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[RP] Retour aux sources.

Osfrid
    La Normandie. La Terre de ses ancêtres. Il y serait bientôt arrivé !
    Osfrid était né quelque part dans un pays plus au Nord, où les hommes n’avaient pas que de belles manières et parlaient fort en buvant de la bière. Il était né sur ces terres où l’on pouvait voir à perte de vue tant les villages étaient éloignés les uns des autres laissant de grands champs s’étendre devant les yeux avant de rencontrer une âme qui vivait là. Mais Osfrid avait toujours rêvé de revenir en Normandie.
    Il n’avait pas oublié ses quelques passages lorsqu’enfant, il venait rendre visite à son cousin Fil. Les deux garçons étaient nés la même année mais pas dans le même pays. Toutefois, cousins par leurs pères, ils se retrouvaient lorsque Eudes décidait de rendre visite à sa famille sur les terres françaises avant de repartir dans un autre pays, une autre ambassade, parler diplomatie. Et là c’était la joie, le plaisir et le bonheur à l’état pur. Les garçonnets avaient grandi se considérant presque comme des frères et puis Fil avait été emporté par la maladie. Osfrid avait eu du mal à s’en remettre. C’était une partie de lui qu’il avait perdu à ce moment là et qui plus est, il ne pouvait se rendre à l’enterrement de son cousin, n’étant pas au Royaume de France à cette époque là. Une déchirure pour Osfrid qu’il avait fini par cacher au fond de lui.

    Aujourd’hui, c’était une autre blessure qui avait ramené l’homme du Nord sur ces terres ancestrales. La douloureuse tâche de rencontrer les parents de sa bien aimée pour leur annoncer la triste nouvelle de sa disparition ainsi que de leur fils il y avait de ça quelques semaines avait fait naître chez Osfrid le besoin de se ressourcer sur les terres familiales. Et comme il avait appris que son cher cousin avait une jeune sœur que l’on avait caché à la famille, l’occasion pour lui de faire connaissance était à porté de mains, il n’allait pas s’en priver. Et depuis son départ de Blaye où vivaient les parents de Sibilla, il avait fait parvenir une missive à cette Adeline qu’il ne connaissait pas.

    Citation:



    Très chère Cousine,

    Il est des histoires de famille que nous ne connaissons pas tous et apparemment vous en faites partie. J’ai appris récemment que mon cher Cousin Fil avait une sœur, sœur qui fut durant notre enfance soustraite à nos regards… Soit. Je gage que vous êtes une vraie de Courcy puisque Fil vous a reconnu comme tel. Je ne demande qu’à vous connaître et me faire une idée sur vous.

    Donc, attendu que je suis sur les Terres de France, je passerais par le domaine familial afin de me ressourcer si vous n’y voyez aucun inconvénient. Connaissant l’hospitalité normande, vous saurez me recevoir comme il se doit. Et je vous demanderais de m’accompagner sur la tombe de Fil. J’ai besoin de me recueillir auprès de mon cousin et peut être qu’ensemble nous pourrons prier.

    Bien, j’arriverais dans quelques jours. Je vous ferais savoir quand exactement afin de ne pas jouer la surprise. Quoi que cela aurait peut être valu le coup de voir ma chère cousine dans son état naturel sans s’attendre à voir débarquer la horde familiale. Je serais curieux de savoir si au domaine, tout va être mis en œuvre afin de dépoussiérer un tant soit peu cette vieille demeure où règne plus les souvenirs de nos pères que de nous-mêmes !

    Je vous envoie donc toutes mes salutations. Un avenir s’offre à nous, profitons-en pour voir si nous sommes capables de nous entendre au lieu de faire comme dans toutes ses familles qui s’ennuient, un petit jeu de massacre pour occuper son temps !

    Osfrid de Courcy.



    Le grand blond relu sa missive, heureux de l’effet produit. Il ne connaissait pas sa cousine et alors ? C’était elle qui tenait les rênes de la famille alors qu’il était plus âgé qu’elle. D’une logique imparable qu’une morveuse de surcroit inconnue du reste de la famille vienne faire sa loi dans SA famille. Maugréant comme un vieux ronchon qu’il devenait a même pas la trentaine, Osfrid sabla sa missive, l’enroula et envoya un pigeon direction la Normandie. Puis il reprit son maigre baluchon pour reprendre sa route. Ça faisait bien longtemps qu’il voyageait léger… depuis son plus jeune âge en fait et seule Sibilla avait un peu modifié ses habitudes rustres mais depuis qu’elle n’était plus à ses côtés. Secouant la tête afin de pas penser à ce manque qu’il avait, il attrapa les brides de son cheval, grimpa sur son dos et pris la direction du Nord.

    _________________




Deedee
Il y en avait des choses à faire sur ce domaine… Apres trois long mois d’absence, Adeline était revenue, enfin, et s’était empresser de reprendre les taches abandonner depuis son départ. L’hiver avait été difficile, et le mauvais temps et le froid avait eut raison de nombreuse parti du domaine qu’il fallait maintenant penser à réparer. Mais pour l’heure, elle voulait surtout profiter de son retour pour savourer les quelques instants trop rare auprès de ses enfants. C’est qu’ils en avaient a lui raconter depuis son départ. Des aventures, des exploits, des bêtises aussi, la jeune femme ne pouvait que se rendre à l’évidence, ils avaient bien grandi…
Erwan devenait un petit homme, son petit chevalier comme elle aimait l’appeler lui ressemblait étonnement de plus en plus, son petit caractère, son coté « peur de rien » et puis…. Il avait grandi aussi, presque 3 pouces depuis son départ. Bientôt il la dépasserait, bientôt…. Peut être partirait-il à l’aventure comme elle…
Et Briana… Sa petite princesse au boucle d’or avait elle aussi changé, moins chétive son séjour au couvent lui avait fait du bien. Cependant… Quelques ombres inquiétantes planaient toujours sur elle, si la petite fille avait repris de la santé, elle restait néanmoins toujours aussi… silencieuse. Et depuis son retour ne quittait plus sa mère, sa gouvernante, ou même Arthéos. Où était passé l’enfant rayonnante qu’elle avait quitté un soir d’hiver ? Tant de chose était maintenant a rattrapé, tant de temps perdu qu’il fallait maintenant retenir…

Et c’est par un petit matin comme tant d’autre, un de ces jours ou l’aube se lève sur un ciel sans nuage qu’Adeline reçut une bien étrange missive. Attablé à sa table de travail comme souvent lorsque la maisonnée dormait encore, la jeune femme reçut la vieille cuisinière venu lui porter son déjeuner « obligatoire-pour-remplumer-la-baronne » comme elle l’appelait que celle-ci lui tendit le message.
Une écriture qu’elle ne connaissait point, un nom totalement inconnu, et des les premières lignes la jeune femme crut pâlir.


