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[RP] Toi et moi c'est pour la vie

Erwelyn
St Fargeau, début avril.
Voilà plusieurs jours maintenant que la Corleone avait rejoint la demeure de son époux. Ce n’était pas par gaité de cœur, loin s’en faut, mais il fallait bien passer ce mauvais moment qu’avaient été ces retrouvailles. Enfin retrouvailles…
Secouant la tête, Lynette essaya de chasser cette pensée et son regard retomba sur le parchemin reçu de la part du Von Frayner quelques jours auparavant.



A vous ma marraine,
A vous baronne,
A ma future Suzeraine,
A Erwelyn Corleone

C'est à regret que je vous fais parvenir quelques nouvelles, souffrez que je les aurais voulues meilleures. Je suis blessé à Bourges avec mon escorte suite à l'attaque sournoise d'une armée de Tourraine lorsque je me déplaçais vers Courceriers pour aller visiter les terres que vous m'octroyez de si bonne grâce. Le bilan n'est pas fameux, je compte un mort et quatre blessées, une disparition aussi. Je suis pour ma part entier, quoi que le bras en écharpe chez les bénédictins. Le Très Haut m'a épargné, et malgré ces heures difficiles je n'ai de cesse que de l'en remercier. Ainsi je vois la surprise de ma visite par chez vous avortée, et j'en suis navré, gagez que ce n'est que partie remise... Où que vous soyez, mes sentiments les meilleurs vous accompagnent, gardez-vous de courir les routes.

Judas Gabryel Von Frayner.


Elle n’avait pas encore pris le temps de lui répondre, étonnée qu’elle avait été de voir le ton utilisé. Cordial, sans animosité, presque… amical. Bizarrement, leur relation était en train de changer, après être passée par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

La baronne décida donc de lui répondre, prenant encre rose, plume et parchemin.



Mon filleul,
Mon futur vassal,

C’est avec désappointement que j’ai parcouru votre courrier. Décidemment ces soldats n’ont rien d’autre dans le ciboulot qu’un pois chiche. Et encore, celui-ci doit être complètement sec. Je déplore la perte que vous avez subi, et espère que vos blessés se remettront rapidement. Quant à la disparition, mon cher, je gage que vos ressources que je sais grandes vous aideront à la retrouver.
Vous me voyez en tous cas soulagée que vous même n’ayez quasiment rien. J’enverrai une bourse pleine aux Bénédictins pour prendre soin de vous tous. Après tout, vous êtes mon futur vassal et je vous dois subsistance. Enfin, si serment vous me prêtez.

En parlant de serment, je suis actuellement en Bourgogne. Aussi, si le chemin vous y mène également, nous pourrions enfin échanger ce serment vassalique et vous pourrez dès lors jouir des terres de Courceriers.

Tenez-moi au courant de votre santé, et de votre venue, si le cœur vous en dit.

Erwelyn Corleone dicte la Rose



Voilà, c’était fait, et c’est songeuse qu’elle regarda le messager repartir vers son futur vassal.


[Plusieurs jours et aller-retour de courriers plus tard…]

Judas avait répondu. Plutôt prestement. La perspective de sa future seigneurie devait sans aucun doute y être pour quelque chose. Vêtue de sombre, pour changer ses habitudes, la duchesse se tenait droite non loin de l’âtre d’une des salles de St Fargeau, quelle avait choisi petite, cosy. Ce château n’avait vraiment rien à voir avec Evron. Même s’il était décoré avec soin, les lourds tapis réchauffant l’ambiance, rien ne vaudrait à ses yeux sa baronnie. Ses terres lui manquaient déjà. Pas forcément le Maine, car y avoir passé ces derniers mois lui avait, comme à chaque fois, donné envie d’en repartir tellement les altercations, injures, réprimandes et autres joyeuseté étaient devenues monnaie courante en place publique. Pas adressées à elle non, mais c’était sans cesse un match de soule entre les paysans et les conseillers comtaux, voire même entre les conseillers comtaux entre eux. C’en était fatiguant. Parfois l’idée lui traversait l’esprit de devenir comtesse elle-même. Elle n’y connaissait rien en économie, pas grand chose en justice, mais était plutôt douée en diplomatie. Après tout, c’était ça le plus important pour un dirigeant, éviter des guerre, ou alors en provoquer. Avec des voisins comme l’Anjou et la Bretagne, ça n’était pas si difficile. Elle ferait tenir des bals dans le comté, obligerait tout le monde à s’habiller en rose et à aduler Poneybouboule. Tiens d’ailleurs, elle lui ferait même ériger une statue sur la place du mémorial du Maine. Peut-être que ça calmerait les esprits…

