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Février 1460.

[RP] Sur les quais de la Lez

Actarius
Le rp est ouvert, il y a des places de libre dans l'auberge



Le froid, inhabituellement glaçant, semblait avoir dépouillé le quai de sa vie. Les temps glorieux s'étaient écoulés trop vite. Loin déjà le temps où la Grande Gênes mettait tout en oeuvre pour empêcher l'expansion de cette petite ville, née de l'union de deux villages. Loin le joug bienveillant de l'Aragon et de Majorque. Loin cette douce odeur d'épices orientaux, ce fourmillement de gros bras déchargeant les entrailles d'une véritable puissance commerciale, deuxième ville de France. Loin l'aura culturel, le prestige d'une université reconnue au-delà des bornes occitanes. Loin le fleuron méridional du Royaume de France. Loin la foule bigarrée des marchands, des bateliers, des voyageurs. Plus que le bruissement cristallin du paisible Lez et les craquements de quelques foncets, survolés parfois par les éclats de voix de quelques irréductibles badauds égarés par hasard. Le port Juvénal n'avait plus rien de ce qu'il avait été. Autrefois, ouverture sur Aigues-Mortes et la Méditerranée, il ne ressemblait plus aujourd'hui qu'à un refuge de pêcheurs et de quelques marchands ambulants. Sans doute lui était-il préféré le port de Lattes, un peu plus au sud.

En ce jour pourtant, il y régnait un peu de cette vie de jadis comme un souvenir de ces puissants arômes orientaux. Comme chaque deuxième lundi du mois, un marché tout de même bien fourni, qui expliquait vraisemblablement que le quai ne fût pas réduit à l'étage de ruine et où s'agglutinaient les "rescapés" des faubourgs montpelliérains, quelques bourgeois soucieux de faire affaire, des serviteurs des nobles gens animés par leur devoir d'approvisionnement, redonnait au quai une aura de plateforme commerciale. Comme chaque deuxième lundi du mois, étaient déchargées ou chargées nombre de caisses et de tonneaux en provenance ou à destination de Saint-Dionisy. Comme chaque deuxième lundi du mois, un capitaine et son second se retrouvaient attablés non loin de ce quai, dans une auberge étonnamment bien tenue, avec un homme. Les trois personnes buvaient, mangeait et négociaient. Mais contrairement à chaque deuxième lundi du mois, l'homme n'avait rien à voir avec l'affable et habile intendant du Vicomte du Tournel. Même s'il était assis, on pouvait lui deviner sans peine une haute taille coupée par de solides épaules. Ses traits n’avaient plus rien de la jeunesse qu'arboraient Joan. Ils paraissaient taillés dans le granit du temps et semblaient tous converger vers une forme de sévérité encore accentuée par une barbe diablotine et une chevelure épaisse, lâchée en mèches aventureuses mais courtes. Le regard était farouche et pas franchement cordial. Ce qui s'expliquait par la profonde méfiance que l'homme en question nourrissait à l'égard de tout ce qui se déplaçait sur deux jambes et provenait de la botte.

Non, Actarius, puisque il s'agissait bel et bien de lui, n'aimait pas ces gens-là. Ils en payaient certains pour son commerce, mais ne le faisait jamais en personne et toujours à contrecœur. Mais ce lundi-là, le puissant feudataire languedocien avait dérogé à la coutume. Il s'était déplacé en personne pour une raison bien précise, un changement dans l'itinéraire habituel, un détour à faire. Dans son souci de bien se faire comprendre sur l'importance de ce détour, il avait décidé de se présenter lui-même à ce rendez-vous mensuel. Il menait la discussion avec un ton impérieux porté par son attitude austère et négociait donc sans concession.

