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[RP] La confrèrie des tueurs de mouches

Guy_kdr
Le signal qu'il attendait se présenta plus rapidement que prévu, et pas là où Guy l'attendait. Ce ne fut pas Arthur mais l'inimitable Thiernoise qui passa à l'action.

Soit elle s'était prise d'une irrésistible envie de lancer une compétition de lever de coude (on sait bien que les femmes enceintes, une fois une idée en tête, se préoccupent peu du reste) auquel cas elle rata complètement son coup en lâchant sa chope par mégarde, qui arriva par intercession divine en plein dans la tronche du vilain fromage après s'être vidée sur Guy et ses voisins.

Soit Beths n'avait rien perdu de son adresse malgré une prise de poids et un manque d'exercice certains, ni rien perdu de son sang froid face à une situation dangereuse, se foutait bien d'une coupelle de fraises ou d'un lever de coude toute enceinte qu'elle était, et avait visé parfaitement juste, dans un geste aussi fluide que rapide.
Auquel cas elle avait même peut-être, dans son infinie excellence, fait exprès de l'arroser LUI alors qu'elle aurait pu l'éviter. Hum...A méditer.

Mais là, en l'occurrence, c'était pas le temps de méditer et ça, plus maintenant que les hostilités étaient engagées. Et ça, le corps de Guy l'avait bien compris. La grosse chope de verre épais, après avoir vu sa trajectoire déviée par un front dégarni, n'était pas encore retombée au sol qu'il s'élançait l'épée toujours au poing. Seulement son nouveau copain de droite en avait décidé de même...

Leurs épaules se heurtèrent, déviant leur trajectoire mutuelle. En tout cas celle de Guy en fut toute chamboulée, son poids tout porté en avant qu'il était. Et vu sa carrure à lui, la suite de la narration seulement nous dira ce qu'il advint de la trajectoire d'Anseis, à travers la fenêtre peut-être ^^ Ou pas modifiée pour un sous, allez savoir parfois ce que peut bien avoir une trajectoire en tête.

Bref, le cerveau de Guy n'eut qu'une seconde à peine pour crier un truc du genre "OUUUUuuuuuuuaAAAAAAaaaaaaAAhhhHHHHHhhhh !!!!!" avant que PAF !!! Il ne rentre de plein fouet dans le tandem d'un jour [Gamine-Méchant Fromage]. Heureusement, l'Etat Major de son instinct avait eu le temps de gueuler au groupe de neurones commandant les mouvements de son bras d'épée quelque chose que d'aucuns traduiraient par "PLIE TOI MORTECOUILLE TU VAS EMBROCHER LA PETITE !!!!".
Ce qui fut fait dans les temps, merci les entraînements quotidiens. Faudrait continuer à tuer des loups géants le Dimanche pour garder la forme comme ça, il en parlerait à Arthur et Leg.

Au lieu d'embrocher le tandem, ce qui aurait eu la double conséquence catastrophique d'à la fois faucher une innocente dans la fleur de l'âge et de leur faire perdre la seule piste qu'ils avaient pour retrouver la soeurette, son poings et la garde de Féale s'écrasèrent en plein dans les dents de Carembert qui avait à peine rouvert les yeux depuis l'agression chopine.

Le Sénéchal, quant à lui, roula sur le sol dans la continuation de son mouvement. Lui qui tenait d'ordinaire à faire des sorties bien propres, qui imposaient le respect (il avait quand même une réputation à tenir!), il avait plutôt foiré cette intervention, en tout cas dans les formes...
Quoique, l'avenir le dirait, peut-être que de l'extérieur c'était apparu comme un geste héroïque calculé...

Où en était la trajectoire d'Anseis?
Qu'était devenu la petiote ?
Carembert avait-il une dent cassée ? Plusieurs ?!!
Beths allait-elle commander des fraises, une fois l'affaire pliée?
Valexan allait-il faire carrière dans la chanson?

Autant de questions qui trouveraient (peut-être) réponse dans le prochain épisode. Enfin juste après, là.


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Legowen
où en était la trajectoire d'Anseis? Ça elle ne le savait pas , pas eu encore le temps de la voir , esprit occupé à suivre l’élan de Guy , le saut , pas l’animal ^^
Carembert avait-il une dent cassée ? Plusieurs ?!! elle l’espérait , même qu’il ne puisse plus que manger avec une paille
Beths allait-elle commander des fraises, une fois l'affaire pliée? Vu la saison, elle en doutait un peu
Valexan allait-il faire carrière dans la chanson? A lui de trouver sa voie , humm sa voix aussi d’ailleurs ………..


Qu'était devenu la petiote ? moi m’sieur j’peux le dire


Retrouvailles d’un frère et d’une sœur , que l’on aurait préféré dans une atmosphère autre que cette situation qui met les nerfs à vif . Dire qu’elle ne les avaient pas maintes et maintes fois imaginées , espérées , serait faux .
Combien de fois avait –elle rêvé ce moment ? Il est dit que souvent les petites filles inventent des histoires de vilaine marâtre , et de prince charmant qui arrive sur son fougueux destrier , pour les délivrer aidé par une fée marraine , style ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants . Pourquoi beaucoup d’enfants d’ailleurs et pas simplement un ou deux ? sujet intéressant à étudier mais en un autre lieu et un autre temps sans doute

Bref, pour elle le prince charmant était son frère , la marâtre son beau père qui était puni comme il se doit et ils se retrouvaient tous au château comme avant , leur petite sœur au milieu d’eux, et puis petit à petit, l’espoir s’était amenuisé jusqu’à ne plus devenir qu’un grain de poussière que l’on chasse d’un geste , et qui tombant et tourbillonnant va se nicher dans ces coins d’ombre où on les oublie
elle n’avait pas oublié , mais ce grain , elle l’avait profondément enfoui comme un rêve inaccessible

Et voilà que son frère chéri était devant elle , la couvant de ce regard complice qu’ils avaient entre eux, que son Prince charmant de Sénéchal avait l’air un peu perdu, on le serait à moins , tout autant d’ailleurs que sa bonne fée marraine ……..non filleule ,si elle en croyait les sons qui sortirent de leurs lèvres dans un bel ensemble qui , en d’autres circonstances l’auraient faite éclater de rire

quoi ??
quoi ??