Bref, le feu qui dansait devant ses yeux lui faisait avoir de drôles de pensées. Erwelyn Corleone comtesse du Maine, quelle idée idiote, elle ne serait sûrement jamais à la hauteur de la tâche.
C’est donc toute à ses rêveries que la baronne, qui allait ce jour anoblir et faire vassal Judas Von Frayner, futur seigneur de Courceriers, seigneurie mouvante de sa baronnie d’Evron, attendait ses invités du jour. Ils ne seraient pas nombreux. Orléans, évidemment, pour officier. Efficace et souriant. Et Judas, pour prêter serment. Elle avait vaguement fait part à Vaxilart de cette cérémonie la veille, mais elle doutait qu’il soit de la partie.

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Judas
Soupir de soulagement. Bruit de feuilles mortes qui se froissent sous la pluie drue.

Vois-tu mon ami, je suis certain que ce jour se présente sous les meilleurs hospices. Elle a écrit jouir, et jouir est toujours appellation de bon présage.

Sourire étrange qui se visse aux lèvres du satrape.


Elle aurait pu griffonner " bénéficier", " profiter" ou encore " savourer", "posséder"... Non! Elle a écrit Jouir.

tête qui se penche sur le coté, les yeux toisant le mur qui lui fait face comme s'il s'agissait du plus bel horizon qu'elle n'avait jamais observé. Le regard est un peu vague, pensif. Niais.

Ha, je te le dis moi, depuis ce fameux jour où nous avons eut à .. Traiter avec elle, hé bien j'ai su qu'elle ne laissait jamais rien au hasard. Alors, ce 'jouir' là, je met le chibre d'Ayoub au feu qu'il n'est pas innocent.

Et l'homme de rire en tournant un peu son visage vers celui de son fidèle Moran, tout aussi concentré sur le mur que lui. L'épaule démise avait bien vite retrouvé toute sa vigueur d'antan depuis l'attaque du Von Frayner et de sa suite sur la route qui devait les mener en Maine. Comme une beste en cage, l'idée de rester au prieuré de Bourges avec toutes les femmes alitées était impensable pour le Judas qui dès son rétablissement avéré avait retrouvé son sbire sur les routes de Bourgogne. Le courrier de la baronne n'y était pas pour rien, la perspective de la retrouver pour une cérémonie aussi officielle le laissait complètement impatient. L'Ibère avait été sommé de l'accompagner, et de revêtir une tenue appropriée.

Le rire gras des hommes résonna sur la muraille de Saint Fargeau, tandis que les pierres ruisselantes d'un or douteux furent témoins de l'esprit de franche camaraderie qui régnait ce jour autour du préposé à la cérémonie d'anoblissement. Dernier soupir jouasse, goutte, Judas renoua ses braies avec satisfaction.


Voilà un affaire rondement menée, nous pouvons y aller, nous sommes peut-être même un peu en retard...

Il haussa les épaules, de toute façon deux ou trois paires d'yeux avaient profité du spectacle de Moran et Judas pissant gaiement leur beuverie de la veille et avaient certainement tôt fait de les annoncer à la propriétaire des lieux... Ha pour sûr, Saint Fargeau était bien mieux gardé que Petit Bolchen...

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Lexhor
Saint-Fargeau, en Bourgogne. C'était cette fois sur ces terres que la Corléone avait choisit de prendre vassal. Décidément, la chevaucheuse portait bien son nom, tellement elle le faisait cavaler dans tout le royaume.
Heureusement, la Bourgogne n'était pas très loin d'Orléans. Et le vin y était bien meilleur qu'en Maine.
Le maréchal se présenta donc au domaine Bourguignon, à la demande du poney rose, afin de témoigner de l'échange de serment entre elle et son vassal.
S'adressant aux gardes.


