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[RP] Déraison, des raisons... résonne une oraison.

Brygh_ailean
Le convoi s’achemine lentement, subissant les cahots d’une route incertaine, les chaos des âmes en peine. Assise à l’arrière, dos à la route, la grande regarde devant elle. Les paysages défilent sans qu’elle les retienne. La chaleur écrasante après la douleur oppressante. Des jours de fièvre dans la cité. Des journées de fièvre dans son corps. Des journées de fièvre dans son coeur.

Sourire, soupir, exaspération.


- Vous vous sentez mal, M’ame Bryn ?
- Oui, Honorine, je sens en effet… quatre jours de chariot sans pouvoir se changer…
- Hmmf… z’êtes d’une jolie humeur… z’avez encore rêvé de vos frères, c’est ça ?
- Oui…
- Vous voulez en parler ?
- Non…


Elle ne se sent pas que sale ou mal, elle se sent seule et veule… envahie de ses démons habituels. Et pourtant...

- Fait chaud m’ame Bryn, ici… plus chaud que chez nous. Trouvez pas ?
- C’est où chez nous, Honorine ? Vous venez de Vierzon et moi de Hoy…
- … J’parlions du Périgord, m’ame Bryn… D’là où que nous habitons… 'fin qu'nous habitions quoi...
- Ah ! Là… Il ne fait pas plus chaud… nous sommes seulement mal protégées. Cela ira mieux dès que nous serons arrivés…
- Arrivés où, m’ame Bryn ?
- Arrivés. C’est tout. Sinon, ce n’est pas à moi qu’il faut le demander.


Elle se retourne un instant pour regarder vers l’avant du convoi… S’abandonner sans savoir à quoi. Abandonner sans chercher à savoir. Rien qui ne ressemble vraiment à la McFadyen. Tout recommencer. Une déraison qui ne saurait la toucher. Continuer différemment. Pour des raisons qui auront su la toucher.

Sourire, soupir, transpiration. Résonne une oraison. Patiente une passion. Les lendemains qui chantent comme un joli pinson. Les jours qui commencent à raccourcir pour que leurs nuits s'allongent.

Sourire, soupir et aspiration. A des souvenirs, à un avenir... il n'y a pas de raison.

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Devil
"C'est dans ces moments que ma plume, à l'instar des chevaux sauvages, se met à galoper sur ma page..."

Le bruit des sabots sont les cris stridants de Perséphone à leurs saignants tympans, personnification de ce son à travers des syllabes : Canasson, canasson ! Cadenassons le coffre des vilénies et autres bassesses d'esprit. Suivre donc le sentier du bonheur, en quittant les chemins de la perdition. Plus de compassion, en compensation. Mo ruin est une passion, que se gonfle les voiles du navire des nouvelles résolutions. Laisser un passé derrière soi, hurler "cours rage !" naviguer en suivant le sillage des nuages, le courage n'est désormais plus un mirage.

Canasson, canasson ! Si pour certains, il s'agit de délaisser "famille", terres et amis. Pour d'autres, il est question de reprendre les rênes d'une vie qui fut routinière. En ajoutant un soupçon de sang bleu à cette existence roturière. Un Coms de Rabat sautillant selon les agitations saccadées de la route et de ces nids de poules. S'adressant à son compère en hurlant à cause du bruit des chevaux...


Castelnou d'Arri est encore loin ?!


Se frottant les mains, regardant à droite puis à gauche. Ayant une pensée sur ce séjour Périgourdin qui fut à la fois joyeux et mouvementé. Un peu comme ce voyage. Lançant toujours dans le même ton avec une voix plus rocailleuse qu'à l'accoutumé. Sans doute à cause de la fatigue.

J'espère que Bryn se plaira à Tolosa... Elle a besoin d'une...occupation, t'sais. Enfin, quand elle ira mieux...On verra. Puis, peut être voudra-t-elle retourner en Peiregòrd...

Elle est soit disant "Brynappé". Mais surtout exténuée. Voici une bâtisseuse : Au fur et à mesure flirtant avec la démesure. Il ne reste que les susurres, ces murmures. Qui fissurent les murs de la mésaventure. Voici les notes, suis la mesure.
Natale
A l'avant les hommes causent...



