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[RP] Allons belle enfant, cueillir la rose qui nous guette.

Khy
    « Tel court au danger qui n'oserait l'attendre. » Duc de Lévis.

Il a le goût de ces hommes que le Très-Haut lui-même n’oserait affronter.
Elle les connaît, ces monstres. Elle les a vus sévir, lorsqu’elle était encore à Orléans, & que sa mère tremblait sous la bestialité de certains. Fille de catin, enfant des rues, & chevronnée dans l’art de flairer le danger. Et de s’y engager, par la même.

Oui, il a cette saveur âpre & intense de ceux à qui l’on ne peut rien refuser. Elle l’a senti dans la violence du baiser imposé, alors que ses mains fermes la tenaient immobile. Elle s’est souvenue, encore, de ce maquereau abject qui la forçait à ouvrir ses maigres cuisses & à accepter les coups comme une offrande qu’il lui faisait.

Elle les a crus semblables. Mais Hélios est bien pire ; puissant, sombre, hargneux & agressif.
« Qu’il crève », vous dirait-elle, la senestre tremblante & le regard mauvais.

C’est d’ailleurs dans cette optique qu’elle le chasse, tel un animal enragé, depuis le début de l’après-midi. Elle a troqué ses lourds pans de velours contre une chemise & des braies, assorties d’un mantel de faible qualité qu’elle a emprunté à l’Alix, sa servante. Comme seule arme, dans sa senestre agitée, une petite dague au pommeau gardant les traces d’anciennes pierreries incrustées, sans doute revendues ou perdues.

Ses bottes de cuir claquent sur les pavés, résonnant dans la ruelle vidée de son agitation. Ruelle en coude, impasse au bout, elle s’en souvient. Il ne se doute de rien. Elle y croit, elle en est sûre, son coup ne peut pas rater.

Elle continue son chemin, le dépassant bientôt en rabattant la capuche du mantel sur ses mèches brunes qu’elle a voulu détacher, pour se croire plus invisible. Son bras droit, en écharpe, dissimulé par les pans de tissus, se crispe d’angoisse à l’idée de le manquer.

Pas le droit à l’erreur, en aucun cas, jamais.
Foncer au devant du danger pour mieux survivre, encore. Et ça lui réussit plutôt bien, à la brunette balafrée. Après tout, elle est toujours en vie.

Les phalanges blanchissent sur le manche de la dague, le coup partant, agile & vif, presque puissant, guidé par la colère de s’être sentie violée en un seul baiser. Et l’ordre de claquer l’air putride & glacé de l’impasse en cette fin de journée :


- Crève !
_________________
Helios_
- Qu’on ne t’y revoit plus, pourriture !

La porte de la taverne se referma dans un claquement, laissant l‘Hélios seul, à moitié avachi contre un mur, pitoyable : il vociférait son trop plein d‘alcool.

Les temps étaient durs. Autrefois prince des bas-fonds, propriétaire des plus fameux bordels d’Orléans, l’Hélios n‘était plus que l‘ombre de lui-même, errant sans but, tel un gueux, dans les quartiers berrichons désertés. Trahi, berné, et laissé pour mort, il ne devait sa survie qu’à un heureux concours de circonstances : une ribaude ayant eu la bonté de le trainer chez elle et de le restaurer, pour mieux lui voler ses derniers deniers. A présent, aussi sûrement qu’il n’avait plus rien, il n’était plus rien. Un tel constat s’imposait de lui-même. Malgré tout, le Penthièvre tentait de relativiser, comme si… il restait un infime espoir de voir encore la vie lui sourire. Etranges pensées d’un homme brisé, qui s‘était bassement laissé consoler par la dernière chose qui lui restait : l‘ivresse. L’ivresse de la détresse.

Il s‘essuya la bouche de sa manche, misérable, et se releva, toujours adossé contre ce mur. Il toussa grassement. L’effluve d’alcool engourdissait encore ses sens, le contraignant à demeurer ainsi, le temps de maitriser le léger flottement qui le parcourait. A présent, il lui fallait rentrer. Mais la perspective de retrouver une bicoque vide le répugnait. Il lui fallait de la compagnie. Il porta sa main à sa bourse pour la soupeser, et constata avec un certaine satisfaction qu’elle était suffisamment ample pour se faire plaisir.

Il cracha, et se redressa sur ses jambes crottées, prenant la route du premier bordel. Il avait une démarche chaloupée; marchant d’un pas hésitant. Il tenait d’une main, son manteau resserré contre lui, tandis que de l’autre, il veillait à ne pas heurter les murs; traversant lentement ruelles abandonnées. Il faisait glacial. Mais l’air frais eut cet effet appréciable, celui de faire disparaitre ses nausées. Au bout d’un temps, il put avancer sans frôler les murs.