Citation:


Très chère Cousine,


- Cousine ? Comment ça cousine ?

Ça commençait bien, un « cousin » venu de nulle part lui écrivait. Qui était-il, d’où sortait-il, d’où venait-il, les questions fusaient les unes après les autres dans la caboche de la petite baronne.
Certes, elle avait retrouver sa cousine Katrhyn après un rapprochement tout a fait par hasard d’un tableau et d’un bijou, mais là… ce cousin…
Sourcils froncé, la mine des mauvais jours, Adeline poursuivit sa lecture.


Citation:


Il est des histoires de famille que nous ne connaissons pas tous et apparemment vous en faites partie. J’ai appris récemment que mon cher Cousin Fil avait une sœur, sœur qui fut durant notre enfance soustraite à nos regards… Soit.


- Et bien ça je veux bien ! Et pourquoi ne m’a-t-il rien dit ce cher frère ?
Raaaaa Fil si tu m’entends, tu ne perds rien pour attendre crois moi ! Et c’est qui ce… Cousin d’abord !


S’en prendre a son défunt frère pour passé sa colère et sa surprise n’était guère Aristotélicien, mais tellement facile. Après tout depuis qu’il lui avait laissé titre et terres, la jeune femme allait de surprise en surprise, apprenant… sur le tas, bien souvent à ces dépends.

Citation:


Je gage que vous êtes une vraie de Courcy puisque Fil vous a reconnu comme tel. Je ne demande qu’à vous connaître et me faire une idée sur vous.


Les yeux de la jeune femme s’ouvrir en grand et elle ne put s’empêcher de s’écrier et de pester tout haut sans prendre garde au reste de la maisonnée endormis.
- Bien sûr que je suis une de Courcy ! D’où il sort celui là ?!

Citation:


Donc, attendu que je suis sur les Terres de France, je passerais par le domaine familial afin de me ressourcer si vous n’y voyez aucun inconvénient. Connaissant l’hospitalité normande, vous saurez me recevoir comme il se doit. Et je vous demanderais de m’accompagner sur la tombe de Fil. J’ai besoin de me recueillir auprès de mon cousin et peut être qu’ensemble nous pourrons prier.


- Mais… Mais…. C’est qu’il me donne des ordres en plus ! Et il s’invite ! Mais je ne le connais pas ! De quel droit se permet-t-il ça ?!
Ah non, ah non ça ne se passera pas comme ça… Non non non !


Citation:


Bien, j’arriverais dans quelques jours. Je vous ferais savoir quand exactement afin de ne pas jouer la surprise. Quoi que cela aurait peut être valu le coup de voir ma chère cousine dans son état naturel sans s’attendre à voir débarquer la horde familiale. Je serais curieux de savoir si au domaine, tout va être mis en œuvre afin de dépoussiérer un tant soit peu cette vieille demeure où règne plus les souvenirs de nos pères que de nous-mêmes !

Je vous envoie donc toutes mes salutations. Un avenir s’offre à nous, profitons-en pour voir si nous sommes capables de nous entendre au lieu de faire comme dans toutes ses familles qui s’ennuient, un petit jeu de massacre pour occuper son temps !

Osfrid de Courcy.


Et ce fut la goute d’eau qui fit déborder le vase. Elle ne connaissait nullement ce cousin et non content de s’inviter comme un cheveu sur la soupe voila qu’en plus il lui donnait des ordres et se permettait qu’elle-même ne s’était jamais permise lorsque son frère était de ce monde !
Et pourquoi revenait-il maintenant ? Pourquoi ne s’était-il pas manifesté a la mort de Fils ? Et…


- Ihhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Ça ne se passera pas comme ça ! Hors de question !!! J’ai passé l’âge qu’on me dise quoi faire !!! Hurla-t-elle dans un accès de rage en froissant la lettre et tapant du pied par terre comme l’aurait fait une petite fille en plein… caprice. Ce cousin à peine connu, c’était une certitude, elle le détestait déjà !
Et pour lui avoir écrit une lettre de la sorte, ce devait être rien d’autre qu’un…. Ignoble personnage, bourru, grognon, antipathique et tout ce qui peut ressembler a cela. Rien que le nom lui faisait penser à un barbare, oui voila, un barbare ! Breton, Artésien, ou pire, Hollandais ! Qu’importe, il ne pouvait pas être normand ! Et si c’était un pseudo cousin, l’ayant suivi depuis la Hollande ? Après tout, pourquoi ?

Le cerveau en ébullition de la jeune baronne entra soudainement en éruption. Si le cousin Osfrid arrivait sur ses terres, il lui fallait du renfort, de l’aide, n’importe quoi pour qu’elle n’ait pas a l’affronter seule. Et sans perdre un instant, Adeline ouvrit grand la porte de son bureau et alpagua une pauvre servante les bras chargé de draps qui passait devant sa porte.


-Vitttteeee ! Allez me chercher Artheos ! Réveillez le, secouez le, mais par pitié dites lui de me rejoindre au plus vite ! L’heure est grave ! Très très grave !

Et sans attendre d’avantage, la jeune baronne, surexcitée par la nouvelle, tenta de se calmer en répondant à la missive du dit… « cousin ».


Citation:


Messire,

Vous me voyez assez surprise d’apprendre de votre part notre lien de parenté. J’ose espérer que ceci n’est pas une fabulation de votre part pour tenter de traverser notre duché et de loger à l’ œil, n’ayant jamais appris ni de feu mon frère ni de qui que ce soit votre existence. Vous comprendrez donc qu’une certaine méfiance est venue s’installer a votre égard. Cependant, pour vous prouvez ce qu’est l’hospitalité Normande et celle de ma famille, je vous accueillerez avec plaisir sur mes terres, espérant ainsi en apprendre d’avantage sur vous et sur notre… lien de parenté.

