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[RP] De l'Avenir d'Ygerne de Vaisneau-Blanc-Combaz.

Enguerranddevaisneau
[Beaumont, Bourgogne, Arrivée d'un couple de Traitres à la France]

Le silence, pesant, seulement entrecoupé de geignements enfantins règne en maître dans l'habitacle du coche qui à pour mission de mener le Baron d'Ittre et celle qui devait être son épouse chez la Saint Anthelme.

Se font face la Griotte et l'Enguerrand, qui de temps à autres se jettent mutuellement quelques regards, tantôt assassins, tantôt larmoyant, tout deux conscient qu'ils ne voulaient pas, mais devaient, faire ce qui allait arriver très bientôt.

A Gauche de la Blanc-Combaz, sein lourd dénudé se trouve une pauvrette de vingt étés, qui nourrit, à qui mieux mieux, la bâtarde du jeune couple, puis son propre mioche. La Nourrice s'était vue coupée la langue, à escient, pour ne point divulguer à trop curieux, qui était l'enfant dont elle avait la charge. Sacrifice qu'elle avait accepté de bonne grâce, la rente que lui octroyait le jeune éclopé pour nourrir et langer sa progéniture étant suffisamment considérable pour qu'elle vive comme une bourgeoise toute sa vie.
D'ailleurs, sur le toit du coche était juché un coffre emplis de pierres précieuses, tissus nobles et autres fariboles qui eux étaient destinés à celle qui deviendrait bientôt la tutrice de leur fille, leur belle enfant, Ygerne de Vaisneau-Blanc-Combaz. Une dote pour la dame de Beaumont, en échange d'une éducation pour leur fille.

Car c'est bien pour cela qu'ils avaient tous pris la route.

Au de Vaisneau d'être sortie de sa torpeur par l'apparition à la porte du coche de son maure qui lui indique leur arrivée imminente.

Regard pour la Cerise, qui le fixe en retour, et à sa glotte d'être avalée difficilement alors qu'il sent la brulure des larmes piquer ses yeux. Il détourne le regard un instant, le temps de se redonner contenance, et tapote avec hérésie le pommeau de sa canne.

Griotte de Blanc-Combaz, tout une histoire, tout un amour inconditionnel, mis à mal par les méandres de la guerre qui avaient rendu son fringuant amant aussi attirant qu'une loque. Ils avaient décidé, après avoir mis leur enfant en sécurité, de prendre deux chemins différents, au grand dam de leurs coeurs respectifs. Ainsi, l'éphèbe continuerait sa guerre aux côtés du corbeau tandis que Griotte elle, se dirigerait ailleurs, abandonnant dans son sillage terres et famille, comme un nouveau départ.

Adieu rêves de mariage et de joie, bonjour vie solitaire faite d'un célibat essentiel à leur survie respectives. Au moins, se disait-t-il quand il tentait de se remonter le moral, Griotte se ferait oublier de toutes les armées Royalistes, et vivrait dans une relative sécurité, le débarrassant ainsi du poids douloureux de l'angoisse.

Le coche s'ébroue, Enguerrand se muni du lorgnon monocle qui lui sert de couverture en sus de ses vêtements grossier qui le faisait passer pour un bourgeois de province, tandis que la Blanc-Combaz se prépare à son tour.
Pour leur sécurité, et comme les murs avaient des oreilles, ils étaient un couple bourgeois en affaire chez la dame de Beaumont.

Rachid, gratifié d'une fausse barbe pour l'occasion ouvre la porte pour que descende l'éphèbe. Et de sa démarche claudicante provoquée par sa jambe de bois, il s'avance vers le garde de faction.


-Veuillez annoncer à votre Maitresse, que Maître Faisneau Vlan bonzac est arrivé et souhaite lui parler.
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Maud
[Beaumont.... Ca peut être très beau]

Nouant et dénouant ses mains, Maud arpentait toutes les pièces de la maisonnée. Longtemps qu'elle n'y avait plus mis les pieds. Trop longtemps..
Elle n'avait prévenu personne dans le Domaine.
Combien de langues et de questions et de suppositions pourraient naitre chez ses gens si elle les avertissait.
Et c'est un laisser- aller flagrant qui accueillit la jeune femme pas encore remise de ses blessures...
L'intendant dépenaillé et la trogne avinée , les servantes sales .. une odeur de graillon qui imprégnait les murs et fenêtre fermées.
Une personne au monde savait pourquoi elle y venait. Niall.
La veille.. la dispute avait été violente.. dure et glaciale.
Mais sans appel pour la jeune femme.
Elle avait dit "Oui" sans réfléchir... son coeur avait parlé tout seul... Ouvert à craquer..Et elle tiendrait sa promesse.
Elle argua du fait que elle et Niall n'étaient pas encore mariés. Que les terres de Beaumont était à elle seule.
Pas à dire à un de Rivien.. mais elle tint bon. Et le laissa à Dijon.

