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[RP-Archives-Oct] « Je ne me souviens que d'un mur immense »

Desiree.
Non !

Dans un demi sommeil, la blonde s’est jetée dans un mouvement réflexe vers le couffin d’osier reposant près d’elle sur le lit. Quand des ombres entrent en silence dans votre chambre et que vous êtes hantée depuis des semaines par l’idée de le perdre, votre première pensée va à votre enfant.
Reconnaissant les entrants, elle inspire une brusque goulée d’air et repousse du plat de la main les mèches pâles or de ses yeux, dans un geste très enfantin. Avant de prendre contre elle l’enfant réveillé par son brusque mouvement et son cri.
Le petit corps lové contre elle, elle reprend une contenance. Enfin. Et écoute, le palpitant emballé, les brèves déclarations des deux protecteurs de la brunette.

Eux trois ou rien. Elle se mord la lèvre la blondine, et redresse ses genoux, dégageant de la place sur son grand lit. Le bébé adossé à ses jambes pliées, elle relève les yeux, et déclare sèchement :


Asseyez vous.

Visage penché vers l’enfant, elle ajoute d’un ton plus doux :

Enfin… Si vous voulez.

Elle ne releva pas le nez. De pâle comme la mort, ses joues la cuisaient de honte quand elle murmura enfin :

Je n’ai pas assez d’argent pour quatre personnes. Je pouvais payer le loyer et nourrir Emilla, le temps de me refaire une clientèle, avec ce que j’avais prévu.

Les perles grises se relèvent enfin et se posent sur Rouquine.

Et l’on ne risquait presque rien. Le Duc de - le nom fut chuchoté d’un ton encore plus bas, comme un secret jalousement gardé, alors que chacun ici savait qui était le client attitré de qui -n’aurait pas apprécié de voir sa maitresse favorite abimée.
J’avais prévu de disposer d’un petit appartement et d’un boudoir pour recevoir mes invités. Emilla serait resté avec mon fils pendant ce temps. Il aurait été en sécurité avec elle, et elle n’aurait pas à approcher les hommes. Sortir d'ici n'est pas un problème. Les portes ne sont pas gardées quand tout le monde dort.
Mais de toutes façons je n’ai pas assez d’argent pour quatre.


La dernière phrase mourut sitôt achevée. Elle n’osait pas relever les yeux. S’ils décidaient d’aller la dénoncer à la Rouge, elle se verrait privé de son fils dans l’heure. Autant se préparer à partir tout de suite.
Elle réfléchissait déjà à ce qu’elle aurait le temps de saisir avant de courir seule dans les rues de Paris, son enfançon sur le bras. Elle aurait peut être le temps d’aller le confier aux habitants de la Pourpre avant de se faire reprendre…

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© Victoria Frances et Andy Fairhurst, création Atelier des doigts d'Or.
Le.jules
...Jules veut me suivre pour me protéger si je pars. On est venu te voir parce que toi tu as toujours des idées.

ll avait suivi Emilla dans la chambre de rouquine, encore sous le choc de la décision qu'il avait prise. Etait-ce vraiment une décision, d'ailleurs...? Un coup de tête, plutôt. Pas son genre... Mais ces deux là étaient ce qu'il avait de plus ressemblant à une famille, et maintenant qu'il y avait goûté...

Il observa la Rouquine, son regard tendre posé sur sa soeur, ses yeux inquiets, sa respiration légèrement saccadée alors qu'elle se creusait visiblement la cervelle.


On va voir Désirée.

Et le manège reprit. La file indienne rallongée d'une tête flamboyante se dirigea vers la chambre de la jeune mère. Jules, pour la première fois depuis qu'il avait posé ses yeux sur le regard hautain de la catin aux cheveux pâles, sentit son coeur se serrer pour elle en la voyant se jeter sur l'enfançon comme si sa vie en dépendait. Au moins maintenant, était-il certain qu'il n'y avait pas anguille sous roche, et que le projet de Désirée était sincère.