Mais le soucis de sa petite sœur , l’angoisse de la savoir aux mains de ce Carembert ne la quittait pas , et même, aurait –elle ri que les premiers éclats se seraient coincés dans sa gorge
Et elle allait , elle aussi, se lancer dans les explications qui s’imposaient, sortant déjà le parchemin qu’elle avait elle-même reçu lorsque


Carembert , c’est moi

Elle se demanda comment Valexan trouvait la force d’employer ce ton neutre , de rester si maître de lui . Au son de cette voix , une vague de haine la submergea, elle ne se serait jamais cru capable de l’éprouver avec une telle violence , ce qui lui fit même peur lorsqu’elle y réfléchit , après .
Des images remontèrent en force , sa main se crispa dans celle de Guy , elle prit alors conscience de la chaleur qui enserrait sa paume et cela l’aida à retrouver son calme
Devant cette canaille, ils devaient opposer un front uni, de pas montrer surtout qu’il la touchait si profondément , il ne s’en serait que trop réjoui

Elle le regarda froidement , et sentit la rage de nouveau monter devant la peur dont les yeux de la gamine étaient envahis .De grosses larmes se mêlaient au sang qui suintait des chaires déchirées pas la lame s’écoulant sur les doigts sales qui enserraient le couteau , se perdant dans les plis des haillons
Trop terrifiée pour hurler , deux lacs sombres les appelaient à l’aide et elle allait y répondre . Comment elle ne savait pas ,mais pas question qu'il fasse encore souffrir d'autres gosses , et comme une réponse , la situation de tendue et explosive se décanta d’un coup

Par la faute , non plutôt grâce à une fée filleule qui eut ce réflexe merveilleux d’envoyer une chope à travers la sale trogne de l’ignoble canaille , regard admiratif de la marraine , vous avez vu ma filleule ?

Bon, la chope n’était pas vide, et bien qu’ils n’ aient pas encore commander de vin, ils furent servis en un temps record , c’est beau le service bien fait , même pas besoin de porter le précieux liquide à leur lèvres
Ce qui jaillit aussi , ce fut la chope qui se fracassa sur la tête du Carembert
Ce fut dans un même mouvement le corps de son fiancé se projetant direct sur le malfrat , Féale au clair , une patte tranchée aussi cette fois ? non, mais un autre corps projeté aussi , celui d’Anséis qui avait eu la fâcheuse idée de bondir sur la même cible mais dans le sens opposé , rencontre au sommet qui gagna ? elle faisait confiance à son fiancé

Il y aurait la botte de Nevers dans un avenir lointain, le coup de Jarnac, là c’était le Saut de Guy, faudrait qu’il le fasse breveté ^^ ce saut déjà utilisé contre le loup géant avec l’impact que l’on savait , à force il allait devenir célèbre

Profitant du flou qui résulta de ces différents réflexes , profitant de ce que Carembert avait l’air plus ou moins ramolli , normal , pissant le sang, une belle entaille au front et une bouche en marmelade . Une chope lancée par Beths plus l’impact d’un géant de Sénéchal Féale au clair, , c’était trop dans le même instant , elle bondit elle aussi, arrachant la gamine des main de l’ancien homme de main de son beau père
Elle s’écarta ensuite , aperçut son ami Arthur qui semblait s’assurer que personne ne viendrait défendre l’ignoble , bien. La petite réfugiée contre elle , sa propre épée sortie pour protéger l'enfant , pointant l'arme vers le Carembert , menace d' acier dont elle savait fort bien se servir , elle lui darda un regard glacial


C’est pas drôle hein, va falloir que tu défendes ta peau comme un grand , alors on t’a posé une question, où est Théalis et qui me prouve que tu la retiens ?


_________________
--Carembert1


Prévisible. C'est le terme qui caractérisait sans doute le mieux pour Carembert les gens de la noblesse et de la Bourgeoisie dans l'ensemble du royaume. Prévisibles, et en plus rempli de cette horreur que l'on appelle la droiture, ou encore l'honneur. Ridicule cette droiture qui fait que ces gens se retiennent de tuer. Ridicule cette droiture qui fait que ces gens refusent de torturer, d'abandonner un homme, une femme pour la survit du plus grand nombre. Il faut parfois faire des sacrifices dans la vie, bon sang! Savoir ne pas s'encombrer de choses ou de personnes inutiles! Ce n'était pas un hasard si la nature, dans sa grande intelligence, affaiblissait les vieux, les souffrants : c'était simplement pour les vouer au sacrifice et permettre aux autres de l'espèce de survivre. En même temps, cette faiblesse chez ces gens lui donnait l'assurance, au Carembert, que cela les mènerait à leur perte. Bon, pas trop vite quand même, histoire qu'il puisse se remplir les poches avant.

Prévisibles... il se doutait, le brigand, qu'en allant défier ainsi le frère et la soeur il devrait payer de sa personne. Mais, qu'est-ce que quelques cicatrices ou dents cassées en comparaison de la fortune?? Rien. La seule chose qu'il ignorait, c'est la façon dont ils s'y prendraient pour le capturer. A priori, il pensait plus à quelqu'un l'assommant par derrière qu'au vol plané d'une choppe à travers la salle. Et s'il n'avait pas été groggy, il lui aurait plu d'applaudir la grosse dame qui avait été à l'initiative de ce lancé.

