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[RP] Corvée de noblesse

Clemence.de.lepine
La missive l'avait trouvée à Decize. C'était un gris et froid matin d'automne, l'on sentait venir novembre, pâle mois incolore où chênes et hêtres abandonnent la chaleur du brun et du roux pour laisser venir humblement le règne des conifères. Mais sans blanc manteau, car il est encore un peu tôt, les épines apparaissent plus vulnérables sous les assauts opiniâtres de la bise piquante et le paysage ainsi décharné quelque peu désolant.

Ce matin là, Clémence avait décidé d'accompagner veneurs et valets de chiens pour l'entraînement de cette nouvelle meute qu'elle s'était constituée. De tout jeunes chiens courants, pour la grande vénerie, et ô chose étrange, elle avait choisi un griffon, le Fauve de Bretagne. Ils seraient éduqués à chasser le sanglier, laboureurs de cultures, nuisibles et féroces, suite aux plaintes répétées des paysans et, de fait, aux délits de braconnage croissants. Exterminons le sanglier, donc, et servons-le au dîner. C'est, alors, montée sur son coursier navarin agile et endurant, les joues rougies par le vent, les doigts gourds sur les rênes, qu'elle reçut la missive dont nous parlions au début.

A regret, elle laissa les campagnes nivernaises, se changea, s'entoura de gardes et non plus de chasseurs, et laissa le cheval à l'écurie pour préférer la petite jument, haquenée fébrile et farouche au trot souple mais rapide. On la mandait ailleurs, elle s'y rendrait, redoutant presque la raison qui pouvait inciter la princesse Armoria à la faire chercher aussi tôt. Et, tandis qu'après quelques heures de chevauchée elle démontait dans la cour du château de Ménessaire, livrant sa monture aux bons soins des palefreniers, elle hésita un instant à repartir tant qu'on ne l'avait pas encore annoncée.

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Aimbaud
À la même heure quelque part en Bourgogne, dans une nappe de brume qui s'épandait sur le sol, quatre cavaliers faisaient résonner le son des sabots ferrés dans la terre meuble. Ils allaient à bon train, piquant tout droit vers l'est, faisant face à la lumière d'un soleil blanc qui ne réchauffait pas la peau.
Dès qu'ils se hissaient au sommet d'une colline, un vent assassin secouait leurs capuches. Humide, froid, le fond de l'air fraîchissait les poumons. Aimbaud reniflait, le nez rougit par la bise. Il accélérait la course en vue de parcourir rapidement les dernières lieues qui les séparaient de Ménessaire, et s'y mettre enfin à l'abri. Sa monture d'ailleurs fatiguait, l'on voyait son cuir noir s'évaporer en fumeroles de transpiration.

Tous galopaient sans mot crier dans la plaine, en petit groupe rapproché. On reconnaissait les gardes à leur livrée de cuir et de fer aux armes de Corbigny. Et le mantel d'Aimbaud parfois, claquant au gré des bourrasques, laissait paraître le bleu de son habit.
Le jeune seigneur revenait du Poitou sur les ordres d'Armoria, pour une raison qui lui était inconnue. Il n'allait pas tarder à savoir le fond du problème — c'étaient souvent des problèmes, que l'on soulevait avec la Princesse — car les tourelles du château étaient en vue, brandies par-devers les bois.
Les cavaliers prirent un instant de souffle à la lisière d'un champ, crachant leur buée et partageant deux mots, avant d'entamer la fin de leur périple.

Un instant plus tard ils passaient les portes du château, Aimbaud en tête, tête qu'il tourna vers un groupe d'hommes portant blason marquisal, présents sur les lieux...
Il y avait déjà de la visite ?

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Clemence.de.lepine
Elle n'était pas repartie, mais elle n'était pas entrée non plus. Elle avait suivi la jument jusqu'au box à laquelle on l'avait menée, avait pris soin de vérifier la propreté des lieux et la fraîcheur de la paille, non sans en offusquer quelques uns – dites tout de suite que nos écuries ne sont pas convenables ? Aux mines indignées elle avait répondu par un sourire innocent et candide. Elle ne leur dirait pas que ses discussions ne servaient qu'à retarder sa rencontre avec la Princesse. Ça n'était pas la personne elle-même, qui la contrariait. C'était plutôt de ne savoir pourquoi on l'appelait ici. Ou d'avoir peur de le deviner.

