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[RP] Quand on aime, on ne Vicomte pas.

.mahaut.


Anatoooole ! Je sais ! Je sais ! Raaah, que n'y ai-je pensé plus tôt ? C'était évident ! Quand on ne trouve pas de nobles c'est qu'ils soooooont ? Qu'ils sooooont ? J'attends. Non pas "tous pris". Qu'ils sont cachés. Tss. Donc il faut les débusquer. Et pour çaaaa, il fauuuut ? Il fauuuut ? Non, pas "des seins". Des rabatteurs. Vous êtes bouché ou quoi ? Donc il nous faut un rabatteur à noble. Voilà. Aimbaud. Ecrivez.

AIMBAUCHINOUUUUUUUUUUU !

Oh la la comment tu nous manques graaaaave ! Des fois, on chante, et là, paf pastèque, on réalise qu'il nous manque un baryton contralto. Je crois que je ne m'en remettrai jamais.
Oh mais j'y pense ! Félicitations pour ton mariage ! C'est bien ? Elle est choupinette, ta femme, elle va mourir bientôt ? (paraît que ça arrive souvent chez les femmes en couches, même si je ne sais pas si vous prévoyez des enfançons et encore moins si elle met des couches).

Moi, tu sais, je suis veuve. Dessinez une tombe, Anatole. Avec une poule qui pleure. Je ne m'en remets pas. Enfin si, mais je suis obligée de porter encore le deuil. Et puis pas moyen de trouver un noble célibataire potable dans le coin. T'aurais pas ça dans tes contacts ? Il faut que je me refasse la main, je vais bientôt être à court de bijoux.
Si jamais tu penses à quelqu'un, organise-moi quelque chose, je te le revaudrai.
Je joins d'ailleurs à ce message un petit sachet de poudre pour le nez que tu affectionnes tant. Il faut savoir entretenir l'amitié.

A très bientôt Aimbauchou ! Il faut AB-SO-LU-MENT qu'on se fasse une petite soirée pour rencontrer ta femme.

Tous les poneys t'embrassent.
Oui, même vous, Anatole, faites un bisou au parchemin. Voilàààà

A très bientôt brozeur !



Mao


- Vous êtes sûre ?
- Certaine !
- Je veux dire, Aimbaud...
- He bien ?
- Non non mais bon... Moitié angevin-moitié bourguignon...
- C'est toujours mieux que 100% limousin, Anatole. Envoyez la poule.
- Ça fait trop loin pour une poule !
- He bien mettez-la sur un poney, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise !
- Mais qui conduira le poney ?
- Bon he bien mettez le poney dans le carrosse et qu'on se dépêche. Je dois retravailler mon sourire engageant.
- Y'a du boulot. Aieuuu !


Et quelques minutes plus tard, tous les passants et désœuvrés du coin se firent une joie de venir voir deux valets forcer un poney à grimper dans un carrosse, une poule solidement arrimée sur le dos.


- Et on les envoie où ?
- Vers l'infini et l'au delàààààà ! Resservez-moi je meurs de soif.
- Non mais sérieusement ?
- Ben je sais pas, moi, chez Aimbaud.
- Il vit où ?
- En Bourgogne. Ou chez sa femme. A Nemours ? Sauf s'il voyage. Cocheeeer ! Vous demanderez votre route au cas où !
- Oui m'dame ! J'vais où, m'dame ?
- Formidable ! Quelle efficacité ! Resservez-moi à boire, enfin, je commence à voir net, c'est affreux.


Et tandis que le carrosse s'éloignait au bruit chantant de caquètements effrayés et de hennissements de protestation, Anatole resta seul, les mains jointes, regard vers le ciel.

- Faites que ça marche pas, faites que ça marche pas, faites que ça marche paaaas...

_________________
Aimbaud
Vas-tu gratter mieux que ça, Jean-foutre ? Ça démaaaaange. Là. À droite. Aaaah ahahahahah héhéhéhéhé. ARGH mon DOS ! SALAUD. Doucement là !

Braillait Aimbaud, Marquis de Nemours, tandis que son valet lui frottait l'échine avec une brosse de crin, afin d'éradiquer les dernières traces de l'infâme maladie qui l'avait moucheté ci-et-là de boutons variolés. Les onguents, les saignées et les bouillons de Danavun avaient finit par le guérir. Il était désormais débarrassé de sa fièvre, seule sa peau (d'ordinaire blanche comme une fesse de nonne) arborait encore des rougeurs et des marques en cours de cicatrisation. Il fallait, pour terminer le traitement, qu'il se plongeât trois fois par jours dans un bain où flottaient des branches de camphre. Et il se trouvait justement dans son bain quand on annonça une arrivée aux portes de Corbigny.

Un carrosse ?
Avec un poney et une poule.
Ah, Mahaut. Très bien, faites voir la lettre.

Et s'étant épongé les mains sur un morceau de drap, il cassa le talon aiguille du sceau et s'absorba dans la lecture comme dans une pampers.

Houla. Ouhh lalala. La colle. Ah bien... Elle est forte celle-là. Hm... Réflexion, réflexion... Réfléchissement, réflexure... Réflexation... Difficile, très difficile... Ardue est la demande, et plus complexe encore est la réponse... La force en toi tu dois trouver... Bref.

Aymon ! Il claqua des doigts à l'attention de son valet. Tu vois ce gros manuscrit vert à reliure en arceaux dorés crénelés de panne pourpre posé entre l'encrier plaqué or ciselé d'un sanglier courant, symbole de ma famille, et le troisième pot de plumes de faucon en partant sur la droite qui est sur mon écritoire d'acajou juste-là regarde je te le montre de l'index alors tu fais un peu attention quand je te parle et tu laisses tomber cette brosse avant que ça m'agace ?
Apporte-le.


Bâillant d'avance à l'idée de de pencher sur cet infâme annuaire de la noblesse française, Aimbaud s'enfonça plus profondément dans son bain, ce qui — comme il n'avait pas terminé de bailler — lui fit avaler une gorgée d'eau savonneuse bien dégobillative, et recracher le tout en toussotant. Il braqua ensuite un oeil rouge, mi-amical, mi-marquisal, sur son sous-fifre.