Après une journée de houspillages divers et fleuris


Marion! Frottez moi ces pierres que ça reluise!
Berthe.. tous les coussins et pelisses dehors et sortez-moi cette poussière!
Et les feux dans les cheminées hein? Que ça chauffe, misère! Le temps est à la pluie!
Beeeeeeertheeeeeeeeeeeeee! La chambre près de la mienne est prête? Activez-vous , feignante!
Maaariooooooon! Du lait .. du bon lait de vache.. des poulardes à rôtir... Des légumes.. terrines.. Filez aux cuisines! Je veux que tout soit parfait! Et je viendrai goûter.

Un vrai dragon en fait. Crachant ses ordres comme autant de flammes bienveillantes celles-là.

Epuisée, humant la bonne odeur de cire et de lavande.. Ne restait plus qu'à attendre leur arrivée. Et elle eut le temps de se remémorer cette cerise sauvage impossible .. et Enguerrand pour qui l'affection amicale n'avait jamais tari.

Peu lui importait qu'ils soient recherchés par toutes les forces Royales , traqués ou traitres, elle garderait leur enfant.. Elle n'en connaissait ni le sexe ni le nom.

Dame de Beaumont....
Mmmmmmmm?


Un de ses gardes s'avançait dans la grande pièce. Pas un de ses légumes qui ornaient des Conseils ou autre joyeusetés... Non.. Maud les avait bien choisis ceux-là.. Armés et entraînés, ils pouvaient parer toute visite incongrue.. deux en tout.. même avec les revenus de ses terres et de ses vignobles, Maud comptait ses écus.

Un certain Maître Faisneau Vlan bonzac demande à vous voir.. Il est arrivé en coche..
Faisneau Vlan bonzac, vous dites?
Réprimant un sourire au nom , non mais il changeait pas le Enguerrand, Maud se leva un peu courbaturée..
J'y vais.. j'y vais..
La mise de Enguerrand lui arracha un sourire.. Un serviteur se tenait près du coche.; Bon.. faire semblant.. faire semblant..

Messire Vlan Bonzac, quel bon vent vous amène ou devrais-je dire quelle bonne affaire?.. Qu'allez-vous essayer de me vendre cette fois-ci, hein? Grigou comme vous êtes..
Pour vous dire.. les dernières draperies sont un peu fanées à mon goût.

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Enguerranddevaisneau
L'arrivée de la maitresse des lieux arrache un premier sourire au fraichement promu maître Vlan Bonzac. Une légère révérence, dextre qui vient gratter la nuque dérangée par l'étoffe grossière qui la couvre, il fait quelques pas vers la Bourguignonne, aidé en cela par sa canne et sa jambe de bois.
Et un premier baise main, deux azurites d'acier qui se plongent avec férocité et tristesse dans le regard de son interlocutrice, il répond.


-Ma Dame, mes hommages...

Cicatrice qui ourle sa joue de s'affaisser, regard qui se baisse, légèrement humide, il poursuit.

-N'ayez aucune crainte, j'ai là de quoi vous contenter, que ce soit joaillerie ou draperie.

Il claque des doigts et Rachid de s'emparer avec difficulté du coffre posé sur le toit du coche.

-Ma...

Il détaille Griotte. Elle n'était pas son épouse, elle n'était plus sa fiancée, et bien que l'amour brûla encore entre eux, elle ne serait pas son amante avant longtemps.

-Collaboratrice et moi même souhaitions vous offrir tout cela, comme gage de notre amitié...

Une dote contre une vie.

-Néanmoins, il serait plaisant de pouvoir parler affaire dans un lieu plus...Approprié.

A peine terminé sa tirade que la nourrice pose pied au sol, tenant contre son sein l'enfant Vaisneau-Blanc-Combaz, leur bâtarde. Elle s'approche timidement du baron, et retourne l'enfant vers la dame de Beaumont, que cette dernière puisse détailler ses gracieuses et poupines boucles noires, sa peau d'albâtre rosée d'enfantillage.