Veuillez annoncer à la duchesse de Saint-Fargeau qu'Orléans, Maréchal d'Armes de France et témoin héraldique de la cérémonie est arrivé.
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Judas
Et pareillement de Judas Von Frayner et de son fidèle ami Moran Lisreux!

La voix rauque s'était élevée par dessus les épaules du Maréchal d'Armes tout ironiquement. Il savait que l'effort d'annonce était inutile au vu de cette vilaine manie qu'ont les gardes d'épier et de... Garder? La silhouette dudit Judas apparut donc à sa suite, accompagnée de l'ombre d'un Moran discret. Et discret n'était pas aisé, quand on comparait leur deux statures. L'Ibère dépassait le satrape d'une bonne tête, et il serait bien inconvenant de comparer leur musculatures. Après tout, le Roy de la feste du jour était encore le Bolchénien. Celui ci salua l'homme qui prendrait à témoin toute cette cérémonie, puis entra comme diable en sa demeure, se faisant indiquer le chemin à suivre. Ainsi il rejoignit la maitresse des lieux, le pas fringuant avec aplomb, et lui servit du baise main avec ce léger sourire qu'il étirait les bons jours.

Le bon jour, baronne. Comme convenu, me voici à vous venu, entier et rétabli. Je ne vous présente pas Moran...

Il chercha des yeux un hanap de vin - réflexe tout Bourguignon - étant donné que place avait été faite en panse évidée.
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Moran
Le Lisreux s'était finalement habitué à entendre le Von Frayner exposer sa satisfaction sans pour autant attendre une réponse de sa part. Sa seule écoute suffisait amplement à épancher le seigneur noir de toutes ses pensées, réflexions, ou autres plans machiavéliques.

De toute façon, depuis son retour de Bourgogne, le géant était moins d'humeur à bavarder, comme si le douloureux échange avec sa soeur lui avait asséché le gosier.
Il fallait dire, qu'en plus de ça, le bandage de son bras gauche, cachait une blessure pas encore refermée, que sa rouquine de frangine avait décidé de lui infliger avant qu'il ne décide de l'emmener de force auprès de Judas et des autres.

Là, face au mur, la voix de son maître s'était faite soudainement plus sourde alors qu'il s'interrogeait sur la sagesse ou non d'avoir laissé cette furie en compagnie des blessées. Bien que solidement ligotée, elle aurait pu trouver une quelconque âme charitable.
Il du secouer légèrement la tête, indiquant à Judas qu'il l'écoutait alors qu'il se convainquait finalement que leur ruse de l'avoir fait passer pour démente, devrait empêcher les femmes de la libérer.

Les braies sont relacées, tandis qu'il se dirige, bien plus léger -et pas qu'en pensée- vers les grandes portes.
Suivant le Von Frayner, tout en reprenant son rôle de bras droit, surveillant les alentours alors que l'autre fanfaronne.

Il n'était pas emballé par ce genre de cérémonies. Non, pour être honnête ça le pompait sérieusement. Surtout qu'il allait se confronter de nouveau à la furie rencontrée quelques mois plus tôt et qui à présent, selon les dires de Judas, représentait une alliée.
Comment vous expliquer la perplexité du visage de Moran... alors même que le Von Frayner avait désiré ardemment sa mort plus que douloureuse.

Le Lisreux n'était pas politicien dans l'âme. Tous ces revirements lui donnaient le tournis plus qu'autre chose et bientôt, il finirait par douter de qui il devait se méfier ou non.
Du coup, c'est avec une joie plus que modérée que l'ibère offrit un sourire à l'hôtesse du jour, accompagné d'une inclinaison du buste assez brève. Surtout ne pas offrir sa nuque trop longtemps à un potentiel ennemi...aussi rose soit-il !


Le bonjour, Baronne. Il est heureux de vous revoir en de bien meilleures circonstances.