Adeline de Courcy


Et toc ! Ça au moins c’était dit… Il le prendrait comme il le voudrait, mais hors de question qu’elle se laisse ainsi posséder par un inconnu tout droit sorti…. D’on ne sait où !
L’encre enfin sèche, la missive fut rouler, sceller, et confier à l’un de ces petits pages charger de renvoyer le pigeon.

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Artheos



Arthéos dormait mieux ces jours derniers. Tous de retour au domaine, la baronne la première, et en vie ! Cette nouvelle avait eu le don de redonner le sourire au pauvre valet. Il était content. Son sourire semblait plus présent, ses humeurs étaient moins maussades, ses yeux n'étaient plus mornes et ses yeux reflétaient autre chose que de tristes émotions. Quel âge avait-il ? Il n'en avait pas la moindre idée. Une idée plutôt vague du moins. Environ son vingtième printemps. Printemps. Ce n'était pas la saison préférée d'Arthéos, qui préférait l'automne, mais il en appréciait les couleurs. Le rose puissant et les couleurs blanches des fleurs des arbres, la naissance des jonquilles, des tulipes et des pensées. Ces senteurs éternels, ces pétales d'immortalité, cette beauté infinie. Tout pour penser à une autre fleur. Disparue. Eteinte. Toujours présente, mais invisible, intouchable, et dans les coeurs et les âmes.

Dans sa chambre, le jeune domestique était éveillé. Il ouvrait les yeux en même temps que l'aube apparaissait. Ses volets n'étaient jamais fermés. Il aimait se réveiller en même temps que la nature. Les rayons de l'astre immense avaient frappé ses paupières. Les mains sur l'abdomen, Arthéos s'étirait, et pensait. Quelle douce nuit avait-il passé ! Loin, loin de tous les soucis. A l'abri, sous un toit, et nourri. Il sourit. Que faire ? Il y avait tant à faire ! Peut-être irait-il flâner dans les jardins et aider les jardiniers, à moins que la baronne ait besoin de lui. Dans ce cas, il l'aiderait, comme le veut sa fonction quelque peu officieuse.

C'était sans compter sur l'apparition surprise d'une servante dans sa chambre ! Peu habitué à pareille entrée, Arthéos sursauta. Ce fut idiot. Qui aurait pu entrer ? Des brigands ? Non, l'armée familiale n'avait signalé aucune alerte. Le tocsin aurait sonné de son terrible son morne et inquiétant. Il reconnut la jeune femme, une domestique chargée des chambres. Resté dans son lit, le valet remonta un peu sa couverture, couvrant l'une de ses jambes dépassantes d'une pudeur excessive, qu'il aimait conserver. L'intruse ne semblait pas perturber le moins du monde. Elle semblait essoufflée. Elle expliqua à Arthéos que la maîtresse voulait le voir immédiatement. Puis elle resta là. Le jeune homme se demandait ce qu'elle attendait. Il ne bougea pas non plus.

"Merci...

Il glissa ce mot dans un murmure gêné. La servante sembla comprendre sur le champ. Peut-être s'imaginait-elle bien pire scénario que la réalité : Arthéos voulait juste s'habiller en paix. Elle quitta la chambre, les joues rosies.

Alors ainsi, Adeline le désirait à ses côtés ? Dès l'aube ? L'affaire était étrange. Arthéos, curieux, déplia sa couverture, enfila une chemise, des braies et ses chausses. Il passa une main instinctive dans ses cheveux en bataille et fut prêt. Il quitta sa petite suite. La domestique n'était plus là. Arthéos pensa secrètement que jamais plus ils ne se regarderaient de la même façon... Pourvu donc qu'il la croise moins dans les couloirs du château ! Presque honteux et gêné, il prit le chemin du bureau de la baronne.

La porte était ouverte. De l'agitation dans l'air. Arthéos s'approcha lentement et passa sa tête dans l'encadrement de la tête. Petit indiscret. Il aperçut la baronne, visiblement anormalement vive.

"Oh ! Ah ! Vous voulez votre collation matinale plus tôt ? J'ai oublié le lait sur le feu ? J'ai... j'ai mis la poussière sous le tapis ! Oh ! Je n'en sais plus rien.

Il baissa les yeux, convaincu de ses méfaits. Pourtant, il n'avait rien à se reprocher ! Il le savait, au plus profond de lui : jamais il ne commettait une erreur. Jamais il ne mettait la poussière sous le tapis ! Quel déshonneur pour la condition de domestique !

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Deedee
Combien de fois avait-elle fait le tour de la pièce. Visiblement pas assez de fois car elle recommençait inlassablement en marmonnant, pestant et grognant pire que si on venait de lui annoncer le pillage de sa réserve de Calva. Non décidément, cette journée était bel et bien foutu, le « cousin » serait là bientôt, peut être même très vite, et elle n’avait guère envie de l’affronter. Enfin si. Disons, non. Presque. Elle ne savait plus.
Partager entre la curiosité de connaitre un autre membre de sa famille, l’un des seuls qui avait dû connaitre ses propres parents, et pourrait peut être même lui apporter une pièce au puzzle du mystère qui trônait autour de son enfance, et l’angoisse de rencontrer ce cousin qui commençait déjà à lui donner des ordres ! Elle ne savait que penser réellement, devait-elle se réjouir ? Trembler ? Elle avait tout de même passé l’âge qu’on lui dise quoi faire ou pas, et puis de quel droit se pointait-il ici comme ça ? Et puis….

La voix d’Arthéos l’arrêta dans son élan, Adeline leva la tête, regarda un instant le jeune homme essayant d’esquisser un sourire qui devait plutôt ressembler à une grimace.
Comment ça il avait mit la poussière sous le tapis ? Lui aussi était de mèche avec le cousin inconnu ?

-Arthéos… Commença-t-elle d'une voix grave en croisant ses mains dans le dos et secouant doucement la tête.

-Arthéos ! L’heure est grave ! Très très grave !

