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[RP] Ah, ah, à la queue leu leu…

Ygerne
On peut parfois imaginer que les histoires de hiérarchies et préséance sont uniquement des préoccupations réservées aux Nobles gens.
Mais que nenni ! Dans le bas peuple, chez monsieur tout le monde, il arrive parfois que l’on découvre des spécimens rares qui se croient plus important qu’ils ne le sont et qui tiennent à des « avantages », des « droits » frauduleusement acquis.

Et c’est d’ailleurs une histoire de hiérarchisations au sein du petit personnel rose, qui préoccupait nos deux larbins favoris : Ygerne chambrière d’Erwelyn Corleone, Dame de Sainct Antoyne de Rochefort et Anatole secrétaire particulier de Mahaut de Nabinaud, Baronne de Barbezieux, Vicomtesse de Verteuil.

Bref ça sentait le crêpage de chignon !

Certaines rumeurs circulaient déjà depuis quelques temps :
Il paraîtrait par exemple qu’Anatole aurait eu une promesse de salaires deux fois supérieurs au salaire d’Ygerne.
Certains auraient affirmés qu’Ygerne avait le droit de partager la chambre d’Erwelyn.
On aurait aperçu Anatole en train de manger à la table des Poney roses alors que des témoins auraient vu Ygerne se servir dans la réserve personnelle de Mirabelle de ses cheffes.
Des faits de tous les jours, des petites choses, qui avaient tendance à créer des tensions entre nos deux serviteurs.

Et, en ce merveilleux mois de mai, sur les routes humides de la merveilleuse Normandie, nos deux amis avaient reçu la mission scabreuse de trouver logement pour nos nobliotes qui n’acceptaient plus de dormir dans les auberges délabrées du coin.
Et c’est avec une fausse joie partagée qu’Anatole et Ygerne partirent à la recherche du meilleur confort pour leur cheftaine.

L’un devait être ravi d’échapper à un tyran rose alors que l’autre jubilait à l’idée de ne plus côtoyer une épouse jalouse mais au lieu de profiter l’un et l’autre de ces rares et miraculeux instants de liberté, c’est avec une tronche à faire fuir les pécores du coin qu’ils prirent le chemin.

D’un commun accord, ils avaient réussi à déterminer le moyen de transport : ils iraient à pied mais un problème de taille et insurmontable les confrontait : qui marcherait devant ?
Ygerne était persuadée que par galanterie et par soucis de sécurité, elle devait passer devant. Il était inadmissible que la chambrière favorite d’une noble Dame ferme la marche.
Anatole lui redoutait de marcher devant, ce qu’il considérait être son droit, car Ygerne « aurait » tendance à mater les fesses du secrétaire ce qui gênait cet homme un peu trop prude.
La gamine était donc persuadée que l’homme n’était qu’un foutu poltron puceau, ce qui n’avait pas tendance à améliorer leur relation.
Nul doute qu’ils n’auraient pas bougé du campement si Mahaut et Orkange n’était pas trop proche pour leur rendre la vie dure.

C’est donc avec une mine boudeuse et en trainant les savates qu’ils partirent remplir leur mission…
Mais notre rouquine était d’humeur farceuse et tout en se refusant un sourire, elle s’amusait à piétiner les bas de braie d’un Anatole d’humeur hautaine.


- T’sais, t’as pas à m’regarder comme ça… t’vaut pas mieux que moi. Alors plutôt que d’bouder passe devant.. fait pas ton pénible… pour une fois… t'façon je dirai tout à Erwelyn.


Et mince.. le « crakkk » du bas de braie d’Anatole ne laissait aucun doute sur le résultat des taquineries prodiguées par la rousse.
--Anatole.
Ah, la jeunesse... Aucun respect. Pas de comportement adapté, l'impression de tout savoir. Et ce rejet permanent des conseils pourtant pertinents et distribués avec patience et efficacité par une personnalité que l'expérience avait grandi sans vieillir prématurément... Tsss...
Non, lui, il avait sa conscience pour lui. Son travail était fait avec régularité et justesse, et d'ailleurs, ils lui en étaient tous reconnais... il avait sa conscience pour lui, quoi.
Et puis, il devait prendre cette mission pour ce qu'elle était en réalité : une occasion en or d'apprendre à la jeunesse comment faire son travail, avec efficacité et précision, afin de ne pas décevoir ses employeurs. Qui, de toute façon, trouveraient toujours quelque chose à redire mais là n'était pas la question.
Il avait la respectabilité de l'âge. Il avait 25 ans, soit, mais il en paraissait bien 10 de plus, à cause des coups et de ce que la brune appelait son "mauvais goût hideux qui dénature notre belle architecture esthétique à base de rose en la plombant façon notaire de campagne" avant de lui intimer l'ordre de ne pas marcher trop près d'elle pour ne pas casser tous ses effets. Alors qu'il avait une très jolie cravate, qui lui venait d'ailleurs de son grand père et qui n'était même pas abimée, ce qui était bien la preuve qu'il pouvait encore la porter.

