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[RP] Pars, Simba. Et ne reviens jamais...

Aimbaud
[Heaume, suite heaume]

Non mais ils sont malades, les gens à creuser partout de la sorte... On coupait tranquillement les bois par les bords de Loire quand mon cheval s'est enferré jusqu'à la cuisse dans un de leurs trous. Vous n'avez pas entendu le Pape ? Tous TENTÉS par l'appât du gain. Mais qu'eeeeeest-ce que l'on attend pour les excommunier ? Vous me laverez les étriers, tant que j'y suis.

Ainsi parlait Aimbaud de Josselinière, forcé de s'arrêter en route à l'office d'un maréchal-ferrand à qui il faisait la conversation. Il était accoudé à la selle de sa monture de course, tandis que l'expert bichonnait la patte arrière de la bête, ajustant un dernier clou à petits coups de marteau sur le sabot.

Bien messire. Messire est sur la route des vacances ?
Peu ou prou. Je m'en vais faire visite à ma soeur. Voilà bien cinq ans que je n'avais pas remis les poulaines à Château-Gonthier. Fou ce que ça change, la région. Il n'y avait pas une estrade d'exécution avant, à l'emplacement de votre commerce ?

Il devisèrent de choses et d'autres, jusqu'à ce que Lugh fut remis sur pattes. Ayant payé grassement les services du maréchal, le Josselinière put continuer son périple à grand train. Plus tôt dans la matinée, il avait prit une avance certaine sur le convoi de sa femme qui marchait à allure réduite (peut-être traînait-elle les sabots ?), tandis que lui n'en pouvait mai de galoper à travers les routes qu'il reconnaissait à mesure qu'ils approchaient des terres de son enfance.

Il avait tout-à-fait fini par semer son escorte, et c'est le premier, seul, qu'il apparut aux portes du château, qu'il pria les gardes de ne pas l'annoncer, qu'il pénétra dans la demeure familiale avec un brin d'émoi, et qu'il franchit les derniers pas qui le séparaient encore de Yolanda, en ouvrant de façon saloonesque les portes d'une chambre de jeune-fille.


SURPRISE !
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Yolanda_isabel
Assise devant la fenêtre, elle redresse la tête et ramène vers elle, la longue chevelure d’or qu’elle a offerte durant quelques heures aux rayons de l’astre solaire, non sans les avoir recouvert d’une infusion de rhubarbe dans du vin blanc. L’âge aidant, l’obsession de la beauté prend son essor, et si elle sait que s’épiler le front ne suffira pas à la rendre belle et ne la fera pas plus répondre aux critères de beauté, elle n’essaie pas moins de composer avec ce qu’elle a à disposition.

-« Vous croyez qu’il aimera cette nouvelle robe ? Elle n’a finalement pas coûté trop cher même si elle est à la dernière mode. »

A qui parle-t-elle ? Mais à Anaon, voyons, qui sans être dame de compagnie, n’en est pas moins présente en tout instant, pour ce qu’elle lui sert de chaperon et de garde. De quoi parle-t-elle ? De la nouvelle robe à l’italienne qu’elle s’est offerte, d’un bleu profond rehaussé de galons cousus de fils d’or et de perles. De qui parle-t-elle ? De Clotaire, voyons. Secret de polichinelle, que l’affection qu’elle porte à son parent.

-« Il me tarde de le revoir, il m’a tant manqué ! N’est-ce pas qu’il est beau ? Le plus b.. »
-« SURPRISE ! »


Et de se retourner vivement pour faire face à son frère, et la mine perplexe se fond en un sourire ravi.

-« ‘Baud ! Tu es le plus beau ! »

Elle se jette dans ses bras, petite sœur aimante avant de lâcher.

-« J’espérais tant et tant ton arrivée que me voilà bien vêtue pour ne pas te faire honte ! La vie fait bien les choses ! »

Un coup d’œil à Anaon, un coup d’œil appuyé. C’est beau le hasard, HEIN ?!
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Bienvenue à Chateau-Gontier
Anaon
    Si l'une est en proie à quelques questions de cœur, l'autre n'en est pas moins captivée par ses problèmes capillaires. Oreille des plus attentives, l'attention reste néanmoins partagée entre les soupires alanguis de la jeune demoiselle et l'inspection laborieuse de ses mèches de cheveux. L'Anaon est chaperon, mais l'Anaon reste femme et voir ainsi la jeune fille s'emplâtrer la chevelure dans quelque soin de beauté ne fait qu'éveiller chez la mercenaire ses élans de coquetterie. La mode est aux longues boucles blondes. La balafrée n'a ni les boucles, ni la blondeur, mais elle aspire bien à retrouver un jour les longueurs d'antan qui viendraient assagir cette coupe des plus anarchiques.

