Afficher le menu
Information and comments (9)
<<   1, 2   >   >>

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP - Jukebox] J'aime ta langue d'Oc.

Germain_gisors
Paris, la ville de lumières, un jour. Mais pas demain, demain, les bourgeoises jetteront leurs pots de chambre par les fenêtres, comme ce flot d’urine qu’il esquiva d’un geste plein d’emphase. Qu’il est dur d’être provincial à la capitale, enfin tout est relatif, depuis son départ de Gisors pour Paris, il avait goûté aux charmes des grandes villes, et de ses habitantes, bien moins frustres que les paysannes, girondes cependant, de sa normandie chérie.

Ah les Parisiennes, catins ou bourgeoises, fille de bonne famille ou femme de mauvaise vie, il les aimait toutes. Les femmes et leurs formes, et leur flamme. Il donnerait sa vie pour n’être qu’un jouet entre leurs mains, être toujours auprès d’elles, partager leurs jeux, être un compagnon de tous les instants. L’homme créera plus tard, le chihuahua à ces fins-là. Un truc ridicule qui occupe les femmes un temps infini. Et c’est si simple en vérité de les occuper, la preuve en est, la Margot qui attend toujours sur son tabouret, parce qu’il lui a dit qu’il reviendrait, mais quand, il ne le savait même pas lui-même. La vie sourit aux audacieux, à ceux qui se lèvent tôt. A Gisors, il se levait toujours le dernier, être bâtard a des avantages, on n’attend rien de vous, si ce n’est d’être discret. Et pour la discrétion, on repassera, car la fange répandue dans les ruelles n’atténuent en rien le claquement des talons sur les pavés. Paris lui appartient pour un instant, comme tous ses trésors.

Comme cette merveille qui sort d’un échoppe, des falaises normandes, on entend le vent, et d’aucuns parlent de sirènes certaines fois. Devant lui, c’en est une. Mystérieuse par cette cape qui l’enveloppe pour moitié, exotique pour cet ailleurs qu’elle incarne. Comme la ratatouille ! Il avait mangé par le passé de la ratatouille, et les couleurs, les senteurs, tout lui évoquait un sud qu’il ne connaissait pas. La sirène avait tout d’une ratatouille. Au teint foncé quand il n’a connu que des pâles beautés. A la chevelure comme de la soie noire quand il n’avait aimé que des satins blonds et ronds. La pose est prise, appuyé nonchalamment contre l’arête du mur, le sourcil en accent circonflexe.


Parbleu ! Le Louvre a perdu un de ses plus beaux joyaux !


La beauf’attitude ? Ca s’apprend pas, on nait avec !
_________________
Aimelina
Le souci qui préoccupait la jeune Sìarr, vêtue de sa robe Tourmaline à la cape alanguie sur son épaule gauche, c'était qu'elle venait de s'engager pour deux autres robes encore auprès de l'atelier Deco ; des robes destinées à la maison royale et cousues l'une par une baronne, l'autre par une dame, if you please - mais tout de même. Deux robes, ce n'est rien, à moins d'y ajouter les cinq commandées aux Doigts d'Or et les deux qu'elle avait déjà acquises récemment dans ton c.. aux DTC - cette Tourmaline, justement, qu'elle affectionnait doublement en cet automne, pour la cape-qui-tient-chaud et pour le confort de l'anonymat. Elle n'était pas encore prête, la petite Vicomtesse, à montrer au tout-Paris son bras atrophié. Il fallait à cela ajouter que le vert d'eau de la tenue s'accordait à son teint olivâtre pour lui donner des airs marins, ce qui l'amusait fort. C'était un cynisme qu'elle goûtait, d'incarner la mer, si lunaire et donc diabolique ! (tribute to Odoacre)

Nous en étions, cher lecteur, aux soucis de notre héroïne (notez le surgissement opportun du pluriel) ; soucis d'ordre financier. Comment payer tout cela, lorsque le seul coût des cinq robes des Doigts d'Or dépassait le revenu de la Baronnie de Saint-Félix ? Certes, l'une de ses soeurs aînées était morte, son frère était porté disparu, il fallait faire honneur pour trois, et il y avait moins nécessité de partager, désormais que la famille s'amenuisait... Mais enfin, cela la tourmentait, car elle comptait donner un bal pour célébrer son héritage, et sans doute faudrait-il y renoncer, au risque de s'endetter.