-Et voici Ygerne. Notre fille.

Enfant qui plus tard hériterait du regard azure acier de son patriarche et qui pour l'heure, tétait avec appétit un linge imbibé de lait.
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Maud
Il était quand même salement amoché le Enguerrand. Pouvant le détailler plus loin que sa simple mise, la cicatrice à la joue et sa patte folle soutenue par une canne auraient arraché à Maud un sentiment de pitié. Sauf que cet homme là lui inspirait davantage d'honneur et de fierté même suicidaires et l'insulte de la pitié ne vint même pas à l'esprit de la jeune femme.

Elle lui laissa prendre sa main pour le baiser. Un baise-main. Le dernier datait des premières rencontre avec Niall en taverne. Et la Duchesse de Charolais s'escrimait à lui faire répéter plusieurs fois par jour. ce qui, à la longue agaçait davantage Maud qu'autre chose. Celui-là valait hommage et elle sourit bien malgré elle à cette attention. Le regard triste et humide de Enguerrand lui laissa entrevoir un bout d'âme bien souvent caché par le jeune baron. La comédie reprend son cours...

Des joyaux vous dites? Misère Maitre.. mais entrez donc me montrer ces merveilles.

Hein qu'elle la joue bien Maud? Parce que elle et les bijoux vont aussi bien ensemble que l'huile et l'eau... Son coeur bat à la presque gaffe du jeune homme...

Vous êtes accompagné d'une collaboratrice maintenant? On peut dire que votre négoce est florissant. Gageons qu'elle sera de bon conseil sur les pierres..Entre femmes, hein?

Maud tend le cou pour apercevoir Griotte et c'est une fille, une paysanne qui en sort portant un poupon.

Votre fille maître? Vous voulez dire que....

Et le geste de la main fait l'aller retour entre lui et Griotte toujours invisible dans le coche..

Ah ben maître, je vois que rien ne vous arrête pour avoir la main mise sur votre affaire hein?

Et Maud pose les yeux sur le trésor.. Une fille.. Maud a toujours rêvé d'avoir une fille.. Et lui apprendre à courir dans les bois, à grimper dans les arbres, à braconner.. à...

Ygerne.. Ygerne.. quel drôle de nom si vous permettez.. je me souviens d'une Ygerne en Bourgogne et je peux vous dire qu'elle avait un sacré caractère hein?

Elle aurait bien pris l'enfançon dans ses bras.. l'affection viendrait après. Pour l'heure.. les accueillir comme elle en avait l'envie à l'abri des regards indiscrets et des oreilles trop grandes..

Suivez-moi , Maître .. Nous serons bien plus à l'aise dans une pièce que je viens de faire préparer. Je vous dis pas dans quel état j'ai retrouvé mon domaine hein?

Faisant un signe au garde de s'en aller, elle marche devant et les conduit vers une petite salle voisine de la grand pièce à vivre et accessible que par une seule porte massive.. Les murs sont épais..et les fenêtres donnent sur une rivière.. Bien malin qui pourrait y venir écouter.. Un feu de braise a assaini l'air .. quelques fauteuils simples. Maud n'aime pas le falbala moëlleux et mou.. et une table couverte de victuailles diverses. Les laissant passer, elle ferme la porte et laisse aller sa première réflexion. Personne, mais alors personne ne peut les entendre.

Ygerne! Vous auriez pas pu choisir un autre prénom, Enguerrand! Non mais, je l'ai là.. Tapotant son crâne du doigt..cette Ygerne de malheur qui accompagnait Dame Erwelynn aux allégeances de Bourgogne et qui voulait se battre en duel contre moi hein?
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Griotte
Épuisée, la Blanc-Combaz était épuisée. Que ce soit physiquement ou moralement, elle se sentait à bout de forces. Voila des semaines qu'elle ne vivait plus sa vie, elle la regardait lui échapper entre les doigts, assistant à la déchéance de son bonheur avec une impuissance maladive.