Bref. Il devait donc trouver un logis pour la troupe des poneys roses et apprendre à Ygerne comment se débrouiller. Il soupira. Elle était bien trop jeune pour être bonne à quoi que ce soit. Et son employeuse la gâtait éhontément ! Il l'avait vue une fois essayer des gants usagés d'Erwelyn et récupérer une chemise en baptiste de la blonde. Une honte pour la profession. On ne vole pas ses maîtres, on déchire un peu, on leur fait remarquer et ensuite on accepte gracieusement de récupérer le tout.

Il resoupira. Ils faisaient route depuis à peine dix minutes que déjà la jeunette commençait à se dissiper.


- Jeune fille, je vous ferai grâce de vos remarques désobligeantes. Ce n'est pas parce que nos employeuses s'entendent comme gorets en foire que nous devons partager cette proximité. Après tout, vous me devez le respect, conféré par mon âge qui fait de moi un homme respectable et respecté, et par mon savoir-faire qui pourrait bien vous en apprendre, vous qui ne semblez attacher à votre fonction aucune attention particulière, ce qui vous propulsera rapidement j'en suis sûr dans l'anonymat et le désœuvrement où nous vous avons trouvé avant que dame Erwelyn n'ait eu la bienveillance de vous sortir.


Il se rengorgea un peu en pensant à ce qu'il pouvait l'impressionner en développant devant elle un langage digne de ce nom, loin des "Hé, machin, t'as vu ?" ou autres "fais pas ton pénible".

- Et pour votre gouverne, je ne suis pas pénible quoi que puisse en dire mon employeuse, qui, sous ses dehors un peu brusques, sait reconnaître en moi toute l'efficacité d'un limousin au travail.

Il accéléra le pas pour passer devant avant de se souvenir des raisons précises pour lesquelles il ne voulait jamais le faire.
Il pressa son couvre chef sur son postérieur et poursuivit.


- Je vous prierai de ne pas ainsi profiter des charmes de mon auguste derrière. Je sais que sa perfection vous attire, mais il vous faudra comprendre qu'il ne sied pas à une domestique, et à n'importe quelle jeune fille en général, de regarder ainsi toute partie anatomique masculine aussi parfaite soit-elle.

Un craquement retentit. Anatole stoppa net et considéra ses braies.

- Raaaaah ! Vous voyez ! Voyez ce que votre comportement trop léger a provoqué ! Des braies en parfait état ! Elles me venaient de mon oncle, parti trop tôt à la guerre ! Vraiment, vous... Vous... Vous n'êtes pas à ce que vous faites. C'est déplorable, vous ne serez jamais digne de la confiance de votre employeuse.


Il maintint son chapeau en place sur ses braies en maugréant et reprit la tête du petit cortège. Ils arrivèrent en ville et le travail devait commencer. Trouver un endroit où se loger qui ne soit ni "trop vieux" "trop moche" "trop cher" "trop haze bine !" ou juste "trop gueux". Bref, trouver à acheter un logis prêt à habiter, d'apparence assez neutre pour que les périgourdasses y projettent leurs pires projets de décoration intérieure et en assez bon état pour qu'il ne se retrouve pas forcé de refaire les peintures à onze heures du soir.
Il avisa une taverne.


- N'allez pas vous imaginer que nous pouvons profiter du bon temps hors de la surveillance de nos maîtresses. Nous devons simplement entrer en communication avec la population qui saura j'en suis sûr nous indiquer où commencer nos recherches.

Sans même écouter la moindre réponse d'Ygerne, forcément trop légère pour être prise au sérieux, il poussa la porte.

- Je passe en premier, je suis plus important.
Ygerne
C’est quoi cette espèce de bourdonnement incessant ? Raaah mais c’est pas possible, elle est ou cette foutue mouche ? Elle peut pas me laisser tranquille.
Les yeux bleus de la gamine se levèrent, tentant de chercher la source de ce bzzzz incessant avant de poser un regard assombri sur l’espèce de clown qui se dandinait façon : j’ai fait dans mes braies, devant elle.
Arf c’est l’autre folo qui tente de communiquer avec moi… mais c’est pas possible je comprends rien de ce qu’il raconte. Pourrait pas causer comme tout le monde ?


- Hein ?

Ça y est ! il fait son outré et préfère rien vouloir entendre… Il doit sûrement considérer que HEIN n’est pas un mot suffisamment cul-serré pour s’adresser à la « noble personne » qu’il n’est pas. Pas grave. Laissons-le s’exciter tout seul.

