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[RP] C'est pas juste un hasard.

Khy
L'immature se presse à regagner l'auberge & le douillet de la chambre que, par sa présence presque constante & surtout qui s'éternise, elle a pu aménager selon son bon vouloir. Elle se presse, oui, le visage tourmenté comme à son habitude, quoi que... peut-être un peu plus pâle.
Les escaliers sont presque escaladés, malgré la rondeur imposante du ventre qu'elle traîne depuis trop longtemps, mais pas assez visiblement, & la porte ouverte dans un fracas à réveiller les morts. Pas d'Hélios en vue, & tant mieux.
Repos. Elle y aspire depuis tant de mois qu'elle doute de la réalité de son désir. Utopie ? Sans aucun doute.

Sur le lit défait, elle vide sa besace, & la liasse de missives qu'elle contenait.
La pulpe des doigts s'écorche sur un parchemin écorné, l'ongle se heurte aux plis, aux cachets, la paume s'écrase sur la fraîcheur des draps, & se crispe, presque effrayée.
Il en manque une.
Et pas des moindres.
Une reçue plus tôt dans la journée, une qui n'aurait pas eu grande importance si seulement ce soir, en taverne, une rouquine naïve n'avait pas énoncé à voix haute & distincte l'expéditeur concerné.

- Foutrecul...

Les genoux faiblissent & Khy s'agenouille, les coudes sur le lit, la tête dans les mains.
Et alors qu'une nouvelle galipette de la Chose lui fait retenir un hoquet, le point s'écrase contre le matelas, mou, & définitivement peu enclin à satisfaire son angoisse. Alors les ongles se font griffes, les coussins sont attrapés, près à être éventrés.
Il en faut décidément bien peu pour angoisser une femme enceinte.

_________________
Nille
[Les paroles s'envolent et les écris restent]

Nille avait bu cette soirée là. Ce n'était pas dans ses habitudes, ça non.
Sa mère prônait la tenue et l'allure, le paraître, c'était l'essentiel à ses yeux.
Mais maintenant qu'elle n'était plus là pour étouffer sa fille de recommandations toutes plus haineuses les unes que les autres, la petite poupée se laissait aller à la désinhibition.
Donc en cette soirée où son esprit flottait dans les vapeurs de l'alcool ingéré, la poupée avait rencontré Dame Khy.
Aux premiers abords quelqu'un d'étrange, c'était certain, mais après avoir longuement parler avec elle en avait eu confirmation.
Elle était ronde, très ronde, la grossesse, quoi de plus naturel ?
Allez savoir pourquoi, Nille se mit à parler de sa famille. De sa mère, Blanche, de sa tante Elena, puis de son cousin.
C'est à l'annonce de ce nom que la ronde se montra sauvage.
Se dérober attire en général les soupçons, ce soir là, la règle fut encore démontrée.
Grim. Son cousin, son frère, il lui manquait, elle avait fugué pour lui.
Et elle le cherchait.
La nuit, blottie dans des boules de vêtements pris à la hâte, elle rêvait. Rêvait de lui.
Elle le voyait dans la rue, alors elle se mit à courir, avant de constater que ce n'était pas lui; alors elle repartait triste, et en traînant les pieds.

Dame Khy lui avait crier "Demain, à l'aube, à mon auberge !"
Elle avait hoché la tête et avait trouvé après le départ de la Dame une lettre. Elle l'ouvrit, son coeur se mit à battre. Elle reconnaissait la formation des chaques lettres, de chaques boucles, de chaques accents. Autour d'elle, le vide absolu, juste les battements de son jeune coeur qui a la mention de CE nom frappait de plus en plus fort dans ce petit corps.

Grim.

Comment cela était-il possible ? Par quelle magie ? Quelle Chimère était-ce là ?
Elle n'en savait rien, mais cette Dame devait avoir le coeur lourd d'information au sujet de son cousin.
Nille assemblait tranquillement les preuves qu'elle avait devant les yeux.

Elle était résolue, et le matin à l'aurore, elle était devant l'auberge, les yeux fatigués d'une nuit peu confortable dans une taverne.
Elle resta donc là, devant cette auberge, dans sa petite robe de lin corsettée, et attendit.