Voyons si tu as travaillé tes lettres. Ouvre une page au hasard et lis-moi un nom.

Dit-on pas que le hasard fait souvent bien les choses ? Travail bâclé, travail bouclé.
_________________
Aymon
Si j'lis bien, j'pourrais-t-y z'avoir l'eau d'vot'bain quand z'en s'rez sorti...? C'est qu'il fait 'core grande froidure en c'temps ci, comprenez, et...Ah, oui. Lire. D'accord.

Oui, le marquis était bien guéri, à n'en point douter. Et Aymon qui avait sué sang et eau, hurlé à la mort et geint de désespoir en croyant voir son maître, gagne-pain et ami un pied dans la tombe commençait à regretter un peu la période de répit que la variole avait provoquée.
Hé oui ! Malade, Aimbaud se contentait de quelques borborygmes et restait sagement à baver dans son lit. Et lui, son valet, pouvait aller courir la gueuse et boire à l'envi, se lever quand il lui plaisait...la belle vie, quoi !
Mais puisque toutes les bonnes choses ont une fin, le jeune homme s'était rétabli et avait recommencé ses admonestations récurrentes du genre : "Fais-ci, pas comme ça, triple buse, gnagnagna". Fichtre. C'était à regretter que Danavun se soit finalement avéré efficace. Aymon se consolait en se disant qu'au moins, cela le changeait de la conversation insupportable d'Isaure, qu'il avait du souffrir pendant tout le voyage du retour.

Bon dieu qu'il était lourd, ce livre ! Et tout plein d'lettres... Une page au hasard... Rien qu'à les voir, il en avait des maux de têtes. Il fit tournoyer son index dans les airs et l'abattit au hasard sur une page.

Ma...Maxili...milien de Lou...velle, dit...... Pétru...Perturabo, Comte de Beaumont...sur-Oise, Baron de...de... Confol...Confolens et chef de la maison...Louvelle, parvint-il a bafouiller au prix d'un terrible effort.

Faut vraiment qu'on le mette à jour, ce registre. Non pas lui, il est mort depuis deux siècles.

Mort ? Et alors ? Il voulait un nom, il n'avait pas précisé qu'il fallait quelqu'un de vivant...En ronchonnant, le valet rouvrit le livre au hasard et recommença son manège digital :

Joha...nara Bé...bérénice d'Amboise - non d'Ambroise, Baronne de Lingè-pardon, Lignières ; Dame de... Saint lys (gné hé hé...sein lisse...), d'An...tras et de Magnet, ânonna-t-il.

Non pas ça...! C'est une femme.

Oooh Ben, j'peux point savoir qu'vous voulez précisément un homme ! J'ai pas r'çu l'idée en songe, quoi. Essprimez vos intentions clairement. Bon, un autre...
Engue...Enguerr..Enguerrand de Vaisneau, Baron... d'Ittre (en voilà un nom qu'il est bizarre, dites), Chevalier ban...neret de Fauquez.


Ah ah ah ah. Certainement pas.

Dites, faudrait savoir un peu ! Z'aviez dit "au hasard" !

Rien à faire cependant, s'il convoite l'eau du bain, il faut bien qu'il lise. Crispé par l'effort et un peu étourdi par le camphre, le laquais tente :

Phelim Guer...rero, Vicom..te d'oingt (ça se prononce comme ça, O-I-N-G-T ? Ouin ?), Baron de mon...montagny, Seigneur de tassin...tassin la demi lune... et de... Stigny ! Eh ben, c'était un dur, celui là.

Il ébauche un sourire triomphant et lève les yeux de l'ouvrage pour rencontrer ceux de son maître.
_________________
Aimbaud
Phelim... Phelim...

Quelques flash-backs passèrent en flèche dans la coupe-au-bol d'Aimbaud. Il vit la cour Bourguignonne, la salle du trône des Ducs, et les ambassadeurs/nobles/troubadours célèbres qui y papotaient/complotaient/se lançaient des oeillades, et dans tout ce fatras, il chercha Phelim de Tassin. Il le trouva près d'Angélyque, la pulpeuse de Charolais aux yeux de cougar. La Duchesse avait du les présenter lors d'un de ces babillages courtois... Le souvenir était vague, mais néanmoins assez précis pour que notre Josselinière en garde bonne impression. Un bon gars, ce Phelim ! De noblesse méritée. Ni vieux ni laid, ni malpoli ni craignos, ni handicapé, ni marié. Aussi, Aimbaud tapota le rebord de la bassine de bois avec détermination.

Ça pourrait faire l'affaire. Prends le bouillon ! Fit-il à Aymon en se levant du bain. J'ai du parchemin à noircir.

Citation:

    D'Aimbaud de Josselinière, Marquis de Nemours, Duc de Corbigny,
    À Phelim de Tassin, Vicomte d'Oingt, Baron de Montagny,
    Mon salut.

    Par souci d'affermir l'amitié Dauphino-Bourguignonne qui, je l'escompte, soudera nos familles, et dans le souhait d'avoir à ma table une personne respectable, je vous convie à la Saint Pacôme au Château de Corbigny. Nous y banquèterons s'il vous plait.

    Aristote vous garde,

      Aimbaud de Josselinière




Ayant à peine laissé froidir la cire qu'il venait de frapper sur son écritoire, Aimbaud se saisit d'un velin plus coloré avec un gaufrage en feuilles de vignes dans la marge. Il remonta les manches de son peignoir médiéval et écrivit.

Citation:

    D'Aimbauchinou en sucre,
    À Mahaut, haut, très haut, de Nabinaud,

    Ma systeure, je t'écris en ce jour pour t'annoncer avoir trouvé chausse à ton pied. Cette quête me fut ardue, j'ai longuement esquinté mes yeux sur des parchemins, à la recherche de celui que tu pourrais nommer promis. J'ai questionné les livres, j'ai interpelé Aristote, j'ai cherché partout la réponse, et la lumière est venue à moi. Il s'appelle Phelim, il est vieux garçon, il a un petit accent de Lyon qui fait chanter les cigales, et il est Vicomte. J'arrange le rendez-vous en ma demeure familiale de Corbigny sous huitaine. Avec un peu de chance la foudre sera au rendez-vous, et vous en prendrez tous les deux un petit coup.

