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[RP] Le Bossuet de Notre Dame

.mahaut.


Etes-vous...
L'HOMME ?


- Ben, chais pas...

Placardées partout dans le quartier de la cathédrale, de grandes affiches colorées questionnaient les passants depuis trois jours.

- C't'à dire qu'ils précisent pas. L'homme de quoi ?
- Ben...
- De la situation ?
- P't'être des bois ? Y'a des p'tites fleurs coloriées en bas.
- Ah oui ! Et un chien.
- C'est un chien ?
- Ben ça a quatre pattes.
- C'est p't'être un canard.
- Non mais n'importe quoi. Vous ne savez pas reconnaître un ours ? Regardez les grandes dents !
- Ouais mais pourquoi il a une étoile près de l'oreille ?
- P't'être qu'ils recherchent un dresseur d'ours.
- Ou de canards.

Cachée dans son carrosse, Mahaut attendait le bon moment pour sortir. Elle avait tout prévu. La sortie théâtrale, les ménestrels pour l'effet magistral, le tapis rose destiné à se dérouler tout seul jusqu'à l'hôtel particulier, les fleurs multicolores à jeter en l'air, bref, tout. Ce qu'elle n'avait pas prévu, en revanche, c'était la réaction des passants.

- Anatole mais bordel, qu'est-ce qu'ils font ?
- Je crois qu'ils butent sur les petits dessins. Je vous avais dit que c'était une mauvaise idée.
- Mais enfin c'est pourtant limpide !


Toujours devant l'affiche, les passants commençaient à se prendre au jeu.

- C'est un canard et je le prouve ! Indice n°1 : le bec ! Observez ! Etalé comme il faut. Indice n°2 : les couleurs ! A part un canard, qu'est-ce qui peut être coloré comme ça ?
- ... Un ours qui se s'rait roulé dans les p'tites fleurs d'à côté ?
- UN CANARD vous dis-je ! Et tenez, indice n°3, le plus magistral : un poisson rouge à côté.
- Alors excusez-moi d'vous contredire mon p'tit messire, mais votre poisson rouge, il est rose, et il fait 3 fois votre canard. Alors moi j'dis c'est p't'être plus une carpe. Et juste pour dire, votre canard il a des dents.
- Et une étoile.
- UN COLVERT ETOILE, ignorant.
- Ouais, et vachement fourni niveau denture.
- C'est p't'être la rage.
- Ils cherchent des déragiseurs ?
- Des ?
- Des gens pour tuer les canards étoilés enragés qui se baladent avec leur poisson rouge au dessus d'eux.
- Une carpe, j'vous dis, vue la taille c't'une carpe.
- C'est pour un élevage ?
- RAAAAAAAAAH CORNECUL DE PEQUENOUILLES DE MORTEFIANCHTRE !


La porte du carrosse s'ouvrit d'un coup, sous la pression d'un Loup Bouttin verni. Aussitôt, les ménestrels soufflèrent dans leurs cuivres, entamant "la marche glorieuse". Les enfants jetèrent les fleurs en l'air et... sous la pression, la porte du carrosse se referma aussi sec sur son occupante.

- AIEUUUU BORDEEEEEEEEL !

Un silence confus s'opéra dans la foule jusqu'à ce qu'une main ne vienne rouvrir la porte de façon plus éduquée.


- Elle m'a agressée !
- C'est une porte, voyons, une porte. Je vous avais dit de ne pas la pousser comme une brute.
- Et pourquoi il n'y a pas de musique ? J'avais demandé de la musique. Et des petites fleurs.
- Euh...


Il passa la tête par l'ouverture et regarda la foule.


- Vite, ramassez les pétales et relancez-les. Et vous, recommencez à souffler dans vos trompes, vite ! Ils n'attendent que vous.
- Mon tapis.
- Hein ?
- Le tapis rose. Je ne descends pas sans le tapis rose.
- Ah. Attendez.


Il repassa la tête par la porte et regarda les enfants de nouveau.


- Oui alors vous pourriez les ramasser encore une fois ? On a raté le 2ème essai.
- Elle est malade la dame ?
- Non non. Enfin... Pas officiellement. Ramassez les pétales et relancez les à mon signal.
- Les ménestrels ils jouent bizarre.


De fait, certains des musiciens avaient choisi de recommencer l'air depuis le début quand l'autre partie avaient tout simplement repris où ils en étaient.

- Non, bon, c'est pas grave. Attention, voilà le tapis rose et tadaaaaaam !
- Bonjour Paris !
- Les pétales, viiiiite !
- Tu avais dit "à mon signal"
- Maintenant !
- C'est pas à mon signal.
- LANCEZ LES MAINTENANT !
- Tout à l'heure on l'a fait et t'as dit que c'était trop tôt.
- Là c'est bon. Lancez !
- T'as pas dit "à mon sig..."
- A MON SIGNAAAAAL BORDEL.


Stoïque, la poney rose attendit la pluie de pétales écrasés sur un air massacré.


- Anatole, vous êtes viré.
- Chouette.
- BRAVES GENS ! Je vous vois depuis ce matin vous interroger sur cette affiche. Ne niez pas.
- On n'a rien dit.
- Tchiiiip ! Vous vous interrogez ? "Etes-vous l'homme ?" Qui est cet homme ? Qu'aura-t-il à faire ? Saura-t-il nous délivr...
- On s'demandait pourquoi le canard se baladait avec une carpe au dessus de lui.
- C't'un ours, il a des dents.
- Et une étoile.
- Hein ?


A pas furieux, elle s'approcha d'une des affiches et regarda de plus près.


- Mais enfin c'est un poney.
- Hein ?
- Poney.
- Mais il a un bec !
- Non. Il a un museau. Un truc, là. Une mâchoire.
- Et des dents pointues !
- Il sourit ! Un poney qui sourit, m'enfin, vous débarquez d'où ?
- Il est multicolore !
- Evidemment puisque c'est un poney, m'enfin !
- Mais et le poisson rouge au dessus ?
- Rose.
- C't'une carpe.
- AAAAH, vous touchez le fond du problème.
- Ouais, comment elle vit sans eau, au dessus du poney colvert ?
- Ce n'est pas une carpe, malotrus. C'est mieux que ça. C'est...
- Une baudruche ! J'ai bon ?
- C'EST UNE BALEINE. ROSE. Baleine. Rose. Ça ne vous dit rien ?
- Ah, va y avoir un spectacle ?
- C'EST LA REOUVERTURE DE LA BALEINE ROSE, plus célèbre agence mondiale de relouquingue du XVème siècle. Péquenots.
- Et l'homme ?
- Ah, l'homme... C'est l'homme qui sera choisi pour un relouquingue complet afin d'incarner l'homme du XVème siècle à la fois cazzuale, smarttie et harttie. L'homme... L'homme de la Renaissitude.
- De la ?
- De la Renaissitude. Les temps nouveaux. Renaître, tout ça.
- A mon avis, ça prendra jamais cette idée.
- En même temps, vous ne savez pas reconnaître un poney qui sourit d'un canard qui attaque. Laissez-moi passer, j'ai du travail qui m'attend. ET FAITES TAIRE CETTE FANFARE, ON NE S'ENTEND PLUS !


