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[RP] Et la guerre est Amour.

Khy
Ouvert à tous ceux qui lui ont tapé dessus, bien évidemment, & à tous les autres aussi. Viendez, viendez !

    Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
    Et la mer est amère, et l'amour est amer,
    L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
    Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

[Un dimanche de novembre, Loches].

- M'aimes-tu ?

Question étrange, d'autant plus que la seule réponse qui franchit les lèvres adolescentes est « & toi ? ». S’il faut rajouter au tableau le cramoisi des joues de la demoiselle, son regard fuyant, & le blond – non, châtain ! – en face d’elle, il est sans doute très probable que vous n’y compreniez rien.
Oui, mais c’est l’amûûûûûûûr, voyez-vous. Celui qui vous tombe dessus sans que vous n’y soyez préparés. Vous comprenez ?

Le fait est que le soir même, sur la route, tandis qu’elle chevauche la jument la plus calme qu’on ait pu trouver, Khy se repasse inlassablement ses mots, à lui. Et ses doigts, inconsciemment, se portent à ses lèvres, alors que son regard se perd dans la crinière de sa monture. Ils ont quatorze ans, il est beau, il est blond, elle est brune & pas spécialement jolie, car encore tellement garçon manqué. Mais c'est ça, l’amour. Et c’est beau.

Elle ne se rend pas compte que sa jument s’affole, ni du regard inquiet que Nashia, à ses côtés, lance sur les ombres du chemin. En fait, elle ne se rend compte de la catastrophe qui leur arrive dessus que lorsque sa jument pas si calme que ça manque de la désarçonner.


- Non mais tu vas pas bien, non ! J’t’ai rien fait, pardieu, pour une fois que…
Non de non…


Et l’amour est mis de côté pour faire face au danger. Une armée. Oui, une armée, qui leur fonce dessus.
Un instant, elle a envie de leur crier quelque chose du genre « attaquez pas, on est amis ! », mais la réplique, un peu puérile, ne franchit pas ses lèvres. Ile ne s’arrêteront pas. Ils vont leur foncer dessus, & les écrabouiller. Les mettre en pièce. Les décimer. Les…

    Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
    Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
    Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
    Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

Et Nashia, elle va encore se retrouver en plein milieu.
Il ne lui faut pas longtemps pour faire un choix & tirer son épée du fourreau. Elle est prête à se battre, & à protéger Nashia. A se battre pour Nashia. Du moment que Nashia n’est pas dans les parages.
La lune se reflète une seconde dans l’éclat de sa lame, & celle-ci s’enfonce dans l’arrière d’une Tacita suffisamment énervée comme ça, qui comprend le message & fait un demi-tour parfait pour fuir proprement la bataille, emportant du même coup une naine éberluée.

Et Khy, un sourire narquois au coin de ses lèvres, a tout juste le temps de descendre de sa jument affolée que la raclée – pardon, le combat – commence.
Elle les battra au sol. Elle les battra tous. Et les cris de ses compagnons prouvent seulement qu’elle est plus forte qu’eux.

    La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
    Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
    Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Et c’est pour ça qu’elle va les aider. Qu’elle laisse son bras droit à découvert. Pour qu’ils s’acharnent sur son seul membre non protégé. Et c’est pour ça qu’elle tombe. Pour prendre une lame, en pleine poitrine, à la place de Ripouf. Comme quoi, si elle n’aime pas les blonds, elle ne les laisserait toutefois pas crever.
Et c’est comme ça qu’elle sombre. En se souvenant de la saveur d’un baiser défendu.

    Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
    Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
    Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

    Pierre de Marbeuf.


07-11-2011 04:05 : Votre arme a été détruite.
07-11-2011 04:05 : Kalimereth vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
07-11-2011 04:05 : Davor vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
07-11-2011 04:05 : Zephyrin vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
07-11-2011 04:05 : Zephyrin vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
07-11-2011 04:05 : Jilano vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
07-11-2011 04:05 : Bmza vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
07-11-2011 04:05 : Maleus vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
07-11-2011 04:05 : Kal. vous a porté un coup d'épée. Vous êtes mort au combat.
07-11-2011 04:05 : Vous avez engagé le combat contre l'armée "Venetario vel Nex!" dirigée par Garzimlebo.