L'aplomb de la petite rousse l'impressionna. Elle si souriante et si avenante, chaleureuse dans ses gestes, sa voix, son regard, semblait transformée en mère louve, grognant devant le danger. L'ironie était presque amusante : deux femmes face à face, toutes deux avec le même but : protéger leur famille. Et sans savoir si sa motivation était exactement la même, ou s'il tombait encore dans ce vieux travers de vouloir protéger tout et tout le monde, il s'entendit réaffirmer sa décision.


Asseyez vous.

La Rouquine choisit un siège, mais Jules resta debout, attirant à lui le corps d'Emilla. Que devait-elle ressentir de les entendre ainsi négocier son avenir devant elle...? Il lui jeta un regard qu'il voulait rassurant. Tu vois, on s'occupe de toi....

Lorsqu'il releva les yeux sur Désirée, le rouge lui était monté aux joues. Sourcils froncé, il écouta avec attention ce qu'elle disait, notant le ton de la voix, le langage de son corps.


Je n’ai pas assez d’argent pour quatre personnes. Je pouvais payer le loyer et nourrir Emilla, le temps de me refaire une clientèle, avec ce que j’avais prévu.

Ainsi elle y songeait sérieusement, et depuis quelques temps. Regard rapide échangé avec la Rousse.

Et l’on ne risquait presque rien... ...(...) ... sa maitresse favorite abimée.

Les yeux plissés, il écoutait sans mot dire, pour le moment. Mais n'en pensait pas moins. Que le duc de machin chose ne veuille pas voir sa favorite abimée, soit, mais il se ficherait bien que la nounou soit malmenée. Serrant Emilla contre lui avec une possessivité dont il n'avait pas conscience, il écouta la suite, le petit appartement, les portes sans gardes...

Mais de toutes façons je n’ai pas assez d’argent pour quatre.

Je travaillerai. J'ai des clientes maintenant.

Il ne demandait pas l'aumône, après tout. Nouveau regard à la Rousse, qui hocha immédiatemment la tête et lui rendit, comme souvent, le service d'élaborer les pensées qu'il avait du mal à exprimer. Il faillit sourire. Elle avait pris l'habitude de lui répéter ce qu'il disait, pour être sûre d'avoir compris, disait-elle. De deux mots elle savait faire millle phrases, la gentille pipelette.

Evidemment, qu'on bosserait, Désirée. On ne te demande pas de nous nourrir. Juste de vivre avec Emilla. Avec vous.

Il regarda la jeune fille se pencher en avant, accoudée sur ses genoux, le regard bleu roy planté dans ceux de sa collègue, et poursuivre, toujours à voix basse.

J'ai du succès, presque autant que toi. Jules est la coqueluche de ces dames. On t'aiderait à payer le loyer. Faudrait juste prévoir un peu plus grand. Ton Duc pourrait nous envoyer ses amis...

Mais ton Duc ne sera pas là pour faire cracher les mauvais payeurs. Ou calmer les clients trop violents. Moi, si.

L'idée était de plus en plus plaisante... Vivre sans maquerelle. Décider de ses allées et venues. Ne pas voir Emilla monter avec des hommes. Oui, de plus en plus tentante... Le regard de Jules passa tour à tour sur les trois femmes, pour s'arrêter sur Désirée. Alors...?
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Retrouvez Jules au Boudoir des Sens.
Desiree.
Elle se tait à son tour quand ils parlent. Elle s’arrange pour offrir à son fils un visage calme et souriant alors que dans sa tête les idées se bousculent, que dans sa poitrine son cœur est compressé.
Lentement, les mots font sens. La peur s’estompe un instant et dans les brumes d’angoisse, l’idée.
Elle relève le nez, et les dévisage, tour à tour.
Est-ce qu’ils se rendent seulement compte de l’idée qu’ils viennent d’avoir ?

La voix hésite, s’étrangle, meurt avant d’avoir osé le premier mot. Et soudain, un souffle


Comme un bordel… Mais libres ?

Le dernier mot est à peine audible tant il parait incongru. Presque indécent, au cœur du bordel le mieux gardé de Paris.

Elle secoue la tête. Il faut se reprendre. Il faut avancer. Vite, avant que le jour ne soit levé et que la petite assemblée ne se fasse remarquer.
La voix s’affermit :


Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous proposez ? Un… Un autre endroit… Pour nous ?

