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[RP] Dans une contrée lointaine, très lointaine...

--Caracole_le_fol
Temps frisquet, gens frivoles, sur le marché sort Caracole. En quelques bonds, le bouffon attire l'oeil. Grimpe sur une caisse de bois, et prend son souffle. Attirer l'oeil, c'est bien, pour un fou. Retenir l'oreille, c'est mieux.

Oyez, Clermontants, Clermontantes, Auvergnons, Auvergnonnes, Bourbonnez, Bourbonnettes, la bonne parole de Caracole. Ecoutez l'histoire que votre fidèle serviteur s'en vient vous conter.

Il était deux fois, oui plutôt deux fois qu'une, c'est bien connu, dans une contrée très lointaine, une assemblée de douze personnes, que nous appellerons donc l'assemblée des douze, afin que chacun s'y retrouve.

Ils étaient douze, donc, en qui le peuple de cette contrée très lointaine avait placé toute sa confiance pour mener à bien sa destinée. Oui, je sais, c'est un peu barbare, de confier sa destinée à quelqu'un d'autre, mais que voulez-vous, je n'invente pas les coutumes. Et puis c’est bien connu, les étrangers ont toujours des pratiques plus étranges que les nôtres, d’où leur nom, d’ailleurs.

Adonc ils étaient douze, parmi les plus doués, les plus éclatants, les plus prometteurs, bref, la crème de la crème. Toutefois, mélangez plusieurs crèmes ensemble, et vous n'obtiendrez pas toujours l'onctuosité attendue.

Car il y avait, parmi ces douze, des inimitiés notoires, des jalousies, des coups bas, enfin bref, ce qu'on peut attendre de la crème de la crème quand on en mélange douze et que chacun veut être unique. Et dans cette contrée très lointaine, les douze ne dérogeaient pas à la règle.

Pour commencer, il y avait l'Hystérique et l'Inconséquente. La première ne pensait qu'à hurler, la seconde ne pensait... qu’avec un temps de retard, toujours. La première n'aimait pas la seconde, et la seconde le lui rendait si bien qu'à la fin, ça ne rendait rien.

Ainsi l'Hystérique, qui aimait beaucoup ne rien faire et faire croire qu'elle en faisait beaucoup, laissait beaucoup faire l'Inconséquente. Et ça l'horripilait, l'Inconséquente. Et comme l'Inconséquente aimait tellement s'occuper de tout sauf des tâches qui lui incombait, elle s'investit énormément dans sa nouvelle mission divine: faire exclure l'Hystérique de l'assemblée des douze. C'est qu'elle adorait faire exclure, l'Inconséquente. Et comme elle aimait aussi donner du sens à son nom, elle ne pensait jamais aux conséquences, comme à peu près pour chaque action qu'elle menait. Ainsi elle décidait toute seule, activait des mécanismes toute seule, et réfléchissait... après.

Il faut savoir qu'au sein de l'assemblée des douze, il y en a un qui est un peu au-dessus des autres, un peu comme le soleil réchauffe la laine des moutons. Tonton tontaine. Nous l'appellerons donc Soleil.

Et là, vous vous dites, mes biens chers braves gens, que Soleil va intervenir! Et non, et non... C'est que Soleil a d'autres chats à fouetter. Elle ne peut donc user de son fouet, puisqu'il est déjà occupé ailleurs.

Adonc, Soleil ne fit rien pour mettre un terme à la querelle de l'Hystérique et de l'Inconséquente.


Eh bien, c'est qu'il fait soif. Il n'a pas prévu d'être ainsi emporté par son enthousiasme. Hop, en deux cabrioles, Caracole dégringole, droit vers l'abreuvoir, et y plonge la tête, histoire d'étancher sa soif. Et dans une roue fort maîtrisée, il rejoint son perchoir.

La suite, mes auditeurs chéris, concerne l'Idiote et le Gourmand. Permettez néanmoins qu'avant de vous la narrer, je reprenne un peu de souffle. C'est qu'il en faut pour conter jusqu'au bout cette belle histoire...
--Caracole_le_fol
Souffle repris, Caracole reprit.