- Eh l’autre clown. T’sais qu’t’es ridicule à marcher comme ça… ? t’vas pas te trouver une pécore à trousser avec le balais dans les fesses qu’t’as en permanence…
Fin moi j’dis ça.. mais ça te ferai du bien de t’trouver une campagnarde aux joues rouges… sourde et aveugle… Et t’sais, truc, je peux gérer la recherche de maison…

Et surtout profiter d’un peu de liberté pour tester la boisson du coin !
Enfin heureusement, la longue et épuisante marche d’au moins 30 minutes les mena tout droit à la taverne du premier bled croisé. Les baraques délabrées alentour attendraient pour être visitées ! Après un exercice physique intense, il est tout à fait normal et recommandé de faire une halte et de se désaltérer au frais des poneys.

- Je passe en premier, je suis plus important.

Non mais il se prend pour qui l’autre ? Et la galanterie ? Elle était chambrière mais femme tout de même. L’Anatole peut bien se targuer de sa tenue irréprochable, son travail impeccable et ses manières hautaines. Il était encore loin d’être un homme galant !

Et bien décidée à lui donner une petite leçon de bonnes conduites, la rouquine piqua un sprint visant droit la porte de l’auberge municipale.
L’inévitable arriva : deux personnes, bien que peu grosse, souhaitant passer durant le même laps de temps une ouverte non extensible, ont de fortes chances d’être prises en sandwich.
Mais grâce à la malignité d’une gamine, le problème fut rapidement résolu.
Une main féminine palpant le postérieur un peu flasque d’un secrétaire outré, suffit pour laisser passer la rouquine assoiffée. Foie d’Ygerne !


Quelques bières plus tard


Des pieds nus sautaient de table en table, mimant de façon grotesque, après avoir chopé le chapeau du plus beau mâle du lieu, la démarche d’Anatole.
- J’ vous *hips* prierai de profiter des cha*hips*rmes d’mon guguste derrière.
Et la gamine se penche en avant, agitant son divin fessier, sourire aux lèvres.
- *hips* J’sais que saaaaaa percef… perlec… perfection vous attire *hips*
Le tout ponctué d’une bonne rasade de bière piquée au pauvre Anatole qui avait l’honneur d’admirer cette satire.
- mais *hips* faudra comprendre qu'il pied ? à une domestique, et à touuuuutes les *hips* jeunes filles en général.
Regard brillant lancé au beau blond propriétaire du chapeau.
- d’regarder *hips* toute partie atotomique ‘sculine aussi *hips* parfaite soit-elle !
Et de rire à n’en plus pouvoir à l’unisson avec les clients.
- Touuuuurnééé au frais du puceau !

La rouquine se laissa tomber en bas de sa scène improvisée et atterrit dans les bras du pauvre secrétaire. Après s’être amarrée en passant ses deux bras fin autour de la nuque de son compagnon d’infortune, elle plaqua ses lèvres sur les joues blanches du pauvre Anatole et conclut :
- Le blond là-bas m’a causé d’une bicoque sympa ou l’on pourrait pioncer… il’sait pas si elle est à vendre mais veut bien nous faire une p’tite visite guidée ! T’vois qu’j’sais comment faire pour faire causer les gens. Paraît même que sa sœur est pas trop moche et pourrait s’occuper de t’apprendre quelques détails sur la région…

Au moins, n’avait-elle pas totalement oublié la raison de ces instants de liberté inespérés !
--Anatole.
- Hmpf !

Les bras croisés, Anatole boudait. Elle avait délibérément bafoué son autorité, son sens des responsabilités. Évidemment, elle n'en avait aucun, elle. Elle... Elle...


- Hmpf !

Bon, qu'elle veuille gambader partout, passe encore, elle était jeune et comme tous les jeunes enfants, elle ne concevait pas de marcher tout droit, préférant les détours, les retours, les pas chassés, bref toutes ces choses inconvenantes qu'on oubliait grâce au ciel à l'âge adulte. Mais elle, ELLE ! Elle lui avait palpé les fesses ! Est-ce que c'était un comportement enfantin, ça ? Non ! Pas plus que quand elle se jetait au cou de tous les hommes, sauf du sien d'ailleurs, soit dit en passant. Elle se comportait comme une coureuse de remparts, une fille à la cuisse légère, une... Une fille de petite vertu, voilà. D'ailleurs, elle n'avait même pas hésité à proposer des cochoncetés au mari de la blonde, dénotant par là même un espoir outré et un sens de la sauvegarde très limité. Quand même ! Se proposer ainsi à n'importe qui ! Sauf à lui !

- Hmpf !

