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[Rp] Nouvelles Bretonnes.

--Coursier.


    Les sabots de son coursier frappait le sol a vive allure, des mottes de terres gelées se soulevant derrière lui, provoquant des projections de boue sur le cavalier emmitouflé dans sa cape, il faisait grand froid. L'écharpe lui couvrant le nez avait été rendue humide par sa respiration, mais le froid était tel qu'a la surface elle avait gelée.
    Mais il en fallait plus pour arrêter Adrien. A la caserne on l'avait chargé d'aller trouver une princesse, pour lui annoncer une triste nouvelle.

    En effet, quelques semaines plutôt deux corps avaient été retrouvés, tous deux percés de part en part par des coups d'épée, acte signé par la plus triste et la plus injuste des armées, la Memento Mori.
    Lui, la jeune recrue a peine formée a l'art de la guerre fut envoyé. Alors comme porté par son cheval brun, Adrien courait vers la tristesse, lourd fardeau qu'il portait là.

    Il avait traversé de nombreuses places, de nombreux lieux, ainsi fut-il heureux quand enfin il foula la neige Limousine, Adrien avait fait un long et arasant chemin depuis la Bretagne. D'ailleurs son statu de Breton lui avait valut quelques jeux de chat et de souris avec les armées qui foulaient les terres du royaume de France.

    Mais Limoges était là, sous son nez. Si bien qu'il força encore un peu l'allure, ses mains engourdies de froids contractées autour des rênes, sa monture et lui même tremblant de fatigue, ils n'en pouvaient plus, mais leur tâche était d'importance, la Dame devait être mise au courant. Et ce sans attendre.

    Le Cavalier boueux se lança dans les rues de la ville, il chercha, demanda plusieurs fois son chemin avant d'arriver devant la demeure cherchée, une belle bâtisse, bien faites... Mais nous ne sommes pas là pour parler d'architecture.

    Adrien mit bottes a terre, enlevant son échappe congelée de son visage avec une grimace, ses joues rougies par la froidure lui faisant mal, il avait les lèvres gercées par le froid, il enleva sa capuche, releva un pans de sa cape sur son épaule pour dégager son bras droit. Lequel bras droit alla de sa main soulever le lourd percuteur de la lourde porte.

    Sautillant d'une jambe sur l'autre, le froid l'engourdissant totalement, tenant toujours son cheval par la bride, le coursier espéra qu'on vienne lui ouvrir, même si cela n'allait pas être drôle pour la Dame, lui au moins serrait au chaud.


Aldraien
Il y avait des jours comme ça, quand tout se passait bien ou presque, les choses ne pouvaient pas durer. Pourtant, la Malemort n’en est encore pas à se douter de ce qui se passait devant sa porte, et encore moins de ce qu’il avait pu se passer en Bretagne des jours auparavant. Cette partie de son passé qu’elle avait caché à tous ou presque allait ressurgir violemment dans quelques minutes seulement, mais pour l’heure, elle est tranquillement installée à son bureau, une bougie éclairant la lettre qu’elle est entrain d’écrire.
Elle s’est presque remise de la maladie qui l’a rongé pendant plusieurs semaines, et les couleurs ont repris leur place sur le visage de la Princesse. Si elle a été amaigrie, elle semble s’être remise à se nourrir convenablement et a repris des forces. L’échange de lettres avec sa sœur et la présence de sa fille à ses côtés y sont pour beaucoup. Elle commençait à se faire à l’absence de sa sœur, ou du moins la tolérait-elle. Elle ne sortait plus beaucoup pour autant, et passait la majorité de son temps devant une feuille où elle n’écrivait au final pas grand-chose, mais elle était au moins sereine. Il le fallait, pour le bien de l’enfant qu’elle portait et qui semblait clairement se montrer maintenant, sous le tissu de la robe simple que portait la trentenaire dans sa demeure.