Mais parmi l'assemblée des douze, il y avait douze moins deuxplusun, neuf autres crèmes, donc. Et deux n'allaient point tarder à s'illustrer. Allons donc, vous pensiez vraiment que l'Hystérique et l'Inconséquente allaient tirer toute la couverture à elles? Nenni. C'est ainsi que l'Idiote et le Gourmand décidèrent qu'il fallait faire quelque chose.

Or, comment mieux faire quelque chose qu'en faisant le contraire? Oui, je sais, le raisonnement est tordu. Mais attendez donc que je vous explique... Voyant que l'Hystérique et l'Inconséquente se battaient pour rester à l'assemblée tout en n'y faisant strictement rien, l'Idiote et le Gourmand décidèrent que, pour se démarquer, il fallait donc se battre pour quitter l'assemblée, quitte à ne rien y faire. Vous me suivez ?

L'Idiote choisit d'être une idiote. Elle passa un index dans une boucle de ses cheveux, pencha la tête sur le côté, prit une tête de bécasse comme elle savait si bien le faire, et dit: "oups, j'ai fait une bêtise, je suis parti de l'assemblée sans le faire exprès..." C’est vrai, quoi, on est niaise ou on ne l’est pas. Adonc l’Idiote parvint à réaliser cet exploit rarissime, s’enfermer à clé en dehors de son bureau. Chapeau, hein ?

Le Gourmand, lui, se rendit vite compte qu'il avait été trop gourmand. C'est vrai, quoi, ce n'est pas comme si tout le monde lui avait dit qu'il était trop gourmand, que la place qu'il s'était choisi au sein de l'assemblée, c'était trop pour son pauvre ventre. Qu'à cela ne tienne, un gourmand ne serait pas gourmand s'il n'avait pas le complexe de la grenouille qui voulait être aussi grosse qu'un Prévôt. Qu'un boeuf, pardon.

Alors le Gourmand dit "oulalala, mais c'est que je n'ai plus de place dans mon ventre pour tout ce qu'il reste à manger à cette place là... bon, puisque c'est comme ça, je m'en vais". Il avait raison, au vrai. Il est tellement plus simple d'abandonner quand on ne peut plus rien manger. Vous vous seriez fait péter la sous ventrière juste pour assouvir votre ambition, vous? Et bien le Gourmand ne le fit pas. A l'ambition, il préféra l'abandon, c'est logique, non?

Et je vous le demande, braves gens, si vous aviez été Soleil, qu'auriez-vous fait de ces crèmes bien ingrates?

Et bien ne vous demandez pas plus loin, car ce que fit Soleil, alors, je vous le donne en douze.

Rien.

Mais jusqu'où iront-ils tous ces douze, vous dites-vous? Et vous vous dites bien. Car il en reste, et bien qu'il soit impossible de douze les décrire, les tous, il en est encore au moins deux autres dont il convient de relater l'histoire. Ainsi donc, si vous patientez encore un poil, vous connaîtrez l'histoire du Raide et du Gardien.

Mensonges, luttes intestines et gastroentérales, bassesses, pitreries dignes du fou que je suis? Vous n'avez encore rien vu...
Pascale.
Ainsi donc le bouffon, l 'amuseur, celui qui ne coupe pas les cheveux en quatre mais coiffe chacun d' une envolée de mots bien seyant, est de nouveau sur la place pour conter encore et encore..
La Blonde peut être naïve ou bien simplement idiote s'amuse tellement de le voir faire des cabrioles de phrases avec souplesse et tant d habileté, pour toujours retomber sur ses pieds..
Elle s' installe donc sur un banc pierreux, et admire l' art de la pitrerie comme une enfant devant un spectacle de marionnettes, prête à applaudir gaiement avec déjà un sourire hilare sur le visage.

_________________
--Caracole_le_fol
L'auditoire a froid, mais reste à l'écoute. Oreille dressée, oreille gelée, peu importe, l'oreille écoute. Caracole, d'une cabriole, reprend donc le fil de son histoire.

Votre humble trublion de serviteur vient de vous narrer le destin de quatre et un peu un des douze de l'assendlée des bouses. Blé des douze. C'est beaucoup, ce n'est pas trop.

Mais n’allez pas croire qu’eux seuls parmi les douze s’illustrèrent, les vaches. Non, non, non… Les autres aussi. Enfin, pas tout à fait. Car comment s’illustrer au milieu de tant d’illustres crèmes si avides de s’illustrer ? Oui, comment le faire mieux qu’en se désillustrant ?

