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[RP ouvert] Prions, compagnons ! Par la foi et par le sang !

Matalena
Ce RP est ouvert à toute personne se trouvant dans le campement de l'armée "Venetario vel Nex!" ou alentours et souhaitant assister à une prêche réformée. Merci, bien entendu, de respecter les règles de la cohérence et de la politesse. Toute intervention à visée perturbatrice fera l'objet d'une demande de suppression.


Le jour posait sur le campement son éternel regard neutre, indifférent aux affaires des Hommes. Plutôt clément pour la saison, il entreprit de dispenser sur les corps fatigués, arrachés qui à sa tente pour les plus riches, qui à son lit de camp pour les plus indigents, lumière et chaleur malgré le mois d'octobre. Pas de tocsin dans cette armée disparate où se côtoyaient nobles et gueux, Ponantais, Guyennois, et bien d'autres encore. Un maelström de tenues, d'accents et d’habitus, concentré de vies et de vie en une solution des plus denses, riches d'échanges, de découvertes, et de ces évènements qui, même minimes, vous changent une existence.
Vous changent une personne.
Chacun pourtant s'était levé aux aurores, vaquant à ses occupations quotidiennes qui vous tirent d'un sommeil plus ou moins réparateur pour remettre en phase la chair et la pensée. Une gigantesque scène de famille où l'on ne voyait de droite et de gauche que préparations de repas, habits froissés que l'on superpose, toilettes sommaires autour de seaux de bois. Des mines sombres, préoccupées d'un avenir aux coloris douteux, des rires.

A l'aube pourtant, se tenait au loin la silhouette, toute de noire vêtue, de l'ascétique pasteur réformée répondant au nom trop bien porté de Matalena. Mata, pour les intimes et connaisseurs, peu nombreux fort heureusement. Elle avait choisit un terrain vague que rien ne différenciait des autres alentours. La même herbe coupée rase par les pieds innombrables qui l'avaient parcourue. La même terre dure et sèche où chacun pourrait s'asseoir sans trop se dégueulasser les nippes. L'un dans l'autre, ce lieu ne changeait pas trop de la clairière dans laquelle ses frères et sœurs de foi se retrouvaient depuis des lustres pour effectuer leurs Lectures et partager leurs croyances. Il est ceci de pratique avec un culte qui ne s’embarrasse de contexte qu'on le peut pratiquer partout...

Avant de venir, la jeune femme avait pris la peine de s’entièrement laver, ainsi que se doit pour faire montre du respect dû à un moment de prière. Et rien de plus : le partage de la pitance viendrait plus tard. Elle avait donc patienté, laissant le temps à d'autres moins insomniaques de parvenir jusqu'au lieu-dit et prendre place. De nombreuses têtes attendues, et très en attente de voir ce que le culte réformé avait à proposer, ce qu'elle même avait dans le ventre. Si une angoisse aurait pu être à craindre, un stress quelconque devant l'assemblée, il n'en était rien. C'est sereine que la petite brune s'était tenue là, soumise aux regards et aux jugements, ayant pour objectif de ne proposer que ce qu'elle avait dans la tête, dans le cœur, et que chacun en tire ses propres conclusions.
Lorsque l'assemblée lui parut contenir les principaux éléments qui avaient affirmés leur présence ce jour, la pasteur les salua d'un signe de la tête, avant de commencer.


Frères, Sœurs, Compagnons et curieux

J'aurais pu aujourd'hui vous proposer une Lecture. Reprendre un de ces textes qui nous est cher, le citer ensemble, gardant nos pensées dans les secrets de nos êtres sans les partager plus avant... Et laissant à chacun la méditation et l'interprétation propre d'une parole sacrée.

Mais là n'est pas le choix que j'ai fais.

J'aurais pu également vous parler d'amour. D’apaisement. De ces mots qui nous sont chers et que l'on aimerait tant entendre dans ces moments de combats et de souffrance que nous gérons tous avec plus ou moins de difficultés. De ces notions qui font que ceux qui parmi vous ne connaissent point notre religion se plaisent à la penser accessible, agréable à l’œil comme à l'oreille en ce qu'elle prône une foi plus pure, plus libre, et peut-être un jour fassent le choix de rejoindre nos rangs.