Finalement, elle se résigna à tourner le dos aux palefreniers et à regagner le centre de la cour.



Non mais tout compte fait ça n'était pas une bonne idée. Volte-face, en arrière toute, retour à la case départ, ou presque. Elle se cache tant bien que mal derrière un pan de mur et rattrape par la manche le domestique qui la dépasse.


Dites, vous ne voulez pas aller chercher discrètement ma jument ? En fait je crois que je ne vais pas pouvoir rester. Je me sens... Elle appuie un poing sur son ventre, se courbe en deux, mime la douleur et se redresse, un air de supplique affecté sur le visage. Je ne me sens pas très bien, là.

Elle jette un regard derrière son épaule, observe un moment le convoi Josselinière qui vide les étriers puis se retourne vers le type qui se trouve toujours là à attendre la suite. Elle expire un soupir et pince les lèvres.

Ça n'est pas très glorieux de filer en douce, n'est-ce pas ? Bon, laissez tomber.

Et d'un pas résolu, elle s'avance vers les hommes.

Josselinière ! Elle force le sourire, abaisse sa capuche, et lui tend un regard des plus surpris, dissimulant par son étonnement toute l'appréhension que lui vaut sa présence.

Qu'est-ce que vous faites ici ?

Mais malgré tout, elle ne parvient pas tout à fait à retenir la rudesse de sa question.
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Aimbaud
Ayant mis pied à terre et ôté son capuchon, Aimbaud échangeait avec ses hommes quelques remarques sur le logis, et le vin qu'on allait leur servir. Une voix féminine, un tantinet criarde, leur fit tous braquer le regard dans la même direction. Et tandis que les trois gardes s'égayaient soudainement d'un sourire en coin en détaillant la blonde arrivante de pied en cap, le jeune Josselinière lui, passa de jovial... à désabusé.

"RAAahh ! Pas elle !..." Aurait-il pu grogner à voix-basse, si toutefois il n'avait craint d'être entendu de la Marquise, qui déjà s'approchait à pas vif.

Il singea la bonne surprise. Bien mal.
Car d'une, il savait très peu mentir.
De deux, ses relations avec Clémence de l'Épine avaient toujours été pour le moins épineuses, cestelle incarnant à ses yeux, tout ce que la gente féminine avait de "chipie-ttitude", de bêcheuse, tordue, cruelle, et trop bien coiffée.
C'était malheureusement pour Aimbaud, la bonne amie de sa soeur, la bonne amie de sa dulcinée, et une damoiselle du gratin royaliste qu'il était constamment amené à croiser. Comme aux dernières joutes du Lavardin où elle lui avait tenu la jambe tout le banquet, à cause du coup qu'elle avait dans le nez... Il avait peut-être, d'ailleurs, éventuellement, lui-aussi légèrement abusé du vin pétillant ce soir-là... De quoi avaient-ils parlé d'ailleurs...? Bref. Elle n'était supportable que pétée comme un coing.


L'Épine... Il s'inclina.

Malpolie avec ça... Un petit "Comment allez-vous ?" ça lui gercerait les lèvres... Il répondit en remettant les rênes de sa bête aux mains d'un garçon d'écuries, puis arrangea d'une main les épis que le vent avait soulevé sur sa tête, question de présentation.


Je suis venu parce qu'on m'a fait mander. Son Altesse en aura terminé avec vous, je suppose ?

... "Tu dégages, que je prenne mon rendez-vous ?"
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Clemence.de.lepine
Dégager ? Son souhait numéro un. Elle se sent condamnée, elle a les mains qui tremblent, comme toujours quand quelque chose ne va pas, elle a les yeux qui fuient, le sourire figé qui ne signifie rien. Elle sait qu'elle est coupable, elle n'a pas besoin de sentence, mais comme tous les coupables elle maintient son innocence. Folie.

Oui. Dit-elle tout naturellement, en hochant la tête de concert. J'allais repartir.

Pour sa part, elle sait mentir : c'est de mensonges dont elle est forgée.

Un mensonge bien pitoyable, une vulgaire plaisanterie, tout au plus. Mais cela lui est venu ainsi. Qu'aurait-elle pu lui répondre ? Pourtant, maintenant, fera-t-elle vraiment marche arrière, au risque de se faire héler au dernier moment par une Princesse en colère ? Au risque de s'empêtrer dans des excuses lamentables et de ne plus avoir l'air de grand chose ? Mais trop tard : elle l'a dit, il faut bien agir maintenant.

