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[RP ouvert] - Buongiorno Borgogna*

Alycianne
RP grand ouvert à tous & toutes, que votre personnage ait connu l'Alycianne ou pas !

Ce sourire est pour Toi, Bourgogne. Et à ce sourire idiot et pourtant si honnête, Bourgogne, Tu reconnais l'enfant de ta chair. A ce sourire, Bourgogne, Tu fêtes en silence le retour de la fille prodigue. Alycianne.

- Buongiorno Borgogna.*

L'enfant a maintenant une douzaine d'années. Petite et maigrelette, on la croirait prête à s'envoler à la première brise venue. Les jolies tenues se sont perdues en route, ne lui reste qu'une robe rapiécée et tâchée, ainsi qu'une étole de laine dans laquelle elle s'est emmitouflée. Du Rouge ne subsiste que cette petite plume écarlate plantée dans son chignon. Sa claudication, elle, n'a jamais consenti à la quitter.

Elle boitille donc dans les rues de Dijon. C'est aujourd'hui jour de marché, et la place principale est bondée. Son sourire s'élargit, elle reconnait, oui c'est bien là l'odeur de sa Bourgogne, rien n'a changé, et c'est si bon que rien ne change. Sa main effleure les étals, plonge avec délice dans un sac de blé, avant de s'arrêter sur la table d'un boulanger, le ventre grogne, et l'on repart, le nez au vent, les yeux grand ouverts. Elle veux tout sentir, tout toucher, tout voir, tout entendre, s'imprégner à nouveau de cette Bourgogne qui lui a tant manqué.
Un instant, son esprit s'égare, et si... ? Et Eux... ? Mais très rapidement, elle se défend de réfléchir, non, il ne faut que profiter de ce moment rêvé. Oh, Bourgogne, jolie Bourgogne, c'est jour de fête, c'est la fin de son voyage, c'est l'aboutissement de son errance.

Elle rit. Ouvre sa menotte sur un caillou, lui chuchote quelques mots d'italien. Glousse encore. Puis tourne le nez vers le Nord, là-bas, il y a Sémur, ses murs. Et encore ce même questionnement, cette même inquiétude : Eux... ?
Son regard se reporte sur la ville, elle repart à l'assaut du marché, son caillou tressautant joyeusement dans sa main.

Bref, c'est juste une pauvre gamine un peu fêlée, qui déambule entre les étals d'un pas étrangement chaloupé, à laquelle on ne prête pas d'attention. Vraiment ?


*= Bonjour Bourgogne, à priori.
Eusaias
Mais non mais non mais non !

La chevelure corbeau s’agitait au dessus des épaules du Duc alors que la tête continuait à exprimer la négation. Voilà deux fois qu’il répétait à Cassian le principe de la logistique, mais l’intrépide paon avait, sans doute, déjà beaucoup trop assimilé la loi du « le pécore peu crever de faim on s’en fout »

Un homme d’arme, un soldat, ne doit pas avoir le ventre vide, sinon il va se battre contre toi ou se barrer en pleine guerre pour manger l’écorce des arbres. « Affamer » un soldat est à faire en période de siège, quand tu poses un siège, afin que sa faim le pousse encore plus à forcer les défenses adverses afin de manger. Pour les batailles rangées, il faut bien les nourrir, œufs, lard et gruau. Un soldat bien nourri fait plus attention au maitre qui le nourri croit moi.

Pointant un index acéré en direction d’un boucher derrière une étale.

Toi ! Tas de boue, fait préparer 30 livres de viandes pas trop faisandées pour l’armée de la salamandre. Rajoute des épices et des œufs et tu nous livres ça au plus tard ce soir sinon tu te balanceras au bout d’une corde avant que le soleil ne se lève demain.

Puis le bec bourguignon pointa vers le jeune seigneur à ses côtés.

Tu vois mon fils, il faut savoir parler avec tact et diplomatie pour se faire obéir. Enfin… Donc tu dois savoir protéger tes réserves comme si c’était ta vie. Car c’est un peu le cas : « réserve perdue, soldats au c*l ! »

Et d’un bras peu délicat il écarta la gamine qui parle à son caillou afin de passer et continuer son chemin, non sans tonner :

Place basses gens, laissez passer la noblesse !
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Della
Deux silhouettes emmitouflées dans de chaudes capes déambulaient sur le marché de Dijon.
Aujourd'hui, la leçon était : "Apprendre à marcher sur un marché encombré sans dire de gros mots".
L'élève, la petite Amellia, encore un peu hésitante sur sa jambe blessée, n'avait guère eu le choix.
Della avait dit.
Elle suivait.
Avait-elle vraiment le choix ?
C'est que Della voulait pour cette enfant, une éducation "tous horizons" et se frotter au monde des adultes faisait partie de ce parcours qui pouvait sembler difficile pour la petiote.