Non pas qu'il en aurait voulu, n'est-ce pas ? Il était au dessus de tout cela et sa haute conception de la femme le retenait de profiter des faiblesses de ses représentantes les plus faciles. Non, lui il voulait une FÂÂÂÂME, une future mère de famille, sachant cuisiner et prendre soin de lui, une femme qui incarnait la responsabilité. Pas une... gamine nymphomane qui s'accrochait à n'importe qui. Sauf à lui.

- Hmpf !

Et comment voulez-vous représenter dignement votre maîtresse en vous présentant au monde comme une future courtisane en herbe, hein ? Et encore ! Courtisane, si elle y parvenait ! Sinon ce serait vulgairement une prost... une périp... une... une vous savez quoi. Là, elle faisait ouvertement baisser la respectabilité de sa maîtresse, en dansant comme une poularde sur le comptoir. Tss. Sa maîtresse à lui, quand elle montait sur les comptoirs, elle... Elle se vautrait, oui. Bon. Et... Non, bon, mauvais exemple. Mais quand même. Un domestique se doit d'incarner la respectabilité de son employeur, voilà. Si l'on ne respecte pas cette simple règle, c'est la porte ouverte à toutes les choppes.
Il la regarda se dandiner au cou d'un blond (et donc pas son cou à lui, s'il fallait le rappeler) et balbutier des phrases incohérentes.


- Touuuuurnééé au frais du puceau !


Il regarda les regards se tourner vers lui et des "ouaiiiiiiiiiiiis" s'élever.


- Ah non ! Ah non non non ! Je m'oppose ! Je ne suis pas puceau ! Je ne vous permets pas !

Trop tard. Et ce mensonge ne convainquait personne. Dépité, il recroisa les bras et garda un visage fermé jusqu'à ce que la rousse lui plante deux baisers sur les joues.
Encore sous le choc, il ne perçut qu'avec retardement ce qu'elle venait de lui annoncer.


- Le blond là-bas m’a causé d’une bicoque sympa ou l’on pourrait pioncer… il’sait pas si elle est à vendre mais veut bien nous faire une p’tite visite guidée ! T’vois qu’j’sais comment faire pour faire causer les gens. Paraît même que sa sœur est pas trop moche et pourrait s’occuper de t’apprendre quelques détails sur la région…


Avait-elle vraiment crié cette dernière phrase ou son esprit l'avait-il surligné en rouge (ou en rose poney) avec des chandelles clignotantes ? Peu importait à vrai dire. Elle l'avait dit.


- Ah, une bicoque, fort bien. De bonne qualité, j'espère. Vous savez que nos employeuses s'attendent à un certain niveau architectural. Quel âge elle a, la soeur ?
Ygerne
Anatole avait dit oui, c’était la seule chose qui comptait.
En route pour la baraque délabr… le magnifique château, suspendue au bras du beau blond, la gamine gloussait bêtement.

- Oh alors vous avez *hips* pardon… passé la journée à planter des carottes.. c’est d’un passionnant. Dites-m’en plus…Je veux TOUT savoir sur cette activité ludique et enrichissante.

Et buvait chaque mot qui sortait de la bouche du beau mâle.
- Oh vous avez retourné la terre en plein soleil.. vos muscles devaient ruissel… hum luire au soleil… han.. que c’est… beau dans le paysage.

Et re-gloussement et re-niaiserie… les yeux de merlan frit levé sur le jeune pécore qui après une journée harassante sentait le mâle sauvage.
- Hum…. Quel doux parfum. Ça vient de Paris ?

Bref, elle avait totalement oublié Anatole qui marchait à ses côtés. D’ailleurs que pouvait-il bien faire ?

Mais le trio déjà stoppait leur marche devant une bicoque qui sentait bon l’effondrement.

- Oh quelle maaaaagnifique petite masure. N’est-ce pas Anatole ? le style campagnard, le naturel normand… Elles vont adooooorerr. C'est inimitable !

Elle s’approcha de la demeure et évita de justesse une planche qui s’était décrochée de la toiture. Son doigt parcourut le bord d’une charrette sans roue, abandonnée devant l’entrée.
- Il est évident qu’il va falloir faire quelques aménagements. Des géraniums roses aux fenêtres et ça sera PARFAIT ! N’est-ce pas Anatole ? Comment ça y a pas de fenêtres ? Mais qu’importe ! Nous les sèmerons dans ce magnifique terrain bou.. jardin ! Nous avons un expert en plantation de petites graines d’ailleurs.

Elle sautilla jusqu’au bellâtre et s’amarra de nouveau à son bras.
- Faudra me faire un cours particulier… hum…

Mais son regard fut attiré par une silhouette qui se dessinait au loin.
- Oh mais ne serais-ce pas votre maaaaagnifique sœur au loin ? Anatole… Anatole ! là-bas. Vas l’accueillir.. Allez, allez, fais pas le timide pour une fois… moi je vais visiter l’étable avec notre jeune ami.
--Anatole.
Et c'était reparti.