Mais là n'est pas le choix que j'ai fais.

Non.

Aujourd'hui, je veux vous parler de guerre. D'affrontement. Car dans la réalité qui oppose l’Église aristotélicienne romaine à l’Église aristotélicienne réformée, il n'est point de délicats jeux d'illusions possibles, et point de répit.
Vendre du rêve aux ignorants, les dominer, se faire maîtres de leurs cœurs et de leurs esprits ne nécessite que deux choses : peur, et promesses. La peur de l'excommunication, d'un refus définitif de l'accès au paradis par la décision d'un seul homme de sang si l'on se mal conduit. Et qu'est-ce, que se conduire mal pour mériter cela ? Est-ce commettre le péché de chair avec un autre que sa femme ou son mari ? Non. Est-ce tuer ? Non plus. Voler ? Toujours point. En vérité, le plus simple moyen d'accéder à cette sentence, c'est se libérer du joug de l’Église romaine et choisir une autre voie. Les promesses, se sont celles de l'absolution, le pardon accordé par ce même homme de sang qui, sous réserve de lui raconter toutes nos mauvaises actions, se verrait investit du pouvoir divin de nous laver de nos pêchés. Et comment accéder à ce pouvoir divin ? En devenant membre de l’Église, soit en faisant des études. En somme, comme si apprendre des manuels donnait la possibilité d'user de la Grâce du Très Haut selon son bon plaisir.

Il en est beaucoup parmi nous qui, au cours de leur vie, ayant constatés les ravages d'une croyance aussi néfaste, se sont interrogés. Et s'interroger, ici, est déjà un péché. Car en s'interrogeant on commence de douter, et qu'à trop douter on en vient à penser vraiment, et librement. Et cela est inacceptable. Certains ne parviennent à franchir le pas. J'ose croire cependant que Deos veille à placer sur la route de chacun des opportunités, des personnes et des rencontres qui, à défaut de parcourir pour nous la route que chacun se doit de tracer par lui-même, nous offrent des indices, des clés, que l'on utilise ou non.


Elle s'accorda une pause de quelques instants, laissant les deux billes glacées de ses yeux noirs parcourir l'assistance, s'arrêtant sur certains visages comme pour leur adresser un message plus personnel qui n'aurait pas sa place ici. Une pensée particulière pour chacun. Leurs situations étaient, pour la plupart, bien connues d'elle.

En sus de se proclamer, donc, détenteurs de la Vérité Divine, certains usent bien volontiers de leurs prérogatives sur le territoire de France pour imposer leurs lois. Martyriser, condamner à l'exil, retirer de la politique celles et ceux qui ne conviennent point à leur parfait plan de soumission dictatoriale.

On me parle de paix, d'un amour universel possible entre nos deux croyances ? Je dis qu'il n'existe pas. Qu'il a déjà été foulé aux pieds par ceux là même qui se plaisent à déclarer félons et amateurs de violence les libres penseurs et réformés. Combien d'entre nous ont déjà souffert de mauvais traitements, de la méfiance malveillante, du mépris, jusqu'à même qu'on leur retire leur statut d'être humain ?
En cela, la neutralité ne saurait exister.

Faut-il accepter de les laisser dominer en Seigneurs et Maîtres, d'étouffer les voix de ceux qui veulent savoir, de ceux qui veulent comprendre autrement ?
Faut-il accepter de laisser nos égaux sous le joug de ces parjures, insultes à la face du Très Haut, pantomimes se prenant pour ses envoyés particuliers ?

Je crois qu'il faut combattre.


De nouveau, un temps.

J'aimerai conclure mon intervention par le rappel des fondements de notre foi. Ceux qui les connaissent et le souhaitent peuvent reprendre avec moi...

La jeune femme se redressa, campée sur ses jambes minces, et accola ses mains l'une à l'autre, bien à plats devant elle.

Dieu seul est le grand juge.

Nous croyons et confessons qu'il n'y a qu'un seul Dieu, qui est une seule et simple essence spirituelle, éternelle, invisible, immuable, infinie, incompréhensible, ineffable, qui peut toutes choses, qui est toute sage, toute bonne, toute juste, et toute miséricordieuse.