    De tout mon choeur qui chante,

      Aimbaud de Josselinière



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Phelim
Les yeux azurs se posèrent avec lassitude sur le paysage bourguignon alors que son destrier galopait allégrement sur la route. L’ennui avec cette province, c’était que les lieues parcourues devenaient vite répétitives. La flore restait la même d’un bout à l’autre du duché avec des vignes, des vignes et encore des vignes jusqu’à perte de vue. Quant à la faune, elle se résumait à des couples, voir des trios ou encore des quatuors de paysans en pleins ébats sur le bord de la route.

Un soupir d’ennui s’échappa des lèvres du Guerrero. Qu’est-ce qui l’avait emmené là déjà ? Ah oui, une lettre reçue de Josselinière fils l’invitant à dîner afin de raffermir les liens entre voisins. Sa suzeraine, lui-même et bien d’autres s’y efforçaient déjà depuis longtemps à rapprocher Bourgogne et Lyonnais-Dauphiné, mais il ne fallait point gâcher les efforts faits en présentant un refus à une des familles les plus importantes du pays du vin. Il y aurait bien envoyé sa sœur à sa place, les femmes adoraient ce genre de mondanités, mais cette dernière battait la campagne en ce moment on ne savait où. En conséquent, il devrait s’y coller.

Une réponse fut donc envoyé au marquis de Nemours, disant en gros que c’était avec une joie profonde et incommensurable qu’il acceptait cette proposition, qu’il compterait les secondes jusqu’à ce qu’on soit à la saint Pacôme tant il était impatient et tous les blablas d’usage.

Enfin le château de Corbigny apparut, le voyage toucha donc à sa fin devant l’entrée. A celui qui vint pour l’accueillir, il dit.


Veuillez annoncer au maître des lieux que Phelim Guerrero est arrivé.

Et il attendit patiemment avec la personne qui l’avait accompagné. Car par les temps qui couraient, se déplacer seul était bien imprudent. Surtout suite aux rumeurs comme quoi le Roy et ses deux frères que l’Imprévisible surnommé les deux nigauds comptaient attaquer la Bourgogne. Ainsi donc, pour le cas de figure où il se retrouverait au mauvais endroit au mauvais moment, il avait d’abord pensé récupérer l’ost d’Oingt avec lui. Cependant, tant d’hommes auraient pu incommoder son hôte. A la place donc, il avait emmené la seule personne de sa connaissance valant à elle toute seule une armée. Mathilde, sa farouche cuisinière aux formes plus que généreuses sous tout rapport, l’accompagnait.

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.mahaut.
- Honnêtement, vous me trouvez comment ?
- Pénible ?


Le temps mis à descendre du petit tabouret pour se lancer à la poursuite du Limousin empêcha ponctuellement la femme de chambre de finir d'épingler la nouvelle tenue. Elle resta stoïque, des épingles coincées au coin des lèvres tandis que la Vicomtesse de Verteuil poursuivait son écrivain particulier en l'abreuvant de termes fleuris à défaut d'être acceptables. Quand la brune revint, elle fit signe aux coiffeurs de reprendre leur travail et chacun reprit son poste.

- Non mais sérieusement.
- Mirifique.
- Vraiment ?
- Mieux que ça.
- Est-ce que je suis déessale ?
- Hein ?? Ah comme une déesse, vous voulez dire ? Ben... J'imagine que s'il y a une déesse de l'alcool, de la tricherie et du sans-gêne, elle doit être en train de pleurer dans son calva.
- Je prends ça comme un compliment.


Elle balaya d'un geste les quelques mains qui venaient porter les dernières touches à sa tenue. Deuil du royaume oblige, elle était bleue. Les couturiers avaient fait de leur mieux niveau broderies et perles mais rien n'y faisait, elle était irrémédiablement bleue, source de colère et d'inquiétude parfaitement justifiée pour un poney rose. Elle avala un verre cul sec pour se donner du courage.

- J'ai toutes mes chances.

De fait, elle considérait toujours qu'elle avait toutes ses chances, même quand on l'enfermait en prison (après tout elle avait un avocat et savait hurler son droit à "coup de pigeon à un ami") (et de toute façon, depuis qu'elle était vicomtesse, on essayait vachement moins de la coller en prisons)(les mauvaises langues disant que c'était parce que les maréchaux se refilaient son nom avec effroi lors de leurs prises de fonctions).

- Haut les foies, Hauts les bras, on l'aura ou il y restera.
- C'est ça. Ou pas.
- Vous venez avec moi. Oh et n'oubliez pas les cadeaux pour nos hôtes.
- Un pourpoint argenté ? Vous êtes sûre ?
- Lamé, il est la-mé. Et regardez, il est signé Pacôme Rabanne, chiromancien des starres. Voyez, c'est écrit là "Nul ne survivra à l'année 1461" ça va vite être collector.
- Ha. Et pour la dame, un serre-tête à coeur ?
- En rubis. C'est chou, n'est-ce pas ?
- C'est le mot que je cherchais.

Quelques minutes plus tard, ils grimpèrent dans le carrosse et entamèrent le chemin en semi-silence. (A savoir qu'une parlait tandis qu'un se taisait, pour respecter l'équilibre du monde.)
Arrivés devant le château, Anatole descendit du carrosse en trébuchant et déroula les petites marches jusqu'au sol.


- Qui dois-je annoncer ?
- On ne m'annonce jamais, Machin. On me révère, nuance.
- Et vous pouviez pas arriver en même temps que l'autre, Votre Révérence ? J'ai les grandes portes à rouvrir du coup, faut qu'je bouge les manivelles, c'est costaud...
- Rouvrez-les une dernière fois et ne les rouvrez plus jamais, ne laissez sortir personne sans que je vous l'ordonne, mon brave. Voici 20 écus pour ce petit embarras.
- C'est presque ma paye !
- Rectification, Anatole, c'est votre paye. Bien. Entrons en douce et entamons le combat.