La Légende dira qu'ils étaient à deux contre un, eux deux contre toute la garde de Porte Neuve. Qu'arrivé en Périgord sa Blondeur y avait remarqué son Chancelier à courtiser la Grande, Brune et ô combien attachante Mc-Fayden.
Qu'adonque, bourgeois et damoiseaux ouvrez biens vos esgourdes, nos deux brigands décidèrent donc d'enlever la femelle en pleine nuit et de partir par monts et par vaux, traversant rivières, frontières et états pour retrouver leur repaire et laissant la province à ses turpitudes.
Qu'après une longue route ils arrivèrent enfin au bercail et profitèrent du fruit de leur larcin...

Ça, c'était la légende quoi, mais c'était dans le ton.




Le Blond de Rabat débouche un cruchon de vin -plop- et se rince le gosier avant de répondre à Son Excellence tout en lui tendant le récipient.

- Elle s'y fera, elle s'y fera, tu lui fera d'abord visiter tout le pays de cocagne...
Et pendant qu'il réfléchissait au type d'occupation il se crispe soudain à l'écoute du petit Hadrien qui couine en l'attente de la tétée. Les épaules se tassent, les mains agrippent les rennes. Les joies du voyages avec les marmots...
Le blond regarde à l'arrière du tombereau il affiche un petit sourire agacé en regardant le petit pisseux. C'est que le soleil cogne en plus. Puis une légère inclinaison du chef par égard pour la Brune.

- On est bientôt arrivé Ma Dame ! Tenez on aperçoit déjà la Tour de l'Horloge.
C'est sûr pour lui la tour de l'Horloge ça raisonne comme un lieu commun, mais pour la portenouvelliène qui n'y a certainement jamais mit les petons...
Au loin Castelnaudary, ses moulins, ses champs de blé et de pastel.

- Peut-être que vous voulez boire un peu avant que l'on arrive au Banastié ?
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Brygh_ailean
[Bach is back. Que la musique soit, et Jean-Sébastien fût...]

A la mesure répond le tempo… Largo comme ce périple qui ne cesse. A quoi pense-t-elle ? A cette tour de l’horloge masquée au coin d’une ruelle qui devrait lui permettre de retrouver son tempo ou bien au chemin parcouru dans la mélancolie qui l’envahit pour l’heure ? Ne pas penser, apprendre à laisser les autres le faire aussi pour elle parfois : « Serez-vous prête à franchir le pas ? »... Et son coeur s'emballe à se souvenir. Et de poser simplement son regard sur sa nuque pour que tout rejaillisse, plus brillant, plus fort et plus beau... Vivace.

Le tempo… Allegro lorsque le petit noiraud se réveille pour réclamer sa pitance. Moment de se rendre compte aussi que son estomac crie grâce. Sur une telle gigue, l’effet de ne point se sustenter à sa convenance peut avoir des conséquences. Et battre la campagne sans entendre le campanile d’aucune paroisse pour rappeler qu’il est temps de faire cas d’un encas, accélère encore cet état d’indigence et d'angoisse. L’infâmie de l’affamée…

Une fois le petit repris, repus et reposant, elle reprend la conversation des « grands ».

Mercé, Rabat... Tà fearg... mais pas vraiment soif.... Et puis si, finalement.

Se glisser vers l'avant, sur les genoux, de prendre la bouteille et de boire à même le goulot. L'escote ne donne pas dans le petit doigt en l'air. Cette soif d'apprendre à nouveau, de construire et reconstruire ne semble pas être en mesure de s'étancher. Pour la première fois de sa vie sans doute, ou du moins depuis très longtemps, la grande est rubata. Le rythme n'est pas le sien : elle se laisse porter a piacere. Les dés sont jetés, le D de son destin à reprendre en main, le D de son désir à portée de main. Une fois le récipient rendu à son propriétaire, d'enceindre de ses bras la taille de son excellence et poser son menton sur son épaule, pour regarder dans la même direction.

J'ai hâte de découvrir votre ville...

Dans son ventre se noue une boule : celle de ne pas être au diapason. Concerto pour un chancelier et son ex-comtessa. Concerto pour deux voix... Concerto pour deux vies... Une symphonie d'impressions et lorsque les voix s'harmonisent sous le regard bienveillant de celui qui en fût l'instigateur, ce mécène de ces compositeurs qui découvrent à tâtons la partition de leurs sentiments... Alors tout devient cohérent.