Puis sa voix retomba, aussi légère qu'elle avait été forte... Retrouvant l'effacement qui était quotidiennement sien, quand la force avait coulé dans ses veines et sa voix alors qu'elle s'adressait à d'autres au sein de sa fonction.

Merci de m'avoir écoutée.
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Isambre
La Duchesse croisa la route d’une femme en noir.
Les pas chaotiques allaient suivre leur route quand brusquement la botte gauche opéra une rotation. Lentement, les yeux froids de Blanquefort caressèrent la silhouette sombre qui lui tournait désormais le dos. D’un geste sec, la Duchesse abaissa la capuche de laine noire qui engloutit immédiatement sa mine blafarde. La démarche claudicante se remit en branle, doucement, suivant les pas de la femme en noir.

Luzech parvint au lieu de réunion et observa un instant de ses yeux à demi-couverts, le parterre de spectateurs de cette drôle de représentation. Calmement, elle s’assit sur une roche saillante et écouta la femme en noire. Les mains emprisonnées de cuir s’agitèrent un peu au dénouement de ce spectacle.
Puis, le regard ambre s’engouffra entre les méandres bousculés de la terre d’octobre.

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Millie
Millie qui se promenait dans le camps, vérifiant une dernière fois que les ordres dans sa section avait été bien suivit, se retrouva devant une assemblée présidée par Matalena.
Elle savait que sa compagne d'arme était pasteur réformée, et là apparemment elle s'apprêtait à faire une cérémonie.
Elle n'avait jamais assisté à une prière en plein air.
La curiosité n'étant pas un de ses moindre défauts, la jeune femme laissa les affaires en cours pour assister à l'office.
Prier ici ou entre 4 murs, le principal est de prier.
Elle s'installa dans un coin à l'écart des autres et se laissant porter par la voix de la pasteur, écouta le sermon.

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Sorianne
Toute en sombre ce jour la petite brune. Des bottes montant le long de ses gambettes, en passant par les différentes couches de ses jupes, par le bustier maintenant chemise en place, le lourd gilet de laine qui lui tenait chaud, par les cheveux corbeau laissés libres dans son dos, jusqu'à la mine qu'elle portait depuis plusieurs jours. Mine d'autant moins joviale qu'Il l'avait chassé... Allant jusqu'à la traiter de catin...

Ce matin là, elle avait repensé à la conversation qu'il y avait eu un soir en taverne. Une prêche réformée? Meilleur moyen d'avoir les réponses cherchées sans se faire bourrer la tête. C'est qu'elle ne l'avait pas bien grande et étant déjà bien emplie d'énormément d'interrogations, en rajouter n'avait pas bon effet sur la noiraude. Se retrouvant à nouveau seule, rien ne l'empêcherait donc d'aller y assister, ne serait-ce que par curiosité, et pour donner tort à un borgne...

Chemin entreprit depuis un moment, la petite boiteuse finit par arriver, non sans quelques détours qui avaient valu moult ronchonnements bien sentis. Il était des jours où l'humeur n'était pas des plus faciles! Elle ne poussa toutefois pas la curiosité jusqu'à s'avancer au milieu de l'assemblée, préférant rester en retrait, bras croisés et l'épaule en appui sur un arbre. Qu'il était étrange de présenter cela au milieu d'une clairière...

La voix de celle qui lui avait été présentée comme étant pasteur finit par s'élever et la So n'en perdit pas une miette, se renfrognant encore davantage à chaque parole. Si elle avait été nombriliste, elle aurait presque cru que ce message pouvait s'adresser directement à elle.. Malheureusement,cela devait être monnaie courante. La suite du discours tenu lui fit penser à Col et à sa réaction alors qu'elle s'interrogeait et voulait connaitre son avis... Un soupir s'échappa et la brunette alla chercher le courrier de Zeji au fond d'une poche. Premier d'une longue série sur lequel elle posa de nouveau le regard... Complétement perdue... Qui croire? Devait-elle fouler au pied tout ce à quoi elle croyait, s'avouant par là complétement bernée, petit jouet d'un homme vil et trompeur, perdant tout espoir de retrouver sa vie d'avant si elle se mettait à croire en ces choses? Ou ignorer les doutes et continuer sur la voie suivie depuis son enfance, préférant penser que parfois un sacrifice était nécessaire pour obtenir un Pardon... Lourd sacrifice que celui-ci et qui la faisait également perdre tout retour à une vie tranquille de par un refus continu et mal vécu par le brun fiancé... Le vélin avait été rabaissé, presque oublié alors qu'elle s'interrogeait encore et encore, le regard dans le néant de la clairière... Trop de questions, de doutes...

