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[RP]Tourne toupie, tourne...

Natsuki.
Depuis combien de temps avait elle été enfermée dans le couvent de Tours ? Elle ne le savait plus, cela faisait un moment que ce cap était passé. Longtemps aussi celui de la confusion. Trop longtemps elle avait été dans ce sommeil, dans cette torpeur. Il en résultait une fille perturbée, dont les crises pouvaient être aussi brusques qu’irraisonnables et violentes. Pour un rien elle avait crié, pour un rien elle avait pleuré sur son père. C’était à présent son deuxième jour à Chinon, à la frontière angevine, dans sa ville natale. Elle était adossée contre un arbre, occupée à rêvasser, ce qui était encore la meilleure chose à faire dans son cas.

Beau temps, flemmardons. De quoi allons nous rêver ? De Théobald. Joli Théobald, je t’aime. Oui oui je t’aime mon blond. Père t’a refusé, mais je t’aime quand même. Non, peut être n’était ce pas toi. Je me souviens de toi. On s’est rencontrés à…. Où ça ? Je ne me souviens plus. C’était quelque part par là. Au nord. Quelle magnifique journée que c’était là. Dis moi Théobald, tu m’entends quand je te parle en pensée ? Oui je crois, car l’amour c’est comme ça. Et on s’aime hein ? Trella sera contente quand elle pourra te rencontrer. Tu verras, Trella est adorable. Je t’aime, et puis tu es réel, toi. Pas comme d’autres, non.

A divaguer. Regarder le lac. Jouer à lancer des pierres. A regarder les ondes. A faire des ricochés. A rêvasser, on s’oublie. On se perd dans les brumes de son esprit. Et quand l’esprit est trop opaque, comme le sien, le brouillard trop fort, l’on ne retrouve plus son chemin. Ariane pourquoi n’es tu pas homme ? Promis, elle renonce à Théobald si tu la sauves, et elle t’épouse. Tu me fais perdre le fil Ariane. Le soleil tape sur le visage de la brunette. Elle s’en fiche elle ne le sent pas, là où son esprit est il n’y a pas de soleil. Ou plutôt il ne fait pas mal et il ne s’éteint jamais. Il y a des ombres partout. Mais pas près de son arbre. Pas dans la réalité. Juste dans sa rêverie. De toutes les drogues, c’est le sommeil la plus traitre, et en plus c’est légal.

Un ricoché, deux ricochés, trois ricochés
Un ricoché, deux ricochés, trois ricochés, quatre ricochés
Un ricoché, deux ricochés.
Un ricoché, deux ricochés, trois ricochés, quatre ricochés
Un ricoché, deux…..


NB : Titre en rapport avec un film sorti récemment, censé faire beaucoup beaucoup de fric.
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Milo
Le soleil tape haut, le faisant parfois plisser des yeux, lorsque son éclat est trop vif. La main gantée est comme à son habitude massée, autant pour faire passer la douleur que parce que ce geste est mécanique. Revenant de son travail à la mine, il traîne des pieds, raclant le sol poussiéreux, peu désireux de regagner ses pénates, pourtant toutes proches.

À l'extérieur de la ville, juste sous les remparts, pour rapidement se mettre à l'abri en cas de coup dur. Pas très loin non plus d'un lac où il peut aller taquiner le poisson, près des autres pêcheurs, lorsque le contremaître n'a plus besoin de lui, comme aujourd'hui. Il ne travaille plus vraiment dans le ventre de la bête, non, pas depuis la promesse qu'il a fait à Breiz depuis cet accident en Bourgogne, où lasse et épuisée, elle s'est effondrée sur les fous qu'elle cachait.

Longeant l'étendue d'eau, il observe sans vraiment le voir le paysage. Tourné vers lui-même et cette situation qui l'empêche de rentrer le coeur léger. Une mère dégoûtée par sa fille, un père qui ne sait plus que faire. Des tensions à n'en plus finir, éclatant souvent. Femme agressive pourtant, lorsqu'un étranger demande uniquement à prendre le bambin dans ses bras. Comportement que le blond ne comprend pas, ne comprend plus, perdu qu'il est dans la recherche de la vérité.