La grande s'éveille pour de vrai, pas seulement physiquement. Elle respire l'air ambiant, s'en imprègne. C'est la seule promesse qu'elle peut faire : il y a aura des pauses et des soupirs, mais comme toujours bientôt... Elle ira à son tempo... plus de tornade des Orcades ! Sa mesure sera désormais... Andante mais elle ira de l'avant.

De la mesure pour que le murmure ne se contente pas de fissures mais que tombe les murs de Jericho. C'est son désir de destin, elle est sienne et il est sien.


Il fait faim/J'ai faim.
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Devil
Refuser la main tendue, surtout si elle tient une bouteille d'alcool. C'est mauvais pour ce qu'il a. Cela le rend excentré, excentrique. Ainsi, il répond non de la tête. Ce que l'un décline, l'autre le prend. Ce que le temps suspend assure le déclin. En un clin d'œil, un sourire s'efface, les écrits sur les murs disparaissent alors sans laisser de traces...

Il y a des jours et des nuits. Et un jour, cela nuit. Constellation, grains de sable blanc sur un fond de néant. Le Cygne nous fait l'insigne honneur de nous faire signe avec la signe de l'étoile Deneb. Au loin, une pièce métallique nous fait un appel du pied en invitant avec un léger reflet. La tour de l'horloge... Des regards dans la même direction quand elle pose sa tête sur l'épaule du Chancelier. Le principe inhérent à chaque humain est d'être unique par rapport à l'autre. Tout comme la nature d'une exception est de créer une situation inattendue, une sorte de jurisprudence de la différence. La vision de ces deux là, se devrait d'être divergente. Des yeux s'ouvrant vers le même monde mais avec une interprétation dissemblable. Et pourtant, ce n'est pas le cas. Un miroir, un écho. Débuter une phrase, être si en phases, que l'autre en grave la ponctuation.


J'ai hâte de découvrir votre ville...

Laquelle ? Sa ville natale ou bien celle d'adoption. Varilhas ou Castelnou d'arri ? L'enfance ou l'âge adulte ? L'innocence ou le début du chemin des turpitudes ? Ce mandat de maire à tenter en toute humilité de ne pas paraître ridicule. C'est que les êtres sont prompts à juger. Pourtant, ils sont souvent les plus mal placés... Le Présidial est magnifique de bon matin. Quand la lumière chaude de l'astre Solaire se marie en cette cérémonie du contraste avec la fraîche ombre. Se souvenir aussi de cette bataille de boules de neige contre une flamboyante et ses alliés. La mémoire a tendance à prendre ce qu'elle désire au sein de la loterie de ses pensées. Aussi...

Un lit, une pastorale, un homme seul, la truffe encore humide. Moi, mon Devil pour qu'il ait le poil soyeux et l'œil "vif" je lui donne du pedigree pâle ! A toujours brosser dans l'sens du poil. Pour qu'il puisse remuer la queue à votre vue. Ne pas l'gronder, sinon il partira avec cette dernière entre les jambes. Et toujours l'féliciter. Suivre ces conseils vous assurera la bonne santé et le bonheur de votre animal de compagnie...


Nous en ferons le tour. Déjà le Banastié...La taverne la plus célèbre du Comtat !

Un petit sourire complice vers le Coms de Rabat-joie.

Dîtes, quand allez-vous me présenter votre promise ? Pas sûr que je sois présent lors des épousailles, j'ai...

Finir la phrase quand il aura trouvé une fausse excuse valable pour se débiner.
Brygh_ailean
Peut-être que vous voulez boire un peu avant que l'on arrive au Banastié ?
Nous en ferons le tour. Déjà le Banastié...La taverne la plus célèbre du Comtat !

Ainsi le lieu cité par le premier est une taverne au dire du second. En digne politicienne qu’elle reste malgré ses récriminations à dire le contraire, elle avait imaginé quelques assemblées de libres pensées, des députés vitupérant, qu’elle aurait eu plaisir d’ haranguer… juste parce qu’haranguer est dans sa nature. Cette mission qu’elle s’est donnée de faire accoucher les esprits comme le faisait Aristote. Elle sait qu’elle ne saura jamais s’en départir. Le voudrait-elle seulement qu’elle ne pourrait s’en accommoder.