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Maleus
Depuis sa discussion avec Sancte à Montauban, tout etait allé plutot vite, du moins ses questions avaient trouvé réponses et le petit livre que le lecteur lui avait offert avait terminé de le convaincre.
Les paroles d’Averroës ajoutées au livre des vertus rendaient tout un peu plus sain et clair et ne faisait que le conforter d’avoir choisi ce chemin. Le chemin de la vraie foy comme il amait à le rappeller par moment.
En embrassant la réforme il n’avait juste intégré une communauté mais s’etait engagé à la voir grandir et s’épanouir encore et toujours, rappeller les fidèles à une foy aristotélicienne plus saine et plus vraie. Il en avait croisé certains qui ne souhaitaient que de vivre tranquillement leur foy réformée dans leur coin, tolérés, comme ils l’entendaient, nombrilistes, égocentriques… Mais pour lui c’etait presque aussi mauvais que de choisir de demeurer dans l’erreur de l’église romaine, c’etait oublier que la vraie foy devait parvenir à tous d’une maniere ou d’un autre.

Assis en tailleur dans cet espece de terrain aux touffes d’herbes éparses, il écoutait la pasteur causer, donner son point de vu qu’il partageait en tout points.
En peu de temps il avait appris à connaître, du moins pouvait-on vraiment connaître totalement une personne, et à apprecier cette brunette, froide d'aspect mais d'une profonde richesse interieure .

La majeure partie de sa vie, il avait vécu sa foy seul dans son coin n’ayant pas grand monde dans son entourage pour la partager.
Et pourtant il etait là à l’écouter en compagnie d' autres gens qui s’etaient réunis eux aussi pour écouter la brune.
Elle en imposait la petite, savait s’adresser à son public, une qualitée pas donnée à tout le monde mais qui conferait à son detenteur un charisme indéniable.

Quand elle les invita à repeter après elle, le borgne qui s’etait promis de rester discret et silencieux fut surpris de s’entendre marmoner aussi.

" Dieu seul est le grand juge.

Nous croyons et confessons qu'il n'y a qu'un seul Dieu, qui est une seule et simple essence spirituelle, éternelle, invisible, immuable, infinie, incompréhensible, ineffable, qui peut toutes choses, qui est toute sage, toute bonne, toute juste, et toute miséricordieuse."


Et de grogner légèrement sur lui même en attendant de voir ce qu’il adviendrait par la suite.

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Adieu Fab'
Asophie
    "Nous sommes certes enchaînés à la matière, certes soumis à ses lois, mais notre but est de tendre vers Toi, l’Esprit Éternel et Parfait. Donc, selon moi, le sens que Tu as donné à la vie est l’amour." Le Livre des Vertus - Livre de la Création - Chapitre VII - « L’amour » , 8.


Sophie s'était levée après avoir écouté la diatribe de Matalena. Machinalement, et elle en aura honte plus tard, elle avait marmonné la prière, attendant que quelqu'un prenne la parole ou réagisse. Mais ils avaient tous gardé cette habitude d'écouter sans rien dire les paroles du pasteur, reproduisant en cela le modèle romain où les moutons écoutent le curé, chose dont les derniers genevois avec qui elle avait discuté s'étaient étonnés. Elle-même n'avait que rarement osé prendre la parole dans la Clairière même si sa situation était particulière et privilégiée puisqu'elle avait la chance -ou pas- de pouvoir aborder les points contrariants entre quatre zyeux avec le pasteur habituel. Mais là, si loin de chez elle, au cœur de la guerre, porteuse de vie, elle refusait d'entendre ces paroles et avait cité de mémoire l'un des rares passages du Livre des Vertus qu'elle connut. .

