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[RPA fermé] Dans tes rêves !

--Alissandre
Attention, ce RP contient des scènes explicitement sexuelles.




[Dans les écuries d'une taverne]

Elle le tenait.

Assise à califourchon sur sa proie, elle prenait bien garde à ce que les noeuds qui l'entravaient tiennent bon : c'est qu'il était costaud, l'animal ! Elle ne tenait pas à ce qu'il lui échappe lorsqu'il reprendrait connaissance. Les brins de paille s'emmêlaient dans la corde et lui compliquaient la tâche, lui arrachant parfois un juron coloré de l'accent d'Oc. Elle lui noua les mains derrière le dos et les pieds entre eux.

Lorsqu'elle eut fini son ouvrage, elle s'affaira à redresser sa victime pour qu'il soit maintenu assis contre un tas de paille, le long d'une des paroies du box équestre depuis longtemps déserté. Elle en bénissait presque l'infortune du tavernier : au moins, elle n'avait à craindre ni l'odeur, ni la déplaisante rencontre avec une bouse ou son propriétaire équin.


"Macarèl... siás pesuc !*" grogna-t-elle de sa voix rauque rendue étouffée par l'effort.
Ses mains gelées ne lui facilitaient pas la tâche. Elle dû s'interrompre à plusieurs reprises pour souffler vivement sur ses doigts et en réveiller quelque force.



[Quelques minutes plus tôt]

Cet empaffé avait intérêt à ne pas lui avoir menti, sinon foi d'elle-même, il gouterait à sa lame pour de bon ! Elle grinça des dents, tandis que le vent jouait dans sa longue chevelure rousse et s'engouffrait dans les vêtements d'homme un peu trop larges qui lui servaient d'habits.
Voilà maintenant plus de deux heures qu'elle attendait dans le froid glacial qu'apparaisse sa proie, tandis que l'obscurité s'épaississait.


"Nous avons rendez-vous demain soir, à la même taverne que l'autre fois, tu sais ? J'arriverai en retard, comme ça vous aurez le temps de discuter un peu...
- Viens pas. J'lui expliquerai.
- N...non, j'peux pas faire ça ! Il va me tuer si je...
- J'peux arranger ça et t'tuer tout d'suite, si t'y tiens.
- ... Finalement, je crois que je vais rester chez moi.
- J'crois bien, ouais."


Elle s'était délestée de quelques écus pour faire bonne mesure : elle avait eu l'âme généreuse. Après tout, elle était trop riche pour son propre bien, et le tuyau qu'il lui avait donné en valait la peine.

Seulement voilà, elle commençait sérieusement à se demander s'il ne s'était pas encore une fois fichue d'elle.
Nouveau grincement de dents, qui faillit lui faire manquer le coche : un battement de cœur plus tard, elle s'était rabattue dans la ruelle, tentant d'effacer jusqu'à son ombre, tandis qu'enfin sa proie approchait...

Ses mains engourdies se figèrent sur le gourdin qu'elle tenait fermement depuis si longtemps.



[Retour à l'instant présent]

Quand enfin elle fut satisfaite de la posture de l'endormi, elle ramassa le chapeau qui gisait au sol, l'épousseta et le reposa sur la tête de son hôte inconscient. Elle flottait maintenant dans sa chemise masculine : sa ceinture, provisoirement retournée à son état initial de cordage, ne trônait plus sur sa taille mais autour des mains du Chapeauté.
Elle s'installa à l'autre bout du box - soit pas si loin que ça, en somme - et attendit patiemment qu'il ouvre les yeux, un sourire espiègle jouant sur ses lèvres, son regard noisette pétillant fixé sur l'objet de tous ses efforts.

Enfin...


*Bon sang ... t'es lourd !
Mordric
Il voguait sur les flots, capitaine d'un bateau qui fendait l'écume.
Les pans de son mantel ouvert claquaient dans le vent. Il était beau, puissant et désirable. Mais il avait horriblement mal au crâne...
Tellement mal que ça vue se brouillait légèrement et qu'une odeur de crotin pas très frais emplissait ses narines...

D'ailleurs, très vite il ne se trouvait plus sur son fier navire...



Humpfff... Je suis où là ?

Retour soudain à la réalité quand le rêve se déchira.
Le mât du rafiot n'était en fait qu'un ballot de baille; la mer n'était plus bleue mais jaune paille ; la terre promise s'était changée en incendie aux valons appétissants, dissimulé sous son propre chapeau.


Toi ?