Cette Dame décidément en savait trop.
Khy
Alors que les premières lueurs orangées viennent éveiller les plus matinaux, Khy, elle, tente déjà de discipliner ses boucles brunes. Les mains lissent, coiffent, relèvent, & lissent encore, avant qu'avec l'énergie du désespoir elle ne se contente que d'un chignon d'une anarchie complète.
Un instant, l'idée que la rouquine de la veille sache coiffer lui effleure l'esprit, avant qu'elle ne se rappelle ce qui l'a fait pleurer des heures avant de plonger dans un sommeil ni réparateur, ni même apaisant.
Les Lefebvre, & la lettre perdue.
Sans doute un peu aussi l'absence de son Hélios réchauffant ses draps.

L'émeraude est lancée sur le lit défait, aux draps non pas souillés de luxure mais plutôt de cauchemars. Sur le couple de dagues longues & sur le petit poignard dont la garde a été privée de ses pierres précieuses. Sur le poinçon d'argent masqué par l'oreiller.
Dure constatation. Elle en arrive à ne plus savoir faire la différence entre cauchemars, angoisses, & menaces réelles.


- Saint Foutre, pauvre idiote, réveille-toi & va donc annoncer à cette pauvre rouquine que tu ne veux plus entendre parler d'elle.

Car elle ne doute pas que Nille est là, déjà, attendant patiemment l'arrivée de celle qui a fait miroiter confort à ses yeux embués d'ivresse.
Elle ne doute pas non plus que la curiosité de la jeune femme, qui doit avoir le même âge qu'elle, la poussera à poser questions sur questions concernant son attitude de la veille, sa réaction au nom maudit de Grimoald, au nom maudit des Lefebvre.
A moins que la rouquine ne soit naïve & idiote, comme elle se plaisait à le croire.

Quelques minutes plus tard, à peine vêtue d'une chaisne de laine blanche de trop bonne qualité, & d'une épaisse cape grise recouvrant tout, même l’Innommable, la brune se glisse dans un silence parfait en dehors de l'auberge, tombant nez à nez avec Nille.


- Vous voilà. Parfait. J'ai... nombre de choses à vous dire.
Voulez-vous bien monter ? Je ne suis pas habillée pour sortir.


Et l'insolente de faire aussitôt demi-tour, laissant la porte ouverte pour se faire suivre, lui tournant le dos sans même se méfier.
Cette enfant est visiblement trop idiote pour pouvoir avoir l'idée de quoi que ce soit.

_________________
Nille
Pourquoi ?

Pourquoi elle voulait la faire rentrer ? Après tant de dérobades, elle s'offrait tranquillement aux questions de la poupée.
Sans poser aucune question elle entra, regardant autour d'elle. Le personnel s'agitait, on entendait le froissements des robes, les ordres de la patronne envers les employés.
Elle grimpa les escaliers et arriva sur un pallier, elle suivit l'ombre de la coupable jusqu'à ce qui devait être sa chambre.

Il y avait un lit double, contre ce lit une malle fermée qui devait contenir toutes les robes et tenues de la Dame.
Une fenêtre donnait sur la rue, elle pouvait ainsi vidanger la bassine verticale en étain poli qui devait servir de miroir en plus de son rôle hygiénique.

Puis elle la regarda. Elle était au centre de la pièce et elle attendait la jeune rouquine.


- Pourquoi vous être dérobée hier soir ?

Elle avait le visage fermé, sans aucune expression dessus, ainsi Nille faisait presque peur. Puis du silence, rien que du silence.
Nille n'aimait pas ça. Alors elle s'avança vers la Dame.


- Pourquoi m'avoir demandé de venir ? Pour me montrer ça ?!

Elle jeta la lettre sur l'écritoire rempli de papier à lettres et décoré d'un pot d'encre et d'une plume.

- Vous disiez ne pas le connaître et pourtant je vois une lettre avec son écriture, sa signature qui VOUS est adressée.
J'aimerais des réponses Dame Khy ... Je veux des réponses ...


Elle leva ses turquoises sur la Dame, la fixant droit dans les yeux.
Khy
Sourcil arqué, moue étonnée.
Les doigts frêles défont lentement les fibules de la cape de laine, la laissant glisser sur le matelas sans plus de cérémonie.
La lippe, rose, close, se pince & se déplie, indice de frustration & de froide colère. Si la nuit mouvementée à eu le mérite de la calmer quelque peu, la rage de la rouquine titille ses nerfs sensibles & ses angoisses récentes.
Elle s'apprête à répliquer, & pourtant la lettre jetée à l'écritoire la rend muette, incapable.
Le meuble est rejoint, la lettre saisie d'une senestre tremblante & d'une pâleur effrayante.