Mais soit. S’il faut que Castelnaudary se résume à une tour et un troquet, c’est à peu près comme chez elle, à Chateaubernard. En cela elle ne sera pas vraiment dépaysée. Aussi pose-t-elle la tempe là où était son front tandis que ses doigts remontent vers l’endroit où elle a dû laisser un affreux bleu qu’elle n’a pas encore eu l’heur de constater. Sentir son cœur dans sa main en le frôlant seulement pour ne pas lui affliger plus cruelle souffrance que celle qu’elle lui inflige déjà : l’aimer. Lui murmurer :


Le voyage n’a-t-il pas été trop éprouvant ? J’aurais aimé pouvoir me rafraichir et me changer…

Ne rien ajouter qu’il ne sache deviner. Si l’esprit se souvient à peine des quelques jours qui viennent de s’écouler, le corps lui en connait et reconnait chaque seconde. La morsure se fait douleur, la langueur se fait brûlure. Le Banastié rime certainement avec joyeuse muflée, mais pas avec ce qu’elle attend instamment : un peu d’isolement pour ne plus être seuls qu’ensemble, laisser leurs âmes s’animer en corps en corps dans le plus parfait des accords. Que la morsure se fasse bonheur, la langueur se fasse luxure.

Sourire, soupir et poursuivre la conversation. Le sujet est d’intérêt car la grande y est mêlée indirectement.


Oui, votre promise, Rabat… Il serait temps que je sache également… si je dois témoigner… ‘fin être votre témoin…

Puis de nouveau vers son excellence.

Comment cela cancelhièr… Vous n’en seriez pas ? Les mariages sont pourtant... si importants...

Et d'user de son regard couleur de brumes et de son sourire pour lui laisser imaginer un instant comme se réjouir d'une hyménée.
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Natale
- Tétététététété !

Réplique assez pauvre à l'encontre de Son Excellence qui entend déjà se débiner, mais faut dire que le soleil cogne bien sur la calebasse du blond, il s'économise comme il peut.
- Si la Donà de Châteaubernard accepte de témoigner, vous serez partie civile dans cette affaire.
Oui on retourne à de l'argutie juridique assez facilement, puis de se tourner vers la Brunette :

- Il en sera donc ainsi Donà, Mmmmmm

Un petite seconde de réflexion, il hésite à lui demander quelque chose au vu de la dernière rencontre avec un Lasteyrie. Et puis finalement il préfère garder l'information pour lui.



- Holàaaaa !


Ils pénètrent enfin en ville, faut bien arriver vous me direz.
Première rencontre avec les indigènes pour la portenouvelliène et puis bien sûr pour la promise aussi.

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Devil
- Tétététététété !

Tété qui ? Voudrait se tourner vers Hadrien ou les mamelles nourricières, surveiller de près le Coms de Rabat. "Pas touche !" Après acquiescement du chef traduisant "cause toujours, tu m'intéresses..." vers le Blondinet. Il replongea dans ce fleuve entouré de brumes et de lui sourire avec une certaine retenue. Est-ce l'air Toulousain ? Qui lui donne des idées ? Penchons nous désormais sur le ruisseau de ses envies, de ses "pensées" inavouées et inassouvies avant que la source soit tarie...

- "Le petit Roi" du désarroi, parfois, broie du noir et extrait dans un tiroir de sa mémoire, une vieille histoire comparable à un échiquier où se trouve que des cases noires. Il était une fois un homme en apparence comparable à tous les autres. Il vivait une vie triste et morne, le souci n'avait point pour synonyme une fleur, mais sous les cieux, on pouvait ouïr au sein de son esprit l'aria des soucieux. Les jours se ressemblent et les nuits s'assemblent afin de former une vie routinière. Banalité incarnée du cœur jusqu'aux extrémités. Jusqu'au jour où un grain de sable vint enrayer ces rouages bien trop huilés, pour l'entrainer vers une autre plage. Et quand on y songe la mer de nos songes à des airs de mensonges...

- Foultitudes d'études dans l'habitude et ses attitudes, atteindre de ce cursus les plus hautes "altitudes" admirer, mirer la cible de ce paysage de plénitude en apprécier la quiétude tomber du Mont des certitudes pour sombrer dans le gouffre des turpitudes. Elle lui dicte qu'il est "addicte". Jusqu'à se lasser et le délaisser. A force de déraisons, au fil des saisons, quittant la voie de la rédemption, il a atteint l'apogée de sa condamnation. Preuve de mauvaises comparaisons. Passons, oublions ce mauvais garçon, suivant les chemins de sa perdition. Écoutons de la déchéance le "doux son des violons". Greffé à la place du cœur, un bout de glaçon. Résonance ou dissonance ? Goûte les mets de la conséquence jusqu'à ce qu'apparait l'errance, science de la médisance dans sa robe d'apparences. A présent ton présent est la souffrance, enferme-toi dans le "coffre à jouet", enjoué, de l'innocence que préserve l'enfance et joue, jusqu'à ce qu'elle te mette "en joue" ou à genoux. La passion.