Elle posa le bout de l'escarpin sur le marbre de l'entrée et sourit de toutes ses dents. Il était temps de revenir à la vie. Rien de tel qu'un petit harcèlement pour vous remettre dans le mouvement.

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Aimbaud
La subtilité.
La subtilité était le terme exact qu'Aimbaud entendait donner à cette rencontre. Il fallait que tout soit subtile. C'est pourquoi il avait fait, par exemple, dresser une grande table oblongue drapée de blanc au bout de laquelle trônait son siège ducal, et à l'autre bout de laquelle, bien en face, serrés l'un contre l'autre, étaient disposés deux couverts cerclés de fleurs des champs et d'épis de blés pour la fertilité du couple (c'est tata Kilia qui l'avait dit).

Auprès des assiettes, on avait placé quatre verres de façon EXPRÈS anarchique, pour qu'on prenne celui de son voisin par inadvertance. On avait veillé à ce qu'aucun pied de table ne se trouva sur le chemin de qui voudraient se toucher du bout de l'escarpin ou de la botte... On avait posté juste à côté quatre valets munis de carafes, qui avaient ordre de resservir d'office les coupes à raz-bord pour griser les esprits.
Enfin l'on avait prévu des plats délicats et printaniers, quelque peu évocateurs, tels que des couples de bécasses cuites au jus, un duo de faisans aux poivres, ou encore une belle paire de lièvres braisés qui se bécotaient entre deux oignons.

C'est encore avec subtilité qu'Aimbaud, averti par le tumulte des carrosses, accueillit ses visiteurs à bras ouverts, en leur clamant :


Quelle synchrone arrivée ! Vous êtes faits pour être ensemble, ma parole.

Il garda un instant les bras levés, profitant d'un coup de vent pour laisser sa cape gonfler cerf-volantement. Puis il s'inclina vers Phelim et posa bécot sur la main de Mahaut.

Vicomte, vicomtesse. C'est fou cette formule, on dirait que vous êtes mariés. Héhéhéhé. Cependant l'un est d'Oingt, l'autre de Verteuil ! Soyez les bienvenus. Avez-vous fait bon voyage ?

Poursuivit-il en les priant de le suivre, d'un geste du bras. Un instant plus tard on les avait déchargés de leurs gants et chapeaux et menés à table. Ils purent y goûter un petit shot d'hypocras et voir la venue de plateaux d'escargots. Ben ouais, Bourgogne is Bourgogne.
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Phelim
On le fit entrer et le grand brun entendit les sinistres grincements de la porte derrière lui qui se refermait. Il se serait cru dans une prison pour le coup. Heureusement elle se rouvrit bientôt pour un nouveau carrosse alors qu’il était sur le point de franchir le marbre de l’entrée. Il fit volte-face pour découvrir une petite brune tout de bleue vêtue.
Il apprécia le goût de la donzelle pour les couleurs sobres, lui-même portait un pourpoint de couleur noire rehaussé simplement par l’emblème familial, le taureau furieux de gueule.

Le maître des lieux arriva à ce moment-là pour les accueillir, attiré par leur raffût sans doute. Avec sa cape gonflée par les vents, on aurait pu le confondre avec un foncet. Un sourire se dessina sur les lèvres de Phelim. A l’heure où son duché se trouvait menaçait par une nave de guerre d’un bateau pirate, il aurait pu être tenté de le mettre à l’eau et de partir à l’assaut pour un combat naval.

Aimbaud le présenta à la Vicomtesse de Verteuil mais sans en dire plus sur la raison de sa présence, comme si quelques obscurs secrets se cachaient là. Enfin, l’Imprévisible, connu pour son aptitude tant enviée pour décrypter les mystères, avait déjà son opinion à ce sujet. Il s’agissait surement là d’une cousine un peu simplette d’esprit qui avait insisté pour participer à une rencontre de haut niveau entre un Guerrero et un de la Josselinière et ce dernier par piété aristotélicienne, avait accédé à sa demande.

Alors qu’on l’entrainait dans les entrailles de la demeure familiale, il lâcha à sa cuisinière en s’apercevant qu’elle le suivait toujours.


Va donc t’occuper des chevaux.

Arrivé dans la salle à manger, le Lyonnais observa avec curiosité les deux couverts très proches décorés de fleurs de champs et de blés. Un haussement d’épaules mental plus tard, il décida qu’il s’agissait là de la place des deux cousins et d’une étrange coutume de famille et il alla se plaçait à l’autre bout, sur le trône ducal qu’on lui avait l’immense honneur de lui attribuer. Cette entrevue commençait sous les meilleurs hospices.

Et bien, le voyage s’est passé sans accroc. Quand à dire pour autant que j’ai fait bon voyage …

Il vida son shoot cul sec puis tout en observant d’un regard mauvais le domestique qui lui présentait avec insistance un plateau d’escargots comme si le Vicomte d’Oingt avait une idée de quoi faire de ces bêtes-là, il ajouta.

Il est très bon cet hypocras.

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Aymon
Bien sûr qu'il est bon. Qu'esse vous accroyez, qu'le marquis sert vilaine vinasse à ses invités d'marque ? Non point, messire. C'est du 1452, bonne année s'il en fut...de chêne...hahaha !

Hum. Il allait falloir perdre cette habitude de rire de ses propres jeux de mots, s'intima mentalement Aymon, recruté spécialement pour le service du repas. L'altercation avec la St Just, qui s'était soldée par une copieuse bastonnade, lui avait fait passer quelques fâcheuses manies avec les nobles, mais les calembours restaient. Vraiment. Impossible de se retenir. Alors évidemment, quand le type en noir le regarda d'un air torve, il se rendit compte qu'il avait gaffé. Et son Josselinière de maître avait l'air de tenir à ce que la soirée se passe pour le mieux.

Mais goûtez donc ces escargots, messire. Spécialité locale. Du terroir. Un amuse-bouche des plus fins. Et, euh, au fait....