Mais non elle n’exagérait pas? Même pas un petit peu ! Vous imaginez vous ? De la poussière sous le tapis ? Alors que le cousin « barbare » arrivait ?
La jeune femme se mordit la lèvre, un peu perdu, ne sachant plus quoi pensez, ni par où commencer. Devait-elle réprimander Arthéos ? Pour quels raisons d’ailleurs ? Mais non, mais non, il n’était pas question de lui reprocher quoi que ce soit mais plutôt de solliciter son aide pour affronter l’inconnu.

-Arthéos j’ai besoin de votre aide ! C’est terrible ! Abominable même… Il arrive !

Et de reprendre ses allées et venues à travers la pièce en marmonnant.

-Terrible… une invasion ! Un barbare… Breton, Artésien, ou p'tet même Hollandais, et surement qu’il n’est pas seul…

Elle s’arrêta devant le jeune valet et le regarda un instant avec de grand yeux…. Terrifiée avant de lui prendre les deux mains.

-Il faut m’aider Arthéos, tout doit être prêt, il doit arriver d’une minute à l’autre. Le château, il faut renforcer la garde ! Avertir l’armée ! Et le Duc ! Et le Roy aussi !
C’est une invasion j’en suis sûre !!!
Ohhhhh mon ami…. Aidez-moi….


Elle en faisait peut être un peu trop là ? Si peu….. Dans sa lettre le fameux Osfrid avait parlé de « horde », cela voulait bien dire ce que ça voulait dire ! Et puis… il avait parlé de poussière aussi.
Par Aristote ! Le ménage ! Le château ! Le tapis ! La poussière !

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Osfrid
    [Quelque part en pleine campagne, à des lieues du domaine mais pas trop loin non plus ! ]


    Des lieues qu’il avalait et des lieues qu’il ruminait. Oh il avait bien reçu la missive de la cousine mais ça n’avait eu pour effet que d’accroitre sa mauvaise humeur. Comment osait-elle mettre en doute sa parenté avec les de Courcy alors que lui, contrairement à elle, avait toujours vécu avec sa famille.

    - C’est l’hôpital qui se fout de la charité, attend gaillarde, je vais t’apprendre à vivre moi ! Tu vas voir ce que c’est que de m’avoir sur ton dos. Tu mets ma parole en doute, soit mais je vais te pourrir la vie moi !

    Et il était reparti sur son cheval le cousin sans prendre le temps de lui répondre. Après tout, elle verrait bien quand il arriverait. Cela lui offrirait quelques jours sur des charbons ardents à la de Courcy qui prenait les gens de haut… ah il allait lui offrir toute la panoplie barbare qu’il connaissait à celle-là. Après tout, il n’avait fait aucun serment concernant une éventuelle gentillesse vis-à-vis d’un membre de sa famille. Quoique d’ordinaire, il était assez sociable et même agréable le cousin du grand nord. Elevé à coup d’ambassades et de voyages, son caractère était plutôt docile… jusqu’au drame qui l’avait frappé de plein fouet, lui arrachant ce qu’il avait de vie. Depuis, il survivait entre deux mondes, entre deux façons d’être, entre deux tout. Vivant d’apparence mais mort à l’intérieur ! Et depuis, qu’on l’aime ou le déteste n’avait plus vraiment aucune importance à ses yeux !

    Coups de talons dans les flancs de son cheval, Osfrid passa une petite rivière puis s’enfonça sur une route qui traversait une forêt. Le calme lui faisait du bien et le chant des oiseaux qui raisonnaient l’apaisait. Pas pressé par le temps, il décida de prendre quelques repos au pied d’un arbre, un peu plus éloigné de la route. Mais bien mal lui en pris. L’idée qui était bonne à première vue réveilla ses vieux démons. A peine endormi qu’il plongea aussitôt dans ses pires cauchemars, revivant inlassablement la mort de sa femme et de son fils.

    Réveillé en sursaut, un cri au bord des lèvres, le cœur palpitant à se rompre, le regard hagard, Osfrid chercha un moment ce qu’il se passait, comme s’il vivait une scène tragique devant ses yeux. Tendant la main dans le vide, il essaya de toucher un fantôme du passé mais le cri d’un corbeau non loin le ramena sur terre et il se rendit compte qu’il était en plein milieu de nulle part. Dépité, mal à l’aise, il se leva d’un bond, saisit sa gourde en peau pour verser un peu d’eau sur son visage et sa nuque, essayant d’effacer les souvenirs tragiques qui venaient de se dérouler devant lui et l’angoisse qu’ils avaient laissé en lui. Puis il grimpa à nouveau sur sa monture pour cette fois repartir au galop. Il devait atteindre le domaine de Courcy rapidement cette fois !

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Artheos



Ah ! Il devait vraiment avoir fait quelque chose. La voix grave d'Adeline n'était faite que pour l'assurer dans ses pensées. Elle prit même la position que prenait son précepteur lorsqu'il lui criait dessus ! Tout était réuni pour qu'Arthéos passe un mauvais moment. Il leva un instant les yeux, mais les rabaissa aussitôt à la vue de la baronne secouant la tête. Mince. Quelque chose n'allait pas. Sans doute allait-elle le renvoyer. Quelle tragédie. Si une telle chose se faisait, le jeune homme n'y survivrait pas. Autant se jeter illico dans une rivière avoisinante. Les rivières... Il ne connaissait le nom d'aucun cours d'eau en Normandie. Il était comme perdu, sur un territoire dont il ne connaissait même pas toutes les villes, même pas les frontières, dont il ignorait jusqu'au nom du duc... Il savait simplement qu'au Nord, il y avait la mer. La mer, des moutons blancs sous un ciel clair et ses reflets d'argent... Il ne l'avait jamais vu. Pourtant on disait de ses yeux qu'ils étaient tels la mer du Sud. Voilà qu'il s'en éloignait toujours plus de cette Méditerranée...

La mer disparut, les vagues s'échouèrent et la voix d'Adeline revint à la charge. Grave ! L'heure ? Ils étaient attaqués ? Arthéos frémit en pensant à une invasion barbare. Besoin de son aide ? Le valet fut rassuré. Nul renvoi sur l'heure, même si elle était grave ! Nul besoin de se jeter d'un pont, de passer sous les roues d'un carrosse ! "Il" arrivait simplement. "Il" était terrible, abominable. Mais de qui parlait-elle au juste ? Arthéos esquissa un sourire gêné, dévoilant un sourire toujours aussi enjoué, devant sa maîtresse qui parcourait la pièce de vive allure. Cette image lui rappela inévitablement Ana.Lise. Elle avait la même habitude de réfléchir en marchant. C'était sans doute et typiquement féminin, se dit-il. Lui, quand il devait penser, s'installer sur une chaise, ou dans son lit, et regardait les étoiles. Elles lui apportaient toujours des réponses fabuleuses. Mais marcher... faire les cent pas... les yeux droits, fixant des murs blancs... il ne comprenait pas pourquoi.