Elle tourne le chef, fixe du regard l'endroit où elle se cachait tout à l'heure et pense qu'elle aurait sans doute mieux fait d'y rester plus longtemps. Excès de fierté. Maintenant, elle hésite, se fustige en silence. Son attention revient au jeune Josselinière et elle fronce les sourcils.


Et bien allez-y, je ne vous retiens pas.

Elle le laisserait partir devant et elle entrerait un moment après. Elle passerait plus tard pour une menteuse mais : 1/ Elle s'en fiche ; 2/ Elle préfère ça plutôt que d'avoir à s'expliquer ensuite auprès de la maîtresse des lieux ; 3/ Il fera nuit avant qu'elle ait atteint Decize ; 4/ « Assume et tais-toi. »

Et de rester plantée là en attendant qu'il bouge.

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Armoria
Les sabots des chevaux l'avaient tirée de ses occupations. En l'occurrence, tenir sa plume au-dessus d'un journal qu'elle ne parvenait décidément pas à écrire. Pourtant, elle venait - encore - de voir la mort de bien près. Et plus que ça : quand on n'est près, on n'y est pas. Et là, elle avait été en plein dedans.

Morte.

D'où l'intérêt de laisser à ses enfants ce témoignage, quand elle ne serait plus là pour défendre sa mémoire. Mais il y avait un mais : écrire, c'était s'approcher encore de la mort, la regarder bien en face, et se dire que peut-être, la prochaine fois, elle ne la quitterait plus.

Autant dire qu'elle vit dans le son de ces sabots une excuse fort bien venue. Ce n'était pas le tout de ne pas parvenir à écrire ses mémoires, encore fallait-il garder bonne conscience en s'en croyant empêchée...

Elle se leva et s'approcha de la fenêtre : ses deux jeunes invités.

Bien.

Elle avait quelques instants encore, donc, pour décider comment leur présenter la chose.

Par la douceur : "merci à vous deux d'être venus, je tenais tant à ce que ma fille fréquente un peu des personnes de son monde et de son âge".

Par l'efficacité : "puisque je suis supposée marier ce jeune homme, et que vous, jeune fille, vous devez trouver époux, il m'a semblé tout naturel de vous réunir".

Qu'allait-elle choisir ? Douceur, ou efficacité ? Un mélange des deux ? Tout autre chose ? Décidément, elle l'ignorait. Elle ferait sans doute ce qu'elle faisait encore de mieux : improviser. D'ailleurs, histoire de prendre un peu la température, elle donna ordre de les conduire dans le petit salon attenant à son bureau. Celui qui en était séparé, au coin du mur, par une fine porte de bois, cachée derrière une tapisserie. Le même genre de porte dérobée qui lui avait fait perdre la tête, chez Asterius. Soupir.

Elle ouvrit la fenêtre :


Allons, entrez donc, jeunes gens !

Après quoi, elle ouvrit aussi la porte, et se positionna derrière son écran made in Bourbonnais-Auvergne.
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Vous pouvez utiliser mes lettres RP.Héraldique
Aimbaud
L'ordre d'Armoria, lancé par une lucarne dans la cour, interrompit les civilités. Aimbaud regarda tour à tour la fenêtre de la blonde altesse, et Clémence, avant de réaliser qu'il s'agissait bel et bien d'une rencontre plurielle. Ahh l'Épine... Qu'est-ce qu'on vous disait ? Bêcheuse, et faiseuse d'histoires... Il haussa les épaules avec un soupir blasé, avant d'abandonner là ses hommes pour se laisser conduire dans la demeure par le princier laquais qui leur indiquait le chemin.

Suivi par la Marquise à quelques pas de distance, il garda un silence éloquent tout du long. Mensonge sans commentaire... Et même s'il s'inquiétait de savoir la raison de cette double entrevue — qu'il était loin de deviner — il garda les lèvres scellées et une mine imperturbable, assez agaçante.

Il avançait donc d'un bon pas, la tête nue, gonflant son épaisse cape aux ourlets trempés de gadoue derrière lui, et les poings bien fermés dans ses gants. À le voir comme ça, le domaine semblait un peu lui appartenir.
Il faut dire qu'il commençait à connaître les recoins de la maison comme sa poche, tant il y était souvent convoqué par sa tutrice... Icelieu en général il trottinait dans les escaliers, traînait des bottes sur les tapis, pichenettait les armures d'apparat et tendait les jambes sous la table, comme un peu partout où il se sentait chez lui...
Son attitude cependant était de plus en plus franche et révérencieuse envers la maîtresse des lieux, de qui il recevait — ou croyait recevoir — de bien nombreuses bontés.