Respire, Désirée, réfléchis*. Un autre endroit pour eux. Possible ? Possible. Mais pas certain.

Même à nous tous, on n’aura pas assez d’argent. Je peux en trouver. Mais il faudra rembourser pour être vraiment… Vraiment… Indépendants.Le mot peine encore à franchir ses lèvres. Mais lentement, l’idée se forme dans son esprit. Je pense que je peux trouver à emprunter. Chez plusieurs personnes. Et toi ?

Si Rouquine pouvait apporter des fonds aussi, l’entreprise serait peut être viable. S’ils travaillaient tous d’arrache pied, s’ils acceptaient tous les clients…

Le regard dévia brusquement vers Jules, inflexible :


Et si un client demande un homme ?
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*© ljd Rouquine
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© Victoria Frances et Andy Fairhurst, création Atelier des doigts d'Or.
--Marceau


Non il n'arrivait pas à dormir. Il pensait que la vie ici serait mieux qu'avec son ancienne maquerelle, mais vu ce que lui laissait la rouge il ne pourrait pas rembourser la vieille Claudie assez vite. Aussi il ruminait dans son lit. Rageur il poussa la couverture du lit maintes fois arpenté cette nuit. Des clientes il en avait eu, des clients aussi, mais au final il gagnait moins qu'en province. Qu'elle idée il avait eu de venir à Paris. Finalement il décida d'aller prendre un verre, l'alcool l'aiderait sans doute à venir à bout de son insomnie.

Qu'est ce que ... trois personnes à pas feutré qui entre dans la chambre d'une des pensionnaire. Louche tout ça ... Le Marceau pourtant peut enclin aux commérages suit le dit groupe par curiosité, il ne le sait pas encore mais cette décision va changer sa vie. Il écoute le blond, il se dit qu'il pourra négocier cette info auprès de la Rouge contre plus d'argent. Bizarrement cela sonne faux à son oreille, il sait qu'il n'aura jamais plus, il sait qu'il crèvera ici s'il veut rembourser la Claudie. Il sait que son indépendance est fichu ... sauf si ...

Les mignons, c'était ça son avantage, sa botte secrète. Ils pourrait s'occuper des hommes lui ça ne le dérangeait pas il avait l'habitude et là il aurait vraiment la somme pour rembourser, il aurait sa liberté, il aurait enfin ce pour quoi il était monté à Paris. La vie qu'il avait décidé d'avoir. Leur projet lui plaisait, lui même avait peu d'économie mais il avait une idée où trouver de l'argent. Le bureau de la Rouge. Après tout elle leur en prenait plus que son dû ! Il s'en chargerait plus tard. Pour le moment il fallait se faire accepter dans la bande. Aussi il recula d'un pas pour frapper à la porte quand le plancher grinça.

Oups ...
Rouquine
Totalement absorbée dans la contemplation de son nouveau né, ou du moins semble-t-il, la favorite de la Rose Noire relève pourtant la tête au bout d'un moment.

Elle semble avoir du mal à articuler une réponse, et la jeune rousse arque un sourcil, penchée plus en avant encore pour saisir le dernier mot, au risque de s'affaler.


Comme un bordel… Mais libres ?

Surprise. Clignement d'yeux. Ah, oui, elle n'y avait même pas songé, étant libre elle-même... Lentement, elle hoche la tête, comme si répondre trop vivement pouvait faire peur à Désirée. Jamais elle ne l'a vue si... fragile. Mais bientot la voix redevient claire. Quand on est catin on ne se laisse jamais aller longtemps à la faiblesse.

Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous proposez ? Un… Un autre endroit… Pour nous ?

Ben... ouais.

Même à nous tous, on n’aura pas assez d’argent. Je peux en trouver. Mais il faudra rembourser pour être vraiment… Vraiment… Indépendants. Je pense que je peux trouver à emprunter. Chez plusieurs personnes. Et toi ?

Mes clients réguliers sont plutot en province. Je doute que financer un bordel sur Paris les intéresse, mais ... en emprunt personnel... comme faveur... ça se tente, oui.

