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[RP] Guerre et foi, ou quand le borgne appelle à la priere.

Maleus
[Campement Ponantais, après la bataille.]

Le regard froid, le geste machinal, le borgne poupounait son épée. Faut dire que dans la mêlée elle avait bien joué son rôle, fauchant, découpant et plantant les adversaires qui s’etaient osés à l’approcher.
Un massacre, oui c’etait un massacre de royalos qui s’etait déroulé, les ponantais n’avaient laissé aucune chance aux troupes adverses et ce jour-ci dans une ambiance joyeuse et reposante ils fetaient tous leur victoire.

Haussement d’épaules, si certains etaient tout euphoriques de cette victoire, lui regardait tout cela avec pas mal de recul. Non pas qu’il n’appreciait pas lui aussi cet évenement mais parce qu’il combattait depuis bien assez longtemps pour s’être frabriqué une parfaite armure de je m’en foutiste dans ce genre de cas.
Sa lame enfin rangée dans son fourreau, le cyclope secoua sa main non gantée et lacha un leger soupir d’agacement, il faisait froid, journée froide où l’inaction se faisait une joie d’amplifier l’effet de ce petit vent frais vicelard.
Cette inaction qu’il decida de faire cesser en se rendant à la taverne des Boulets Rouges, lieu du campement qui sans vraiment de quoi en etonner plus d’un etait le plus frequenté et grouillant de vie.

Après avoir traversé ces multiples allées de tentes dans le campement, il faisait enfin face au râde mais voila que l’envie de picoler et discuter avait quasi disparu. Machinalement sa main gantée s’etait mise à triturer le medaillon réformé que le mercenaire portait autours de son cou lui rappellant q’au-delà de sa condition d’homme d’arme il etait aujourd’hui pasteur, recent engagement auprès de dieu.

Sans laisser place plus longtemps à sa réfléxion, Maleus se racla la gorge puis parla d’une voix forte et ferme pour attirer l’attention sur lui.


" Certains me connaissent comme un coureur de chemin, un combattant sans banniere, un de ces vils mercenaires qui crachent sur l’honneur, d’autres me reconnaitront comme angevin d’adoption ou ancien habitant du berry il y a fort longtemps, ancien membre de Libertad ou ancien chef de la compagnie Zoko ad Eternam et j’en passe. D’autres encore, et grand bien leur fasse, ne me connaissent pas ou bien pensent que je ne suis qu’un soldat borgne parmis d’autres soldats ponantais… Ce jour je ne me presenterais pas comme cela, je m’appelle Maleus et aujourd’hui c’est le pasteur de la réforme aristotélicienne qui se presente à vous. "

Petite entrée en matiere qui pouvait paraître inutile mais qui pour le grincheux se devait d’être faite.

" En ces temps troubles où la guerre fait rage dans ce royaume divisé par, selon mon point de vu ponantais, une reyne sanglante et sa clique de pairs peteux et ambitieux, nous avons parfois tendance à oublier de veiller sur nos âmes, de prier le Créateur pour qu’Il veille sur elles. Etant moi-même combattant depuis de longues années, je comprend aisément que vous n’y songiez que peu, que votre attention se porte bien plus sur les combats que sur le Très haut… Et pourtant freres et sœurs ponantais ou autres, freres et sœurs aristotélicien réformés ou dans l’erreur romaine, je vous appele à prier avec moi, à prier tous ensembles. "

Ses paluches s’etaient jointes pendant qu’il parlait mais son visage balafré continuait à jurer avec sa piété affichée.

" Je peux entendre déjà les réfléxions de certains, comment une personne comme moi peut-elle mélanger à la fois sa vie d’homme de guerre et celle de fidele au service de Dieu… Je vous retorquerais qu’Averroës, troisieme messager envoyé par le très haut, troisieme prophete après Aristote et Cristos a dit je cite " l'Unique a doté l'Homme de nombreuses facultés. Il lui a accordé la Volonté. Et, Il a choisi de lui donner la liberté d'agir car tel est son bon plaisir. " quels que soient nos actes, bons ou mauvais selon les Hommes, Deos seul jugera, car il est le seul à pouvoir juger véritablement nos vies. "

Hochement de caboche et grognement.

