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[RP] Quand l'esprit quitte le corps

Erwelyn
Paris, encore

Ces derniers temps, la mainoise passait le plus clair de son temps en la capitale, lui rappelant les longues années de tenue du poste de chambellan en Maine. Les réunions au sein du salon des diplomates, les soirées arrosées d'alcool et de nourriture à s'en faire péter la panse.

Derrière la sombre petite lucarne, le soleil essaie de percer pour aller se poser délicatement sur un bras qui dépasse. Il vient d'abord mordre les doigts, puis remonte le long d'un poignet débarrassé de son gant pour la nuit, laissant apparaître une main amochée par une vilaine chute lors d'une nuit de garde sur les remparts du Mans. Il grimpe ensuite pour aller titiller le visage, recouvert partiellement d'une chevelure en bataille, que d'aucun qualifierait de blond foncé, mais que Lynette s'acharnait à appeler châtain.

Lentement, la mainoise se réveille, étirant un bras, une jambe, baillant à s'en décrocher la mâchoire. Un œil s'ouvre, puis le second. Et un sourire vient se ficher sur le visage de la Corleone, nièce de la Belladone la plus connue du royaume. Elle sourit car elle sait que la journée qui l'attend va être des plus intéressante. Vincennes l'attend.
Depuis peu, la mainoise s'est découvert une passion pour les joutes. Malgré qu'elle tienne bien en selle, il lui est encore difficile de faire mouche à tous les coups avec sa lance. Et elle espère qu'elle pourra trouver conseil auprès des nombreux cavaliers émérites qui se trouvent en la capitale.

Apprêtée, Lynette se rend auprès de Tralala, à qui elle chuchote à l'oreille avant de monter en selle :


Aller Tralala, en route. Et tâches de me rendre fière de toi.

La cavalière fait alors route vers Vincennes, parcourant les lieues séparant le domaine de l'île de la Cité seule. Ygerne est restée à l'auberge, nul besoin de sa chambrière pour ce genre de journée. Et puis la petite a bien droit à un peu de repos, elle, si dévouée. La rousse veillera sans aucun doute sur Poneybouboule, avec qui elle entretient une relation qui laisse Erwelyn perplexe.

Mais arrivée aux alentours de Vincennes, encore entourée de l'épaisse forêt, une première douleur violente vient lui vriller le crane, la faisant vaciller sur sa monture. S'accrochant aux rênes, Lynette essaie de stopper Tralala, qui redescend au petit trot, alors même qu'une deuxième revient à la charge.

Essayant de se glisser au bas de sa jument, elle se tient la tête, voulant arracher le hennin qui l'enserre. Les douleurs étaient revenues depuis peu, alors qu'elles l'avaient laissée tranquille durant de longs mois. Peut-être était-ce dû à sa dernière chute lors des joutes de Valençay. Un genou atterrit à terre, souillant la robe violine enrubannée de rose par de la boue collante. La main droite le rejoint, crispant ses doigts sur une pierre. Et son cerveau la lâche, le traitre. Malgré tout son acharnement à la retenir, la crise vient la frapper de plein fouet, l'envoyant valser au sol. Son esprit plongé maintenant dans un autre monde, son corps lui, est secoué de spasmes violents. La langue est mordue, l'empêchant de justesse de s'étouffer avec. Une mort des plus idiotes, s'étouffer avec son propre corps…

Peu à peu, elle rejoint le monde des vivants, protégeant d'une main salie par la boue les yeux agressés par la lumière vive de l'astre solaire. Le mal lui vrille le crâne, et c'est recroquevillée sur elle-même que Lynette essaie de calmer les battements de son cœur. De noble, elle n'en a plus que le titre. L'allure est sale, maculée de gadoue visqueuse, le visage est crispé, accueillant des larmes brulantes lui courant le long de la joue.
Et pour une fois, Tralala ne s'est pas enfuie. Son museau se baisse et vient caresser les cheveux collés de sa maitresse échappés de la huve, faisant courir un souffle chaud le long de son cou.

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Guillaume_de_jeneffe
Vincennes, encore...

Quand il était à la capitale, Guillaume avait l'habitude de partager son existence entre trois endroits. La tour Saint-Michel, bastion de la fortification urbaine et propriété de l'Ordre royal de la Licorne depuis quelques années maintenant, depuis un Chapitre parisien dont l'assistance avait une réelle propension à disparaître petit à petit. Le palais et les bureaux du Louvre, où l'appelaient ses fonctions royales et les divers conseils auxquels il était de ce fait conviés. Et enfin Vincennes, là où se réunissaient chasses et écuries royales.

Aussi, en ce jour, hasard des hasards, vous en conviendrez vous-même si vous êtes de bonne foi, le chevalier de Jeneffe avait décidé de prendre la route de ce dernier endroit, bien aidé il est vrai par un narrateur qui se décidait enfin à pointer le bout de son nez dans les (més)aventures de la demi-Corleone. Qui plus est, c'était de la première courtoisie, au vu de ce qu'il advenait de cette dernière, même si le Grand Escuyer de France était bien – le pauvre – à cent lieues de se douter de ce qui l'attendait. Sans ça, nul doute que le récit eût été bien différent.

Bref, tout cela pour dire qu'accompagné de deux hommes d'armes – des Flamands qui avaient l'avantage de ne pouvoir être achetés vu que personne en Île-de-France ne devait parler ce charabias que les principaux intéressés avaient l'outrecuidance de nommer langue –, notre héros – oui, oui, même pour une balade tout ce qu'il y a de plus banal et médiocre, il faut un héros – s'éloignait peu à peu de la grouillante Cité d'Eudes. Car le gouvernement du royaume n'était pas tout, il devait également veiller à l'avancement des travaux menés par ses subordonnés.

Mais, comme souvent quand on prend la décision d'abandonner les tavernes pour se décider à rejoindre un bureau, un imprévu se faisait jour. Imprévu qui prenait ici les traits d'une agression visuelle à peine adoucie par la boue qui la couvrait partiellement. Du rose ! Et pourquoi pas du pastel tant qu'on y était ? A-t-on idée de se vêtir de la sorte et, qui plus est, de survivre assez longtemps pour infliger cette torture sensitive aux autres ? Pour un peu, Guillaume en aurait vomi son quatre-heures. Mais vu qu'il était encore tôt et qu'il n'avait donc que peu mangé – et bu fort peu – il ne rendit rien à l'air matinal, se contentant d'un haut-le-cœur particulièrement pas classe. Mais vu que la rosée était trop occupée à se vautrer dans la boue – et on remarquera au passage que le vicomte ne pense même pas, à ce moment, à l'intérêt esthétique et philosophique que pourrait représenter l'affrontement de deux représentantes du beau sexe dans ce mélange de terre et d'eau – et que les Flamands venaient d'un pays terriblement sous-développé dans le domaine des bonnes manières, personne n'y prêta attention. Le monde est bien fait quand même, pour les narrateurs omnipotents...