_________________
Nashia
On avait pas dit qu'on était amis ?

[Sur la route de Tours...]

Ce voyage devait se faire sans risque. Tours était prise, les armées royalistes décimées, les routes sécurisées. Il lui avait demandé d’aller sur Tours. Et que n’aurait elle pas fait pour les beaux yeux du Duc ?
Tuer sa fille ou attaquer la Savoy peut être. Mais ça, à qui ça viendrait à l’esprit hein ? Qui aurait l’idée saugrenue de demander à la naine d’attaquer son propre duché ? Personne, ou alors il faudrait être suicidaire…
Tout cela pour dire, que la Naine savoyarde avait prévenue sa petite troupe d’un voyage qui lui semblait des plus faciles et des moins risqués. Se permettant même quelque touche d’humour dans ses missives… Le départ avait été fait dans la bonne humeur, voir presque dans la joie. Du moins pour Pettinengo, qui n’était pas mécontente de sortir de Loches, le maire y était devenu très désagréable dès qu’il avait apprit ses convictions politique. Il avait même osé salir une de ses plus belles capes en la sortant de Taverne. Et puis Khy devenait insupportable à gémir et à se plaindre de l’inactivité. Quoi que depuis qu’elle L’avait croisé elle passait son temps dans des rêveries qui angoissait bien plus sa tutrice que ses longs soupires et ses bouderies a répétitions…

Dieu si elle avait sut ! Si elle avait sut que ce voyage ne serait pas aussi peu actif que celui qu’elle préparait ! Dieu aurait elle put simplement imaginer ce qui allait se passer ? On avait prévenue chaque armée de leur venue. Aucun ne pouvait voir ne devait ignorer qu’ils arrivaient ! Et pourtant… Ca c’était passé si vite…

Nashia guettait l’horizon, hissée sur sa jument alzan de race franche montagne, fidèle monture de la Dame, nerveuse et réceptive à souhait, peut être un peu trop, car bien souvent incontrôlable par sa cavalière, dont la cicatrice à l'épaule témoignait des nombreux combat en compagnie de sa cavalière… De là haut la noble naine pouvait déjà apercevoir les murailles de Tours et les étendards des armées. Surtout d’une d’ailleurs qui semblait vouloir les accueillir… Et c’était bien la le problème ! Pourquoi ce capitaine envoyait il autant d’homme ? Pourquoi ces bruits… Cette vitesse ! Cliquetis de métal, Nashia lève son bras protégé par sa brigandine. Il faudrait qu'elle songe a remercier Suson de l'avoir forcé à la mettre. L’ordre est clair tous s’arrête… La visière qui protège le noble faciès est relevée afin que les azurs puissent étudier la situation. L’armée les charges, et le combat sera inévitable… On discutera après avoir tapé une fois de plus…
Alors que la Pettinengo porte la main a son épée en lâchant un juron typiquement Nashiesque L’armée n’est plus qu’a quelque mètre, pas la peine de se présenter, ils ne viennent pas pour prendre le thé...



Bordel de Non d’un Bouc sans Cornes ! Ils nous attaquent !
AUX AR…



Les éperons qu’elle enfonce dans les flancs de sa jument pour la faire prendre le galop combiner au coup porter par sa pupille donne un résultat surprenant: Tacita se dresse, Nashia se retient comme elle peut, se cogne le front a son heaume et à moitié assommée tombe tout simplement sur l’encolure d’une Tacita qui s’en va loin des combats où sa folle cavalière voulait l’emmener… Crinière aux vents, renes longues, naine toute de fer vêtue sur son dos, la croupe ensanglantée…