L'allusion à l'image de la Baronne décoiffée, étranglée par les mains de son filleul fraichement nommé, était peut-être un poil provocatrice. Mais apparemment la Poney Rose pardonnait vite.
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Erwelyn
Erwelyn faisant cavaler des hommes, c’était bien une première. Loin de s’imaginer les pensées d’Orléans, le regard de la duchesse était encore planté dans les flammes lorsque l’annonce de l’arrivée du maréchal d’armes la fit sursauter. Elle eut à peine le temps de se retourner et d’apercevoir celui qui lui apprenait tout de l’art héraldique depuis quelques mois qu’une tornade entra dans la pièce. Filleul et vassal, l’homme du jour venait de faire son entrée. Sans bouger, Lynette le laissa s’approcher prestement, plissant les yeux à la vue de son acolyte. Le Moran, elle ne l’avait pas revu depuis Paris. Paris et Notre Dame. Paris et l’oreille mordue. D’ailleurs, le baisemain de Judas sur sa main gantée la fit légèrement frissonner, lui rappelant le contact beaucoup moins agréable de ses canines sur le lobe de son oreille qui avait fini ensanglanté.

Mon filleul, vous voici en grande forme, il semblerait.

L'échange fut plus froid entre la Corleone et l'homme de main. En guise de bonjour, elle ne lui offrit qu'un léger sourire, un hochement de tête. Elle se méfiait encore de lui, même si, ce jour-là dans Paris, sa présence avait dû lui sauver la vie. Un peu plus et Judas n'aurait eu aucun remord à enserrer son petit cou et à serrer jusqu'à ce que mort s'en suive.

Oui… les conditions sont... hmm, beaucoup plus appréciables. J’aime beaucoup les rues de Paris mais certaines sont réellement de vrais coupes-gorges...

Comprenne qui pourra. Là en l’occurrence, seuls Judas et Moran pourraient appréhender la signification de ces quelques mots. Entre une hystérique mettant à mal les pauvres bourses du Von Frayner, et un fou croquant de l'oreille, pour sûr les rues de Paris étaient loin d'être sécurisées...
Après un sourire en coin en direction des deux hommes, Lynette se tourna à présent vers le maréchal d'armes du Maine. Ses mains toujours gantées allèrent rejoindre les siennes en un salut chaleureux.


Orléans, je suis ravie de vous accueillir à Saint Fargeau. Je vous remercie grandement de traverser tout le royaume pour officier ! Mais vous ne repartirez pas les mains vides cette fois, je vous ai fait préparer une caisse avec quelques vins de Bourgogne.

Ladite caisse était d'ailleurs située non loin de la tablée installée pour l'occasion, où l'on pouvait trouver carafons de vin et charcuterie.
Se tournant vers un fauteuil et une petite table installés non loin de l'âtre, où trônaient encre, parchemins et un verre de vin juste servi, elle continua :


Ça va devenir une habitude mais je vous ai préparé de quoi vous faire travailler aujourd'hui.

Laissant le maréchal s'installer, la Mainoise en profita pour boire quelques gorgées de vin cuit pour se préparer à la suite des événements.

Bien ! Maintenant que tout le monde est là, nous allons pouvoir commencer... Mon filleul, venez par ici je vous prie.

Lorsqu'il fut près d'elle, c'est avec un petit sourire en coin qu'elle commença :

Agenouillez-vous devant moi, Judas Gabriel Von Frayner.

Hiiii ça c'était la classe quand même ! Dire à un homme tel que Judas de poser un genou à terre devant elle, c'était... ouais, le mot était vraiment bien choisi, jouissif.

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Judas
Il s'amusa grandement des sous entendus lancés entre deux phrases, et toute cette précautionneuse et tacite bonne tenue que le regroupement du trio imposait. Moran avait eut l'audace de rappeler à la Corleone leur dernière entrevue, subtilement. Il fut salvateur que l'Ibère ait été auprès de Judas lorsqu'il se perdit dans les excès de la colère... Mine de rien, sa sage parole avait sauvé la mise à la baronne et évité au Von Frayner de faire une énorme erreur. Il inclina légèrement la tête, entendant tout ce qu'il se dit, notant la légère crispation de sa future suzeraine. Mais la marraine avait cette étrange façon de toujours rebondir, souvent gracieusement, chassant de quelques mots et attitudes l'inconfort d'une situation vers la préoccupation d'une autre. Et c'est en lui mandant de ployer l'échine qu'elle le fit.