Pénétrant dans l'hôtel particulier, elle débarrassa d'un geste sec la tenture cachant la devanture pleine de paillettes.
La Baleine Rose était officiellement rouverte.
Cistude
    -J'vous l'avais dit que c'était une mauvaise idée, putain, j'te l'avais dit... bordel ! Miya ! ramène tes miches ici en vitesse avant qu'j'te les découpe en rondelle, foutrecul ! mais qui m'a foutu une savate pareil entre les pattes, j'vous jure ! C'EST PAS LE MOMENT DE FLANER !!
    [...]
    Miya ?! mais quelle horreur !! Oh c'est écoeurant !

    - Ah ça c'est pas très gentil ! C’est rien qu'un âne mais il est joli !
    -Lâche moi ce bouc, tu sais pas où ça a trainé.. et viens m'aider ! non mais j'vous jure, quelle poisse cette donzelle !
    - Mais on pourra l'adopter au moins ?
    - On a déjà trois cons d'ânes batets dans la bande, ça suffit la ménagerie!


    Il faisait nuit ce jour la dans les sombres quartiers de la cathédrale. Enfin... la nuit enveloppait toute la ville. Et croyait moi, croyait moi pas, l'obscurité avait même jeté son manteau sombre sur le Royaume entier, quel effet notoire, c'en serait presque étonnant! Et dans l'obscurité d'encre, sous une faible clarté lunaire -mon dieu que c'est poétique-, deux silhouettes échevelées trimaient. J't'insulte par ci, j'te grogne par là bas, tu gueules que t'as soif et que de toute façon, j'vois pas pourquoi on fait ça parce que moi la couleur ça m'a toujours fait gerbé. Disait-elle la Cistude, celle dans le coin là bas qui était vêtue d'une paire de collant jaune pétard à rayures rouges et d'un masque pailleté -ça c'est pour le côté incognito-. Oui, car la Tortue avait toujours fait preuve de bon goût en matière de costume de circonstance. Je ne vous citerai pas l'échec catastrophique de son déguisement de poule, où elle avait tenté d'attaquer une mairie par la voie des airs.. La pauvre Luciole paraissait effectivement bien fade à côté de cet amas de bling bling, bien que la simple beauté de la jeune recrue suffisait à l'habiller du plus bel apparat... Cistude, elle, à côté, ferait même débander un jeune adolescent boutonneux en pleine floraison. Comme dirait l'autre, cette nana était, est, et restera, une mocheté.

    Bien que je pourrais vous déblatérer une analyse complète et complexe de l'apparence de Cistude, ce que je ferais à coeur joie si l'on m'en donne l'occasion un jour car, en toute modestie, cet être vivant est tout bonnement passionnant à observer, je me priverai de ce modeste plaisir par pure obligeance. En effet, pour nos amis francophones, nous sommes à l'heure du repas. Moi même ayant un estomac fragile, je me contenterai d'imaginer avec distance la physionomie de cet "chose" verdâtre. Bref, je m'éloigne. Donc, tout ceci ne nous dit pas ce que foutent, en plein milieu de la nuit deux blondes sur le parvis de la Cathédrale. Prière ? Mendicité ? Tapin ? que nenni mon ami !

_________________
Miya
La championne du zapping affectif, bien la voilà, superbement obnubilée par la misère du pitoyable bourricot, lui trouvant même une certaine classe, allez savoir !
C’que pour faire papillonner ses cils dans un rare élan de bonté, faut être laid et sur quatre pattes… Boiter serait un plus !
Deux minutes plutôt elle était franchement fascinée par l’incroyable talent de la boueuse au « qui crache plus loin ».
Et encore quelques minutes plutôt, bah l’était toujours répugnée de devoir attendre la tombée de la nuit avant de piquer ce… cette chose, ne gâchons point la surprise hein !

P'tain!!! j'arriveuh... Rage po!

Elle trottine jusqu'à la boueuse, pestant ent' les dents... Se frottant les miches qui morflent les menaces de la blonde!

En gros, autant la boueuse était chiche de délicatesse, ça nous l’avons compris, digéré, même fini par s’y faire, autant la luciole était pénible à gérer, clignotante d’émotions futiles de celle qui ne respire que pour la prochaine seconde à vivre… Quoique cette fois elle a fait un effort, Organisation oblige !

J’explique ! Vite fait!

2 Heures plutôt au quartier de la cathédrale…

Deux blondes qui baguenaudent, l’une se grattant la crinière sans cesse, l’autre s'esclaffant à la façon des ânes qui braient…

HAHaNhaaHAahAHaHaNHAaa Cistudeuuuuh t’as vu sa tronche au pouilleux ??? Lui en faudrait une aut’ paire ent’ les jambes pour nous suiv’… Ou des ailes moi j’te l’dis et encore… NiHAahaAHha….

Interrompue par une masse houleuse accompagnée d’une espèce de tintamarre, les deux fouineuses se sont frayé un passage…

Et hop toute la scène observée par la luciole se résumait à :


- Une tête chauve
- Un carosse
- Encore une tête chauve
- Un Loup Bouttin verni
- La même grosse tête chauve à la con
- Un tapis rose… non non ! THE tapis rose !

Elle arrêta de sauter et profita de l’agitation de la foule pour foutre une tarte derrière le crâne chauve qui lui cachait la vue, l’était gros, empâté sous 4 ou 5 couches de gras et puait le piocheur, l’était petite et diaboliquement angélique, autrement dit il n’a aucune chance ! On l’dégage !