Et Della d'expliquer à Amellia comment l'on se déplace sur un marché, selon sa condition...lorsque tout à coup, une voix tonitruante et bien connue résonna à ses oreilles.

Profitant de l'exemple vivant, Della s'adressa à Amellia :

Voici exactement qui illustre mes propos.
Le Duc de Bouillon, lui, se déplace toujours de cette façon, en écartant tout obstacle sur son passage...et pas seulement sur un marché.
Ajouta-t-elle dans un sourire. Tu le reconnais ? Il était à Seignelay lorsque Maud a été anoblie. Un geste de la main vers le Rapace. Le bonjour, Bouillon ! Et le regard qui se pose sur une autre enfant, bousculée par le Duc...un froncement de sourcils...la mémoire qui cherche...comme une impression de déjà vu...et un léger haussement des épaules avant de reprendre à l'adresse d'Amellia : Allons, mon enfant, saluez donc notre ami.
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Cassian_darlezac
Le marché de Dijon fourmillait de monde comme à son habitude. Point central du Duché, la plupart des négociations importantes se faisaient ici. Nombre de marchandises et notamment le vin, seraient ensuite transporter à Nevers avant de prendre le fleuve. Les étals à vin... Voilà bien le seul endroit du marché qui savait attirer l’attention du jeune homme. On pouvait y goûté tous les crus que comptait la Bourgogne, qu’il s’agisse de Baumont, Montre-cul ou encore de Nuit Saint Georges, tous se voyaient là représentés et bataillaient fermement l‘attention des riches acheteurs.

C’est donc au niveau de ce point stratégique que père et fils finiraient, en toute logique, leur promenade. Là-dessus au moins étaient ils d’accord, quoi de mieux que de se rincer le bec gratuitement, aux frais du voisin ? La technique du « Mouai, bof… » fonctionnait très bien, il s’agissait de goûter un cru et de ponctuer ainsi la dégustation. Aussitôt on s’empressait de vous resservir dans l’espoir de vous saouler pour vous voir changer d’avis. Mais laissons là ces considérations viticoles puisque c’est de logistique dont il est question.

La logistique le jeune Corcelles s’en tamponnait pas mal, mais il était là pour apprendre, alors il fit l’effort d’écouter. Cependant, rapiat de nature, il peinait à comprendre qu’on puisse dépenser de l’argent pour un pauvre bougre qui avait une chance sur deux de ne pas revoir le soleil se lever. Toutefois il se devait bien d’admettre que le raisonnement paternel se tenait, et la moitié des dépenses pouvaient être couvertes par les pillages après tout. Il hocha donc la tête en direction de son père et n’adressa pas même un regard au pauvre boucher. Déjà qu’il devait se coltiner les artisans sémurois et leur faire des ronds de jambes, puisqu’il était au conseil municipal, à l’extérieur les petits bourgeois ventripotents de cet acabit pouvaient clairement aller se faire voir. D'autant que son attention s’était déjà reportée sur tout autre chose.

Son père venait d’écarter rudement une jeune pouilleuse, en cela rien de surprenant, mais quelque chose chez elle forçait son regard à s’y attarder. Tant et si bien qu’il snoba copieusement la baronne qui venait d’arriver, ne lui adressant pas l’ombre d’une attention. Il était donc là, hébété, à fixer sans retenue la jeune gueuse et son caillou. Était-ce possible ? Non point, il se trompait, il hallucinait, ça ne pouvait pas être elle.

Elle était morte.

"Oui voilà, tu es morte, bon sang ! Tu es morte et je suis las d’être gardien de tombeau, vas t’en… S’il te plait…"

Telle est à peu près la supplique qui résonne au plus profond de son être à ce moment là. Et c’est difficilement qu’il se fait violence pour détacher son regard de la maraude. Il lui a fallu du temps pour se faire à l’idée, mais il en est à présent certain : l’exquis quartz de Bourgogne est brisé à jamais, parti en poussière, envolé on ne sait où.

Et pourtant...

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Alycianne
... Et pourtant, c'est bien là l'Ex-Qui ? Quartz de Bourgogne voyons !