La suite, plus classique. Un nobliau qui se jette sur lui les poings en avant, une dent qui saute de sa mâchoire, le goût du sang dans la bouche... rien que de bien banal. Et puis, une chute sur le sol, entraîné par le poids du bonhomme. Lourd ce gars. Il doit bien aimer la charcutaille. Rien que de plus banal. Sauf peut-être cette douleur vive qu'il ressent soudain aux tréfonds de son poitrail...

Une, deux, trois mains l'immobilisent rapidement, et il voit bientôt une Legowen au regard mauvais s'avancer vers lui et lui parler :


C’est pas drôle hein, va falloir que tu défendes ta peau comme un grand , alors on t’a posé une question, où est Théalis et qui me prouve que tu la retiens ?

Petit crachat ensanglanté sur le sol, histoire de chasser de sa bouche le goût désagréable du sang, et il peut répondre

La défendre? Pourquoi tu veux que je la défende, ma grande? Que veux-tu qu'il m'arrive? Tiens, fouille dans ma poche tu trouveras la chaîne de ta petite sœur... Je suis sure qu'avec cela toi et tes amis vous montrerez...

Il ne peut terminer sa phrase, une terrible quinte de toux le prenant subitement, accompagnée d'une douleur encore plus vive que la précédente à la poitrine. Et puis, ce sang qui remplit à nouveau sa bouche, en un flot qui semble ininterrompu à présent... Surprit, il regarde la Montbazon de façon incrédule, tente de se redresser malgré les mains qui le maintiennent... Il ressent une étrange sensation, il a l'impression que ces forces s'amenuisent à chaque seconde, il commence à avoir froid.. Et cette douleur, qui persiste, qui enfle.. Et ce sang qui s'échappe de ses lèvres... Il ouvre la bouche, pour essayer de parler, mais il n'y parvient pas, il n'y parvient plus, sa gorge envahit de sang ne laisse s'échapper qu'un gargouillis indéfinissable, avant que brusquement son corps tout entier se tende, comme si tous ses muscles s'étaient mis en mouvement dans un seul élan. Et puis, son corps devient soudain mou, sa tête retombe en arrière, heurtant la plancher dans un bruit mat, ne laissant entre les mains des personnes qui le maintienne qu'un corps sans vie...
--Nemesys1


Dans la mine


Sa moitié partie Némésys passe le temps avec ce qu’elle a sous la main tout en se retenant de s’amuser avec sa victime du jour. « Non il ne faut pas l’abîmer » se dit-elle en la regardant de temps en temps du coin de l’œil. Assise le dos le long de la roche dure et froide elle attend le retour de son homme qui se fait attendre. Elle a maintenant aiguisé toutes ses armes, cirer tous ses cuirs même fait une courte sieste et toujours pas de retour.

Elle ne saurait dire depuis combien de temps il est partit maintenant, une heure, deux ? Allez savoir au fond de cette mine le temps perd toute sa valeur. C’est parfait pour faire perdre la tête à sa proie mais parfaitement agaçant pour elle qui attend avec la plus grande impatience le retour de son homme. Pour s’occuper un peu elle se prépare un petit encas fait de viande froide, de pain et d’un bout de fromage. Au moment ou elle termine sa pomme elle décide qu’il est temps d’aller voir se qui se passe en ville. Le mauvais pressentiment qu’elle a depuis un moment ne fait que grandir et ce n’est pas d’attendre à rien faire qui va le calmer.

Un coup d’œil à cette femme, elle doit la laisser là et si elle en crève et bien tant pis, après tout elle se moque bien de son sort à celle là, tout ce qui lui importe c’est son homme, sa moitié sans laquelle le monde ne vaudrait plus rien, pas même la plus grande fortune possible. Sans un mot elle lui balance tout de même une gourde d’eau et un quignon de pain puis elle prend le chemin qui mène à la lumière du jour. Faible lumière qui la fait tout de même râler après avoir passer autant de temps dans un endroit si peu éclairé.

Juste le temps de se repérer puis elle prend la route du village, la même qu’il a du emprunter peu de temps avant. Némésys ne prend pas sa monture, pas assez discret pour passer inaperçu, elle préfère de loin avoir l’air d’une gueuse parmi les villageois….
--Elais


[Mine quand tu nous tiens...]

Un soupir... Un long soupir de dépit résonna contre les parois de la mine. C'est que les réveils douloureux étaient presque devenus coutumiers pour notre jeune damoiselle. Pas de cris, pas de larmes, même pas une pointe de rancœur, juste un soupir qui prouvait combien, progressivement, elle s'était habituée à sa situation. A force, tout devenait supportable. Toutefois, concernant la douleur physique, c'était un peu plus délicat.

Un rictus plus qu'un sourire sur les lèvres, elle leva le bras et frotta doucement l'ecchymose sur son menton. Le Carembert avait décidément la main leste et puissante, un seul coup et il l'avait littéralement balayée. Elle avait juste eu le temps d'afficher un regard surpris face au choc, et sa vision s'était transformée en un kaléidoscope de couleurs avant qu'il ne fasse place au néant. Maintenant la vague de souffrance qui traversait sa mâchoire lui faisait horriblement mal, mais elle se rassura qu'avec le temps, cela ne deviendrait plus qu'une formalité de plus. Et elle avait été à bonne école pour le savoir... Entre son cœur ou son âme qu'elle torturait de mille façons parce que son esprit trop alambiqué refusait, depuis toujours, que les choses fussent aussi simples qu'elles paraissaient, et son corps maintes fois malmené par le passé par des maîtres façonneurs trop exigeants, la petite en avait tiré assez d'enseignements pour s'imaginer que devenir le défouloir de brigands en mal de reconnaissance n'était plus qu'une question d'endurance...

Enfin bon, l'avantage, était qu'à présent elle se sentait reposée. Cette petite sieste, même forcée, si l'on omettait sa tête et son visage, avait eu un effet presque bénéfique.