Après un coup-d'oeil à Clémence, et il entra dans le petit salon, s'apprêtant à plier dans une révérence protocolaire... Sauf que : personne. Regard alentour. Oukélé la princesse ? Regard à Clémence. Porte qui se referme sur eux deux.

Silence.


Hum.

Croisement de mains dans le dos.
Silence.

Comment c'est relou les salles d'attente...!

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Clemence.de.lepine
Zut.

Clémence lève la tête vers la fenêtre par laquelle la Princesse est parvenue à la décrédibiliser en cinq mots – si elle avait déjà été crédible aux yeux d'Aimbaud un jour – et reste un instant le nez en l'air, songeuse. Hum. Elle a beau penser que le fait de passer pour une menteuse est le cadet de ses soucis, il faut bien dire qu'elle aurait préféré que cela arrive un peu plus tard. Bon.

La jeune Marquise croise le regard d'Aimbaud et esquisse un petit sourire folâtre. « J'ai rien fait. » Et lorsque, sans mot dire, il se lance à la poursuite du domestique, elle reste un court instant en arrière. Portant une main froide à son front étrangement brûlant, elle s'étonne de se sentir aussi sereine quand tout son être lui hurle de s'enfuir. D'un pas leste, elle pénètre à son tour dans la demeure, tentant de rattraper son retard, pestant intérieurement contre la foulée du Josselinière. Pas la première fois qu'elle se retrouve dans son sillage à essayer de suivre sa cadence, et elle déteste ça.

Ignorant royalement le jeune homme, elle s'avance à ses côtés dans la pièce et exécute une esquisse de révérence, bien vite avortée. Il n'y a personne à saluer, en fait.

La poisse.

Ça devient difficile de s'ignorer, là, maintenant qu'ils sont tous les deux seuls dans la même pièce.

Soupirs. Lorgnage de plafond. Des moulures. Des tapisseries.

Soupirs...

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Aimbaud
Une bonne minute s'écoule durant laquelle Aimbaud, toujours droit comme un i, les mains croisées dans le dos, reste immobile à regarder bien droit devant lui, comme s'il y avait une sorte d'immense horizon à conquérir... Sauf qu'en vérité il n'y a qu'une vieille tapisserie et un chandelier.
...
Clémence se dit qu'elle ne parlera pas, pas la première, n'ouvrira pas le dialogue. Elle contemple les murs, ses mains, les murs, ses ongles, le plafond, ses pointes de cheveux.


... Bon.
Soupir plus fort.
C'est sûr que c'était là, au moins ? Il s'est pas trompé de salle ?

Aimbaud s'éclaircit la gorge et jette un rapide coup d'oeil par dessus son épaule, vers la porte fermée.

Oui c'est un peu longuet là... D'ordinaire on ne fait pas patienter, ici.

Nouveau silence qui s'installe. Contemplation de plafond.
Clémence ouvre la bouche, hésite. Non. Tourne la tête vers Aimbaud. Non. Se mordille la lèvre inférieure. Et puis tant pis.


Vous savez pourquoi vous êtes là, vous ?
Vous ne savez pas non plus ? Ah, je pensais que vous étiez de mêche...
Moi ? De mèche pour quoi ?
De mèche de... Bah... Aucune idée.


Il hausse les épaules et se reconcentre sur le chandelier.

Elle ne devrait plus tarder.
Et sinon... comment ... vous allez ?
Très bien ! Très bien. Et vous ?


Et l'Oscar du meilleur dialogue est attribuéééé àààà...

Vous paraissez mal à l'aise. Vous pouvez me raconter votre vie, si vous voulez meubler. Je ne dis pas que j'écouterai mais bon...

Elle hausse à nouveau les épaules et soupire. Aimbaud lève un sourcil et la regarde en écarquillant légèrement les yeux. Mais quelle conne...!

Est-ce que je vous dis moi, si vous paraissez coincée du séant...!

Clémence baisse les yeux, observe ses pieds et dissimule un sourire.

