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[RP - Janv] Emilla et Gautier : Où le vent les portera.

Gautier.de.vaisneau
[Aux cuisines]

Il n'y avait pas un bruit. Du moins dans la tête du brun, aucun bruit ne franchissait la bulle qui les entourait et rien de venait les troubler. Le contact du bras et de la main était agréable, autant que quelques instants plus tôt; il appréciait la qualité de peau d'Emillia. Elle paraissait si fragile que Gautier faisait attention à tous ses mouvements pour ne pas la blesser et la casser.

Avant le Boudoir, nous 'appartenions' à la Rose Noire et la Dame Rouge en a fait mon 'instructeur'. C'est ... compliqué.

Son... instructeur ?! Gautier espéra très fort que ce fut un instructeur pour lui apprendre à devenir serveuse. Mais il avait comme un gros doute. Dans un bordel, ce n'était guère ce genre d'enseignements que l'on offrait. Et Jules n'avait pas l'air très raffiné, au contraire d'Emilla.* Mais il ne posa pas plus de question, Emilla ne semblait pas très encline à répondre plus en détail et il ne souhaitait pas lui faire remémorer des désagréables événements. Le brun passa sa main de libre derrière sa tête, dans ses cheveux, comme il faisait habituellement par gêne...

Parvenu aux cuisines, le jeune homme ouvrit finalement la porte. Il neigeait. Gautier aimait la neige et prenait cette météo pour un signe favorable. Sauf que ce jour là, elle s'accompagnait d'un vent polaire et le froid s'engouffra rapidement dans la pièce. Le Vaisneau jeta un regard à Emilla pour remarquer qu'elle n'était pas plus chaudement vêtu que tout à l'heure. Il referma hâtivement la porte se mit dos à celle ci (la porte), comme pour contrer l'effet du froid.


Tu ne te couvres pas ?


Parce que bon, mourir alcoolique parce que son amant l'a trahi, passe encore mais mourir d'une grippe, c'est quand même con.

*Quand il y a des jugements de valeurs, ce sont généralement ceux de Gautier, pas les miens.
Emilla
[Aux cuisines]

Emilla ose un regard vers Gautier et le voit se frotter maladroitement les cheveux, désemparé par sa réponse. Elle ne sait trop comment réagir alors, impulsivement, elle s'approche tout prêt, dépose le souffle d'un baiser maladroit sur sa joue et retourne vite fait à une position convenable pour deux jeunes gens dans un couloir vide. Elle ne sait pas trop ce qui lui a pris, une manière de dire merci de ne pas l'avoir regardée avec une mine horrifiée à son explication.*

Elle le suis aux cuisines et se fige quand il ouvre la porte. Fichtre qu'il fait froid! Une bise s'est levée qui glace encore plus les sangs que le froid lui même et acquiesçant de la tête à la question, elle attrape son lourd manteau de laine vert pour s’emmitoufler dedans, ne laissant que ressortir son regard incertain et le bout de son nez. Après tout, elle quitte le Boudoir en pleine nuit, sans avoir rien rangé, avec un parfait inconnu juste parce que ses vers, son sourire et ses yeux lui rappellent un passé si lointaine où la vie n'était pas aussi dure ou l'enfance la protégeait encore de la dure réalité des choses. Elle ne retournera jamais là bas. Elle en a été chassée, sa mère n'a rien fait pour la retenir. Elle a appris à vivre et s'en sortir mais elle en est devenue cette jeune fille discrète et méfiante, peu causante et triste. Tout ce que Gautier a su faire voler en éclat sans même le vouloir. Alors elle rabat un peu plus son col pour se tenir au chaud et lui tend la main.

Allons y.