Et si un client demande un homme ?

Alors que son regard suit celui de Désirée, une tension s'immisce dans son dos, ses membres. Tout le monde sait pourtant que Jules ne se laisse pas approcher par les hommes... A quoi joue-t-elle ?
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Rouquine sévit au Boudoir des Sens.
Le.jules
Ca allait vite. Trop vite. D'un coup voilà qu'au lieu de s'associer, ils fondaient un bordel.... Et, fidèle à l'image qu'il se faisait d'elle, en digne élève de la Rouge, femme d'affaires intraitable en devenir, la blondine ne voyait déjà que ce qu'il manquait à son "offre", sans passer par la case " je me réjouis d'ajouter un homme à mon panel"...

Non.

Le ton était sans appel. Coup d'oeil à nouveau à la rouquine... Mais cette fois elle ne l'aiderait pas. Il allait devoir élaborer.

Avant qu'on entre, tu n'avais pas d'homme à vendre du tout. Tu n'y pensais même pas.

Raide comme un "i", sur la défensive, le soldat la toisait, regard sombre lançant des éclairs.

La Rouge ne me le demande pas. Toi non plus.

Fallait pas pousser non plus. Si être libre, c'était commettre une ignominie que prisonnier, on ne lui demandait pas, alors il préférait rester prisonnier, et même son attachement à Emilla ne ferait pas le poids contre ça. Mais alors qu'il soutenait le regard gris de la catin, un craquement dans son dos, lui fit dresser l'oreille. Vif comme le soldat qu'il fut jadis, Jules lâcha Emilla, la poussa à l'abri, et ouvrit la porte d'un coup sec, sa main libre attrappant l'intrus par le col.

Une fois la forme humaine dans la piece, il reconnut le dernier ajout à la Rose. Marceau le blondinet. Elle n'avait qu'à lui proposer, à lui, le rôle de fille ! Comme chaque fois qu'un collègue le protégait des attentions masculines en montant avec eux, Jules avait plutot de la sympathie pour le garçon. Mais l'heure était au danger, et au secret. Il fallait découvrir dans quel camp il etait. La main au col le tenant toujours, juste au cas où il lui prenne l'envie de filer prévenir la Rouge, Jules posa la question sans plus de détour.


Qu'as-tu entendu, Marceau ?
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Retrouvez Jules au Boudoir des Sens.
Desiree.
Elle sourirait presque, amusée de le voir autant sur la défensive. Il avait mal interprété son regard, angoissé qu’il était à l’idée d’offrir son derrière aux jouisseurs de la pire espèce.
Elle repoussa une mèche blonde qui barrait sa joue et murmura, d’un air sérieux où pourtant chantait une pointe d’amusement :


Je ne te demande pas de donner ton cul à la cause, Jules, mais d’apporter des solutions.

Une petite pause, un sourire, et vite, reprendre, aussi bien pour lui que pour Rouquine ou Emilla :

Si on dois être une équipe, autant tout faire pour que tout fonctionne, et absolument tout. La moindre défaillance pourrait nous être fatale.

Au sens propre.
Un craquement. Et tout va trop vite pour qu’elle réalise. L’angoisse la saisit à nouveau et le corps de l’enfant ramené contre le sien. On ne le lui prendra pas ! Jamais !
Elle cligna un instant des yeux.
Marceau.
Marceau, maintenu par Jules.

Le soldat marquait un point. LUI, il pourrait les défendre. Au soldat, la force. A Rouquine et elle, la gestion des emprunts à réaliser. Ils pouvaient y arriver. Ils pouvaient le faire. Mais…
Son regard se pose sur Marceau. Lui, il pouvait tout faire capoter. Et les condamner à mort.
Elle frémit, attendant qu’il parle.

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© Victoria Frances et Andy Fairhurst, création Atelier des doigts d'Or.
--Marceau


La porte s'ouvre ... quoi déjà ?
Là, il est attrapé par le col de la poigne puissante du soldat et jeter dans la pièce sans ménagement et sans avoir pu dire un mot.
Il jeta un regard rapide autour de lui et se rendit bien compte que l'humour n'allait pas l'aider prestement.
Aussi il préféra se contenter de la vérité. Il essaya de reprendre contenance, pas facile quand il y a une paluche pour vous garder au chaud. Mais, laconique, il répondit ...