Il grogna lorsqu'il comprit pourquoi ses mains étaient ankylosées. Le Chapeauté dé-chapeauté était ligoté. Il ne connaissait pas les talents de la Rouquine, mais chaque rencontre lui en apprenait un peu plus.
Il l'avait connu ivrogne, coureuse, bretteuse et voilà maintenant qu'elle s'avérait rapteuse (si je veux)...


Tu sais ma belle... Si tu voulais jouer à ça, il suffisait de me le demander gentiment. Je me serais laisser faire avec plaisir...
Tu serais assez aimable pour me détacher maintenant ?
Tu as assez ri, non ?


Le ton était agréable, il doutait qu'elle obéisse et pourquoi perdre du temps à menacer ?
Dans sa position, elle ne l'écouterait pas. Il la connaissait peu c'est vrai, mais les yeux de chats qui l'observaient suffisaient à l'en convaincre.

_________________
--Alissandre



Accroupie dans son jogging usé, les bras croisés, les doigts tordus en un simulacre de wesh wesh, la bouche plissée par le machouillage passionné d'un chewing-gum, le regard à moitié dissimulé sous sa casquette, la rapteuse était... Pardon ? Ah ouais mais c'est pas de ma faute aussi, j'ai été enduite d'erreur* !

Rembobinons.

Accroupie à une distance prudente, la Féline observait son captif depuis quelques instants déjà lorsqu'il ouvrit enfin les yeux, l'air encore un peu pâteux. Le sourire de la rousse s'élargit. La remarque du Chapeauté lui fit venir un petit rire rauque : certes, elle s'éclatait comme une petite folle !
D'ailleurs, c'était un peu ce qu'elle était : folle d'avoir osé enlever une personne aussi influente dans les bas quartiers du Languedoc, folle de lui avoir laissé voir son visage, folle d'avoir obéit à cette impulsion aussi subite que sauvage qui lui avait dicté sa conduite et l'avait menée à cette situation dont elle ne savait pas bien encore comment elle allait tourner. Mais ça, il était hors de question de l'admettre. Quoi, avouer à Mordric qu'elle l'avait guetté en embuscade, assomé et ligoté juste parce qu'elle voulait tailler une bavette et qu'elle avait trop d'orgueil pour retourner dans la taverne comme cet autre soir, où elle avait été piégée ?

Que non. La Rousse prenait donc la pause, cherchant une bonne excuse tout en gagnant du temps. Elle finirait bien par trouver.


"Vraiment ? T'm'aurais suivie gentiment, sans faire d'coup bas, d'piège ou d'dénonciation improvisée ? Allons, allons... J'ai l'air aussi cruche que ça ?"

Elle s'installa confortablement contre un petit tas de paille qu'elle s'était aménagé, glissant délicatement une main dans sa chemise pour en sortir son couteau, avec lequel elle se mit à jongler nonchalamment.

"Si j'te r'lâche, t'vas vouloir t'venger ou m'planter là. Ou p'tèt même les deux, va savoir ? J'pas envie d'prendre ce risque-là."

Inutile de souligner qu'à moins de le tuer - ce qui n'était pas dans ses projets - elle devrait prendre ce risque à un moment ou à un autre : elle n'en était que trop consciente, et cela ne faisait qu'accroître sa fébrilité enthousiaste.
Elle plongea à nouveau une main dans le col entrouvert de sa chemise et en sortit cette fois une pomme, qu'elle se mit en devoir d'éplucher patiemment. Là, ça y était, elle tenait presque une idée. Un début d'idée. 'Fin quelque chose, quoi.


"Considère ça comme ma façon d'te rendre la monnaie d't'a pièce, meu gat**. T'as faim ?"

Son attitude décontractée laissait à croire que la menace qui pesait sur son captif était somme toute moindre. Peut-être était-il raisonnable de penser qu'il ne s'agissait que d'un jeu ?

*Oui, enduite d'erreur. Farpaitement. Par ailleurs, la narratrice assume totalement cette digression.
**mon chat
Mordric
Quand les chattes ont une idée en tête, difficile de leur faire changer d'avis.
A être si obtuse, elle finirait par le lasser et alors lorsqu'elle se montra encore une fois méfiante, il ne put que soupirer.


Bah, cruche je ne sais pas... Mais disons que tu dois être bien seule toi !
Je te rappelle ma belle, que c'est toi qui a quitté la taverne la dernière fois... On aurait pu y rester, bien au chaud et bien assis, les mains libres d'agir...


Un sourire éclaira le visage du Dé-chapeauté.

Et puis tu sais parfaitement que ce n'est pas avec de l'acier que je veux te planter...