Mais après tout, s'endetter, pourquoi pas ? Elle en était là de ses pensées, lorsqu'une apostrophe des plus surprenantes l'arrêta ; et regardant l'homme dans le bel âge qui l'aguichait, sourcil circonfléchi, elle lui gratifia son plus beau sourire pour répondre :


-"Si de joyaux vous désignez la bastardalha Malemort, plaise au ciel que je n'en sois pas ! Il n'y a plus rien de plaisant au Louvre sous ce règne, qui donc êtes-vous pour le mésavoir ?"

Une main prudente se ressert sur la bourse amoindrie, et pour le reste... Deux grands yeux qui épient et cherchent à dévorer.
_________________
Germain_gisors
Et puis tant qu’on y est, on va en rajouter une couche de cette ratatouille. Une bonne louche qu’est cet accent qui lui fait bouillir le sang. Une tartine de sensualité même si l’accent chantant n’altère en rien la vulgarité du trait d’esprit. Pourtant, il ricane avec elle, en écho à ce sourire qui lui donne des ailes, à tel point que son bras vient s’arrondir pour se proposer sous le sien qui n’est pas dissimulé. L’auberge d’à côté répand ses effluves gastronomiques, et au quatrième top, il sera l’heure de manger du chou-fleur. Pauvres parisiens. Une reine adorable sous tout rapport, leur proposera plus tard de la brioche et on lui sera gré de prendre à cœur le bien être de son peuple.. Ou pas. Peuple ingrat ! Qu’il se contente de la potée qui l’attend. Toujours est-il qu’au risque de prendre une torgnole, il l’entraîne à l’écart.

Aurait-il été plus romantique qu’il lui aurait proposé un promenade sur les plages normandes, mais ils sont à Paris. Et entrain de parler du Louvre.


En vérité, je n’ai pas l’heur de connaître la donzelle dont vous parlez. Mais gagez que tel que je vous vois à l’heure actuelle, elle pourrait être la lune elle-même que vous seriez un soleil digne de l’éclipser. Et quant à savoir qui je suis, je dirais que je suis un rossignol qui ne demande qu’à chanter les louanges de ce soleil.

Rossignol pour une alouette. Gentille alouette montre moi tes gambettes.

Et vous êtes ? Hormis adorable ?

Faire la cour puisque celle du Louvre n'est pas la bienvenue.
_________________
Aimelina
-"Une linèta* !" répondit la jeune du tac-au-tac. Et pour cause, tel était son surnom. Mais bien loin de s'arrêter à cette spontanée réplique, elle ajouta :

-"Et vous êtes bien un de la campaigne, pour accroire qu'il n'y a point de lune au Louvre, quand toutes ces panturlas* de Malemort qui sont sorties des cuisses de notre mauvaise reine l'ont pour symbole ? Oh oui, la Lune est sur le Louvre, et c'est le pire des Enfers, et vous êtes un..." saurait-il ce qu'il était ? La jeune fille venait de croiser son regard et de s'y laisser attraper. Elle reprit sur un ton plus doux :

-"Vous êtes bien un rossinhòl*, de peu de valeur, qui êtes perché si haut comme tout ce qui dans les échoppes est peu prisé et remisé là où l'accès est peu aisé... Ah, bogre trobairenc* ! Vous êtes tant gauche, ami ! Vous parlez de ce pauvre triste animal qui apitoie son chant de nuit à la maudite Lune, et vous voudriez le faire chanter au Soleil ! Mais s'il chante, c'est pour pleurer sa fille* la bonne reine Beatritz trobairitz !"

Elle penchait la tête, gracieuse, cherchant dans les traits de cet homme ce qu'il était : ni de lignage héraldique, pour sûr, sans doute ni même de noblesse, mais non point de la campagne, d'ignorer tout de la faune... Bon bourgeois lettré ? Fils parvenu ?

_________________
*linèta : petite fleur de lin
panturlas : garces
rossinhòl : à votre avis ? ^^
bogre trobairenc : bougre (nom) poète (adj.)
Beatritz, fille de Knightingale, "chevalier-rossignol" en anglais (mot-valise intraduisible)

_________________
Germain_gisors
Il y a deux sortes de femmes qui méritent d’être écoutées. Celles qui pleurent et celles qui gémissent. La linèta n’est ni de l’une, ni de l’autre. Par dieu, elle s’écouterait même parler la drôlesse, tant et si bien qu’elle lui arrache un sourire, lui fait lâcher le bras pour s’appuyer au premier tonnelet trouvé. Troubadour à deux écus, auditoire de première classe. Elle parle bien, malgré ses vulgarités. Elle parle avec cet accent, mais lui que voit-il ? Ces lèvres qui s’agitent en un ballet charmant. Un pétale, deux pétales..