La mort lui avait arraché sa meilleure amie. La guerre avait broyé son futur époux pour lui rendre un pantin claudicant. Les deux amants étaient devenus des traitres à la couronne. Une vie de famille brisée. Des rêves épuisés. On allait lui prendre sa fille, qu'elle n'aurait jamais l'occasion de voir grandir. A quoi bon essayer d'atteindre la félicité si ce n'est que pour tomber de plus haut ? Maintenant que tout ce qu'elle avait construit partait en fumée, que lui restait-il à part des épaules voutées ?

Se laissant choir sur un fauteuil, la jeune fille brisée se prit la tête entre les deux mains.


Ygerne était une amie fidèle. Courageuse, impulsive et entêtée, mais avec un coeur en or. En d'autres circonstances je suis sure que vous auriez pu devenir amies vous aussi.

La voix était rauque, comme étouffée par des larmes qu'on s'efforce de ravaler.


Son nom ne fera pas ombrage à notre fille.

La Griotte poussa un soupir déchirant et redressa la tête pour fixer leur hôte, une lueur déterminée dans le regard.


Les noms des Blanc-Combaz et des Vaisneau ne devront pas lui nuire non plus.

La bâtarde marqua une pause le temps que Maud saisisse toute la portée de ses paroles, puis elle reprit la parole d'une voix ferme à présent totalement maitrisée :

Pour sa sécurité, vous l'élèverez comme votre propre fille ou comme une nièce orpheline. Elle ignorera tout de la véritable identité de ses parents. Tout comme son entourage. Vous serez la seule personne tenue au secret, secret que vous emporterez jusqu'au tréfonds de votre tombe.

Faisant un signe de tête en direction des coffres ayant été déposés dans un coin de la pièce :

Enguerrand et moi-même sommes prêts acheter votre silence et à vous verser une pension honorable en échange des bons soins que vous fournirez à Ygerne.

Car la Dame de Beaumont sera une parfaite mère de substitution. Évidence qui éveilla un pincement au coeur de la Griotte. Et elle, si on lui avait laissé sa chance, qu'elle mère aurait-elle été pour son enfant ?
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Enguerranddevaisneau
Maintenant à l'abri des oreilles indiscrètes, des sorciers du Vonafreux, il est logique que les deux parents énoncent les clauses du contrat qui les lierait, eux et la dame de Beaumont, au moins jusqu'à la majorité de leur fille, si ce n'est jusqu'à la mort.
La décision avait été murement réfléchie, il était certains que se soit avec Griotte ou avec Enguerrand, l'infant aurait couru milles dangers. Ainsi, chez Maud, elle serait en sécurité, éduquée dans des préceptes de respect, de rigueur et de pugnacité.
C'était un choix évident à défaut d'aisé

Quand la jeune Blanc-Combaz prend la parole, elle bouleverse un peu plus l'éphèbe à jambe de bois qui appose senestre ferme sur son épaule. Le message est concis. Ressaisies toi, sois heureuse pour ton enfant qui vivra en paix.

Et le message est compris, car bientôt, c'est d'une voix ferme que la Cerise s'exprime.
Quand elle à finie, c'est tout naturellement qu'il enchaine, déambulant de droite à gauche, sa prothèse cliquetant sur le sol au gré de ses pas.


-Vous trouverez dans ces coffres nombres de colifichets de prix, que ce soit des draps de Flandres comme des azurites précieuses. Une dote plus qu'avantageuse qui saura, j'en suis certain, ravir votre futur époux.

Il s'arrête de claudiquer, pour reporter son attention sur sa fille, toujours nichée contre le sein de sa nourrice.

-Vous savez, nous ne faisons pas cela de gaieté de coeur. Mais il en va de la sécurité de notre enfant. Griotte abandonne ses terres, par choix, et ses racines, pour voguer vers des horizons encore inconnus, tandis que moi même suis un des hommes les plus recherchés du royaume. Nous ne pouvons décemment élever correctement une fillette.

Son regard accroche de nouveau celui de la Saint-Anthelme, pour ne pas se dérober cette fois ci. Il s'approche et lui saisit les mains, pour les enserrer avec ardeur.

-Nous vous savons à même de rendre notre enfant heureuse, et d'en faire une personne pleine de bon sens, courageuse, besogneuse, au caractère bien trempé. Nous vous savons capable de faire de notre fille notre digne héritière. C'est pourquoi nous vous enjoignons à accepter notre offre.

Il relâche son étreinte alors que son regard, encore suppliant lui, ne se retire pas.