Ah ! Il avait finalement raison ! C'était une invasion ! Mais il fallait partir ! Ou préparer la défense ! Gardes, aux arbalestries, cachez le trésor, protégez le Peuple dans la basse-cour ! Fermez les portes ! Un barbare arrivait ! Un barbare ? Seul, ou avec son armée ? Breton, brrr, frisson. Artésien, brrr, vibration de la paupière gauche. Hollandais ! Approche de l'évanouissement. Pas seul ! Mince de mince ! C'était une catastrophe.

Du sourire, le valet passa à la mine blafarde. Surtout quand Adeline se stoppa devant lui. Enfin finis les cent pas ! Elle se plaça devant lui. De grands yeux. Il les fixa malgré lui. Ils étaient beaux. Mais il se rappela sa position et baissa le regard. Juste pour voir la baronne saisir ses deux mains. Comme au premier jour... Leur douceur... elles n'avaient pas changé.

Vous aider ? Comme il l'avait toujours fait oui... Tout doit être prêt. C'était une évidence. Ah ! La voilà elle aussi qui en vient aux idées d'Arthéos ! Avertir le duc ! Le roy ! Le... le roy ? Oh, c'était un peu haut pour le pauvre valet... S'infilter au Louvre et délivrer un message secret au monarque... oh, il avait dû faire pire... et mieux aussi...

Elle se tut enfin. Sur un appel à l'aide. Pauvre baronne, c'était trop d'émôtions pour elle. Alors imaginez pour Arthéos le sensible ! Le grand sensible !

"Ma dame, quel est donc cet homme qui vous veut du mal ? Allons, si cela peut vous rassurer, il faudra d'abord qu'il me passe sur le corps !

Ben voyons. Ou comment rassurer en inquiétant encore plus celui qui avait besoin de soutien ! Mais s'il l'avait dit, il le ferait. Il était homme d'honneur, malgré qu'un serf n'en avait généralement et populairement aucun.

Arthéos perdit un peu de son calme. Il devint hésitant :

"Désirez-vous un peu de tarte aux cerises ? Les cuisines en ont mijoté une dont vous me direz des nouvelles !

Sans commentaire.

Arthéos perdit la totalité de son calme. Ses émotions prirent le dessus :

"Je vais prévenir le Capitaine du domaine, je vais envoyer un émissaire au duc, et au roy, dussé-je me déplacer moi-même, et mourir aux pieds de son trône d'or ! Je vais faire enfermer vos gens dans le donjon et avec le trésor. Je vais placer le Peuple dans la Basse-Cour, et mettre la Haute-Cour en alerte ! Nos archers vont se tenir prêt sur les remparts, nos soldats défendront le Pont-Levis et la Grande Porte ! Peut-être pouvons-nous nous cacher dans les Souterrains du Château. Il faut sonner immédiatement le tocsin, pour avertir les foules ! Courons ! Vite ! Il arrive ! IL ARRIVE !

Voilà c'était un peu mieux. Alors il se mit avec la baronne à courir de partout dans la pièce. Pourvu que l'armée de Courcy était une bonne armée ! Bonne et nombreuse !

Mais qui était-donc ce "il" ?

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Deedee
Pas d’panique, pas d’panique, vraiment pas d’panique ! De toute façon, elle ne paniquait jamais la Baronne, d’un calme olympien ! D’une patience d’ange ! Jamais elle ne paniquait ! Sauf…. Aujourd’hui !
Aujourd’hui elle avait une très bonne raison de paniquer, malheureusement Arthéos ne semblait pas comprendre la situation dramatique, urgente, catastrophique qui allait arriver ! Les yeux grands ouverts, ses mains qui serraient machinalement, peut-être un peu fort quand même, les mains de son Valet, Adeline regardait Arthéos, essayant de capter l’instant précieux qui ferait…. Qu’il comprendrait son désarroi.


Quoique… elle en faisait peut être un peu trop pour le coup, ce n’était pas si dramatique que ça tout de même. Juste une visite. Un cousin perdu d’on ne sait ou. Cette famille était rempli de surprise en surprise, elle avait eu un frère, elle avait une sœur, elle savait qu’elle avait eu des oncles et tantes, donc probablement aussi des cousins et des cousines, Kathryn en était la preuve, alors un cousin pourquoi pas. La probabilité était grande, pour qu’il soit réellement son cousin, surtout qu’ils portaient le même nom. Mais quand même, il arrivait là, tout juste en prévenant, et en lui donnant des ordres, et en doutant de sa filiation ! Et s’il en profitait pour la jeter dehors ? L’enlever ? La marier de force ! Hein ?!

Arthéos tenta de la rassurer, lui assurant que le visiteur devrait lui passer sur le corps avant de lui faire du mal, elle ne put s’empêcher de lever un sourcil, regardant le Valet de haut en bas.
Moui…. Peut être que si le cousin en question était un nain… Non ! Impossible il avait parlé de horde ! Que pourrais faire le pauvre Arthéos face à une horde.

De la tarte au cerise ? Là… la Baronne ne put s’empêcher de grimacer et lui lâcha les mains désappointé. De la tarte à la cerise… Mais que voulait-il qu’elle fasse avec de la tarte à la cerise ? Canarder le cousin avec les noyaux peut être ? hum….
Un léger sourire carnassier se dessina sur son visage, imaginant déjà une manière très…. Diplomatique de recevoir cette horde de cousin a lui tout seul. Oui, finalement l’idée était bonne ! Une tarte a la cerise, remplit de noyau, saupoudrer de poudre d’arsenic, mais oui que l’idée était bonne ! Excellente même ! Ohhh comme il en avait eu, une bonne idée ! Finalement la nouvelle ne s’annonçait pas si mauvaise que ça, finalement….