* Parce que les ados, ça a le droit de penser n'importe comment, c'est pas eux, c'est les hormones!
_________________
Gautier.de.vaisneau
[Dans le froid]

Il rougit à peine. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi ce baiser mais il ne s'en plaindrait pas. De toute façon, il ne connaissait absolument rien aux femmes et il ne cherchait plus à comprendre. A présent il vivait sans trop se poser de questions et ça avait l'air de plutôt lui réussir. Gautier sourit de la voir emmitouflée dans son manteau vert. Vert. Décidément, le jeune femme avait du gout, elle mettait beaucoup de vert, autant sur son manteau que sur ses yeux.

Main tendue, il la prend et ouvre la porte pour s'avancer dans la neige. On n'y voyait pas grand chose mais la lune les éclairait pas mal et Gautier n'eut aucun mal à repérer le coche qui était resté là depuis son arrivée au boudoir. Acelin s'y trouvait, grelottant de froid. Les voyant arriver, le valet écarquilla les yeux de surprise.


- Déjà ? Mais... vous en ramenez une à là...
Soupire, quelques fois les indiscrétions du valet exaspéraient Gautier.
- Tais toi.

Le jeune homme sourit à Emilla et lui ouvrit la porte du coche. Il s'y engouffra après elle. Il n'y faisait pas beaucoup plus chaud qu'à extérieur mais ils étaient confortablement assis et protégés du vent.

Où veux tu aller ? Aimerais tu visiter l'Hotel Volpone ? Je fais mes études d'avocat là bas.

Sourire. Il n'oubliait pas l'heure tardive mais quoi de mieux que de braver les interdis ?


Sauf si tu préfères aller directement chez moi ou faire autre chose.

Chez moi était un bien grand mot. Il louait plutôt une chambre quand il était à Paris.
Le brun observait Emilla, souriant toujours.


Enfin... peut importe où nous irons.

Bien qu'il penchait pour lui faire visiter l'Hôtel Volpone qui leur réserverait surement bien des surprises.
Emilla
[Dans le froid : toi et moi]

Il prend sa main et l'entraine. Elle en saute presque le pas de la porte et a l'impression d'avoir commis à la fois le pire des crimes et de se lancer dans la plus palpitante des aventures. Tout avait une saveur particulière. La lune faisait briller la neige et nimbait tout d'une lueur pâle, faisant ressortir le teint opalescent de la jeune fille. Un sourire un brin conquis vient ceindre les lèvres d'Emilla qui en rougissant noue ses doigts à ceux de Gautier. Elle se fiche bien du froid et d'où il l'emmène car elle est avec lui, le jeune homme fou qui l'a enlevée au Boudoir. Devant eux un coche, un valet. Emilla en reste pantoise. Mais qui est il donc?

- Déjà ? Mais... vous en ramenez une à là...

Emilla rougit sous l'insulte voilée et se cache un peu derrière Gautier, craintive. Tout le monde la prendra t'il pour une catin à accompagner ainsi Gautier. Etrange sensation que de se sentir sale d'une chose que l'on ne fait même pas. Mais déjà il lui ouvre la porte et lui fait signe d'entrer avant de la suivre. Ici le vent froid ne les atteint plus et elle en sent d'autant plus la chaleur de sa main dans la sienne.

Où veux tu aller ?

Emilla se tourne vers lui et le regarde attentive de ses yeux émeraudes. Les propositions diverses l'intriguent d'autant plus qu'elles lui révèlent des pans de ce qu'il est. L'Hotel Volpone, élève avocat, chez lui... Euh... Chez lui, des mots qui font monter un rougissement à ses pommettes. L'Hotel Volpone sera surement plus sage et rassurant.

L'Hotel Volpone sera très bien. Si cela ne te dérange pas de me faire découvrir un peu de ton univers. Après tout, tu connais en grande partie le mien.