_________________
--L_alix.
Elle était restée en arrière tout le long du combat.
Elle reste toujours en arrière, Alix, de toute façon. Sa maîtresse fonce tête baissée, tandis qu'elle suit, de loin, un peu comme un esclave, & tente maladroitement de panser les blessures. Heureusement qu'on lui a enseigné l'art des plantes, il fut un temps, car sans ça, elle ne serait utile à rien. Les blessures de l'âme sont bien trop délicates.
Elle était donc restée en arrière, observant, frissonnant, sursautant, se retenant de hurler. Elle récupérerait Khy à la fin du combat. Car si elle aussi été blessée, comment pourrait-elle ramener sa jeune maîtresse à Loches ?
Alors, lorsqu'ils partirent, laissant là les mourants, les pensant surement morts, ou presque, Alix s'approcha, prit Khy dans ses bras, & la porta jusqu'à la jument laissée à l'abandon. Elle était si légère, sa jeune maîtresse, si frêle, si maigre, si... morte. Alix grimpa sur la monture, serrant Khy très fort contre elle, & fuit le lieu du drame, comme une voleuse.
D'autres étaient là pour s'occuper du reste de la troupe. Elle, n'était là que pour sauver Khy. Car après tout, si l'enfant mourrait, elle n'avait plus d'emploi. Et connaissant la dame de Pettinengo, elle n'avait plus de tête non plus.

C'est ainsi qu'on retrouve Alix, de larges cernes sous les yeux, assise tout près d'un lit, grattant un parchemin à la faible lueur d'une bougie. A ses côtés, un souffle rauque, hiératique, venu des tréfonds de la terre sans doute, lui fait souvent dresser l'oreille. Chaque changement dans la respiration du frêle corps dans la chambre - la meilleure de l'établissement, s'il en est - peut être signe d'amélioration.. ou au contraire. Et pour son plus grand malheur, à la pauvre dame de compagnie, la seconde proposition est trop souvent la bonne.


- N'essayez pas de parler, je vous prie... Votre tutrice ne va pas tarder.

La plume est abandonnée sur le vélin, formant une tâche d'encre noire contrastant avec la bassine remplie de tissus ensanglantés, donnant à l'eau une couleur carmine.

- Vous perdez déjà beaucoup de sang...

Avec un chiffon, elle tamponne délicatement le front perlé de sueur de l'adolescente, qui, loin de délirer, s'accroche avec acharnement à une vie qui lui a déjà prouvé qu'elle ne voulait pas d'elle. D'un autre chiffon encore, elle vient essuyer les gouttes de sang qui ourlent les lèvres tremblantes.

- Reposez-vous, vous faites déjà assez d'effort ainsi. J'ai envoyé les lettres que vous m'avez dicté. Nous verrons plus tard pour les autres. Vous aurez le temps d'y répondre, & de rassurer tout le monde, lorsque vous irez mieux.

Si vous allez mieux un jour, se retient-elle de dire. Elle sait bien que ses connaissances en médecine sont trop succinctes, cette fois, pour sauver la vie de sa jeune maîtresse. Car si elle avait pu sauver, plus ou moins, le bras de Khy lorsque ce roux infâme lui avait donné l'aspect d'un morceau de viande passé de quelques semaines, elle ne peut rien pour ce même bras, aujourd'hui. Il est si lacéré, que malgré l'avoir nettoyé, elle est incapable de dire s'il en manque un morceau ou non.

Mais bien plus que ce bras, c'est ce sifflement persistant dans la respiration de la jeune fille. Car elle est bien plus incapable encore de dire si la lame qui s'est enfoncée dans sa poitrine a touché le poumon ou non. Elle ne sait même pas si la lame a véritablement transpercé le corps de la fillette. Elle n'a pas osé la manipuler. Elle a peur de lui faire plus de mal encore.

Alors elle attend. Et elle veille. Jusqu'à ce que la Pettinengo vienne, & dise quoi faire.
Elle attend, oui. Elle veille.
Batti
[Un dimanche soir, bien au chaud]

-M'aimes-tu?

Ces paroles lui venait à la gorge, mais redescendait au fond de lui sans qu'il n'est pu les poser. Mais lorsqu'il réussit enfin à les placer entre deux conversations, ce fut autant un choc pour la jeune Khy que pour Batti. Lui, parce qu'il avait réussi à dire un mot, elle, par la question. Elle ne dit aucun non et aucun oui, seulement un ''& toi?''. Un regard, et elle comprit, en tout cas, c'est ce qu'il espérait.