Là, c'était plus risqué. Le nobliau avait l'air aussi costaud que le taureau sur son pourpoint. S'il le prenait mal, il pouvait tout aussi bien balancer une taloche qui mettrait le gringalet au tapis. Et Danavun devrait le relayer pour le service...et là...on pouvait oublier le "repas classe". Même s'il empruntait la livrée rouge qu'Aymon enfilait pour les grandes occasions.

Néanmoins, si le marquis qui discutaillait toujours avec la demoiselle en pervenche se retournait, il savait que l'altercation qui n'allait pas manquer de suivre ne placerait pas le déroulement du dîner sous les meilleurs auspices. Fallait savoir se sacrifier, des fois...

Le siège, là. C'est le trône ducal, voyez...çui du duc. Qu'est marquis. Enfin. L'maître d'céans, quoi. Vous, on vous a préparé une jolie assiette près de la jolie d'moiselle, ornée de fleurs des champs et tout...comme dans "un banquet presque parfait". On a même mis des étiquettes avec les noms, là, voyez...C'est bien vous, Guerrerro ?

Déférent. Le ton s'efforçait d'être déférent. Mais sans s'en rendre compte, le boutonneux finissait toujours par avoir dans la voix un accent désinvolte. Rhâââ. Il ne s'habituerait jamais à parler à des nobles. Trop compliqué.
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.mahaut.
Aaaaah, Aimbaud. Voir Aimbaud, c'était retrouver le printemps, son air de fête, les jolies fleurs, la poudre de champignons plein le nez, c'était retomber en adolescence. Mais il avait grandi, était devenu Marquis, ce qui en faisait un homme hautement fréquentable, même si les règles poneysques l'excluaient des prétendants possibles. Oui, vous pouvez pleurer, ça n'y changerait rien. Mahaut et Aimbaud étaient tels des frères de sang, tels des âmes soeurs, tels Adel et Filip des 2be3, rien ne viendrait jamais gâcher leur belle amitié. Même pas le fait qu'il ne lui propose qu'un simple Vicomte.

Au début, bien sûr, elle avait tiqué. Un "simple" Vicomte, pas d'apports marqués en termes d'élévation sociale, autant aller reluquer les gueux sur les chantiers, ça rapportait autant et ça coûtait moins en conversation. Mais bon, elle aimait relever les défis. Elle avait rencontré son ancien mari simple baron et en avait fait un vicomte avant de récupérer ses titres, ses terres et ses poules. Rien d'insurmontable, donc. Il fallait juste qu'elle arrive à coacher le nouveau vers un poste de Duc ou de Comte, ou même de Marquis, et après tout pourquoi pas, de Roy. Elle le méritait, après tout.

Une fois devant Aimbaud, tandis qu'elle tendait les bras vers son wesh-wesh bro, elle zieuta la victime. Moui, pas mal. Rien qui lui fasse trop honte dans l'avenir, même s'il allait falloir le relouquer, rapport à son goût immonde pour la sobriété.

La phase A, la plus difficile, se présentait désormais. Comment le convaincre de suite de devenir encore plus noble ? Se présenter et glisser "duc" tous les 3 mots en message subliminal ? Se débrouiller pour qu'il aborde lui même le sujet ? Ou alors...

Ah oui, le regarder s'installer tout seul sur le trône d'Aimbaud, c'était bien aussi. Son sourire ravi réapparut instantanément sur ses lèvres et elle tendit sa cape à un serviteur.

- Aimbaudpoupinou, c'est un véritable présent que tu me fais... de me recevoir aujourd'hui. Anatole, filez les cadeaux. Il y en a un pour toi, un pour ta femme. Ne confonds pas.

Elle se tourna vers le FDPR (Futur Duc Poney Rose) et leva son verre à son honneur.

- A vos ambitions, messire !

Hop, un petit shoot d'hypocras et on réajuste le bustier mine de rien. Un serviteur s'approcha d'elle avec un plateau. Elle tendit la main machinalement et découvrit une espèce de chose bloubloutante dans une coquille. Elle regarda le serviteur, interloquée. Impassible, il lui tendit un petit pique. Sans doute souhaitait-il qu'on le jette sur une cible, mais cela n'expliquait en rien la chose dans la coquille, désormais coincée dans sa main gauche.


*réfléchis, Mahaut, réfléchis. S'il te l'a donné, c'est que ça doit servir. Aimbaud a géré toute la soirée, il doit essayer de te faire passer un indice. Tu es dans l'équipe des roses et tu dois gagner l'épreuve de confort. Reste concentrée*

- Quelle délicieuse propriété, Aimbaud. Et quel décor de table !

*mieux que ça, mieux que ça, viiite*

- Et du nouveau personnel à ce que je vois...

*bah, ce qui compte, c'est l'épreuve des poteaux.*

- Jeune homme, resservez-moi un petit verre, je tremble dans cette robe.

Et hop, on glisse l'escargot sur le plateau du serviteur en reprenant un verre. Pfiou. Bien joué.

- Je suppose que je m'assieds ici ? Que c'est charmant... Je mets 8 en décoration, mes compliments.

Elle tapota le siège à côté d'elle.


- Venez, Vicomte, venez, je ne mords pas.

Pas de suite, quoi.

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Phelim
Diantre, mais c’est qu’il insistait avec ses limaces.

Non merci, ils m’ont l’air bien trop copieux. Je risquerai d’être rassasier avant la fin du repas.

Un léger sourire vint flotter sur les lèvres vicomtales, à chacun sa méthode pour esquiver de la meilleur façon possible la dégustation de ces escargots. Mais le sourire fut remplacé par un plissement de front alors qu’il essayait de comprendre les explications du serveur.

L’Imprévisible hocha la tête pour montrer qu’il avait compris, geste qui fut démenti par le vide abyssal de ses azurs qui signifiait qu’en fait il n’en était rien. Le trône, c’était celui d’Aimbaud d’accord, comme les autres chaises et comme la table. En fait ici, tout était à lui, parce que justement on était chez lui !