Emilla sourit avec une pointe de malice dans le regard. Montre moi où tu vis, bel inconnu. Peut être que connaitre ton quotidien me permettra de reprendre pied et de ne plus avoir la sensation de me perdre complètement sous chacun de tes regards. Par tous les Saints, que m'as tu donc fait que je risques tout pour te suivre ainsi dans la nuit. Je t'en supplie, ne me fais pas souffrir alors que je t'ouvres mon âme comme à personne. Je ne m'en remettrais pas. Prends soin de moi et je t'offrirai plus que tu ne le soupçonnes. Tu es si....
_________________
Gautier.de.vaisneau
[Quand il fait froid, mon coeur est chaud; quand il fait chaud, mon coeur est froid.]

Cela lui plaisait. D'être responsable d'elle, en quelques sortes. De devoir la protéger. Qu'elle soit... si faible. Même s'il était bien loin de se l'avouer. Bien loin d'avouer ou de s'avouer que cela lui donnait plaisir. Et Gautier avait comme l'impression qu'elle revivait en dehors du boudoir. Grand sourire, va pour l'Hôtel Volpone alors. Il avait établi un code avec Acelin. Il tapait une fois contre la séparation en bois : il s'arrêtait; deux fois : il ouvrait la petite fenêtre en bois pour se faire entendre de Gautier; trois fois : il se rendait à l'Hôtel Volpone. Gautier frappa donc à trois reprises contre la séparation en bois et le coche démarra.

Et le jeune homme repporta son attention sur Emilla. Il ne souriait plus particulièrement mais son regard et son visage laissait transparaitre sa joie. Il ouvrit doucement la main d'Emilla, sans forcer, et du bout du doigt traça des sinuosités sur sa main. Il ne donnait pas l'impression de déplacer son doigt au hasard, uniquement pour la caresse mais semblait tracer des chemins, sur de lui. En continuant cela...

Tu ne ressembles en rien à une catin. Je suis désolé. Il venait de passer longtemps dans le froid, sans doute avait il perdu une bonne partie de ses capacités de reflexion.

Puis, doucement il referma la main d'Emilla et la serra doucement entre les siennes. Ils arrivaient.
Emilla
[Sur les routes pavés de Paris, mon coeur cataclope]

Emilla aimait le sentir maitre de leur escapade, sous sa protection, libre et guidée à la fois, sans contrainte que de découvrir à chaque minute milles nouveaux petits détails de lui. Cette manière quand il se concentrait à transmettre la destination à son serviteur de changer de visage, pour prendre celui neutre et un peu froid qu'il avait eu face à Jules. Marque de sa noblesse, il entrait dans le rôle de son rang. Et il l'impressionnait en ça, réminiscences d'un passé révolu et tapi au fond d'elle, si loin si inaccessible presque incongru dans son passé, comme s'il n'était qu'un rêve... Père...

Mais déjà Gautier la ramenait à l'instant présent en lui coupant le souffle. Il avait repris sa main mais pour y aventurer un doigt sur sa paume qui semblait vouloir graver dans sa chair avec douceur un message muet. Sans pour autant sourire, son visage entre l'enfant et l'homme reflétait un plaisir d'être là avec elle, et c'est tout ce qu'il fallait à Emilla pour la rendre heureuse... Heureuse, étrange sentiment qu'elle avait un peu oublié ces derniers temps et dans lequel il la replongeait l'air de rien, du bout des doigts.

Tu ne ressembles en rien à une catin. Je suis désolé. Il venait de passer longtemps dans le froid, sans doute avait il perdu une bonne partie de ses capacités de reflexion.

Emilla l'écoutait et sur son visage vint naitre un sourire un peu timide, un peu attendri.

Tu n'as pas à l'excuser, la situation prêtait à confusion, je le réalise bien. Il n'est pas le premier à se tromper. J'ai mis du temps à faire comprendre sur le marché que je n'étais pas une fille à vendre et que je ne négocierai pas ainsi des denrées pour nous nourrir. Mais désormais, je fournis les étaliers en herbes séchées que je récolte et que je prépare suivant différentes recettes médicinales que m'a appris une Rrom durant ma jeunesse. Ca nous permet de troquer et de manger un peu mieux.