Mais la chambre n’est pas l’entrée, et c’est cette dernière qui nous intéresse pour le moment. Le bruit qui venait d’émaner de la porte était sans appel : Quelqu’un était à l’entrée. Bien entendu, la Princesse ne se déplacerait pas pour voir de qui il s’agissait : sa demeure était presque comme un moulin mais en plus sophistiqué, si bien que les allers et venues étaient tout sauf rares. Entre les enfants, les précepteurs, les personnes qui travaillaient pour elle, elle n’allait pas s’étonner à chaque fois que l’on frappait à sa porte, et de toute façon, on viendrait la chercher si elle était concernée.
C’est donc l’un des jeunes valets qui travaillait pour la maison Cassel-Malemort-Carsenac qui prit le parti d’aller accueillir le visiteur.
Les gardes, présents à quelques endroits stratégiques de la demeure, ne manqueraient sans doute pas une miette de la scène, prêts à intervenir en cas de besoin. C’est qu’ils étaient entièrement dévoués au couple princier ceux là, et qu’une menace ne saurait être introduite sous leur toit sans être immédiatement éradiquée. Oui, il ne faisait pas dans le détail.

Le jeune valet ouvrit donc la porte à contrecœur, l’idée de faire entrer le froid dans l’agréable chaleur qui régnait n’était pas vraiment pour lui plaire, bien au contraire. Il n’ouvrit bien sûr pas plus que nécessaire, à peine assez pour pouvoir apercevoir l’homme qui se tenait derrière celle-ci. Enfin l’homme…Ca y ressemblait en tout cas, sous l’épaisse couche de glace qui le recouvrait. D’où venait-il, le bougre, pour être dans un état pareil ?
Pas du patelin d’à côté, en tout cas. Puis quelle idée, de garder son canasson à la main. Le valet fit signe à un des gardes de s’approcher, il allait mener la monture fourbue jusqu’aux écuries, Marcel s’en occuperait parfaitement, c’était son travail après tout, puisqu’il était Palefrenier. Puis, il s’écarta légèrement de la porte pour laisser sortir le garde, et entrer le coursier, avant que celui-ci ne lui claque de froid dans les bras ; il serait alors bien embêté.


- Laissez votre monture à ce garde, il va la mener à notre Palefrenier qui s’en occupera à merveille. Entrez donc, et expliquez moi la raison de votre venue. Vous semblez avoir fait longue route et être fatigué.

Doux euphémisme. Pour un peu, il aurait cru avoir vu un fantôme des neiges. Parfaitement que ça existait, surtout qu’il était superstitieux le valet. Les gardes, eux, toujours bien droits, observaient la scène, mains sur le pommeau de leurs épées. Comment ça, c’était pas la meilleure façon d’accueillir et de mettre à l’aise quelqu’un ?
Vous a-t-on déjà dit ce que faisait la Princesse des bretons qu’elle croisait ? Non, évidemment que non, sinon le coursier breton ne se serait pas risqué à l’intérieur de la demeure. Il fallait dire que les chapelets de dents bretonnes récupérées sur les ennemis de la rousse n’étaient pas exposés dans cette pièce, Dieu merci, ainsi, peut être le coursier ne serait il pas pris d’une peur bleue immédiatement, bien que bleu, il l’était déjà un peu, avec le froid.
Le valet fit quelques pas jusqu’à un meuble de bonne facture, duquel il retira une bouteille contenant un liquide fort convoité en Limousin & Marche, liquide qui se retrouva bien vite dans un verre, celui-ci tendu au messager.


- Tenez, de la prune, pour vous réchauffer un peu.
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--Coursier.


    Adrien crevait purement et simplement de froidure en attendant que l'on vienne lui ouvrit cette maudite porte. Jurant entre ses dents, il sautilla encore un peu sur ses pieds fort douloureux et resserra un peu plus sa cape autour de lui.

    Le breton allait de nouveau jurer quand soudain un trait lumineux le fit relever le nez de son écharpe.

    "Haaa Quand même !" Lâcha-t-il, avant de saluer comme il se doit le valet, a l'aide, bien entendu d'un salut fort militaire. Enfin on le laissa rentrer, il confia d'abord son destrier fourbu a un palefrenier, le remerciant chaudement. Puis faisant claquer ses bottes sur le seuil, il les débarrassa de la couche de neige et de glace qui avait prit leur quartier là.
    Le valet le laissa entrer et Adrien en profita pour se défaire de son échappe gelée et de sa cape toute aussi glacée, a croire que ses vêstures avaient décidés de jouer aux glaçons. Quant il enleva sa cape, le cavalier eut le surprise de voir les yeux du valet s'agrandir, il portait en effet un tabard frappé aux armes de la Bretagne et n'y avait pas réellement prit garde jusque là... L'idée lui vient qu'il aurait peut être dû en changer avant de venir traîner ses bottes dans les environs, ses réflexions métaphysique furent soudainement interrompues par un verre de prune qui lui arriva sous le nez.