Et finalement, la lumière fut faite dans son esprit quand on lui montra l’étiquette avec son nom, sur la place en face. Et comme pour confirmer qu’il avait la bonne réponse, Mahaut lui fit signe de s’approcher.
Le grand brun se leva donc et alla s’asseoir à côté de la pervenche. On les avait peut-être placé un peu trop proche l’un de l’autre non ? Un geste trop vif en voulant prendre son verre par exemple, et il se pourrait bien que le Guerrero lui mette accidentellement un coup de coude dans les côtes, voir même qu’il en fracture une tant elle semblait fragile comparée à lui.

Les mirettes examinèrent ses nouveaux couverts et il s’empara d’une fleur des champs qu’il plaça entre son pouce et son index et qu’il mit à la hauteur de ses yeux pour la regarder de plus près.
Interloqué, il questionna Aymon.


Et cela aussi c’est une spécialité bourguignonne ?

Sans attendre de réponse, il la goba.
Pouah !
Aimbaud pour ta cuisine de ce soir, je t’attribue un …. 2 !
L’hypocras était très bon mais tes escargots manquaient de cuisson. De plus, tu as pris des risques en les accompagnant avec des fleurs des champs mais ce n’est pas payant car je n’apprécie pas le sucré salé !
Bref, l’Imprévisible recracha le tout dans une serviette, trouvant cela infect.

Et pour ne point donner l’impression d’insulter leur hôte qui, il le voyait bien, avait fait des efforts, il dit.


Hummmm, c’est si gouteux que ce serait pêcher par gourmandise d’avaler un met si délicat. A coup sur Aristote ne me le pardonnerait pas, même si je m’en confessais.

Hop, ça c’est fait.
S’intéressant à sa voisine maintenant, et bien décidé à lui montrer l’esprit raffiné, intelligent et envié des Lyonnais, il tenta d’entamer une conversation passionnée avec elle.


Et vous Vicomtesse euh ….

Commencer une discussion d’accord mais sur quoi ? Les pupilles s’arrondirent de panique, et quelques gouttes de sueur perlèrent sur le front de l’Imprévisible alors qu’il réfléchissait à toute vitesse. Maintenant qu’il avait commencé, il fallait finir pour ne pas passer pour un abruti.
Apercevant le végétal à moitié mâchouiller, l’inspiration lui vint subitement.


Et vous Vicomtesse, vous avalez ?

Ouch !
Avoir le stress des exams et oublier de prendre son actimel le matin, certaines ça les rendait ballonnées, lui ça le rendait gaffeur.

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.mahaut.
L'adoraaaable petite chose ! Le voilà qui venait, ne prenant même pas la peine d'être confus d'avoir pris le siège de l'hôte et qui s'installait en prenant soin de ne pas trop la frôler. Qu'ils étaient choupinous, ces hommes, vraiment, elle devait absolument en commencer une collection. Si ses copines s'y mettaient également, elles pourraient jouer entre deux cours à l'université, en échangeant des cartes avec leur caractéristiques, ce qui donnerait des échanges savoureux à base de "oui mais attends, moi, mon Marquis, il a un bonus 30 en force, et il évolue en Priiiiince !". Evidemment, les cartes en double seraient impitoyablement déchirées.
Mais pour l'heure, sa collection était encore limitée (une carte "Matpel" évolution en "Roudoudou" super évolution en "mort de la mort qui tue", non échangeable, non remboursable mais qui brille dans la nuit) et la victime n'avait pas encore conscience d'en être une.

Elle le laissa donc s'installer à ses côtés, forcés par l'intuition géniale d'Aimbaud de se frôler au moindre geste. Se faisant, elle ne pouvait donc plus le regarder en face mais de biais, en levant la tête car les hommes trouvaient malins d'être grands quand elle n'était qu'adorablement proportionnée (version officielle).

Moui, de profil, ça passait aussi. Oooooh et qu'il était choupinou quand il fronçait les sourcils en observant une fleur ! Elle le regarda, attendrie, et constata avec ravissement qu'il engloutissait ladite fleur. C'en était fait de lui. Maintenant elle avait la preuve complète qu'il n'était point de ces séducteurs professionnels qui ne voulaient qu'obtenir argent de sa part (ce qui était tolérable, sauf quand on la prenait pour cible, ce qui n'arrivait jamais), mais bel et bien un de ces rustres en armures qui se sentent plus à leur aise en beuglant "BEUARH" sur les champs de batailles. Ceux là, et ceux-là seuls avaient une véritable saveur.

Elle attrapa son verre et pencha la tête sur le côté (après tout, elle avait fait péter la robe au décolleté, autant essayer de la rentabiliser) pour l'écouter en souriant.

- Hummmm, c’est si gouteux que ce serait pêcher par gourmandise d’avaler un met si délicat. A coup sur Aristote ne me le pardonnerait pas, même si je m’en confessais.
- Oooh, c'est si joliment dit...


Elle gazouilla un instant puis fit signe au valet de la resservir (les coupes se vidaient avec une vitesse folle, il faudrait qu'elle surveille qu'Aimbaud n'ait pas tenté de placer une de ses choppes-baveuses-gadgets histoire de relâcher un peu l'ambiance).
Le protocole voulait que ce soit aux hommes de lancer la conversation, elle attendit donc avec impatience. Sur quoi allait-il partir ? La façon dont elle avait rencontré Aimbaud ? Son point de vue sur l'assemblement floral leur faisant face ? Ou sur celui du vin qui leur était servi en rafale depuis à peine quelques minutes ? S'il se lançait là dessus, elle l'épousait sur le champ, voire sur le champ de bataille. Elle replongea dans son verre en croisant les doigts de pieds dans ses escarpins.


- Et vous Vicomtesse euh …. Et vous Vicomtesse, vous avalez ?


Ah.