Les deux mains viennent s’abattre sur le couvercle, tandis qu’un sourire vient orner la face du Gisors. Moitié Vinkolat, Moitié Normandie. Sauvage du Nord pour Sauvage du Sud, viens ma fleur, te faire dompter.


Il est mauvais d’être votre ennemi, la chose ne peut être ignorée et je m’excuse si mes paroles vous ont offensé. Je ne me targue pas d’y connaître quoique ce soit à la noblesse, à ce Louvre puant à vos yeux, ni même aux rois et reines, je laisse cela à ceux de mon sang qui s’en sortent mieux que moi.

J’excelle dans un art, un autre art. La politique, c’est comme l’amour. De belles paroles, de beaux gestes et beaucoup de déceptions après bien trop de passion. Le grand corps vient rejoindre celui de l’infirme, les doigts glissent à la lisière de la cape, découvrir cette peau cachée, frôler le tissu. Et finalement, être homme et jouer le tout pour le tout, en glissant une main dans la nuque qui l’agace pour la resserrer contre lui et voler ce fruit défendu et qui se défendra.

Quelques mots chuchotés à l’orée des lèvres de la Siarr quand elles sont relâchées.

Reprenons depuis le début, je ne suis qu’un misérable oiseau qui demande à connaître la Capitale. Vous êtes ? Hormis adorable ?

Etre Normand ? C’est un art.
_________________
Aimelina
Voler un baiser à une femme, c'est une chose ; en voler un à une vierge, cela commence à devenir rudement goujat ; en voler un à une vierge au sang chaud comme son Sud, c'est d'une imprudence notoire ! Aimelina, de sa main droite, la seule en mesure d'agir, expédia une gifle dans la joue de l'homme, s'étant reculée en sursaut après un instant d'hébétude. Mais l'on est fait ainsi qu'infirme, le centre de gravité n'est pas tout à fait le même, et la jeune fille n'avait pas l'habitude de distribuer des coups, ni de la torpeur de sens qu'occasionne le premier baiser reçu en toute une vie (si l'on excepte les baisers des parents, qui n'ont jamais le même goût aventureux).

Aimelina vacilla, et fut bien contrainte de se rattraper à celui contre lequel elle avait eu si violente réaction. Ses doigts se crispèrent sur le pourpoint de l'homme, sa tête trouva son torse, et ses yeux clignèrent un moment. Quand elle fut tout à fait stabilisée, blottie dans ces bras, et qu'elle réalisa qu'il y avait là plus de bonnes sensations que de mauvaises, elle releva lentement le nez, cherchant ces lèvres qui avaient outragé les siennes.


-« Encore ! »

C'était comme la petite Kirsten Dunst dans Entretien avec un vampire : elle en voulait encore, elle en voulait plus.
_________________
Germain_gisors
Prenez une plume, un vélin et notez « Pourquoi les femmes sont-elles si changeantes ? »
Vous avez trois heures.

Sans déconner ! On se moque de qui là ? Une gifle dans sa face, pas que ça l’étonne, il s’y attendait. Il s’attendait peut être moins à la réaction qui suit. Pourtant, il n’est pas mauvais à cet exercice et s’y connaît même des prédispositions. Alors pourquoi être surpris ? Parce que cette fille-là, celle-ci aux belles manières lui fait penser aux nobles que doivent fréquenter son frère et sa sœur. Elle est noble, alors si les nobles se donnent aussi facilement que les filles de rien, où va le monde ? Il s’en fout. Finalement. Il y a outrage là où on veut bien le voir. Le sien est là sur ces lèvres qui ont attendu si longtemps avant d’être baisées. Alors, l’étreinte se fait plus forte. Moi, homme, toi, femme. En as-tu seulement conscience ma Linèta ? Sais-tu ce qui t’attends si tu t’offres comme ça ? Je te cueille Linèta. Du bout des lèvres, de la pointe de la langue, à la pulpe de ta joue et au creux de ton cou.

Les rossignols se foutent bien de la lune et du soleil. Les rossignols acclament le printemps et ses fleurs éclatantes.