Il ne la voit pas, de prime abord. Seuls les « plouf » incessants lui arrachent un sourire. Si les poissons gigotent autant, la pêche sera bonne et avec un peu de chance, il pourra prendre une belle carpe, à faire cuire ce soir en soupe. Il relève la tête, haussant un sourcil. Une silhouette qu'il reconnaît, à mesure qu'il avance. Rencontrée quelque part en Anjou, à moins que ce ne soit en Bourgogne. Ou peut-être même ici ? Il ne se souvient plus mais qu'importe. Après le père hier soir, rencontré par hasard, voici la fille aujourd'hui. Il s'adosse à un arbre, restant dans le dos de la donzelle. Bras croisés, il siffle doucement, autant pour attirer son attention que pour se moquer.

- Ba alors Pucelle, qu'est-c'qu'tu fous ic'lieu toute seule ? T'ont abandonné les autres ?

Par autres, il entend toute la ribambelle habituelle de mômes qui traînent dans le sillage de la Zoko. Encore qu'il lui semble que Natsuki est l'une des rares à s'en être émancipée. Ce qui pour lui, n'est pas un mal, bien au contraire.

- Coincée ici ou t'attends ton prince charmant ?
Natsuki.
A force de se perdre dans nos écrits on en oublie le cours de nôtre histoire, ce qui s’est passé avant, ce qui se passera après. Cela en fait un charme. Peu après ils se croiseront de nouveau dans une taverne, c’est dit, car ça a été fait. Les dialogues sont déjà écrits, et si l’une pose une question maintenant qu’elle reposera plus tard, on l’interprétera comme un oubli de sa part, cela va aussi pour l’autre, car la destinée dans ce monde fantasmé est faite telle qu’elle suit un cheminement des plus chaotiques. Je ne le blâme pas, je constate et je prévois. Pour ma conscience.

Elle ne sentit aucune présence, ce qui fait qu’un individu un peu plus mal intentionné que ne l’était Milo aurait pu sans souci lui faire de mal. Arlaz, son épée, est par terre, près d’elle. La garde est relâchée, mais après tout n’est elle pas en territoire des plus amical ? Sa terre même, même si cette terre empoisonne tout son être à chaque fois qu’elle pose les pieds sur elle. Comme si elle n’appréciait pas sa présence. L’épée ne lui sert donc à rien ici, mais a-t-elle déjà servie à autre endroit que dans les salles d’entrainements ? Beau joujou pour une belle fille en perdition. Un jour -qui sait- son propre sang coulera sur Arlaz.

Un ricoché, deux ricochés, trois ricochés, quatre… Un sifflement. On l’interpelle. Combien de ricochés ? Trop tard. Au moins sept apparemment, les ondulations le lui laissent penser en tout cas. On la perturbe alors qu’elle avait établi son record et que son amoureux la prenait dans ses bras près d’un arbre et de son ombre sous un soleil luisant mais pas tapant près de la grande rivière aux poissons rouges et que peut être il allait enfin l’embrasser pour qu’elle puisse connaître cette délicate sensation. Phrase à ne pas lire à voix haute j’en conviens. Le sifflement viens de derrière alors elle se retourne et tombe face à…….l’arbre auquel elle était adossée. Un arbre qui parle ? Et qui a la voix de Milo ? Voilà un fait des plus étranges, et certains osent dire que la Touraine n’est pas maudite ? Elle se déplace un peu pour finalement apercevoir le géant. Ce qui la rassure et la contrarie à la fois. Rassure car toute rationalité est rassurante, mais contrariante, car, pardi, cela fait une chose en moins à raconter. Si d’aventure une chose aussi extraordinaire qu’une discussion avec un chêne vous arrivait, vous la raconteriez à tout le monde au risque de vous faire passer pour un fou non ? Ben elle aussi.


- Ba alors Pucelle, qu'est-c'qu'tu fous ic'lieu toute seule ? T'ont abandonné les autres ?

Les autres ? Qui sont les autres ? Elle a des amis mais n’aime pas les bandes la pucelle. Elle fait un timide sourire en guise de réponse, y en avait il seulement une à donner ?

Coincée ? Je ne sais pas si l’on peut réellement dire coincée…Mais on est toujours coincé quelque part non ? Alors que ce soit ici ou ailleurs je ne vois pas la différence. Au moins ici personne ne me menace ou quoi que ce soit, juste père qui me gronde car je lui donne pas assez de nouvelles à son goût. Et puis pour sortir du couvent rien de tel que sa ville natale non ? Mais je te retourne tes questions. Un concours de ricochés ? Je te préviens, je suis adroite.
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Milo
Il se penche et prend un brin d'herbe, qui sera calé entre ses dents, faisant des allées et venues incessantes. Plissant les yeux devant le soleil, pour mieux apercevoir son interlocutrice. Peut-être perdue dans ses pensées avant qu'il ne l'interrompe, peut-être pas. Il penche la tête sur le côté, dextre massant sa senestre.