Que l'Eglise Aristotélicienne Romaine soit notre ennemie, c'est un fait. Alors même que nous sommes frères et sœurs devant Dieu, partageant les mêmes croyances à quelques détails près. Mais aujourd'hui, n'est ni le lieu, ni l'heure pour appeler à plus de haine, plus de violence, plus de rage.

N'y a-t-il pas assez de sang qui coule? pas assez de larmes? Ici, en ce lieu de paix où nous nous sommes réunis pour prier, pour communier ensemble avec Dieu, la Terre et les Hommes, l'acier doit rester au fourreau. Et le verbiage politique également.
Ce que nous reprochons aux romains, c'est de se mêler plus de pouvoir temporel que de réconfort spirituel. C'est donc sur le plan politique qu'il faut les combattre. Car sur le plan religieux, il n'y a pas de combat. Il n'y a pas de guerre. Il n'y a pas de lutte. Nous croyons. Notre Foi est pure, dépourvue d'ambition, d'intérêt... Et que nous importe si leurs messages sont dévoyés, au fond. Est-ce que ça m'empêche de croire? Est-ce que ça m'empêche d'aimer Dieu? Est-ce que ça change ma Foi à moi? Non...


Elle sentait qu'elle était brouillonne. La théologie, le discours religieux, le "prêche", car elle n'en était pas loin, c'était pas son fort... Elle reprit son souffle, rendu plus court par son état et essaya de rassembler ses idées avant de reprendre.

Mais ce n'est ni le lieu, ni le moment...

D'un geste assez ample, elle désigna ceux qui s'étaient approchés pour écouter, plus ou moins près, plus ou moins visibles.


Regardez autour de vous, Matalena... Voyez ceux qui vous entourent, voyez ceux qui sont venus écouter ce que vous aviez à leur dire, sans fard... Ils sont venus pour certains tête nue et laissant leurs préjugés et leurs armes aux fourreaux, sans doute mus par la curiosité, mais plus probablement poussés par le désert spirituels auquel ils doivent faire face au moment où ils ont peur, au moment où ils ont mal, au moment où ils souffrent... Ils n'ont pas de messe, pas de prêtre, pas d'église... Ils sont seuls, loin de Dieu... Et ils viennent ici.
Du doigt, elle désigna le sol et élargit son geste pour montrer alentours avant de reprendre en laissant tomber son bras, d'une voix soudainement lasse :
Et vous les accueillez en ne leur montrant de notre Foi que la colère et la douleur, en ne leur parlant que de guerre et de lutte alors même qu'ils sont pour beaucoup, fidèles de la Foi romaine. En les désignant comme ennemi, en somme... Comme s'il n'y avait que cela dont nous sommes capables?

Elle secoua la tête, soudain faible mais serra les dents.

Nous sommes tous aristotéliciens. Et il n'y a de dieu que Dieu. Et Il dit à Oane : "Ainsi, tu sais que le talent de ton espèce est sa capacité à M’aimer et à aimer ses semblables."...
Au cœur de la guerre, si un baptisé romain est blessé, je vais le soigner. Et si je suis en danger, c'est peut-être sa lame qui s'interposera. Et s'il est en peine de réconfort, s'il est seul, s'il ne sait pas voir Dieu... Alors je lui montrerai... Et si je sais trouver les mots pour éclairer son âme, je les dirais...
En cette heure, je me fiche de la paix ou de la guerre entre nos Églises ou du combat que nous aurons à mener demain. Demain est un autre jour. Et pour pour l'heure, c'est bien à la paix des braves que j'aspire avec mes frères d'armes qu'ils soient réformés ou non.

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Matalena
Dans un premier temps, l'écoute. Simplement l'écoute. Laissant à sa compagne le loisir de vider son sac, ses émotions à fleur de peau, femme bientôt mère aspirant semble-t-il à un discours plus délicat qui aurait su entrer en adéquation avec les peines et les duretés de la vie de soldat. Cette vie qu'ils menaient tous depuis de longues semaines pour certains, des années pour d'autres, des vies entières. Trop peut-être ? Lorsque Sophie eut terminé, elle laissa passer un temps... Puis répondit.