Elle garda la gorgée au niveau du palais, incapable pour l'instant de répondre à la question. Qu'entendait-il par là ? avaler ? Bon, elle n'était pas très au fait des discussions d'hommes mais elle ne se souvenait pas de son père demander cela à ses amis. Par chance (ou par malchance, c'est selon), son mariage n'avait pas duré très longtemps et n'avait même pas été consommé, les moines ayant refusé que son mari ne se fatigue trop à la fréquenter. Néanmoins, elle avait beaucoup appris ces derniers temps, notamment la fois où elle avait cherché Vaxilart partout dans Paris et en visitant pour ce faire les meilleurs établissements de la capitale. Mais là encore, faute de temps sans doute, elle n'y avait rien entendu de la sorte. Bon.

Il fallait qu'elle réponde. Et vite. Et sans cracher. Elle avala donc sa gorgée et se fia à son bon sens. Si elle venait de le faire alors...


- Mais naturellement !


Elle assorti sa réponse d'un sourire chaleureux et leva ses grands yeux vers le vicomte. Relancer la conversation, donc.


- Et vous-même ?

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Aimbaud
Les quelques mots qu'Aimbaud avait pu échanger avec sa comparse en début d'apéritif étaient à peu de choses près : "Ça la les poneys ? — À la bien, cousin. Et toi, bien ou bien ? — Au poil de biche, ma quiche. Il te faut savoir que : la situation est sous contrôle, je répète, la situation est sous contrôle.". Cette dernière remarque fut accompagnée d'un lent hochement de tête avec une fermeture consciencieuse des paupières, suivit d'un passement de la main dans les cheveux. Nous baptiserons ce geste "le geste 1", car il revint régulièrement au cours de cette rencontre.

Et en effet, TOUT était sous contrôle. Deux valets décoratifs avaient pour mission de remonter tour-à-tour leurs chaussettes, à cinq minutes d'intervalle, pour observer ce qui se passait sous la table. Si l'escarpin entrait en contact avec le tibia, ils devaient immédiatement déclencher le code rouge (vous allez comprendre pourquoi rouge), c'est-à-dire changer les bougies d'un chandelier, ce qui informait sans délais les serviteurs-vinasse, qui remplissaient les verres avec un excellent vin du sud qui tapait joliment. Quatre ménestrels d'Europe de l'est (vers la Savoie), attendaient à la porte, leurs violes et leurs cithares braquées derrière l'huis, en guettant le signal (un éternuement d'Aimbaud). Et on avait coincé, sous le plancher du côté de Phelim, un souffleur de théâtre kidnappé dans une compagnie de rue, qui devait suggérer en italique (et avec beaucoup de discrétion) des réparties poétiques.

Satisfait, Aimbaud exécuta donc le geste 1.

Tout en gobant quelques escargots, qu'il prisait, il prêta l'oreille à l'échange. Un des escargots lui remonta brusquement dans le nez quand il entendit le quiproquo. Il s'étouffa dans sa serviette, puis reprit les rênes du discours.


HÊum HAarhhrm. Hum ! Avec plus ou moins d'aisance. Il fallut agrémenter son commentaire d'un petit tintement du couteau sur sa coupe. Heureusement à l'époque les verres étaient d'argent, ce qui empêchait de fâcheux éclatement de vaisselle (car Aimbaud y allait comme un bourrin). Hem ! Quelle joie de vous avoir tous deux à ma table. En ces temps de discorde, il est bon de se rappeler ses amis. Et c'est pourquoi je vous ai tous deux choisis pour convives ! Je veux que vous soyez de bons amis. Et si je n'étais pas assis à cent pied de vous, je vous prendrais là-dessus une main chacun, les mettrai ensemble et les tapoterais avec un sourire dadais ! Hé hé. À l'amitié !

Ajouta-t'il en levant sa coupe. Ce qui était le signe pour faire entrer les premiers plats du banquet. L'on posa près des deux tourtereaux, deux tourterelles, qui étaient si gracieusement emmêlées l'une à l'autre qu'il faudrait bien des efforts pour les séparer.

Hum ah ! Fit Aimbaud en terminant sa gorgée, il n'y allait d'ailleurs pas de main-morte sur le vin (tous ces préparatifs perspicaces l'avaient éreinté), il allait finir par être pinté le premier... D'ailleurs il se mettait à improviser, mauvais signe : Ces viandes sont encore une coutume ! Il faut les dépiauter vous-même. Allez-y à deux, vous allez voir c'est hilarant ! aah...

Le vin lui montant au nez, il sentit ses narines lui renvoyer un petit chatouillement. Un... un... mauvais chatouillement. Un chatouillement foireux, qui devait déclencher des choses imprévues !

aAAAh...!

ARRTCHAAAArrffff ! Aussitôt il agita les mains vers Aymon, en faisant les gros yeux. Non non non non non !

La poignée de porte du côté des ménestrels pivotait déjà.

"Sans mentir, si votre finesse, se rapporte à votre richesse, vous êtes tout à fait la femme qu'il me faut."

C'était le souffleur.

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.mahaut.
Pendue aux lèvres du vicomte, elle attendait la réponse. "Mais naturellement, vicomtesse, que j'avale, et un paquet de liqueurs par jour, même !". Ou simplement "Et je vous le prouve !", bref, un truc d'homme, quoi. A la rigueur, compte tenus des évènements, elle aurait même ri en papillonnant des yeux face à un rôt. L'humour des hommes était chose basique, elle savait donc s'adapter.
L'étouffement d'Aimbaud l'empêcha de clignoter des yeux comme prévu. Elle se rabattit sur sa coupe, avec une allégresse toute boulassienne.


- Hem ! Quelle joie de vous avoir tous deux à ma table. En ces temps de discorde, il est bon de se rappeler ses amis. Et c'est pourquoi je vous ai tous deux choisis pour convives ! Je veux que vous soyez de bons amis. Et si je n'étais pas assis à cent pied de vous, je vous prendrais là-dessus une main chacun, les mettrai ensemble et les tapoterais avec un sourire dadais ! Hé hé. À l'amitié !

Au fur et à mesure des paroles, la lumière se fit en elle. Au dessus de sa coupe, elle fixa Ram-beaud et lui fit le geste n°2 : un clin d'oeil raté suivi d'un secouement de chignon sur le côté droit. Discrètement, elle retira encore un coup sur sa robe et reposa son verre. Elle était prête.