Prenant appui sur le devant de sa selle – tel le John Wayne de la grande époque –, le seigneur de Wavrin – là, je commence à arriver à cour de synonyme, et ça doit commencer à se remarquer – évita bien prudemment de glisser de cheval – la dernière fois qu'il avait aperçu une damoiselle en détresse et qu'il avait tenté de lui porter secours n'était pas particulièrement un bon souvenir... Tout au plus lança-t-il un :
« Ohla, damoiselle. Un souci ou est-ce votre pleine volonté de vous coucher ainsi, bercée par un museau chevalin ? »

Pour le coup, il n'était pas plus noble dans son approche que ne l'était Erwelyn dans sa prostration...
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Erwelyn
[J'ai beau être matinale, j'ai mal...]

Lynette et la boue, acte trois-cent soixante-huit.
Vous avez connu Lynette dans la boue à la soule, frissonné lors de Lynette dans la boue à la recherche du Jolan perdu, rit dans Lynette qui atterrit dans la boue en essayant d'éviter un sanglier à la chasse, régalez vous maintenant dans Lynette et le chevalier de la Licorne, un épisode qui va être trop bien. Si vous avez manqué les épisodes quarante-deux, vingt-huit, cent-trois et quatre-vingt douze, n'ayez crainte, vous pourrez suivre celui-ci sans soucis.

Les battements de son cœur s'étaient petit à petit calmés. La lumière semblait moins vive. La douleur s'estompait, ne restait plus que des mâchoires endolories de s'être trop crispées et une langue gonflée d'avoir été mordue. La mainoise savait qu'il s'était déroulé quelque chose d'étrange, mais elle était bien incapable d'expliquer en détail ce qui avait pu se passer durant ces courts instants.
Soupirant, elle resta là, allongée comme sur sa couche. Lynette et la boue, c'était une longue histoire, on vous l'a déjà dit. Et elle y serait restée plus longtemps encore si des bruits de sabots ne l'avaient pas obligée à s'en dépatouiller.

Se relevant sur un coude, la mainoise observa la petite troupe arriver, priant pour que ce ne soit pas quelqu'un de mal attentionné, qu'elle aurait eu bien du mal à faire fuir en l'état. Oui bon, qu'elle aurait eu du mal à faire fuir dans n'importe quel état d'ailleurs. Quoiqu'une fois elle avait tout de même réussi à faire fuir un brigand qui... mais enfin, c'est une autre histoire qu'on ne va pas raconter maintenant.
La mainoise aurait préféré voir arriver un marchand, ou bien un poney rose, mais c'était bien sa veine, voilà que c'était un nobliau – ah mince, elle en était elle aussi... mais bon, que dame et pas de sang bleu, aussi pouvait-elle se permettre encore de traiter mentalement les nobles croisés de la sorte – qui se pointait juste là, sur ce chemin, alors même qu'elle pataugeait joyeusement dans une marre collante.

Ah et à priori elle était tombée sur un malin. C'était bien connu que les gens se vautraient dans la boue pour le plaisir voyons...
L'avantage de se retrouver des centaines de fois dans ce genre de situation – par exemple foutre en l'air le pourpoint neuf d'un chancelier à peine rencontré avec du vin rouge ou balancer une chouquette collante sur un ambassadeur royal – c'est que les explications viennent seules et sans réfléchir, le plus naturellement possible. Encore sonnée, elle répondit comme elle put à son interlocuteur, bégayant quelque peu.

Bien... bien sûr... je... prends un bain de boue tous... tous les matins, c'est très bon pour la peau, vous devriez essayer. Bon d'habitude je... j'enlève au moins ma... ma robe mais là j'étais pressée par le temps.

Et c'est toujours allongée au sol qu'elle l'observa quelques instants, dessinant un poney rose dans la boue d'un index tremblant, ganté de noir.
Les nobles, c'était pas censé mettre pied à terre et venir porter une main secourable à une damoiselle remplie de bouillasse ou c'était que dans les contes idiots qu'on racontait aux enfants ? Et si elle avait été attaquée par un dragon, il aurait fait quoi hein ? Ah, on vit vraiment dans une sale époque, y a plus de respect ma bonne dame.
Bon mais à la limite tant mieux, elle était quand même fière la Corleone – poney rose porte bonheur à huit doigts, et aurait repoussé toute main qui se serait tendue vers elle. Et oui, les femmes c'est d'un naturel compliqué, c'est comme ça.

Aussi, elle s'invectiva toute seule dedans son for intérieur à elle : Lève-toi et marche !
C'était du déjà vu, mais ça avait pour mérite de fonctionner.
Chancelante, Lynette s'agrippa aux rênes qui pendaient pour se relever, essayant de garder une attitude noble alors que ses poulaines dérapaient dangereusement, à la limite de la renvoyer valser au sol.

Enfin debout, essayant d'occulter l'image qu'elle pouvait bien donner, la mainoise, ayant retrouvé une élocution à peu près normale, s'embarqua alors dans une grande explication qui n'avait pour but ultime que d'embrouiller l'homme qui se tenait devant elle.

Voyez-vous, j'essaie de dresser ma jument, c'est une nouvelle technique. Je me jette au sol pour voir si elle est capable de me relever et me remettre en selle. Oh évidemment ça prend du temps. Là nous en sommes au stade du reniflement de cheveux, mais c'est déjà bien ! Car au début elle essayait surtout de me les brouter. Mais je lui ai expliqué ce que me dit tout le temps ma chambrière : manger des cheveux, ça fait des nœuds dans l'estomac. Je ne sais pas si ça a été prouvé d'ailleurs, mais rien que l'idée me fait frémir. Des nœuds dans l'estomac, brrrr... J'ai entendu dire que les vaches avaient plusieurs estomacs d'ailleurs. Si elles mangeaient des cheveux, dans quel estomac les nœuds se feraient vous croyez ? Peut-être dans tous remarquez... Il faudra que je demande à Ygerne, elle doit être plus au fait que moi sur le sujet. Je ne sais même pas combien d’estomacs ont les chevaux, hmm.