Et elle ne quitta plus le tapis des yeux, elle subissait une espèce de fascination qui la clouait là, en dehors de son vouloir, un éclat, une classe, une fantaisie irrésistible… Et nos deux blondes démodées pour ne pas dire antiques pensent en chœur :


Ce rose parfaitement kitsh enluminera un des sombres couloirs de LA maison !
J’le veux ! C’tapis ! J’le veux !


Et valà ou nous en sommes ! Ce que foutent, en plein milieu de la nuit deux blondes sur le parvis de la Cathédrale ? Prière ? Mendicité ? Tapin ?

La bonne réponse est : Tapis rose ! On t’emmène à la maison !
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Lotx
Il est toujours un moment où, dans certaines histoires, l'on peut reprocher à la narration un certain goût pour l'onanisme cérébral ou, énoncé de manière plus poétique, pour la sodomie de diptères. Un moment au cours duquel l'invraisemblable et l'inouï se déclinent sur les flots d'une trame nécessitant d'être continuée. Le paladin terrasse une armée entière, un mendiant découvre une vieille paillasse bourrée de bons du trésor ou bien il se trouve que la belle-sœur de la tante de la cousine du héros se révèle, en réalité, être le père du neveu au troisième degré de sa grand-mère ce qui simplifie tout en matière d'héritage, si, si. Oui. Il est toujours un certain moment comme cela où l'on peut imaginer la tension du narrateur. Angoisse de page blanche devant une échéance de plus en plus proche et traumatisante. Le lait sur le feu qui va se renverser. La grande tante qui doit venir diner à maison le soir. L'heure du rencard qui approche alors que l'on ne sait toujours pas s'il faut enfiler sa chemise blanche ou sa chemise bleue (la bonne réponse étant, à ce sujet, souvent "la bleue" dans ce genre de cas). Et que ne peut-on pas deviner entre les lignes comme point de chute dans un esprit tourmenté, prêt à renverser l'intringue dans une résolution facile. Deux ex machina, tirage ex capillaria. "Tata a pas de légataire officiel alors tant pis hein" ou "Tfaçon personne ne me lit alors on s'en fout hein?" sont sans doute les exemples revenant le plus souvent. Alors devons-nous en blâmer l'auteur? La préférence portée à une grande tante vieille-et-très-riche ou au choix d'une chemise qui-en-fait-sera-blanche-parce-que-la-bleue-est-encore-tâchée-de-la-dernière-fois doit-il être regretté? Assurément non. Car, après tout, chacun d'entre nous pourrait, un jour, être susceptible de relater des faits un peu comme, par exemple... :

Par un hasard formidable, et pour tout dire tenant probablement d'une (dé)vaine absolue, Lotx se trouvait précisément à quelques ruelles de là. Comme quoi la vie était quand même bigrement bien organisée hein? Mais sans doute faut il rappeler que le quartier présentait les différentes occurrences permettant d'obtenir une quasi-certitude de rencontrer le jeune prélat. En effet, par une conjonction astrale particulièrement favorable, celui-ci se trouvait précisément au point de croix des quatre lieux qu'il fréquentait le plus actuellement: la cathédrale, l'office de la baleine rose, une taverne et l'antre à la grosse Jocelyne (dégustations à toute heure). Et les transits des uns aux autres étaient nombreux tant le jour que la nuit pour les opérations plus discrètes, celles où l'on ne s'attendait certainement pas à trouver un vicaire en tant que protagoniste. Comprenez la majorité des opérations impliquant sa présence en la cathédrale. Ainsi s'élançait-il joyeusement, poil soyeux et truffe au vent, de l'antre à la grosse Jocelyne en direction du lieu de culte suivi de près par une jeune âme toute offerte à la confession. Car qu'était-il de plus rentable pour un prêtre que de cueillir les fidèles directement à la source? Toujours était-il que l'absolution devrait sans doute attendre quelque peu devant le spectacle qui s'offrit aux yeux de celui qui aimait à se qualifier comme pur, innocent et chaste (enfin surtout pur et innocent). Deux femmes, deux souillons rôdant de manière dangereuse sur le tapis. Sur SON tapis, comme il est de coutume, pour un poney rose, de revendiquer la propriété de tout objet entrant dans son champ de vision.
Immédiatement alerté par ce que l'on pourrait considérer comme une certaine forme d'instinct de survie (si tant est que l'on rapproche l'obsession de la propriété privée à la survie), il décida de s'approcher, levant un bras et clamant à l'adresse des deux prétendues chapardeuses un franc:


Mais qui êtes vous?

Parce que oui, c'était sans doute pas la question qui serait directement venue à l'esprit du commun des mortels mais c'était aussi une question intéressante d'abord!
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Miya
Non...

Une réponse exprimant l’anémie de toute logique envisageable… On reprend depuis le début, on ne sait jamais !

- Mais qui êtes vous?
- Non ...

Bah là on sait, c’était bien un non ! Nu de sens, me direz-vous ? Mais ce que l’on ne sait pas c’est que la blondinette est bien garnie d’un système de défense des plus invincibles et que son cerveau agit rapidement comme un bouclier face au réel susceptible de menacer ses projets ! C’était un paisible Non à l’âpreté mordante du destin… Conjonction astrale favorable ou force motrice du hasard… ranafout’… C’est Non !
Un admirable déni, un refus catégorique de reconnaître ce que ses sens montrent, ce qui contraindrait son « Moi », excluant dans une parfaite insubordination aux faits, l’existence de cette personne !

Elle a attendu deux heures... Il était temps, et c'est donc dans une sorte de béatitude abusée, qu'elle s'est avancée les yeux pétillants, les iris rosies, droite et souriante, rayonnante de félicité vers LE tapis ! Vers LEUR tapis ! Laissant la moins aliénée des deux gérer le réel !
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Cistude
    La Cistude ploya subitement sous le poids de l'immondice rose qu'elle tentait, je dis bien dans une tentative vaine, de tirer des bras -c'est une métaphore (ou un truc dans le genre)- du quartier de la cathédrale. En grognant, elle rajusta sur ses épaules le bout de la carpette, tandis qu'à quelques mètres de là, Miya se dépêtrait à l'autre extrémité du tapis. Elles n'avaient pas fières allures, n'étaient pas vraiment belles, et pourtant elles étaient faites pour lui. Enfin surtout... "pour égayer l'antre des Pique-sous, parce que c'est pas très jojo là bas" avait suggéré la Luciole, quelques heures plus tôt. Du rose, mais oui bien sûr ! Vous l'voyez le borgne, tout vilain qu'il était, se mouvoir sur un tapis rose bonbon avec une tête de tourangeaux à la main et du sang encore plein les mains ? Bah justement, comme c'était dur à imaginer, fallait le mettre en situation. Bref.

