avoir combattu cet énorme loup ensemble semblait avoir tissé entre eux ce genre de lien qui se noue parfois entre deux compagnons d'arme, lorsque l'instinct commun permet de se comprendre sans user de paroles. Un court dialogue s'était installé entre le frère de Leg et ce Carembert. Arthur fit lentement couler son regard sur l'intrus et la gamine qu'il retenait et dont il menaçait de taillader la joue plus profondément encore. D'où sortait-elle, cette gamine? Elle n'était pas dans la taverne quand il était arrivé, il pouvait le jurer. Ce ne pouvait être la soeur dont lui avait parlé Legowen, elle était trop jeune. Alors qui? Tout ça sentait le traquenard...

Pas le temps de tresser plus longtemps le fil de ses pensées, rompu par une chope qui traversa les airs, envoyé comme projectile par une Beths qui n'avait décidément rien perdu de sa vitalité malgré ce ventre décidément plus qu'imposant. Arthur s'était dressé sur ses pieds en même temps que le geste de Beths lui avait indiqué que quelque chose allait se passer. Lorsque la chope atteignit son but et arrosa copieusement de vin rouge le cercle autour de la cible, tous les visages présents dans la taverne s'était tourné vers la petite scène. Arthur avait porté sa main à sa ceinture, doigts sur la garde de sa dague, plus simple à manier dans une taverne que l'épée. Mais il n'avait pas bondi, au contraire d'Anseis et de Guy, sur le dénommé Carembert. Il se laissait quelques secondes de battement, quelques secondes durant lesquelles il pourrait s'assurer qu'aucun complice n'était dans la salle, ni qu'aucun évènement impromptu ne viendrait sauver le preneur d'otage. Parce que ce scélérat avait la vie d'une gamine à la pointe de son poignard. Parce qu'il fallait aussi bien éviter le bain de sang que savoir ce qui allait se passer par la suite. Parce que tuer l'homme ou même le mettre à mal pouvait tout aussi bien signer l'arrêt de mort de la soeur de Leg. Qui pouvait savoir ce qu'il avait laissé comme instruction à ses probables complices?

Les doigts serrés sur la garde de sa dague, Arthur resta donc entre deux mouvements, dans un instant flottant, suspendu, prêt tout à la fois à bondir dans la mêlée ou à se repousser dans l'ombre, comme le ferait sans doute d'autres personnes lambdas présentes dans la taverne. Il attendit de voir comment allait réagir Carembert à ce projectile, de voir si Guy allait lui adresser un signe quelconque, de mesurer, enfin, quelle serait la meilleure des solutions.

Et ces quelques secondes durant lesquelles chacun de ses muscles étaient tendus, où sa respiration était coupée, ou le moindre de ses sens étaient aux aguets lui parurent durer une éternité.

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"Je vivais à l'écart de la place publique
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique."
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