Le regard de l'homme entravé, allait de la lame qui dansait non loin de lui à la pomme sortie comme par magie du décolleté de la donzelle.

T'en as d'autres de trucs planqués là dessous ?
Moi qui pensais que ta chemise n'était garnie que de naturel... Tu te sens complexée ? Tu triches sur la marchandise pour appâter le chaland ? Et ensuite tu l’assommes et l'attaches dans une écurie moisie ?


Carnassier, son regard se plongea dans celui de la Rouquine alors qu'il ignorait sa dernière question. Que lui voulait-elle ?
Sa tête battait à un rythme lancinant; le rendant amer.
Les liens lui sciaient les poignets; le rendant frustré.
La vision de sa tortionnaire ne l'amusait plus...


Tu me vois quoi alors ? Me faire payer l'amusement ? M'échanger contre une bourse bien pleine ?

C'était vain, mais il donna des reins pour bouger les jambes. Les liens étaient trop serrés, comme ceux des poignets apparemment. Rouler des épaules n'avait réussi qu'à le blesser un peu plus.
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--Alissandre


La Rousse l'observait en silence, les premières piques glissant comme de l'eau sur elle : seule ? Bien sûr qu'elle l'était. Il ne manquait plus qu'elle commence à dépendre de quelqu'un et à faire confiance. La dernière fois qu'elle avait fait confiance, elle s'était retrouvée dans un traquenard qui avait failli lui coûter quelques années de liberté. Seule, je veux oui !

"Et puis tu sais parfaitement que ce n'est pas avec de l'acier que je veux te planter... "

Le ventre de la Féline se mit à la chatouiller de l'intérieur, son coeur à battre plus fort, son sourire à s'affiner de plaisir : oui, c'était exactement pour ces sensations-là qu'elle avait chassé sa proie. A quand remontait la dernière fois qu'un homme avait été capable de lui faire cet effet ? Elle oscillait entre le besoin impérieux d'obéir à son désir et la crainte de l'influence qu'il avait déjà sur elle. Il fallait qu'elle le domestique; lui et le désir qu'il éveillait en elle. Il fallait qu'elle le dompte, et alors, lorsqu'elle se serait rendue maîtresse de ce danger, alors seulement elle pourrait jouir de sa trouvaille. A cette condition seulement. Mais y parviendrait-elle ? Tiendrait-elle jusque là ?

Elle s'ébroua mentalement tandis que le Chapeauté reprenait.


"T'en as d'autres de trucs planqués là dessous ?
Moi qui pensais que ta chemise n'était garnie que de naturel... Tu te sens complexée ? Tu triches sur la marchandise pour appâter le chaland ? Et ensuite tu l’assommes et l'attaches dans une écurie moisie ?"


Elle se raidit brutalement, son sourire aussitôt effacé et remplacé par un faciès d'une neutralité rendue toute relative par la lueur brulante de son regard furieux. Complexée ? Tricher avec la marchandise ?! Elle pinça les lèvres, peinant à trouver une injure à la hauteur de l'affront.
Bien sûr, elle était habituée aux provocations, aux humiliations. Mais cet homme, ce prisonnier qu'elle désirait et qui parvenait à allumer un incendie oublié au creux de ses reins, cet homme-là n'en avait pas le droit !

Elle le regarda encore un instant se débattre, tentant d'appaiser la colère qui bouillait dans son sang, puis se releva en un mouvement sec : du Félin, elle n'avait plus la grâce, mais désormais la vivacité de la Chasseresse provoquée dans son orgueil. Elle s'avança, plaqua des deux mains les épaules de son prisonnier contre la paroi qui le maintenait assis et s'installa à califourchon sur ses genoux étendus. Puis, prenant bien garde à ce qu'il ne puisse la toucher, elle ouvrit d'un geste brusque sa chemise, dévoilant son torse comprimé par une large bande de tissus. Elle retira le pseudo corset et libéra une orgueilleuse poitrine, dont la générosité la tirait légèrement vers le bas : il était désormais évident que l'ampleur de la chemise ne servait pas qu'à masquer ses possessions. Dans un tintement étrange, une dague et une bourse pleine vinrent s'échouer près des jambes du Chapeauté, libérés de leur cocon de coton.
La peau sous la chemise était plus claire que celle de ses bras et de son visage, l'hiver n'incitant que peu à se découvrir. Sous les deux globes laiteux glorieusement auréolés par le désir et tendus par le froid, un petit ventre plat disparaissait sous le nombril dans la paire de braies élimées qui lui couvrait les jambes et lui dessinait une taille tout juste bien proportionnée pour que deux grandes mains s'y accrochent.