Tout.

Je sais que vous voulez partir.
Je sais que vous voulez monter votre bordel.
Et surtout je sais que vous avez besoin de moi.


Regard vers Jules, soutient moi, moi aussi je veux me casser d'ici, et sans moi tu devra y passer ou perdre de la clientèle.
Aller, vous avez besoin de moi, pense y Jules. Il n'y a que moi pour te protéger des hommes. Ça en dit long un regard parfois.


Je peux apporter ma part de clientèle, les personnes cherchant la jeunesse d'un homme ou bien les hommes.
J'ai mes raisons tout à fait personnelles pour quitter ce lieu, sauf que seul je ne peux pas lui échapper.
Emilla
Rouquine a pris les choses en main. Elle les a entrainé chez Désirée et déjà des solutions se profilent comme à chaque fois qu'elle met son nez dans l'affaire avec cette simplicité, cette évidence et cette soif de vie qui caractérise la rousse. Alors Emilla se laisse guider, transporter. Jules est resté debout et l'a attirée contre lui. Tout naturellement, inconsciente que ce geste révèle une intimité trop personnelle, Emilla se blottit dans ses bras, perdue par tout ce qui arrive, le laissant nouer ses bras à sa taille, posant sa tête sur son épaule. Les masques tombent ce soir, elle est lasse de sa nuit, elle devrait à l'heure qu'il est dormir dans ses bras ou gémir sous son poids. Alors que ces dames s'interrogent, mais elle a besoin de la chaleur rassurante de son corps, instant de sécurité devenu routinier dans sa vie. Quoiqu'il advienne, elle savait finir sa nuit entre ses bras rassurants.

Alors elle écoute, petit caméléon discret. Elle en a fait et dit tellement plus déjà en une nuit que sa nature la pousse à se dévoiler les autres. Elle rend les rênes, et laissent aux plus aguerris la direction des choses. Roxanne restera avec elle, Jules la serre contre lui, tout va bien.

Craquement... La pièce tourne autour d'elle et la voici à l'abri d'un fauteuil tandis que Jules attrape le voyeur. Décidément cet homme à l'art de lui faire tourner la tête!* Emilla observe le nouveau venu. Qu'en penser? Elle ne sait pas, mais s'il devient la cause d'un danger pour les siens, elle se battra. Discrètement, la main de la jouvencelle glisse sur la desserte près d'elle et se saisit d'un pic à chignon... Le petit caméléon écoute avec circonspection les phrases du blond, restant à l'abri derrière la carrure de son soldat.





* Merci à Piaf!

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Le.jules
Je ne te demande pas de donner ton cul à la cause, Jules, mais d’apporter des solutions.

Les mots par trop évocateurs et le ton légèrement amusé lui avaient fait plisser les yeux et prendre l'air mauvais. "A d'autres" avait il songé, "si tun' avais voulu qu'une solution ce n'est pas qu'à moi que tu aurais posé la question, mais à la cantonnade...."

Mais à présent, la solution éventuelle se tenait au bout de son bras, maintenu fortement par le col, et ne se débattait pas, au contraire.


Tout.

Un mot, un seul, et Jule relâchait son emprise. Le fait même que son collègue ne cherche pas à mentir lui inspirait, sinon de la confiance, au moins l'assurance qu'il n'était pas le genre d'homme à chercher la fuite.

Je sais que vous voulez partir.
Je sais que vous voulez monter votre bordel.
Et surtout je sais que vous avez besoin de moi.


Derrière les paroles arrogantes, le regard du jeune blond était sans équivoque. Braqué sur lui. Aussi n'entendit-il pas "vous", mais "tu". TU as besoin de moi, Jules. Et c'était vrai, s'il voulait échapper aux offres, aux sous entendus ou à la pression de la blonde qui s'amusait de son dégout des ébats contre nature. Le blondinet continuait son laïus à présent, argumentant habilement pour obtenir gain de cause. Le danger était maintenant dans le refus. Décu, Marceau pourrait trahir leur secret sans scrupule aucun.