" Bref ‘scusez… Je vous appelle à prier avec moi, prier pour tout ces hommes et ces femmes qui sont tombés depuis le debut de la guerre, combattant pour des valeurs et des idéaux qui leur sont chers… Pour les braves soldats et volontaires qui sont tombés sur les champs de bataille, prions le très haut de les acceuillir, tel le pere aimant qu’il est, auprès de lui. "

Les mains toujours jointes il parla d’une voix un peu plus haute.

" Ô Deos, toi qui est notre pere à tous, toi qui veille sur nos âmes qu’importe quand et où, acceuille tes enfants recement tombés, acceuille ces braves qui se sont battus avec vaillance et ont trouvé la mort. Aux bléssés et aux vivants, garde sur nous ton regard bienveillant et donne nous la force de rester unis et forts face aux difficultés. Guide nous, tes fideles et même ceux qui se sont perdus dans de mauvais chemins, dans cette période complexe et bénis nos bras et nos lames afin que nous ne faiblissions pas... Amen. "

Haussement de sourçil, la foi le rendait bien locace, mais peut être avait-il parlé dans le vent.

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Adieu Fab'
Matalena
Ce qu'il y a de plus terrible dans une guerre, ça n'est pas tant ces kamikazes envoyés au casse pipe bécoter qui Saint Pierre qui Christos selon leurs fois respectives. Après tout, ils se sont portés volontaires pour ce faire, dommage que la plupart ne réalisent qu'au dernier moment que mourir, tout bien réfléchit, ça a un petit côté définitif des plus déplaisants. Non, ce qu'il y avait de véritablement insoutenable, c'est l'autre agonie. La lente, la purulente. Qui envahit la ville, rongeant de l'intérieur sa carcasse putride comme une peste noire depuis les bas quartiers jusqu'aux plus hautes sphères.

Où qu'on pose les pieds dans Tours la ruinée, Tours la dévastée, l'on se heurtait aux mains décharnées de vieillards et d'enfants qui, faute d'avoir pu combattre, se voyaient condamnés à crever la gueule ouverte dans les deux sens du terme, ventres béants sur un gouffre vide. Car les caisses étaient à sec, le marché déserté, excepté par quelques opportunistes assis sur leurs denrées, et ne voyant aucune forme d'inconvénient à proposer les prix les plus faramineux pour quelques poignées de céréales... A ceux de leur propre bord comme aux ennemis, car après tout l'écu n'a pas d'odeur.
Et l'odeur, elle, était véritablement pestilentielle.
Sous les pluies de novembre, bois et chemins étaient si constamment embourbés qu'il avait été impossible aux armées de brûler les cadavres quotidiens étalés pèle-mêle dans les champs dévastés. Faute de mains et de temps, on avait également cessé d'enterrer Aristotéliciennement les corps, ressurgissant de toute façon à chaque nouvelle ondée, tant les milliers de pas chargeant dans la boue mettait à nue les entrailles de la terre. Malgré les coups de froid qu'occasionnait ce temps maussade, chacun en était rendu à prier le Très Haut qu'il ne fasse point beau, tant l'idée d'une chaleur tombant sur ces monticules de chair en putréfaction était à lever le cœur. Et avec ceci venait les maladies... Et les nuisibles. Les mendiants chassaient les rats comme pain béni, gras et nourris de la viande d'anciens camarades et voisins, se forçant à ne pas dégueuler la barbaque au goût amer. Espérant y gagner quelques forces pour tenir encore.
Un chaos bien connu des anciens, qui avaient encaissés guerres et conflits comme les orages des ans, roseaux qui plient sous le vent sans jamais se briser. Un chaos bien connu des enfants de misère, des enfants du pavé dont certains, par la chance, la Grâce de Deos ou la force de leur volonté, s'étaient tirés, plus forts de n'en être point morts.
Des enfants comme elle.