    Mèche du haut du crâne pincée, rabattue sur son nez pour tenter d'en analyser la longueur, le chaperon est bien vite contraint d'abandonner sa contemplation pour se concentrer sur les dires de la Josselinière.

    _ Elle est en tout point charmante. Je gage qu'il n'en restera pas insensible.

    Ah! La jeunesse! Ses cœurs en pâmoison qui papillonnent pour un oui ou pour un non! Comme tout semble plus beau quand on a que douze ans! Ces confession de cœur, l'Anaon les avait au départ écouter de bien mauvaises grâces. Elle ne voulait entendre parler ni d'homme, ni de cœur, ni de Bourgogne. Discuter mariage et c'est la fin du monde, de gosse et elle vous fait une syncope. Autant dire qu'elle ne voulait pas entendre grand chose. Mais bien vite, le chaperon s'était faite confidente et aujourd'hui elle s'acquittait de ce rôle avec bien bonne humeur. Ah! Qu'il est loin pour elle l'amour candide. Ah! C'est qu'elle le lui envierait presque! L'ingénue jeunesse et ses sentiments de miel...

    … Dieux qu'elle se sent vieille...

    Un sourire bienveillant vient courber les lèvres tailladées à l'écoute de cette affection avouée qui...

    SURPRISE !

    Crise cardiaque. Le cœur ne fait qu'un bond et l'Anaon tout autant. Les azurites estomaquées se plantent sur le visage du... du gamin.

    _ De... qui... que?!

    D'où qu'il se pointe comme une fleur celui-là?! D'où qu'on entre sans frapper dans une chambre de jeune fille?!! Et d'où que l'autre lui saute dans les bras alors qu'elle s'apprêtait à lui fournir la chasse qu'il mérite?

    C'est à ne rien biter. La mercenaire en reste un instant plus con que coi avant de capter le regard insistant de la Josselinière. La main quitte vivement la dague dont elle venait de trouver la garde pour se joindre à sa jumelle devant sa poitrine avant de se parer d'un sourire des plus... feint.

    _ Ouuuiiii... Nous vous attendions avec impatience...?

    Ahah! Bah oui bien sûr! Le chaperon se demande un instant d'où elle a bien put sortir ce "nous" avant d'envoyer une série de regards qui vont de l'entrant à Yolanda et de Yolanda à l'arrivant.

    Sinon... C'est qui celui-là?

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Images originales: Victoria Francès, concept art Diablo III -Anaon dit Anaonne[Clik]
Aimbaud
C'est avec un grand :

YAHAHAh ah ah ah !

... que l'aimant frérot accusa la secousse d'une Yolanda catapultée dans l'enceinte de ses bras. Sitôt la collision amortie, il s'étonna de voir que le front blond n'allait bientôt pas tarder à lui toucher le menton. Il ne manquait pour cela qu'à peine trois graduations de boutonnières, ce qui l'inquiéta passablement. C'était à n'y rien comprendre. Quoi, hier encore, elle passait debout sous les tables, avec une grosse tête bouclée d'enfante de laquelle elle ne pouvait pas faire le tour avec les bras. Hier encore vous dis-je, on la vêtait de langes pour qu'elle ne fasse pas popo sur les tapis. Elle bavait et se faisait les dents sur des figurines collector irremplaçables. Elle balbutiait des "Baud ! ta ! ganah ! Aghihi ableblelbl... t'aime.". Et maintenant...! Et maintenant...

Et maintenant Aimbaud de Josselinière observait cette grande adolescente qui n'était plus tant large que haute, amignonnée, grâcieuse, faire devant lui la belle dans sa robe du dernier cri. Mais... Qui êtes-vous et qu'avez vous fait de ma petite soeur ? Aurait-il pu demander. Il ne le demanda pas, car il était z'ému. Il le trouvait beau, ce changement, il en était très fier. En témoignait le baiser qu'il claqua sur le front de sa puinée, simplement.


Vous, je ne dirais pas belle. Je dirais... sublincroyavissante.