Sous les doigts angoissés, le parchemin se froisse, le bois de la chaise sur laquelle ils se sont appuyés craque, blessé.
Elle est frêle, maigre comme un clou derrière ce ventre d'une rondeur apaisante, pourtant sa force n'en est pas moins brutale.
Les émeraudes sombres s'ourlent d'un manteau de chair, alors qu'une larme désespérée suit la fine & faible balafre parcourant sa joue gauche.

- Il y a.. une différence.. Entre vouloir, & pouvoir.
Merci.. de me l'avoir ramenée.


Un silence se fait, & les mains blessées lâchent enfin le bois de la chaise pour que le corps, épuisé, puisse enfin s'y asseoir.
Elle lui tourne le dos, mais qu'importe, on est pas là pour être polis, on est pas là pour faire semblant. Elle se cache, un peu, par pudeur faiblarde, pour que les azurs acérés de Nille ne saisissent pas l'image d'une Khy larmoyante.


- Vous voulez des réponses.. & je ne peux pas vous en donner.
Du moins pas celles que vous attendez. Je ne vous serais d'aucune aide, faites couler votre colère sur quelqu'un d'autre.


A demi-mots, c'est un ordre réel qu'elle lance à la rouquine.
Et se tournant vers elle, la larme effacée, les yeux secs & sombres, l'immature sourit, d'une esquisse narquoise & infecte.


- Mais nous pourrions passer un marché.
_________________
Nille
Elle regardait chaque mouvement de la Dame. Elle se méfiait d'elle maintenant qu'elle lui avait caché des choses.
Comment avait elle pu ?
La rouquine savait que cette "Vipère" lui cachait des choses sur son cousin et peut-être sur sa famille.

Enfin, elle l'avait fait venir c'était pas pour parler fleur, couture ou je ne sais quoi d'autres.
Alors elle approcha doucement.


- Un marché ? Qui vous dis qu'après ce que vous me cacher j'ai envie de conclure quoi que ce soit avec vous ?
Mais vous avez besoin de moi pour une raison qui m'échappe et je ne sais où adresser ma missive à Grimoald.
Je vous écoute, parlez ... Sachez que j'arriverais à extirper chaque information MaDame et que ce ne sera pas sans douleur.


Elle avait bien choisi chaque mot de la dernière phrase, les prononçant d'un ton plus somble, voulant clairement exposer chaque sous-entendus.
La rouquine ensuite la fixa encore, attendant que la Dame parle.

Elle se disait qu'elle était peut-être un peu envahissante, effrayante, mais qu'importe, si avec des paroles elle pouvait le revoir, c'était ce qu'elle voulait.

Elle avait l'impression de tourner en rond, à chercher rechercher et rerechercher des informations qu'elle ne trouvait pas.
Nille n'aimait pas errer sans but, mais elle avait appris à se battre, et ne jamais abandonner.


- Rassurez moi, vous ne comptez pas me confier votre ... Chose ?
Khy
Et l'éclat de rire, qui menaçait déjà, franchit sans honte & sans remords la lippe fade. Et sous l'éclat de rire, c'est le fou rire qui suit, incontrôlable, tressaillant, mais tellement grisant. Il est frais, ce rire qui malmène le ventre faible, il est joyeux & apaisant, il est joli & convaincant, il est plus naturel que tous les rires qu'elle a pu sortir depuis que sa vie est rythmée par les frasques de l'Hélios.
Et pourtant, avant que Nille ne puisse sortir de ses gonds, vexée ou désappointée, les lèvres sont closes, le soupir s'efface, le corps se redresse pour faire face à une rouquine qui, à pas de renard, s'est rapprochée.
La main, hyaline, se lève avec une douceur mesurée, tendre & apaisante, & la pulpe des doigts vient effleurer la joue de la Lefebvre.
Fugace, mais bien réelle.
Le sourire s'étire encore, la tête se penche, un peu, pour mieux fixer & apprivoiser son interlocutrice.