[Un dimanche soir, bien au froid]

Il lui avait dit qu'il partait avant elle et le reste du groupe. Elle lui avait dit que c'était peut-être dangereux de partir sans arme et sans protection, mais ce serait beaucoup plus simple. Il n'avait donc pas besoin de traîner avec lui un surplus de poids, seul en plus, s'il rencontrait une armée, valait mieux courir que de se défendre contre 50, 100, voire 200 Ponantais fous!

La nuit était fraîche, très même. Batti s'en voulait de ne pas s'être apporter plus qu'une couverture pour se protéger du froid, et il n'avait pas de feu au cas ou. Il voulait continuer vers Tours sans arrêter. La lune éclairait chacun de ses pas, elle était belle, d'une blancheur extrême. Il pensa à Khy, l'aimait-elle vraiment? Probablement que oui, lui oui en tout cas. Il se souvint de sa première bagarre entre lui et elle, à peine 10 minutes s'eussent-ils rencontrer. Il sourit, seul, une fois de plus, il voulait seulement arriver à Tours afin de pouvoir la revoir bien au chaud.

Une voix au loin. Batti s'arrête net, regarda autour de lui, et vu quelques lumières au loin. Il était presque arrivé à Tours. Des voix d'hommes et de femmes s'entendaient dans la soirée malgré le froid et la noirceur. Batti ne mit pas une minute à comprendre que c'était une armée; Ponantaise surement étant puisque Tours avait tombé selon les dernières nouvelles venant du front. Il se jeta hors de la route et tomba dans un buisson. Il sortit de là péniblement, il continuerait par la forêt, mieux valait éviter les gardes et toutes armées Ponantaise.

Tours se dessinait au loin, l'immense cathédrale en vu avait ses hautes tours, et de la lumière même aux heures tardives. Passer par la forêt avait probablement était la meilleure idée qu'il eut du voyage, personne ne l'avait vu. Il entra dans la ville sans que personne ne le voit et alla à l'auberge la plus proche, et où il n'y aurait le moins de personnes possible. Le jeune les attendit, elle et son groupe, sa belle brune.Le temps passait, mais rien ne traversa le seuil de la porte du reste de la soirée. L'inquiétude commençait à le gagner, lui était-il arrivé malheur? Il ne le sut que le lendemain matin, il s'était endormi.

Un pigeon vint à lui, avec une lettre. Son estomac fit 3 tours, la crainte des mauvaises nouvelles le prit dès qu'il vit le petit pigeon trapu, au moins lui, il mangeait comparé à certaines familles pauvres de la capitale de Touraine. Il lut rapidement, c'était Alix, la servante-chaperonne de sa brune. Il fondit en larme, elle avait été blessé par une armée qui avait confondu le groupe entre ami et ennemi. La deuxième lettre qui y était [i]accompagné était brève, c'était une lettre de Khy. Elle avait eu la force de lui écrire; elle était en vie. Les larmes l'aveuglaient, mais il pouvait pleurer autant qu'il le voulait, il était seul dans la taverne aux petites heures du matin. Il lui écrivit aussitôt, voyant à peine ce qu'il inscrivait sur la petite feuille à cause des larmes.
[/i]
--L_alix.
- Il faut lui amputer le bras, c'est certain.
- Je suis d'accord, il faut lui amputer le bras.
- Ce n'est pas nécessaire, il suffit de...
- Si je vous dis que oui ! Je suis médicastre, enfin !
- Et moi aussi, vous croyez quoi !
- Ah ça, pas faux... M'enfin, à mon avis, il faut quand même lui amputer le bras.
- Si vous me l'amputez, je vous fais écarteler en place public... Après vous avoir arraché les ongles des pieds...
- ...
- ...
- Bien.. Je crois que c'est clair, non ? Ce n'est pas nécessaire.


La scène est pour le moins comique. La Pettinengo a finalement ordonné, dès son arrivée, que l'on convoque tous les médicastres disponibles à Loches. Alix a obéit, les a réunit, & les voilà, les trois, en pleine dispute pour savoir si oui ou non il était nécessaire de lui amputer le bras.
Mais la réponse est claire. C'est non.