C'est vrai après tout. Acceptons, laissons-faire, chacun chez soi et Deos pour tous.
Tant que nous pouvons mener nos petites vies peinardes dans notre petite foi tranquille, que nous importe si les messages sont dévoyés, si d'autres peuvent en souffrir ? Pourquoi se préoccuper de ce qui se passe à côté quand il suffit de rester gentiment au sein de ses croyances et fermer les yeux sur le pouvoir atemporel exercé dans tout le reste du royaume ?

La tranquillité, la paix, et la bonne image en prime. Que demande le peuple ?

Mais à quel prix ?

Celui du paisible égoïsme.


La seconde partie lui arracha un léger froncement de sourcils qui alla s'accentuant jusqu'à une certaine forme de perplexité. Voir perplexité totale.

Alors qu'en son sein se renforçait chaque jour une envie plus forte de s'ouvrir, se préoccuper d'autrui alors qu'elle n'avait jamais quitté Montauban... Alors qu'à l'aube de sa liberté la brune commençait à peine à comprendre, au fil des rencontres, combien nombre de gens pouvaient pâtir de ce qu'ils ne se laissaient point le choix de croire en autre chose... Alors qu'elle aspirait de plus en plus à une vie d'errances, de prêches et de rencontres pour offrir ce qu'elle avait de mieux : ses espoirs, sa fougue, et sa volonté de fer...
Elle appelait à la lutte, oui, la femme en noir. La lutte contre cette acceptation tacite de l'obscurantisme revendiqué par la vicomtesse. Et dorénavant, fusse-ce le Lecteur qui l'avait révélée à sa foi lui-même, personne ne la détournerait plus de sa route. La sienne. Celle qu'elle réalisait, peut-être en cet instant seulement, être son destin.


Il n'y a d'ennemis que ceux qui oppriment, non ceux qui croient.
Pour moi, notre devoir de croyants réformés, tous autant que nous sommes, est de s'opposer avec fermeté aux représentants de ce culte, ceux que j'ai appelés tout à l'heure les manipulateurs, qui aiment à se présenter comme autant de prophètes, d'apôtres, et j'en passe. Justement parce que, par lâcheté ou égocentrisme, nous leur abandonnons des personnes qui, peut-être, trouveraient des réponses plus en adéquation avec leurs aspirations profonde dans une autre forme de foi. Qui ne la connaissent simplement pas.
Ce n'est pas aimer les autres que de les laisser dans la merde en leur adressant de gentils discours vides. Ou nous n'avons pas la même définition de l'amour.


Lorsque ses pupilles d'ombre croisèrent celles de la mère, ne naquit sur son visage qu'un sourire serein. D'une profonde tristesse cependant, alors que, pour la première fois, une fracture se faisait jour entre elle et son foyer. Le goût amer de l'irrémédiable, quand elle reprit plus bas, d'un ton plus personnel...

Je ne m'excuserai plus de ne point être de ces politiciens ou politiciennes qui se veulent toujours complaisants afin de séduire, sous couvert d'une prétendue spontanéité brouillonne.
S'il en est ici pour se sentir haït de moi, alors que je n'ai jamais été plus préoccupée d'autre chose que de moi-même de toute ma vie, c'est que mes mots n'étaient point assez lissés pour les flatter. Et de cela non plus, je ne m'excuserai plus.

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Thargall
Comme chaque matin le roux se levait tôt… quelques heures pour se laver, débarbouiller son visage et faire une toilette sommaire. Puis il allait faire un tour, regarder la région, parcourir les camps, pour saluer des têtes connues.
Ce matin là il était tombé devant un petit attroupement, quelques bonnes âmes réunies sur une étendue d’herbe, d’une d’elle, une femme, de noir vêtue haranguait la petite foule qui lui donnait de l’oreille, il s’arrêta quelques instants pour prêter l’oreille a son discours. Il avait déjà assisté a quelques lectures réformée et cela y ressemblait, moins formelles, mais il était curieux de nature, il décida donc de s’arrêter.
Il avait toujours aimé en connaitre plus sur le monde, être capable de réfléchir par lui-même, ne pas se laisser influencer, et pour cela rien de mieux que de se faire ces opinions.