    "Un grand merci!" Dit-il avant de vider d'un trait le verre, heureux de sentir la chaleur de prune de diffuser dans son ventre, se logeant tranquillement au creux de son estomac... Lâchant un soupire d'aise Adrien laissa un sourire s'étirer sur ses lèvres gercées. Mais soudain, il réalisa qu'il se tenait là depuis dix bonnes minutes sans rien dire ni rien faire... Alors se ressaisissant il regarda le Valet et dit:

    "Il faut me conduire a vostre Maistresse tout de suite. J'ai une nouvelle fort urgente a lui communiquer."

    Adrien hésita un moment et se racla la gorge avant de reprendre:

    "Urgente et Funeste. Alors il faut vite me mener a Elle, je n'ai pas fait quinze mille borne pour boire de la prune... même si elle est très bonne."

    Les habitudes de Soldat transpirait sous les paroles d'Adrien, et il regarda le valet avec insistance espérant que celui-ci aller vite vite le mener a son but.


Aldraien
Ah le gaillard ! C’est qu’il avait une sacrée descente le bougre, l’air de rien ! A croire que le froid hivernal donnait grand soif. Pour un peu le valet aurait pu prendre le jeune homme en sympathie s’il n’y avait pas eu un détail de taille. Breton. Cet homme était breton ! Et fou, aussi, pour avoir osé s’introduire dans la maison d’une Malemort ainsi vêtu. Ne tenait-il pas à la vie ? Ne l’avait on pas prévenu que la Princesse collectionnait les dents de ces êtres abjectes venus semer la pagaille dans le Royaume de France en proclamant leur pseudo-indépendance ?
Les gardes déjà avaient commencé à tirer les épées de leurs fourreaux, souhaitant faire regretter à ce jeune impertinent d’avoir osé venir les narguer jusque sur les terres du couple princier. Rapidement, le valet se retourna, leur indiquant d’un geste de se calmer. Il n’allait tout de même pas mettre du sang partout en l’étripant ! On voyait que ce n’était pas eux qui devaient tout nettoyer après !

Grinçant des dents, il se retourna vers le Breton pour entendre la raison de sa visite, et écarquilla les yeux. Voir Aldraien, en plus ?! Il était complétement fou. Enfin, breton et fou, c’était un pléonasme, n’est-ce pas ? Un breton était forcément fou, puisqu’il était breton.
Cliché quand tu nous tiens.
C’est qu’il insistait en plus, bien loin de se contenter de boire sa prune, il montrait clairement qu’il était pressé, et un breton pressé pouvait être dangereux, encore plus qu’un breton qui avait tout son temps. Evidemment, il fut perçu par les gardes comme étant une menace, qui se jetèrent sur lui sans plus de cérémonie. C’était louche tout ça, bien trop louche. La Princesse bien entendu n’avait strictement aucun contact en Bretagne, tout le monde savait ça. Ils étaient bien loin d’imaginer que là bas, derrière les frontières ennemies, une femme qui partageait la moitié de son sang avait péri sous les lames de mercenaires sans honneur.


- Dis donc mon gars, qu’est-ce que tu lui veux, à notre maîtresse, hein ? T’es bien trop pressé pour être clair, c’est louche si tu veux mon avis !

Il n’en voulait peut être pas, toujours est-il qu’il l’aurait. Le garde le tenait solidement par derrière, et d’autres s’étaient approchés de lui pour l’encercler, faisant un raffut à réveiller un mort. Le Valet, lui, s’était reculé, il savait qu’une fois les hommes dans cet état, il était quasi impossible de les raisonner et il n’était pas assez bête pour s’interposer. Cela faisait des mois que les soldats n’avaient pas eu d’ennemis à se mettre sous la dent et ils étaient affamés, de toute évidence. Ils allaient l’étriper, là, dans le hall d’entrée, et mettre du sang partout alors que tout était si immaculé.
Si le Valet avait été la Malemort, il aurait sans aucun doute marmonné, voir grogné, mais il se contentait pour le moment de rester en retrait.
En parlant de Malemort…On en voit toujours le bout du nez à cet instant très précis. C’est ainsi que quiconque aurait relevé la tête à ce moment, aurait pu voir la trentenaire avant d’entendre la voix autoritaire qui s’était élevée pour calmer les gardes.