Pas dans la rue. On va te voir.

Il ne sait même pas qui elle est. Mais elle n’est pas bourgeoise, et certainement pas paysanne. Si on la voit, elle est ruinée. Sursaut d’éducation ou de lucidité, les doigts n’en jouent pas moins avec la courbe de la nuque.

_________________
Aimelina


Les doigts de Linèta se crispèrent sur le pourpoint de l'homme :

-« Encore une fois, et nous quitterons la rue, rossinhòl ! »

Et elle apprit à rendre un baiser - et elle apprit à prendre un baiser. Bondissant d'un jeu de chevilles, hissée tout soudain sur la pointe des pieds, elle avait pris d'assaut ces lèvres et y avait récupéré ce sucre abandonné par le premier. Alors, de retour sur la terre ferme, l'esprit tout à fait hors des réalités et des convenances, hors des dangers et des alertes dont on abreuve les jeunes filles, hors des mises en garde contre le grand méchant loup, elle accrocha son regard clair à celui du blond, qui les reflétait si parfaitement... Il avait quelque chose de son bel et blond de frère, Guilhem, dans ses mèches claires, dans la coupe de son nez, et c'était pour la petite fleur de lin une raison de plus de lui accorder folle fiance et tendre inclination.

-« J'arrivai presque chez Maîtresse Childesinthe, lorsque vous chantâtes à mon ramage, rossinhòl. C'est là, avant l'angle où est lo cridador. »

Il était aisé de comprendre quel établissement était indiqué, car au pied d'une enseigne balançant sur ses gonds, un homme agitait sa clochette comme celle d'un cœur en chamade et criait :

-« Massepain, gingembre confit ! Ah le doux massepain pour la force, ah le gingembre pour l'haleine, doux massepain, gingembre confit ! »

Et la Méridionale de continuer :

-« Je peux vous offrir de ces sucreries, rossinhòl, et nous irons les manger au chaud ! »

Ah, la naïveté d'une fille de 15 ans, tout à l'émoi de son premier baiser...
_________________
Germain_gisors
Elle l'exaspère, elle l'agace et ses nerfs avec. Les doigts courent sur la peau fine de la gorge alors qu'elle se pend à ses lèvres et qu'il la laisse s'en repaître sans ajouter foi à ses délires. Profite et prends, je ne te donne pas. Pas maintenant et pas ici. Il l'a dit. Il s'y tient. Il est l'homme, et elle est la femme, son corps à lui obéit, son corps à elle y viendra. En attendant, il la laisse faire avec un demi-sourire.

Il boit ses paroles comme elle a bu la sensualité à ses lèvres, d'un air inspiré et passionné. Les doigts jouent avec la courbe d'une hanche qu'ils chagrinent d'une caresse avant de la quitter dans un sursaut de lucidité simulé.


Vous êtes bien la seule sucrerie qu'il me plairait de manger au chaud, Linèta. Mais si vous désirez en acheter pour vous-même, faites donc !


Les femmes sont gourmandes, si gourmandes. Il le sait, il a des soeurs. D'ailleurs la plus vieille d'entre elles ne doit pas être plus vieille que celle-ci. Qu'elle achète, qu'elle fasse ce qu'elle veut, il avance inexorablement, lui, vers cette auberge. Message subliminal s'il en est. Le chaud et tout..

Pourtant, cette distance qu'il met entre eux, c'est celle qui lui permettra de se défaire de lui s'il advenait qu'elle reprenne ses esprits, auquel cas, il lui prendra tout. La dure loi de la vie, les forts gagnent et elle est ce sexe faible, enivrant mais faible, palpitant mais faible, attrayant mais faible.

Dis moi oui ou non Linèta, aujourd'hui, les femmes ont leur mot à dire.

_________________
Aimelina
-« Me manger ? Allons, rossinhòl, ce ne sont pas des choses que les hommes font entre eux ! Aristote ne le permet pas, grand dieu, même en famine les hommes ne se mangent pas ! »

C'est qu'elle n'a pas l'habitude des paroles avides, des paroles libertines, des paroles du désir, si elle en sent déjà les effets physiques ; ou peut-être est-ce le plaisir de garder le fil, rester en contact avec lui, par la parole, puisqu'il s'éloigne, puisqu'il prend les devants... Oui, sans doute se rangera-t-on davantage à cette explication, en entendant combien la Sìarrette sait, en vérité, les mots qui stimulent imagination et désir :