Vous êtes plus poli avec une cruche de vin dans le nez. Façon de parler...
Arrêtez, vous étiez bien ivre aussi à ce banquet...
Mais on s'en moque ! C'était à votre politesse que je voulais faire référence. Pas à votre ivresse...
Taisez-vous la voilà.


...
Il n'y a personne.
Oui, mais c'est plus vivable quand vous vous taisez.


Sur ces mots, il lève un doigt savant. Elle le fusille du regard.

J'essaie simplement de faire la conversation.

Aimbaud croise les bras et attend.

Pourquoi nous convoque-t'elle tous deux ?
Vous voulez dire... ensemble ?


Elle essaie de gagner du temps pour trouver une réponse valable... Lui insiste, soupçonneux.

Tous deux, ensemble ! Vous savez pourquoi ?
Peut-être que...
(Elle fait mine de réfléchir, le sourcil froncé.) Peut-être qu'elle a entendu parler de cette chose que vous m'avez demandé de garder pour moi ? Vous vous souvenez ?

Aimbaud reste silencieux, les bras croisés. L'autre soupire. Fait quelques pas.

Je n'en sais rien.
On ne convoque pas les gens pour les futilités que vous évoquez. Ce doit être quelque chose de grave.

Il commence à se ronger le pouce.
Ah beurk... Il a mordu le cuir de son gant.


De grave ? de grave comment ?
Peut-être a-t-il raison, peut-être cela n'a-t-il rien à voir avec ce à quoi elle songe et ce qui l'empêche de croiser son regard.

Qu'est-ce que j'en sais moi.. On est en temps de guerre, les choses graves, ça arrive !
Aimbaud, gros parano.

Ça arrive également en temps de paix.
Elle relève-t-elle comme ça, machinalement, parce qu'elle ne sait pas quoi répondre.
Ouais.

Nouveau silence. Conversation de meeeeerde.

Mais même. Si c'était si grave, elle ne nous ferait pas attendre comme ça.
Clémence commence à s'agacer.
Très juste. Hum.

Et c'est le retour du silence. Ahh, le silence... Aimbaud la regarde en coin. Elle surprend son regard.

Quoi ?
Quoi quoi ?


Nous appellerons ça un réflexe de cour de récré saumurienne.

Non mais arrêtez avec vos réactions puériles.
Clémence hausse la voix, balaye l'air d'une main, et souffle.

Mais... PUÉRILE vous même.

Clémence, les mains sur les hanches.

C'est ce que je disais... ! Puéril !
Écoutez...


Il braque sa paume de main vers elle, et dirige un regard exaspéré dans la direction opposée.

Parlez à ma main, je ne vous écoute même pas.
Ce sera toujours plus agréable que de vous parler directement !
BLAAAA BLA BLAAAAAAA.
Je n'ai rien à lui dire à votre main !
BLABLABLAAAA BLAAA.


Clémence continue sur la lancée d'Aimbaud et hausse la voix autant qu'elle le peut pour couvrir ses mugissements.

Vous n'êtes qu'un aBRUTI FI-Ni !
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Armoria
Bon. Elle voulait savoir à quel point ils se connaissaient, et surtout s'ils s'appréciaient... Là, au moins, elle avait ses réponses. Et il était temps, sans doute, d'intervenir avant qu'ils n'en viennent aux mains.

Tout en sortant du bureau par la porte connue de tous - il n'était évidemment pas question d'éventer la porte dérobée, n'est-ce pas - et se rendant dans la pièce voisine, elle réfléchit. Devant une telle détestation, elle devrait normalement choisir la solution "douceur". Mais il y avait - encore - un mais. Cela signifiait passer encore des mois à s'occuper de trouver une femme à Aimbaud, et dans cette histoire, elle avait déjà agi d'une façon dont elle ne se serait pas crue capable. Toujours, au final, pour le bien du jeune homme, pour lui forger le caractère et l'empêcher de se commettre avec une barbare, mais tout de même... De quelle manière...

Enfin, toujours est-il qu'elle entra dans la pièce bien plus rapidement que le temps de le conter.

Expression : indéchiffrable.
Salut : légère inclinaison de la tête, neutre.
Voix : neutre aussi.


Le bonjour, jeunes gens. Prenez place, il m'a fallu quelques minutes pour terminer ce que j'avais en train.