- Il ne comprend pas, il ne comprend plus. Elle lui tourne autour. Il s'applique à ce que "sa" rose pique son cœur. P'tit homme pauvre, embrasse désormais la folie. Emprisonné dans sa "prison de verre" avec Dante et son enfer. Apprendre d'Elle, la différence entre le chaos et l'ordre, vos désirs sont des ordres mais vos ordres sont des ires et vos ires font désordres. Atteint d'un vieillissement prématuré, il sombre dans l'avilissement le plus complet. Complaisant, céan, ou pensant à des êtres malfaisants. Il a passé le temps de jouer son intéressant. Patient, attendant que se lève la froideur de ce vent. Il est à l'écoute à la manière d'un sourd qui pleure car ne pouvant lire sur ses lèvres, étant ainsi aveugle, il voudrait crier ce qu'il ressent, ce que il est. Hélas, cela est impossible, quand on est muet de toutes paroles, et d'elle de tous sentiments. La folie. [...]

D'aimer, de vivre peut en conduire certains à leurs pertes. C'est un risque à prendre. Un danger à surmonter, un défi à relever. Pour ces deux-là, l'espoir se présentera en ange gardien afin que cela n'arrive point. Pour l'instant, l'élue de notre Devil, vogue à travers ce monde laissant aux autres le soin de se morfondre. Son aspiration est beaucoup plus profonde. Et avec elle, il savoure chaque seconde. Son "essence", celle, qui représente une essentielle constance. Profitons des cendres de ces éphémères stances. La regardant et de penser alors : "Fuis-moi, je veux te suivre..."


Je bois tes sourires, que j'en deviens ivre...


La bouche en "sabre" afin d'accompagner la parole au "geste". De prendre sa main, celle sur le point "douloureux" qui palpite, dans la sienne.

Nenni, je ne vais pouvoir venir à ce mariage...Même si les mariages sont si...importants...

Réponse implicite aux propos de la Brynette. Et pour l'excuse valable du "J'ai...J'ai...J'ai un truc de pointu qui me rentre dans l' *bip* et m'empêche de marcher..." Hum ? Non, c'était pas ça, non plus. Une soirée de houppelandes mouillées alors...? Mais euh...Y a rien d'inavoués, ni d'inassouvies ? Non, pour une prochaine fois... - Suspense ! -
Brygh_ailean
Je bois tes sourires, que j'en deviens ivre...

Et le doute insidieux de reprendre sa place. L'ivresse est un poison dont il faut se départir. Elle ne doit plus sourire. Apprendre à respecter l'autre, sans l'influencer. Apprendre qu'il lui a déjà donné plus qu'on ne peut espérer. Corps et âme... et son cœur, là, qui bat contre ses doigts. Son esprit est ailleurs déjà, happé par cette solitude de l'ours qu'elle a pu apercevoir parfois. Une fois qui l'a bouleversée : sur le seuil de la cuisine de Porte Neuve. Elle ne risque pas de l'oublier.

Poser les mains sur un visage, et le regarder. Le chancelier solitaire est parfois un mystère. Protecteur à ses heures, d'elle et du bébé. De la comtesse qu'il a aimée et qu'elle ne sera plus jamais. Destructeur aussi. Lorsque tout vol en éclats, qu'on ne sait plus sur quel pied danser. Son excellence et ses contre-pieds vous prend au débotté. S'y faire ou s'y perdre, ou bien s'en défaire et se perdre aussi. Ne plus sourire... pour son bien. Mais quoi alors… Le convaincre comment ?
Souffrir à force de l’attendre. La précarité de sa fidélité à leurs sentiments s'insinue plus fort encore tandis qu'il prend ses doigts. L'invincible conviction de l'escote vascille. « Ne veut-il pas que je sente son émoi ? Ou son indifférence, c’est cela ? »


Nenni, je ne vais pouvoir venir à ce mariage...Même si les mariages sont si...importants...