Sa voix bien que puissante était totalement couverte par une bruyante tablée de quelques inconnus, dont les éclats de voix, les rires gras et l'accent insupportablement provençal irritait un Phénix qui abhorrait avec plus de ferveur encore les voisins félons que les deux Génois auxquels ils s'adressaient. Plus loin encore, un bourgeois dévorait son morceau de gras avec appétit. Légèrement bedonnant, il ne pouvait qu'inspirer une forme de sympathie tant son visage trahissait de cette naïveté joviale si propre aux jeunes imbéciles à qui la vie réussissait. Sans doute, avait-il fait un bon profit ou une acquisition intéressante pour s'empiffrer avec un tel sourire de contentement. Fort heureusement, il n'était pas dans le champ de vision vicomtal et avait le bon sens de savourer son met silencieusement, car il serait peut-être devenu cette fameuse goutte d'eau. Il devait y avoir en tout et pour tout une dizaine de table qui se dressaient dans une grande salle commune. Cette vaste pièce rectangulaire, spécificité du lieu, débouchait sur un large comptoir derrière lequel, outre la charmante tavernière aux traits hispaniques, s’élevaient deux escaliers. L'un menait à une porte qui elle devait ouvrir sur les chambres, l'autre amenait à une mezzanine qui offrait un espace suffisant pour quelques tables supplémentaires, dont celle du Vicomte. L'ensemble était lumineux et n'avait rien du glauque qu'on aurait pu attendre non loin d'un port tombé en désuétude. L'auberge de Belena Sangria, baptisée "La Catalane", commençait même de se faire une petite réputation dans la capitale languedocienne.

Sa propriétaire était la soeur d'une véritable figure de l'ombre en Languedoc, Maria Sangria, autrefois tenancière de l'Antre des Artistes. Elle avait elle aussi quitté son Hispanie pour le Languedoc et sous le conseil de sa soeur s'était adressé à un ancien directeur du CLE. De cette rencontre, étaient venus les moyens de réaliser ce rêve: posséder sa propre auberge. Généreux, le même homme à l'allure antipathique ? Oui, on le surnommait d'ailleurs parfois le Coeur d'Oc. D'ailleurs, que se disait-il autour de cette table ?


Capitani ! Vous ne comprenez pas. Vous n'avez qu'à suivre le trajet habituel. Vous rejoignez la Méditerranée, Marseille, vous remontez le Rhône, comme d'habitude. La lassitude et un certain agacement consécutifs à de multiples répétitions des données de l'équation étaient palpable dans le ton. Vous déchargerez la cargaison habituelle à Lyon dès votre arrivée et je vous demande simplement de vous assurer qu'une partie de cette cargaison, les deux caisses marquées, soit déchargée deux jours plus tard, quand Joan et son escorte seront arrivés. Donc, d'attendre deux jours de plus à Lyon. C'est pourtant simple grogne bleu !
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Mhayri
En retard.
En retard et stressée.
Une bourrasque blonde pénétra dans l'auberge dans un vent glacial qui fit grogner les plus proches des battants de porte. Elle ne prit pas la peine de s'excuser - d'ailleurs était-ce bien sa faute s'il faisait si froid dehors et si chaud dedans ? - et fouilla immédiatement les lieux d'un regard inquiet. Etaient-ils là, déjà ? Les avait-elle ratés ?
Un frisson d'angoisse lui parcourut l'échine à la pensée qu'elle avait peut-être échoué. La vision d'horreur de ce qui l'attendait de retour au Castel Comtal lui parût bien trop réaliste à son goût.

Elle s'avança dans la salle, allant pour rencontrer la propriétaire et lui demander des nouvelles des gens qu'elle attendait, lorsqu'elle tomba sur un tableau peu ordinaire. Trois personnes marchandaient, visiblement, et c'était chose fort commune finalement dans un tel lieu sur le port de Montpellier. Mais que l'une d'elles fut le très honorable Vicomte de Tournel, Pair de France et tout un tas d'autres choses, la laissa un instant pantoise. Que faisait-il donc là ? Certes, l'établissement n'était pas mal en point, voire même très soigné, mais tout de même !

L'hésitation la tint en place quelques instants : la curiosité le disputait à l'humilité, car si elle prenait de plus en plus l'habitude de cotoyer l'entourage d'illustres personnages, elle n'en demeurait pas moins plus à son aise dans leur ombre que face à eux. Dans ses fantasmes de paysanne, il lui semblait toujours que toute cette splendeur provoquerait immanquablement l'apparition du Dragon qui allait toujours de paire avec les Princesses et les nobles Chevaliers, comme dans ses comtines d'enfant : la Saurèla ne pouvait se départir de l'idée que le Dragon attendait son heure pour apparaître en grandes pompes.
Certes, on avait vu des angoisses plus terre à terre, mais que voulez-vous ? Grande rêveuse devant le Très-Haut, elle était pétrie de ces croyances pas très orthodoxes qui lui coloraient la vie en technicolore (ouaip). Son hésitation était d'autant plus grande qu'à cet instant, le Dragon semblait prendre forme dans le regard courroucé du Vicomte.