Belàs rossinhòl, vous devrez vous contenter de me picorer tandis que je mange ce gingembre, car vraiment, je l'aime trop, c'est un doux feu ! »

Il lui restait trois rien de sa journée d'emplettes, et d'un écu elle obtint une petite poignée de gingembre confit au miel ; elle n'aurait pu en porter plus sans se trahir.
Son regard brillait ardemment, et sa main pleine de gingembre, elle la montait à son visage, y happant chaque fois un morceau. Si ce n'était pas élégant, c'était d'une sensualité à toute épreuve. Elle en sentait son effet d'instinct, sans l'avoir jamais prémédité. Elle se sentait femme et puissante, et ferait tout pour qu'il lui prouve sa beauté et son pouvoir ; elle voulait qu'il se noyât dans son regard, dans ses lèvres, qu'il s'échoue sur sa langue douillette, mais jamais, grand dieu, ne reculât au moment de la révélation de sa difformité. Elle n'était pas exigeante, la Sìarrette : elle savait qu'une dot ne pouvait pas racheter certaines choses. Elle savait qu'il n'y en aurait peut-être pas d'autre pour la regarder un jour.

« Je te tiens et je ne te lâche pas. Je n'ai aucune conscience de ce que je fais, je m'égare sans doute... Bienheureux les ignorants ! Je pécherai sans savoir, puis il sera trop tard et, damnée, je ne perdrais rien à me damner encore ! »

Elle précéda son bel oiseau dans l'auberge, saluée de l’œil sévère de Maîtresse Childesinthe. Elle avait une chambre au bout d'un couloir ; la chambre était en longueur, cernée de fenêtres à petits carreaux sur deux pans, et l'on y entrait par l'un des étroits côtés. Une camériste y attendait sa maîtresse, qui la chassa en ces termes :


Vía-fòra ! »

Dehors, dehors... Où irait une camériste dans Paris, si ce n'est à la porte, si ce n'est au plus près de sa maîtresse changeante, la chassant un instant, la sollicitant le suivant ? Brilhèta, bientôt cinquante ans, bonne et lasse, s'exécuta, et les deux oiseaux se retrouvèrent, chacun d'une hauteur superbe, perchées dans leur aire.
_________________
Germain_gisors
Si le gingembre est aphrodisiaque, en cet instant, il ne saurait l'être plus que cette main qui s'élève et dévoile un poignet, plus que ses lèvres qui viennent se saisir des gourmandises quand il voudrait les voir perdues dans une autre gâterie, se refermer sur un met tout autre. Il sait de source sûre que les femmes ont cette sensualité fauve en elles, certaines la développent, les autres l'étouffent sous des corsets lacés serrés, sous des vertugadins étriqués. Celle-ci ne demande qu'à être libérée de ce carcan.

A l'aubergiste, il offre un regard d'authentique bienséance, il est si sage, il porte si bien. Il l'accompagne la pauvrette qui s'était égarée en Paris. A la camériste, c'est un sourire méprisant. Barre-toi de là l'ancêtre. A la porte fermée, les isolant ? C'est un regard reconnaissant qu'il sert.


As-tu toujours faim Linèta ?

Adieu le vouvoiement. Ce tutoiement, c'est leur intimité nouvelle, ce sont ses mains qui la rejoignent pour s'égarer sur la courbe d'une nuque, sur le fermail qui retient la cape pour la faire glisser au sol tandis que l'autre main vient taquiner la taille, le creux des reins. La cape qui glisse et offre au regard du Normand, l'amélie. Plus que du dégoût, c'est la curiosité qui l'emporte. Le moignon est saisi entre deux doigts, caressé distraitement tandis que les lèvres viennent s'attacher à cueillir le miel des lèvres de la Fleur de Lin.

Dire qu'il n'est pas perturbé, serait mentir. Mais le jeu de l'amour n'est-il pas un jeu de dissimulation ? Entâcher l'honneur d'une jeune fille de bonne famille apporte bien du piment à cette vie morne de bâtard caché. Pourtant, il y a plus, il y a cette sensualité qui tend à naître, à éclore. Linèta, tu seras mon Autre. Tu seras celle que je suis. Tu aimeras l'Amour et les amants.