"Siàs perquitat ? Ara ai la teuna estrenhença*?"

Plus que les deux témoins de son émoi impudiquement placés sous le nez de son otage, l'intonation méprisante et presque hargneuse de sa voix rauque laissait clairement entendre qu'elle n'était plus qu'à moitié maîtresse d'elle-même. Son regard à demi-voilé par ses paupières s'était assombri de colère et de frustration.
Folie... Tout ceci n'était que folie, et elle allait plonger dedans la tête la première.


*Tu es satisfait ? J'ai ton attention maintenant ?
Mordric
Il ne fit pas un geste.
Pas de ruade désespérée, pas de gigotements éperdus. La belle prenait ses aises sur lui et c'est lui qui se sentait tout à son aise. La provocation n'avait pas fait long feu, quelques mots à peine et son masque d'assurance s'était envolé. La bête avait été piquée au vif, l'orgueil la menait et tant qu'il en abuserait, il la conduirait à sa guise. Mais pour le moment, il voulait jouer. Voir jusqu'où elle irait...
Même si ça ne mit pas longtemps. A peine le temps de penser, que sous ses yeux était déballé sans ménagement le fruit de sa convoitise.
Peau de nacre aux perles rougeoyantes, la jeune femme chatoyait jusqu'au bouts des seins.


Hum...

Il déglutit un peu plus fort qu'il ne l'aurait voulu. Comme cet air d'enfant réjoui un matin de Noël qui s'affichant sur son visage n'était pas prévu.
D'innombrables idées passèrent en lui, de la tête au creux des reins; l'incendie n'était plus seulement sur lui, mais en lui. Poignets contre poignets, il essaya par un frottement de gagner quelques millimètres, un espoir de liberté. Un espoir de contact...
La corde bougea un peu; pas de beaucoup, mais juste assez pour l'encourager. L'esprit prit alors le pas sur le corps et même si les appâts l'enivraient de désir, il fit mine de les oublier.


Tu sais quoi ma douce ?

Le ton mielleux, l'air un peu plus ferme, plus taquin.

J'arriverai toujours à faire de toi ce que je veux... Quelques mots de moi et tu accours ou tu fuis...

Il laissa à ses mots le temps d'agir. Quelques secondes pas plus. Juste le temps de se délecter de sa réaction.

Tu sais, tu n'as pas besoin de te plier à mes quatre volontés pour me plaire ! Je meurs déjà littéralement d'envie pour toi.

Quelques papillonnements des cils pour ponctuer sa phrase et le voilà fier de lui. Le Chapeauté aurait presque rit, il voulait la pousser à bout mais il ne voulait pas finir planté dans une écurie, attaché comme une donzelle de bordel.
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--Alissandre


Elle demeura un instant immobile et silencieuse, tandis que ses yeux, d'abord vrillés à ceux de son adversaire - il venait de prendre du galon - glissaient plus bas pour constater que les bravades du Chapeauté n'étaient pas suffisantes à faire taire sa vigueur éveillée.

"J'arriverai toujours à faire de toi ce que je veux... Quelques mots de moi et tu accours ou tu fuis...
Tu sais, tu n'as pas besoin de te plier à mes quatre volontés pour me plaire ! Je meurs déjà littéralement d'envie pour toi."


Ah oui ? Il se moquait ? Ses papillonnements ridicules auraient pu arracher un cri de rage et de honte à la Flamboyante, n'était la petite bosse qui signalait un incendie d'une autre nature chez le rebelle. Ses joues se creusèrent en deux fossettes amusées tandis que l'éclat sauvage de ses yeux s'apaisait, à nouveau joueur, la lueur de désir non pas disparue mais au moins assourdie pour un temps. Joueuse, elle se pencha pour mimer un baiser qu'elle interrompit juste avant que leurs lèvres ne se frôlent, souffle contre souffle.

Sans crier gare, elle se redressa, ramassa ses biens d'une main, de l'autre prit appui contre le mur derrière Mordric et ce faisant, rapprocha dangereusement sa poitrine (à elle) de son visage (à lui), avant de se relever, se mouvant à nouveau avec la souple assurance qui était habituellement la sienne.


"Le p'tit soldat a l'air d'accord avec tes derniers mots", fit-elle d'un air goguenard.