Le babil incessant, les gloussements, les petits rires niais... Comme s'il n'en entendait pas assez au quotidien... Deux ans qu'il suivait une psychopathe arriviste et alcoolique, capable de vous déboucher les oreilles à trois cents pas juste à la vue d'un nouveau modèle de "papier coloré en rose, parfumé à la rose et avec buvard rose qui va avec". Donc non seulement il souffrait au quotidien, mais en plus, elle réussissait à s'entourer d'amies tout aussi cinglées qu'elle, aux cris tout aussi insupportables et pourvues de domestiques du même acabit ET nymphomanes. Pfff. Nymphomanes, sauf avec lui, merci de le rajouter.

Forcé et contraint (parce qu'elle aurait été capable de le planter en taverne juste pour suivre le bellâtre), il avait suivi le couple aussi mal assorti qu'un poney rose avec... qu'un poney rose avec n'importe quoi, voilà. Une rousse nymphomane, complètement oublieuse de ses devoirs d'obéissance et de services et un blond (un blond, non mais quelle idée !) avec des bras plein de gonflette mais des yeux qui se disent bonjour l'un à l'autre. SI ! parfaitement, il louchait ! Si ! Il l'avait vu ! Et en plus il avait des yeux marrons, marrons comme les cochons, parfaitement. C'était bien un signe, hein ? Aucun homme digne de ce nom n'ensorcelle une jeune fille avec des yeux marrons. Il en savait quelque chose, Anatole puisqu'il avait les yeux... oui, bon, marrons aussi, mais avec une lueur beaucoup plus expressive ! Evidemment !

Mais l'autre n'y voyait rien, pendue qu'elle était au cou de l'abruti bigleux. Tsss.

Et pensez-vous qu'elle se serait retournée un instant vers Anatole, ne serait-ce que pour s'assurer qu'il était là, hmm ? Ou juste pour être rassurée qu'il l'accompagne et la défende en cas d'attaque de bigleux ? Non parce que les bigleux se ratent souvent, certes, mais quand même ! Un coup de chance et c'en est fait de vous ! Pfff.
Ou alors, imaginons... Imaginons qu'à défaut de vertu, elle ait un peu de bon sens. Bon, on imagine, hein ? C'est une femme après tout. Donc imaginons qu'elle ait un tantinet de jugeotte. Ben elle aurait vérifié qu'il était là, ainsi que la bourse prévue pour l'achat du manoir ! Heeee oui. Mais là, noooooooon, pensez-vous... "ooooh machin, comme vous êtes muscléééééé !" "ooooooh et vous sentez le mâaaaaaaaaale" "ooooh et j'ai rien à dire mais je vais dire un truc quand mêêêêêême !" Tsss.
Alors qu'il était tout aussi musclé (ou presque) et tout aussi intelligent (voire plus) et moins bigleux (avec la même couleur d'yeux, certes, mais n'oubliez pas la lueur expressive).
Il les suivait donc en se taisant, histoire de montrer à la fois son mécontentement et son naturel supérieur, bien loin des contingences matérielles telles que le plantage de carottes. Non, lui, c'était un intellectuel, il devait donc marcher d'un pas mesuré. Et derrière les autres. Comme ça, il pouvait en profiter pour tenir ses braies que la donzelle en rut avait défaites un peu plus tôt, juste avant de tomber dans le vice et la honte en levant la jambe sur le bar. Il avait sa conscience, lui ! Mais pas d'épingle à nourrice, par contre. Il tenait donc une main dans le dos pour tenir le haut des braies en faisant mine de réfléchir profondément à des problèmes graves.

Il finit par buter dans le couple et leva la tête en ajustant sa tenue pour se donner une contenance.


- Oh quelle maaaaagnifique petite masure. N’est-ce pas Anatole ? le style campagnard, le naturel normand… Elles vont adooooorerr. C'est inimitable !

Bouche bée, il considérait le taudis.


- Mais ! Vous n'y pensez pas ! C'est une ruine ! Une soue à cochons ! Même une truie n'y mettrait pas ses petits !


Une truie avec des yeux marrons en plus.
Mais la rousse continuait son babil arguant que "quelques géraniums iciiiii", "un rideau, là, tenu comme ça et ça vous change tout !" et autres billevesées féminines. Il la prit par le coude et la força à l'écouter en l'attirant à distance raisonnable du blond.