Il prit place légèrement a l’écart, posant ces braies sur l’herbe fraiche du matin, il écouta attentivement la lecture, il reconnaissait quelques visages familiers permis les gens qui acceptaient de prêter leurs oreilles a la dame.
La lecture d’aujourd’hui concernait une guerre, pas notre guerre, pas celle-ci qui opposait les chiens de royalistes aux fiers guerriers du Ponant, mais une guerre d’idée, une guerre de liberté. Dans ce qu’elle disait rien ne paraissait faux, ils avaient le don, ces réformés, de savoir s’adresser aux gens. Il savaient convaincre, malgré leur réputation, réputation d’ailleurs qui leur était faite par les même dont elle parlait dans son discours.

Il replaça son derrière sur le sol, légèrement tassé par la terre dur et une femme se leva, elle était réformée elle aussi, il l’avait rencontrée une fois sur le bord d’un chemin, s’en suivis, des paroles censées, elles discoururent de la forme. Mais sur le fond elles étaient en adéquation.

Il retarda quelques peut son départ pour les écouter discuter un peut plus …

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Maleus
Alors ça, il ne s’y attendait pas du tout, il avait pourtant eu quelques discussions avec l’une et l’autre, quasi totalement d’accord avec la jeune pasteur et n’avait jamais entendu la vicomtesse lui faire par de son désaccord quand lui s’exprimait à peu près de la même maniere.

Pour la premiere fois il assistait à une de ces réunions de fideles en tant que réformé et le cyclope n’aurait jamais imaginé que cela aurait tourné ainsi…
Prenant appui sur sa paluche gantée le borgne se mis debout et regarda tour à tour les deux femmes avant de lacher un leger soupir.

D’un geste agacé, il virait la terre qui s’etait collée à son mantel, lachant grognements sur grognements puis ceci etant fait se racla la gorge.

" J’etais venu plutot comme spectateur, ne pas me la ramener pour une fois, écouter, méditer. "

Froidement il allumait sa pipe, tirant quelques bouffée agréables.

" Sophie, selon moi notre devoir en tant que réformés aristotéliciens n’est pas juste de croire et prier dieu, c’est le commun de tout les fideles mais pas le seul… Il est de notre devoir de propager la réforme, remettre les fideles aristotéliciens sur le bon chemin, qu’ils decident ensuite de rester aveugles, sourds, de son complaire dans l’erreur, là je conviendrais que nous aurons fait notre part du boulot, Deos jugera. J’ai entendu parler de tolérance, de cohabitation dans la bouche de certains de mes freres et sœurs réformés et je le repete, c’est un non sens, l’EA Romaine est une abérration, il y a une guerre oui, qu’importe les armes utilisées, il y a conflit… Pas contre les fideles mais contre cette église qui mure les fideles dans l’erreur, qui abuse d’un pouvoir qu’elle n’a pas… Je suis désolé mais un fidele ne doit pas tomber dans cette volonté nombriliste de tranquillité, comment peut-on être tranquilles nous autres quand sous nos yeux nous voyons des freres et sœurs aristotéliciens se faire berner par une poignée d’hommes qui se servent de la foi pour en tirer grand pouvoir sur les foules. "

Une autre bouffée.

" Sophie, vous savez que je vous apprecie… Mais ne faites pas preuve de démagogie au sujet de la foi, ne faites pas votre politicienne à ce sujet… Il faut rester clair, il faut rester franc même si le sujet est dur, nous ne serons pas mieux que les Romains si nous commençons à faire ainsi. Les trois prophetes sont allés droit au but, ont délivré les messages du Très Haut sans passer par quatres chemins. Il n’est pas de foi plus pure qu’une foi franche… Nous ne cherchons pas à charmer mais à porter la vérité et la vérité peut des fois être dure à entendre, douloureuse… Mais importante. "

Haussement d’épaules, le borgne se tourna vers les autres personnes presentes.