Sereine dans ses pensées, elle se redressa pour prendre une position assise avant de parcourir la mine du regard à la recherche de ses ravisseurs. Elle fut étonnée de ne déceler aucun bruit, mais surtout de trouver les lieux déserts. Etaient-ils endormis dans un coin ou tout simplement partis ? Elle tenta un appel afin de s'en assurer.


Eho... ééééhooooo...


Pas un seul mouvement qui laissait présager d'une présence quelconque. Elle se pencha un peu plus, le visage tourné vers l'arc sombre et recommença, accentuant le son de sa voix.


EHOOOO... EHO ?


Un écho puis un nouveau silence s'installa en guise de réponse. S'adossant de nouveau à la paroi, elle se mit à chantonner doucement tout en scrutant les environs, pensive. Elle était donc seule. Pour combien de temps... ça c'était une autre histoire, mais en attendant, elle se devait de trouver une solution pour se sortir de là. Elle fit donc l'inventaire de ce qui se trouvait dans la salle : Une gourde, une petite écuelle, un morceau de pain, une paillasse et... une table. Elle songea avec contrariété que tout cela ne risquait pas de la mener très loin jusqu'à ce que ses yeux se posent sur la besace posée sur la table. Sa besace ! Certes, à d'autres, elle n'aurait probablement été d'aucun secours, car elle ne comptait guère qu'une flûte, un caillou, une fleur séchée et quelques parchemins à l'intérieur, mais pour la jeune femme, cela avait plus de valeur que sa propre vie. De plus, quitte à attendre le bon samaritain ou le méchant malandrin, autant qu'elle se trouve une occupation, et sa besace était pourvue de tout ce qu'il lui fallait.

Se relevant, elle se campa difficilement sur ses deux pieds et songea discrètement que la terre était horriblement basse avant de fixer son regard sur sa besace. Elle avança précautionneusement, obligeant la chaine à se tendre de plus en plus jusqu'à ce qu'elle atteigne son maximum, puis étira son bras vers la sacoche pour la toucher... en vain. Décidée à l'attraper, elle étouffa la déception qui s'immisçait lentement et répéta le manège plusieurs fois, s'entêtant malgré le désespoir et la fatigue qui commençait à avoir raison d'elle.

Quelques tentatives plus tard, la vue embrouillée par des larmes de colère et d'impuissance, elle tirait encore de toutes ses forces sur sa jambe entravée, négligeant la vive douleur qu'elle lui infligeait, quand un bruissement vint détourner son attention. L'effort relâché, elle jeta un œil attentif derrière elle et constata qu'un fin amas de poussière mélangée à quelques pierrailles s'était formé sur sa couche. Elle comprit alors en un éclair que la roche qui maintenait sa chaine commençait à s'effriter sous la pression. Une idée germant en tête, elle s'en approcha et passa méticuleusement son index sur la pierre qui laissa échapper quelques grains de poussière... Enfin ! Un sourire vint éclairer son visage alors que sa main chassait le nuage embué dans ses yeux : Elle venait de trouver sa porte de sortie.

Inspectant de nouveau la mine, elle détailla les pierres qui s'y trouvaient jusqu'à que l'une d'entre elles, d'une taille moyenne, sembla convenir. De ses deux mains, elle attrapa cette dernière et sans attendre commença à taper sur le fer enserré dans la roche. A gauche, à droite, en haut, en bas, elle reproduisit les coups encore et encore... encore et encore...



[Une éternité plus tard, du moins une éternité pour elle]

Longtemps plus tard, le trou dans la roche s'était agrandit et libérait doucement le fer. Les mains écorchées par les mêmes gestes répétés, elle lâcha enfin la pierre et tira de toutes ses forces sur le fer qui céda aussitôt, l'éjectant en arrière. Le fessier à terre, elle regarda son entrave, à présent entre ses mains, avant de se mettre à rire nerveusement et murmurer...

J'ai fini par t'avoir...

Malgré cette satisfaction immense, tout n'était encore joué. Ses ravisseurs pouvaient revenir à tout moment et tout cela n'aurait servi à rien. Se levant prestement, elle resserra la chaine entre ses doigts pour ne pas que son pied, encore attaché à cette dernière, ne vienne à trébucher dessus puis alla récupérer sa besace avant de d'attraper la torche et s'engouffrer dans le couloir qui la guidait vers la liberté.


[Enfin à l'air libre]

A l'extérieur, elle fut un instant éblouie par la lumière que diffusait la pureté blanche de l’aube. Immobile, paupières closes, elle savoura la douceur sur son visage de la caresse chaude des rayons d'un soleil ambré qui prenait place lentement dans des cieux encore habités par une lune affaiblie, tout en prêtant l'oreille aux chants d'oiseaux célébrant la renaissance du jour. Un chant qui sonna comme une apaisante musique aérienne que le vent orchestrait amoureusement parmi le bruissement des feuilles qui frémissaient sous la rosée matinale. Merveille des merveilles qui avait pour don d'enchanter la jeune femme. Elle inspira profondément, diffusant à ses poumons cet air à la fois mystérieux et insouciant puis s'arracha à cette légèreté pour ouvrir le yeux sur la forêt de Montpensier.

Au moins n'avaient-ils pas eu idée de la mener à l'autre bout du royaume, songea-t-elle accrochant une main à la lanière de sa besace et tenant fermement la chaine de l'autre. Maintenant elle se devait de rejoindre les remparts au plus vite afin d'alerter la maréchaussée, et le plus sécurisant était probablement de passer par les bois. Sans attendre, elle s'élança alors dans une course éperdue parmi les arbres avec l'espoir que ses ravisseurs n'eussent l'idée de passer eux aussi par là. Car, lorsqu'il s'agissait de malchance, s'était-elle qui se trouvait en tête des troupes, et sortir de là vivante n'était pas encore gagné...