Leur ayant désigné un siège à chacun - et faisant en sorte qu'ils soient face à elle, ne se voyant donc que de profil, elle s'assit. Puisqu'ils seraient de profil, les éventuels regards et gestes de connivence seraient plus aisés à repérer.

Les coudes calés sur l'accoudoir, la pointe du menton sur le bout de ses doigts joints, elle laissa passer un ange tandis que le regard émeraude parcourait le visage de ses hôtes. Puis :


Avez-vous une idée de la raison de votre présence ?

Troisième voie. Improvisation.
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Clemence.de.lepine
Au moment où sa voix se brisait, usée, fatiguée d'avoir trop forcé, la blonde Altesse faisait son apparition. Instant de panique où Clémence se demande s'il était possible que leurs invectives aient été entendues. Elle n'avait pas l'habitude de se montrer sous un tel jour, le but étant au contraire de toujours parvenir à maîtriser ses élans. Et elle avait pensé jusqu'ici que le seul à pouvoir lui faire perdre ainsi, et avec autant de facilité, son sang froid était le Blanc-Combaz, père - quoique le fils ne soit pas mal dans son genre non plus. Mais aujourd'hui, Aimbaud de Josselinière était parvenu à lui faire hausser le ton et la seule façon de se rassurer était de se dire qu'elle avait des circonstances atténuantes : elle dormait mal, était anxieuse, et s'inquiétait de connaître les motifs de leur visite commune à Ménessaire.

Une gracieuse révérence plus tard, elle s'asseyait, sous l'invite de la Princesse. Tout au bord du siège, car on lui avait dit que cela permettait de se tenir le dos bien droit – et que la mise, assurément, cela comptait. Posant les mains dans son giron, elle fronça le sourcil, le défronçant dans l'instant en se souvenant qu'on lui avait aussi dit que cela lui creusait une vilaine ride entre les deux yeux. Elle n'avait pas besoin de cela pour se montrer attentive aux paroles d'Armoria. Qui tardaient à venir. Le silence est d'or, certes, mais le faire durer relève quasiment du supplice.

La suppliciée, alors, retint un soupir de soulagement quand ce silence fut brisé, comme si pendant tout le temps où ils avaient été sondés, elle avait dû retenir sa respiration.


Et bien... Elle prit la parole la première, fronça à nouveau les sourcils – elle ne peut s'en empêcher – et glissa un regard fugace vers son voisin avant de rapidement le reporter vers leur interlocutrice.

Non. Nous étions justement en train d'en discuter avant que vous n'arriviez. Dit-elle, avec un chaste sourire. Et de s'agiter imperceptiblement sur son assise parce-que « discuter » n'était pas vraiment le terme adéquat.
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Aimbaud
Un des défauts principaux d'Aimbaud, et il en était malheureusement conscient, c'est qu'il perdait rapidement son sang froid. L'ennui avec Clémence de l'Épine, c'est qu'elle savait exactement comment le lui faire perdre.

Il essayait à chacune de leur rencontre de se comporter, bien que froidement, de manière civile et policée, et elle, petite vipère agitatrice tordue et malveillante, avait toujours en réponse, de sa bouche en coeur toute fausse, une pique assassine à lui lancer qui le faisait malgré-lui démarrer au quart de tour. Il ne l'aimait pas d'ailleurs parce qu'elle en savait trop sur son amourette avec Blanche, et qu'elle n'avait eu de cesse de tenter de l'enrayer...

Il changea d'expression du tout-au-tout et rabattit sa main dans son dos quand la porte s'ouvrit soudainement. La tête qu'il releva après une révérence, exécutée de concert avec Clémence, était nettement plus rouge. Ils s'assirent.

Le silence éloquent d'Armoria le mis mal à son aise, il tenta de garder une figure placide et droite, tout en cherchant en contrebas une raison au pourquoi du non-sens de l'épaisseur d'une couture sur le rebord de sa manche entre deux boutons de manchette, à l'endroit exact où, chose étonnante et fort intéressante, pendait un fil de soie rebelle qui pelotait en noeud. Cela pouvait paraître anodin à un moment comme celui-ci, mais cette grosseur de couture était vraiment, vraiment, un passionnant sujet d'étude sur lequel on aurait pu gratter un troupeau de brebis tanné en parchemin, et en faire une collection en dix volumes encyclopédiques classés alphabétiquement.

Puis le silence rompit, on oublia complètement la manchette.


Non voilà... Hum. C'est cela...