Maintenant debout au dessus de lui, elle se décala pour éviter toute attaque fourbe et se rhabilla tranquillement, faisant mine de l'ignorer quelques instants, précieux instants qu'elle mit à profit pour achever son alibi et retrouver un semblant de calme. Dans ses veines, le désir battait encore plus fort qu'avant et la rendait plus fébrile qu'elle n'acceptait de le laisser voir.

Finalement, elle se détourna de lui et retourna à sa place.


"Dis-moi, pourquoi t'as fais ça ?" demanda-t-elle sans transition, avec une nouvelle pointe de colère dans la voix.
"Z'ont failli m'avoir, ces salauds. Pourquoi t'm'as dénoncée, Mordric ? C'était un d'tes p'tits protégés, c'est ça ? T'as eu peur que j'grignote sur ton territoire ?"

Toute occupée à sa comédie, elle ne remarqua pas tout de suite qu'il lui manquait une dague.
Mordric
La mamelle nourricière de son envie se retrouva à quelques centimètres de sa bouche, déclenchant en lui une violente pulsion mordante. Une pulsion si violente que son bas-ventre s'en tordit de douleur.
Les yeux emplis d'une passion qu'elle seule avait su embraser depuis longtemps, il la détailla d'en bas.


Oh tu sais, le p'tit soldat, vit sa vie... Même la p'tite blonde qui étaient avec nous sur la place l'autre fois réussissait à l'agiter. Ne te fie pas à lui, tu te surestimerais...

Encore une bravade, il voulait la pousser à bout. Voir enfin ce qu'elle avait dans le ventre.
Et puis ça l'occupait. Plus il embrouillait son esprit, plus il pouvait agir.
La belle n'avait pas ramassée sa dague et s'il voulait la récupérer, il devait agir vite.
La cacher sous sa jambe et la faire glisser en faisant rouler ses muscles sur elle. Il se couperait surement, mais la paille masquerait les pertes de sang. Avec de la patience il la remonterait à portée de main. Mais pour ça, il fallait la faire parler, gagner du temps.


Te dénoncer ?
Mmhhhh... Là il m'en faut plus.
Tu sais, je fais beaucoup de choses. J'ai mes affaires, ça me prend du temps et de l'esprit...
Tu n'as pas plus de détails ?


Un beau sourire. Le regard mélangé au sien, il captait son attention en se faisant velours.

Tu sais bien que je ne veux que ton bien ma douce...

La dague remontait sous sa cuisse. Lentement, douloureusement. Mais il ne se trahissait pas. La douleur il en avait soupé. Et puis le sang lubrifierait le passage. Il fallait juste ne pas s'entailler trop profondément.
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--Alissandre


Elle s'était éloignée, tant pour garder son contrôle que pour parfaire sa scène. Mais même de là où elle s'était réfugiée, elle sentait encore agir en elle l'attrait de cet homme, comme magnétique. Cet attrait qui l'avait fait plonger à demi dans la folie et qui menaçait à tout instant de l'y faire plonger tout à fait. Tudieu ! Elle n'allait tout de même pas le violer et perdre définitivement sa fierté ? Aucun homme ne lui avait jamais résisté, c'était peut-être là son seul charme, après tout ?

L'inexactitude de cet argument lui sauta aux yeux lorsque le Chapeauté, désormais tout velours, planta ses yeux dans les noisettes (les yeux hein !) de la Rousse : un frémissement délicieux lui parcourut la nuque. Si son petit soldat vivait sa vie, quel mal y aurait-il à en profiter ? Juste un peu ?
RHAAAAAAAAA !

Elle détourna le regard avec une colère non feinte, cette fois, grommelant quelques jurons bien sentis.


"L'marchand du Trèfle à deux feuilles et d'mi."

C'était un petit commerce dont tout le monde savait qu'il participait aux trafics locaux. Le nom étrange de sa boutique venait de ce que le trèfle - autrefois à quatre feuilles - avait été progressivement grignoté par les intempéries et les "accidents" provoqués par certains de ses clients mécontents.

"Quand j'suis allée l'voir, ses gardes m'attendaient... comme s'ils savaient déjà c'que j'voulais faire."

Elle ne mentait pas : elle avait bel et bien été victime d'un traquenard, doublée alors qu'elle avait essayé d'arnaquer l'arnaqueur et de tripler sa mise. Elle avait dû fuir pendant des jours avant de leur échapper, finalement, de justesse...
Cette pensée chassa momentanément toute idée de luxure et son front se barra d'un pli sincèrement inquiet.