- Bien, messeigneurs, je crois que vous pouvez vous en allez. Sauf vous messire...

D'une main, elle invite le seul qui soit contre l'amputation à la rejoindre sur le côté du lit. Les deux autres, visiblement vexés, prennent la porte en pestant que leur condition n'a plus, aujourd'hui, le respect qui doit lui revenir.
Ce n'est pas faux... On est chez les Pettinengo, ici !


- Alors, monseigneur... Qu'en pensez-vous ?
- Il est vrai que l'amputation serait plus simple... Mais pas non plus nécessaire. La cicatrisation sera plus longue, certes, & je ne suis pas sur qu'elle retrouve une mobilité dans son bras... Quoi que je n'étais pas non plus sur non plus qu'elle tienne le début de la semaine.
- J'entends...
- Je dis juste que vous avez une sacrée rage de vivre, mademoiselle...
- Et son poumon ?
- Pas besoin d'opérer... Aucun organe ne semble touché, un coup de chance d'ailleurs... Il va falloir du temps pour vous remettre, mais je suis persuadé qu'en prenant correctement les remèdes, vous allez vite être sur pieds... Je viendrais chaque jour vérifier vos plaies.


Il est à peine sorti que le nom d'Alix est murmuré, & que l'adolescente tente de se redresser.

- Aide-moi à me redresser... Et donne-moi de quoi écrire, & une planche...
- Mademoiselle, vous pouvez dicter...
- Alix...
- Bien, mademoiselle.


Léger soupir de la part de la dame de compagnie, avant de céder aux désirs de sa jeune maîtresse sans mot dire.
Finit l'espionnage, semble-t-il... La correspondance avec le jeune garçon ne passera plus entre ses mains.
C'est la Pettinengo, qui va râler.
Batti
[Un dimanche après-midi, peu avant de partir]

-Fais attention à toi, hein.

-Promis


Ces mots-là, il les avait lâché en étant sûr de lui. Il avait décidé de la rejoindre à Loches. Il en avait assez de Tours, mais également de la guerre qui sévissait depuis trop longtemps à présent. ''Mais qu'attendent-ils pour la diplomatie?'', se disait-il à chaque jours. Peut-être que s'il était resté à Loches, il ce serait foutu de cette guerre et ces négociations et des morts, mais là, il en faisait partit, de la guerre en tout cas, pour l'instant. Le jeune Batti avait déjà passé les armées Ponantaises in extremis dans le bois entre Loches et Tours. Malheureusement, il avait eu plus de chance que sa brune, sa belle, appelez-là comme vous voulez, il l'aime. Elle était maintenant en convalescence dans la petite ville, à une journée de marche de où il était... Si seulement il était resté à Loches au lieu de partir. Mais si elle avait passé? Il aurait été à Loches, mais pas elle. Le destin était triste ces temps-ci, beaucoup. Mais il était temps de partir, et tout le monde disait à Batti que c'était du suicide d'essayer de franchir les armées.

J'ai passé une fois, je passerai deux fois et, je veux la voir!

Je voulais laisse imaginer qui est le ''la''. Si seulement il avait écouté sa marraine, Grimoald, Hans. Il n'en serait pas là aujourd'hui... Mais là, vous ne savez pas où il en est aujourd'hui le pauvre Batti, je vous laisse imaginer la suite... ou pas

[On the road again]

Trêve dominical, la noirceur d'une nuit encore plus fraîche que lors de son arrivée à Tours il y a une semaine. Tout était de son côté pour qu'il puisse franchir les armées qui étaient entre les deux villes. C'était du suicide, mais il était borner à vouloir la rejoindre. Les mêmes bruits de soldats qu'il y a une semaine, mais une situation différente. Il avait bien beau passé encore par le bois, mais les armées avaient dû se rendre compte que Batti leur avait passé entre les doigts. Malgré les voix, il continuait, continuait, mais soudain:

Hé, que fais-tu ici?