Des voix dans son dos qui la font tiquer, un instant, son coeur s'emballe. Puis un violent coup la projette sur le côté, trois pas maladroits lui font retrouver l'équilibre. Mais avant même d'oser lever les yeux sur celui qui l'a bousculée, elle sait. Et comme pour l'achever :

- Place basses gens, laissez passer la noblesse !

Le temps s'est arrêté, ou est-ce toi, mon coeur, qui a cessé de battre ? C'est qu'elle le souhaiterait même en cet instant.
Oh, d'abord, elle ne veut pas y croire, bien sûr, il ne l'a pas reconnue puisqu'il ne l'a pas vue, c'est évident, et puis... Et puis il y a ce jeune garçon blond qui la fixe, oh, mon frère !, mon frère chéri, comme tu as grandi... Et il détourne les yeux, comme dégoûté d'elle. Ne voyez-vous pas ? Ne la voyez-vous donc pas ? Par ce geste, ces mots, ce regard, vous me la tuez, cette enfant.

Elle se sent faillir. C'est une lèvre inférieure qui se met à trembler, sa jambe meurtrie qui manque de lâcher. Trois années... Pour ça ? Une indifférence marquée, non, c'est même un total mépris qu'on lui jette à la figure. Et pas de n'importe qui, non plus, ce sont les personnes qui lui sont les plus chères qui la trahissent aujourd'hui.
Elle est bien pâlotte, l'Alycianne. L'ont-ils oubliée ? Ont-ils honte d'elle ? Oh, il n'en ont pas le droit... Que va-t-elle faire, que lui reste-t-il, sans eux ? Un caillou, une plume rouge, un sourire qui lui semble enterré à jamais. Elle a besoin de s'appuyer contre l'étal derrière elle. Regarde désespérément Della -c'est bien elle- rejoindre le Duc. Non, ils n'en ont pas le droit.

Alors c'est la colère qui lui fait soudain rougir les joues. Il n'en ont pas le droit !
Oh, vous me l'avez énervée, mon Alycianne... Et pas qu'un peu.


- Ah, NON !
Vous n'avez pas le droit.

Sa main saisit la seule chose -son caillou exclu- qui lui passe sous la main, et la balance en direction de ces personnes.

- Hé, sale mioche, mon jambon !
La sale mioche ne fit aucun cas du boucher irrité dont le malheureux jambon lui avait servi de projectile. Elle s'avança plutôt vers le Duc et son blond de fils, d'un pas décidément boiteux.

S'arrête à quelques centimètres d'eux, bouillonnante. Lève une main, puis de celle-ci pointe un doigt accusateur sur les deux protagonistes. Et d'éclater :


- Basta ! Ti proibisco ! Faccio tutto questo, ho fatto così, e osi guardarmi e mi dimentichi! Sei incapace di amare, cazzo de cazzo! Lei sarebbe in grado, avreste potuto non mi oublier...*
C'est telle une mamma italienne, un poing sur la hanche que notre 'Cianne ose, en frusques sales et un boucher mécontent dans le dos, engueuler généreusement nos deux Blanc-Combaz.
- Ah, mi ero perso, e voi, voi ! Vous avete non décidément cambiate!*

A court de souffle, elle s'arrête, le temps de ne pas épargner Della d'un regard noir. Puis tourne les talons.
Rien à ajouter ?


- Ne me frego ! Je m'en fiche !

Menteuse... Ne sont-ce pas des larmes qui coulent sur tes joues ?


*- Ça suffit ! Je vous défends ! J'ai fait tout ça, je l'ai fait, et vous osez me regarder et m'oublier ! Vous êtes incapables d'aimer, m*rde de m*rde ! Vous en seriez capables, vous n'auriez pas pu oublier...
- Ah, j'étais perdue, et vous, vous ! Vous n'avez décidément pas changé !
-> Si y'a des fautes, c'est
Google Traduction Alycianne qui maîtrise pas top-top l'italien.
Eusaias
Bonjour baronne ! Bonjour petite !

Le Balbuzard salua rapidement les deux dames de la tête avant de reporter son attention uniquement sur Della. La bourguignonne était appétissante, mais le balbuzard éprouvait encore plus d’amitié pour celle-ci que d’appétit.

Comment vous portez vous baronne ? Vous venez apporter un peu de beauté sur ce marché de pouilleux ?

D’un geste de la main il cherche à capter l’attention de Cassian, qui semble avoir vu un fantôme ? Un homme à deux têtes ? La croupe d’Isaure ? Fin bref, un truc qui le perturbe.