La blessure de son bras n'était point belle à voir. Infectée jusqu'à la corne.
L'odeur douceâtre de la pourriture avait interpellé son nez alors que, émergeant d'une fièvre qui l'avait terrassée toute une nuit durant, la jeune femme ouvrait un œil trop brillant sur le monde. Plusieurs jours déjà qu'elle s'était retirée de toute société, fuyant les tavernes, évitant jusqu'à ses compagnons de foi, son compagnon d'arme, se soustrayant aux regards dans un isolement des plus absolus. S'en était-il offusqué ? Inquiété ? Sans doute non, selon une propension naturelle à la solitude qu'il lui connaissait.
L'idée même que l'un d'eux ai pu la surprendre dans une telle faiblesse lui était plus insupportable encore que les cauchemars qui l'assaillaient dans ses états de semi-vieille où le feu éclatait dans son crâne, ravageant sa conscience. Ayant trainé sa carcasse jusqu'au maquis le plus proche du campement ponantais, la sauvageonne laissait glisser les heures entre gémissements et attente, tentant tant bien que mal de nettoyer sa plaie, mâcher les épis de maïs séchés qu'elle avait emportés de sa lointaine Montauban. Manquerait plus que des royalos en mal de nature aillent pisser un coup en bas des remparts et lui tombent dessus, avec sa croix réformée autour du cou annonçant l'hérétique, et elle était bonne pour la roue avant même d'avoir pu lever le petit doigt, aussi faible qu'une enfant de lait.
Mais le plus atroce de ses tourments, quoi qu'elle ne l'admettait pas à sa propre conscience, était la sécheresse de sa gorge et de son sang. Absent de toute trace d'alcool depuis que le siège de la ville avait coupé les robinets à beuverie, il lui semblait moins fort, d'une inquiétante fluidité qui lui collait aux mains des tremblements de vieillard à l'agonie. Inadmissible.

Ce matin là, la brune avait refait un énième bandage. Impossible de refermer au fer rouge par manque de matériel. Tant bien que mal, elle s'était vêtue décemment, économisant chaque force et des gestes interminables. Passé ses doigts dans les longues boucles qui s'étendaient désormais dans son dos, libérées de sa tresse séculaire, puis lavé son visage à l'eau des feuilles basses. Son bras encore valide appuyé sur un bâton, la morgue de ses traits compensant le manque d'assurance de ses jambes par sa superbe hautaine, elle s'était dirigée vers les tavernes... Rêvant d'une pièce de bœuf et d'un bol de rouge comme du plus enviable des buffets royaux. Une silhouette arrêta son avancée prudente aux abords des Boulets Rouges. Tant l'habitude de la voir surgir à l'improviste s'était inscrite en sa mémoire qu'elle l'aurait reconnue n'importe où. Sans un geste ni un mot dans sa direction, la pasteur se laissa glisser contre le tronc d'un arbre, dans une pénombre qu'elle avait toujours su apprécier, pour l'écouter parler.
Pas de chichis dans les mots du borgne, dont il était aussi éloigné qu'un noble poudré l'était des balafres d'une vie d'errance. Mais pas de haine. Un appel communautaire pour ceux qui nous quittèrent, et ceux encore à venir, dans lequel chacun, s'il savait écouter, saurait trouver son propre message, et un juste réconfort. Au fil des propos tenus, un sourire détendit les traits pâles de sa camarade. Parce qu'elle avait eut raison de croire en lui ? Non. Deos guide les destins de chacun, et ainsi sa décision de lui proposer le poste comme la rencontre qui y avait amené. Et tout était bien ainsi.
Alors, fermant les yeux, la donzelle écarta toute considération de son esprit, se tendant vers son âme, y cherchant la quiétude... Puis s'adressant au Créateur, lui livrant ses pensées, ses craintes et ses espoirs, guidée par les paroles d'un autre qui en cet instant devenaient les siennes.

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Falco.
Chateauroux -Armée Guerre et Paix

Point de gibier..Tous sont allés à Loches..Ponant en envoyant des armées ramasser ces débris arrange bien nos affaires..Capitaine Estainoise..Nous sommes Vendredi.
Jours de grâce et de don de soi selon notre Foi Réformée.