Les yeux dans le vide, un sourire machiavélique sur ses lèvres, Adeline dut bien vite oublier ses projets de cuisine de bienvenu, perturbé dans ses pensé par l’affolement soudain d’Arthéos.
Le Capitaine ? Un émissaire pour le duc ? Mettre le peuple en sécurité ? Elle avait demandé tout cela, elle ? Diantre, mais oui ! Tout ça ! Il fallait tout ça !

-Arthéos, vous avez raison, faites sonner le tocsin ! Descendez les provisions dans les souterrains ! Préparez vous à tenir un siège ! ILS ARRIVENT ! ILS sont peut être même déjà là ! Vite vite !

Et entrainant le pauvre Valet par la main, la jeune baronne descendit quatre à quatre le grand escalier du château, promenant son regard partout ou elle pouvait, essayant de mesurer au passage l’étendu des dégâts en matière de « ménage » du château ! Mieux valait ne pas trop donner manières a ce cousin sans gène de râler après la propreté !

-Vous ! Préparez-moi la salle d’arme !
Vous ! Faites briller les armures et l’argenterie !
Vous ! Vérifiez-moi qu’il n’y ait pas de poussières sous les tapis !
Et Vous ! Préparez-moi une tarte aux cerises !


Les ordres étaient tombés comme des coups de fouets envers tous les domestiques qu’elle croisait ! La Haye du Puits devait être prête a entrer en guerre contre l’envahisseur. Aux armes ! Aux cuisines ! Il arrive !

-Arthéos, mon bon Arthéos, je suis certaine qu’il est tout prêt, montons vite au donjon, pour surveiller les chemins environnant, nous le verrons de suite arriver ainsi !
Vite ! Allons !


Et nouvelle courses à travers les couloirs, les escaliers et le branle bas de combat des domestiques qui grouillait maintenant comme une fourmilière ! Qu’est ce qu’il ne fallait pas faire pour recevoir un « cousin »…
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Osfrid
    Les lieues furent avalées, un repos pris de temps à autre à la belle étoile ou bien dans une grange accueillante. Le danois s’évertuait à ne pas perdre trop de temps, disons le moins possible, car la hargne qu’il avait à vouloir connaitre cette cousine qui jusque-là avait été passée sous silence le tenait debout.

    La nature normande était bien différente de celle de son pays et Osfrid prenait le temps de l’observer durant ces quelques haltes, s’imaginant les pas que son fils, Ragnard, aurait pu accomplir ici et là sous le regard attendri de sa mère. Mais à chaque fois que ces pensées venaient le tirailler, à chaque fois qu’il osait les laisser pénétrer dans son esprit, c’était un gout de mort et de désolation qu’il finissait par ressentir. Ses entrailles se vrillaient, son cœur se serrait à lui en faire mal et sa respiration lui manquait. Alors il remontait à cheval donnant un grand coup de talon dans les flancs de l’animal afin de chevaucher jusqu’à ne plus être à même de tenir sur lui, obligé de prendre quelques instants de repos forcé mais au moins, Osfrid arrivait à fermer l’œil un petit moment.

    Et cela dura plusieurs jours. Jusqu’à arriver à la Haye-du-puits. Là sur une petite bute au loin, le danois arrêta son cheval afin d’observer les alentours. D’autres souvenirs remontèrent à la surface, des rires d’enfants, des courses effrénées sur les remparts, des batailles à coup d’épées de bois… le souvenir de son cousin s’imposa à sa mémoire et tout comme pour Sibilla et Ragnard, il eut quelques paroles dans sa langue maternelle en regardant le ciel. Prenant le temps qu’il fallait, il baissa finalement ses paupières tout en caressant le pendentif qui trônait autour de son cou avant de le porter à ses lèvres. Remercier ses dieux afin qu’ils protègent les absents était un pensée de chaque jour pour Osfrid, à n’importe quel moment de la journée et ce retour sur les terres ancestrales ne le faisait aucunement déroger aux règles qu’il s’imposait lui-même. Mais il était temps de conquérir cette forteresse.

    Se redressant sur son cheval, le danois fit avancer sa monture en direction de la herse. Lentement, un sourire au coin des lèvres, il savait qu’on l’observait. Si cette cousine lui avait offert l’hospitalité, elle n’en était pas moins une de Courcy d’après elle et elle se devait de douter de sa filiation tout comme lui doutait d’elle. Mais à ce petit jeu, Osfrid avait de l’entrainement et le traitement qu’il lui réservait ne serait que plus délectable.

    Le corps balancé de gauche à droite, le danois observait les remparts afin de débusquer une tronche qui le regarderait. Pour un peu il aurait poussé un cri comme ses ancêtres viking s’adonnaient avant la bataille mais même si l’idée l’amusait, il se dit qu’il risquait de se prendre quelques carreaux au travers de sa carcasse ce qui ne l’avancerait à rien pour évincer la cousine de son trône alors il releva le visage, se faisant hautain en arrivant enfin à destination.

    - Levez donc cette herse et laissez-moi entrer… Je suis attendu…

    Alors soit le garde était un demeuré profond soit il ne parlait pas sa langue ! Pourtant Osfrid s’était exprimé en bon langage d’ici et non dans sa langue maternelle.

    - For helvede! * Où suis-je donc tombé ? Est-ce cela l’image que vous donnez de la famille Adeline ? ADELINEEEEEEEEEEEEE je veux voir ADELINEEEEEEEEEEEE DEEEEEEEEEEE COURCYYYYYYYYYYYYYYYYYY !


    Là comme ça, ils allaient comprendre que le cousin danois était enfin arrivé ! Et c'était souriant qu'il attendait sur son cheval, l'air le plus naturel du monde, cachant son bouillonnant caractère qui n'allait pas tarder à exploser si l'autre abruti ne lever pas cette herse dans les secondes qui suivaient.



*Par l’enfer mais de façon vulgaire !

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Erwan.
J’avais reçu récemment un courrier de mon amie Lulu de Saumur. Du coup, je m’étais souvenu de la partie de chasse à laquelle elle m’avait emmenée. Et je m’étais mis en tête de me fabriquer un arc et des flêches, comme les siens. Lulu c’était la meilleure archère du monde. Mais un jour je serais aussi fort qu’elle.