- Il suffit, lâchez le, vous n’êtes pas des sauvages !

Le regard vif et sévère se pose sur chacun des gardes, qui reculent aussitôt tout en restant à bonne distance de l’homme dans le cas où celui-ci veuille porter atteinte à la rousse qui se tenait là et descendait précautionneusement les escaliers, sans pour autant lâcher du regard les hommes d‘armes.
Forcément, avec le bruit qu’ils faisaient, la propriétaire des lieux s’était bien doutée que quelque chose n’allait pas, et s’était déplacé pour voir de quoi il pouvait bien s’agir.
Sa ressemblance avec sa petite sœur ? Sans aucun doute les traits du visage rappelleraient ils quelque chose au coursier, pour un peu que celui-ci l’ait côtoyé. Mais pour l’heure, la femme est bien loin de se douter qu’on lui apporte des nouvelles de son sang, alors qu’elle n’a plus vu sa sœur depuis des années. Elle aurait d’ailleurs été bien incapable de dire de quand datait la dernière fois qu’elles s’étaient vues, sans aucun doute de l’époque où elle vivait encore en Lyonnais-Dauphiné.
Les mains soutenant son ventre bien rebondi à présent, la trentenaire était face à l’homme, bien qu’à quelques mètres de distance, les prunelles sinoples le détaillèrent, et se plissèrent en voyant le tabard aux armes de la Bretagne.


- Que voulez vous ?
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--Coursier.


Le coursier se fit cueillir comme une fleur des champs, bien sur il se secoua un peu pour lutter contre les deux malabars, il se résigna envoyant surgir l'éclat d'une lame, grognant, il releva le menton, les yeux pétillants de rage.

Lâches! Je ne suis même pas armé !

Soudain une femme apparut, drapée dans une dignité qui forcé le respect, elle toisa les gardes, leur intimant de lâcher le pauvre gus.
Le dict gars ramena violemment ses bras, en reprenant possession de ses mouvements, puis poli, il s'inclina, le bras droit placé en travers de la poitrine.

Ma Dame. dit-il simplement, le Breton en se redressant la détailla, elle était grosse, et la nouvelle n'allait pas lui faire plaisir, le brun rechigner a annoncer une telle chose ainsi en publique mais il n'avait a l'évidence pas le choix, on ne lui laisserait pas mettre le bout de sa botte plus loin dans la demeure ennemie.

Je viens de la part d'une dame. Nommée Lameduroi. Je dois m'assurer que vous la connaissez avant de vous faire part d'une nouvelle.

Le Breton lança un regard a la Dame, se demandant si la dame n'allait pas juste le mettre dehors a coup de botte, et il se maudit de porter les armes de la Bretagne, il ne aurait certainement pas dû faire cela...

Aldraien
Lâches, les hommes ne l’étaient pas. Ils avaient appris depuis longtemps qu’un breton, même sans armes, n’était jamais tout à fait inoffensif ; ils avaient été formés dans les préjugés, dans ces idées reçues qui nourrissent la haine entre les peuples. Ces hommes d‘armes nourris par la rancœur, bien que remis à leur place par la Dame de cette demeure, n’en restaient pas moins sur le qui-vive, prêts à intervenir au moindre geste malvenu de l’homme. S’ils n’étaient pas forcément délicats, ils étaient fidèles, et c’est-ce qui comptait le plus pour l’ancienne Capitaine de la Compagnie d’Ordonnance, la loyauté. Impulsifs, ils l’étaient sans doute trop, mais après tout mieux valait être trop réactif que pas assez, aussi la Malemort passait elle au-dessus de ce défaut sans trop s’en préoccuper.

Mais elle, qui avait vécu de nombreuses batailles, qui avait tué bon nombre de bretons, et qui avait une collection impressionnante de chapelets dentesques ; contre toute attente, n’avait pas cet a priori concernant les bretons. Elle en avait rencontré des crapuleux, mais elle en avait aussi aimé un, du plus profond de son cœur, et elle avait sauvé la vie d’une autre, sans contrepartie ; preuve qu’elle n’était pas si sanguinaire qu’elle voulait bien le faire croire. Même si avoir la faiblesse de donner une chance aux bretons n’était pas toujours une bonne chose, loin de là.
Face au coursier donc, aucune animosité ne transparaissait, tout juste y avait-il une certaine méfiance qui se dégageait d’elle, n’ayant pas pour habitude de faire confiance au premier fou arrivant dans sa demeure vêtu aux armes de la Bretagne.