- Nille, Nille, Nille... Si tu veux me faire souffrir, fais-le.
Inutile de menacer... Fais-le !
Je suis là, devant toi, faible & enceinte jusqu'au cou, départie de mes armes, incapable de me défendre dignement.

Narquoise, insolente, elle la dépasse pour se rapprocher du lit, & glisse à son oreille, plus qu'amusée :

- Extirpe-moi tous les soupirs que tu pourras.. Ce ne seront que des soupirs.

Les pas l'amènent à la malle, où se penchant, elle récupère l'une des seules robes à tassel qu'elle a fait ajuster à sa taille.
Un regard hautain est lancé à la rouquine, avant qu'un sourire faible ne vienne l'adoucir.


- Aide-moi. Tu auras ta propre chambre, tu mangeras avec moi, tu m'aideras à m'habiller, à aller au marché, à l'Eglise, & à trier toutes ces fichus missives qui s'entassent sur l'écritoire... Tu vois le genre. Tu seras chargée de prévenir la matrone lorsque... le moment sera venu.
De là, je n'aurais plus besoin de toi. Pas de braillard dans l'histoire.


La robe est tendue d'une main lasse alors que les émeraudes scrutent toujours celle qu'elle vient presque d'embaucher par la force.

- Tu te fais discrète, surtout la nuit. Je ne veux pas te voir rôder autour de ma chambre tant que je ne t'y fais pas mander. Il y a des choses qui ne te regardent pas. Tu seras largement rémunérée. Et je t'offrirai gracieusement toutes les informations dont je dispose concernant... les Lefebvre.

Une bourse, traînant sur le matelas, est lancée sans cérémonie à la rouquine, tintant d'une cinquantaine d'écus.
Elle n'a pas l'intention que Nille découvre le fin mot de cette histoire d'enfant, de cet histoire de démon, de cette histoire de père qui ne rôde pas que dans ses cauchemars. Sans compter qu'elle n'a aucune idée de la façon dont lui, l'Acéré, réagirait s'il découvrait tous les liens qu'elle entretient encore.
Et le secret, elle le sait, se paye plutôt cher dans le royaume françois.

- Allez, hâte-toi de m'enfiler cette robe.
_________________
Nille
Ce rire était malsain, Nille le sentait, et pourtant ne bougea pas, laissant la "Grosse" faire ce qu'elle avait envie.
La Nille fut d'abord surprise par le soufflet.
Décontenancée même.
Elle se contenta de fermer les yeux, poser ses petites mains sur la joue échauffée et se mit à sourire.

Ses instincts primaires s'éveillaient tranquillement et la Dame ne savait sans doute pas à quel point jouer avec cette poupée était dangereux.

Elle voulait jouer, elle jouerait et la rouquine se sentait joueuse ce soir.
Oh oui, elle allait souffrir cette pimbêche, moins que sa mère, c'est certain, mais elle ne la raterait pas.

C'est d'un grand sourire que Nille releva la tête et se tourna très doucement vers la capricieuse, elle la laissa prendre sa robe et murmura d'une voix rauque qu'on ne lui connaissait pas.


- Mais bien sur que je vais vous aider ... Mais bien sur ...

Elle ramassa d'abord la bourse qu'elle jaugea puis ensuite fourra le tout dans sa besace elle s'approcha de cette femme qu'elle ne connaissait pas et qu'elle haïssait déjà.
Elle saisi la robe, la regarda puis la jeta sur le lit sans façon.
Elle défi sans pitié pour le tissu la chaisne de laine de l'exigeante et l'aida à mettre sa robe.
Quand vint le tour des lassages, Nille y mit toute sa force afin qu'elle se sente serrée, une des nombreuses petites vengeances à venir ...


- Madame est parée pour sortir !

Le ton de la rouquine sonnait faux, comme son sourire.
Khy
Muette. Elle est muette, un sourire narquois figé aux lèvres, comme si le temps s'était arrêté sur sa lippe fade.
Elle la sent, la rouquine furieuse, elle la sent, cette colère brûlante, bouillonnante, à peine maîtrisée, à peine retenue. Dans les lacets qui serrent, dans les plis qui l'oppressent, dans les tissus à la raideur d'une cage.
Muette, pourtant, elle reste muette, le sourire narquois figé aux lèvres, comme si... Comme si toute cette mascarade n'était que la scène qu'elle avait prévue, orchestrée avec une patience infinie.