Elle se tourna à nouveau vers le Chapeauté : la vision de cet homme débraillé se tortillant sur la paille lui provoqua un nouveau choc nerveux. Elle tiqua, son visage exprimant furtivement son conflit intérieur : cèdera, cèdera pas ?
Il était homme, elle était femme ; il était sa proie, elle était chasseresse. Qu'est-ce qui lui interdisait de mener le jeu aussi loin qu'elle le désirait ?
L'air moqueur du Chapeauté acheva de planter un poinçon d'envie dans les émotions de la Flamboyante : elle le voulait. Elle le voulait ! Elle voulait effacer ce sourire suffisant, elle voulait l'entendre murmurer son désir, grogner son plaisir... Elle voulait...

Sans réfléchir, elle était à nouveau de retour près de l'homme, accroupie à peu près au niveau où elle s'était assise peu avant, les avant-bras posés sur les genoux, la tête penchée sur le côté, son regard sombre planté dans celui du Chapeauté dans ce qui aurait pu être pris pour de l'intimidation ou de la colère.


"Parle", ronronna-t-elle presque.
Tu ne pourras pas parler, parce que je mens, songea-t-elle. Je sais que ce n'est pas toi. Tu ne pourras pas parler, et je vais pouvoir jouer avec toi, jouer à te faire parler. Je vais pouvoir t'asservir à mes désirs, toi qui a eu l'audace de me plaire.
Oh, laisse-moi jouer avec toi !
Mordric
En y repensant bien, il n'avait pas trouvé femme si séduisante depuis longtemps.
Elle n'avait rien à voir avec ces fraîches ingénues qu'il avait honoré récemment. Tout en elle inspirait à la sensualité... Le moindre glissement de sa chevelure sur sa nuque lorsqu'elle se penchait; le moindre frottement de sa poitrine sous l'étoffe de sa chemise; le moindre plissement de ses lèvres.
L'incendie le dévorait, mais il savait le masquer. Contrairement à elle, il avait l'habitude des parades, des manières de la haute.
Depuis des années il se mêlait à la bourgeoisie, la noblesse sans jamais qu'aucun de leurs membres ne sente la fange du bas-peuple sur lui.

Penchant la tête à son tour, il agrippa à nouveau son regard.


J'avoue tout... Dénonciations, chantages, filatures... Tout !
Je suis prêt à tout endosser ma douce pour te revoir.


Toujours aussi milieux, toujours aussi sucré, il se faisait gourmandise.

Pour tes beaux... yeux... Je serais même prêt à m'afficher comme étant de l'Hydre et des Lions de Juda devant Bentich...

Moqueur ? Un peu... D'ailleurs l'éclat de rire qui s'en suivit s'en tintait royalement.
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--Alissandre


Son sourire s'élargit de satisfaction, tandis qu'elle se laissa glisser en arrière, prenant appui sur les épaules du captif pour s'asseoir à nouveau sur ses genoux.
"Mercè*"
, murmura-t-elle avec des accents caressants au creux de la voix.
Oui, merci de me laisser jouer avec toi, merci de me fournir l'alibi qu'il me fallait. Tu es à moi, maintenant.

Son regard lumineux prit une légère teinte ambrée, tant son éclat sauvage et animal le faisait scintiller. Elle joua avec le couteau qui n'avait jamais quitté sa main, toujours inconsciente de l'absence de son autre dague, et en fit glisser la pointe contre la joue du Chapeauté, avant de la faire lentement descendre jusqu'à sa chemise.


"Tu mens. Mais c'est pas grave."

D'un geste vif, le couteau mordit dans la chemise et la déchira, traçant un très léger sillon sur la peau de son otage, qu'elle dévoila. Une petite perle écarlate se mit à en goutter tout doucement. La Féline poursuivit son jeu, tout en guettant les réactions de son prisonnier, son visage arborant désormais le masque d'une folie sensuelle et libérée de toute mesure. Était-ce un éclat de cruauté qui venait de traverser son regard ?
Une seconde perle apparut sur le torse à demi-dénudé de Mordric, au bout de la pointe de son couteau. Lentement, la Rousse se pencha et, du bout des lèvres, vint la cueillir en une douce caresse. Depuis quand n'avait-elle pas laissé libre court à sa folie ? Elle dont la survie était conditionnée par son talent pour plaire et se plier aux désirs de ses proies, depuis quand n'avait-elle plus écouté les siens ? Trop longtemps s'il fallait en croire le tambourinement sourd de son cœur et de son sang au simple contact de ses lèvres contre la peau masculine rendue rugueuse par la virile toison qui la couvrait. Elle en huma l'odeur avec avidité, les yeux mi-clos.

Puis elle se redressa et reprit son jeu, goutant du bout de la langue les restes de parfum métallique laissé par la goutte carmin.