Elle prit finalement la décision d'appeler un serveur d'un signe de tête tout en désignant la table du Vicomte pour leur commander à boire, avant de s'y diriger elle-même. Elle s'arrêta à proximité et plongea dans une profonde révérence, ses longs cheveux blonds en profitant pour dégringoler par dessus ses épaules.


"Senhèr Vescoms."

Sur quoi elle attendit patiemment qu'on l'invite - ou pas - à se relever.
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--Julyan
Rha qu'ça caille ici...
Foutue saison...


Sur les quais, la température était glaciale et les hommes souffraient. Notre homme plus que les autres.
Il n'était pas marin lui. S'il déchargeait des caisses et des tonneaux, ce n'était que parce qu'il n'avait rien trouvé d'autre pour vivre.
Voilà bientôt deux ans qu'il avait trouvé refuge à Montpellier et s'était caché dans son anonymat.
Même pas besoin de changer de nom. Des Julyan, il y en avait plus d'un par le comté...


Foutus italiens, pouvaient pas accoster un jour plus doux ?

Il pestait, grognant insultant cette foutue cargaison qu'il devait décharger. L'entrepôt du comptoir commercial regorgeait déjà de dizaines de ces marchandises, quel intérêt y avait-il à le garnir encore ?

Parfois il regrettait le Gévaudan de sa jeunesse. Il regrettait les bois et les pâtures. Il regrettait sa famille...
Mais il avait du partir; tout abandonner lorsqu'il s'était déshonoré; lorsqu'il était devenu la honte de son village.


Le navire finit par être vidé. Occupé à ruminer son calvaire, il ne s'était pas rendu compte de l'état de sa tâche.
Frottant ses mains, l'une contre l'autre dans l'espoir de se réchauffer, il se dirigea vers le contremaître. Quelques écus, quelques deniers. De quoi vivre pour la journée et mieux revenir le lendemain.
Quelques écus qu'il irait dépenser dans quelques minutes pour quelques bouchées d'un pain ou quelques cuillerées d'une soupe.
Quelques écus seulement; pour mieux dépenser les quelques restants dans quelques chopes de bières.


A d'main...

Un grognement mêlé de claquements de dents, à peine audible, destiné à un contremaître qui s'était déjà désintéressé de lui.
Qu'importe...
Ses pas le menaient déjà vers la taverne.


L'alcool le réchaufferait.
Oh oui, l'alcool, l'aiderait. Il noierait rapidement les souvenirs qui remontaient à la surface. La honte, le déshonneur. Les conséquences d'une guerre maudite qui l'avait plongé en enfer. Cette campagne en Provence où il s'était montré soi disant montré pleutre.


Ils n'y étaient pas eux... Ils n'ont rien vus... Ils n'ont pas sentit la puanteur des cadavres... Le charnier... Le Seigneur tombé...

Ses mains tremblaient alors qu'il les posa sur la porte. Les effluves de bières l'appelaient et déjà il recouvrait son calme alors qu'il pénétra l'auberge.

Salut la compagnie !

C'était un cri presque joyeux. Passer les murs de l'établissement suffisait parfois à dissiper ses maux. Entrer ici était la promesse d'un oubli rapide et d'un confort provisoire.

Du regard, il balayait la pièce, cherchant un complice de beuverie; un voyageur perdu à qui soutirer quelques tournées; une donzelle à charmer. Mais la scène qu'il aperçu le stoppa net dans son élan.
Une blondinette presque agenouillée devant une tablée, en une révérence qui de dos laissait presque songeur.


Tiens, ils ont changé les prestations de la maison ?

Il avait murmuré, amusé, s’adressant à lui même.
Les yeux toujours posés vers elle, il avançait vers le comptoir, plus que quelques pas avant la délivrance. Quelques chopes avant l'ivresse.
Mais une fois de plus l'élan fut coupé; ses jambes faillirent l'être aussi.

L'objet de toutes les politesses... La Tempête d'Euphor...
En quelques secondes tout lui revint en mémoire.
Les Tresses, la chute. La fuite, Joan. La Tente du Phénix, le regard du Vicomte. L'annonce d'une mort, la recherche d'un corps. La folie d'un homme, la colère d'un démon. Le déshonneur, une autre fuite.
Une vie brisée pour un mourant qu'il avait abandonné... La honte... Sa vie.