    Cette chose donc, -car je ne peux me résigner à qualifier ce tapis rose de tapis, d'ailleurs attendez vous tout au long du récit à ce qu'il soit relégué au rang de "chose" (=mot indéfini qualifiant un objet quelconque dotant d'une pauvreté esthétique et généralement de mauvais goût -Mahaut je te passe le bonjour-)- était lourde, encombrante, et il était fort probable que bientôt la Cistude se résignerait à y foutre le feu pour les raisons suivantes :
    1) exorciser sa colère selon les principes métaphysiques de feing-shiu, soit, réduire en cendre toute forme d'opposition à son cheminement vers la paix intérieure. Chose qu'appliquait régulièrement la blondasse, qu'on avait souvent qualifié de vulgaire pyromane, d'incendiaire du dimanche et de folle furieuse.
    2) apporter de la lumière, car elle n'y voyait bougrement rien à deux mètres.
    3) chaleur, car ne nous leurrons pas, le froid lui taillait les articulations.
    4) effacer toute trace de passage et tout indice criminel qui pourrait mener la police à leurs trousses; même s'il était peu courant de mobiliser tout une équipe de sergents pour enquêter sur la disparition d'un tapis rose, qui était moche de surcroît. Quoi que nous avons affaire à la Baleine Rose. Mhmmm...

    C'était sans compter sur l'arrivée hasardeuse d'une jeune enfant des rues qui avait visiblement surpris les deux maraudes, en témoignait son geste d'interpellation. Et ne me dites pas que le hasard n'existe pas, sinon le mot n'existerait pas. Même si sur une échelle de 1 à 100, l'arrivée inopinée d'une "chose" (permet moi Lotx de nommer ton personnage ainsi, lecteur, se référer à la définition plus haut dans le récit) vêtue d'une robe orange vif et déambulant en pleine nuit dans les sombres ruelles du quartier, devait graviter autour des 1,0000001 %, cela s'était produit. Ô, destin !

    La Cistude alors, très digne, laissa tomber la carpette bonbon qu'elle avait dans les mains pour se redresser soudainement, et prise de court par cette interaction inattendue, fit mine d'observer la voûte céleste, un air profond sur le visage. Quelques secondes de silence, de très longues secondes, passèrent. Il était en effet évident que si elle faisait semblant de ne pas l'avoir vue, la jeune fille passerait son chemin sans demander son reste. Mais bon hein, comme les théories de Cistude ne se confirmaient jamais, fallait pas s'attendre à des miracles. La gamine ne bougeant pas d'un poil, la Tortue cette fois ci, dans une exclamation de stupeur total et mimant avec brillo une grimace de surprise, s'exclama :


    -Ah ! Ben..

    La Blonde jeta un regard désemparé à sa comparse, qui n'était manifestement d'aucune utilité car elle semblait ne pouvoir que s'exprimer par la négation. C'est en balayant la rue à la dérobée à la recherche d'une éventuel sortie de secours que son attention se porta sur l'enseigne clinquante de la Baleine Rose et son affiche rouge pétant "RECHERCHE MOCHE A RELOUQUER", à quelques mètres de là. Le tapis, d'ailleurs, si les deux voleuses avaient eu un sens plus aiguisé de l'observation, aurait pu remarqué qu'il menait tout droit jusqu'à la petite boutique. Connaissant bien la réputation de cette marque de mauvais goût -c'est une longue histoire, j'vous la raconterai p't'être un jour-, c'était comme une perche qu'on leur tendait. D'un ton brutal et empressé, comme pour rattraper le silence pesant qui s'était installé entre le trio, la Cistude s'exclama :

    -... Mais qui nous sommes ? QUI NOUS SOMMES ? Nous sommes... ici... pour... euh.. et bien, c'est évident mademoiselle ! nous sommes ici pour porter le curry-cul-l'homme-vie-thé à la Baleine Rose d'un... ben, d'un moche en fait... En pleine nuit, oui... quand la boutique est fermée... BREF ! Et détaillant du regard la jeune enfant d'un air inquisiteur, buggant quelques instants sur la robe orange vif, elle s'empressa d'ajouter pour détourner l'attention : -Et vous venez aussi vous inscrire au relookinge je suppose... ?

_________________
.mahaut.
Miribilifiant. Il était miribilifiant, c'était le terme exact. Elle ne se lassait pas de le regarder.

- Ooooh... et lààààààà ! c'est trop choupinou.
- Non mais vous le connaissez par coeur, c'est vous qui l'avez dessiné, ça ne compte pas. Une noble damoiselle ne s'extasie pas sur son supposé talent.
- Ah mais une noble damoiselle ne se promène pas ivre-morte et pieds nus sur un tapis rose en pointant ls détails avec son épée très affutée, Anatole. Non, ça, seules les veuves respectables le font.
- Et... elles ont besoin de pointer leur épée très affutée vers le cou de leur dévoué écrivain particulier ?
- Tant qu'ils ne les resservent pas, oui !


Voilà comment elle passait le temps dans la boutique. Attendant en vain la venue du bon client ("non mais vous êtes moche, vous, dégagez, vous m'abimez les yeux" "naaaan mais soyons sérieux, quoi !" "l'entrée des serviteurs c'est par derrière." "Admettons que je n'ai pas vu votre tête et votre tenue, faites voir votre bourse ? DEHORS !" et autres joyeusetés, fêtées à coup de bouteilles de pétillant), elle passait le temps en regardant son tapis, son miribilifiant tapis rose.

Il faut dire qu'elle avait vachement bossé le truc. S'il était globalement rose aux yeux des néophytes (voir même qualifié de "pauvreté esthétique et généralement de mauvais goût" par les plus inadaptés de la beauté), il était orné tout son long par une délicieuse frise représentant les évènements marquants des poneys depuis leur rencontre. Bien évidemment, le choix des-dits évènements marquants avait été fait par des poneys au plus haut de leur forme et consistaient donc en une suite absolument illogique de souvenirs plus ou moins intéressants mais colorés.
La pointe de l'épée sur un motif, elle se souvenait de l'occasion en sirotant sa flûte. Gaga pris pour un irlandais à la réception de l'ambassadeur et roué de coups par des gardes un peu trop pointilleux. Merveilleuse soirée. Elle avait également giflé Roudoudou ce soir là. Ah oui, la scène suivante. Son meilleur profil.
Attendrie (et quelque peu finie), elle s'appuya sur son épée et tendit sa coupe pour se faire resservir. Quand soudain...