- Tutoie-moi.

Elle ne la regarde pas, mais les mots sont plutôt clairs, & mûrement réfléchis. Parce que le tutoiement n'est qu'une mascarade de plus, pas pour se faire l'illusion d'avoir une amie, car Khy n'a pas pour vocation de courir après l'amitié, ça non. Elle la fuit, plutôt. Non, donc, ce n'est qu'une mascarade de plus, pour blesser la rouquine, pour la pousser à bout, jusqu'aux limites de l'impensable, jusqu'aux limites du soutenable.
Alors oui, elle teste la Lefebvre comme elle a testé Grimoald, avec rage & violence, avec une froideur toute calculée, parce qu'elle s'étonne, toujours, des réactions des gens, parce qu'elle ne les comprend pas, parce qu'elle ne les accepte pas. Leurs existences ne devraient être rythmées que par la colère, n'est-ce pas ?
Puisque la mienne n'existe que par elle.

Et parce que la giffle n'a pas suffit, l'insolente s'amuse & saisit la main fine de la rouquine, l'entraînant à sa suite. Les escaliers sont dévalés, l'aubergiste salué d'un bref signe de tête & d'un regard noir, la ruelle & ses fragrances de jour de marché pleinement inspirées.


- Là... J'ai l'envie d'abricots, crois-tu qu'en ce pays on sache ce que c'est ?

Sourire mutin, presque enfantin, la main est lâchée pour mieux attraper le bras & s'y appuyer sans honte. Elle est faible, & malgré son apparente jovialité, ses sautes d'humeurs & ses lubies ont le don de la vider des rares forces physiques qu'elle possède encore.
L'émeraude interroge l'azur, & le sourire se fait plus grand encore.


- Tu peux bien me faire autant de crasses que tu le désireras, je te paye pour ça.
Fais en sorte que ton sourire paraisse vrai, fais mine de t'amuser...
Et tu apprendras, par exemple, que vous, Lefebvre, possédez une échoppe de pâtes & confitures à Paris... Délicieuses, ces confitures !
C'est excitant, n'est-ce pas ?


On trompe son ennui comme on peut, on trompe sa folie comme on veut.
_________________
Nille
Le rouquine laissait planer sur ses lèvres un faux sourire d'épanouissement, tel que l'avait demandé cette furie.
Elle fut surprise de cette descente si rapide des escaliers, mais bon elles n'allaient pas restées enfermées à parler cuisine couture ou magasins.

Un peu de dégoût passa sur son visage quand la Vipère l'accrocha de son bras.
A ce moment une comparaison vint à son esprit, elle était un insecte sur le bras de Nille. Et les insectes, Nille les écrase.
C'est elle qui était allée, avant les aurores, chercher dans une des fermes les plus proche de leur château exilé une hache terreuse et rouillée.
C'est elle qui avait traîné cette chose sur des kilomètres et qui était tombée sur l'orage, rentrant les pieds nus boueux et sa robe fichue, déchirée et toute aussi sale, avec sa hache à ses côtés.
C'est encore elle qui folle de rage quand sa mère la gronda réussi à lever cette même hache et à l'abaisser sans remords.
Et c'est encore elle qui fit et refit ce geste jusqu'à sortir de cet état second, et qui se mit à rire car tout ses malheurs étaient finis.

Elle s'en souvenait comme si c'était hier. Elle se souvient de chaque petite douleur quand un caillou venait se planter dans ses petits pieds, du poids de l'arme qu'elle transbahutait et de la dernière expression de visage de sa mère, du dégoût de la haine

Mais Nille durant des années avait appris à se contrôler, il fallait juste que des fois, en privé elle laisse éclater tout ce flux d'émotions retenues sur quelqu'un. Elle avait libéré sur cette vieille folle seize années de rage continue, à la haïr pour sa froideur et sa dureté, alors que sa tante elle lui apportait tout ce dont une jeune fille a besoin, le réconfort et les réponses à ses questions concernant le fait de devenir, Une Grande Fille.

Elle devrait se maîtriser encore quelque temps puis elle disparaîtrait jusqu'à savoir où IL est.

En attendant quand la Vipère lui annonça que sa famille possédait une échoppe de douceurs, idée très alléchante, mais Paris était loin.