_________________
Aimelina
Fais-moi zoom-zoom-zang...

La Sìarrette est tout feu, tout flamme, sous ces caresses. Elle frissonne d'effroi, lorsqu'il veut ôter sa cape, et c'est davantage la peur de la découverte de son amélie qui la motive, que toute autre prude considération. Et puis boom, boom... Boom, boom... Son cœur palpite plus encore, ses doigts ont la fièvre, voudrait-elle tenir une plume qu'elle ne le pourrait, voudrait-elle lever à ses lèvres un grain de gingembre qu'elle ne le pourrait. Ils tombent sur le lit, elle ne peut les retenir. Cela arrive si rarement, ces moments où l'émotion tétanise, où l'on voudrait garder son calme... et ne le peut. Il a vu, il n'a rien dit, il a mêlé ses doigts aux siens, à ses pauvres diables de doigts atrophiés, à cet annulaire qui ne saurait porter d'alliance. Il a vu et l'étreint plus encore, et c'est si doux et terrifiant, c'est le chant de la sirène bien plus que du rossinhòl.

Das hat eine wundersame, gewaltige Melodei !

Il parle, et elle ne peut pas parler, elle croit qu'elle ne peut pas. Elle renverse sa tête en arrière, terrifiée et avide : elle veut qu'il dévore son cou, elle craint d'en être tout retournée, d'en avoir des frissons insupportables... Elle le craint, mais c'est ce qu'elle veut ; on appelle cela le désir refoulé, l'amour coupable, le masochisme.
Et puis sa voix s'échappe enfin, entre deux baisers ; une voix altérée par le tremblement, une voix fausse, qui ne saurait crier choses plus vraies :


-« Je veux le plus grand... festin ! »

Le reste n'existe plus ; les convenances : jamais qu'un truc qu'on a appris un jour ; la virginité : quelque chose qui ne sert qu'à celles vouées au mariage, ce qu'une infirme ne saurait espérer ; l'amour : seule raison de vivre encore.

    « Amour de loufiat, on vivra en eaux troubles toi et moi
    Mais ce soir faut que ça brille,
    Faut qu'on enquille, j'veux faire du freestyle
    Je veux que tu réveilles que tu stimules mon coté bestial »

_________________
Germain_gisors
Tu étais l'héritière du péché originel
Reviens sur Terre, me redonner le goût du sel..


Cette gorge qui se tend, ces mots comme ultime provocation, c'est une atteinte aux bonnes moeurs. C'est une incitation à la débauche. C'est une fleur qui se donne pour qu'on la butine, qu'on la lutine. Ce sont des lèvres qui se repaissent de cette chair tendre offerte, qui viennent se refermer au même titre que les dents sur ce lobe d'oreille donné. Il n'y aura plus rien pour les autres, je prends tout. Je te prends toute.

Les doigts viennent se glisser sous la collerette fine, viennent jouer avec les baguettes rigides avant de tirer tout bonnement sur le col pour dévoiler l'arrondi d'une épaule au prix d'un bruit de déchirure comme une reddition. Puisqu'elle réclame autant lui en donner pour son compte, et la jumelle suit, jusqu'à ce que d'un geste assuré, le bustier et la chainse soient baissés pour révéler au jour, les globes délicats.


Dieu est grand.

Ils apparaissent comme Aristote lui-même. On en désespérait presque, on en rêvait. Ils sont tels qu'ils devaient être, les mains rendues calleuses par la monte à cheval se retrouvent à la place qui est la leur.. Sur elle. Sur eux qui l'appellent. La voix est rendue rauque par l'émotion, par les doigts qui jouent leur propre mélodie sur ce corps étranger peu de temps auparavant, si familier soudain.

Allonge-toi Linèta..

Ecarte toi avant que je ne te prenne comme la dernière des souillons, donne-toi pour que je ne te vole pas, que je ne te viole pas.
_________________
Aimelina
[Jolie Coquine... Let's swing !]

« What to think
How to dream
If I don't sleep with you...
You're my Pole Star !»*

La collerette qui craque, la robe que l'on déchire, c'est un fantasme récurrent, et pourtant, au moment où ça survient, en vous se battent deux femmes : celle qui désire, et la fashion-victim qui se lamente. Connard, sais-tu que c'est une robe DTC ? Vois où tu me la mets ! Linèta ignore même le nom de son fauve, elle ignore même s'il est assez respectable pour la lui rembourser, ou lui payer les retouches... Et ce n'est pas le moment de lui demander, pas même le moment de s'éterniser sur le saccage vestimentaire ; les sens de la Méridionale n'ont jamais été aussi brûlants.