Ah, fit-il en tournant brièvement le chef vers la servante qu'on avait posée près de la table à coiffer. Du nouveau personnel. C'est bien. Dites dont, ma vie, vous l'avez acquise sur un marché d'occasions ? Elle est toute ébréchée... Murmura-t'il à l'oreille de Yolanda. Là, sers-nous du vin pour fêter ma venue. J'ai la langue en parchemin !

La toque de velours bleu qu'il ôta, accompagna son geste et l'ordre qu'il adressait à Anaon. Il s'avachit enfin dans un fauteuil, le front barré et fourbu par le voyage, pour finir sur cette phrase :

Hors ça, ma soeur, quelles sont les nouvelles ?!
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Yolanda_isabel
La vie est bien faite, n’est-ce pas ? FAUX !

La vie est sacrément mal foutue, sinon comment expliquer qu’un jour qui aurait du être consacré à une promenade avec Clotaire, avec des discussions sur les différentes façons d’apprêter des boucles blondes avec Anaon, se retrouve compromis par l’arrivée de son aîné. Mais comment lui en vouloir ? Elle l’aime tant ce grand frère à qui elle pardonne tout sans compromis, même cette intrusion dans son intimité, ce bouleversement dans son programme. Tout ? Même les critiques sur ceux qui la côtoient ? Non, un restant de fierté résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Alors si le compliment est reçu avec force gloussements, la remarque sur Anaon passe de travers, et avec un sourire, elle répond.


-« Elle est mon garde du corps, et en dépit de sa tenue un peu cavalière, Anaon est issue d’une famille noble. » Pieux mensonge pour défendre son chaperon en guise d’avertissement. Modère tes propos mon frère. « Mais puisque tu parles de valetaille au rabais, comment se porte ce brave Aymon ? Toujours pas mort ? Pas de vérole attrapée au détour d’un bordiau ? Pas de chute dans les escaliers ? »

Parce que s’entourer de personnes que l’autre n’aime pas, est presque devenu un rite entre eux, il convient de rendre coup par coup, et les mains sont claquées l’une contre l’autre pour appeler une servante qui se charge après l’ordre, de servir un verre aux trois protagonistes, non sans un regard béat sur le petit marcassin devenu Duc et revenu au nid des Buses. Sourire en coin.

-« J’espère que tu es venu avec Clémence, sinon tu feras jaser la domesticité ‘Baud. »

Des deux, ça a toujours été elle qui parlait le plus librement, le plus crûment, et puisqu’elle est presque une vraie femme, elle sait à quoi s’attendre de ce genre de regards pour n’être pas tout à fait niaise. Le verre à la main, elle se laisse tomber sur une pile de coussin entassée sur un coffre pour lui céder le siège.

-« Les nouvelles sont bonnes. As-tu vu sur le chemin les changements ? Les métairies de Château-Gontier se portent toutes bien, les cultures sont prêtes à être récoltées et les greniers seront bien remplis cet hiver, nos gens ne manqueront de rien. Quant au château, j’ai fait refaire la décoration de tous les appartements.. La paille était moisie sur le sol et les tapisseries mangées par les mites. Mais tout va mieux. Nous avons même un nouveau cuisinier, tout droit venu de Paris. »

Voilà pour le plan financier, sa fierté que la remise sur pied du château de sa mère.

-« Mais il n’y a pas que cela, j’ai repris contact avec la famille. J’ai vu Pépé, il délire moins qu’avant, à croire qu’avec le temps, il se bonifie comme s’il n’était pas affecté par la perte de Montsoreau.. Enfin, d’après les hérauts de France, c’est toujours lui le Duc de Montsoreau et pas le Fou, mais de cela, je ne sais quoi penser. Et puis, je côtoie Clotaire.. Tu te souviens de Clotaire ? Le fils de Kilia ? Je lui remonte le moral de temps à autre depuis la mort de sa mère. » Gentille fille. « Et je l’aime. »

C’est dit.

-« Et toi ? Les nouvelles ? Un héritier en route ? Clémence arrivera quand ? Se porte-t-elle bien ? Je ne l’ai pas vue depuis votre mariage. Même pas au mariage de Judas et Isaure. Elle me manque un peu. Es-tu gentil et aimant avec elle ? »

Noyer le poisson. Bloub bloub.
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Bienvenue à Chateau-Gontier
Anaon
    Analysons un peu la bête. Des braies beiges surmontées de cuissardes de cuir noir accordées au gilet et aux canons de ses avant bras qui coincent sa chemise immaculée. Dague sanglée à la cuisse. poignard ficelé au canon. Joyeusetés d'acier bien dissimilées sous quelques étoffes. Hum. Trogne balafrée. Nous y sommes. Alors? Oui?