Batti n'eut à peine le temps de relever la tête, qu'il repartait en direction opposé, Ses assaillants le poursuivaient. Mais soudain, ce légendaire froid, le froid d'une lame, le froid ironique d'une lame qui fût forgée au chaud. Mais là, c'était froid, et chaud maintenant lorsque Batti déposa sa main sur ses côtes. Leur douleur fût si intense qu'il s'évanouie...

Il avait été ramené à Tours. Il avait été retrouvé parmi les autres cadavres, probablement par quelques paysans qui cherchaient leur femme, mari, ou même enfant qui l'ont retrouvé encore et vie, par miracle. Il avait prononcé un nom, deux en faites: Khy et peu de temps après Semper Fi; sa brune et la taverne de sa marraine.
Khy
La journée a déjà bien mal commencé.
Réveillée aux aurores après une nuit passée à froisser les draps de son insomnie, la jeune fille est bien forcée d'ingurgiter cette multitude de remèdes qui lui laissent ce goût de bile sous la langue. Son bras, malgré les calmants, la fait plus souffrir plus que de raison, sans compter que respirer profondément relève d'un vrai défi.
C'est donc avec un grognement qu'elle accueille une Alix pourtant de bonne humeur.


- Dégage...

La servante ne répond pas, habituée à ce genre de bonjour plutôt décourageant. Elle s'active auprès de sa maîtresse, l'aidant à ôter les dernières marques sommeil & à l'habiller.
Et Khy de continuer de grogner, de pester, de repousser une Alix décidée à faire ce pour quoi elle est payée.


- Retire tes sales pattes de mon bras !
- Mademoiselle, veuillez vous tenir tranquille.
- Alix dégage, saint foutre !

Le pot de crème - à l'odeur nauséabonde, soit dit en passant - s'écrase au sol dans un bruit de verre brisé, accompagnant les paroles de la brunette. L'Alix soupire, se retient d'ajouter quelque chose, & prend la porte, apparemment dépitée.
Dans le couloir, on l'entendra dire à Suson qu'elle aurait préféré que sa maîtresse crève dans la bataille plutôt que de devoir supporter une convalescente aussi mal lunée.
Khy, elle, pose un pied au sol, fermant les yeux & retenant son souffle pour se mettre dehors. Il faut qu'elle marche, qu'elle sorte, tant l’exiguïté de la chambre la révulse.
Trois petits pas, hésitants, suivis d'autres plus engagés jusqu'à la porte. Elle récupère sa cape, posée sur une commode, & entrouvre la porte qui grince sur ses gonds.


- Personne...

L'aubaine est trop bonne, & la fugueuse s'empresse de traverser le couloir, de descendre les escaliers en rasant les murs & de sortir en claquant la porte. Dehors, elle est dehors !
Un rayon de soleil éclaire son visage blanchâtre, dessinant un sourire imperceptible.

Elle ne reste pas longtemps cependant, la fatigue s'installant déjà. Sur la place du marché, animée malgré la guerre qui sévit en dehors des remparts, elle trouve un banc qu'elle ne tarde pas à s'accaparer.
Aujourd'hui, son blond viendra. Elle n'en doute pas une seule seconde.


[Quelques heures plus tard]

Il ne vient pas, elle est forcée d'en constater. Il ne vient pas, surement qu'il l'a oublié, qu'il en a trouvé une autre, qu'il ne l'aime plus, ou bien qu'il a décidé de rester à Tours pour... Pour quelque chose qui la dépasse.
Non, il ne viendra pas.
Elle met du temps à s'apercevoir qu'un pigeon s'applique à piquer du bec sa jambe maigre. Lasse, sa senestre se contente de retirer la missive qu'il porte à la patte, & de la dérouler pour simplement regarder l'auteur du message.
Auteur qui lui est inconnu.
Quoi que cette petite courbe, là...
La missive est soudain dévorée des yeux, à l'instant même où elle se rend compte de sa méprise.
Ce n'est pas une bonne nouvelle, à en juger de la blancheur de sa peau.