- Vous avez perdu la tête ? Vous êtes saoule, certes, mais dites-vous bien que nos maîtresses, elles, tiennent très bien l'alcool, et quand elles verront cette horreur, elles sauront la reconnaître. Alors vous voulez perdre votre honneur avec un agriculteur, soit, mais par pitié ne vous engagez pas pour cette horreur. Vous trouvez que c'est une maison digne de votre maîtresse, ça ? Hmm ? Vous la considérez donc aussi mal ? J'ai honte pour vous, jeune fille. Il est hors de question que nous prenions un tel taudis pour habitation en Normandie. Si c'est ce que vous appelez un pied-à-terre normand pour noble en goguette, vous êtes vraiment encore plus cruche que ce que ne le croit le bigleux avec vous.


Voilàààà. Lui mettre un peu de graines dans le cerveau. Non mais. Tsss. Des bases solides, y'a que ça de vrai dans l'éducation. Il se rteourna pour en remettre une couche quand il s'aperçut qu'il était seul, la rousse ayant préféré aller cacher sa honte sous son jupon, histoire de faciliter le travail du bigleux. Notez, c'était pas plus mal, vu son déficit visuel, il fallait sûrement lui mettre de grands panneaux "C'EST PAR LA" pour qu'il se débrouille, ce gros nigaud.
Il remonta ses braies d'un petit geste rageur et regarda la forme qu'elle avait vaguement désigné sur la route.
La soeur...
Il arrangea un minimum sa tenue et chercha désespérément un endroit où s'appuyer pour ne pas avoir à tourner le dos à l'arrivante et lui offrir le spectacle de ses fesses charnues à souhaits, mais découvertes.
Manquant trébucher, il s'appuya à une poutre et sentit tout l'édifice trembler en même temps.


- Un air dégagé, vite.


Dégagé ou occupé ? Il fronça les sourcils, les défronça, leva la tête, la rebaissa, fit mine de regarder sa botte, releva la tête, la rebaissa en voyant la sœur approcher et n'osa plus la relever pour ne pas montrer la rougeur qui s'installait sur ses joues. L'air naturel, voilà. Occupé.

*crraaac*

Bon, et surtout ne plus bouger. Ses braies s'étaient manifestement prises dans un clou rouillé. Si ça se trouve il venait de contracter le tétanos. Garder l'air occupé. Voilàààà. C'était la solution. L'air occupé et ne pluuuuus bouger du tout les fesses. Voilà, c'était le b a ba de la séduction.
--Boulette
Et il passa par là....

--Lisonette
Lison le laideron !
Lison le laideron !
Lison ressemble à un cochon !
A un cochon aux yeux marrons !


Bande de sacripants ! Retournez vous occuper de vos cochons et laissez moi tranquille !

Elle faisait sa fière, mais en vérité la jeune femme était on ne peut plus attristée par les réflexions que lui faisaient tous les jours les enfants du bourg.

Et puis elle n'était pas si moche, si on y regardait de plus près. Des cheveux blonds filasses, retenus par un foulard sinon ils avaient tendance à venir s'aplatir en masse collante sur son front ; une bouche en cul de poule, qui pouvait donner un charme certain si on était un coq en rûte ; un nez épaté, suite à une chute qui lui avait cassé à ses quinze printemps ; des dents du bonheur, pour lui porter chance ; la peau sur les os à force de travailler chez une forcenée qui ne lui laissait pas de répit ; et un visage clairsemé de tâches de rousseurs pour magnifier l'ensemble.
Oui, Lison était plutôt jolie. De loin et avec un mouchoir sur la tête. Mais quand même.

Un panier à la main, la jeune femme d'une vingtaine d'année, veuve depuis quelques mois après que son mari se soit pris une charrette sur le coin de la figure, revenait de la forêt par le petit chemin de terre menant à la masure abandonnée. Et elle bougonnait, comme toujours.
Elle bougonnait parce qu'elle avait trois enfants en bas âge à s'occuper, cadeau laissé en souvenir de son défunt mari, la bonne blague. Ben oui, histoire qu'elle ne s'ennuie pas trop. Du coup, elle avait trouvé emploi chez une nobliotte du coin, une sale teigne qui ne faisait que lui crier dessus : "et allez me chercher des fleurs jaunes, je veux m'en mettre une dans les cheveux" " "je veux des champignons, mais qui sentent pas le champignon" "je veux une robe violette avec des manches bouffantes et un nœud" "et je veux, je veux, je veux..."
Bref, un vrai tyran.

Toute façon les nobles, c'était tous les mêmes, pour le peu qu'on pouvait les croiser dans le coin. Un air hautain, des habits plein de couleurs, des chiens débiles qui aboyaient tout le temps, des mots auxquels on ne comprenait rien.
Et puis, vas-y que je te fais croire que j'aime ma femme alors que les pervers allaient trousser les pauvres bonnes en train de taper le linge au lavoir ! Et ces gourgandines qui mâtaient les valets et garçons d'écurie en plein labeur. Tous des pervers ! Lison en cracha de dégoût par terre, pour le coup.