A genoux! Pardi, c'est qu'il allait enfin pouvoir voir de près les chevilles de la baronne. Et des chevilles les mollets, et des mollets les cuisses! Les chosent allaient par étape, quoi de plus normal? Un léger coup d'oeil goguenard à Moran, bien vite remplacé par le visage grave et sévère qui devait aller de pair pour des cérémonies si solennelles.

Il mit donc genoux à terre, non sans apprécier le spectacle des jupons et ... Des jupons. C'est qu'il n'y avait foutrement rien à reluquer là dessous, mis à part des couches et des couches de jupes bien décidées à dérober à sa vue impudente toute parcelle de peau... Il plissa les lèvre sans mot dire, gardant ce faciès mutique et expectateur.

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Erwelyn
Il y avait quelque chose de... ah mince, on l'a déjà dit... de jouissif donc, à la vue du brun un genou plié devant elle. C'était un spectacle des plus appréciables, et rien que pour ça elle serait prête à anoblir un homme tous les jours. La duchesse ne put s'empêcher de sourire. D'un sourire étrange, mutin, coquin, malin, et plein de trucs en in. Elle dut se reprendre tout de même, si son maréchal d'armes voyait ça, il se poserait encore tout plein de questions sur sa chevaucheuse qui le chevauche depuis plusieurs mois. Déjà que le pauvre bougre devait s'en poser une tripotée...

S'éclaircissant la voix en toussant légèrement, tout ça de manière noooble évidemment, la baronne d'Evron, toute prête à anoblir son futur vassal, prit la parole à haute voix.


Bien, bien... Judas, vous voici genou ployé devant moi en ce jour. Nous nous sommes déjà retrouvés devant le Très Haut il y a peu. Aujourd'hui, c'est un tout autre serment que nous allons échanger, mais tout aussi solennel.

Et en plus elle lui préparait une surprise qui allait le laisser comme deux ronds de flan, et c'était pas peu dire. A cette pensée, un sourire lui remonta encore une fois les babines, qu'elle tacha de réprimer pour éviter de ne trop dévoiler son jeu. Elle allait le laisser tout d'abord s'exprimer, puis viendrait son tour à elle de sceller leur union. A nouveau. Bourses pour oreille. Filleul pour marraine. Vassal pour suzeraine.

Mon filleul, me promettez-vous, outre de me glorifier jusqu'à ma mort et de m'offrir moult présents, obsequium, auxilium et consilium ? Parlez maintenant, ou taisez-vous à jamais.

Ouais, elle avait toujours eu envie de dire ça. C'était normalement réservé aux prêtres lors des cérémonies de mariage mais fallait partager un peu !
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Judas
Il ne broncha pas au coup des présents et de la glorification, qui ne l'étonna guère. N'est pas un Judas Von Frayner qui ne gâte pas ses femmes, qu'elles lui offrent leur croupe ou leur simple amitié, leur compagnie ou leur absence. Quoi que.

Mais ne pas broncher ne signifie pas ne pas y réfléchir. Décortiquons un peu les clauses subliminales de la baronne. Respect. Il faudrait ainsi ne pas lui dire qu'elle est une gourgandine lorsqu'elle se comporte en gourgandine, car Judas restait certain que la Corleone avait de vilaines failles comme tout le monde, et quelques vices notoires aussi. Faisable.

Aide. Il faudrait lui trouver les dernières nouveautés Airmesse, payer pour qu'elle puisse se procurer en avant première les macarons Durée et l'aider à accomplir toutes les ignobles tâches et possibilités inimaginables que les rues commerçantes de Paris pourraient offrir... Faisable.

Conseil. La persuader de ne plus aimer ce Roy usurpateur, de préférer le lit de son vassal et de le laisser mener une vie de potache. Risqué. Il se racla la gorge, les yeux corbeaux détaillant les détails minutieux et chatoyants des broderies de ses jupons.