- Vicomte, permettez... En l'honneur de notre hôte...

Elle lui prit la main d'autorité et la leva au dessus de la table en un hommage à la limite du geste de la victoire.
Tandis qu'on apportait les plats, elle redescendit leurs mains jusqu'à la nappe, sans pour autant desserrer suffisamment les doigts pour qu'il s'échappe.


- Oooooh ! Une coutume ! Comme c'est charmant. Je vous libère, Vicomte, il faut absolument que nous goutions cela. Tenez, je tiens l'assiette, à vous le dépiautage comme on dit ici.


Elle lâcha un petit rire charmant et attrapa le plat devant eux tant bien que mal. Diantre, les vins étaient efficaces. Voyant que l'homme hésitait à commencer, elle se décida à l'encourager.


- Hmm, les voilà bien imbriquées... Je ne suis pas une spécialiste, mais je pense qu'il faut trouver un point de contact et soulever délicatement. Rien de trop brutal. Tenez, là. Qu'est-ce donc ? Les cuisses ? Fort bien, allez-y, je suis sûre que vous savez faire. Allons, je vous prête main forte, je vous accorde mon doigt pour vous aider.

Au loin, elle entendit vaguement quelqu'un s'étouffer. C'était fort dommageable, car elle aimait toujours donner de grandes claques dans le dos des gens, mais elle était en mission. Doigt tendu vers le vicomte, elle attendait les instructions. S'il était homme de guerre, cela ne tarderait pas à se savoir ("Ecrasez, là ! Allez-y ! Maintenant, tournez en même temps ! Voilà, il est mort. Beuarh. On était là pour quoi déjà ?").
Et c'est là, LA, précisément qu'elle entendit la réponse.


- "Sans mentir, si votre finesse, se rapporte à votre richesse, vous êtes tout à fait la femme qu'il me faut."


Bouche bée, elle fixa le brun.

- Vicomte !


Bordel, c'était presque trop facile. Ça enlevait tout le charme à l'opération. Néanmoins, le petit air paniqué qu'elle devina en lui la motiva à continuer.

- Je ne vous proposais que mon doigt, pas ma main... Néanmoins votre intérêt me touche... Permettez que je garde ma réponse pour le dessert ?
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Phelim
- Mais naturellement !

Un sourire s’étira au coin des lèvres de l’Imprévisible parce qu’elle ne s’était point vexée et il se félicita d’être tombé sur une personne assez ouverte pour avouer franchement ses pratiques.

Et vous-même ?


Et au bec du Guerrero, le sourire se figea. Un brusque changement d’avis se fit dans son esprit, en fait elle est réellement simplette d’esprit, comme quoi la première impression était toujours la bonne. Visiblement elle n’avait pas compris la question. Ou bien c’est qu’elle est pucelle mais dans ce cas, comment a-t-elle fait pour devenir Vicomtesse sans donner de son corps?

Alors que la bouche s’ouvrait pour répliquer, Aimbaud le coupa pour lancer la suite des festivités. Il en profita pour vider une … non quatre coupes de vin pour se détendre, sentant qu’il en avait bien besoin.
A ses côtés, la brune tira sur son décolleté et alors que les azurs en profitèrent pour reluquer, l’esprit du grand brun cessa de suivre le discours de la Josselinière. Jusqu’à ce qu’elle lui prenne la main et la lève haut, là le Lyonnais se décida à écouter ce qu’il se disait pour savoir pourquoi on lui faisait prendre cette posture ridicule.



- Oooooh ! Une coutume ! Comme c'est charmant. Je vous libère, Vicomte, il faut absolument que nous goutions cela. Tenez, je tiens l'assiette, à vous le dépiautage comme on dit ici.


Et il vit deux tourterelles tellement agglutinées l’une contre l’autre qu’on ne savait pas où commençait la première et où se terminait la seconde. Et à vrai dire, les conseils de Mahaut ne l’aidèrent pas plus à comprendre comment les séparer. Quant au doigt que gracieusement elle mettait à sa disposition, il ne savait pas quoi en faire. Aussi se contenta-t-il de fixer la volaille, une lueur d’incompréhension au fond de ses yeux.

Sans mentir, si votre finesse, se rapporte à votre richesse, vous êtes tout à fait la femme qu'il me faut.


Il eut beau fouillé les alentours, il ne trouva pas qui avait pu dire cela. Se pourrait-il que ce soit son inconscient ? Et alors que déjà la cousine se proposait d’y penser sérieusement, il lui fallait réfléchir afin de ne pas sortir marier de ce repas avec la cousine. Rien que l’idée le paniquait.

Tout en songeant à une échappatoire possible, le Vicomte retroussa les manches. Chaque problème à la fois, on commencera par les tourterelles, parce qu’il commençait à faire faim.


De grasce, gardez votre doigt. Si vous perdiez votre ongle dans la bataille, j’en mourrais …

Un sourire en coin avant de poursuivre.

De savoir tout ce plat que le Marquis s’est donné du mal à mitonner gâché
.

Et les paluches plongèrent dans la viande. On entendit des craquements d’os, du jus gicla arrosant les invités, des plumes volèrent, mais quelques minutes plus tard c’était fini, le couple était séparé, chacun reposant d’un côté de l’assiette. Et c’était presque parfait, à part que l’un des oiseaux avait trois pattes quand l’autre avait deux tête et quatre ailes. Mais bon, peut-être n’y avait-il aucune erreur car il s’agissait d’une sorte de sous espèce présentant ces caractéristiques certes peu communes ? Beuarh. La réponse maintenant qui fut dite posément.

J’attendrai jusqu’au dessert mais ne me faites point trop languir car je suis vraiment impatient de vous voir rejoindre mon harem où se tient ma collection d’épouses.
Comme on dit chez nous en Lyonnais, à une de perdue rien de grave, car 10 autres t’attendent chez toi.


Et il lui tendit le plus sérieusement du monde, le morceau ayant les deux caboches.

Tenez, je vous en prie. Je préfère la cuisse pour ma part.

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