" Freres et sœurs aristotéliciens, dans l’erreur ou non, puisse le très haut guider nos lames, proteger ce qui nous est cher, Il est le Créateur de toutes choses, notre pere à tous, puisse t’il bénir nos valeureux combattants, acceuillir ceux qui mourront auprès de lui… Il nous a laissé le choix, la volonté, fiers Ponantais ou ordures Loyalistes, Il veille sur nous tous… Prions, prions pour qu’Il nous donne la force de rester vaillants, pour qu’Il nous donne la force de continuer à lutter pour nos idées, pour nos convictions… "

Ceci dit, il joignait les paluches fermant quelques secondes son unique mirette…

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Adieu Fab'
Asophie
Plus elle écoutait la réponse de Matalena, plus les sourcils se fronçaient. Une pique, deux, trois... Dans sa tête se disputait tout un débat sur le bien fondé de son intervention, l'idée qu'elle essayait d'exprimer, le tort qu'elle attribuait à Matalena en se répétant que ce n'était ni l'heure, ni le moment ; et l'esprit pragmatique qui peu à peu se réveillait et donnait raison au cœur naïf qui n'avait vu que le rejet de trop de ces gens "romains" qui étaient venus là, ce jour et qui, peut-être se sentaient concernés et rejetés ; les arguments de Matalena, ce chat écorché, combattant, à fleur de peau qui au-delà des attaques parlait juste...

Et puis Maleus parla.

Une goutte de trop. D'acide.

La tête s'incline légèrement sur la droite, un vague sifflement étouffé entre les dents et le réveil. A la place de la jeune future mère, de la douce Sophie prônant l'amour ou de la combattante idéaliste prit place de toute sa petite hauteur, l'ancienne duchesse, celle-là même qui avait dénoncé le Concordat et fait face à toute le Curie Romaine.
Le regard se fit aussi froid et coupant qu'une lame d'obsidiennes et les mots, tranchants, d'une voix doucereuse, franchirent ses lèvres :


"Je vous remercie de venir m'apprendre ce qu'est la lutte contre le pouvoir romain et de me rappeler à quel point elle est nécessaire. Quand vous serez tous deux passés de la théorie à la pratique, nous en rediscuterons.


Un sourire, glacial.

Et peut-être comprendrez vous qu'il est un temps pour tout.
Qu'une bataille des idées ne se gagne pas quand elle est engagée au mauvais moment ou au mauvais endroit. C'est du temps et de l'énergie gâchés. Donc inutile. Et les héritiers d'Aileron et leur culte de la beauté de l'inutile, ça commence à bien faire. Il serait temps de réfléchir avant de brailler qu'il y a des méchants à combattre n'importe comment et d'œuvrer intelligemment.

Je vous laisse à vos haros sur l'EA au milieu de tous nos invités : ils apprécieront, j'en suis certaine.

Moi, j'ai besoin de calme et de recueillement."


Et de se tourner, drapée dans sa dignité et sa cape, pour s'éloigner lentement du théâtre...

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Matalena
Hey salut les gars, ça va ou quoi ? Quand on vous disait que les réformés c'étaient pas des fiottes, vous voilà servit, diner sons et lumières avec spectacles de pans hérétiques en prime ! La grande classe.
La jeune femme écouta les diverses interventions, regarda la vicomtesse partir, drapée dans ses atours, le borgne s'arracher à son ordinaire mutisme... Et ne réagit pas, se contentant d’observer. Chacun après tout est libre de ses paroles comme de ses actes. Elle se tourna ensuite vers les présents, un sourire de travers placardé sur sa gueule de guerrière.


Bien. Si quelqu'un d'autre souhaite intervenir dans un sens quelconque il est le bienvenue. Comme vous pouvez le constater, c'est plutôt libre de ce côté là...

Osera ? Osera pas ? Bon, loupé pour la pointe d'humour on repassera. A croire que c'était nettement moins son domaine de prédilection.

Dans le cas contraire, je vous invite à réfléchir sur les notions abordées, les réelles. Je suis persuadée que chacun d'entre vous saura faire preuve du détachement nécessaire pour focaliser sur le fond plus que la forme.
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