Ses mains reprirent leur tremblement. Jamais il ne fuirait assez loin. C'était une certitude.
Il mit quelques instants avant de se rendre compte qu'il continuait à fixer la scène; qu'il finirait par attirer aussi l'intention sur lui. La Tempête de Sienne ne le reconnaîtrait peut-être pas, mais il ne voulait pas courir se risque. Il détourna vivement la tète et s'approcha du tavernier.


A boire... Fort... Vite...
Actarius
Le Mendois s'escrimait encore à faire passer son idée pourtant simple dans les deux têtes qu'il considérait désormais tout à fait comme adverses. Il avait essayé les gestes, les indications à l'aide des pichets et des godets, il avait même baragouiné dans ce foutu verbiage de voleurs patentés ou, dans le meilleur des cas présents dans son esprit, de mercenaires sans scrupule. Mais rien, rien n'y avait fait. A croire, qu'il avait hérité de deux véritables tranches génoises. Son regard roula sur la table, désespéré, tandis que ses mains la quittèrent et enserrèrent ses tempes malmenées par la contrariété, si bien qu'il ne vit pas approcher la blonde Nîmoise. Fort heureusement, elle eut l'ingénieuse idée de parler, ce qui ranima instantanément le Vicomte. Cette voix, il la connaissait et l'apprécia soudainement comme jamais auparavant. Elle résonnait juste, elle résonnait d'oc. Un soutien !

Ah ! Mhayri, soupira-t-il de joie tout en portant un regard bienveillant sur la belle prostrée. Attitude qui lui valut une familiarité toute euphorique. Grogne bleu ! Redressez-vous, nous ne sommes ni au Louvre ni dans un quelconque autre Castel, mais dans une auberge. Et dans les auberges, les gens qui me connaissent et que j'apprécie m'appellent Actarius et ne se plient pas devant moi. Mais ce ne fut pas tout: tout aussi sérieusement, l'oeil désormais interrogatif et le visage toujours fermé, le Magnifique - un autre de ses surnoms - poursuivit. Si vous vous débrouillez en italien, non seulement, je vous pardonne, mais en plus je vous invite à ma table ! Voilà qui était dit.

Avec un soupçon de chance, la demoiselle avait côtoyé quelques voyageurs de cette maudite botte, qui n'étaient que trop nombreux et depuis trop longtemps - toujours selon lui - sur les routes languedociennes par le passé. Elle devait venir du sud, de la région de Nîmes où elle habitait. Du moins, l'espérait-il. Aussi avait-elle eu potentiellement plus d'occasions que lui de frayer avec cette engeance. Tel fut l'espoir auquel il se raccrocha.

Tout suspendu à la réponse qu'il était, il ne remarqua pas, et ce fut là une forme très avancée de ce qu'on appelait communément "heureuse coïncidence", l'homme qui venait d'entrer et qui était désormais servi d'un puissant alcool, selon son souhait, par la belle Sangria. Le malheureux, éperdu de peur - à raison -, était allé jusqu'à la considérer comme un tavernier. Pourtant, et c'est là une occasion en or de nous arrêter sur cette femme, la moindre des formes de l'hispanique tenancière hurlait son appartenance à la divine gente. A plus forte raison qu'elle arborait comme sa soeur en son temps, des habits de bohémienne. Des tissus légers, virevoltant gaiement autour d'atours puissamment suggérés. Le blanc de son chemise légèrement décolletée pour mettre en avant le teint naturellement hâlé de sa douce peau. Le rouge de sa longue jupe et du bandeau qui tenait sa chevelure de jais, qui se serait sans conteste abattue jusqu'à la chute de ses reins, pour rappeler ses lèvres envoûtantes. Le noir éclatant de ses chausses délicates pour inviter à remonter cette désirable silhouette jusqu'à ce regard profond et farouche.