Enfin elle se méfiait jusqu’à ce que l’homme prononce le nom qu’elle n’avait plus entendu depuis des années. Lameduroi. Surprise, la Malemort défigura le coursier. Comment pouvait-il savoir le lien entre les deux femmes, s’il ne connaissait pas Lame ? Elle d’ordinaire si stoïque laissait apparaitre une expression qu’on ne lui connaissait pas : la stupeur.
Elle se rapprocha d’un pas de l’homme breton.
Si elle avait pu le secouer pour qu’il lui dise la raison de sa venue, elle l’aurait sans doute fait. Qu’avait il de si important à lui annoncer pour être venu de si loin et ne pas avoir eu recours à un simple pigeon ? Était-il arrivé quelque chose à ses neveux, à Lorette ? Pire ? Le regard qu’elle lance au breton est sans appel : il vaut mieux pour lui qu’il révèle ce qu’il sait, et très vite !


- Qu’est-il arrivé à ma sœur ?!

Oui, sa sœur. La fille de son père, née d’un malheureux adultère. Etienne Chanteloup était du genre coureur de jupons…Il a réussi à engrosser la pauvre mère de Lame lors d’un de ses voyages d’affaire et l’avait ensuite abandonné, comme il l’avait sans doute fait avec d’autres. Les deux sœurs s’étaient ensuite retrouvées dans la ville de Montélimar, en Lyonnais-Dauphiné, et s’étaient reconnues par le plus grand des hasards, grâce à un détail qu’elles seules pouvaient connaître.
Puis leurs chemins s’étaient divisés et avaient pris deux directions différentes, pour ne pas dire opposées, et elles s’étaient perdues de vue durant de très longues années. Lame était partie dans un endroit inconnu de la Malemort, et même son réseau d’information pourtant efficace n’avait pas été en mesure de la retrouver, si bien qu’elle avait été absente lors de son mariage.
Lame…

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--Coursier.


    Notre pauvre cousier sentait bien les regards pesant dans son dos, les malabars ne l'aimaient vraiment pas... Le brun renifla son dédain, puis se concentrant sur la Dame de la maisonnée, il entendit sa petite phrase, mais surtout reçut son regard glaciale ...

    Mal a l'aise, le breton fit jouer ses mâchoires, hésitant plusieurs fois, mais la dame semblait n'avoir aucune envie de partager la nouvelle dans un lieu plus calme, surement qu'elle estimait trop dangereux le jeune soldat.

    Vous la connaissez donc bien... Dit-il la voix hésitante, il poursuivit pourtant sur le même ton calme: He bien Madame, il y a deux semaines de cela nous avons eut plusieurs attaques par une armées de brigands.

    Adrien regard la dame, inquiet, mais elle en imposait tant, qu'il se racla a nouveau la gorge, et poursuivit:

    Suite a ces attaques, nous avons trouvés une chose macabre en campagne. Deux corps d'adultes, une femme et un homme... Et trois petits enfants, deux garçons d'a peu près le même age, 8 ans peut être, et une fillette de 3 ou 4 ans...

    Rien que d'y repensait le jeune homme en pâlit, la découverte avait été abominable, l'armée faucheuse n'avait épargné personne. La mémoire du Breton serait marqué a jamais par l'image, les deux adultes s'étant a l'évidence interposés, protégeant leurs enfants, la femme avec sa fille dans les bras, et l'homme a l'avant. Tout deux morts épées a la mains...
    Le coursier gigota un peu, pour retrouver ses esprits, et glissa la main dans son tabard, là, il y trouva un petit bout de papier, quelques mots a peine griffonné.

    L'on m'a fait venir jusqu'ici grâce a cela.

    Le brun jeta un coup d'oeil par dessus son épaule, au cas ou les gardes aient l'idée de lui sauter au collet mais non, si bien qu'il s'approcha de la dame restant bien a distance, il lui tendit le bout de papier, il l'avait lut bien sur... Et il savait ce qu'il y était écrit:

    Citation:
    A Ma Soeur Aldraien,

    Ald'... Voila des années que je ne t'ai point écrit, tout cela m'as manqué, nos passes d'armes, nos...