***
Anseis
Tout en continuant de se masser l’épaule, le vagabond observait le visage maintenant impassible et immobile du brigand. La bouche encore ouverte dans un rictus alors que le sang qui s’en était échappé l’affublait d’une curieuse barbe brune, il semblait encore plus démoniaque que de son vivant.

Incrédule et silencieux, Anseis revivait en esprit les derniers événements. Cette douleur vive qu’il avait ressentie après s’être élancé: pourtant il n’y avait pas de mur à cet endroit il en était sûr. D’ailleurs, un mur ne l’aurait pas propulsé vers une table pourtant à plusieurs pieds à sa droite.

La suite ? C’est dans un paysage envahi de brume, dans lequel les effluves d’alcool et autres odeurs si caractéristiques des lieux dominaient ses sens, qu’il s’était dirigé vacillant vers le groupe … juste à temps pour voir les lèvres du sinistre individu frémir. Comment pouvait-il mourir ? Lui, le seul lien avec son aimée. Et de nouveau les images des derniers instants revenaient. Si seulement il avait été plus rapide, si seulement…

Une main sur son épaule lui fit relever les yeux. Le géant, source de la douleur physique qui le maintenait dans l’instant, le fixait.


Hum… ça va ? Pas trop de mal ?

Cette demande, aussi anodine soit-elle le ramena définitivement au présent. Se contentant d’un mouvement de tête pour confirmer, il ramena son regard vers le cadavre.

Pense, Anseis, pense… l’homme doit avoir un plan ou quelque chose qui indique d’où il vient.

Fébrilement, il commença à chercher au niveau de la chemise, des braies, un quelconque indice. Son premier geste fut de se saisir de la bourse, aussi crasseuse que l’individu lui-même, qui pendait accrochée à sa ceinture. Seuls quelques deniers tentaient vainement de l’emplir.

Au bout de dix minutes, Anseis soupira. Tous ses efforts s’étaient avérés infructueux. Mis à part la chaîne présentée comme preuve quelques instants auparavant et que le vagabond tenait maintenant fermement en main, ce dernier n'avait rien trouvé d'autre. Ni lettre (cela aurait de toute façon surprenant que ce malandrin sache lire) ni même plan. Qu’avait-il donc espéré ? Une jolie carte bien précise avec un gros « X » indiquant où Elais était détenue. Oui, malheureusement, c’était exactement son espoir.

De frustration il commença à murmurer


Seigneur pourquoi fallait-il donc qu’il emporte son secr…..

Le murmure se tut alors que le vagabond observait les bottes du brigand. Cette terre rouge… où l’avait-il vu ? Sur ses propres chausses en revenant de travailler à la mine. Il se rappelait maintenant du mineur qui lui avait expliqué comment les nouvelles exploitations étaient choisies, en se basant sur le contenu en fer de la terre à proximité. Mais… comment un tel homme aurait-il pu se cacher dans un endroit visité par des centaines de mineurs chaque jour ? A moins que….

Une mine de fer, abandonnée ! Non loin d’ici . Où ?

Le cri sortit de sa bouche avant même qu’il ne le réalisât. Bien sûr il pouvait se tromper, peut-être ce batard avait-il simplement travaillé à la mine pour manger… mais c’était leur seul piste, leur seul espoir. Relevant les yeux, Anseis laissa glisser son regard circulairement dans l’espoir de voir quelqu’un faire un signe puis prendre la parole.

L’espoir, toujours l’espoir. Mais, Par Dieu, si c’était cet espoir qui faisait vivre Elais, alors jamais il n’y renoncerait.

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Guy_kdr
Et ben on progressait!! Le temps que Guy se relève et assiste impuissant à la mort aussi subite qu'improbable de Carembert, la narration avait déjà répondu à plusieurs des questions.

Où en était la trajectoire d'Anseis? A travers une table puis par terre...
Qu'était devenu la petiote ? Elle semblait indemne. Guy s'approcha d'elle, s'assura qu'elle allait bien, la serra quelques instants dans ses bras en lui murmurant des paroles réconfortantes, puis la confia sans un mot à Beths. Elle qui n'allait pas tarder à accoucher, sans doute serait-elle plus que ravie de pouvoir déverser son trop plein d'amour maternelle sur cette gamine sous le choc...
Carembert avait-il une dent cassée ? Plusieurs ?!! Cet abruti venait carrément de mourir! Guy ne cessait de se repasser les évènements. Tout avait été trop vite. La chope propulsée, deux hommes dans son sillage. Le choc avec Anseis, puis le choc avec Carembert. Son poing et la garde de Féale avaient fracassé la mâchoire du Brigand, mais c'était son épaule qui avait heurté le poitrail de l'homme, aucunement l'épée. C'est pourtant la main sur le ventre que la vile quenouille avait rendu son dernier soupir. Avait-il pu lui éclater un organe en lui rentrant dedans ??! Il y avait été fort mais quand même...
Mais finalement, cela n'avait aucune importance. Il était mort, bel et bien. Et c'était de la faute de Guy, au plus grand désarroi de ce dernier.

A cause de son acte irréfléchi, Anseis ne retrouverait jamais son amour, Leg et Valexan ne compèteraient jamais leur fratrie. Il s'était produit la seule chose qui ne devait surtout pas se produire, perdre leur seule piste pour retrouver leur petite soeur.

Ses instincts militaires d'entraide toujours activés, il s'approcha d'Anseis, et posa une main sur son épaule.


Hum… ça va ? Pas trop de mal ?


Un simple mouvement de tête lui parvint en réponse.
Lui aussi avait compris que c'était la faute de Guy.
Tous le maudiraient à vie...

S'avançant vers Leg et Valexan demeurés près de la table, le colosse baissa la tête, n'osant affronter le regard sûrement désespéré, peut-être réprobateur, de son aimée.