- Ton père hein ? J'l'ai croisé hier, m'a dit qu'il avait pas d'nouvelles d'toi. Va savoir, doit avoir des bonhommes qui dansent dans sa tête, p'tet.

Coincés quelque part ? Probablement. Lui est coincé ici en attendant une blonde, promesse faîte sa femme. Il espère juste qu'ils ne seront pas coincés ici à vie, tant l'Anjou continue à vouloir voir le mal partout. Là encore, peut-être à raison, peut-être pas. Il s'en fiche. Ce dont il ne se fiche pas, en revanche, c'est le nombre de mois qu'il lui reste encore à croupir ici. Car les jours et les semaines ont passés, sans promesse de départ.

- Pour sûr. Moi j'suis coincé ici pour une durée indéterminée. Il fait un vague signe vers l'endroit où se trouve la roulotte, invisible sous le couvert des arbres. J'attends une amie d'la rousse, qu'est coincée en Anjou. Il ne voit pas le besoin de s'appesantir plus sur « la rousse », car la petite, plus tard, lui en reparlera, lui demandant si c'était elle qu'il était venu retrouver il y a plus d'un an. Ca m'fait suer d'ailleurs, l'a fermé ses frontière. Et j'ai pas envie d'tenter d'traverser pour m'r'trouver avec une épée dans l'cul et à bouffer les pissenlits par la racine. J'ai d'jà donné. Un sourire niais sur le visage, le brin d'herbe effectue un énième va-et-vient, pour finir par se caler sur le coin inférieur droit de sa bouche. Surtout qu'j'suis père, t'sais ? Une petite fille, Elin qu'elle s'appelle. Alors bon, autant éviter d'tirer Loki par les couilles.

Il s'approche de la berge et ramasse quelques cailloux. Un concours de ricochets ? Baste, même s'il s'y est remis depuis peu pour tenter d'apprendre à Gauvain, il y a fort longtemps qu'il n'y a plus touché. A voir si lui aussi sait faire plus de ricochets que la jeune fille, ou bien s'il peut encore s'entraîner.

- Ca fait longtemps, qu'j'en ai pas fait. On va voir si l'vieux est toujours adroit.

Sourire en coin, main gantée qui pioche une pierre dans la main droite. Le bras se replie, la trajectoire n'est guère étudiée, il se concentre surtout sur le geste à faire et la manière dont le caillou devrait toucher la surface de l'eau pour rebondir. Rapidement, il relâche son bras, regardant avec un air circonspect son caillou faire quelques bonds dans l'eau, avant de se laisser couler platement tout au fond du canal.

- Mouais, encore du progrès à faire. A ton tour. Et toi, toujours pucelle ?
Natsuki.
Des bonhommes dans sa tête ? Comme Calyce auparavant ? Le pauvre. Heureusement que elle Natsuki n’a pas ce problème. Il y avait bien Scipio le penthievrique qui trottait un moment donné dans sa tête. La pauvre elle avait cru pendant un moment qu’il existait bel et bien ce rouquin puant et injuriant. Mais aujourd’hui elle savait qu’il n’en était rien. Peut être que son père devrait faire une petite séance de couventorapie à Tours. Elle connaissait un établissement par ailleurs, calme et sympathique, cela lui permettrait de se rétablir. Pour sûr elle lui en parlerait.

Milo parle et les mots lui arrivent sporadiquement sans qu‘elle fasse de lien entre eux : coincés, blonde, rousse, Anjou, épée, pissenlits, la racine. Les yeux scrutent discrètement cette bouche qui libère son flot et l’étrange spectacle offert par une brindille. La tête qui hoche, signe qu’elle écoute, au moins distraitement. Il est coincé car une rousse en Anjou a croisé une blonde, et avec son épée a cueilli des pissenlits près de l’herbe qu’il mâchouille de la racine. Pas très clair, le pauvre doit être un peu fou. Le soleil probablement. Il est père ? Pauvre fille, avoir un père fou. Comme Natsuki. La tête hoche, un sourire s’esquisse, signe qu’elle est contente pour lui. Faut pas tirer Loki par les quoi ? Encore un truc en rapport à son pucelage à tous les coups.