Je le promet, ici et maintenant.

Quant aux présents en masse et à l'adoration, il aurait tout l'heur de mettre le ola une fois le serment prononcé. Du moins, c'est ce qu'il croit encore.

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Erwelyn
Ah ! Il promettait ! Un bon point pour le vassal. Le point principal même. Le sourire se fit alors carnassier. Il avait juré, la suite tenait entre les mimines de la Corleone. Lynette savourait plus que tout ce moment, ressentant quelques picotements dans le creux des reins. Anoblir un vassal était un moment unique. Elle était fan.

Mon cher filleul. Je suis fort aise de votre promesse. Tâchez de ne point oublier que j'aime le rose, les froufrous et l'alcool.

Ceci étant dit, il était grand temps de passer à sa promesse à elle. Et aux conditions d'octroi qu'elle souhaitait rajouter, bien évidemment.


Nous, Erwelyn Corleone, duchesse de Saint Fargeau, baronne d'Evron et d'Auxonnes, dame de Saint Antoine de Rochefort, vous promettons protection, justice et subsistance pour les terres de Courceriers, sise en notre baronnie d'Evron, terres que nous chérissons plus que tout.
Protection car vous pourrez toujours compter sur nos forces armées pour vous assister.
Nous vous rendrons également bonne justice, comme il se doit.
Et subsistance car jamais vous ne manquerez de rien. Les terres de Courceriers sont abondantes pour qui sait les bien gérer. Vous y trouverez des vilains prêts à travailler sous vos ordres, et les forêts sont riches en belles essences.
Mais !


Et le doigt Corleonien se leva, ganté de noir, pour se dresser vers le ciel et ensuite redescendre vers le visage de Judas, se posant délicatement sous son menton et le relevant.

Mon cher vassal...
Vous êtes à un âge avancé. Je n'irai point jusqu'à dire que vos cheveux se couvrent de poivre et de sel mais vous n'en êtes pas loin. Aussi, souffrez que j'appose une condition sine qua none à ma promesse.
Je vous promets donc protection, justice et subsistance mais je souhaite plus que tout, que dis-je, je veux et j'exige, que vous preniez épouse dans les plus brefs délais. Évidemment, la future épousée devra me convenir, il est hors de question que je ne sois pas décisionnaire du choix final.
J'ai dit, qu'il en soit ainsi, et bien heureusement.


Et le visage de Lynette de se baisser, les lèvres de s'approcher doucement de celles du Von Frayner, et de sceller leur serment par un baiser. Lèvres contre lèvres. Suzeraine contre vassal. Baronne d'Evron contre Seigneur de Courceriers.
Von Frayner vs Corleone, on vous avait dit que c'était une liaison vachement dangereuse...

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Judas
Et là, ce fut le drame. Les yeux de Judas sortirent de leur contemplation quasi absente des broderies et des pans de jupons, mais ils ne regardèrent rien. Ont eu dit qu'ils se fixaient sur les oreilles, pour les aider à assimiler ce qui venait d'être dit et pour être surs qu'elles n'aient pas fabulé. Et de cette contemplation de néant, il en sortit une évidence. Les oreilles avaient bien entendu. Et Judas de se laisser relever la tête, qui avait pris soudain quelques kilos, écrasée par le poids d'un esprit encore sonné. Pis encore, elle l'embrassa. ELLE L'EMBRASSA. Scellant un serment, le prenant totalement au dépourvu. T'embrasses, tu signes, tu l'as dans le fondement. horreur et damnation. Enfin, un truc du genre.

Un âge avancé? Elle avait dit qu'il était à un âge avancé? Ha, non, déjà l'esprit s'y perdait, c'était l'autre information qui avait eu du mal à passer. Une épouse. Elle avait dit une épouse. La "journée sous les meilleurs hospices" prenait soudain un sale coup dans les côtes. Judas toussa, et devint cramoisi. Il toussa encore, mettant sa main dextre devant la bouche afin de ne pas arroser sa suzeraine du flot de sa frustration postillonnante. Et pendant qu'il s'étouffait, ses yeux eux, restaient plantés dans les siens, hurlant une sorte de..." Sal*pe!".