Elle aurait bien continué plus avant, mes ses yeux se plissèrent du mal de tête qui ne la quittait pas. En plus elle en avait remis une couche avec son long monologue. Et puis, il lui fallait surtout remonter sur son cheval. Et pour l'avoir déjà testé, toute la difficulté était de le faire avec une robe remplie de boue qui pèse une tonne. Aussi, elle resta plantée là, devant Tralala, essayant de trouver le meilleur angle d'attaque pour remonter en selle, sentant le regard du cavalier, qui devait sans nul doute se demander sur quelle illuminée il était tombé, posé sur elle.
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Guillaume_de_jeneffe
Sous le poids des mots et le choc des images, c'était le cerveau du chevalier qui, comme l'assise de la Corleone, faiblissait. S'il s'était attendu à cela, peut-être n'aurait-il jamais cherché ce raccourci que, pour son malheur, il trouva. Car là, le scepticisme trouvait une nouvelle illustration sur le visage flamand. Comment, alors qu'on avait toutes les peines du monde à reprendre une attitude un tant soit peu correcte, pouvait-on s'empêtrer dans un bla-bla des plus indigestes ? Comment et pourquoi, surtout ? On a bien raison de dire que la femme est un mystère pour l'homme car dans ce cas précis Guillaume n'y entravait que dalle. Enfin, il paraît qu'heureusement souvent femme varie...

C'était donc un spectateur assez perturbé – mission accomplie Lynette ! – qui assistait sans réellement comprendre au réveil d'un poney rose. Car il lui était strictement impossible d'agir dans quelque sens que ce soit. Parce qu'un pénible souvenir ne s'effacerait sans doute jamais et aussi parce que rien dans ce qui lui était donné de voir ne lui semblait normal. N'eut été le sexe de son interlocutrice, il aurait sans doute tourner bride, mais sa courtoisie venait le disputer à son naturel instinct de conservation.

Hélas pour lui, les choses ne semblaient pas vouloir s'arranger d'elles-même. Car si lui demeurait sceptique, la rose (em)bouée avait choisi de réfléchir immobile. Pourtant – tuedieu ! –, ce n'était pas bien difficile. Un pied dans l'étrier qui vous fait face – idéalement le droit dans le droit ou le gauche dans le gauche, du moins si on voulait chevaucher en marche avant –, une traction sur l'arçon et hop, vogue la galère. Voire, en amazone, poulaine gauche dans étrier droit ou droite dans le gauche, traction sur la selle, demi-tour et c'est parti. Voire une grande fourche sous les aisselles, un point d'appui et qu'on me donne un levier, je soulèverai le cavalier.

Rajoutez à tout cela qu'elle était encore moins ragoutante que la dernière des catins des marais poitevins ainsi recouverte de boue et vous comprendrez que la noblesse du vicomte avait eu le bon goût de prendre la tangente d'escampette. Alors, pour faire comme si que en fait parce que même, il se força à répondre :
« Oui, certainement », remarque parfaitement pertinente quand on n'entrave rien à ce qui se dit, tout autant qu'un « c'est pas faux » qui aurait été à sa place vues les circonstances, « d'autant plus que vous n'avez pas l'air d'être quelque bouchère égarée loin de la place de Paris. Notez bien qu'à vous voir ainsi hésiter, on pourrait se demander si vous savez véritablement ce que vous vous apprêtez à faire ».

Il n'en était pas – pas encore – à proposer son aide, mais tout au moins aurait-il poursuivi le dialogue, ou plutôt l'embryon de dialogue. Fatale erreur car cela l'avait conduit à réellement porter son attention sur la cavalière démontée. Quoique porter son attention était peut-être beaucoup dire. Il aurait mieux valu écrire essayer de déceler des traits humains sous le masque de boue. Pour un peu, même un chevalier noir qui gardait un pont un heaume sur le crâne aurait été plus facilement reconnaissable. Elle n'avait pas l'air vilaine, mais on ne pouvait guère en dire plus, ce qui n'était pas sans décevoir le Flamand – dont l'âge était loin d'avoir amoindri son amour des dames. Un Flamand vert en somme...
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Erwelyn
Ce regard, la poney rose ne le connaissait que trop bien. Même si elle était encore dos au chevalier, elle sentait le poids de celui-ci, qu'elle avait croisé mainte et mainte fois depuis qu'elle pratiquait les poneys roses – le regard, pas le chevalier, vous suivez ? Ces années passées à vivre aux côtés de Mahaut et Orka avaient développé un sixième sens, celui qui vous permettait de comprendre et de participer à une conversation sans queue ni tête, sans jamais avoir l'air paumée. Et au final, la mainoise finissait par s'amuser de tous ces gens croisés qui n'y entravaient goutte et les prenaient pour des dingues. Qu'importe, Lynette sentait bien de toute manière qu'elle perdait elle aussi les pédales depuis sa chute, et aujourd'hui elle n'avait même plus besoin de réfléchir pour raisonner de la même manière que les demi-sœurs, filles de papapair.

Aussi, c'est tout naturellement qu'elle se tourna vers le cavalier, toujours haut perché, après sa première tentative de prise de parole. Clignant des yeux - ou tout du moins en essayant parce qu'une fois la boue séchée sur le visage, il était presque impossible d'effectuer un mouvement – elle l'observa quelque peu avant de prendre la parole.


Oui... oui quoi ? Oui les chevaux ont plusieurs estomacs ou oui les cheveux font des nœuds dans les chevaux ? Il faudrait être un peu clair dans vos réponses, ça peut prêter à confusion. Surtout si vous connaissez la réponse, je préférerais que vous l'énonciez clairement.
A moins que vous soyez du genre à couper les cheveux en quatre ?


Elle n'avait jamais trop compris cette expression mais sentait que c'était le bon moment de la placer, celle là. Une fois la bouche du chevalier refermée, Lynette renchérit, les derniers neurones de son cerveau l'ayant lâchement abandonnée depuis quelques instants.
Mode poney rose on, donc.


Ah oui je vois, vous avez l'air de bien vous y connaître en bouchère vous c'est ça ? Du genre que les bouchères se jettent dans la boue tous les quatre matins ? Enfin, c'est une expression hein, elles vont pas compter quatre matins et y aller consciencieusement à chaque fois. Et bien non mon bon monsieur, imaginez un instant le temps qu'elles perdraient si elles devaient faire ça tous les matins ! Dites… ça ferait pas un moment que vous avez pas vu de bouchère vous ?

Et le visage de Lynette de se tourner de gauche à droite, l'air contrit. Les habits de l'homme montraient bien que ce n'était pas le premier péquenot venu, ça ne l'étonnait donc pas plus que ça qu'il croit que les bouchères se roulent dans la bouillasse régulièrement. Rha là là, ces préjugés de nobles franchement ! Finalement, la mainoise était bien heureuse d'avoir eu une éducation de pure gueuse par sa maman Corleone, au moins elle avait conscience de ce qui se déroulait dans la vie de tous les jours du peuple d'en bas.

