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Inclinez-vous devant l'art ultime.

[RP ouvert]Un artiste qui s'affirme.

Kuan
Ce soir-là, le vent soufflait. Il faisait claquer les volets mal fermés et emportait au bout de la ville les détritus mal enterrés ou entassés dans des coins. Une nuit d'une timide lune qui effleurait les toits des maisons branlantes du Cloaque.
A l'intérieur de l'une d'elle, posés les unes à côtés des autres sur une paillasse, des armes blanches brillaient sous la lumière d'une et unique bougie dont la cire gouttait sur le poignet de son propriétaire qui tressaillait un peu à chaque marque brûlante.
La petite main dont les ongles étaient noircis de terre choisit deux tekkens justement enduits de poison mortel et vint les accrocher à la ceinture, juste à côté d'une bourse remplie de crotte de nez séchées. La bourse fut ôtée et lâchée sur la paillasse. Le scalpel, brillant d'un éclat nouveau après son lent polissage, rejoint les tekkens, suivis par quelques couteaux tout aussi acérés.
On ne connaissait pas un forgeron sans en retirer quelques avantages.

L'hommme-enfant rabattit la capuche de sa cape noire sur sa tête, les yeux allumés d'une lueur maline, dangereuse. Sa petite taille et sa bonne connaissance des lieux le firent passer inaperçus aux yeux de la milice qui faisait sa ronde, ou pour ceux qui cherchaient à dépouiller les trainards étourdis.

Ce soir-là, il ne jouait pas.
Comme un somnambule il avança vers le Sô dont l'ombre procuré par les étoiles s'étirait sur les gardes chargés de sa surveillance.

Chit!

Un caillou reçu la correction due à cause de cet élément qu'il n'aimait pas. La petite silhouette se faufila et fit le tour du sô. Dans un espace dégagé, juste là où les feuillages avait laissé un peu de vue depuis le chemin, il fit son œuvre. Il aurait préféré le faire en plein milieu de la porte, mais vraiment les geôles c'était pas son truc, et il aurait bientôt à faire.
Une fois terminée, il recula un peu pour l'admirer et des dents scintillèrent dans la nuit sombre.

Puis il refit le tour du Sô prudemment, se dissimulant dans les rares buissons et repartit à reculons, le souffle court, les yeux aux aguets.


Qui va là ?

Chit ! Il se colla à un mur et, prit d'une inspiration soudaine, fit ce qui avait fonctionné la dernière fois.

Je suis un kaaamii ! Ouuuh !

Sauf qu'il était tombé sur moins bête, et un des gardes quitta son poste, soudain en alerte. Chit, chit, chit ! Vite, il se coucha à terre dans une position qu'il pourrait prendre en dormant et se couvrit le visage de sa capuche. Un coup de pied dans les côtes l'avisa qu'il avait raté son astuce.

File dormir plus loin, sac de vin !

Les pas pesants s’éloignèrent et le morveux put reprendre son souffle. Il s'enfuit pour mieux recommencer.

Le château. Émerveillé par un bâtiment si grand, il resta sans bouger quelques minutes, avec ce regard encore enfantin qui découvre le monde. A chacune des rares fois où il était allé là, il s'était juré, qu'un jour, ce château serait à lui.

Chit !

Là aussi une panoplie de gardes malfaisants faisaient le pied de grue, au grand désarroi du morveux. Là aussi il allait devoir se contenter d'un pan de mur moins voyant pour son œuvre d'art. Oui car il est artiste dans l'âme, ce petit (J'suis pas PETIT !) ce grand, pardon.
C'est donc sur un nouveau pan de mur un peu à l'écart qu'il accomplit son méfait, dont il se réjouit une fois terminé.

Oubliant la prudence il s'enfuit à toutes jambes narguant ses gros balourds de gardes qui bondirent à sa vue. La cape s'envola, leur laissant pour seul souvenir le tatouage d'un lézard encré sur une nuque narquoise et un rire cristallin qui s'élevait vers les étoiles.

Au petit matin, quand les rayons de soleil effleurèrent la jolie Kiyosu, des regards surpris furent échangés entre les passants. Quelques sourires pointèrent. Quelques colères également. Et de l'indifférence. Beaucoup d'indifférence. En tout cas il y en a un qui se marrait bien, et qui, d'un coup, venait de gagner de la popularité chez les enfants orphelins du Cloaque.
Surtout qu'il n'y avait pas que les bâtiments officiels qui avaient été tagués. Quelques habitations en faisaient aussi les frais, ainsi que des tavernes, des étals...

Partout, une marque de main ensanglantée avait été apposée avec délicatesse dont les contours avaient été encrés au rouge, et parfois gravés au couteau. Juste en dessous, l'artiste avait signé de son nom en grosses et belles lettres calligraphiées :


Kuan Ti Premier.

Voilà un beau phénomène qui s'annonce. Qui en comprendra le message?
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Kuan
Personne n'avait rien effacé.
Personne ne s'en était soucié.
Alors au grand plaisir de Kuan, son art trônait.

Wazartata !
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