Emilla se mord la lèvre en réalisant qu'elle se confie si naturellement à lui sous la caresse envoutante de ses doigts sur sa paume. Il referma enfin sa main et l'enveloppa des siennes, protection chaude et rassurante, sentiment de possession étrangement captivante. Mais le Carrosse déjà ralentissait, et par la fenêtre du coche, elle entraperçut dans l'obscurité de la nuit, un grand bâtiment luxueux. Ils étaient visiblement devant un des grands hôtels particuliers de Paris. Cette escapade était une folie, et en plus elle devait s'avouer qu'elle y prenait grand plaisir!


Direction les Dragons!
_________________
Gautier.de.vaisneau
[Plus tard, les quartiers riches de Paris.]

Le de Vaisneau vivait plutôt dans la simplicité. Quel intérêt d'avoir un grand hôtel Parisien pour y vivre seul ? Il n'avait aucun problème financier et dépensait généralement sans prendre conscience de l'argent qui filait. Les problèmes, de ce point de vue là, arriveraient plus tard. A Paris, le jeune homme louait une chambre dans un riche hôtel. Il y demeurait une bonne partie de l'année et c'est là qu'il emmena Emilla. La pièce n'était pas immense mais elle était chaleureuse. Les sols et les murs étaient tapissés, le bureau finement sculpté, le lit spacieux, deux chandelles accrochées aux murs et une cheminée tout juste allumée par Acelin éclairaient la pièce. L'éclairage donnait un petit côté intime et tranquille à la scène. Lui, il se sentait bien, au chaud, et avec elle. Elle, Emilla. Que faisait elle ici ? C'était une bonne question. Gautier tentait de se rappeler ce qui les avait amené à être si proches, en si peu de temps. C'était comme naturel. Il voulait juste être avec elle. Tout l'attendrissait chez elle, tout était à chérir, à aimer, c'était plus fort que lui.

Le brun avait retiré le manteau de laine des épaules d'Emilla, avait passé ses deux bras autour d'elle, à hauteur de ses hanches, comme une sorte d'étreinte légère et joyeuse, avait planté son regard d'azur dans le sien puis sourit.


Cette fois ci, nous sommes vraiment chez moi.

Manière de dire qu'ici personne ne viendrait interrompre la scène la plus romantique du monde.

Tu veux boire quelque chose ?

Et voilà que c'était à présent l'inverse. Lui proposant à boire à la petite serveuse alors que quelques heures plus tôt, les rôles étaient inversés.
Emilla
[Une chambre dans Paris, un petit univers pour eux deux]

Ils avaient retraversé Paris et elle n'avait pas même fait attention à la route. Le panier pour le Boudoir était dans un coffre sur le coche. Acelin veillait dessus même s'il était resté interloqué de les voir ressortir de Volpone avec un panier de victuailles en pleine nuit : drôle de lieux pour des courses! Non, la route n'avait pas réussi à atteindre ses pensées. Il n'y avait que sa main qui tenait la sienne, les regards échangés dans la pénombre et un silence sourd et pourtant si agréable. Et puis le coche avait ralenti. Il l'avait aidé à descendre comme si elle était spéciale. L'avait guidée avec délicatesse, retiré avec douceur son manteau de laine verte. Il avait glissé ses mains à sa taille plongeant ses azurs dans son regard troublé. Il y avait une chambre autour d'eux, elle l'avait entre aperçue. Mais elle n'était pas encore prête à se concentrer sur ce lit spacieux si près d'eux, sinon elle perdrait toute contenance. Heureusement, il parla enfin et elle put songer à autre chose que les lèvres qui prononçaient les mots qui formaient cette phrase, à autre chose que la chaleur de ses mains sur ses hanches, à autre chose que cette envie incontrôlable de faire disparaitre la distance qu'il y avait entre la chemise sur son torse et le corset qui tentait de contenir les battements emballés de son coeur vaincu, captif, à ses pieds.