La vacherie. C'était la pire des vacherie qu'elle pouvait lui faire. Lui faire prendre une épouse en condition d'octroi de Courceriers! On a pas connu plus vile créature depuis la belette parisienne. Une femelle! Une ... Epouse! Mais qu'allait-il faire d'une épouse?! Et qui plairait à madame par dessus le marché... Judas chercha le regard de Moran un bref instant, conscient que cette fois, il ne pourrait pas le sortir de ce mauvais pas. Car oui, ce chantage odieux était un foutu mauvais pas pour notre satrape. Et de revenir à la baronne, un sourire mi contrit mi incrédule faisant trembler légèrement sa lippe.

Vous plaisantez.

Dites moi que vous plaisantez. Ce ne peut-être que ça.

Judas avait eut néanmoins raison sur un point: La Corleone ne laissait jamais rien au hasard. Le "Jouir" prenait tout son sens.

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Erwelyn
Reculant quelque peu, la duchesse fronça le nez. Ben voyons, à chaque fois qu’elle approchait un homme de près ou de loin, il fallait qu’il lui arrive quelque chose. Voilà que le nouveau vassal d’Evron était pris d’une vilaine quinte de toux. Elle ignora délibérément le message envoyé par son regard suppliant. Le serment avait été échangé, il était maintenant son vassal, et ça, il n’y pouvait rien changer.

Oh diantre mon vassal, vous êtes bien fragile. N’allez pas me coller vos miasmes et me rendre malade, je n’ai aucune envie de me retrouver alitée. J’espère au moins que vous n’avez pas la peste ou autre choléra, vous me paraissez bien souffreteux.

Et Lynette de lui tendre la main et de l’aider à se relever, s’inquiétant pour sa santé.

Qu’on lui amène un verre d’hypocras pour lui faire passer cette vilaine toux.

Une fois le verre glissé dans les mains d’un Judas encore ébahi, sa suzeraine put répondre à son interrogation.

Sachez que je ne plaisante JAMAIS avec la noblesse. La noblesse est un sujet SERIEUX, seigneur de Courceriers.

Et la chevaucheuse d’armes de se tourner vers son maréchal.

N’est-ce pas Orléans ? Un noble se doit d’être fier, plein de droiture, il doit défendre son royaume coûte que coûte. Il se doit d’avoir un comportement noble, sans vice, sans débauche, sans lubricité, sans libertinage, sans travers, sans faiblesse, sans luxure, sans corruption. Juste de la vertu. Entièrement moi quoi, vous voyez ?
Regardez mon mari. Avant nos épousailles il se rendait régulièrement voir les pro… ahem, il… enfin, il se rendait coupable d’un vilain péché puni par Aristote. Et bien après le mariage, il a bien dû se calmer le bougre ! Alors la noblesse c’est pareil, vous avez prêté serment, vous êtes noble, donc vous devez avoir un comportement noble, c’est ainsi.
Fini les écarts de conduite !


Prenant une gorgée d’hypocras, la Mainoise continua dans sa lancée.

Et un noble se doit de prendre épouse. Oh nous la trouverons jeune et gironde. Elle pourra vous faire moult descendance, si c’est ce point qui vous inquiète. Je suis sûre que nombreuses familles de petite noblesse seront ravies de faire alliance avec une famille aussi illustre que les Von Frayner, ne croyez-vous pas ?

Voilà, la poney rose était lancée. Elle aurait pu continuer longtemps comme ça si la blancheur de son vassal ne l’avait pas inquiétée plus que de raison.

Judas, vous vous sentez mal ? Souhaitez-vous vous allonger ? Rhoo, oui, trop d’émotions. Je sais ce que c’est, ça m’a fait la même chose quand j’ai prêté allégeance pour Evron et Saint Antoine. Qu’on lui amène un siège ! Après tout, je vous dois protection n’est-ce pas ? Tant que vous serez sous le toit de Saint Fargeau, vous ne risquerez rien, je m’occuperai de vous.
Asseyez-vous, vous dis-je. Je dois encore ceindre la couronne sur votre tête, je ne voudrais pas avoir à le faire à un homme évanoui !