La dernière lubie de son employeuse étant d'aller lui trouver des jeunes fougères à peine sorties de terre pour, je cite "décorer ma table de nuit, c'est si mignon ces petites plantes mais pas trop grandes, après j'aime plus", Lison se trouvait donc là, sur ce chemin, le panier plein de ces fougères ramassées et qui finiraient sans doute écrasées au sol dans à peine une heure.
Son regard fut cependant attiré par un groupe de personnes, dans lequel elle reconnut son frère. Et surtout, surtout, dans lequel se trouvait un homme. Un homme seul. Appuyé à une poutre. Un homme. Et c'est qu'il était mignon en plus.

Voilà bien longtemps que Lison n'avait eu l'occasion de côtoyer un homme. Depuis la mort de son mari, elle se tuait au travail, n'allant plus au bal du village. C'était son frère qui lui apportait la nourriture pour elle et sa famille. A la limite il y avait bien l'écuyer de la noble qu'elle servait, mais celui-ci n'avait d'yeux que pour la cuisinière. Alors un homme. Seul... Un homme rien que pour elle, là.
Elle n'irait pas jusqu'à se mettre à baver, non, mais c'était limite. La paysanne se demanda au bout de combien de temps pouvait-on raisonnablement être à nouveau courtisée par un homme après un veuvage. Ou culbutée dans la paille pour un premier contact, ça lui irait aussi. Et puis le coquin avait une technique bien à lui pour lui faire les yeux doux et l'attirer dans sa couche. Les sourcils qui se froncent, la tête qui se baisse, les joues qui rosissent, autant de signaux d'alerte qu'elle ne pouvait ignorer. Sans doute l'avait-il vu arriver de loin et était-il tombé sous le charme irrésistible de Lison, ça ne pouvait être que ça.

Poitrine en avant, elle s'approcha donc de l'homme, saluant son frère qui faisait le joli cœur auprès de la rouquine.
Grand sourire charmeur, autant que faire se peut, elle roula des hanches et alla se coller à lui. Panier posé au sol, Lison appuya une main sur la poutre et passa la langue sur ses lèvres. Méthode de séduction assurée. Pour sûr, il saisirait le message.


Bonjour messire.

Oui, elle avait entendu les nobles parler entre eux et ça donnait à peu près ceci.

Je m'appelle Lison. Comme le liseron mais avec deux lettres en moins.
Vous êtes étranger c'est ça ? Je n'ai jamais eu le plaisir de vous croiser au village.

Et une main qui vient attraper le col de la chemise, zieutant du coin de l'œil le frérot. S'agirait pas qu'il la surprenne avec un autre homme, sinon c'était la bastonnade assurée. Mais pour l'instant la rouquine à moitié allumée et à moitié dans son lit semblait attirer toute son attention.

Je suis sûre que vous venez de la capitale, Lyon. J'ai raison n'est-ce pas ?

Oui, bon, on est pas tous égaux devant la géographie et la culture générale.

Ou alors d'un pays étranger lointain... l'Anjou peut-être ?
Il paraît que là-bas les guerriers sont féroces et sauvages. Êtes-vous l'un d'entre eux ?


Et de saisir le menton d'Anatole entre ses doigts.

Parlez-vous notre langue, bel homme étranger ?
--Anatole.
Du calme, du caaaalme... Elle était à quelque pas, elle allait approcher, lever timidement les yeux, croiser le regard désinvolte d'Anatole et succomber, mais de façon charmante, un peu à la "ciel, je défaille ! Vite, mes sels, dégraffez un peu mon corsage, vous êtes mon sauveur, marions-nous, pour les enfants j'ai les prénoms et on est invités dimanche chez ma mère". Non, à la réflexion, elle éviterait l'évocation d'une belle-mère éventuelle, ça ne se fait pas pour une première rencontre.
Quand il se sentit prêt, il leva les yeux.


- Juste cieeeeeeeeeeeeel !


Il ne put retenir un léger cri de dégout. Elle était... trèèèèèèèès... mais alors... trèèèès... Vraiment, hein.
Bouche bée, il la vit s'approcher de lui et le coller, non, l'acculer ! contre le poteau.
Avalant avec peine sa salive, il l'écouta d'une oreille tout en cherchant un moyen de s'échapper sans dévoiler son postérieur.


- Bonjour messire. Je m'appelle Lison. Comme un laideron mais avec deux lettres en moins. Vous êtes étranger c'est ça ? Je n'ai jamais eu le plaisir de vous croiser au village.

Laideron ? Elle avait vraiment dit laideron ? Non, il avait mal entendu. Mais quand même... C'était bien trouvé. Coincé contre le poteau, il tentait vainement d'échapper à l'haleine de l'agresseur en jupons.