Boire? Je... Tu as du vin?

Problème pourtant, il va devoir la lâcher, et elle va devoir se trouver une contenance, et ça c'est pas gagné!
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Gautier.de.vaisneau
Boire? Je... Tu as du vin?

Demander à un Bourguignon s'il a du vin ! Ah, quelle insulte ! Sourire amusé, elle ne savait même pas qu'il venait de Bourgogne. Elle ne savait tellement rien. Et il ne savait tellement rien. Il voulait tout savoir, tout connaitre, tout découvrir, dans tous les sens du terme, d'ailleurs. A regrets, il assit Emilla sur le fauteuil près du feu, sortit une bouteille et un verre d'un petit buffet et servit la brune. Il posa ensuite la bouteille sur le bureau et tendit le verre à Emilla. Il ne l'avait pas trop rempli car elle avait déjà bu au boudoir.

Il vient de Bourgogne. Semur plus précisément. Je vis là bas une bonne partie de l'année.


Non, il ne précisa pas que la bouteille venait d'une réserve de la mairie qu'il avait "volé" de par sa fonction de maire. Gautier ne s'était pas servi, il n'avait pas soif. Le jeune homme s'assit à côté d'elle, sur un second fauteuil.


Merci, tu m'as offert l'accès à deux beaux procès.

Ah oui, lui avait bien réussi sa soirée. Une jolie fille et une punition qui ressemblait plus à une marque de faveur.

Cette fille possède un véritable don pour m'énerver.
Tu connais Tibère, donc ?


Relancer la discussion tout en glanant des informations qui lui seraient très certainement profitable. Joindre l'utile à l'agréable. Même si l'agréable aurait été de ne pas perdre l'intimité qui les liait quelques instants plus tôt.
Emilla
[Chambre de Gautier]

Il lâche sa main et elle reste là, au milieu de la pièce, se sentant fragile et brulante à la fois. Mais c'est pour mieux la guider... vers un fauteuil. Soulagement discret et petite pointe au cœur mêlés, elle le suit en se disant qu'elle est folle d'être ici, au milieu de la nuit, dans la chambre d'un inconnu, à sa merci et pourtant si confiante. Elle ne se reconnait pas, elle qui édifie toujours tant de barricades pour se protéger des autres. Elle en est là de ses réflexions quand il glisse un verre dans ses doigts et ses jades se relèvent pour lui sourire tandis qu'elle hume le breuvage.

Ainsi il vient de Bourgogne. Les vins y sont bons, elle a pu le constater et elle trempe donc les lèvres avec plaisir dans son verre. Guère raisonnable. Elle a déjà bu ce soir. La fatigue, l'alcool et cette échappée surréaliste, tout ceci commence à étourdir ses sens et elle se cale plus confortablement dans le fauteuil, abandonnant une chausse au sol, pour glisser un peton dénudé sous ses jupons.

Merci, tu m'as offert l'accès à deux beaux procès.
Cette fille possède un véritable don pour m'énerver.
Tu connais Tibère, donc ?


Emilla pâlit un peu au nom de Tibère et l'alcool aidant sa langue se délie un peu à propos de cet homme qui l'a toujours mise un peu mal à l'aise.

Tibère travaillait à la Rose. Je n'ai jamais été très à l'aise en sa présence. Il avait une manière de regarder les femmes et les hommes comme s'il s'agissait de proies. Je crois qu'il voyait Eli comme sa propriété parce qu'un soir, il n'a pas supporté de la savoir montée avec Désirée pendant qu'il s'occupait d'un client. Ca a fait un scandale. Il a grimpé dans la chambre et a tenté d'étrangler Désirée qui s'occupait d'Eli. Après ça, il est jamais revenu. Et je ne m'en suis pas plainte!