Comment croire qu'un monde puisse s'effondrer aussi facilement, en quelques lignes jetées sur un vélin de mauvaise qualité. Comment croire que tant d'espérances puissent être foulées au pied par une seule personne. Comment expliquer qu'un coup de foudre ait pu prendre une telle importance dans sa misérable vie. Elle ne voulait pas aimer. Mais vous savez, cette chose dégoulinante, ça vous tombe sur le coin de la gueule sans que vous n'ayez pu faire un pas pour l'éviter. Quand vous êtes dedans, il n'y a plus qu'à supporter ce poids qui vous fait tituber à chaque remise en question de votre amour pour lui. C'est ce qu'elle expliquera à ses enfants, dans quelques années, si elle en a.

En attendant, elle restera quelques heures encore, à fixer, immobile, le parchemin froissée. Jusqu'à qu'on vienne la chercher. Jusqu'à ce qu'elle n'y croit plus.
Décidément, la journée a bien mal commencé.

_________________
Batti
Oui il n'était pas passé, il ne s'était pas rendu à Loches, là où elle l'attendait impatient. Cependant, son impatience à lui, lui avait presque coûté la vie. Il allai mieux maintenant, ce n'était pas quelques Ponantais qui viendraient à bout du grand Battistu Corsu. Mais la vie à Tours était... comment dire? Chiante serait le mot exact et familier pour expliquer la situation actuelle du jeune. Dire que s'il n'avait pas été aussi impatient, il serait en route vers son chez lui, avec Khy.

Mais une chose l'avait sauvé de ses après-midis froides, seul dans sa chambre de l'auberge de sa marraine; les lettres. Il remerciait le ciel que son père ait voulu qu'il soit éduqué avec les moines pour lui apprendre l'écriture ainsi que la lecture. Une lettre par jours, c'était ce qu'il envoyait à Khy. Quant à lui, il en recevait 2 par semaine environ, mais il comprenait très bien la situation de Khy qui sortait de l'ordinaire pour la jeunesse de nos jours.

La première semaine était terminée, il n'en restait plus qu'une, 7 jours, 7 lettres. Il avait si hâte que tout cela finisse et qu'il rentre à Loches, à Loches, ce sera sa petite paix à lui. Il fera sa petite vie à lui avec Khy.
Khy
Des lettres de différents expéditeurs s'empilent, & les réponses attendront.
Elles attendront que la brunette digère les questions directes, les remises en questions, les questions rhétoriques, enfin, tout un tas de trucs relatifs aux questions uniquement battistiennes.
Parce que oui, ses question, à Lui, méritent qu'on fasse patienter les questions des autres.
Elle en a même brisé trois pots de poudre, & deux vases en porcelaine auxquels Nashia semblait tenir. Mais les absents ont toujours tort, n'est-ce pas ? Et depuis que la Pettinengo est partie on-ne-sait-où accomplir une mission "de la plus haute importance", c'est Khy qui décide. Et si elle veut casser, elle casse. Et si elle veut renvoyer tous les serviteurs, & le monstre qui lui sert de garde du corps, elle les renvoie.
Mais si elle veut sortir prendre l'air, là, étrangement, ça prend une tournure délicate.

Alors en plus de casser la porcelaine sous prétexte que Batti est trop entreprenant, & trop blond, & tout un tas de choses, elle déchire les vêtements, les met en pièce jusqu'à ce qu'Alix n'ai plus rien à se mettre, & qu'elle non plus, par la même occasion, tout ça pour qu'on la laisse sortir.
Bah oui, parce que si elle n'a plus rien à se mettre, il faut bien racheter des vêtements. Et tout le monde sait que les goûts khykhynesques en matière de fringues sont pour le moins particuliers, & absolument non négociables, sous risque de se retrouver avec une tête en moins. Ou deux. Ou trois.


- Alix !
- Mademoiselle...
- On sort !
- Mademoiselle, vous n'avez pas l'autorisa..
- J't'en foutrai, des autorisations, j'ai rien à me mettre, on sort acheter des robes.

Regard noir en direction de l'espèce de brute épaisse qui garde la porte.
- T'as un soucis, gros tas ? J'vais acheter des robes, oui, & p't'être que j't'achèterai un cerveau, par la même occasion. Quoi que non, tu saurais pas t'en servir, ce serait de l'argent jeté par les fenêtres.
Il grogne, elle lui tire la langue, lui passe devant en prenant soin de lui marcher sur le pied - il ne sent rien, mais c'est si bon d'y croire -, & enfilant la seule cape épargnée par ses crises de rage, claque la porte, flanquée d'une Alix désespérée.