Ainsi devise l'abominable abimé cavalier à la gauche de l'Oriflamme rouge.
Ils ont cousus dessus la Fleur de Lys.
Ce qui est pour lui et la Pitaine ainsi que mal d'entre eux, source de sourires voire de rires joyeux.

Pensez donc!
Carabosse aux premiers jours de son régne pour plaire à sa cour et l'Eglise repoussait Sancte le Réformé du siége Ducal de Guyenne.
Ajoutant des morts, des ennemis et des haines en sus de celles déjà prévues contre le Berry et le Ponant.
Hors ils sont la.
Cavalerie de Touraine, dont une part non négligeable est Huguenote ou solidaire à la tolérance.
Ils ont fait le pari perilleux de rester fidéle à la Couronne plutot que de céder à la colére provoquée par une Reyne.
La Royauté est un concept qui dépasse les personnes.
Comme la Foi.

Ils sont joyeux, donc, car sans sourciller les Terres Royales leur ont octroyé la Fleur de Lys.
Même si leurs rires dissimulent des peines.
Celles de savoir tant des leurs dans le camp adverse ..

Ponant à eu beau jeu d'empoigner l'étendart de la Liberté.
Carabosse lui a offert le beau rôle sur un plateau d'argent.
Mais ils tiendront paroles envers la Couronne, tant pis pour les doutes et la certitude de tôt ou tard combattre des amis.

Brigandine pleine de rayures et piquetée d'infies taches de rouille orange..Octobre est humide de rosées et de brumes matinales..Falco de Cartel saute de selle pour aller parler.

Parler devant Chateauroux, à la cavalerie, aux castelroussins, à tout les Croyants.
Il n'y a pas de clergé dans la Réforme.
Chacun est Lecteur des Ecritures et apporte son propre chemin spirituel à l'ensemble.

Cette fois, le ton sera amusé.





Le Panégéryque...
"Aristote : « Mes amis, il y a deux sortes d’âmes.
Tout être vivant possède une âme que je nommerais anima en ce qu’elle est la puissance qui l’anime, mise en œuvre dans la formation de l’être vers sa forme achevée. Étant le principe d’organisation du corps vivant l’anima est inséparable de celui-ci. »

Mimilas : « On pourrait donc nommé anima, le schéma de fonctionnement de la fourmi rouge ouvrière, par exemple, mais quelle serait l’autre sorte d’âme ?»

Aristote : « En effet (et je te rappelle que la fourmi ouvrière rouge est dite prolétaire), à contrario, l’animus, l’âme pensante, possède un statut privilégié et il semble bien que ce soit là un genre d'âme tout différent, et que seul il puisse être séparé du corps, comme l'éternel du corruptible. »

Mimilas : « Alors, étant éternel, l’animus serait donc conçu à la ressemblance de Dieu ? »

Aristote : « Exactement, c’est l’anima qui fait que Paulodaure, rentré de son champ de maïs, au lieu de prendre à droite vers son logis, Bobona et les gosses, choisit à gauche vers la taverne pour se torcher à la boulasse avec les potes puis peu à peu rongé par l’embonpoint, le remord et la cirrhose donne à Paulodaure cet aspect adipeux, congestionné au seuil de la vieillesse.

Par contre ç’est l’animus de Paulodaure qui arrivera pur et intact (car ayant peu servi) aux portes du Paradis dans l’attente de son introduction … Et là, devant cette chose informe qui possédait son accomplissement en puissance, mais qui, laissée en friche est à classer sur la même étagère que le bulbe de la mouette rieuse, qu’adviendra-il ?"

C'est l'extrait qu'il a choisi, à dessein.
En ces temps troublés beaucoup préférent leurs bas instincts dicter le repli sur soi plutot que le don.
A leur décharge, le don se fait en tripes et sang actuellement.

Maigre insecte en armure il fait chanter sa voix baryton araillée par un carreau d'arbalète devant Bourges.


Pour un de nous qui accepte le joug féodal avec confiance, combien préférent se réfugier dans la masse du peuple afin de pouvoir agir vulgairement protégé par le troupeau?
Nous nous battons et battons encore, tandis que la Reyne de pierre reste muette.
Nous nous battons et devenons d'excellents tueurs..Anima..Mais sentez l'Animus parmis vous!