Emilla porte à nouveau le verre à ses lèvres en rougissant, se demandant si elle n'en a pas un peu trop dit. Mais bon, allez tenir votre langue avec un si bon vin, et sous un regard si attentif qui vous fait sentir importante? La langue gourmande, vient laper une goutte sur le verre qui tente de se faire la belle, tandis qu'Emilla fixe le feu pour tenter de se trouver contenance et ne pas songer qu'elle est dans une chambre.

La Rose ne me manque vraiment pas. La captivité, les collègues étranges, le gardien brutal... Au moins au Boudoir, on est une famille, même quand on se fache, on se respecte. Je serais perdue sans eux. La Rouquine m'a tirée de l'enfer avant que l'Ankou ne me prenne. La vie était si compliquée depuis que je devais me débrouiller seule. Ne plus rien posséder, devoir se battre chaque jour pour survivre... Je ne veux plus jamais vivre ça, plus jamais...

Emilla est perdue dans ses pensées, ne réalisant pas vraiment qu'elle les exprime à voix haute, les flammes et l'alcool la ramenant à un passé si lointain et presque irréel de normalité. Peut être est ce du à cette chambre douillette et confortable, écho d'un temps révolu?
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Gautier.de.vaisneau
Il laissait très rarement paraitre ses sentiments mais alors là... Son visage montrait un choc. C'est qu'il était encore jeune et innocent le Gautier. Mais Désirée n'était elle pas une femme ?! Cette fois ci, en plus d'être choqué, il était dégouté. Un grand frisson traversa le dos de Gautier. Il voyait d'abord les deux femmes en pleine action et puis ensuite Tibère en train d'étrangler Désirée. Pour finir, il se souvenait des poèmes et des gestes de Tibère à son intention.

Aaaaah !

Fallait bien que ça sorte.


Je crois bien que Tibère m'a considéré comme une de ses proies.

C'était clair et net, à présent il n'aimait plus le blond ! Savoir qu'il courtisait SA marraine. Et qu'il avait été vulgaire et insistant envers Maud. Non, c'était trop ! Cet homme le dégoutait et à présent, s'était décidé, il le haïssait. Autant Elisabeth considérait Gautier comme victime d'Enguerrand, autant il considérait à présent Elisabeth comme victime de Tibère.

Mais plus le temps de réagir, Emilla trempe à nouveau ses lèvres dans le vin et continue de raconter. Ses yeux sont sur le feu. Légère grimace, pourquoi ne le regarde-t-elle plus ? Leurs passés étaient si éloignés. Mais en même temps, la mère de Gautier était catin, même s'il ne le dirait pas à Emilla. L'Ankou ? C'est qui celui là ? Et la Rouquine ? Et la Rose ? Sa vie ne semblait pas joyeuse. Il voulait qu'elle soit gaie. Le brun prit doucement son menton du bout des doigts pour qu'elle le regarde.


Tu n'es pas obligée de rester au boudoir.

Gautier aimerait qu'elle n'y reste pas, d'ailleurs. Mais bon, réaction naturelle, Emilla n'avait pas l'air follement heureuse au boudoir. Surtout que... quelque chose trottait dans la tête du jeune homme.

Tu es destiné à... devenir une des dames du boudoir ?

Tout en finesse !
Emilla
Aaaaah ! Je crois bien que Tibère m'a considéré comme une de ses proies.

Bon là, c'est humain. De voir le visage choqué, le frisson qui secoue Gautier et le cri poussé, Emilla laisse soudain échapper un rire jovial à la situation. Visiblement, le jeune homme découvre la vie un peu plus ce soir. En cet instant, elle a une envie soudaine et saugrenue d'aller se blottir sur ses genoux pour le bercer et le protéger du sordide de la vie. Elle, elle n'a pas eu le choix que d'y être confrontée et se demande parfois comme elle a fait pour ne pas y basculer. Et puis...

Et puis il lui prend doucement le menton et le rire se tarit lentement, faisant place au trouble de ses doigts sur sa peau. Lui, il n'a rien de sordide. Il est doux, attentif, dans ses gestes et dans ses mots.