Hey ! Cass…

Un choc à sa tête l’empêche de finir sa phrase. Les yeux sont fermés un court instant avant de se rouvrir. Un jambon à ses pieds, LE jambon qui vient de l’agresser. Puis ça gueule, du moins ça parle mais c’est tout comme, en Italien dans son dos. Sa première pensée ? Etrangler Miglia, par ce qu’il est italien et que là on lui râle dessus en italien. Les dents grincent :

Alors de une… hum… ! Quelque chose lui noue les tripes.
De deux on ne jette pas la nourriture ! Même pour narguer les bouseux ! La nourriture ça se respecte !
Et de trois on ne parle pas avec les mains Alycianne !


Là il percute, sa fille disparue est là ! Devant lui, comme « plus disparue ». Se mettre à pleurer de joie ? Non un Blanc Combaz ça ne pleure pas ! Il réfléchit à un truc intelligent à faire.

Paf !

Un taquet collé derrière les oreilles de Cassian.


Tu aurais pu remarquer ta sœur !

C’est mesquin, c’est pas intelligent, Cassian ne méritait sans doute pas le taquet, quoique…, enfin bon, ce fut tout ce que su faire le Balbuzard avant d’aller enlacer sa fille dans ses bras. Les naseaux marchent à fond pour s’imprégner de la chevelure du Quartz.

Un faible : « Ma fille… » à moitié étranglé est libéré aux oreilles de celle là. Vite vite vite une excuse.

Bordel j’ai une poussière dans l’œil !
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Della
D'un sourire enjôleur, Della se fit un devoir de répondre au Duc : Ma foi, je vais très bien, merci et vous donc ?

Un regard vers Cassian : Bonjour Cass...Salutations interrompues par un jambon volant tout à fait identifié, c'est un beau jambon d'origine bourguignonne...Miam !

Enfin non, pas Miam ! Pas maintenant qu'il est tout sale...Beurkkk...
Mais qui donc peut bien s'amuser à ainsi gâcher la nourriture ?

Le regard bleu se relève, direction le baragouinage italien taillé à la hache.
Les yeux s'agrandissent, ne peuvent plus quitter la silhouette de l'enfant dont le nom percute alors le cerveau blond :
Alycianne...Alycianne ?

Mais oui, sans aucun doute, c'était bien elle, pour s'en assurer, voir Eusaias étreindre l'enfant et la serrer si fort...juste après avoir envoyé une mandale à son fils...Sacré Eusaias !
Alycianne ! Tu es revenue ?
Non non, c'est une apparition...idiote ! Oui, elle est revenue, tu la vois, non ?!

Tenez. Articula-t-elle en tendant son mouchoir à Bouillon.
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Elisabeth_stilton
Dijon, mais pourquoi étaient il passé par là. Revenir de Paris pour aller à Lusigny et passer par Dijon quelle logique ! Et pour quelle résultat ? Un essieu cassé ! Et là voilà bloquer à Dijon le temps que le Whirlicote soit réparé. Alors oui elle aurait pu repartir à cheval, seulement elle avait embarqué avec elle des dossier et ne pouvait les laisser là sans surveillance. Pas question de laisser des dossiers du royaume sans surveillance. C'est qu'elle a des principes la blonde, surtout concernant le travail.

Donc quitte à perdre du temps à Dijon autant aller se balader dans les rues de la capitale, et même d'aller faire un tour au marché. Qui c'est elle trouverait peut être des choses intéressante pour les Doigts d'Or ou pour Lusigny. Allez savoir. Donc la blonde se baladait tranquillement quand elle vit un attroupement connu. Son oncle, son cousin, Della et une jeune fille. Elle ne pouvait pas savoir que c'était sa filleule. Elle ne pouvait pas savoir pour la simple et bonne raison qu'elle ne l'avait jamais vu. Elles s'étaient écrit mais quand la blonde avait enfin quitté la terrible Normandie pour revenir sur ses terres chéries, Alycianne avait disparut.

Elle s'avance donc vers le petit groupe, quand elle voit Eusaias tenir la jeune fille dans ses bras, elle réalisa soudain qu'il devait la connaître et avec qui se comporterait il ainsi forcément un de ses enfants. Et le seul enfant disparut était la petite dernière, elle se souvint lui avoir écrit et pas gentiment parce qu'il l'avait laissé partir sur les routes sans surveillance. Elle hésita ... devait elle approcher ? Devait elle les laisser entre eux ? Se souviendrait elle d'elle ? Un pigeon blanc les avaient réunis mais c'était tout. Dans le doute elle osa ...