"C'est pas grave, non. J'finirai bien par savoir c'que j'veux."

La chemise était maintenant réduite à l'état de lambeaux. Du bout des doigts de sa main libre, la Rousse entreprit de dégager les morceaux de tissus inutiles, lentement, méticuleusement, sans quitter le Chapeauté du regard. Il voulait jouer à l'indifférent ? Elle relevait le défi. Au fond, n'était-ce pas ce qu'elle avait attendu depuis tout ce temps ? Oui, elle allait briser sa carapace, libérer la bête cachée sous ce vernis de civilité qu'elle exécrait au-delà de tout; elle allait lui arracher son masque de suffisance et l'entendre supplier... Elle allait prendre ce qui lui était dû, ainsi qu'elle finissait toujours par le faire.
Toujours assise au niveau de ses genoux, sans la moindre considération pour l'éventuel inconfort de son siège improvisé, la Féline fit glisser le couteau un peu plus bas. La pointe de la lame joua un instant sur la ceinture puis vint effleurer la jolie colline qui se dessinait en contrebas.


"N'ai pas peur."

Tout son être au contraire respirait le danger, son sourire carnacier, son regard fou et fiévreux, ses gestes indolents et joueurs...
Crains-moi, car tu es à moi, maintenant !
Elle se pencha en avant et, tout en continuant son manège du bout de sa lame, captura d'un baiser enfiévré les lèvres du Chapeauté.


*Merci
Mordric
Chlac.

La Rouquine s'en était donné à coeur joie. Sa belle chemise n'était plus qu'un souvenir, déchiquetée et à en croire la position de la lame, sa folie destructrice allait s'en prendre à ce qui couvrait sa dignité.
Du moins l'espérait-il, l'éclat qui animait les prunelles adverses n'étant pas des plus rassurants, alors que le "chlac" espéré se produisit.
Tout ce temps il n'avait pas été inactif. Alors qu'elle massacrait sa chemise, lui, mutilait la face cachée de ses braies.
La dague avait finit par remonter le long de ses jambes, un peu par chance, probablement même par magie.
Le Chapeauté l'avait joué fine, réussissant même à masquer parfaitement les grimaces lorsqu'il s’entaillait la jambe. Mais l'important était que la pointe de la lame avait finit par pointer sous son séant et il n'avait fallut que quelques mouvement des bras pour y frotter les liens qui le retenaient.

Quoiqu'il en soit, la corde rompit à l'instant même où le baiser lui fut dérobé. Coïncidence ou non, magie ou pas, rêve ou réalité, cela tomba à merveille pour lui.
Sa ravisseuse semblait perdu dans un baiser passionné et de son côté il donnait un change parfait. Mordillements, coups de langue. Tout était là pour la divertir, attirer son attention loin de ses mains qui regagnaient l'avant de son corps alors que ses épaules hurlaient de douleur.

Alors que sa langue flattait celle de la rousse en une danse farouche, fuis moi je te suis, suis moi je te fuis, il ne pensait qu'a dévier la dague qui menaçait toujours son pauvre petit soldat désarmé. La bête avait beau être dure, elle ne pourrait pas dévier l'acier !

Il lui fallait une autre diversion... Et vite.
L'idée ne fut pas des plus brillantes, mais allez réfléchir vous avec une sculpturale rousse en chaleur sur les genoux qui vous embrasse tout en menaçant votre bien le plus précieux !
Quoiqu'il en soit, il mordit. Assez fort pour faire couler le sang et mettre un terme à leur échange salivaire...
Assez fort pour qu'elle se recule et qu'il puisse la faire basculer sur le dos en se jetant sur elle. Il espérait simplement que la dague serait déviée... Il priait pour ça même !


Quoiqu'il en soit, trop tard pour faire marche arrière. Il la dominait maintenant, couchée sur le dos, les mains du chapeauté sur les épaules, les jambes bloquées par les siennes elle ne devrait plus poser de grands problèmes. Restait à régler la question de son poignard.
Son corps entier le faisait souffrir le martyr, trop longtemps il avait tenu une position inconfortable. Il n'osait pas baisser les yeux pour voir s'il avait été transpercé...

Le regard plongé dans la folie de celui de la belle, il se contenta juste de lui murmurer:


Mais je n'ai pas peur ma douce...
_________________
--Alissandre


La morsure la fit sursauter de surprise, son poignard dessina une jolie courbe qui vint égratigner le ventre puis le côté droit du torse du Chapeauté tandis que celui-ci la faisait basculer sur le dos dans le même élan.