Qui peut prétendre sincérement que dans les trois armées Cavalières de Berry le mal dépasse les altruismes sans nombres?
Experts des bouts de ficelles, des bricolages à l'arrache, des choix critiques et des renoncements pour aider son prochain.

Notre parole jamais mensongère, même si nos mots sont déplaisants.
Nos actes en accord avec nos mots.

La féodalité est l'Animus à notre portée, à nous, gens de guerre.
Et même parmis les plus réfractaires, les pires racailles d'antan..S'ils se regardent ce matin, que verront t'ils?
Le coeur même de la Royauté.

Avons nous des ennemis à la hauteur?
Sans doute.
Mais ils sont peu.
Alors apprenons leur comment notre Foi est porteuse de bien plus de vie que ceux qu'il suivent tel Paulodore suit le chemin de l'anima.

Apprenons leur un Royaume qu'ils ont perdus.
Prions pour que ces leçons atteignent aussi les esprits du Louvres..D'ailleur.

A Dieu Vat!


Il rabaisse la visière de sa salade relevée pour l'occasion.Fait ce qui peut paraitre comme une salutation aux auditeurs.
Ombre furtive, un varlet rattache à son bras amputé l'écu aux deux Faux d'Oserez.
C'est le signal.
En selle.
Caracoles et galops erratiques.
Que Ponant attrape des migraines à deviner ou sonder ses espions.
Se faire une opinion.
Ponant n'a et n'aura qu'une certitude.
Toute personne qui tombe à Tours ou imprudement aux alentours manquera cruellement quand les Félons de Berry exigerons qu'on leur rende ce Duché.
Berry sera un foutu bourbier pour qui voudra s'y aventurer;

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Estainoise
Chateauroux -Armée Guerre et Paix


Oui Falco, la route a été calme ce jour…..dit Esta en approchant de Châteauroux.

Quel long et lent cheminement avait été le sien avant de n’avoir osé porter à son cou la croix huguenote que lui avait donné Falco.
Il y avait déjà de nombreuses années que ses pas l’avaient porté su bout du pont et qu’elle y avait rencontré Sanctus et les lions.
Il y a déjà de nombreuses années que les réformés lui permettaient de s’imprégner des textes et d’épouser la réforme. Elle était Talban….depuis tant d’années maintenant.
Les lions ne lui avaient pas fermé la porte alors qu’elle avait toujours refusé de prendre part au combat, réforme contre église, pensant que force de foi partagée ferait loi, à force de persuasion et de tolérance.

Quel long et lent cheminement que le sien pourtant …..Elle qui se retrouvait à la tête d’une armée, ayant délaissé peu à peu sa plume de chroniqueuse pour une épée, afin de défendre d’abord une royauté insultée par le Berry, et maintenant une royauté menacée.

Esta mène l’armée Guerre et Paix au pas, au devant de Châteauroux. Falco est à sa gauche, comme chaque jour.
Ils devisent souvent, elle, lui faisant part de ses doutes.
Falco lui insuffle la force.

Elle est aujourd’hui sereine, portant haut la fleur de Lys sur cet oriflamme rouge.
La complexité de ses choix ne l’effraie plus.

Il n’y a pas paradoxe à adopter la réforme tout en restant fidèle à la couronne.
Elle sait pourtant que la guerre n’apporte que désolation.
Elle sait que la Reyne a su attiser la discorde, discorde sous-jacente qui n’attendait qu'une étincelle pour s’embraser.
Elle sait qu’en Touraine, beaucoup de ses amis, d’un camp ou d’un autre, tourangeaux ou réformés soutenant le ponant, tombent.
Elle sait qu’il en est de même en Poitou, où beaucoup des ses amis combattent les uns contre les autres aujourd’hui.
D’autres foyers existent encore….
Elle sait qu’en Guyenne, guerre civile il y a, et qu’à Montauban, les réformés sont pourchassés par ceux de Guyenne qui se proclament aristotéliciens.

En ce vendredi, l’armée, à Châteauroux fait halte et Falco se tourne alors vers elle et leurs compagnons d’armes, tous aristotéliciens.
Tous l’écoutent en silence avant de poursuivre leur route.
Ils ne s’arrêteront pas plus ici.