- IL A BOUGE !
- Qui ? Roudoudou ? Il est mort, voyons.
- Le tapis ! Le tapis a bougé !
- Ah mais je me tue à dire que le sol bouge, moi ! Resservez-moi !
- Mais regardez ! Vous avez déchiré un bout du tapis avec votre épée quand il a bougé !
- HAN ! Mon tapis ! Qui a osééééé !?

Furieuse, elle poussa la porte et sortit épée relevée en suivant le chemin tout tracé (quoiqu'un peu sinueux) de son miribilifiant tapis rose. Ah oui, au bout, ça bougeait.

- BORDEL DE FOUTRECOUFFES DE CORNEFIANCHTRE DE PALSAMROSE !
- Oh joliii, je le note.
- Resservez-moi avant. Un peu plus.
COOOMMEEEEENT... Attention ça va déborder. COMMENT OSEZ-VOUS ?


Elle pointa son épée vers le cou des... des...

- Hiiiiiii... Alors là, je n'ai jamais vu des têtes comme ça. A croire que vous étiez faite pour ma boutique. Pffiou, pas sympa, Aristote, hein ? M'en parlez pas, il n'a aucun humour. Où en étais-je ? Anatole !
- Je vous ressers. Vous en étiez à ce qu'on vous a abîmé votre tapis.
- MON TAPIS ! VOUS AVEZ ABIME MON TAPIS !
- Je dirais même qu'ils étaient en train de le piquer.
- MON TAPIS TOUT NEUF !
- Oh bonsoir Messire Lotx.
- DOUDINET ! Anatole, servez Doudinet. Qu'est-ce qui se passe ici ? Et QUI ETES-VOUS ?
- Vous voulez que je tienne l'épée pour vous soulager ?
- Nenni, vous seriez capable de les blesser avant qu'elles ne lâchent le tapis.
- C'est-à-dire que vous êtes pas loin de le faire, vous.
- Ah mais je le fais noblement, moi. Maintenant taisez-vous, vous gâchez tout l'effet. QUI ÊTES-VOUS ? Anatole, resservez, bon sang, resservez !
Lotx
La première réaction du garçonnet avait été de se retourner, guettant des yeux la personne à qui parlait la dame. Mais il apparut bien vite que de personne derrière lui il n'y avait pas. Alors, comme il était un garçon raisonnable, il adopta immédiatement le comportement qui lui semblait le plus approprié à la situation: la bouderie.

Nanmé dites donc j'vous permets pas d'abord! Alors maintonant on peut même plus s'ballader avec une seyante robe de bure en dentelle sans qu'on vous traite d'jouvencelle?

Vrai quoi. Non seulement les gens n'avaient absolument AUCUN sens du style mais en plus ils se permettaient de juger et catégoriser les gens comme ça.

Et moi est-ce que j'vous appelle messire sous prétexte que z'avez un duvet léger -mais néanmoins disgracieux- qui vient tapisser votre lèvre supérieure hein? Bah non, pasque moua j'ai l'sens du respect et votre duvet disgracieux ben j'en parle pas. Et pourtant j'pourrais en parler hein? 'fin j'veux dire... moi si j'avais la même chose j'investirais soit dans un coupe-chou modèle géant soit dans un passe-montagne pasque là s'quand même pas possible hein? Mais est-ce que j'vous l'dis ça moi hein, hein? Ben nan j'vous l'dis pas! Alors z'êtes rien qu'une méchante d'abord!

Croisant les bras, il lui adressa un regard torve tout en songeant à un panel assez garni de supplices qu'il aurait aimé expérimenter en cet instant précis. Se renfrognant il commença alors à siffler un air entre ses dents.

Tfaçon y a déjà l'aristotélicité qu'a renoncé à me déguiser, à m'transformationner pour lui ressembler. Les gens qui m'voient passant dans la rue m'traitent de sodomite, mais ceux qui le croient voient bien qu'j'ai une...

Mais la chansonnette dut -Aristote merci pour nos jeunes lecteurs!- cesser en cet instant précis comme la furie brune déboula en beuglant, en jurant et en buvant (quoi de plus naturel en somme?). Passant de la bouderie à la joie profonde en moins de temps qu'il lui en faut pour vider une choppe -ce qui, croyez moi, était rapide-, il s'élança sur Anatole pour récupérer le verre et armer son AK47-kalashniMahaut.
Comme chacun le sait, le AK47-kalashniMahaut était une arme très dangereuse de destruction massive, capable de dévaster des villages entiers à elle seule (surtout si le village en question comportait de nombreuses tavernes). Elle était, en outre, facile à amorcer et pouvait être utiliser comme arme à fragmentation. Le principal défaut était qu'elle s'enrayait facilement...


HAAAAAAAN Mao comment que tu tombes trop bien! Y a la dame là, celle qu'a un duvet disgracieux, qu'était en train d'essayer de faucher l'tapis. Si, si, c'est vrai. Alors moi, courageusement j'me suis interposationné et j'lui ai dit qu'c'était l'tien et qu'y fallait pas le piquer. Sauf qu'elle était pas d'accord qu'elle m'a dit qu'elle s'en fichait et que de toute manière elle va le récupérationner pour décorer la cave dans laquelle elle a exposé tous les saint-Emillion qu'elle t'a piqué. Oui pasqu'elle a ajoutationné aussi que spa moi qui les ai piqués mais que c'est elle! Farpaitement!

Ben ouais, autant joindre l'utile à l'agréable hein? Allait-il en rajouter? Il ne faudrait pas qu'il la dégoupille trop tôt et qu'elle lui pète à la figure! (Au sens figuré hein, merci pour lui...)

Ah ouais, elle a dit aussi qu'elle allait te piquer l'héritage de Roudoudou...
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.mahaut.
- QUEUH WOUAH ?

Articuler, il fallait bien articuler, c'était l'articulation qui séparait les ivrognes des saintes Boulasses réincarnées. Parce qu'un simple ivrogne ça marmonne des trucs incompréhensibles mais une Sainte Boulasse, ça prononce des trucs incompréhensibles mais divins, nuance non négligeable.

- Anatole, bon sang, resservez-moi, je crois que mon verre fuit, il est tout le temps vide.