La Rousse ne réagit pas immédiatement. Comment aurait-elle pu se douter que ce fou se serait libéré de l'emprise pourtant solide de ses cordes et qu'en plus, il aurait l'audace d'agir alors même qu'elle menaçait sa plus grande faiblesse du bout de son couteau ? Mais elle n'eut pas le temps de s'en inquiéter.
Elle était désormais plaquée au sol, immobilisée par les épaules et les jambes, mais ses bras étaient encore libres, ce qui l'étonna profondément : à quoi jouait-il ? Se moquait-il d'elle au point de lui laisser entendre qu'armée ou non, il ne craignait rien d'elle ?

Comme pour appuyer cette idée, le souffle de son adversaire l'effleura tandis qu'il lui murmurait :


"Mais je n'ai pas peur ma douce... "

Elle retint avec difficulté le rire heureux qui vint lui chatouiller les côtes. Non, il n'avait pas peur, et la Rousse exultait d'avoir trouvé une telle proie !

Elle se lécha les lèvres et but les gouttes carmin qui s'en échappaient. La pointe de sa lame piqua le ventre du Chapeauté, juste assez pour qu'il mesure son erreur de ne pas l'avoir désarmée en la renversant, tandis qu'elle redressa la nuque sans crier gare pour lui mordre les lèvres en représailles.


"Et qu'est-ce que tu comptes faire, Mordric ?"

Les accents rugueux de sa voix résonnaient comme un appel, tout comme le jeu de ses jambes, dont la caresse sinueuse et lente semblait à la fois une tentative d'évasion et de séduction.
Mordric
La furie contenue sous son corps se fait faisait miel, pourtant il sentait son dard taquiner son ventre.
La guêpe avait encore un tour à jouer et il pourrait lui être fatal, pourtant il s'en moquait éperdument. Étrangement, il ne se sentait pas maître de ses actions, comme si à cet instant il n'était nullement responsable de ses faits et gestes... Comme si tout lui était dicté.

Le chapeauté se contenta alors de se pencher un peu plus vers elle, lui donnant un baiser mordant, alors que la lame le piqua un peu plus.
Ses dents ravivèrent la plaie qu'elles avaient laissée peu de temps avant.
Sa langue se glissa entre les lèvres de la Rousse, cherchant à flatter son opposée...
Puis lentement, il se redressa tout sourire.


Ce que je compte faire ma belle ?

Le sourire s'agrandit alors que sa cuisse vint se plaquer contre l'entrejambe de la féline. Opposant à son corps mouvant la dureté du sien, comme un ancrage, une invitation...

Mais seulement ce dont tu rêves... Simplement ça...
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--Alissandre


Un long frémissement d'anticipation lui traversa l'échine et les reins, lorsque le Chapeauté vint jouer de sa langue sur ses lèvres, et tenter de l'apprivoiser d'un baiser au goût encore ferreux. L'espace d'un battement de cœur, son corps entier s'était raidi, répondant au frisson de plus en plus intense qu'elle peinait à contrôler. Elle ne répondit pas au baiser, mais ses hanches le firent à sa place.

Elle le voulait.
Elle le haïssait de le vouloir autant.

Ce que je compte faire ma belle ?

Une cuisse masculine vint s'immiscer entre les siennes et lui arracha un soupire de protestation. La pointe de sa dague ne déviait pas.


Mais seulement ce dont tu rêves... Simplement ça...

Quelle arrogance ! Le sang de la Rousse bouillait de passion et de colère. Sa poitrine était soulevée par le rythme saccadé de son souffle contrarié. Sa bouche se tordit d'un sourire de mépris, aussitôt contredit par la langue, qui vint humecter ses lèvres. La pointe de la dague s'enfonça à nouveau un peu plus contre la peau du ventre du Chapeauté.

"Rien que ça... "


Quelle idiotie la poussait à refuser ce qu'elle avait si ardemment cherché ? L'arme menaçante tentait de repousser l'assaut tandis que ses jambes esquissaient de sensuelles caresses sur leurs consœurs masculines. Elle passa sa main libre dans la nuque du brun pour l'attirer à elle, glissant ses lèvres au creux de son oreille.

"Encore faut-il m'attraper pour ça, meu gat*."

Elle piqua encore un peu la lame déjà assez enfoncée dans la peau de Mordric pour le blesser, gardant son autre main sur sa nuque pour garder le contrôle. Comptant sur la douleur pour affaiblir l'homme, la Rousse tenta d'un coup de reins de renverser les rôles.

*mon chat
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