Je....J'ai commis une terrible erreur...Je ne comprends pas. Je ne comprends pas ce qui s'est passé. Je...Je suis désolé.

C'est alors qu'Anseis s'exclama.

Une mine de fer, abandonnée ! Non loin d’ici . Où ?

Regard surpris des membres de la troupe.

Une mine ?

La question était sortie, mais le cerveau de Guy analysait déjà toutes les données mises à sa disposition, puis compris le raisonnement du Montpensierois.
Les bottes. Un endroit peu fréquenté.


Je vois, lâcha-t-il pour lui-même.

Oui, cela valait le coup de vérifier. Mais où ?
L'esprit en ébullition, tâchant vainement de visualiser mentalement les différents coins qu'ils connaissait aux alentours de Montpensier, une information en profita pour remonter.

Ce jeune soldat venu le voir à la caserne, juste avant qu'il ne passe dans cette maudite auberge. Il était si fier d'avoir complété sa première mission pour la COBA...Mais surtout, il lui avait parlé de deux cavaliers trimballant un gros "sac" à l'arrière d'une de leurs montures, en pleine nuit, dans une zone généralement déserte. Le Sénéchal avait pris le temps de noter précisément le chemin et l'emplacement que lui décrivait le soldat, vraiment au cas où, ne pensant pas l'info plus étrange que ça. Mais si l'information était utile, c'était le moment de s'en assurer.

Il sorti le bout de parchemin de sa veste tout en s'approchant des locaux.


Dites...Y aurait-il une ancienne mine au nord-ouest ?
Dans cette zone, là !


Le doigt sur la carte, devant quelques regards surpris, il ajouta.


Je vous expliquerai. Réfléchissez...
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Legowen
Il est là, étendu à terre , immobilisé , pas vraiment en nombre pour fanfaronner , et pourtant , il sait …….il sait que pour le moment il est le plus fort, qu’ils ne peuvent rien contre lui , tout au moins pas jusqu’à lui faire la vie . La vie , sa vie ……………quels aspects sombres et inavouables renferme t-elle ? à voir le personnage étalé devant elle , point n’est besoin de chercher de ces grands faits d’honneur et de bravoure .

Ce qu’elle lit sur ce visage , ce ne sont pas des années de labeur qui marquent les traits accusé de l’homme , ces paupières tombantes , cette lippe en rictus , ces cheveux éparts et sales
Non ce qu’ elle lit, se résume à des années obscures , rapines , larçins, actes vils

Le regard bravache et un peu fuyant, comme si en lui parlant il réfléchissait déjà sur le prochain acte qu’il pourra leur jouer , histoire de pimenter encore plus la sauce, de les pousser encore plus à bout, de montrer sa puissance , lui qui détient leur sœur
Il a les dés mais quelques fois ceux-ci sont pipés , quelques fois le destin se joue des plans les mieux rodés , simple pourtant, j’enlève la sœur , j’demande raçon à ces deux nobliaux , et j’me
tire avec , à moi la grande vie
Et bien non, trop simple , faut aussi savoir compter avec les caprices

Ma grande , ma grande , d’abord elle n’est pas SA grande , le seul fait qu’il puisse ainsi l’appeler la hérisse et puis ce tour qu’il leur joue bel et bien , celui de mourir , oui caprice du destin

Elle regarde incrédule le cadavre devant elle, en d’autres moments elle se serait réjouie , oui vraiment , pleinement réjouie, là elle ne peut qu’éprouver un immense désarroi
Observant comme dans un brouillard Anséis fouiller le cadavre à la recherche d’un indice , prenant la chainette , preuve de la véracité des propos du Carembert,

des mots se mêlent


Pas trop de mal ?

terrible erreur.....je ne comprends pas ……………...Je suis désolé.


Elle , elle comprend une chose, que l’autre est mort, que sa sœur est prisonnière , une question la torture , où est –elle ? arriveront –ils à temps pour la délivrer ? avant que d’éventuels complices ne s’en prennent à elle , ne voyant pas leur chef revenir

Mais elle ne peut en vouloir à Guy, comment aurait –il pu savoir qu’un fauchage en règle aurait pour conséquence un couteau dans un flanc ? , même si elle sent des larmes de frustration , de crainte pour sa petite sœur monter à ses yeux , même si elle a envie de prendre ce cadavre , de le secouer , de dire

Réveilles toi, mais réveilles toi

chose impossible bien sur
Et puis

Une mine de fer, abandonnée ! Non loin d’ici . Où ?
Dites...Y aurait-il une ancienne mine au nord-ouest ?
Dans cette zone, là !

Anséis , puis Guy parlaient d’une mine, elle se secoua, elle ne connaissait pas Montpensier , mais peut –être que d’autres ? elle regarda Guy interroger les gens du coin
Elle, elle se dirigea vers Arthur resté au comptoir, tout s’ étant passé si vite

Tu connaitrais une mine , une mine abandonnée proche d’ici ?

Regard d’espoir vers son ami , lui sait peut-être

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Arthurdayne
Il n'avait fallu que quelques secondes pour que la situation se précipite et se décante radicalement. Les jointures de ses doigts étaient blanchies autour du manche de sa dague, les muscles de ses jambes tendus à l'extrême, prêts à le faire jaillir de ce tabouret si la situation l'exigeait.

Elle ne l'exigea pas. Le choc fut violent et les détails n'eurent que peu d'importance. Le résultat laissa le ravisseur à terre et la fillette sauve, exceptée une légère estafilade. Guy se chargea d'elle avant de la confier à Beths, tandis qu'Anseis s'était mis à fouiller fébrilement le corps visiblement sans vie du bandit. A dire vrai, cela n'étonna guère Arthur... un choc frontal avec le colosse de sénéchal ne laissait que peu de chance, à moins d'être un gigantesque loup... expérience faite.