Tout le temps des explications de Lotx, elle avait suivi du regard les gestes désignant les voleuses, que dis-je, les pilleuses, les affameuuuuses du bon goût, sentant son courroux s'amplifier.

- Han mais en plus c'est vrai qu'elle a un duvet disgracieux !

Et là, là, Lotx appuya sur la gâchette (façon de parler).

- Ah ouais, elle a dit aussi qu'elle allait te piquer l'héritage de Roudoudou...


Elle venait de signer son arrêt de mort. Posant son verre sur le guéridon imaginaire qui l'accompagnait toujours quand elle buvait (traduction : Anatole se précipitant pour rattraper son verre avant qu'il ne se brise), elle mit ses deux mains sur l'épée et la poussa encore plus près de la jugulaire de la porteuse de duvet disgracieux.

- RENDEZ-LES MOI !
- Votre verre ?
- MES 3000 ÉCUS ! Affameuse du petit commerce noble ! Et en plus vous me piquez mon tapis rose ! ESPECE DE... Houlaaa, dites donc faut faire quelque chose pour votre duvet, vous devriez venir à la boutique, on fait un tarif hommes tout à fait intéressant. Pis si ça se trouve, même vous, vous pourriez faire l'affaire pour notre campagne.


C'est vrai, de nuit, et complètement torchée, on pouvait y croire. Mais pas au point d'enlever l'épée quand même.

- Bon mais rendez-moi mon fric quand même. Pis QUI ÊTES-VOUS bordel ?
Miya
La luciole est tiraillée entre un monde ou ça gueule de tous les côtés et même que ça chiale sous une robe et un autre monde ou elle se fait bercer par un immense halo rose, des susurrements hypnotiques de: roule moi roule moi j’suis à toi !

Elle fut violemment arrachée de la majesté de son moment… Et comme à chaque réveil elle pète la forme!

Mode multitask ON : Elle s’étire dans un bâillement bruyant durant lequel elle profite pour faire un scan express de la situation :
Tapis… Roudoudouu… 3000 écus… campagne… Baleine...pétée…Relookingue... bobards... Anatole…
Multitask OFF… Les neurones atrophiés par cet exercice, le prochain : "A remettre en ordre" ne sera possible qu’après une bonne sieste !

Entre temps …

Dans un monde ou l’on vocifère, ou l’on se tape de plus en plus sur le cœur… faîtes le donc avec le sourire c’est plus classe !

Oui Entre temps... on fait n’importe quoi…

Elle laisse apparaître une fossette sur chaque joue, le sourire utlra-bright Number 3 (Celui qui vient juste après Number 2 qui dit "Je vais être trèèèèèèèès correcte et coopérative" et avant le number 4 qui dit :
"Bon ça ne marche pas je vous casse la tronche avec le sourire ?")…
Le sourire Num3, en forme de croissant, celui ou toutes ses dents paillettent dans un fabuleux éclat et produisant l’une après l’autre un tintement sonore et harmonieux… Oui oui le même sourire Num3 avec lequel elle gère toutes les situations impossibles !
Elle s’approche de la gueularde, le sourire figé -le temps d’en finir avec le tintement de la troisième molaire du maxillaire inférieure – et :

M’dame c’est l’tapis de roudoudou auquel vous devez aussi 3000 écus, j’suppose ?
Que vous n’avez pas et qu’maintenant zavez besoin de campagne j’suppose?
Pour faire marcher vot’ Baleine et zêtes bien pétée.. fin j’suppose?
Vous proposez un reloonkingue à votre raconteur de bobards j’suppose ?

Anatole resservez la !

Même moi j’savais pas qu’Entre temps... elle allait faire avec en tout désordre !
Résultat : En terme de suppositions elle a bombardé de l’atomique ! Et pourtant pour le raconteur de bobards le karma a joué !

Alors voilà ce que je propose …
Et comme si elle allait s’arrêter aux suppositions…
je vous ramène une bête des plus immondes en terme de forme… du type qui porterait une chemise moulante à rayures jaunes poussin sur du rose fuchsia, des braies à poids pistaches et la ceinture zébrée qui (ne) va (pas) avec … La personne qui ne dira jamais non à vos couleurs… Celle qui a besoin de vous!!! Celle qui portera vot’ nom partout ou elle ira et après son passage vot’ baleine n’en connaîtra que gloire et célébrité ! Et entre nous quand ça arrivera vous aurez besoin d’un nouveau tapis !

Tin…tin…tin…oui c’est encore le sourire Num3 suivi d’un coup d’coude à la boueuse… marmonne entre les dents qui tintent : Donne moi un nom de ta liste : A torturer! Tin...tin...Genre han que je vous assomme moi avec mon Num3??!!!
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Cistude
    -Bossuet. Prenez le ! Bossuet. Blanc. Bah oui, voilà trop longtemps que la prose du Roy Fol lui titille le poil à la Cistude, et elle subit en silence cette torture de tous les jours. Ah, la magie des mots, c'était une chose abstraite qu'il était impossible de soumettre à la blondasse sans risquer d'y laisser deux dents et une paire de claque. Rien à faire, elle y était hermétique. Y a des gens comme ça qui n'utilisent que le langage des poings et que la langue, même si elle est un temps soit peu adaptée au patois sale de l’énergumène, fait monter ce genre de frisson qui vous donne envie de vous couler une corde autour du cou. Alors des fois oui peut-être sous l'effet de la boisson ou d'autre narcotique, il lui arrivera d'avoir quelques inspirations poétique et de clamer la grandeur obscène d'un monde trop petit pour elle. Mais rassurez-vous, rien de bien permanent. Malheureux sera celui qui lui rappellera ce moment de faiblesse, vous connaissez la bête hein, la Tortue, s'est pas un cadeau venu du ciel mais un monstre bien boueux sorti du marais... Je m'égare. Pourquoi faut-il toujours que j'exagère ce côté dégueulasse de la "chose" ?*

    Bref, pour conclure, le nom de Bossuet lui avait échappé des lèvres comme une évidence, une sorte de "j'te renvoie la balle gros malin, tu vas prendre cher!". La Cistude glisse alors un regard désespéré vers la Luciole, avant de tonitruer d'une voix forte (en partie pour couvrir la voix hystérique de Mahaut et de porter leur attention sur autre chose, histoire d'oublier la question fatidique "mais qui êtes vous ?". Bref, elle crie.) :

    -Oui ! Bossuet, prenez le ce gars là, le pauvre, il est au bord du suicide. J'serais prête à vous payer tiens ! enfin... on reparlera des modalités plus tard hein. Bossuet. B-O-S-S-U-E-T dict le Roy fol, il en ville d'ailleurs... pouvez lui envoyer un courrier tiens, demain première heure pétante il sera là au garde à vous !