- Gnnn... Gne vous demande pardon, gn'ai un rendez-vous, gne ne suis pas disponible...

Rien à faire. Elle continuait de le presser et de le menacer avec un doigt contre sa gorge. C'était une menace, hein ? Quand son employeuse pointait sa gorge avec un doigt ça voulait dire qu'il avait 10 minutes pour corriger le tir avant de mourir. Ça devait être un truc féminin.


- Je suis sûre que vous venez de la capitale, Lyon. J'ai raison n'est-ce pas ? Ou alors d'un pays étranger lointain... l'Anjou peut-être ?
Il paraît que là-bas les guerriers sont féroces et sauvages. Êtes-vous l'un d'entre eux ?

- Gnnn... Gne suis limousin, gne ne suis pas à proprement parler étranger... Gne... Gn'ai besoin d 'air par pitié...
- Parlez-vous notre langue, bel homme étranger ?


Paniqué, il la regarda les yeux exorbités. En plus elle était sourde. Sourde comme un pot. Il allait mourir là, massacré par un laideron en jupons, à l'haleine affirmée et sourde. Chienne de vie.
Il réfléchit à toute vitesse. Il devait y avoir une solution, quelque chose !
Il jeta un coup d'oeil vers la grange et s'illumina soudain.


- HIIIIIIIIII ! euh... YGERRRRRNE ! Nous devons partir ! Nous sommes attendus ! VIIIIIIITE !

Se faisant, il repoussa la main de l'assaillante en s'efforçant de ne pas croiser son regard et commença à glisser latéralement vers la sortie.


- Vraiment, damoiselle, je suis navré... Hou la la... Mais je ne peux m'attarder. YGERRRRRRRRRRRRRRNE !


Paniqué, il regardait vers la grange.


- La soeur de votre ami est présente, je pense que vous pouvez resortir, vous devez bien avoir fini, là ! Ravi de vous avoir rencontré, vous êtes un fier exemple de votre belle nation normande. Forte comme une armoire et... Et vraiment, VRAIMENT euh... immonde. Je veux dire gironde. Voilà. YGEEEEEEEEEEEERNNEUUUUUUUUUUUUUH !
Ygerne
- Hihihi la grange… mais comme c’est romantique la visite de la grange.. oh si je veux m’allonger ? Y a pas de tabouret.. ?ah ça se fait comme ça… d’accord d’accord.. c’est bon voila je m’allonge.
….
- Oh pas besoin de me pousser comme ça… soyez pas si pressé voyons… voila voila j’suis allongée, vous êtes content ? La, les jambes devant, jupe arrangée et tout.. oh mais qu’on est bien n’est-ce pas merveilleux… parlez moi de vos hobbies.
….
- Hum… je veux pas faire ma pénible, mais il fait un peu chaud alors faut pas vous sentir obligé de me coller comme ça. J’aime bien l’odeur du mâle mais j’ai de la peine à respirer la… vous comprenez je humm mmh hummm hummm… oui je disais j’avais pas besoin de bouche à bouche… je hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii un rat !
….
- Non c’est bon il est partit, je vais me rasseoir dans la botte de foin. Mais euh… vous… tu pourquoi tu me coinces contre la paroi… y a un danger.. ? Y a un autre gros rat ? non mais je croyais qu’on devait discuter d’un tarif pour l’achat de la maison mais je grrmmmmmpfff…
….
- J’sais qu’il fait un peu chaud mais laissez ma jupe tranquille… non mais je promets j’ai pas envie de la retirer… on devrait pas aller rejoindre Anatole et votre sœur… ? non parce que je le connais cet homme là…. Pensez à la réputation de votre sœur, il est capable de tout...
....
- HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII *claque* non mais ! mais ! Otez votre sale main de mon décolleté je vous prie… nous avons à peine fait connaissance… je sais même pas si vous aimez le rose ! je… je… et puisque c’est comme ça vous pouvez la garder votre maison !

D’un pas décidé, les cheveux hérissé, la jupe froissée, Ygerne sort de la fameuse grange et attrape au passage le bras d’un Anatole qui s’égosillait à l’extérieur…

- Bon ça va, j’suis là.. pas besoin de crier comme ça… allez on part.. c’est des SAUVAGES par ici…

Elle ne put pourtant s’empêcher de poser ses yeux sur les fesses du pauvre secrétaire mais, pour une fois, ne fit pas de remarques préférant s’accrocher à son bras en regrettant son comportement puéril qui les avait mis l’un et l’autre dans une situation délicate.
- Je crois que tu avais raison.. on trouvera une maison mieux ailleurs et je hum… ne discutons plus et filons ! Je crois que la blondasse revient à l’attaque.
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