-Je tâcherai de vous faire parvenir de quoi élever l'enfant comme la digne héritière qu'elle est. Néanmoins, je ne supporterai pas de retrouver une enfant capricieuse et instable si j'ai l'heur de la revoir un jour. Vous la ferez former aux armes, à l'équitation, à la joute verbale autant que vous le pourrez, vous la rendrez aussi naturelle que vous l'êtes vous même.

Et de conclure par une question.

-Sommes nous bien d'accords?
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Maud
Non mais ils voulaient vraiment la mettre en colère tous les deux?
Son coeur s'était serré à voir l'état de désespoir de Griotte.
Et l'autre qui en remettait une couche avec les bijoux...
Soupe au lait comme pas permis, elle grommella juste à l'explication du choix du prénom.

M'acheter vous dites!

Et de lever les bras au ciel en signe de désespération:

Faut-il que vous soyez bien bas que pour me penser aussi vénale hein?

Prenant machinalement un fruit dans un plat:

Je dis pas que les écus ne m'attirent pas.. ça non? Mais croyez-vous que je prendrai des risques pareils rien que pour des bijoux ?

A tout dire y en avait un sacré tas quand même..

Et que mon silence et mon affection sont à vendre? J'ai bien compris Enguerrand, et je ferai en sorte qu'elle ait la meilleure éducation possible. Je lui apprendrai aussi d'autres choses si vous permettez hein?
Pour le prénom, eh bien autant vous dire que ce sera pas facile pour certains de pas faire le rapprochement avec l'autre Ygerne hein? D'ailleurs, que devient-elle? Vous en parlez comme au passé?


Et Maud de s'occuper les mains sans regarder la jeune femme écroulée et Enguerrand. Elle remplit trois chopes de vin de Beaumont et se retourna :

Vous allez d'abord me faire le plaisir de rester quelques jours ici à Beaumont. Nous jouerons la comédie devant tous mes gens et la séparation sera moins brutale pour la petiote.

Montrant la nourrice de la tête:

Et elle? Saura t'elle tenir sa langue au moins? Ou la ramenez-vous avec vous?

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Griotte
Mauvaise technique d'approche. Ils auraient du choisir leurs paroles avec un peu plus de soins et faire passer les richesses offertes pour une compensation des frais occasionnés, plutôt que pour un moyen de s'assurer le silence de Maud. La jeune femme semblait... vexée ? Évidemment ! Elle devait prendre leur attitude comme la marque d'un manque de confiance envers elle. Grossière erreur. Il ne fallait pas que la future tutrice se méprenne à leur égard.

Maud, veuillez nous excuser. Nous avons été un peu maladroits dans nos propos. C'est à cause de la nervosité, vous comprenez ? La situation est si compliquée...

Oeillade en direction du baron, l'air de dire : "Surtout, pour une fois fermez là et reconnaissez votre erreur !".

Jamais le contenu de ces coffres ne sauraient égaler la valeur du service que vous avez accepté de nous rendre. Nous sommes pleinement conscients des risques que nous vous demandons d'encourir, et c'est bien parce que vous avez notre entière confiance, que nous avons décidé de vous confier la chose la plus précieuse à nos cœurs.

La gorge serrée à l'idée qu'elle allait bientôt devoir se séparer de sa fille, Griotte s'empara d'une chope de vin et en but une gorgée. Elle en profita pour détourner la conversation de ce sujet délicat.


Ce vin est excellent ! Je suppose qu'il provient de votre vignoble. Mes félicitations, ma Dame !

S'absorbant dans la contemplation de son verre, la bâtarde laissa le silence s'installer alors que toute un chacun sirotait leur verre de vin. Nouveau soupir. La Blanc-Combaz termina sa chope d'un trait et la fit claquer bruyamment sur la table.


Ygerne a été tuée par l'armée de Falco.

Se levant de son fauteuil, Griotte s'approcha de la fenêtre et regarda au dehors, les mains jointes dans son dos.

Vous ne risquez pas de la voir débarquer ici, si c'est cela qui vous inquiète. D'ailleurs, vous n'aurez pas soucis à vous faire quant au silence de la nourrisse que nous vous avons trouvé...

La jeune fille sembla s'arrêter au beau milieu de sa phrase, comme si elle s'apprêtait à fournir des explications mais que finalement, elle avait changé d'idée. Allez ! Vas-y Enguerrand. Explique à Maud la brillante idée que tu as eu...