Un coup au cœur supplémentaire. Elle a mal à nouveau. Furieusement mal. Non pas de la douleur qui la maintint au fond de cette carriole. Non. De cette douleur de doute d’être abandonnée, encore une fois. Pourquoi parler de mariage… même si c’est de celui de Natale ? Pourquoi ? A quoi a-t-elle pensé, pauvre sotte ? Elle perd pied, étouffe. Souffrir sans gémir ou se plaindre. Sans un cri.

Je… Devil, vraiment, je ne voulais pas…

Si elle veut. Quoi ? Encore, elle ne le sait pas. Mais elle veut assurément. Avouer et assouvir pleinement ? « On va chez toi ou chez moi ? » Impossible ! Ils en viennent déjà. Et lui que veut-il à part échapper à cette nouvelle cérémonie. Elle n’y sera pas à l’aise. Elle le sait déjà. Sans lui cela risque d’être pire et elle ne veut plus s’imposer cette peur de l’isolement.

Vouloir et ne pas oser. Ne rien dire, se contenter d’espérer. Mais sans rien lui dire jamais il ne saura. Sait-il à quel point elle est fragile et tourmentée ? Sait-il à quel point elle se dévalorise dès qu’il ne la regarde pas ?

Puis s'aventurer davantage au risque de tout briser. «Serez-vous prête à franchir le pas ? A vous donner à moi, corps et âme ? » Elle lui propose alors le plus tendre des pactes, tandis que les larmes de l’amertume mouillent le vélin de ses certitudes. Pas un pacte en fait : juste un projet… subtil et discret, qu’elle aimerait faire durer... éternellement.


Emprunt à Et mourir de plaisir, Sardou.
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Natale
Lui ?
Il avance et fonce tout droit, quitte à foncer dans le mur, parfois résigné, parfois enflammé, mais bien souvent il n'en laisse rien paraître. Il fonce et va droit, là où le mène le destin qu'il croit avoir choisi.
Souverain, parfois hautain, il piétine ceux qui ne s'inclinent. Bien souvent il reste magnanime.
C'est le Comte côté coure. Côté jardin c'est un océan, une montagne, parfois, souvent, rien que le petit oiseau qui virevolte, ou l'abeille qui butine...
Fermer les yeux un bref instant et penser à cette personne dont il souhaite la présence à ses côtés chaque matin.

Il rouvre les yeux, pince les lèvres et va chercher la salive, l'accumuler du bout de la langue, préparer le crachat et évacuer le mollard. Un regard sombre, une mine de dédain, un regard plein d'une colère contenue. On revient à l'enclot dans lequel il se débat.
Digne et juste ressentiment de celui qui aspire, tout de même, à l'instant parfait, l'image convenue, et qui n'accepte pas, qui refuse même le refus.
Pas d'objection.
Aucune parole. L'occitan devient froid comme la pierre, comme le souffle qui descend du Pic des Trois Seigneurs en fin de journée. Sans même s'apercevoir des œillades, roucoulements et tourments de ses proches.
C'est une palissade, un véritable mur qu'il dresse, une forteresse dans laquelle il s'enferme à double tour. Les derniers mètres paraissent bien longs, suffisamment pour murir quelques sombres bouderies. Si bien que l'arrivée sonne comme une annonce impromptue, il doit retrouver les clefs de la parole et paraître comme le jovial et l'enjoué. Toujours difficile de lutter contre soit-même en somme.
Un sourire fugace qu'il adresse à la Brune. Rassurant ?

- Nous voilà rendus !
On rajoute l'exclamation pour faire comme...
- Hum, Son Excellence vous fera visiter les lieux.
... Si ...
Il n'a qu'un envie, celle de retourner dans sa tour, laisser là le refus et... l'insolence ? Nenni, la couardise, peut-être.

- Bien, je vous laisse à vos occupations.
Voilà pour eux deux. Et pour elle :
- Prenez soin de vous, j'espère que le périple ne vous aura point trop éprouvé.
Un regard pour le petit Hadrien qui a décidé de dormir. L'avenir en sommeil.
Lui ?
Il n'est déjà plus là.

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Brygh_ailean
Terminus. Tout le monde descend. C'est concrètement ce que Natale propose. Et c'est ce qu'elle ressent. La fin d'une ère... ou plutôt d'une errance. Faut pas exagérer : le périple n'aura duré que deux mois. Il s'agit bien d'un périple et non pas d'un simple voyage. Ce dernier n'est qu'une conclusion. Hâtive, imprévue et certainement l'ébauche d'une nouvelle ère. Qui ne sera pas une errance. Assurément.