Bref, en quelques secondes, le calme revint dans l'esprit d'Arthur. Les muscles se détendirent, la main relâcha son emprise sur la dague qui n'avait pas quitté sa ceinture. Lentement, alors que tous s'étaient rapprochés du cadavre encore chaud, Arthur se leva. Le calme avait de nouveau laissé place à une intense activité au beau milieu de son crâne. La mort du type réduisait grandement les chances de découvrir où il avait caché la soeur de Leg. Même si Arthur restait persuadé qu'il avait au moins un complice, qui finirait nécessairement par se trahir en ne voyant pas son comparse revenir, il savait aussi que la patience que demandait cette stratégie ne collait pas vraiment à la situation. Rien qu'à voir l'énergie désespérée que mettait Anseis à fouiller le corps...

Anseis qui cria soudain:

Une mine de fer, abandonnée ! Non loin d’ici . Où ?

Haussement de sourcil perplexe. Alors que Guy sortait un parchemin de sa veste et allait interroger les quelques badauds matinaux et ébahis qui avaient assisté à toute la scène, Arthur examina de loin le corps. Et découvrit ce qui avait mis Anseis sur cette piste. De la terre rouge qui maculait ses semelles. Synonyme, pour le gueux habituel, de travail à la mine. Un type comme lui pouvait-il avoir travaillé? Ou bien avait-il effectivement choisi une mine abandonnée comme repère? Allez savoir... C'était en tout cas une piste. Maigre... Une hypothèse échafaudée sur la base d'un peu de terre rouge...

Puis les yeux de Leg croisèrent les siens. Elle s'était approchée du comptoir où il se trouvait toujours et lui adressa un regard plein d'espoir. Regard gris comme un jour de pluie qui lui perfora le coeur. Et l'incita à se creuser davantage la cervelle.


Tu connaitrais une mine , une mine abandonnée proche d’ici ?

Une mine abandonnée... Oui, oui en effet, il savait où en trouver une. Hasard? Pas le moins du monde... Lorsque, la veille, Legowen était venue le voir pour lui conter l'histoire de sa famille et lui faire part de sa peur, elle lui avait auparavant envoyé un message. Dans lequel elle lui demandait, sans plus de précision, s'il connaissait une cache sur la route menant à Montpensier d'où ils pourraient tenir une embuscade. Il avait alors passé les heures qui le séparait du départ à étudier les cartes qui se trouvaient chez lui.

Et sur l'une d'elles, il s'en souvenait à présent très clairement, était indiquée une mine, une mine dont Arthur n'avait jamais entendu parler. Il en avait conclu que la carte était ancienne et que la mine n'existait plus, et l'avait soigneusement rangée dans un coin de sa mémoire comme un endroit possible pour s'y planquer et organiser l'embuscade que Legowen avait évoquée.

Sans rien dire, il esquissa un de ses sourires en coin et posa une main rassurante sur l'épaule de Legowen. Puis il tourna les talons et s'approcha de Guy, qui semblait s'énerver après les piliers de comptoir visiblement ignorants de ce qui pouvait se passer hors de la taverne. Il empoigna sa dague et la sortit enfin de sa ceinture. Il indiqua sur la carte de Guy, de la pointe de la dague, un endroit en lisière de la forêt de Montpensier, sur la route menant à Moulins.

Ici. Ici il y a une mine abandonnée. Je ne sais pas si c'est une mine de fer, mais je suis sûr qu'elle a existé et qu'elle ne sert plus.
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"Je vivais à l'écart de la place publique
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique."
Beths
Ce fut impuissante qu’elle assista à la scène qui se déroulait sous ses yeux comme un mauvais scénario que personne n’aurait imaginé. Après son acte impulsif qui lui avait fait comprendre qu’elle n’avait rien perdu de son agilité malgré sa grossesse par trop évidente, fait qui aurait surement comblé de joie son parrain vu les heures d’entrainement qu’il lui avait offert sournoisement, ce fut comme un orchestre en plein mouvement. Les hommes se déchainèrent pour finalement arriver à molester celui qui tenait entre ses mains la vie de … deux jeunes filles si elle comprenait bien : celle qui était sous leurs yeux, mais également la vie d’Elais.

Elle avait été actrice du décor qui se présentait tristement : un homme à terre, mort irrémédiablement, emportant son secret avec lui, Anseis qui se massait douloureusement l’épaule, Leg plus hébétée que jamais, Guy dont une kyrielle de sentiments lui passait sur le visage, la petiote bouche ouverte et yeux exorbités, prête à pleurer à tout instant, Valexan sombre et silencieux, qui ne l’eut pas été à sa place, menacer une femme enceinte, et puis cette foule, celle de la taverne …

Guy fut le premier à réagir s’approchant de la gamine, la réconfortant d’une part, puis la poussant gentiment du bras jusqu’à … jusqu’à elle ? Regardant sans comprendre le sénéchal, les yeux ronds presque inexpressif, ou si au contraire qui exprimait totalement l’incompréhension, elle cueillit la pauvrette qui vint se blottir contre elle, cachant son visage dans sa chemise, chemise qui au préalable avait été partiellement arrosée de vin. Si cette petite mettait son nez trop prêt de la tâche rouge indélébile, elle risquait fortement de connaitre l’ivresse des sens sans même avoir eu la joie d’y gouter.
Et ainsi endimanchée entre son ventre et l’enfant dont elle caressait gentiment les cheveux, agrémentant de temps un autre par un


Ca va aller, tu vas voir, tout va bien, cela sera sous peu qu'un mauvais souvenir


Beths tentait de suivre les événements. Entre l’un qui s’excusait et qui s’en voulait, l’autre qui s’exclamait quant aux mines, amenant interrogation dans les yeux de la maréchale, et puis une carte, et puis sa marraine qui quitta leur groupe pour se rapprocher de … d’Arthur !?! Mais que faisait-il ici ? Et ce dernier qui arriva tranquillement en plantant un couteau dans ladite carte.
La patience était chose rarissime pour ne pas dire inexistante chez elle, la petite toujours lovée contre elle


Bon est-ce que l’un d’entre vous pourrait enfin m’expliquer ?! Et bonjour Arthur !