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Enguerranddevaisneau
Stoïque, il écoute les deux femmes bavasser, dextre vigoureusement ancrée sur le pommeau de sa canne. Le visage avenant, quoi qu'austère, il poursuit sur le chemin tracé par Griotte.

-Non, aucun soucis à se faire pour la jeune paysanne ici-présente.

Et d'un pas aussi vif que possible, il s'approche de la nourrice pour lui saisir le menton, non sans fermeté, pour qu'elle ouvre la bouche toute grande.

-Voyez plutôt.

En effet, l'observateur attentif pouvait voir sans peine que la langue de malheureuse avait été tranchée nettement, presque à la base, rendant sa glotte visible.

-Elle, contrairement à vous, j'ai pu l'acheter, et acheter son silence également. Ainsi, elle est muette, ne sait pas écrire ni lire, et ne pourra pas dévoiler l'identité d'Ygerne.

Satisfait, il relâche son étreinte, se saisit de son enfant avec une douceur exagérée tandis qu'il poursuit.

-Elle était consentante, et la rente qu'elle percevra jusqu'à ce que notre fille soit en âge de se passer du sein lui permettra de vivre sereinement toute une vie. Parfois, la réussite nécessite quelques sacrifices. Vous en conviendrez.

De son pas incertain, il s'approche maintenant de la dame de Beaumont, dans le but de lui refourguer l'enfant. Saisissant cette dernière sous les aisselles, il la tend à son amie.

-Je propose que vous fassiez connaissance. Nous resterons si vous le souhaitez, et vous remercions pour votre générosité. Quelques jours de repos ne pourront êtres que bénéfiques. Il va de soit qu'une fois partis, vous aurez tout droit sur le devenir de cette enfant.

Alors que la Beaumont a l'héritière bien en main, il jette un oeil au dos de la Blanc-Combaz, esquisse un léger soupire et se saisit d'un verre de liquoreux qu'il avale d'un trait.
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Maud
Maud accueillit avec un sourire les explications gênées mais sincères de Griotte et s'apprêtait à trinquer avec elle.
Je me doute que vous avez traversé de rudes épreuves.. Mais vous m'avez froissée.. je peux vous le dire..
Ca, c'était fait on allait pas y revenir et passant du coq à l'âne.
Et vraiment, vous le trouvez bon mon vin?

Petite faiblesse de Maud quand on lui faisait des compliments sur ce vin plus qu'ordinaire en somme, mais c'était SON vin.
La Duchesse de Charolais m'a toujours dit que c'était de la piquette par rapport à son MontreCul..

La réunion continuait sous de bons auspices et Maud , soulagée , entrevoyait quelques jours avec eux deux pour qu'ils lui racontent tout par le menu. De son côté, elle ferait tout pour qu'ils se reposent et tentent de retrouver des forces.

Bliiiiinnnnggg!

Ca aurait pu faire "Blong" si c'était une chope en étain. Eh bien non, Maud avait sorti de beaux verres laissés par l'ancien Seigneur de Beaumont. Il était parti en lui laissant pas mal de choses d'ailleurs. Des économies de faites... Un écu c'est un écu.

Bref, c'est le bruit que fit son verre sur le sol à la révélation plus que brutale de Griotte.
Peu au fait de ce qui s'était passé hors de Dijon après le passage éclair de l'armée d'Eusaias, il y avait assez à faire en Bourgogne, elle avait juste lu quelques annonces royales dont la dernière qui reprenait le nom de Falco.


Tuée par Falco!

Comme je vous ai dit , les murs sont épais et c'est tant mieux quand on connait la spontanéité de Maud. Une qualité pour certains et un défaut que ne cesse de lui seriner son promis quand il s'agit de politique. Mais autant demander à Maud de se transformer en mouton "silencieux" quand il y a matière à s'indigner. Là, c'est de la surprise pure et brute. Si elle n'avait pas eu le temps d'apprécier Ygerne à la valeur de ce que lui avait répondu Griotte, elle n'aurait jamais souhaité sa mort et encore moins par un homme qu'elle avait appris à admirer.
Misère, Griotte! C'est à n'y rien comprendre..

Ah non là, Maud n'y voyait goutte.. Sans compter que Griotte lui tournait le dos face à la fenêtre. Interloquée, et ne ramassant même pas les débris, elle se tourna vers Enguerrand qui lui en asséna une autre avec démonstration à l'appui.