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Asophie
[Ailleurs, plus tard]

Un petit matin de carnage comme les autres...

La vicomtesse de Terrides, à peine baignée et ayant revêtue une tenue plus légère, finissait d'aider aux premiers soins, notamment ceux apportés à sa vassale d'amie qui, elle, avait décidé de ne pas crever dans ce bourbier sanglant. Lui restait, avant d'aller voler quelques heures de sommeil, et avant d'aller embrasser son fils confié à une nourrice tourangelle sous la garde vigilante de Niwiel, à aller trouver Maleus. Pour le baptême de la crevette, on demanderait à Matalena... Mais la Feline, elle, avait demandé à être confiée à son ancien partenaire.

Alors la brune vicomtesse se mit quête du borgne...

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Maleus
[Plus tard mais peut être trop tôt]

Assis sur un vieux tonneau vide, le borgne armé d'un chiffon nettoyait sa lame encore pleine du sang de ses adversaires.
Le carnage qu'avait été cette bataille là n'avait pas épargné ses vetements des projections de sang, d'alliés ou d'ennemis.

Allez retour du tissu qui se termina par un grognement alors qu'il rangeait épée dans son fourreau.
Pour sûr certains feteraient la victoire, mais il etait de ceux qui gardaient la tête froide quoi qu'il pouvait arriver, à chaques jours son combat, leurs vies à tous ne tenaient qu'entre les mains de Deos.

Bourrant sa pipe il jeta un coup d'oeil au loin et apperçu la vicomtesse.
Elle aussi ne semblait pas euphorique aux premiers abords et haussant un sourçil il l'appella de sa voix seche et ferme.

"Par dieu Sophie ! Vous voila toujours en vie! Rendons grace au tout puissant pour cela mais... Ne devriez vous pas être auprès de votre enfant au lieu de vous promener parmis les soudards ?"

En temps normal il y aurait eu pointe d'amusement dans le ton du borgne mais la fatigue et la lassitude en etaient venu à bout.

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Adieu Fab'
Asophie
[Il n'est jamais trop tard... ]

Le borgne, pragmatique et si tranquille, qui parfois sombrait dans la mélancolie désabusée était un rocher de calme auquel il était parfois bon de s'accrocher. Mais il sembla à Sophie que si elle cédait à la facilité de s'épancher un peu auprès de lui, elle ne pourrait pas s'en relever. La nuit avait été si terrible que la vicomtesse naviguait en eaux troubles, groggy, comme enivrée par ces visions de carnages qui se précipitaient à son esprit dès qu'elle fermait les yeux...

"Maleus..."


Un soupir. Avant que de demander son aide, il allait falloir lui apprendre la nouvelle.

"Felina est morte."

En prononçant ces mots, la vérité lui apparut. Si claire, si froide, si brute. Alors elle baissa la tête et essaya de ne pas craquer, de ne pas à nouveau basculer dans cet abîme de folie qui lui avait tendu des bras trop tentant quelques heures plu tôt... Elle inspira profondément, puis reprit avec une voix sèche qui lui sembla totalement désincarnée...

"Elle a voulu que vous vous chargiez de ses funérailles. Et que vous la recommandiez à Dieu. C'est sa dernière volonté."


Qu'ajouter d'autre...? Là, tout de suite, elle était incapable de dire autre chose sans hurler, pleurer... ou décrocher.
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Maleus
[La vie est un combat, la mort apporte la paix.]

" Elle est… "

De nouveau cette sensation de froid glacial venait lui prendre les tripes, un sentiment d’hiver interieur qui s’annonçait quand les pertes étaient importantes.
Faiblesse ? Fatigue liée aux combats successifs ? Le borgne n’en avait aucune idée mais ce qui etait certain c’est que cette nouvelle lui faisait de l’effet.