Une main un peu plus sûre que quelques minutes auparavant se posa alors sur la croupe de sa jument. Levant le menton, la mainoise continua à apostropher son interlocuteur, qui ne semblait pas avoir envie de passer son chemin et continuait à l'étudier avec le plus grand soin.


Et laissez moi vous dire que je sais très bien ce que je fais, ça fait partie du dressage justement. Figurez-vous que je suis arrivée en demi-finale des joutes de Valençay alors je connais mon cheval hein ! Même que j'ai collé ma future belle-fille au sol, et ouais !
Parce que je vois très bien comment que vous me regardez ! Mais vous avez déjà essayé de monter sur un cheval avec une robe pleine de boue peut-être ? Et le machin qui sert les mollets là et tous ces nœuds ? Et le bidule sur la tête qui pèse une livre ? Et tous les froufrous ? Et bien non, je suis sûre que non.


Vrai quoi ! Ces hommes alors ! C'était facile pour eux, une paire de braie, une chemise, et c'était parti. Les femmes elles, devaient se supporter des plombes de coiffure pour avoir deux gros macarons sur les côtés, et bien symétrique hein, sinon faut tout recommencer, du maquillage qui colle au visage quand il fait chaud et qui dégouline quand il pleut, sans compter les multiples nœuds à attacher un peu partout.
Alors zut !


Là, Tralala va se coucher bien sagement et je vais monter sur son dos. Il lui faut juste un peu de concentration.

La pression sur la croupe se fit plus forte, ce qui eut pour effet sur Tralala de lui faire tourner la tête et de s'attaquer consciencieusement aux cheveux de Lynette.
Les dégageant en fronçant les sourcils, elle continua à appuyer, posant un regard insistant sur le Vicomte.


Le problème c'est qu'elle sent bien qu'il y a un esprit sceptique dans cette forêt…

Lynette laissa tout de même tomber quand sa jument se mit à mâchouiller son hennin plein de boue.

Bon sinon la deuxième étape est qu'elle aille me chercher ces rondins là-bas pour en faire un mini escalier…
Aller Tralala, va chercher !


Silence.
Un réveil de poney rose qu'il disait ?

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Guillaume_de_jeneffe
Tuedieu, elle l'avait démasqué. Elle avait compris qu'il entravait queue d'poire à ses élucubrations. Le voila bien mal pris, l'honorable et respecté - si si j'vous jure, ya des gens pour dire ça du Flamand, ça se voit que se coltiner des casques qui vous martèlent la tête à longueur de journée ça aide pas aux développements des cellules grises, quoi qu'en cellules grises, à voir leur consommation de binouze, les Flamands devaient pas être dépourvus - Grand Escuyer de France et tout un falbalas de trucs plus ou moins utiles. Utiles en tout cas à lui assurer un certain confort matériel qui, visiblement, n'était pas le souci actuel principal de son interlocutrice.

Heureusement, celle-ci avait eu la bonne idée de continuer à l'ouvrir en grand. Et même si le sens de ses propos devait avoir à peu près autant de pertinence que la réponse de Jean le Tanneur à "Pourquoi les chats goûtent-ils le lapin?", ça permettait de détourner la conversation. Quoique, quand on voyait où ça aboutissait, pas sûr que ce soit une bonne nouvelle.

Car v'la-t'y pas que la boueuse en était à faire de son cheval un chien de chasse de batons de bois. Genre ce que même un gosse de trois ans bercé trop près du mur aurait spontanément rangé dans la catégorie "débile" voire "inutile". Résultat: Le Flamand offrit une subtile combinaison - d'une élégance rare, il faut le dire - de sourcils haussés et yeux fermés, le tout ponctué d'une dénégation de la tête. Enfin, heureusement que ce n'était pas sa fille à qui il s'adressait, sans cela, il serait allé se commander trois mètres de chanvre. Et pas pour y mettre le feu...


- Soit. Je crois que vous ne nous laissez guère le choix. Remontant ses gants de cuir, il se glissa ensuite de cheval, pour se rapprocher de la Corleone. "Peut-être serait-il plus facile pour tout le monde que je vous aide. Et pas en portant vos parures pour voir si, effectivement, cela est impossible". S'inclinant légèrement, il désigna ses propres épaules d'un rapide coup d'oeil. "Prenez appui sur mes épaules, il devrait vous être plus simple d'arriver à l'étrier de la sorte".

Encore un qui risque de regretter sa galanterie...
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Erwelyn
Il était grand, il était beau, il sentait bon le sable cha…
Hmm, non, il sentait surtout le cuir et la sueur qui a bien mariné sous les vêtements. Et il avait le regard moqueur, le bougre…
Si ça avait son papa, elle aurait pris ses jambes à son cou et se serait sauvée dans l'autre direction en laissant là sa Tralala.

Mais heureusement, ce n'était pas lui et elle n'eut par conséquent pas à lui cracher à la figure avant de le remercier de ce geste fort galant qu'il s'apprêtait à faire. Surtout si l'on songeait à l'état dans lequel allaient se retrouver ses habits. Et euh, aussi une partie de sa figure…
Essayons d'expliquer en détail la scène qui suivit cet acte de bonté.

D'abord, la Corleone remercia comme il se doit le Vicomte, tout de même. Elle n'avait pas passé tant d'années en ambassade pour omettre ce genre de politesse.


Vous êtes bien zaimable, je vous remercie. Je continuerai mon dressage une autre fois et accepte votre épaule en aide.

Et un sourire craquelé qui aurait fait fuir tout homme de bon sens. Pour autant que l'homme en question n'eut pas déjà fait l'erreur d'offrir son aide…
Une main gantée de noir mais pleine de liquide visqueux vint se poser dans un premier temps sur son épaule – splash - suivie une jambe qui se leva et qui vint frôler la joue du Grand Escuyer de France – ça en jette ça aussi ! – laissant par la même occasion une grande trace de boue s'y déposer. Boue qui finit sa course en dégoulinant doucement le long du cou de l'aide improvisée. Inutile de préciser qu'il avait déjà eu beaucoup de chance qu'elle ne lui retombe pas dessus une fois arrivée sur la selle.

Assise enfin sur sa jument en amazone, elle put contempler de plus près et surtout de haut le chevalier qui lui faisait face, retenant de justesse un rire en le voyant ainsi redécoré. Le visage de la mainoise encore maculé de boue séchée, elle s'essaya à nouveau à un sourire peu convainquant.