Elle se contenterait des commerces locaux pour satisfaire ses envies et un jour, elle irait voir à cette boutique.

En attendant elle était à Rieux, et elle suivait cette Vipère qui l'avait embauché de force.
Khy
    [La semaine passe, une semaine garce.]

- Nille, tu voudras bien trier les nouvelles du Royaume, quand tu auras fini de plier mes tenues ?
Toutes les élections des conseils ducaux ou comtaux ne m'intéressent pas.. Tout le reste, je prend. Négociations, attaques, sièges, etc... Tu vois le genre.
Laisse les missives personnelles de côté, elles ne te regardent pas.


Tandis que Khy s'amuse à nettoyer des lames qui n'ont pas servi depuis trop longtemps, Nille, elle, sert de servante surmenée ou même.. esclave. L'insolente s'ennuie, alors l'insolente malmène, parce que son ennui est forcément du à sa solitude, & que si elle se sent seule, c'est qu'on ne la voit pas, & que si on ne la voit pas, c'est que les autres la dédaignent volontairement, & que donc une punition s'impose.
Elle se fait chier, alors elle fait chier. N'est-ce pas charmant ?


- Oh, amène-moi la boite à macarons, là... Et trouve-moi une bouteille de Bourgogne, j'en ai assez d'être à la diète.
Et ne range pas cette chaisne ainsi voyons, elle va prendre un mauvais pli !


La chaisne est tout à fait bien pliée, mais l'humeur dérangée de la brune ne lui permet guère d'apprécier les travaux d'autrui. Alors depuis la matinée déjà, elle s'applique à pousser la Nille à bout, les traits tirés dans une expression sarcastique du plus mauvais goût.
La dague est reposée, le chiffon aussi, & l'immature se renfonce entre ses coussins, acariâtre.


- Quel temps de chien, savent-ils au moins ce qu'est le soleil...
Nille applique-toi, saint Foutre ! Mais qui donc m'a fichue une empotée pareille ! Pauvre idiote !
Ah ça, on reconnaît bien les Lefebvre là dedans, tous des incapables !


Et un coussin de voler en direction d'une rouquine qui n'a pourtant rien demandé.
Un mot de trop, encore, ou pas assez, peut-être.

_________________
Nille
Nille avait supportée la Vipère toute une semaine sans rien dire.
Elle lui avait confié son linge, elle le pliait tranquillement, ignorant chaque commentaire.
Elle se contentait de dire un "Oui Oui" évasif ou un "Hm Hm".
D'abord le linge, ensuite les nouvelles. Elle imprimait tout dans son esprit courait, lissait le linge, le pliait le rangeait.
Elle était efficace et ne se plaignait pas.


- Les Macarons ? Mais bien sur !

Elle attrapa la boîte et la tendit à la Dame Khy retournant à son linge.
Elle faisait des piles bien belles dans la malle à vêtements, elle était fière de son travail; à peine eut-elle fini son linge qu'elle reçu un coussin, elle l'attrapa de justesse le regarda et le reposa à sa place.


- Si vous voulez maltraiter quelqu'un vous êtes mal tombée Madame. Au fait pour quand est prévu l'Horreur ?

Elle demandait cela d'un air de dédain entremêlé de non intérêt, elle faisait la conversation, somme toute.

- Donc les nouvelles vous demandiez tout sauf les élections ? Y compris les évènements "Heureux", mariages, naissances, baptêmes, communions ?

Quelques secondes de silences, un signe d'approbation de la Dame puis elle sourit et lança un "Très bien" ravi, limite niais.
Elle s'installa sur l'écritoire et se mit à faire deux piles, une pour les documents intéressants, l'autre à foutre au feu. Faut pas gâcher !
Après de longues minutes de tri, Nille se leva et tendit les pages jugées intéressantes à la Dame.


- Autre chose peut-être ? Si vous le voulez bien je vais aller mettre ces pages au feu.
Je vais également faire un tour dehors, l'air ici est malsain.


Par malsain elle voulait dire qu'elle en avait marre de servir cette vipère à toute heure.
Elle avait besoin de respirer un peu, se détendre les pieds dans l'eau de la rivière glacée et à écrire et envoyer des lettres galantes à un certain Sieur rencontré des jours plus tôt.
Khy
- Je te maltraite, tu me supportes... Je trouve au contraire que je suis plutôt bien tombée.