Car oui, Khy est de très mauvais poil depuis que Batti a osé -le malotru !- lui poser une question concernant ses parents. Elle a répondu, pourtant, évitant soigneusement de répondre directement à la question, lui envoyant une lettre bien tournée, & pas méchante pour un poil.
Mais une fois le pigeon envolé, c'est Alix qui a trinqué.


- Mais pour qui il se prend, c'glandu ? J'lui demande, moi, comment s’appelaient les puces de son clébard ? Hein ? ALIX J'TE PARLE, non d'un bouc sans cornes ! Ah le bougre ! Le goujat ! Le bouffon ! Le malfrat ! J'VAIS M'LE FAIRE EN P'TITS MORCEAUX ! Rhhhhhhhhaaaaaa !

Donc après avoir saccagé ce qui reste de sa chambre, l'insupportable adolescente a décidé de sortir s'acheter des vêtements.
Et le lendemain, elle a fait la même chose. Idem le surlendemain. Et rebelote le dimanche. Bon, après avoir été à la messe, tout de même.


- Il n'a toujours pas répondu, Alix ?
- Non, mademoiselle, vous seriez la première au courant.

Le tissu se déchire lentement sous la senestre habile & visiblement très agacée, & sous les yeux horrifiée de la commerçante. Bah oui, parce qu'en plus de lui poser une telle question, il se faisait silencieux, le bougre. Et il ne répondait pas. Deux lettres de retard.
- DEUX LETTRES DE RETARD, ALIX ! Tu m'entends ? DEUX ! Tous les jours, il doit m'écrire, TOUS LES...

La brunette n'a pas décoléré, mais sa senestre sur sa poitrine & le sifflement qui en émane montre à quel point elle n'est pas rétablie.
D'un regard noir, elle intime l'ordre à Alix de la ramener à l'auberge, & tant pis pour les robes. Elle en commandera aux DO.
Quand elle sera à nouveau en état de sortir du lit !

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Batti
[La veille du retour]

-Je vais enfin la revoir Taya


Elle devait être tannée de toujours l'entendre parler de Khy, surtout qu'elle ne l'avait jamais vue. En faites, personne ne l'a jamais vu, mais tout le monde en a entendu parler. Mais demain, tout le monde la connaîtra, et Batti avait si hâte de la présenter à sa marraine, sa soeur, son père, Hans, Grim et j'en passe. Khy elle-même sera étonnée le jour de leurs retrouvailles qu'autant de personne la connaisse. Et ce jour-là fût étrange, colérique et triste à la fois pour le jeune Battistu.

[À Loches]

Ils arrivèrent tôt le matin dans la petite ville de Loches, lui, Tayabrina et son mari; Hans. Tout allait pour le mieux; il rentrait chez lui et, retrouverait son monde à lui, son champ et tout ce qu'il espérait revoir un jour. Espérer? Oui, Battistu avait eu peur de mourir. Peur de se retrouver dans un combat dans la capital, la peur de ne pas pouvoir manger, la peur d'une incertitude du lendemain. Mais il avait braver toutes ces épreuves. Et ce fût l'espoir de retrouver Khy un jour qui lui donnait courage.
Le matin, il dormit, et ne réveilla qu'en pleins milieu de l'après-midi. Il ne perdit pas de temps pour mettre ses bottes et courir en direction d'une taverne retrouvé Khy, puis il l'a trouva...

Ce ne fût pas ce qu'il espérait. Il croyait qu'elle allait lui sauté dans les bras, l'embrasser, mais non, rien de tout ça. Un simple regard, et il comprit qu'elle lui en voulait, de quoi? Après 3 heures d'explications, de regards noirs, de chicane, elle partit. Puis, elle revint, différente cette fois, comme si elle ne se souvenait plus de l'après-midi. Et en fin de soirée, tard dans la nuit, ils s'embrassèrent, 3 fois pour être exact.
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