Je me rendais justement à Vincennes pour faire dresser Tralala pour de futures joutes, j'imagine que c'était aussi votre chemin ? J'aurais bien besoin d'un baquet d'eau pour enlever cette croute de boue.

Héhé, coincé le vieux ! Présenté ainsi, il ne pouvait pas refuser de l'escorter et vue sa tenue, il ne faisait aucun doute qu'il n'aurait aucun mal à lui trouver de quoi se rafraichir un peu à l'arrivée. C'était loin d'être le premier gueux venu, elle en était certaine. Mais de là à savoir à qui elle s'adressait, il y avait un grand pas.

Je vous suggère d'ailleurs d'en faire de même, vous n'êtes vraiment pas présentable ainsi boueux…

Et un visage fier et moqueur qui se lève, avant de tourner le regard vers sa monture à lui, du genre "on y va ou quoi, ça fait des plombes que je vous attend hein !"
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Guillaume_de_jeneffe
Il avait beau en jeter en société, le Flamand, il se rendait surtout compte qu'elle ne le reconnaissait pas. Normal, lui-même n'avait aucun souvenir de déjà l'avoir rencontrée. Quoique, vu son profil subtilement camouflé par une solution indigne des remèdes de grand-mère de Bertilda, autoproclamée reine du maquillage de Schloberwein-am-Main, agréable petite bourgade impériale riche d'une ruelle et... et c'est tout, il en aurait déjà fallu beaucoup pour que quelqu'un puisse reconnaître un visage féminin au sommet de cet invraisemblable assemblage de mauvais goût vestimentaire et de déguisement US Navy-Seals powered... Et la volonté de s'identifier était loin d'occuper la première place de ses pensées, plutôt tournées vers un léger regret doublé d'un amusement certain pour l'escalade chevaline que venait de réussir la Corleone.

Accueillant la dernière phrase de sa compagne de route improvisée - la compagne pas la route qui est improvisée, voyons, il était du coin quand même - avec un soupir amusé, le chevalier se voua au secours des saints avant de se hisser en une traction-propulsion au sommet de sa selle. Notez que ceux qui essayent de se hisser sur une selle ailleurs qu'à son sommet ont la fréquente et désagréable habitude de rapidement se retrouver en communion charnelle avec le sol.


- Allons-y pour Vincennes, en ce cas.

Et il piqua sa cavale pour la faire avancer le long d'un chemin qu'il commençait à connaître par coeur. S'il sentait la boue glisser chaque seconde plus bas sous sa chemise, il avait tout de même pu éliminer la plus grande part de celle qui lui maculait un demi-visage, s'évitant de se retrouver appelé double-face par le premier va-nus-pieds venu.

"Ainsi donc, vous cherchez à faire dresser votre monture pour les joutes? Voici bien une bonne décision. Ilsemble que certains oublient trop vite combien le cheval doit également s'entraîner pour ces activités. Et, puis-je vous demander aux mains de qui vous comptez le confier?"[/i]
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Erwelyn
Et voilà, la classe internationale. Voyez donc comment que le Vicomte grimpait sur son canasson, comme si de rien n'était. Alors que la mainoise avait passé une bonne dizaine – vingtaine ? – de minutes à essayer de monter sur le sien.
Tranquillement, Lynette donna un petit coup de talon à sa jument, qui partit d'un rythme on ne peut plus calme. La mainoise avait d'ailleurs été étonnée de la voir si alerte et rapide en lice. Elle lui avait même permis de gagner plusieurs manches avant de perdre devant un adversaire coriace, mais après pas moins de trois tours à suivre.
Arrivée à hauteur du cheval de son compagnon de route infortuné, Tralala s'adapta à son rythme, non sans donner régulièrement quelques coups de museau à son compagnon de route à elle – le cheval, pas le chevalier.


Oui c'est exact. Figurez que je ne sais Aristote comment, j'ai réussi à arriver en demi-finale durant les dernières joutes auxquelles j'ai participé. Et j'ai même mis ma belle fille au sol hein ! Ah, ça je l'ai déjà dit…

Levant un doigt boueux ganté, Lynette se tapota le menton, un air interrogatif sur le visage.

Je l'ai déjà dit n'est-ce pas ?
Bref… j'étais à ça, mais à ça hein
– les deux doigts de la menotte corleonienne se rapprochèrent – de réussir à passer, mais au bout de trois tours j'ai valsé au sol, en réussissant tout de même à briser ma lance. C'est sacrément rageant, j'peux vous l'dire !
Enfin bon, au moins j'ai réussi à battre ma belle-fille…
Ah, je l'ai déjà dit non ?


Elle resta silencieuse quelques instants, avant de se tourner à nouveau vers le Vicomte.

Et vous, pourquoi vous rendez-vous à Vincennes ? Un achat à effectuer peut-être ? Ils ont des poneys à là-bas ?
Parce que figurez-vous que j'ai aussi un poney, offert par ma suzeraine. Poneybouboule qu'il s'appelle, mais il paraît qu'on a pas le droit de jouter avec un poney. Vous savez pourquoi ? Pourtant il irait très bien avec mon armure peinte en rose, j'en suis sûre.
Et puis je parie que même avec lui, j'arriverais à faire tomber ma future belle-fille, comme lors des dernières joutes

Dites, je l'ai pas déjà dit ça ?


Encore une fois, ses sourcils se froncèrent. La mainoise avait comme une impression de déjà vu… Se creusant un peu les méninges, elle réussit à retrouver la question initiale de son interlocuteur. Il était pourtant peu bavard comparé à elle, c'était donc pas si difficile de s'en rappeler.

Il faudra quelqu'un de patient parce qu'elle est un peu butée quand elle s'y met et elle se sauve tout le temps… Elle jette aussi les gens dans la boue quand elle est de mauvaise humeur.
En tous cas je ne sais pas encore à qui la confier, je ne connais personne à Vincennes.


Et songeuse, elle rajouta, fixant au loin Vincennes qui se dessinait déjà devant eux.