Un macaron est tourné, retourné, écrasé entre ses doigts rachitiques avant d'être lancé à la rouquine. Nille est la victime consentante d'une femme enceinte plus que dérangée par ses hormones. Plus que dérangée tout court.

- Plus d'un mois encore... J'espère pour toi que tu tiendras jusque là.

Les émeraudes suivent la rouquine dans ses pas, l'observent trier, sans même avoir l'envie de vérifier si le travail est bien fait ou non.
En vérité, les missives concernant Grimoald ont toutes été brûlées, par précautions. Tout le reste n'a que moindre importance pour elle, du moins pour le moment. Alors étrangement, sur ce sujet, Nille a son entière confiance.


- Non, tu les jetteras en partant... Mais reste encore.
Ouvre la fenêtre si tu juges l'air malsain, mais fais-moi la lecture. Conte-moi les nouvelles du royaume.


Elle sait bien que Nille a autre chose à faire que de plier aux caprices de l'engrossée, mais l'insolente s'en contrefiche.
Tout ce qu'elle désire, au fond, c'est de la compagnie.


- C'est un ordre !

L'éclat d'une lame, un sifflement glaçant & une dague qui se fiche dans l'encadrement de la porte, passant à un demi-doigt de la joue de la Lefebvre, tranchant une fine mèche rousse.
Le sourire est narquois, suinte de fierté, de satisfaction malsaine. Nille n'a qu'une envie, c'est de s'échapper un peu, & l'esprit embrumé de la brune ne peut décidément accepter ce besoin.
Oui, au fond, elle cherche juste de la compagnie.

_________________
Nille
Nille était dans l'encadrement de la porte, on lui avait jeté un macaron dessus, puis, on tenta de l'assassiner au moyen d'une dague bien lancée.
Elle soupira, attrapa la poignée de la lame, l'examina quelques secondes, fit demi-tour posa la lame à côté de la "Grosse".


- Il me semble que ça vous a glissé des mains. Cela pourrait être dangereux pour votre chose.

Elle parti ouvrir la fenêtre y respira de longues minutes puis prit la pile de journaux à côté d'elle.

- Après je pars.

Puis elle lui demanda par quoi commencer et lui lu les articles un par un.
Après lecture elle en avait marre, elle voulait prendre l'air et rien ne l'arrêterait.


- Je vais donc me balader en ville maintenant. Vous venez ? Ou vous restez ?

Elle s'habilla déjà, enfilant un petit capuchon afin de se protéger des intempéries. Et resta là à regarder l'Engrossée.
Elle songeait à aller voir cette échoppe de douceurs dont Khy lui avait parlé une semaine avant, mais il y avait son cousin, elle avait vu Khy brûler les lettres. Soit disant pour son bien; mais Nille était inquiète.
Elle avait dessiné, elle avait écris même, écris pour son cousin, un jour elle lui donnerait tout en main propre et elle serait heureuse. En attendant elle était bloquée avec une folle dingue.
Khy
Et tandis que la voix monocorde de la rouquine s'applique à la lecture, les doigts de la brune, eux, s'écorchent sur la dague rendue.
Elle souffre, voilà bien la seule raison à son comportement. De trop de solitude, de trop d'absences de l'Acéré, de trop de présence de l'engeance.

- Tu peux partir.

L'émeraude est close, la mâchoire crispée, l'oreille inattentive.
Elle est bien loin d'avoir envie de se lever, & étrangement, elle est bien loin d'avoir envie de voir du monde. Elle veut le voir, Lui, & c'est bien tout ce qui importe.


- Reviens d'ici une à deux heures... J'ai besoin de dormir.

Sans lui jeter un seul regard, l'insolente s'enfonce dans ses couvertures & ses coussins, lasse.
Son corps déformé la fait de plus en plus souffrir & lui arrache des cauchemars & des angoisses de plus en plus présents. Elle s'épuise, s'ennuie, s'agace jusqu'à devenir plus irascible que possible.
Mais, bien heureusement... Nille est là.


- Nille...

Elle se redresse un peu, faisant craquer le bois du lit, fixant la rouquine sur le départ, plus sérieuse & sincère qu'elle ne l'a jamais été avec elle.

- J'ai parlé de toi à Grimoald... J'espère qu'il répondra bientôt.
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