    Rien d'autre... Un grand gribouillage, le papier était tout froissé, déchiré, a l'évidence la personne l'ayant écrit n'était pas allé au bout, c'était un brouillon, mais pas que, il avait été mal mené par la pluie, le voyage... Si bien que le vélin était brun sale, mais on pouvait encore lire les quelques mots tremblant et a l'encre presque effacée.

    Pour éviter de se faire réprimer, Adrien recula, sagement il attendit que la Dame réagisse, le laisse partir ou lui demande plus de détail...







Aldraien
      « La mort est un ennemi supérieur en ombres »
              André Ruellan
Non…

Non, il ne devait pas en dire plus. Il ne devait pas continuer son histoire de bataille, elle savait d’ores et déjà que celle-ci se finirait mal, il ne pouvait en être autrement. Les batailles ne finissent jamais bien, elle le savait pour en avoir vécu toute sa vie. Mais comment le faire taire ? Déjà les muscles de la Malemort sont tétanisés par l’angoisse d’apprendre la macabre nouvelle ; elle sent chaque partie de son corps se préparer à recevoir de plein fouet la terrible annonce.
Une claque.
Toute la famille de sa petite sœur…décimée. Ses neveux, sa nièce, son beau-frère. Assassinés sauvagement. Le coup reçu lui coupe la respiration, et elle recule jusqu’au mur le plus proche pour s’y adosser. Le haut-le-cœur qui la prend alors qu’elle imagine son propre sang coulant dans la campagne bretonne, des corps sans vie de sa famille la plus proche.
Le regard figé, elle ne dit rien, ne fait pas un geste, sinon celui de porter une main contre son ventre. Un regard extérieur l’aurait peut-être jugé sans cœur, stoïque, en observant le visage de marbre de celle que l’on considérait froide et hautaine, mais une personne la connaissant aurait remarqué dans les prunelles toute la détresse qui était la sienne à cet instant, lorsque les lèvres enfin s’ouvrent pour laisser échapper un murmure, les cordes vocales déliées grâce à un moment de répit salvateur, qui n’allait sans doute pas durer très longtemps.


- Non…

La parole suit la pensée et il faut bien le dire, elle ne pense pas à grand-chose à ce moment. La vision des corps aimés gisant dans la campagne lui vrille le cerveau, à la rendre folle. Mais ce n’est pas fini, non…Le coursier n’en a pas terminé avec elle. D’une main tremblante, elle prend le bout de papier sale qu’elle avait pris a priori pour une vieille lettre écrite par un tiers.
Non…
Les mots sont lus une bonne dizaine de fois avant qu’enfin elle ne comprenne réellement. Ce sont là les derniers mots de sa sœur…pour Elle. Après des années sans pouvoir se parler, elle lui écrivait…Pour lui dire Adieu. Les prunelles se brouillent tandis que les images des fameuses passes d’armes, dans la taverne même, lui reviennent. Ses jeunes années à Montélimar, la découverte de leur lien de parenté, leur vie ensemble.
Non.
Ce n’était pas possible, elle ne pouvait pas être partie ! C’est la rousse la soldat, la casse-cou, celle qui va toujours au devant du danger peu importe les conséquences ! C’est elle qui aurait due partir en première, pas Lame ! Pourquoi…


- NON !

Et elle explose. Les larmes coulent sur les joues à présent, alors qu’elle adresse un regard plein de reproche au coursier, messager de mauvaise augure. Elle ne veut pas à y croire, et pourtant, tout son corps réagit à la nouvelle ; elle tremble comme une feuille alors que son hurlement de déni inonde la demeure, à réveiller des morts.
Si seulement…
Au bord du malaise, la Malemort se retient au mur porteur ; son regard embué obstinément braqué sur le sol tandis que la peine saline se répand sur ses joues, jusqu’à son menton, avant de plonger dans l’immensité du vide. Petite sœur…Il faut qu’elle sache. Deux respirations, deux sanglots. Un murmure interrompu par une recherche de respiration, envolée on ne sait où, comme son aisance à s’exprimer, comme la prestance dont elle faisait preuve quelques minutes avant à peine. Devant le coursier, c’est une mère, une sœur, une tante, qui est en deuil de son propre sang, de sa propre vie ; de son passé.