Eh bien tu l'as, ta solution, Désirée.

Les mots étaient sortis froidement, le regard l'était tout autant. Elle avait beau être devenue mère, Désirée n'en était pas moins restée la princesse glacée du Bordel, prompte à rire des faiblesses d'autrui. Se moquait il, lui, de sa peur évidente qu'on lui arrache son chiard ? Détournant le regard pour signifier que tout cela n'etait plus son affaire, il chercha instinctivement Emilla des yeux.. La pauvrette avait trouvé refuge derrière lui, et il ne put s'empêcher de sourire à la vue de l'epingle qu'elle serrait dans sa main. Brave petit soldat, toujours prêt...Tendant la main vers elle, il l'attira à nouveau contre lui. Pour elle il ne subirait pas un homme, mais il pouvait bien subir Désirée.

On part quand ?
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Retrouvez Jules au Boudoir des Sens.
Desiree.
Elle se renfrogne sous le regard de Jules. Leur petite escapade était loin d’être gagnée visiblement. Jusqu’à l’intervention du Marceau.
« Tu l’as ta solution » Pour sur. Elle sourit.


En effet, il semblerait.

Elle se tourna vers Marceau, le détaillant sans scrupules.

Et quelle serait ta motivation ?

Comment pouvait-il avoir envie de les suivre, s’il se prostituait par envie, quand ici il avait tout, alors que s’enfuyant avec eux il n’aurait rien ?
La blondine, perplexe, tourna le regard vers Rouquine. Elle était au final celle qui risquait le moins dans l’aventure, aussi serait-elle surement la mieux à même de réfléchir posément. La jeune catin avait beau être rationnelle, trop d’idées avaient fleuri depuis la fin de la nuit. Elle commençait à ne plus savoir réfléchir, et l’angoisse qu’elle repoussait vaillamment depuis le début de leur petite réunion commençait à prendre le dessus.

Elle finit par avouer, se tournant de nouveau vers Jules :


Demain. Mais maintenant il faut voir plus grand. Il faudra qu’on parte tous en même temps, pas le choix. Sinon seuls les premiers s’en sortiront, elle mettra en place des gardes aussi quand on dort. Je dois recevoir ici le duc demain. Je lui demanderais un emprunt plutôt qu’une chambre en ville, et de nous trouver un lieu à acheter. Si on veut ne rien devoir à personne, il faut qu’on soit aussi propriétaires de nos murs. Non ?

A nouveau, elle leva les yeux, cherchant du regard un soutien, une confirmation. Elle finit par les baisser à nouveau.

Laissez tomber. On n’y arrivera jamais…

Non, jamais ils ne trouveraient un endroit dans paris en quelques nuits, et quand bien même, jamais ils n’arriveraient à sortir d’ici vivants. Jamais.
Si Thorvald revenait la visiter, elle lui confierait son enfant, et elle accepterait toute conséquence à cette perte que la Mère voudrait. Et elle mourrait, lentement. Jules finirait par devoir se vendre aux hommes s’il voulait rester auprès de la gamine dont il s’était entiché, et elle, elle devrait aussi accepter le sort que Rouge avait choisi pour elle, et se faire discrète n’y changerait rien, quand le temps serait venu d’y passer.
On ne sort pas si facilement d’une maison close.

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© Victoria Frances et Andy Fairhurst, création Atelier des doigts d'Or.
--Marceau


Bon il était un peu plus à l'aise maintenant, presque dans l'équipe mais il fallait convaincre la blonde. Chose pas si aisée que ça. Il planta ses yeux dans ceux de la femme qui tenait un bébé dans ses bras, ps le moindre tressaillement dans la voix, pas le moindre tremblement dans les mains. Il était serein et sur de lui. Il se dégagea de la portée de Jules. Il sentait encore le poids de la main du soldat sur lui. Une distance raisonnable était de mise.