    Avant de se retourner vers la pédale en robe, d'un air impérial :

    -Mais d'quoi je me permets jeune fille ? sous prétexte que j'ai un duvet disgracieux sur la lèvre supérieure je suis une voleuse ? voler cette chose rose ! INFAMNIE ! que nenni mon ami, moi je suis troubadour, je ne perd pas mon temps à chiper tous les paillassons de la ville ! tenez d'ailleurs, voilà ce que j'en fais de votre carpette !
    Attention. Pour des raisons évidentes de sécurité, il est noté que tous les moins de douze ans (Looootx tu sors !) devront s'équiper de cache-yeux pour ne pas assister à la scène d'ultra violence qui s'en suivra. A en juger par l'expression fulminante, colérique et rageuse de la Mahaut, cracher un gros mollard bien vert sur le tapis rose pour prouver qu'elle en avait rien à foutre n'était finalement pas une judicieuse idée. Amen mes amis.

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Miya
17 secondes… la durée totale durant laquelle la scène a vécu l’activation des 44 muscles composant son visage, l’un après l’autre ! Durant lesquelles la variété de contorsion sur sa frimousse vaut le coup d’être croquée en rafale à 10 images/sec…

Vous comprenez que je n'pourrai donc rater la narration des 17 secondes, (18ème seconde en bonus), les plus agitées dans l'histoire de sa physionomie? Et ce depuis tout le début, à l'instant T0 lorsque la tortue l'ouvre on ne peut le rater!

Bossuet. Prenez le ! Bossuet … Mouvement du triangle infra-orbital haussant les joues, le menton s'étire et le zygomatique œuvre sur un sourire des plus satisfaits…
tenez d'ailleurs, voilà ce que j'en fais de votre carpette… Les sourcils se redressent, la bouche s'ouvre largement à se démantibuler la mâchoire et les paupières disparaissent sous des yeux écarquillés fixant le gros mollard expulsé de la gueule de la boueuse … et déclenche l'activation du muscle releveur naso-labial le nez se retrousse, les traits se crispent, l’œil gauche qui se plisse, et la bouche qui se referme avec la lippe retroussée.
Le mollard après sa danse dégoutante atterrit sur le tapis …
suivi d'une contraction du visage, les sourcils se froncent, les mâchoires se serrent et les narines se dilatent s'adaptant à un flux d'air plus important. Réalisant le "trop tard" et en fixant la souillure verte sur le rose divin … Les sourcils se positionnent en / \ les coins des lèvres retombent et la lèvre inférieure tremblote.

Applaudissement!!!! Vous avez assisté à la fameuse parade des cinq sur six expressions faciales fondamentales, exposant dans la splendeur de leurs détails 5 secondes de joie, 3 secondes de surprise, 3 secondes de dégout, 5 secondes de colère et enfin une seconde de tristesse... zappant la peur qui n'fait étrangement pas partie de la palette des émotions de not' héroine.

Et histoire d'assurer la 18 ème seconde promise en bonus.

T18 : Retour au neutre, 99% des muscles faciaux en repos hormis l'orbiculaire des lèvres qui lâchent un petit "Merd'" d'achévement ...
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.mahaut.
Froide avec quelques glaçons en forme de poney. Voilà comment serait sa vengeance. Froide avec quelques glaçons en forme de poney. Et éventuellement, du sucre sur le rebord du verre et un petit parasol confectionné avec les dents de la moche-au-duvet. Voilà, excellente idée.

- Vous voyez, Anatole... Anatole ? Anatole, sombre limousin !
- Oui ?
- Resservez-moi. Vous voyez ce qui nous sépare du petit peuple, c'est ça.
- Quoi, ça ?
- Ça.


Poussant la duveteuse du visage de la pointe de son épée, elle rabattit cette dernière vers l'espèce de truc verdâtre et visqueux qui venait de tacher, que dis-je, de gâcher irrémédiablement son beau tapis. D'une main, elle entoura l'outrage de la pointe de son épée. Le morceau de tapis se découpa parfaitement.

- Hé mais je croyais que vous ne vous en serviez pas de cette épée... Elle coupe comme un rasoir !
- Je ne travaille pas avec du mauvais matériel. Resservez-moi. Et attrapez le morceau par terre.
- Moi ? Non mais allez quoi, c'est dégeu... Ah oui, elle est pointue aussi. Je le fais.


Elle plissa les yeux pour tenter de se souvenir des visages qu'elle avait face à elle. Trois filles. Non, quatre. Non, trois et un curé. Bon, tout cela était confus. Orange, c'était Lotx. Les trucs tremblotants et verdâtres, c'étaient celles qui allaient payer. Le tapis et les 3000 écus.


- VOUS. Pas toi, Choubinet. Anatole, resservez Choubinet.
- Je lâche le truc alors ?
- Vous gardez les pièces à conviction. VOUS, jeunes fi... jeunes... Bordel, VOUS ! Vous m'apportez votre réparation demain matin à l'atelier.
- J'arrive pas bien à servir, le machin va glisser...
- Et j'espère pour vous que ce que je suis en train de boire m'aura fait oublier ce que vous venez de faire... Resservez Anatole !
- Mais j'arrive paaaaaas !
- Demain matin, à l'aube, avec les 3000 écus, la victime et les 700 écus que m'a coûté ce tapis. J'ai dit.


Elle fit demi tour d'un coup sec, ce qui la fit tanguer un moment avant de regarder fixement devant elle pour se rendre compte d'où elle était. Ah oui, devant la boutique, avec Anatole et Choubinet. Voyant les lueurs de sa décoration dorée et pailletée, elle pressentit le déroulement de la journée et sourit. Marvailleux.

- Faites prévenir la Baleine.
- Mais je fais quoiiii du morceau de tapiiiiiis ? Hé ! Hé revenez ! Messire Lotx, je suis navré, prenez la bouteille, je... Non attendez... ah ! Vous l'avez fait exprès ! Un pourpoint tout neuf !
Miya
Pour la funambule, la sagesse humaine consistait à traîner les choses en longueur, à lanterner sa vie, passer son temps à des riens, autrement dit à arrêter de réfléchir. Et elle en a appris à maîtriser un aspect extraordinaire d’elle-même.
A l’opposé de ces techniques de paix et d’incubation ou l’on fait voyager notre esprit vers de lointains royaumes à la découverte de soi elle avait appris à assommer son esprit d’un coup de : CREVE tu sers à rien !