Un tavernier ? Oui, le bougre ne s'appartenait plus. Il devait même être tétanisé pour ne pas avoir fui dès lors qu'il sut que le Vicomte était présent. Car, de fait, en demeurant, il jouait avec sa vie, ni plus ni moins. Lui qui avait commis le crime de laisser pour mort un ami, un ami que le Phénix avait définitivement perdu, malgré d'éphémères retrouvailles des mois plus tard. En certaines circonstances, les colères du dit volatile pouvaient être littéralement meurtrières. Il fallait savoir, mais trop peu le savait. La perte de cet ami pouvait sans conteste être rangée du côté de ces "certaines circonstances". Julyan l'ignorait peut-être et pourtant il en avait eu un petit aperçu. Mais fort heureusement pour lui, le Mendois ne l'avait pas vu.

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Mhayri
Tout à fait inconsciente de l'attrait qu'avait eu son postérieur pour le nouvel entrant ni de son rôle prépondérant dans sa sauvegarde, la Saurèla se redressa avec un sourire émerveillé aux paroles du Vicomte de Tournel. Il la reconnaissait ! Mieux encore : il avait dit qu'il l'appréciait !
La blonde était aux anges, en attestait son air radieux et enchanté. Jusqu'au moment où il lui exposa les raisons de sa présence et sa requête. Parler l'italien ? Elle ? Son sourire se fâna un peu, à peine maintenu par réflexe.


"Euuuh..."
Le visage fermé et le regard perçant du Magnifique lui firent déglutir la réponse qu'elle avait sur le bout des lèvres : le voilà, le Dragon n'était pas loin !
Elle toussota pour masquer son hésitation et demanda, d'une voix qu'elle espérait calme, car malgré toutes les assurances du Vicomte, elle ne donnait pas cher de sa caboche si la réponse ne lui plaisait pas.


"Auriez-vous de quoi écrire, Senhèr Vesc... Senhèr Actarius ?"

Car la blonde avait une idée en tête : le commerce qu'elle effectuait pour l'intendance comtale l'avait forcée à développer sa débrouillardise à des niveaux exemplaires. Parler italien ? Pas de soucis, elle allait dessiner italien ! En espérant que, comme d'habitude, son sourire et ses manières feraient le reste.
D'ailleurs, elle glissa aux deux compères génois un onctueux sourire en attendant la réponse du Vicomte.

C'est à ce moment-là qu'arrivèrent les chopes qu'elle avait précédemment commandées. D'un geste naturel, elle fit le service, incluant sans façon le Vicomte et ses deux hôtes, de sorte qu'ils se sentent suffisamment bien disposés pour la suite des négociations : réflexe professionnel que la blonde avait rapidement développé au contact de sa Maîtresse.

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--Julyan
La peur engendre parfois des réactions absurdes.
Tel le faon qui guette le nobliau en chasse par exemple. L'animal ne fuira pas instantanément parfois. Il se contentera de lever la tête, l'herbe dépassant de sa mâchoire dans une mastication suspendue. Quelques instants d'inertie qui lui seront fatal.
Dans cette scène, Julyan était le faon; Tournel, le nobliau; la seule chose qui le sauvait était l'arbre.
L'arbre blond, car la plante bien que jeune, n'était pas verte.
La jeune Saurèla occupait l'attention du Vicomte et c'était tant mieux.
Il pouvait espérer; se cacher; passer inaperçu. Après tout, leur précédente rencontre datait et le Tressé était mort. Noyé, même, disait-on. Peut-être que Tournel ne se rappellerait plus de lui...
Peut-être pas...

Quoiqu'il en soit, l'appel de l'alcool était trop fort.
Julyan ne pouvait se résoudre à partir tant que la boisson ne lui donne un quelconque courage, il était devenu soûlard.
A tel point que pour lui, peu importe qui servait son verre. A vrai dire, il n'avait pas reconnu de suite la tenancière.
Il n'était pas homme à femme; pour lui, point de profil plus beau qu'un autre chez elles.
Tout ce qu'il aimait, c'était qu'elles remplissent son verre d'ivresse assez vite pour qu'il se plonge dans une euphorie libératrice.


Un autre...

Il venait tout juste de reposer le verre. Il l'avait vidé d'une traite, sans se soucier de ce qu'il ingérait. A peine le temps de le porter à ses lèvres, déglutir la liqueur pour en redemander.
La paye de la journée ne lui servirait pas à se nourrir. Pas aujourd'hui.
D'ailleurs sa faim s'était évaporée. Il avait soif... Seulement soif.
Il voulait oublier cette vision de la Tempête de Sienne. Cet éclat du passé où l'ire du Vicomte avait faillit le tuer. La noyer dans l'alcool...
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