- Quelle armée…Où…Les corps…où sont-ils ?
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Mahelya
[Dans une chambre à Saint Julien]

Rosa, Rosa, Rosam, Rosae, Rosae, Rosa...(*)

Devant son petit écritoire, la jeune Rouquine étudiait les déclinaisons latines. Non pas qu'elle en avait fondamentalement besoin, elle connaissait et parlait déjà cette langue, mais la Flammèche désirait s'y perfectionner et pourquoi pas en devenir une experte. Et puis, il faut dire aussi que cela lui permettait de passer le temps, quand, comme aujourd'hui, elle se retrouvait seule, sa Mère étant occupée autant que son Père, et Guilhem en train de jouer avec ses nouveaux amis, ses frères à elle quoi. Même Harchi n'était pas là, le valet était parti à Limoges pour s'assurer de l'état de la maison qu'ils occupaient avant le déménagement.

Un petit soupire s'échappa des lèvres purpurines, alors que ses émeraudes vagabondaient, en quête de jolis paysages à explorer, sur les vitres de la fenêtre de sa chambre. L'esprit s'envolait vers des contrés lointaines. Elle s'imaginait, cheveux au vent, juchée sur Ezildur. Une étincelle aventurière toujours par monts et pars vaux. Imagination d'une vie différente mais en était-elle seulement capable ? il y a quelques mois ? oui sans doute, aurait-elle pu tout quitter pour se perdre sur les chemins du royaume de France. Mais à présent sa vie avait un nouveau sens, et un nouvel horizon s'ouvrait à elle.

Elle en était là de ses pensées quand soudain un cri à en réveiller les morts déchira le silence lourd de sa chambre. Un sursaut et la Rousse bondissait de sa chaise en quête de la source du son. La voix, qu'elle avait bien évidement reconnu comme celle de sa Mère, lui faisait froid dans le dos, laissant courir le long de sa colonne vertébrale un inconfortable frisson de peur. Quelques chose se passait et sa Mère en souffrait. Pas le temps de se poser la moindre question. En passant la porte, l'Incandescente se saisit tout de même de la poignée ouvragée de sa dague. Si c'était une agression, elle serait armée ! Elle ne savait pas se servir d'une dague ? oui sans doute, mais peu importait, le bout qui pique transpercera l'autre et ça sera bien assez. Pour l'instant. Elle courait Mahelya, elle courait, quand elle aperçu enfin la silhouette, habituellement majestueuse de sa Mère, qui cette fois-ci semblait vaciller sous le poids ... Sous le poids de quoi ? Soudain le raisonnement des petites chausses sur la pierre fraîche de la demeure se ralentit. La jeune fille observe. Sa Mère tremble, sa Mère pleure.


- Mère !

Sans attendre d'avantage la jeune fille se rua sur elle, afin d'essayer de lui apporter du soutien. La Rousse adulte pliait sous le poids d'une tristesse sans fond. Les larmes ruisselaient sur ses joues. Interloquée la jeune Étincelle ne savait que faire, elle se contenta alors de servir d'appuis. Glisser la main autour de la taille arrondie d'Aldraien et de se faufiler sous son épaule. Le poids de la Mère reposerait sur la fille. Le petite main fine qui enlaçait la taille finit sa course bien à plat sur le ventre de la Malemort. Mahelya avait ainsi l'impression de s'assurer que le futur bébé ne serait pas trop secoué. Mais qu'en savait-elle au fond ?

- Mère je suis là ! Que vous arrive-t-il ? Mère ! calmez-vous ! Je suis là ! Je vous en prie !

Les réponses de l’intéressée tardaient à venir. Normale me direz-vous. Comment pouvait-il en être autrement ? Les prunelles vertes se mirent alors à glisser sur chaque personne présente dans cette salle. La Flammèche chercherait elle-même les réponses à ses questions. Les émeraudes détaillaient tout le monde, des pieds à la tête, les regards, les visages, les expressions, jusqu'à s'arrêter enfin sur une silhouette inconnue. Les fins sourcils roux se froncèrent quelques peu.

- Vous !!! Que lui avez-vous dit ? Que se passe-t-il ? Qu'a-t-elle ?

Le ton n'était pas sec, juste emplit d'angoisse, qu'avait-il pu dire pour mettre sa Mère dans un tel état ?

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(*) déclinaisons latines de Rosa qui signifie Rose.
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