Tu n'es pas obligée de rester au boudoir.

Comment lui expliquer qu'elle doit trop aux autres pour les laisser maintenant? Comment lui faire comprendre ce qui les lie à eux et que son honneur lui interdit de fuir?

Tu es destiné à... devenir une des dames du boudoir ?

En fait, il vient de toucher le point qui expliquera tout. Le pourquoi du comment.

Non... Et c'est grâce à ceux du Boudoir justement. On étaient tous des "propriétés" de la Rose Noire. Et puis Désirée a eu son enfant et la Rouge a voulu me vendre. Alors ils ont tous pris un risque fou, de fuir, de nous protéger. Et s'ils se vendent maintenant c'est en partie pour que je n'ai pas à le faire. C'est en partie pour ça que je ne peux pas quitter le Boudoir : je leur dois de ne pas être une catin, propriété d'une maquerelle. Sans eux... Emilla cherche des mots mais n'en trouve que des durs, comme l'est la réalité nue. Sans eux, j'aurais du donner mon corps à des clients riches, qu'ils soient gentils ou monstrueux...

Donc j'ai une chance de ne pas devenir une des dames. Si la vie m'en laisse le choix. Parce que je ne vais pas vivre à leur crochet, je dois trouver un moyen de gagner ma part.

Là pour le coup, elle a besoin de se rassurer à songer à cet avenir incertain et instinctivement, elle se rapproche de lui cherchant un réconfort, une assurance futile que sa vie va aller bien. Comme autrefois, comme avant son beau père.
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Gautier.de.vaisneau
Lui n'y comprenait rien. Échapper à la rose pour se vendre à nouveau ? Pourquoi ne pas avoir ouvert une boulangerie plutôt ? Et pourquoi ne pas avoir cherché un autre avenir à Emilla puisqu'ils s'étaient apparemment enfuis pour elle. Non, décidément, ce n'était pas clair. Mais il n'avait pas envie de plus l'interroger sur quelque chose qui paraissait douloureux. Gautier se contenta de la prendre dans ses bras et de la serrer contre lui. Et là... une question existentielle et technique se posait. L’emmener sur le lit au risque de la crisper car il avait très bien vu les regards inquiets ou rester sur le fauteuil inconfortable, tout serrés. Avoir un lit confortable mais rester sur un petit fauteuil ? Non, trop tentant. Gautier entraîna donc Emilla jusqu'au lit, la portant plus qu'autre chose, tant elle était légère. Mais doucement, ils n'étaient pas pressés. Et le jeune homme ne souhaitait pas qu'elle pense qu'ils courraient à l'amour. Ce qui était vrai, mais non aux plaisirs charnels. Et comme pour lui montrer qu'être sur le lit ne changeait rien, il continuait normalement la conversation.

Je pourrais payer ta part.

Gautier était accoudé à côté d'elle, leurs flancs se touchaient et son bras était venu se poser en travers de la demoiselle pour effleurer de ses doigts l'épaule solitaire. Doucement, petit à petit, mine de rien, il passait les "obstacles" et détruisait les cloisons. D'abord une main prise, puis une caresse, un baiser volé, à l'Hôtel Volpone, une étreinte et maintenant tous deux sur un lit. Tout ça toujours en discussion et naturellement. Le brun aimait cela. Ses "imprudences" faisaient battre plus fort son cœur quelques instants, le défi. Il sourit.
Emilla
[Chambre de Gautier : glissade sur un matelas]

Il discute, il tente de comprendre. Elle le voit dans son regard mais comment lui, le noble gentilhomme, peut il comprendre les choix impossibles des gens de la rue. Comment peut il seulement imaginer que pour beaucoup des sujets du royaume, il n'y a pas d'alternative à leur vie. Car pour tout il faut des lettres de recommandations, des connaissances, des relations et que ce n'est ni dans la rue, ni dans les bordels qu'on en croise de ces opportunités là. Où alors on appelle ça un miracle, un mécène, et le plus souvent un traquenard. Ca rend méfiant la rue, ça n'aide pas à faire confiance.