Car franchement, elle se sentait perdue
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Anseis
[Quand vint le temps d’agir]

Seigneur, combien l’oreille peut parfois être sélective. Des dernières discussions, il n’avait retenu que quelques paroles, appuyées par une lame aiguisée qui pointait vers un endroit vierge d’un parchemin.

Ici. Ici il y a une mine abandonnée. Je ne sais pas si c'est une mine de fer, mais je suis sûr qu'elle a existé et qu'elle ne sert plus.

Sans un regard vers le désormais inutile cadavre, Anseis se releva. D’une impolitesse distraite, il prêta peu d’attention aux paroles de la Dame de Gondole, et ne chercha à y répondre. Retombé dans un mutisme qui, au fond, semblait ne le quitter qu’à regret, il laissa sa senestre glisser sur la garde de l’épée. Une autre habitude qui ressurgissait lorsque les temps des discours et réflexions semblaient révolus.

Quelques pas l’amenèrent jusque devant la porte – laissée entrouverte. La poussant d’un pied, Anseis la franchit pour prendre direction des grandes Portes Est qui s’ouvraient sur la route de Moulins. Là, se trouvaient les écuries où il pourrait trouver monture.

Quelle était donc cette folle témérité qui le poussait à délaisser de potentiels alliés sans prendre le temps de préparer plan, de risquer sa vie – peut-être celle de son aimée dans une action inconsidérée ? Même si sagesse si prisée des anciens ne faisait, il devait l’avouer, partie de ses quelques qualités, il ne partait ainsi seul par fierté.

Là où force et nombre pouvaient échouer, discrétion et célérité se montraient parfois victorieuses. Seul, il saurait se frayer chemin jusque dans cette mine abandonnée sans trop attirer attention. Ne cherchant donc à savoir si le groupe le suivrait ou non, le vagabond accéléra le pas.

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Anseis
[Lorsque la vie devient conte]




Il ne pouvait se rappeler depuis combien de temps il avait quitté la mine abandonné. Comment garder notion du temps lorsque chaque seconde s’étend éternellement, tiraillée par un esprit qui voudrait que le temps s’accélère afin de la retrouver au plus vite et la peur de passer au côté d’un détail qui lui ferait perdre toute chance de la serrer de nouveau dans ses bras ?

Suite aux indications du militaire, le vagabond n’avait eu trop de mal à repérer l’ancienne route envahie de ronces qui le reliait à ce dernier espoir. Et il n’avait fallu non plus de temps d’en raviver la flamme lorsqu’il avait pu apercevoir les signes de récente activité, les marques de fer identiques à celles observées lors de cette tragique nuit.

Empressé, l’homme pourtant ne désespérait. Il ne l’avait certes trouvé dans les méandres de l’ancienne mine mais il ne pouvait nier que Tyché maintenant lui souriait. Ne s’était-il rué vers l’inconnu oubliant toute sagesse ? Et devait-il donc reprocher au destin de n’avoir rencontré personne, aussi bien ami qu’ennemi ? Mais surtout n’avait-il trouvé traces récentes, morceaux de pierre retirée d’un mur grossier, quelques traces de rouille encore présentes ? Oui, il ne pouvait en douter, Elais avait été retenue prisonnière dans cette sordide prison improvisée. Et elle avait réussi à s’enfuir car geôlier se serait contenté de décrocher la chaine qui devait autrefois se trouver scellée.

Tout en continuant d’avancer, Anseis n’avait plus de doute. Elais était là quelque part. Le tout était simplement de retrouver le chemin qu’elle avait suivi. Si la poussière qui s’était déposée sur ses chausses suite à son travail sur la pierre avait permis au départ de donner une direction générale, ces traces n’avaient perduré que sur quelques pas. Et c’est ce qui avait mené l’amoureux à commencer son étrange progression, à la fois pressé par la nuit tombante et soucieux de manquer une quelconque preuve du passage de la jeune femme.

Des champs abandonnés aux bosquets touffus, la jeune tisserande n’avait rendu la traque aisée. La grimace arrachée par une ronce n’était aussi forte que la douleur l’aurait voulue. Les quelques marques laissées étaient discrètes et assuraient que sa douce n’avait été suivie, si ce n’est par lui-même. Quant aux éventuels poursuivants, il ne s’en inquiétait. Il était Œil et s’il n’avait force des Crocs ni adresse de Patte la discrétion restait son avantage.

C’est alors que, tel un signe de Fortuna, ils apparurent. Comme sortis du sol, probablement datant de la période romaine, ils l’invitaient à les grimper pour enfin la retrouver. Déglutissant, le jeune vagabond monta chaque marche dans un bruissement…

Recroquevillée, elle l’attendait. Quel que soit la légèreté de ses pas, il savait qu’il n’aurait pu que difficilement la surprendre. Armée d’un gourdin, une pierre dans la main prête à être lancée. La chaine fixée grossièrement au niveau de sa chemise déchirée pour n’entraver ses mouvement, pendait jusqu’à son pied meurtri. Il eut tout juste le temps de noter le nuage d’angoisse et de détermination qui assombrissait un peu plus ses deux perles noires avant qu’elle ne le reconnût, rabaissant ses deux bras à l’unisson. Ensemble ils avancèrent l’un vers l’autre, un pas à la fois, avant que finalement il ne l’accueillît dans ses bras. Alors seulement, elle laissa partir la guerrière, elle s’accrocha à lui et il sentit couler une chaude larme le long de leurs deux joues unies.

Oui, parfois la vie finissait tel un conte, parfois l’amour triomphait. Et ce n’est point lui qui s’en plaindrait.

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