- Nous voilà rendus !
- Pas trop tôt !

Oui. La réflexion est parfaitement stérile mais c'est aussi parce qu'elle a une réputation à soutenir, la Chieuse du Périgord, celle de n'être jamais satisfaite de rien. En fait, elle se contente de bien peu mais faudrait pas que ça se sache non plus. Diantre ! Néanmoins elle sait que Rabat n'est pas dupe. Alors, à son sourire, elle en renvoie un presque innocent.

- Hum, Son Excellence vous fera visiter les lieux.
- Pff !

Rien n'est moins sûr. Et visiter n'est pas foncièrement ce qui l'intéresse pour le moment. Du calme, du repos. Trois jours de fièvre, ça laisse des traces, des courbatures. Les reins en déconfiture et je ne vous parle même pas du capiô : pas foutue d'aligner deux idées cohérentes, manquerait plus qu'elle se balade en ville pour passer pour démente.

- Prenez soin de vous, j'espère que le périple ne vous aura point trop éprouvé.
Ô que si... mais vous n'y êtes pour rien... au contraire !

De déposer sa main sur son avant bras comme un remerciement, mais déjà le voilà qui disparaît. Sans la présence rassurante de Rabat, le ciel prend une autre tournure. Le rouge flamboyant devient couleur de sang. De se rasseoir hébétée au fond de la charrette. Trois mois frénétiques viennent de s'écouler — campagne, élection, allégeance, désagrément, décès, naissance, alliance, convenance convenue et inconvenance voulue, des combats, victoires et défaites — et tout s'arrête en même temps que la charrette. Il faut laisser aller ou bien redémarrer. Et peut-être simplement, se laisser le temps.

Déraison, des raisons... résonne un oraison. Celle de sa vie qui fût.
Devil
Avant que l'objet en mouvement marque un arrêt brutal, au moment où ce dernier perd de la vitesse, notre homme descend. Excusez-le, il semblerait qu'il ait vu quelque chose attirant son attention. Le Coms de Rabat s'apprête à les quitter, le visage fermé. Le "diplomate" ne fait plus dans la diplomatie depuis quelques jours. Et peut être a-t-il blessé le fier Blond ? Ceci soulève quelques interrogations. Et oui, encore. Le chancelier se pose trop de questions. Il pense trop. Et en oublie parfois de vivre et de se laisser porter par le vent comme il pouvait le faire avant. A ses débuts.

Il patiente un peu, le temps que leur convoyeur s'éclipse. Mais juste avant, il décide de s'éloigner dans un silence de cathédrale.
Remontant, le long de la charrette, il s'agenouille et cueille une fleur des champs.


- Pff !


N'étant pas bien loin. Il aurait presque pu rétorquer : "J'ai entendu !"
Mais pas maintenant. Il aura le temps de l'enquiquiner et de la tourmenter aussi...bien plus tard. Or, il s'en veut énormément quand son sourire se fige, que ses larmes se glacent et que son cœur perd l'envie de se battre.

Natale n'est plus là.

Il s'approche alors de l'avant de l'ex-convoi. Et observe la scène. Étrange est-elle. Là, à l'arrière presque recroquevillée sur elle-même. Faisant deux pas, le voilà déjà à ses côtés avec l'adresse de ses jeunes printemps. Les prunelles attirées par son regard aimant, essayant tant bien que mal, d'être son amant. Et bien plus encore. Il lui fera visiter, si elle souhaite. Et la soutiendra aussi, en tous lieux et toutes occasions. Tendant la main avec ce modeste cadeau entre les doigts. Des pétales violettes, gynécée jaune.


Tenez mo ruin... Fleur sauvage, à votre image...

Et lui offre en prime, un large sourire.


Bon. Nous avons encore un petit chemin à faire. Nous devons nous rendre au Banasité où vous pourrez faire connaissance avec la mairesse. Puis, ensuite peut être un petit tour au Présidial.

Un court silence. Une envie. Puis de penser que ce n'est peut être pas le moment. Mais on lui a toujours répété qu'il fallait se relever et recommencer après une chute de cheval.

Et puis, j'aimerai beaucoup pouvoir travailler avec vous. Sur divers sujets... Une femme talentueuse comme vous...

Un autre sourire. Il se refait charmeur. Rien n'est jamais acquis, parait-il. C'est triste, d'ailleurs.
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