C’est le parti que prit le Raide. Raide il était, comme une corde amidonnée, comme le fil d'une épée, comme un marié au soir de sa nuit de noce. Raide comme la justice. Ce qui tombait bien, car c’était la charge qui lui incombait, au sein de l’assemblée, rendre la justice. La rendre à qui, personne ne sait. Au bon peuple, aux petits moutons, murmurait-on.

Mais la question que tout mouton se pose, alors, c’est comment le Raide puit-il nous rendre la justice, alors même qu’aucun d’entre nous ne l’avons jamais vu ?

Braves petits moutons qui posez les bonnes questions. Il est vrai que le Raide doit être trop raide pour passer le pas de sa porte, pour venir courir dans les champs à vos côtés. Le Raide est de cette sorte d’êtres curieusement invisibles, sauf quand vient le temps du choix. Alors ils occupent le devant de la scène, s’agitent, font de grands gestes pour montrer qu’ils sont là. Un tour, deux tours, trois petits tours. Et comme les marionnettes, dès l’heure du choix passé, s’en vont.

Pauvre contrée, n’est-il pas, où les moutons se voient rendre justice par un Raide tellement raide qu’il en est invisible. Qui est le Raide ? disait-on par là-bas. On ne sait pas, répondit-on par ici. Mais il va nous rendre la justice. Si, si, dès qu’on le verra. Mais on ne le verra jamais, puisqu’il est invisible… Alors notre justice, qu’en faire ? Fourrez-vous là dessous la laine, braves petits moutons. Au moins, elle sera au chaud...

Comment finir cette histoire, braves oyeurs qui me faites l’honneur de m’ouïr quelques instants, sans parler d’encore un petit autre, d’une crème qui, de toutes les crèmes, se croyaient la meilleure. Quelle idiotie, je vous le dis, de croire être la meilleure des crèmes au milieu d’autres crèmes se croyant les meilleures… Mais cette crème ci aimait passer son temps à le croire, et à en éclabousser quiconque venait à passer. C’était une crème se pensant si brillante que, lors du choix, elle n’avait même pas pris la peine d’expliquer ce qu’elle venait faire là. Cette crème là se pensait si supérieure aux moutons qu’elle ne jugeait point digne d’elle de venir s’expliquer auprès d’eux.

Et parmi les charges des douze, il lui en incombait une particulièrement lourde. Il gardait les sots. Et par Aristote, il y en avait du boulot… Mais le choix était bon, voyons… Qui de mieux pour garder les sots que le plus sot de tous ? Ainsi le Gardien de Sots, tout auréolé de sa grandeur fantasmée, aimait à se pavaner et surtout, adorait par-dessus tout empêcher Soleil d’éclairer où elle voulait. Alors avec d’autres sots dont il avait la garde, le Gardien de Sots construisait tout un tas de mur autour de son grand palais qu’il n’imaginait rien qu’à lui et quelques autres, pour empêcher Soleil d’éclairer partout où elle voulait.

Et puis finalement, comme Soleil exigea, le Gardien des Sots et ses sots la jetèrent hors de leur grand palais. Mais dites, dit Soleil... Ne suis-je pas, comme tout bon soleil qui se respecte, tout là haut dans les cieux? Il n’est donc nul palais qui ne devrait m'être fermé…

C'est que Soleil était fort marrie... Alors pour une fois, Soleil fit quelque chose. Soleil râla, tempêta, Soleil fustigea, puis Soleil s’en alla. Parce qu’il était temps pour elle d’arrêter de briller. Quel dommage, n’est-il pas, de ne réagir que lorsqu’il est trop tard ? Ce n’est pas l’Inconséquente qui la contredira…

Allons allons, arrêtons là les frais, il est grand temps d'écrémer ces quelques crèmes, afin qu'elles ne le soient, faute de mieux, qu'à demi. Mais ne craignez, braves oreilles dressées, Caracole ne va pas vous abandonner abruptement, ce serait mesquin de sa part, qui est la mienne, de part, puisque Caracole, voyons, c'est moi.

Oreilles dressées, conclusions vous méritez, conclusion vous aurez, zoreilles. Un peu de patience...

Et oui, que voulez-vous, ménager ses effets jusqu'au ridicule fait partie du métier de bouffon...
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