    Sérieux... Est-ce qu'elle a vraiment la dégaine d'une boniche?!

    Les sourcils se rehaussent, les prunelles se tournent vers Yolanda dans l'attente d'une directive. D'une aide. D'un signe. Pas qu'elle ne veuille pas se bouger pour servir deux verres m'enfin... Entre un chien et un chien la différence est maigre, mais tout de même! Mais la Josselinière est rapide, l'Anaon est ravie, les choses sont remises au clair. Sauf que la mercenaire manquerait de s'étouffer avec sa salive. "Anaon est issue d’une famille noble." Frisson dans le sang. D'où.. Quand? Que! Les méninges s'échauffent, la roide se fait raide. L'esprit s'excite alors que les azurites ne débarquent pas de la tête blonde. Quand? Où, les mots qui trahissent? Mais non... Mais qu'est ce qu'elle raconte la blonde! A croire que la tambouille qu'elle s'est collée sur la tête lui a imbibé le cerveau!

    La balafrée se tourne vers le.. frère - lien clairement identifié - s'apprêtant à accuser un possible scepticisme. Mais la Josselinière embraye et Anaon, bonne "valetaille" s'efface. Un regard se porte au verre qui lui est tendu, mais un signe de main vient refuser le vin. Puisque Yolanda ne la congédie pas, le chaperon se recule jusqu'à s'acculer contre l'un des murs, main croisées dans son dos, non loin des protagonistes, non près non plus. Elle se fait discrète, elle se fait mur et s'applique à ne pas se concentrer sur les paroles qui s'échangent, plus par politesse que réel désintéressement.

    Elle entend pourtant, quand Yolanda parle de Clotaire, d'un aveu furtif qu'elle a crut saisir entre deux flots de paroles. Un regard ne peu s'empêcher de glisser discrètement sur le visage de son ainé. Guetter la réaction avec une vrai curiosité. Une appréhension aussi. Elle entend pourtant, quand elle parle de Clémence, quand elle parle de...

    Le coup de surin. Comme une couleuvre tapis dans sa poitrine qui se réveille soudain pour lui crocheter le cœur. La douleur du venin. Le regard river devant elle se fait des plus vides et un instant l'incarnat devient plus pâle. Et les mâchoires se crispent et le visage s'abaisse.

    Nous avions dit qu'elle ne voulait entendre parler ni d'homme, ni de cœur, ni de Bourgogne. Nous avions dit qu'elle ne voulait pas entendre parler de Judas...

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Images originales: Victoria Francès, concept art Diablo III -Anaon dit Anaonne[Clik]
Aimbaud
C'était un fait, Yolanda avait grandit. Dans le calendrier des métaphores pourries, on pouvait observer qu'elle avait quitté l'âge du choux à la crème pour entrer dans l'âge du chat chiant qui fait ses griffes sur le pied du canapé. Désormais aux yeux de son frère, elle comportait toujours le même enrobage de douceur, mais avec en bonus un satané coeur de fraîcheur sur lequel on pouvait bien se casser une dent. Il l'écouta se pavaner et lancer de petites piques de-ci de-là, avec un sourire imperturbable.

Non, le valet Aymon n'était pas mort, ni vérolé. Tout juste enrhumé si on en croyait la morve qu'il n'avait cessé de renifler tout le long du voyage en talonnant son âne. Non, la domesticité n'aurait pas à jaser. Et même si ça piaillait dans les cuisines, qu'en avait-on à battre ? Oui, Clémence de l'Épine suivait ses pas en terre angevine, quelle preuve d'amour irréfutable... Non, pas d'héritier en route à sa connaissance. Si c'était le cas, on aurait fait savoir.

Tout cela, il n'eut pas besoin de le prononcer. Car de légères inflexions du sourcil droit, une plissure de paupière et une fausse mimique amusée au coin du bec suffisaient amplement à faire passer le message, par transmission télépathique, à la frangine Josselinière qu'il ne quittait pas du regard. Très, très attentif. Il aspira la mousse de vin qui corollaient sa coupe, sans rompre le lien pupille-pupille. Puis s'appuyant sur l'accoudoir, la tête un peu plus penchée vers Yolanda pour la scruter plus aisément, il répondit d'une voix monotone.