Si je suis venue ici c'était pour gagner plus d'argent et rembourser ma maquerelle. Avec ce que me laisse la Rouge je ne rembourserais jamais comme je le veux. Je veux une part raisonnable de ce que je gagne, pas les miettes, je veux mon indépendance ! Je veux choisir pour moi et pas laisser quelqu'un le faire à ma place. Cela suffit elle à la princesse ?

Il était un peu agacé de devoir se justifier, surtout quand la dite princesse après avoir lancé tout le monde dans cette aventure reculait comme un cheval peureux. Alors c'était ça la terreur du bordel ? Le blond était partagé entre la pitié et l'énervement. Bon il allait secouer tout ça.

Desirée tu vois ton duc demain. Rouquine elle peut sortir comme elle veut. Elle peut donc trouver un local en prétextant qu'elle s'en va.
Ton enfant tu le confies à quelqu'un de confiance pour qu'on l'est pas dans les pattes le jour de la sortie, en plus ça sera mieux pour lui.
Pour l'argent, vous avez des clients à qui en emprunté de confiance ? De bonnes clientes fortunées ?
Desiree.
Il faut le tuer.

Oui, c’est la pauvre âme terrifiée qui parle.
Elle ne voit pas d’autre issue à la conversation. Le blond semble chargé de haine à leur égard, ou à son égard. Ou pire :


Il espionne pour elle. Sinon il n’aurait jamais proposé ça.

« Ca » : la séparer de son bébé.
Elle regarda Rouquine, puis Jules, et enfin Emilla. Sur cette dernière, le regard quêtait le pardon. Pardon de l’avoir entrainée dans cette galère.
Marceau espionnait pour la maquerelle, ça ne faisait aucun doute.
Que faire d’autre que l’éliminer discrètement ?
Sauf que s’ils le tuaient, il n’y aurait plus aucun moyen de sortir du bordel. Tout serait gardé.

Elle se leva, rejetant au loin ses couvertures.


Ou maintenant. Si j’ai le temps d’écrire un message avant de partir, je pourrais trouver à le faire porter au duc. J’ai déjà la clé du lieu où nous devions aller avec Emilla. Si je prends toutes mes robes et que j’en revends et…

Regard vers Rouquine.
Besoin d’aide ?
Ouais, carrément. La blondine est à saturation niveau émotions.

D’ailleurs, elle est tellement à saturation qu’elle est déjà en train d’ouvrir ses coffres pour en sortir les quelques robes de soie qu’elle possède. Son Duc pourrait peut être les lui racheter pour les offrir à une autre catin qu’il fréquentait. Elle n’en garderait qu’une, ou deux. Il serait toujours temps d’en racheter quand ils commenceraient enfin à gagner leur vie après avoir remboursé les emprunts… dont ils ne savaient pas s’ils pourraient les contracter.

Avec un soupir, elle se laissa à nouveau tomber sur le lit, son fils toujours fermement calé contre elle.


On y arrivera jamais.
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© Victoria Frances et Andy Fairhurst, création Atelier des doigts d'Or.
Rouquine
On y arrivera jamais... il faut le tuer. Il faut partir de suite. Il faut vendre les robes.. on y arrivera jamais...

Rouquine, un peu déboussolée elle-même par l'irruption de Marceau dans la pièce, par son discours, par les regards de désarroi de Désirée, met du temps à se ressaisir. Les regards d'appel à l'aide elle connait. Venant d'Emilla. Pas Désirée...! Elle regarde la catin virevolter autour de la pièce, les yeux écarquillés.

Faut agir, là, Roxanne. Bordel, ouvre la bouche. Regard à Jules. Mais il serre la mâchoire et refuse de bouger. Vexé comme un pou, à tous les coups. Et Marceau qui se la met à dos en lui parlant avec arrogance.. Les nouveaux, toujours à vouloir prouver leur valeur... Un regard pour l'avertir que ce n'est pas comme ça qu'il aura ce qu'il veut.


Marceau, si tu veux ta place avec nous, il va falloir changer de ton. Oui, un courtisan à mignon peut nous servir, mais un jeune coq qui se braque à la moindre question, légitime en plus... Non. Jules, Emilla et moi, nous nous faisons confiance. Desirée... Elle a peur, elle a raison de se méfier de toi parce qu'elle te connait mal. Tu ne peux pas attendre notre confiance si vite. Sois patient.