Le caillou du grand part, fait quelques rebonds sur l’eau et s’écroule en plein milieu de la cible à chaque fois. Une précision absolument inouïe, et à portée de tout le monde, de 7 a 77 ans pour peu qu’on arrive à cet âge. « Moi je sais mettre le caillou au milieu de la cible de l’eau » C’est bien Natsuki, fait des ricochés en pensant à Théobald. C’est à son tour, mais elle ne sait pas si c’est à son tour de parler ou de lancer. Les deux à la fois peut être. Parler en lançant, parlant de lancés. De quoi d’autres sinon ? Ah oui, de son pucelage, rougeur qui monte au fur et à mesure que l’ombre descend. L’ombre ? Celle de l’arbre pardi, il faut suivre voyons. Délicate question que celle du pucelage, son père ne lui a jamais posé. Il est vrai que pour ce qu’ils se voient. Apparemment il s’inquiète pour elle, il faudra qu’elle lui écrive plus souvent, il le mérite.

Elle jette une pierre -sans conviction- et s’assied sur l’herbe, ou plutôt se réassied. Elle parle peu, et d’ailleurs ses lèvres ont bien du mal à bouger. Non pas qu’elle n’ait envie, non, mais la chaleur la rend indolente. Elle regarde la rivière avec envie. Se baigner, pourquoi pas, mais nue ? Certainement pas tant qu’il sera là. Pucelle peut être, mais pudique surtout. Les pieds sont déchaussés et les bouts tâtent timidement le lac. L’eau est froide, et elle sent son dos frissonner rien qu’à l’idée de s’y baigner. L’appel de l’eau et du lac. Devenir un bateau humain ivre, faire la planche, s’immerger complètement, oublier le soleil. D’ailleurs quoi faire d’autres ? Rentrer dans un obscur château ? Alors que Phoebus brille de tout son astre ? Divine lumière qui crame la blanche peau de la tourangelle, même qu’après elle devra s’acheter des baumes. Elle n’en peut plus. Autre question.


Une petite baignade ou tu es attendu le nouveau père ?
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Milo
Lui, il reste là à attendre des réponses et des ricochets, persuadé d'avoir été parfaitement compris. L'idée que la jeune fille le prenne pour un cinglé ne lui a jamais traversé l'esprit, tant ce qu'il dit est compréhensible de lui-même, qui a tous les éléments en main, contrairement à la Pucelle.

Le brin d'herbe lui, continue sa danse virevoltante d'un bout à l'autre de la commissure de ses lèvres. Balloté entre les chairs, comme un vulgaire pantin. C'est ce qu'il est, après tout. Pas vraiment de conscience, du moins pour des être raisonnés. Pas vraiment de quoi protester, donc. Le manège s'arrête cependant à la seule et unique question de Natsuki, les siennes ayant été soigneusement éludées.


- J'sais pas nager.

Là, c'est dit. On ne peut pas faire plus simple, il en est sûr. Il a une peur bleue de l'eau, même si bien sûr, il ne l'a jamais avoué. Il préfère dire qu'il ne sait pas nager plutôt que d'en expliquer la raison. Alors, c'est sûr, Karyl a déjà tenté de lui apprendre. Un peu, seulement. Entraînement interrompu par une inconnue et retour à la case départ. Autrement dit, il coulerait aussi platement que les cailloux qu'il lance si jamais il ose se laisser tomber dans l'eau.

Un grognement, pour ponctuer sa déclaration, des fois que la brune mettrait ses paroles en doute. Et puis, l'autre raison, qu'il tait aussi, c'est qu'il ne veut pas exposer aux yeux des autres les blessures qui parsèment son corps. Qu'elles soient récentes ou pas, peu de gens les ont déjà vu, une seule les connaît par coeur.


- J'suis attendu ouais, mais la chariote est pas loin. Il tend sa senestre, montrant un point invisible parmi les arbres. Quelque part par là. Mais t'as pas répondu à mes questions, morveuse.

Et son bras de se tendre de nouveau, à la recherche du point qui le fera gagner. Ceci dit, il y avait encore du travail à faire pour arriver à hauteur de la môme.
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