Baragouina-t'il, en fond sonore aux propos de la Marquise.
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Armoria
Un demi sourire amusé, ne relevant que le coin droit de la bouche - ce qui est logique pour un demi-sourire - vint ponctuer ces doux euphémismes.

Oui, j'ai eu le loisir d'entendre les échos de votre... discussion, dans le couloir, en arrivant.

Bien évidemment, la légère pause avant "discussion" avait été mise en valeur par l'accent dubitatif utilisé pour le mot en question. Le demi-sourire laissa les lèvres reprendre leur position initiale, cédant la place à une expression teintée d'une vague curiosité.

... Mais pas assez, cependant, pour avoir saisi vos hypothèses. Peut-être pourriez-vous m'éclairer sur ce point ?

Taper par deux fois dans ses mains suffit à faire entrer le valet qui, comme tout bon valet, se tenait derrière la porte. Il entra en s'inclinant, emplit les verres, et ressortit en tournant le dos à sa maîtresse. Chose impensable en temps normal pour un serviteur, mais celui-ci était d'une espèce toute particulière. Un valet armorien, choisi avec soin pour l'aimable physionomie de sa face sud, mise en valeur par des vêtements un soupçon trop étroits à cet endroit précis. Cela aurait été du gâchis de sortir à reculons, par conséquent.
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Clemence.de.lepine
Ah. Elle avait entendu des échos. Embarrassée, Clémence ne put que lui tendre un demi sourire en retour. Un tout petit sourire penaud, alors qu'en pensées, elle rage de n'avoir su le laisser brailler tout seul.

La question suivante lui aurait, en temps normal, arraché un soupir ennuyé. Sans doute l'aurait-elle évitée, haussant les épaules, ou répondant par une autre question, détournant ainsi le sujet qui la dérangeait ou ne l'intéressait pas. Mais là... Impossible d'esquiver. Alors, elle se tourna franchement vers son voisin, un sourire crispé aux lèvres, lui jetant un regard sans équivoque : « Vas-y toi réponds ».

Manifestement, il n'avait aucune envie de prendre la parole, et c'est d'un
« Hum » appuyé que Clémence tenta de combler le silence qui, lentement, imposait à nouveau ses droits. Et accessoirement, également pour le réveiller et le tirer de la contemplation béate de son environnement immuable, pourtant.

En fait... se résolut-elle à dire, non sans un regard lourd de reproches pour Aimbaud. Elle regarda le valet remplir sa coupe, ce qui lui donna un prétexte pour s'interrompre. Gardant un instant les yeux rivés sur le verre plein, comme en pleine réflexion, elle sembla soudain reprendre ses esprits et offrit un sourire aimable à la Princesse.

En fait, nous n'avons pas vraiment émis d'hypothèses. Aimbaud disait que c'était peut-être pour une chose grave, ce qui m'a semblé insensé sur le moment, ce qui me le semble toujours en voyant votre... esquisse un vague geste de la main au dessus de ses genoux... votre mine. Sans être tout à fait... enjouée vous ne paraissez pas non plus trop préoccupée. Enfin... Peut-être que vous l'êtes... mais ça ne se voit pas. Mais... ça ne doit pas être dramatique, auquel cas vous ne nous poseriez pas une telle question. Cela serait... cruel. De ne pas en venir au fait tout de suite. S'il s'agissait de quelque chose de grave, je veux dire.s'empressa-t-elle d'ajouter.

Petit grattement de gorge. Enfin voilà quoi. Bref. Que dire ?


N'est-ce pas ? Fit-elle à l'adresse d'Aimbaud. Pas de raison qu'elle s'embrouille toute seule.
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Aimbaud
Et Aimbaud bien évidement, s'intéressait à l'excellente facture du lustre qui pendait au dessus de leurs têtes, à l'araignée qui y tissait sa toile, et aux trois-quatre débuts de poils sous son menton qu'il ratissait d'une main pensive, le regard levé.

Quoi ! Il ne se sentait pas franchement concerné par la quête des réponses aux énigmatiques charades armoriennes, après quatre semaines de service dans le Poitou et une longue route à cheval jusqu'à Ménessaire. Donc il laissait Clémence se charger des papotages de cérémonie, en attendant qu'on entre dans le vif du sujet.

Tout juste hocha-t'il la tête aux mots de l'Épine, en buvant un coup au verre qu'on lui tendait.

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