Les paroles sont un peu dures, mais le regard cherche à encourager, avant de se porter sur la blonde en pleine panique. Quand faut y aller... La rousse se lève, va s'accroupir devant Désirée et lui pose une main sur chaque épaule, comme elle le fait avec Emilla. Comme jamais, au grand jamais, elle n'aurait cru le faire un jour à la favorite de la rouge.

Regarde moi. Respire.

Un regard résolument calme, ancré aux yeux gris. La voix basse, pas forcément audible des autres s'ils ne tendent pas résolument l'oreille.

Désirée, mets ta peur de côté, elle t'empêche de réfléchir. Tu veux emmener ton fils loin d'ici ? Alors redeviens la Désirée qu'on connait. Sois odieuse, si ça t'aide. Mais reprends toi.

Hochement de tête, sourire à l'enfançon.

Marceau est un homme, il ne pense pas à mal en proposant de faire garder l'enfant pour le mettre à l'abri. Il ne sait pas ce que tu ressens, c'est tout.

Elle se relève, regarde les autres

Bon. On voulait juste rester ensemble, mais il faut bien avouer que s'associer tous... C'est une bonne idée. Si on bosse dur et qu'on est prêt à renoncer au confort de la Rose Noire.

Et à Baudouin... Dieu, qu'il était bon de se blottir dans ses bras ce matin là... Et qu'il est douloureux à présent de prendre le risque de ne plus jamais le voir. Mais Emilla doit primer. Baudouin est un mirage. Ils s'apprêtent, tous, à trahir celle qu'il adore. Il la detestera, après....

On ne part pas demain, et encore moins de suite ! C'est dangereux et précipité. L'idée de Marceau est bonne, je peux nous chercher un lieu. Je suis libre d'aller "voir un client". Vous tous, Désirée à raison, vous devrez partir la même nuit. En attendant, il faut faire comme si de rien était. Désirée tu recois le Duc. Tu lui parles. Et demain avant l'aube, on se retrouve et on voit ce qu'on a récolté.

Un regard à la catin affolée. Ce qu'un enfant change une femme, tout de même...

Je doute que Baudouin laisse qui que ce soit emporter ton enfançon, Désirée. Mais pour te rassurer...

Regard à Jules. Allez, fais pas ta tête de cochon, barbu....

Jules, veux tu bien veiller à ce que personne n'approche l'enfant dans les jours à venir... le temps qu'on s'organise intelligemment ? Comme disait ma grand mère, « Rien ne peut être fait à la fois précipitamment et prudemment. »

Elle prend une grande inspiration, et son regard se pose sur Emilla que Jules tient serrée contre lui.

Ca te va, soeurette ? Et vous tous...?
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Rouquine sévit au Boudoir des Sens.
Désirée, incarné par Rouquine
Deux mains sur ses épaules. Le regard se lève, hésitant, incertain.
La blonde n'est pas habituée à ce qu'on s'occupe d'elle. La solidarité des filles de joie, à ses yeux, ça a toujours été un mythe. Ca n'existe pas. C'est chacun pour soi.
L'aventure est tentante. L'idée de se faire confiance, alléchante. Si incongrue ici, mais si savoureuse.
Peut être y arriveront-ils, après tout.
Ils ont l'air d'avoir le caractère pour en tous cas.

Elle sourit, furtivement, à la rousse. Et chuchote un bref "merci" avant de se redresser.


Bien.
Puisque nous sommes une équipe, je vote pour l'idée de Rouquine. Elle prétexte des clients au dehors pour chercher un lieu. Nous autres agissons comme à l'accoutumée jusqu'à ce que l'endroit soit trouvé, puis nous partirons tous, la même nuit.
Rendez vous ici même demain après les derniers clients pour faire un point.
Qui est pour?


Elle avait retrouvé son aplomb, grâce à sa collègue. Et mine de rien, elle savourait chaque instant de cette découverte aigre-douce : la dépendance à un groupe et la confiance. Ne plus compter uniquement sur soi même, mais sur d'autres aussi.
Quel délice...
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