Enguerrand, vous voulez que je vous dise, malgré toute l'amitié que je vous porte, vous n'êtes qu'un monstre! C'est de famille ma parole! Je me souviens de votre tante Quiou qui se vantait de couper le pouce à tout roturier qui lui manquait de respect en taverne et qui n'a jamais voulu, dans le peu de temps où je l'ai cotoyée, me révéler de quelle peau était faite les gants qu'elle ne quittait jamais.

Secouant la tête et encore sous le choc , voilà qu'il lui tendait la pouponne silencieuse. Instinctivement, elle la prit dans ses bras comme elle avait vu sa mère faire. Mouillée, l'enfant était trempée jusqu'à la taille . Et le sens pratique de Maud reprit le dessus.

Eh bien votre fille semble avoir un bon caractère, hein? Elle nage dans sa pisse et je ne l'entends même pas gémir!
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Griotte
Sa fille nageait dans sa pisse ? Sa fille nageait dans sa pisse !

Abrutie d'incapable !

En deux temps trois mouvements la Griotte avait traversé la pièce et administra une gifle magistrale à la nourrisse mutilée, qui laissa échapper un hoquet de surprise et de douleur. Portant la main à sa joue rougit, la pauvre fille ne s'attendait pas à ce que les représailles continuent et que la Blanc-Combaz lui agrippe brusquement la chevelure pour la secouer comme un prunier.

Tu l'aurais aussi laissé patauger dans sa merde ?

Les yeux écarquillés de terreur, la nourrisse secoua la tête en signe de négation en produisant d'horrible grognements gutturaux. Son moignon de langue s'agitant spasmodiquement entre ses dents, elle essayait de couiner des supplications, mais ne réussissait qu'à produire de l'écume blanchâtre qui lui dégoulinait aux coins des lèvres. Infâme vision qui n'aurait su émouvoir la bâtarde en cet instant d'intense colère.


Chiabrena ! Puterelle ! J'vais t'fout' l'nez dans ses langes, t'vas l'comprendre l'message, t'vas voir ! Ne t'avises plus jamais de négliger ma fille ou bien tu vas la comprendre ta douleur, espère de sotte ! T'as pigé, hein t'as pigé ?

Les larmes roulant sur ses joues, la nourrisse secoua à nouveau la tête, en signe d’acquiescement cette fois si. L’Acidulée la repoussa au loin et se tourna brusquement vers le baron, qu'elle pointa d'un index menaçant.

Et c'est avec une idiote pareil que vous voulez laisser notre fille ?! Cette femme est vénale ! Elle respire par le trou du cul et s'rait capable de s'faire trancher les deux mains pour une bourse de plus sur sa solde ! Vous avez choisi une suce boules pour materner Ygerne. Un jour elle nous trahira tous en vendant sa peau à plus offrant !
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Maud
Bouche ouverte, Maud elle aurait pu se servir de sa langue sauf que le spectacle qui s'offrait à elle dépassait l'entendement.

D'un geste rapide, elle refila le bébé à Enguerrand en lui posant sur l'épaule. Elle pariait sur un réflexe de sa part pour ne pas laisser glisser sa fille . Qui ne disait toujours mot.

CLAC!!

Une belle gifle comme Maud les aimait. La dernière à un gros benêt en gargote qui n'avait pas demandé son reste.
Là, c'était sec et à toute volée comme sa voix.


Z'avez pas honte Griotte!
Continuez à hurler ainsi et Gegerne ne se souviendra que d'une mère braillante et vociférante.


Sa main la brûlait et le feu devait être bien rougeoyant sur la joue de la cerise sauvage.
A qui le tour? Même effarée par tant de violence, Maud se dit que elle avait pas tout à fait tort la Griotte . Il suffisait que la servante apprenne à écrire et c'était fini. Petit à petit dans son esprit une drôle d'idée lui vint. Plissant les yeux vers le mari, papa monstre.

Vous n'allez pas me dire que vous comptiez la supprimer , Enguerrand hein? Pas ici!

Ah ben oui, curieusement Maud avait juste l'esprit pratique là. Elle n'avait rien contre cette pauvre nourrice effrayée.. Ni rien pour en fait. Elle secoua la tête se morigénant toute seule.. "Voyons Maud, elle a rien fait cette pauvre fille"

Et misère! Bougez un peu! Votre fille va tomber par terre.
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