Je ne suis jamais venue ici, seulement à Paris, assez souvent, pour me rendre au salon des diplomates…

Ce temps lui paraissait aujourd'hui si lointain. C'était une époque où son esprit fonctionnait encore à peu près bien, sans trop de fausses notes, ce qui était loin d'être le cas aujourd'hui. Elle se doutait bien que le chevalier ici présent se demanderait quels étaient les fous qui avaient bien pu la nommer diplomate. Mais elle n'en avait cure, sa folie l'aidant à oublier certaines choses qu'elle préférait garder tapies au fin fond de ses souvenirs.
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Guillaume_de_jeneffe
« Si seulement on pouvait un jour mettre au point une bouche à feu avec un débit comparable à cette femme, on aurait pu repousser le Turc de Constantinoble ». Voila ce à quoi pensait le chevalier pendant que l'autre essayait de battre un regard de saturation auditive. L'avantage c'était que, vu qu'elle répétait tout comme un poisson rouge, Guillaume pouvait n'écouter qu'une phrase sur deux, il ne perdait pas un bout de ce qu'on lui disait. Ou presque rien. Ya pas à dire, les heures en taverne, ça aide. On fait semblant d'être attentif en gardant un regard intéressé, et personne ne sait qu'au fond de vous vous êtes en train de penser à la croupe de la nouvelle serveuse du lieu et au moyen de la tâter de plus près. Et ça fonctionnait, parole de Flamand.

Puis soudain, ce fut le drame. Elle se taisait. Tuedieu, juste quand il était en train de se dire qu'il était parti pour ne pas avoir à parler tout au long du chemin mais simplement à acquiescer de temps en temps. C'est qu'il avait bien d'autres soucis à l'esprit que celui de la modernisation de l'arsenal de Byzance. Les dossiers qui se multipliaient à la Curia et dans ses offices royaux. Des réponses à formuler rapidement et, aussi, son opinion à imposer, parfois. Déjà qu'il était parvenu à rédiger plusieurs des courriers expédiés par les Grands Officiers. Et là, c'était une blonde qui occupait ses pensées.

Autant dire que quand il eut à répondre, il était pour le moins à l'ouest. Se retenant pour ne pas fournir un « Ah, ben, euh, quoi, oui » du plus bel effet, il se composa un visage compréhensif – me demandez pas à quoi ça ressemble, j'ai lu ça dans Paul-Loup Sulitzer, ça veut dire quelque chose quand même – qu'il tourna vers la Corleone.


- Oui, évidemment, lorsque l'on est diplomate, on ne passe pas son temps à s'entraîner à la joute. Bien que, vous savez, un pas d'armes pour célébrer un traité de paix demeure des plus indiqués. Surtout que le peuple aime cela. Et vu que la phrase sur deux qu'il avait manquée, c'était celle où elle parlait de sa future belle-fille, il ne pourrait pas sortir une saillie sur le plaisir que ledit peuple aurait vu cette dame voler au sol, dommage hein ?

Il laissa un temps se passer, avant de poursuivre :
« Si vous ne connaissez personne, je gage que les pages présents seront en mesure de vous aider ». Et non, le Grand Escuyer de France ne s'était pas encore identifié. C'était pas pour dire, mais se retrouver « contact de préférence » d'une femme recouverte de boue lui semblait une idée moyennement tentante. Déjà qu'on s'adressait plus souvent à lui qu'à ses officiers pour des questions auxquelles ces derniers pourraient répondre plus rapidement, vous n'allez pas croire qu'il allait rajouter une ligne à la liste des choses à gérer. Si encore elle avait été une maîtresse potentielle ou sa fille. Mais là, rien. « Ils sont des plus efficaces et vous pouvez avoir confiance en eux, comme vous l'auriez en votre mère, par exemple ».

Des effluves bien connues lui arrivant aux narines, il se rendit compte qu'il ne restait plus que quelques lieues avant de pouvoir entrer à Vincennes.

« D'ailleurs, voyez, nous allons arriver ».
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Erwelyn
Et un visage qui se tourne vers le chevalier, les paupières papillonnantes autant qu'elle peut avec le masque collant qu'elle se trimballe depuis un bon moment maintenant.

Une joute ? Mais quelle bonne idée ! Que n'y ai-je point pensé plus tôt !

Z'avez vu un peu comme cette phrase faisait nooooble ?

Nous avons organisé une réception une fois, avec les frérots Rochers, vous connaissez ? Oui vous devez connaître forcément, il y a une époque lointaine où ils animaient tous les bals du royaume, aujourd'hui les pauvres sont complètement dépassés…
Enfin, je dis pas que vous êtes vieux, c'est pas ça. Mais moi je les ai connus, alors j'imagine vous ! Mais promis c'est pas pour votre âge que je dis ça, c'est pour situer quoi…


Ah ! Lynette et les vieux, c'était toute une histoire à chaque fois. Elle avait beau éviter de parler âge, c'était à peu près la première chose qui sortait de ses lèvres quand elle parlait avec quelqu'un de plus âgé qu'elle.
Regardant ailleurs en sifflotant, Lynette laissa un petit silence gêné planer quelques instants avant de rebondir sur la proposition du vicomte.


C'est bizarre, je n'imaginais pas que ce soit des simples pages qui puissent s'occuper du dressage des chevaux. Que font les écuyers alors ? Et la machin première écuyère ou je sais plus comment elle s'appelle ?
Tiens, en parlant d'écuyer, ça veut forcément dire qu'ils font du cheval ? Parce que j'ai une amie qui est devenue écuyère chez les Licornes l'année dernière. Et elle ne su-ppo-rte pas les chevaux ! C'est un comble hein, pour une cuillère chez les Licornes. Heureusement pour l'instant personne n'a rien remarqué. Je sais pas trop comment d'ailleurs, mais elle est plutôt maligne la Rheanne.


Et une main gantée pour cacher une vilaine blessure de se poser sur ses lèvres, venant de former un "o" d'exclamation.

Oh zut, j'ai dit son nom ! J'ai dit son nom c'est ça ?
Bon heureusement je vois vraiment pas pourquoi vous iriez en parler à quelqu'un d'autre hein.

Ou comment balancer celle qui a failli vous tuer mais que vous êtes même pas au courant à un supérieur en deux coups de cuillères à pot.

Bon sinon franchement votre exemple sur ma mère n'est pas très bon. D'une, elle n'est jamais montée sur un cheval, comment voulez-vous qu'elle me dresse Tralala ? Et de deux, elle est morte, alors ça serait encore plus compliqué.
Du coup je doute… dois-je réellement faire confiance aux pages vu que ma mère est morte ? Je suis pas sûre. M'est avis que je pourrais trouver quelqu'un de beaucoup plus compétent qu'un page pour dresser ma jument. En plus les pages, c'est pas fait pour courir partout avec des missives à la main et chialer quand ils se sont coupés avec un parchemin ?
Non franchement, un page, c'est pas une bonne idée…

Ça, c'était de la logique à toute épreuve…
Vincennes se rapprochait inexorablement, et Lynette commençait à se dresser sur sa selle, espérant en apercevoir encore plus. Vraiment, cette ville regorgeait de joyaux en tous genres.