Sa poitrine de jeune femme, aux tétons comme de jeunes fraises des bois, pas même tout à fait mûres ni tout à fait rouges, n'avait jamais été profanée ; jamais elle n'avait senti d'aussi mâles réceptacles envelopper ses deux seins pointus, leur faire un écrin et une prison. Elle s'allonge, la Sìarrette, elle obéit à son maître ; l'amour ne saurait être un péché, s'il répond aux ordres de ces yeux bleus, de ces lèvres déjà chéries, de cette chevelure blonde si semblable à celle de son bel et blond de frère, si doux et aimant.
Elle s'allonge et sent les braises lui déchirer le cœur, elle se sent exploser de la conque, alors même qu'il n'y a point encore toucher ; elle sent ce qu'elle sentait lorsqu'elle voyait les chiens des Fenouillèdes monter les chiennes, fait de la nature dont elle ne comprenait pas qu'il pût ainsi la troubler. Nul ne lui a appris comment font les hommes, mais cela ne doit guère être différent ; alors, ayant déjà fort chaud, en cette chambre où pourtant le feu est après mourir dans l'âtre, elle s'arrache à ces mains, elle se tourne, elle fait comme elle croit bien, elle fait comme les chiens. Presque tout à fait à plat ventre, à peine en appui sur son coude et son moignon, la gorge contre le dessus de lit en peau de mouton, sur la douce laine, elle suffoque ; et c'est déjà un plaisir, elle se croirait déjà à la fin, qui est pourtant bien loin...


*Que penser, comment rêver, si je ne couche pas avec toi... Tu es mon Étoile polaire !
_________________
Germain_gisors
Aller viens enchaîne-moi des postures, épanche-toi
L'horizon se croit vertical, possible
Ca fixe l'âme au corps, la mort on oublie
Inflige-moi l'amour que je mérite..


Cette lave qui coule dans son corps, qui coule dans ce corps caverneux, qui le fait se dresser de toute sa splendeur mâle, c'est celle qu'il veut retrouver chez elle. Il attend qu'elle se couche, qu'elle se donne, comme le ferait n'importe quelle vierge, les paysannes de Gisors, allongées, docilement, les cuisses ouvertes pour recevoir leur maître. Mais pas elle.. Inconsciemment, la Siarr a pris de la femme ce qu'il y avait de plus malsain, après la sexualité, la sensualité. Le pourpoint est délacé en vitesse, la chemise arrachée plus qu'ôtée, les nerfs à vifs comme les sens du reste à la vue de cette croupe qui se tend, qui s'offre.

Sur cette couche, c'est l'inatteignable. Comment t'appelles-tu ? Le saurais-je jamais ? Je te retrouverai si tu pars. Tu ne partiras pas. Il ne l'a pas pris qu'il craint déjà qu'elle ne lui échappe. Cette fièvre qui coule dans ces veines, elle a le goût du Sud, cette langue qui a caressé ses désirs, c'est la Langue d'Oc. Il l'aime. A sa façon, à la façon d'un homme qui découvre une femme, qui découvre cette femme quand la dextre vient relever les jupons pour dévoiler le séant recouvert de la culotte longue qu'il descend avec dextérité.


Ne bouge plus..

A genoux sur la couche, il regarde, il contemple ce mont de vénus inversé, retourné, ces fesses offertes, il se repaît de cette jouissance qui ne demande qu'à venir, de cette luisance qui affleure. L'index se fait téméraire qui vient s'y coller, pas s'immiscer, juste caresser, effleurer, une politesse de la pulpe, adresse et délicatesse, la paume vient se reposer à l'orée du fessier alors que le doigt vient se glisser, explorateur courageux qui prend la mesure, la température. Ca glisse au pays des merveilles.. La sienne est tenue sous les braies, elle crie Liberté, liberté chérie, tu as un prix.. Ce corps à moitié dénudé, à moitié dévoilé dont s'ôte le doigt rendu humide par l'épopée, ce doigt qui vient effleurer un tétin, ce doigt qui glisse entre les seins pour lui faire comprendre toute l'inutilité de ces vêtures.

Soit tu les enlèves, soit je le fais. Je te veux nue.

A-t-il déjà voulu une femme comme elle ? Innocente comme une pucelle, perverse comme une putain.. Linèta, tu mets mes sens en ébullition..
_________________
See the RP information <<   1, 2   >   >>
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)