Bonjour ma filleule.

Pas de sourire, elle ne sait pas sourire la blonde, bon à quelques exceptions près, mais elle ne peut pas le faire devant tout le monde. Aussi elle essaye d'avoir un visage avenant.
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Revient très doucement patience

Répétez : la charte du juge est hrp et le screen est tabou !
Cassian_darlezac
Nombre de badauds s'étaient retournés pour observer la scène en entendant cette jeune fille vociférer dans un patois qui leur était inconnu. Ce n'est pas tant les cris qui avait attirés leur attention, le marché fourmillait déjà de beuglement divers. Non, ce qui les avait détourné de leur occupation, c’est que c’était là un Duc que prenait à parti cette moins-que-rien. Et si le mythe de David et Goliath tend à laisser penser qu’on est toujours plus enclin à prendre la défense du plus faible, dans les faits il n’en est rien. La cruauté fait parti intégrante de l’âme humaine et le plaisir est rarement aussi intense que quand on regarde son prochain se faire molester à sa place.

C’est cette sordide curiosité qui donna l'impression que le temps c’était arrêté là où la rixe avait commencé. On pouvait y voir là le célèbre calme précédant toutes tempêtes. Les poissonnières elles-mêmes fermaient leur grandes bouches, les maraicher n’avaient que faire à présent de leur poireaux, carottes, céleris, même leurs lentilles ne trouvaient plus grâce à leurs yeux. Seul restait le dit boucher à tempêter dans le dos de la voleuse. Mais le calme ne dura guère et très vite des voix se firent entendre pour commenter l‘empoignade.


« Eh quoi le Duc l’a poussé, l’Duc l’a poussé ! Mais n’est-il point l’Duc ?! »
« Malheur ! V’là une pauv’e p’tiote qui n’verra plus la lumière du jour qu’à travers des barreaux "grisonneux"… »
« Sacrebleu ! La jeunesse d’aujourd’hui ne sait plus ce qu’elle fait ! Mais je lui avais tout de suite trouvé mauvais genre à celle là, n’est-il point Georges ? »


Ainsi marmonnait-on tantôt lamentations, tantôt récriminations. Les pronostiques pleuvaient également d’une voix fataliste, mais derrière ces visages d‘apparence moroses ou réprobateurs, l’on pouvait voir chacun des spectateurs esquisser un léger sourire. Tous attendaient la sentence avec impatience. Quelles ne fut pas leur surprises alors, quand il virent ce grand homme, Bref et Puissant à la fois, s’agenouiller pour embrasser son jeune agresseur.

Cassian quant à lui demeurait comme figé, il prit la beigne paternelle sans réagir, le regard de nouveau braqué sur cette sœur qu’il peinait à reconnaître. Admettre que c’était bien elle équivalait à reconnaître qu’il avait une nouvelle fois échoué. Non seulement il n’avait pas été capable de la protéger et de la garder au près de lui, mais en plus il n’avait pas su la retrouver de lui-même. Heureusement, il n’avait rien compris à ce qu’elle venait de raconter, il n’avait pas même écouter, il n’en avait perçu que la voix, celle du seul être à qui il aurait offert sa vie sans concession et sans retour. Du moins le pensait-il, avant de se rendre compte, que même après son départ la vie continuait finalement, avant de l’abandonner à son triste sort après des mois d’attente.

Oui ,heureusement qu’il n’avait rien saisi des reproches proférés par la cadette. Non il ne l’avait pas oublié, il avait juste continué à vivre, mais chaque nuit depuis trois ans les remparts de Digoine, parsemés de torches, perçaient l’horizon, éclairant jusques au ciel. Jamais il n’aurait pu l’oublier et l’injustice de ces ce mot lui aurait brisé le cœurà moins qu’il n’entrât dans une colère monstre. Oui il était capable d’aimer, elle en était la preuve vivante. Cependant il lui fallait savoir, être sûr qu’il ne s’agissait pas là d’une nouvelle illusion du malin venue le tourmenter, alors, tandis que son père relâchait son étreinte, il fit la seule chose qu’il se devait de faire. La paume gauche d’Alycianne fut saisie et retournée, il lui fallut alors voir la légère cicatrice qui y demeurait toujours pour ensuite s‘enhardir, et, juxtaposant les deux mains jadis entaillées l’une sur l’autre - la sienne et celle de sa sœur - il énonça à voix haute son verdict :
« Alycianne, c’est bien toi ! Te revoilà enfin… »
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