Et Lynette de sourire à son vassal. Jouissif, vous avez dit jouissif ?
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Judas
Malade. Oui il était malade. Vert et pâle à la fois, abasourdi, sous le choc. Et comme dans un mauvais rêve, une flopée de mots venait se bousculer dans sa tête, en résonance désordonnée.

Serieux, fier, droiture, défendre coûte que coûte, sans vice, sans débauche, sans lubricité, sans libertinage, sans travers, sans faiblesse, sans luxure, sans corruption. Juste de la vertu. De la vertu, mariage, calmer, serment, vertu, comportement, vertu, épouse, jeune, gironde, moult descendance, alliance, vertu, je m'occuperai de vous.

Ho oui, la baronne s'était occupée de lui. Judas l'avait dans l'os. L'avenir qu'elle lui traçait lui donnait un vertige soudain. Il se vit gras et pansu, assis sur un siège entouré de quatre enfants hurlant et tirant les oreilles de ses sacro saints lévrier. Et dans son dos, la silhouette grosse d'une engeance à venir d'une femme laide et sévère. Ou mieux, belle mais sans aucun esprit. Plus de putains, plus d'amantes, plus de vente d'esclaves, plus de manigances, plus de médisances, plus de despotisme. Mais des terres. Ha oui, de jolies terres avec vue sur la vraie vie de la noblesse et option servage... Courceriers devenait soudain terriblement cher. S'élever dans la société nécessitait de sérieux sacrifices, et il envia soudain Moran et sa liberté toujours bien là. Moran irait au catins pour lui, Moran aurait une vie décousue pour lui. Moran regarderait la déchéance de son maistre. Ou pas. Car un Judas vertueux n'est pas chose possible. Et nous l'apprendrons bientôt.

Alors quitter la Bourgogne, pour se perdre dans une telle vie? Le Von Frayner qui n'était pas en état d'y réfléchir jura d'y repenser à deux fois, plus tard et ailleurs. Il prit le verre qu'on lui tendit mais n'y toucha pas. C'est que le Bourguignon ne buvait que du vin. Pas encore achevé le Judas... Pas encore achevé!

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Lexhor
L'échange de serment se déroulait parfaitement, jusqu'à ce que la duchesse ajoute que son désormais vassal devait prendre épouse maintenant et ce, rapidement. Le Maréchal retint un rire mais ne pu s'empêcher de sourire. Ceci était leurs affaires et lui, il voulait pouvoir consigner la chose.

Vôtre grâce n'oubliez pas de ceindre la couronne sur la tête de votre vassal. Ainsi que le baiser vassalique ou bien l'accolade.

Ne lui resterait plus qu'à donner ses armes au seigneur et à contresigner.
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Erwelyn
Lynette faisait légèrement la moue, mine chafouine de voir que son vassal était finalement si fragile. Autant il ne semblait pas ressentir de sentiments en transportant une main coupée, autant se voir recevoir un fief le mettait dans tous ses états.
Laissant Judas se calmer quelque peu, la baronne se retourna vers Lexhor en souriant.


Tout à fait Orléans. J’espère juste que se retrouver avec une couronne sur la tête ne va pas le faire tourner de l’œil. Mon pauvre vassal a l’air bien fragile en ce jour. Ah ces hommes, ils se font passer pour des brutes mais sont en fait beaucoup plus sensibles qu’on ne le croit.

S’approchant du Von Frayner, Lynette en rajouta une couche :

Qu’est-ce que ça va être le jour de son mariage, ha ha !

La Mainoise éclata d’un rire cristallin tout en saisissant la couronne pour la poser délicatement sur la tête de son nouveau vassal. Langue tirée, Lynette s’appliqua à ajuster parfaitement le bijou sur les cheveux longs de brun.

Voilà mon filleul, vous êtes désormais, et ce très officiellement, Seigneur de Courceriers, vassal de ma baronnie d’Evron. Puissiez-vous en être fier.

Et Lynette de clôturer le geste et la phrase par un dernier baiser apposé sur le front de son vassal.
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