Ça a l'air graaaaand ! Dites, vous connaissez Vincennes vous ? Et oooh, regardez comme ces gardes là-bas sont polis, ils nous saluent déjà !
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Guillaume_de_jeneffe
Homicide par non assistance à personne en danger ? C'était punissable en Île-de-France, ça ? Parce que pour le coup le Flamand commençait à regretter l'aide qu'il avait proposé il y a ce qui lui semblait être une éternité. Ou, variante : Est-ce vraiment douloureux de se percer les oreilles à la dague ? La surdité est-elle vraiment un obstacle insurmontable à la vie en société ? Et ça aurait l'avantage de ne plus lui faire une tête comme un pot aux prochaines guerres auxquelles il prendrait part. Preuve de son intérêt subit pour cet handicap, il caressait avec de plus en plus d'insistance la poignée de ladite dague. Mieux encore. Il pourrait la planter d'un coup en travers de la gorge, personne n'en saurait rien, et lui, il serait au calme. Erwelyn, ou comment faire d'un chevalier un Courien en puissance...

Hélas, de vagues réminiscences de serment, de courtoisie, de respect des dames empêchaient ce qui – soyons honnêtes – serait un évident progrès de la société médiévale : l'élimination d'un poney rose. Y a quand même des jours où on se dit qu'on aurait mieux fait de ne jamais le trouver, ce fichu raccourci. Tiens, un lancement dans le petit doigt. Bizarre... Bref, Guillaume, qui conservait un visage apparemment bienveillant – quel talent tout de même –, se comportait comme si la présence qu'il s'était imposé ne le dérangeait nullement, acquiesçant aux élucubrations qui lui étaient servies à intervalles plus ou moins réguliers, plus par réflexe que par accord.

Seul le nom de Rhéanne lui fit un instant mettre un terme à ses bonnes manières. Le temps d'enregistrer les données et de reprendre son cinéma, ou plutôt son théâtre. Puis d'arriver à Vincennes sans réellement avoir pu en placer une. Ouais, en fait, il avait même pas cherché, repoussant à plus tard la confrontation et la discussion avec la miss 100 000 volts 1459. Elle comprendrait bien plus tard ce qu'était les pages et l'étendue de leurs capacités. Enfin, si un page se blessait avec des feuilles en province, voila qui lui donnait une nouvelle raison d'estimer et d'apprécier Paris. Au moins on pouvait y trouver du personnel qualifié.


- Effectivement. La politesse est une des qualités qui fait le charme de la capitale, tout comme de Vincennes. Je n'ose croire qu'ici qui que ce soit vous poussera pour vous rejoindre dans une carriole allant des Halles au Chatelet. On attend le prochain passage. Et Vincennes est encore plus agréable sur ce point.

Bon, yallait bien venir un moment où elle comprendrait qu'il se foutait amplement d'elle. Parce qu'à force de rendre des saluts à ceux qui s'inclinaient devant lui, en appelant certains par leurs prénoms, il ne laissait guère de place à l'hésitation. En même temps, s'en rendrait-elle seulement compte ? L'entendrait-elle seulement parler si elle ne mettait pas un terme à ses babillages tous azimuts ? Guillaume était bien curieux de découvrir la réponse à cette question, en tout cas, alors qu'ils se rapprochaient à vue d'œil d'un bâtiment qui ressemblait achement à une écurie.
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Erwelyn
L'homme n'était pas très bavard, c'était un fait. A peine répondait-il à ses longues interventions par des hochements de tête du genre "tiens, qu'est-ce que je vais me faire à manger ce soir, une soupe au lard ou une soupe au lard ? Ah ben non c'est pas moi qui fais à manger ce sont mes gens, gnihinhinhin". Enfin non, même pas, il devait même être du genre à penser par phrases courtes, "manger lard" devait suffire.
La mainoise était finalement quelque peu déçue de cette rencontre. D'habitude les gens tenaient beaucoup plus longtemps à essayer de suivre et à fournir des réponses pour faire croire qu'ils maitrisaient la langue poney rose. Mais lui, il n'assurait pas une cacahuète ni un radis. Sûrement son grand âge venait altérer ses facultés…

En aucune façon en tous cas, elle n'avait repéré le manège du Vicomte qui venait chatouiller la poignée de sa dague dès qu'un son franchissait ses lèvres. Nullement consciente de ce qu'elle pouvait aujourd'hui provoquer à ses interlocuteurs suite à une pensée et un mode de vie trop longtemps calqué sur les poneys roses, Lynette répliqua, légèrement moqueuse. Finalement, elle avait été piquée au vif, une envie de défendre son comté la prenant soudain. Oui Paris était une ville remplie de nobles personnes, mais tout de même, on était pas que des bouseux incivilisés en province, tudieu de fichtrefianchtre !


Il est vrai que les gens sont plus civilisés ici qu'à travers le royaume, je conviens même que des fois en Maine, les gens vous crachent dessus pour vous dire bonjour, il y a aussi des vice chancelières qui vous vomissent limite dessus… enfin ça c'est valable uniquement pour Rheanne, quand je la fais monter sur Tralala.

Mais tout de même, je ne suis pas sûre que la capitale soit un endroit si formidable en tous points. Paraît-il que des gueux y défilent en se plaignant d'avoir faim et en criant "à mort Béatrice i !"*.
Pourtant je pensais qu'on avait réussi à leur faire croire que travailler plus pour gagner moins ça fonctionnait. En même temps, je comprends qu'ils puissent râler, si à cinquante ans il n'ont pas une charrette de marque Raulexe, c'est qu'ils ont raté leur vie hein.
Et puis je vous assure, trouver un menu à quinze écu est devenu complètement illusoire vous savez. Sans compter tous les petits enfants qui viennent du STRING avec leur pied-bot, qui vous font croire qu'ils sont sourds et qui veulent à tout prix peigner Poneybouboule.

L'avantage non négligeable d'un poney rose était, outre le don exacerbé de la parole que certains auraient plutôt qualifié de tare, de pouvoir faire plusieurs choses à la fois. Comme les femmes quoi.

Et donc, la dame de Sainct Antoyne de Rochefort (mot compte triple, j'ai encore réussi à le placer !) avait fort bien remarqué le petit manège qui s'était installé autour d'elle. Et vas-y que je te fais des révérences et que je t'appelle les pages et les gardes par leurs prénoms. Sans nul doute, l'homme était connu de la maisonnée. Plus que connu même, car lorsqu'ils s'arrêtèrent devant l'écurie, deux palefreniers se hâtèrent vers eux pour s'occuper de leurs montures, regard planté au sol devant la carrure de son compagnon d'infortune. Enfin, d'infortune pour lui, parce qu'à priori, Lynette était tombée sur le bon cheval, sans mauvais jeu de mot.