Et pourtant... Pourtant elle perd toutes ses défenses avec lui. Il la regarde avec tellement de douceur et d'innocence. tous ses gestes sont doux, comme anodins au fil de la discussion. Une main qui effleure l'arrondi de son visage, un sourire qui éclot à ce contact, et cette main qui vient glisser dans la sienne, hésite entre l'attirer à lui mais finit par se redresser et l'entrainer, doigts emmêlés vers le lit. Le corps de la jouvencelle s'emballe à la vue du couchage moelleux et confortable. Va t'il essayer de la culbuter soudain? S'est elle trompé sur lui? Mais non, il l'installe, la porte presque au creux du matelas et vient s'allonger à son coté, sagement, en discutant. Sa main libre la visite un peu, prudemment, restant à pudiquement découvrir l'arrondi de l'épaule. Et Emilla n'ose bouger. Elle devrait se redresser et s'en aller, mais elle se sent comme un frêle papillon pris à l'éclat d'un feu follet. Fascinée par le bleu de son regard, électrisée par le contact presque fragile sur la manche de son corset. Elle le détaille en silence, se mordillant la lèvre pour tenter de calmer son coeur qui s'emballe, son esprit qui s'enflamme sous l'effet du vin et de ce moment enivrant. Elle voudrait tendre ses doigts, pour effleurer sa joue, explorer l'ourlet de ses lèvres... C'est le contact qui électrise soudain la pulpe de ses empreintes qui lui fait réaliser que ses pensées embrumées ont pris corps. Alors pour se donner contenance, elle tente de s'accrocher à la conversation.

On n'achète pas l'honneur. Père disait toujours que l'on est responsable de ses propres actes et qu'il faut en assumer les conséquences. Et puis je serais quoi si je te laissais payer mes dettes?

Emilla réalise t'elle seulement que cette phrase est un voile levé sur un passé qu'elle se cache à elle même? Petite papillon, saoulé de lumière attention à toi : tu pourrais en arriver à aimer te bruler plus que de raison à ce feu aquilin.
_________________
Gautier.de.vaisneau
C'était comme escalader une montagne un peu plus haut à chaque fois pour voir à quelle hauteur il aurait le vertige. Gautier mesurait autant les limites d'Emilla que celles de son sourire angélique. Et il aimait le défi. Le jeune homme aimait également la réaction qu'il provoquait. Il aimait la voir se tendre, le toucher comme s'il était un songe. Gautier veut croire qu'il a gagné, qu'elle est à elle. Seulement ce n'est pas si simple. Il est jeune, maladroit, et il ne faut pas la brusquer. A côté de cela, elle lui parle d'honneur et de son père. Encore un mystère. Qui était il, son père ? Gautier, lui, n'avait jamais connu son père. Il ne s'en plaignait pas.
Que serait elle si elle le laisser payer ses dettes ?


Je ne sais pas. Tu deviendrais ce que tu veux. Tu pourrais être une grande femme de lettres, ou que sais je encore.

Il n'avait surement pas pris la phrase dans le bon sens. Gautier sourit en coin.

Tu sais, tout l'argent que je possède n'est pas du à mon travail. Tu le mériterais surement plus que moi.

Être frère de baron était mieux payé que serveuse dans un boudoir, c'était un fait. Il la regarde de pied en cap, le regard scrutateur, comme pour la jauger.

Quand je serai Roy de France, tu pourras être celle qui choisi les vins. Ou la grande Académicienne Royale.

La deuxième fonction avait plus de classe, tout de même. Grand sourire et regard pétillant à Emilla. S'il ne lui donnait pas envie avec ça... Entre temps, mine de rien, la main était doucement descendu jusqu'à la hanche, effleurant et caressant du bout des doigts la chair... chérie.
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