" Bien. "

Raide, il s’etait levé, saluant vaguement la palichonne vicomtesse pour aller recuperer le corps de la defunte.
Dans sa caboche regnait pas mal de confusion, ainsi donc une autres vipère venait de rendre l’âme reduisant encore bien plus le nombre d’anciens membres de la Zoko ad Eternam.
Bien que cette troupe etait morte il y avait déjà quelques temps, le cyclope en etait venu à se dire que le « Ad vitam eternam » avait finalement gardé un sens… Avec ou sans la compagnie ils avaient été marqués mentalement ou physiquement, voir même les deux, par cette aventure guerriere bien rythmée.

Il en vint à se rappeller leur premiere rencontre, alors qu’il chevauchait en compagnie de sa frangine pour aller voir une Apo mourrante, cette inconnue venant de ces comtés au temps merdique du nord du royaume qui avait demandé aux deux frangins de pouvoir continuer la route en leur compagnie.
Felina Rastignac, brunette de caractere comme il allait s’en rendre compte les semaines, mois et années qui suivraient cette rencontre.

La camaraderie, la taquinerie et l’amour des champs de bataille voila la teneur de leurs relations avant les drames.
Et des drames etait venu la haine, le sadisme et le mépris.

Lui avait-elle pardonné tout les maux dont il l’avait accablé ?
Il n’aurait surement aucune réponse avant de passer lui aussi devant le Très Haut mais il songea que dans tout les cas les rapports avaient été moins tendus sur la fin…
Malgré tout.

*****************

C’etait sur le champ de bataille où elle etait morte qu’il avait choisi de l’enterrer.
La fin qu’elle méritait, la fin qu’elle souhaitait, celle des combattants.

Faisant signe à Arnulf de deposer le corps froid de la Rastignac dans le trou fraichement creusé, il laissa son regard vagabonder vers le ciel automnal.
Il se demandait où tout ses camarades morts depuis des années avaient fini, etaient-ils là haut auprès du Créateur ou brulaient-ils dans les Montagne de la Désolation, jugés coupable pour l’éternité de leurs actes…

Le grincheux secoua doucement la tête, les jugements de Deos quels qu’ils pouvaient être, etaient de toute maniere justes et bons.
Le regard metalique et unique du borgne retourna sur la Feline, du moins l’enveloppe vide de son ancienne camarade ; Il se pencha et deposa delicatement sur le corps allongé une épée qui visiblement devait avoir beaucoup servi puis une fois revenu à sa position initiale il prit la parole sans verifier si des personnes etaient venu suivre les funérailles.

" En ce jour nous mettons en terre Felina Rastignac… Fiere combattante et tête de mûle, amie de certains, ennemie d’autres. "

Une fois de plus, ses paluches s’etaient jointes sans qu’il ait eu le temps de s’apercevoir de son geste.

" Nous autres gens de guerre, coureurs de chemins et de champs de bataille, avons des vies parfois plus courtes que les gens du commun… Elles se terminent généralement sur les dit champs de bataille, là où elle se doit de se finir… Qu’importe le nombre maisons que nous ayons, qu’importe nos origines ou nos liens nous restons et resterons jusqu’à la fin de nos jours des apatrides… Ainsi sont nos vies, nos morts. "

Le regard glacial du borgne restait figé dans le vide.

" Felina Rastignac, je ne peux decider à la place de Deos, il est notre Pere, notre Créateur mais Il saura, d’une maniere qui depasse le jugement très limité de l’humanité, reconnaître les siens et leur pardonner. "

Un petit soupir puis un imperceptible haussement d’épaules.

" Ô Tout Puissant, acceuille cette âme bléssée et perdue à tes cotés, nous comme elle sommes tes enfants et il n’est jamais trop tard dans une vie pour te chérir et quémander ton pardon… Et si ton jugement est positif, apporte lui la paix et l’apaisement en lui ouvrant les portes du jardin des délices, ce lieu magnifique que ton messager Averroës nous a annoncé et décrit… Aujourd’hui nous laissons en toute confiance l’âme de notre amie et/ou camarade retourner à tes cotés… Amen "

La sensation glaciale dans son corps ne s'etait pourtant pas évanouie et il se pencha pour attraper une bonne poignée de terre qu’il lacha sur la depouille.

" Repose en paix Féline, tes combats sont terminés. "

_________________

Adieu Fab'
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