Ah ! Je suis forte aise que vous connaissiez tant de monde ici même ! Vous n'aurez donc aucun mal à me trouver de quoi me nettoyer le visage, c'est farpait. Aristote a vraiment bien fait les choses sur ce coup là vous ne trouvez pas ?


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Guillaume_de_jeneffe
« Question de... point de vue » avait-il failli ajouter. C'est qu'Aristote, parfois, il aidait pas des masses les fidèles du Très-Haut à avoir une vie agréable. Si les décès le touchaient mais lui paraissaient inévitables, Guillaume jurait souvent pour des contrariétés de bien moindre importance. A voir l'importance que prendront les contrariétés que ne devrait manquer de provoquer son hôte du jour. Mais bon, il ne la connaissait pas véritablement et ignorait donc comment elle prendrait sa spontanée réflexion. Du coup, maintenant, il en avait trop dit. Il allait falloir trouver de quoi répondre sans avoir l'air de – trop – chercher ses mots. « ...personnel, oui, c'est assez fréquenté »? Non, c'est débile ça. Elle vient de le dire qu'y a du peuple. « ...d'habitude ». Boarf, dans le genre sibyllin, il se poserait là, le Guillaume, avec une telle réponse. Puis dans le genre je-me-la-joue-blasé, c'est le sommet du pompon... Ah, ça, ça pourrait être bien : « propreté, ce ne serait pas un mal, en effet » embraya-t-il donc, satisfait de lui, voire fier comme s'il avait un bar tabac. Ouais, moi je peux faire pire que toi en anachronisme, d'abord, même que.

Glissant de sa monture, Guillaume en tendit les rennes à l'un des valets qui l'en remercia – ouais, quand on est le boss, les gens, ils vous disent merci de travailler pour vous, c'est la classe américaine ça hein ? – et se tourna ensuite vers la dame de la sainte tante Oanne, comtesse du Poitou. Comment ça je rame pour détourner le nom de fief de la ravagée du bocal ?


« Nous voici donc arrivés, comme vous le pouvez voir. Et, effectivement, il vous sera possible de vous nettoyer quelque peu. Sans cela, je doute que l'on ose vous adresser la parole. J'en ferais d'ailleurs de même » « bien que ça me ferait mal qu'on refuse de m'écouter, même rempli de boue comme le dernier des ramasseurs d'ordures », continua-t-il in petto.

« Enfin, pour tout ça, il faudrait déjà que vous descendiez de cheval, n'est-ce pas ? »

Et à ce moment, c'est le drame. La limpidité de la situation vient frapper l'esprit du chevalier comme le râteau vient s'écraser sur le crâne du jardinier qui ne regarde pas où il fout les pieds. C'est une femme, et en plus elle n'a pas l'air très habituée à la manœuvre – complexissime il est vrai – de de la descente de selle. Et non de sels. Bref. Redoutant donc quelque peu ses frasques, il s'imaginait déjà la Corleone appliquant la fusion sol-corps la tête la première. Et ça ferait désordre de montrer au personnel des Ecuries – sur lesquelles il est censé conserver une certaine autorité, si pas ascendance – accompagné d'une crottée infoutue de descendre de cheval... Donc, contraint et forcé, ou si peu, il tendit la main à ladite dame pour l'aider à rejoindre le sol de façon plus ou moins socialement acceptable.

« Je vous en prie. Je vous ferai ensuite mener à une salle qui vous conviendra, que vous puissiez rendre un peu d'éclat à votre toilette ».
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Erwelyn
Lynette attendait la suite, gentiment, sans le brusquer. Peut-être était-ce là les affres de la vieillesse qui sévissaient sous ses yeux ? Le chevalier semblait chercher ses mots, peinait à finir sa phrase. Sa mère lui avait toujours appris à avoir du respect envers les vieux, à ne pas les secouer. Il fallait aussi parler très fort, et faire de grands gestes pour qu'ils entendent tout et voient ce qui se passe devant leurs yeux.
Ah tiens, c'était peut-être pour ça qu'il n'avait que peu réagi à tous ses propos, il devait déjà être un peu dur de la feuille. Pourtant, il lui paraissait encore vaillant, cet homme. Mais parfois les apparences étaient trompeuses.
Aussi, lorsqu'enfin il sortit la fin de sa phrase, Lynette l'assimila puis répondit un peu plus fort que d'habitude.

Oui, la propreté, c'est en effet euh… important.

A la main tendue, Lynette sourit, malgré la couche de boue recouvrant son visage et rendant la manœuvre plus difficile.

Je vous remercie, mais je suis plus à l'aise à la descente qu'à la montée.

Enfin, elle espérait. Et puis elle avait un minimum de fierté quand même. Déjà qu'il l'avait retrouvée étalée dans la boue, puis observée pendant plusieurs minutes à batailler pour monter sur sa jument, il fallait prouver qu'au moins elle savait descendre de cheval.

Plus bas, elle rajouta :


Ne vous en faites pas, je tacherai de ne pas vous faire honte, vous semblez avoir une certaine importance ici même.

Croisant les doigts mentalement, elle attrapa fermement les rênes de Tralala et se laissa glisser au sol. Mission accomplie, malgré un atterrissage rendu plus lourd à cause de la boue qui recouvrait sa robe.

Vous avez raison, il est grand temps que j'aille reprendre forme humaine. J'ai déjà eu de la chance qu'on appelle pas la maréchaussée !
Et au fait…


Une dernière révérence, pour prouver que quand même, des fois elle avait la classe, avant de tourner les talons et de disparaître de sa vue.

Je suis Erwelyn, dame de Sainct Antoyne de Rochefort. Vraiment, ce fut un plaisir.

A savoir s'il était partagé, c'était une toute autre histoire…

Quant à son nom à lui, elle ne doutait pas une seconde de l'apprendre sous peu. Ne serait-ce que par le petit page qui l'accompagnait dès à présent vers une pièce où elle pourrait trouver de quoi se rafraichir.
Et alors qu'enfin la mainoise avait retrouvé une apparence à peu près normale, la lumière se fit. Et son cœur manqua un battement. Elle venait de balancer son amie, celle qui lui avait sauvé la vie – enfin tout est relatif mais elle n'était pas censé le savoir - à son supérieur.
Une ponette dans toute sa splendeur…

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