Ca faisait plusieurs jours que je parcourais la forêt pour trouver une super branche pour faire le corps de l’arc. Mais pour l’instant je ne trouvais que des banches tordues dans les bois du domaine.Ca m’avait jamais particulièrement marqué jusque-là, mais je commençais à me sentir sérieusement frustré. A croire que le sorcier de la mare y avait jeté un sort à tous ces arbres, ma parole.


Donc je m’étais levé très tôt ce jour-là, histoire de bien profiter de la journée. Sauf que là j’avais la dalle et j’avais pris la direction de la maison histoire de manger quelque chose. Pffff, y a des jours où je pense à rien. J’aurais dû emmener un casse-croûte avec moi. M’aurait éviter de revenir si vite.

Je traversais la cour quand j’entendis un hurlement.

ADELINEEEEEEEEEEEEE…. ADELINEEEEEEEEEEEE DEEEEEEEEEEE COURCYYYYYYYYYYYYYYYYYY !

Je me figeais. C’était quoi ça encore ? On trucidait quelqu’un ? En tout cas c’était pas une voix connue. Ou du moins je croyais pas . Mais quand on hurle, on a pas toujours la même voix que quand on cause normalement. A priori c’était un adulte. Et on aurait dit que ça venait de la grille d’entrée.

Ni une ni deux, j’oubliais la cuisine et toute les bonnes choses qui s’y trouvaient. Et je me dirigeais vers la grille. Elle était fermée et c’était un peu bizarre. L’était pas fermée à cette heure de la journée d’ordinaire.
Il y avait un cavalier derrière. Un grand j’avais raison. Costaud. Un chevalier. Un vrai on aurait dit.

Je m’approchais. L’avait pas l’air très commode. Mais bon à priori, il connaissait manou. Et il venait lui rendre visite. Enfin on aurait dit hein ?


Salut !
Z’êtes qui ?


Arf pas très poli ça. Manou serait pas très fière de moi.

Oups désolé, me suis pas présenté. Moi c’est Erwan. Erwan de Courcy. Vous voulez voir Man.., euh Adeline de Courcy ?

Je regardais derrière moi. Pas l’air de bouger beaucoup dans la cour. Je voyais même pas les gardes.

Et moi je pouvais pas ouvrir les grilles tout seul ( j’avais déjà essayé, vous vous en doutez bien).

Z’attendez 2 secondes ? Je vais chercher quelqu’un pour qu’ils ouvrent.

Je me dis qu’il pourrait peut-être passer par la poterne. Mais il devrait laisser le cheval dehors et c’était pas sympa pour le cheval.
Je m’élançais vers la maison en criant.


Manouou ! Tu as de la visite !
Deedee
Le donjon, quel merveilleuse idée d’avoir fait construire ce donjon dans ce château, d’ici ils pouvaient scruter tout l’horizon de la campagne environnante et si son utilité c’était avéré efficace lors des précédant siège du château du temps de ses ancêtres, aujourd’hui il lui permettrait peut être de voir venir le terrible, effroyable prétendu cousin. Les ordres avaient été donnés, exécuté au pied de la lettre. La herse abaissée, les grille fermé et pour une fois, la garde de la Haye du Puits mobilisé aux coins stratégiques de la forteresse, l’invasion cousinesque n’avait aucune chance de réussir et pour la première fois dans l’histoire de la Haye du Puits, une sanglante bataille aurait lieu !
Mais non, mais non, elle n’exagérait pas le moins du monde la Baronne, même pas un petit peu. Dans son esprit en tout cas, c’était tout à fait ce qui allait se passer. Imaginez un peu qu’un parfais inconnu se prétende votre cousin, et annonce son invasion, vous auriez réagit comment vous ? Hein ?

Du haut de sa tour, Adeline observait l’horizon, scrutant les moindres recoins le moindre petit nuage pouvant annoncer l’arrivée soudaine du barbare et de son armée.

-Il va arriver. J’en suis certaine. Je le sens. Pas vous Arthéos ?

Un coup d’œil à droite, un autre à gauche, rien à signalé mon capitaine !
-Tout le monde est bien à son poste n’est ce pas ? Le duc a-t-il été prévenu ? Non… le duc a autre chose à faire…. Et la Flotte ? hum non… oublions la flotte… La mer est trop loin… L’armée alors ? Vous avez prévenu l’armée ? C’est important l’armée lors d’un siège aussi. N’est ce pas ?

Elle réfléchissait la De Courcy, s’imaginait le pire alors que se déroulait devant elle tout l’inverse de ce qu’elle voulait. Certes ses gardes étaient à leur poste, mais guère rassuré et prêt à donner leur vie pour la Baronne. Quand au reste de la maisonnée, il fallait croire que cela n’inquiétait personne. Une délicieuse odeur de pâtisserie émanait de la cuisine, quelque femme de chambre sifflotait dans les couloirs et elle vit même passé son fils dans la cours en direction de la cuisine. A croire qu’il n’y avait qu’elle qui paniquait !

-Ah non ! C’est vrai, l’armée est occupée ailleurs avec d’autre bestiole. Mon pauvre Arthéos je crois qu’il ne reste plus que nous pour faire face à l’invasion barbare.
Hum…. Vous pensez que la cuisinière nous portera de sa fameuse tarte ? Ça sent drôlement bon je trouve.


Pas très digne d’un chef d’armée, pas plus que celui d’une baronne bientôt assiégé que de penser a la cuisine et la tarte qui mijoté, mais que voulez vous, elle voulait tout de même bien recevoir son visiteur après la bataille, après tout l’honneur de la famille de Courcy était tout aussi en jeu que la légendaire hospitalité Normande.

Et puis soudain…. Soudain…. Soudain !
Un énorme nuage de poussière, pire qu’une tempête en pleine mer se dessina a l’horizon sur la route menant au château. Lui ! Il arrivait ! Avec toute sa horde ! Non pire, c’était une armée entière ! Un régiment ! Un bataillon ! Une légion entière qui montait la petite colline ! Adeline sentit un long frisson de terreur lui courir le long du dos et elle resserra sa main sur le bras d’Arthéos avant de voir le terrible cavalier s’arrêter devant la herse.

Il était arrivé !