Le bordel se rapprochait, se dessinait presque, lorsqu’au détour d’une impasse, une ombre se dressa devant lui. Dague à la main, elle fusa, dans un cri.


- Crève!!

Surpris, et le regard encore voilé, il tenta de se dégager. Trop tard. Le fer approchait. Il l'heurterait. Il crut son heure arrivée; mais les poignets qui tenaient l’arme du crime étaient bien trop maigres pour commettre l’irréparable; la dague n’entaillant que sérieusement son épaule, sans s’y plonger, lui arrachant malgré tout un hurlement de douleur.

En vie. Il était en vie.... C'était la seule chose qui lui importait; et pour l'heure, l’ombre allait payer. Immédiatement, il la plaqua contre le mur et saisit le bras meurtrier pour lui faire lâcher la dague. Il força. L'autre refusa, s’obstina. Il n'eut pas d'autres choix. Un de ses poings heurta le ventre, puis le visage de l'encapuchonné. Frappa. Et frappa. Jusqu’à ce que l’arme tombe enfin au sol. En vie. Il souffla. L’avait-il maitrisé ? Rien n'était moins sûr... Une seule question restait à éclaircir. D’un geste, il retira la capuche de l’ombre, et tomba nez à nez avec une jeune fille... Celle-là même qu’il avait outragé, quelques heures plus tôt.


- Toi!?
Khy
Le coup qui s'enfonce au creux de son ventre lui arrache un grognement étouffé. Elle n'a pas même le temps de reprendre son souffle que le poing vient heurter les courbes de son visage, frappant jusqu'à ce que la douleur lui fasse lâcher sa dague.
Dague qu'elle tente de récupérer dans un soubresaut vain, plus effrayée à l'idée de la perdre que de perdre la vie.

Mais elle l'a manqué.
C'est ce qu'elle se dit, enfin, alors que la main masculine vient ôter la capuche qui lui masque les traits.
Il est vivant, bien que blessé. Il est vivant, & il l'a blessé, si bien qu'elle se demande déjà comment expliquer à sa tutrice & à son oncle le bleu qu'elle sent poindre sous sa joue balafrée & les perles de sang s'échappant de son nez abîmé & de sa lèvre fendue.
Et sa frustration prend le pas sur la peur d’échouer, & de périr à la place du brun.


- Ouais, moi !

Elle ne trouve rien de plus intelligent à dire, en vérité, & c'est pour cacher cette faiblesse qu'une glaire sanguinolente s'échoue lamentablement sur la joue marmoréenne de l'Hélios.
Un sourire narquois accompagne son geste, flottant sur les lèvres ensanglantées de l’adolescente, tandis que ses émeraudes sombres détaillent les traits durs qui lui font face.
Sa gorge maigre tressaute sous un ricanement malsain, tandis qu’elle le fixe, sournoise. Vipérine. Blessée.


- J’te l’ai dit ordure. Ce soir, tu crèves !

Elle se débat à nouveau, serrant le poing pour libérer son poignet meurtri, pour s’éloigner de ce corps menaçant qui la révulse.
La douleur même ne l’arrête pas.

Et l'illumination vient, avec son genou qui use de tout l'espace qui lui reste pour frapper violemment l'entrejambe masculine.
Elle saisit sa chance pour s'emparer de sa dague, s'agenouillant pour reprendre son souffle.
De sa senestre armée, elle tente d'essuyer le sang qui suinte sur son visage, ne réussissant qu'à l'étaler un peu plus. Visage qui aurait pu être aussi beau que celui de sa mère si seulement elle ne s'acharnait pas autant à l'avilir.
Elle se redresse enfin, pointant maladroitement sa dague sur l'Hélios, titubant légèrement des coups qu'elle a reçu.


- T'as osé... Osé... Me toucher... Alors que...

Alors que je m'étais juré que ça ne recommencerait plus. Plus de coups, plus de caresses déplacées & de baisers forcés, plus d'abus, plus rien. Alors que j'avais juré de ne me donner entière qu'à mon blond. Mon tendre blond.
Tu as osé tenter de détruire mes rêves, mes espérances, aussi fausses puissent-elles être. Alors que j'avais fini par ne plus être une simple fille de catin.
Tu mérites de mourir, voilà. Parce que tu me rappelles d'où je viens.


- T'es qu'une ordure, une ordure, une ordure ! Tu devrais.. avoir.. honte..

Paroles oiseuses & vaines, qui laissent percer plus de détresse que de colère.
Son sourire narquois se déforme, ne laissant plus qu'un rictus de douleur sur les traits juvéniles.
Et un ordre de s'échapper à nouveau de la gorge frêle, appel déraisonnable & suicidaire :


- Bats-toi ! Bats-toi si t'en as les tripes !
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