Et alors soit elle se réveille benêt, éclairée par un feu céleste et une sympathie naïve à tout ce qui l’entoure, soit les yeux hors de la tête, la gueule pleine d’injures et le Mal au regard. Et cela ne dépend que de l’énergie du moment.

Mais oui, Il était tard et elle avait commencé à avoir faim…Demain, ça crachera ptète du feu qui sait mais pour le moment, Cerveau OFF ou du moins ce qu’il en reste, la luciole accroupie, bras croisés sur ses genoux elle fixe de ses prunelles de marbre le morceau de tapis qui venait d’être coupé. Et comme l’écoute n’est pas son fort…

- Vous voyez, Anatole... Anatole ? Anatole, sombre limousin !
- Oui ?
[...]

Mon tapis abîmé… Il était beau, il l’est toujours… Et il me veut toujours je le sens…

- Hé mais je croyais que vous ne vous en serviez pas de cette épée... Elle coupe comme un rasoir !
[...]

Elle tournoie machinalement le bout de sa « presque » natte puis se lève d’un coup, s’étire longuement et s’adresse aux anges :
Je vais chercher Bossuet… Si c’est pour l’échanger contre ce tapis hum… se frotte la joue perplexe… Fin oui il peut faire l’affaire…

- VOUS. Pas toi, Choubinet. Anatole, resservez Choubinet.

Elle leur tourne le dos, disparaît en traînant ses pas et en sifflant :
- Je lâche le truc alors ?
- Vous gardez les pièces à conviction.
VOUS, jeunes fi... jeunes... Bordel, VOUS ! Vous m'apportez votre réparation demain matin à l'atelier.

Pssst Jacquouuuuu… Jacquouuuu On rentre à la maison…. Oui Jacquou son nouveau bourricot… Non elle n’allait pas l’abandonner… Non l’était beau…

A suivre...
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Bossuet
La bouche engluée de salive pâteuse, un étourdissant relent d'alcool lui offrant le glorieux sentiment d'être prêt à se rependre en vaste flaque odorante, et ce sympathique tambourinier bien installé sous le crâne, le Bossuet se redresse.
Sa tête émerge lentement d'un fossé boueux - et "tout c' qu'y a d'plus dégeu" dirait un roturier observateur. Il ouvre un œil vitreux, cerné à souhait et le plisse aussitôt, souffrant de la lumière. L'autre restera bien clôt quelques minutes.

Il est des matins qu'on n'aimerait qu'ils n'existent pas, et celui si est tout à fait (du point vue du poète) celui qui donnerai l'envie à l'humanité de braver la courbure du temps. Le genre de lendemain d'une soirée trop arrosée, en fait littéralement noyée, où l'on fait l'expérience déroutante de se réveiller avec le sentiment de ne pas être là où on croyait dormir, parfois même avec qui on aurait jamais cru dormir. Heureusement pour lui, il n'a qu'à tourner la tête pour savoir que personne n'a trouvé alléchante l'idée de dormir dans un fossé boueux, au coté d'un poète ivre mort.

Le simple mouvement de tourner la tête à par ailleurs l'effet particulièrement sournois d'inviter une fanfare de tambour aux pieds lourds derrière le front. Et pour ne rien gâcher, placer l'estomac dans une position verticale lui fait déglutir une bile visqueuse laissant derrière elle l'impression d'une bouche à la fois desséchée et aussi vaseuse qu'un marigot.


- Fichtrecul d'bougre de con, leur bordeaux était bon, mais il aurait fallu savoir s'avouer vaincu à la septième manche...

Il se relève tant bien que mal, conservant un équilibre relatif à l'aide de petit mouvement de bras désordonnés et d'une démarche titubante. Il se gratte le menton en baillant, faisant pleuvoir les brindilles et la poussière d'une barbe d'une semaine. Il s'étire puis clopine vers un arbrisseau mourant. Il ôte non sans mal les aiguillettes de sa couillarde, fini par débraillé le tout et pisse son content en lâchant un soupir de soulagement digne d'un lépreux à qui le médecin annoncerait qu'il ne souffre que d’eczéma.

C'est généralement dans ce genre de cas qu'on apprécie la solitude au réveil comme providentielle. Mais bien entendu, la providence est chose rare, c'est en entrouvrant avec un effort de volonté presque surhumain son second œil que le poète aperçoit, de derrière un voile flou et encombré, la silhouette plutôt gracile de la Luciole. Précisons, la luciole semblant se tenir de l'autre coté de l'arbrisseau en question depuis un certain temps.


- Oh Funambule, ma muse, mon inspiration, belle et gracieuse comme un tranchant de coupe-choux...articule t il avec un sourire béa teinté d'un vieux reste de sommeil et de quelques hoquets. J'ai bien cru un instant m'être reveillé, mais seule un rêve pourrait m'offrir aussi belle vision...continue t il en terminant son affaire.

D'un geste expert il range ce qu'il avait dans les mains et se rhabille approximativement.

- Mon rêve, mon angoisse, mon ragout du dimanche, allons nous étendre un instant, je t'apprendrais ce qu'un marin appel porter l'estocade et lâcher une bordée...

Bien sur, ça ne pouvait pas durer très longtemps, la funambule à une patience limitée, et des choses à dire. Aussi après avoir reçu le contenu d'un sceau d'eau en guise de dégrisant, puis le sceau lui même en guise de refus, le Bossuet fut plus à même d'écouter.
Une sombre histoire, où s'entremêlaient les turpitudes d'une carpette, la trajectoire maladroitement courbe d'une épée, la présence ou non d'un duvet disgracieux, la présence bien établie d'une tante dont il ignorait qu'il en avait une aux mollets si vigoureux et d'un crachat ma foi malencontreux. Entre autre.
Évidemment, le frétillant et rimailleur coquillard, tout frétillant et rimailleur qu'il fut, n'en était pas même encore a débrouiller le rêve du vrai.

Aussi, il acquiesça avec autant d'enthousiasme qu'il put en montrer malgré sa nausée et emboita le pas de la Funambule, débraillé, sale à peur, mais pimpant.

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