Ne lui demandais pas comment ni pourquoi, ni par quel enchantement, mais l’effroyable nuage de poussière qu’elle avait vu à l’horizon se transforma en ridicule nuage de rien. Quant a l’armée, l’invasion barbare, elle se résuma à un cavalier solitaire perché sur un cheval poussiéreux. Diantre ! Etait-ce là ce terrible cousin ? Et sa horde avec lui ?
La de Courcy arqua un sourcil suivi d’une petite moue. Ce n’était que ça… pas de quoi être aussi terrifié alors ? Quoique….


ADELINEEEEEEEEEEEEE…. ADELINEEEEEEEEEEEE DEEEEEEEEEEE COURCYYYYYYYYYYYYYYYYYY !

La voix du cavalier résonna à travers tout le château voir même ses souterrains, une voix rocailleuse, caverneuse, digne des plus sanglant barbare et assez terrifiante pour faire fuir les quelques gardes en place. C’était donc décidé, elle serait seule avec son fidele valet pour affronter le terrible visiteur…
-Alerte ! Alerte ! Les rats quittent le navire ! Enfin… les gardes quittent leur poste ! Apportez l’huile bouillante ! La catapulte ! Envoyez un médiateur parlementé avec l’ennemi !

Dans sa panique, Adeline s’arrêta un instant surprise par ses propres paroles. Non seulement elle était en train de perdre tout ses moyens et son flegme diplomatique, mais en plus, elle venait de se rendre compte que son petit chevalier, Erwan de Courcy de son prénom était en train de faire face, tout seul, au terrible cousin.
La honte….


-Hum… Arthéos… Ne parlez de ça à personne surtout. Je crois que ma réputation en prendrait un coup si on apprenait que mon fils avait eu plus de courage que moi-même.
A-t-il l’air si dangereux que ça finalement ? Il est tout seul, sans sa horde en plus. Mais ce regard Artheos… ce regard… Il me fait froid dans le dos. Pensez vous qu’il soit apprivoisé ? Civilisé ?


Un nouveau regard vers la herse, un autre vers son valet et la voix d’Erwan résonna dans les couloirs du château. La jeune femme secoua la tête en grommelant et marmonnant avant d’hausser les épaules. Réaction typique d’une tête de mule devant capituler. Elle perdait une bataille, mais pas la guerre !

-Soit… Qu’on lui ouvre la herse ! Puisqu’il veut être reçu, il ne sera pas déçut ! Conduisez le dans la salle de réception !
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Osfrid
    L’attente, un mot qui faisait frémir le danois depuis bien longtemps. Ce n’était guère son fort même si il devait se faire violence pour le cacher et le supporter. Et au final, l’attente avait envahi sa vie depuis quelques années… Maintenant il était là, devant la herse et attendait que sa cousine daigne vouloir montrer le bout de son nez et au lieu d’une donzelle aux courbes bien avancées, il fut surpris de voir un petit bonhomme haut comme trois pommes qui l’observait.

    Coup d’œil rapide au môme et le danois se retint de rire. Il avait de l’aplomb au moins ce gamin tout comme Ragnard, son fils lorsqu’il le regardait avec ses mirettes enfantines et curieuses, cherchant constamment à connaitre le monde… Ragnard, enfant de l’amour aussi blond que le petit qu’Osfrid avait devant lui était brun. Et soudain le passé vint percuter le présent… Un long frisson parcourut l’échine du Danois et son visage se referma. La peine immense que lui causait la perte de son fils était si cruelle qu’il perdait vite contenance et ce n’était pas le moment. Alors, grognant longuement, Osfrid haussa un sourcil avant de regarder le petit bonhomme. Il avait de l’aplomb malgré tout alors le danois se força à lui répondre.

    - Hej !
    - Je m’appelle Osfrid… Osfrid Eirik de Courcy et si j’en crois les rumeurs je suis ton cousin venu du Grand Nord… Tu es bien le fils d’Adeline de Courcy ou bien je me trompe ?


    Mais pas le temps de s’appesantir que le mioche courait déjà sur ses petites gambettes histoire de donner l’alerte.


    - Et bien chère cousine, si c’est tout ce que vous avez trouvé pour défendre le domaine… marmonna encore le danois avant de voir un garde se pointer dans sa direction presque tremblant, il ouvrit la herse.

    Osfrid sourit en coin de satisfaction avant de donner un coup de talon dans les flancs de sa monture afin de la faire avancer tranquillement. Se redressant fièrement, le danois entra en conquérant sur le domaine des de Courcy. Sa haute stature sembla encore plus impressionnante qu’elle ne l’était d’ordinaire et il en jouait l’animal, étirant doucement ses épaules vers l’arrière afin de faire ressortir sa musculature. Coups d’œil rapide à droite et à gauche, Osfrid dénombrait déjà les gardes que sa chère cousine avait appelés à la rescousse.

    - C’est tout ce que vous m’offrez cousine Adeline… une garde qui fait dans ses braies ! Honte à vous chère de Courcy, vous voilà bien pleutre depuis l’annonce de mon arrivée…. Même pas capable de faire en sorte que vos gardes rapprochés soient digne de ce nom… Mais que c’est petit de voir ça… qu’avez-vous fait à cette famille ! Pas étonnant que le nom ne dise plus rien à personne par delà les montagnes et les océans… quelle triste image vous m’offrez là ! Et pas la peine de vous cacher COUSINEEEEEEEEEE… je sais que vous m’écoutez sur vos remparts !

    Osfrid éclata d’un rire bien sonore afin de montrer à Adeline qu’il n’était pas dupe. Depuis qu’il lui avait annoncé son arrivée, il imaginait déjà la jeune femme mettre tout en œuvre pour donner l’apparence d’un domaine bien tenu avec tout ce qui va avec… il l’avait prise au dépourvu mais surtout il avait voulu voir ce qu’elle avait dans le ventre mais était-elle obligée de se cacher pour le recevoir ? Ou bien était-elle cette usurpatrice qu’il pensait qu’elle soit ?

    Un homme daigna se présenter à lui pour le conduire à la salle de réception et Osfrid acquiesça tranquillement de la tête en suivant le bonhomme… Toutefois, il ne perdait pas une miette de ce qu’il voyait et où son regard se posait afin de graver dans sa mémoire chaque détail pour les utiliser ultérieurement. Car quelque chose lui disait que son séjour ne serait pas de tout repos ni même une aventure calme et sereine.


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