J'ai mal entendu ce que vous disiez à propos de Clotaire.

Vrai ? FAUX !
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Yolanda_isabel
Bien sûr qu’elle voit la réponse sur son visage, ce visage qu’elle connaît si bien qu’elle pourrait en fermant les yeux, le redessiner en esprit. Elle a compris les réponses à ses questions trop rapidement posées pour être intéressantes. Elle a compris qu’il se foutait de ces questions du reste, puisque déjà, il revient sur la question du jour : Clotaire. Une déglutition alors qu’elle tourne la tête pour capter le regard de la Balafrée, mais Ann a les yeux baissés, et Yolanda, trop tourmentée, ne s’essaie même pas à savoir pourquoi. La réponse voudrait venir toute simple, lui redire la même chose mais avec plus de force, mais il y a dans la gorge, ce goût amer, cette promesse qu’elle n’a pas tenu, ce serment qu’elle a parjuré. Elle avait promis de n’aimer que lui et c’est terrible d’en aimer un autre. Du coffre, elle passe à ses pieds où elle se laisse glisser, déposant son propre verre au sol, et saisissant sa main libre pour la déposer en coupe sur sa joue qu’elle appuie dessus.

Silence. Pour profiter du contact et aussi pour réfléchir. La main est baissée pour mieux être baisée, et le front blanc se pose sur les genoux de son aîné comme en pénitence.


-« Il est si gentil, si doux avec moi. Intelligent aussi, et il n’est jamais discourtois. Je l’aime ‘Baud. Je l’aime tant. Il m’a fait tout oublier.. Tout ce qui n’était pas de la joie dans ma vie, et par certains moments, il me fait penser à toi. »

Il te ressemble tant si ce n’est les cheveux. Elle ne le dit pas, elle le pense si fort pourtant. Il n’a pas mal entendu, elle aime Clotaire. Clotaire qui l’amuse quand il bégaie, Clotaire qui la chavire par ses tentatives avortées de poèmes, Clotaire, enfin, qui l’émerveille quand il sourit ou rit.

-« Pitié pour moi.. »

Pour mon bonheur.
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Bienvenue à Chateau-Gontier
Aimbaud
Un "je l'aime" ! Encore ? Les copains de bac à sable, puis Arutha, puis Thibert, puis Clotaire ? DÉPRAVÉE, FILLE DE PEU, QU'ON ABANDONNE DEUX MOIS ET QUI FAIT DÉJÀ DES MAMOURS AVEC LE PREMIER VENU ! Et auprès de qui ? Clotaire ! C'était qui celui-là déjà ? CLOTAIRE. LE COUSIN CLOTAIRE. Encore un matou qui rôdait autour du foyer pour dérober la clef d'une ceinture de chasteté ! Qu'est-ce que c'était que cette jeunesse sans valeurs, sans morale, dénuée de vertu et d'honneur ? Qu'est-ce que c'était que ces obsédés qui ne pensaient qu'à se bécoter dans des recoins de château ?

Pourquoi fallait-il que Yolanda s'embarrasse de faire les yeux doux à ces sales types ? Pourquoi n'était-elle pas une poupée, sage et jolie, que l'on posait quelque part, et qu'on retrouvait au même endroit, inchangée ? Ce n'était pas du tout une poupée, c'était une sale graine de fille ! Une allumeuse ! Une débauchée ! Comment OSAIT-ELLE aimer, quand lui... Lui, Aimbaud de Josselinière, savait se tenir.

Au fond, il était tellement envieux de ce petit bonheur enfantin, de cette meugnonne innocence, et de ce futur radieux qu'il sentait poindre — et dont il était détenteur — qu'il avait envie de coller des baffes. À Yolanda ? À Clotaire. Il détestait ce type, en bon gros rageux qu'il était... Dans son crâne de sanglier s'agitaient raison et jalousie.

Il avait des fourmis dans les doigts, à force de se retenir d'ôter la main du visage de sa soeur. Il l'aurait bien fait, puis il aurait poussé cette tête blonde d'un geste agacé. Mais rien qu'à s'imaginer la scène, il sentait une grosse nappe d'amertume lui tapisser l'estomac, et une peine épouvantable lui serrer la gorge. Dire des mots durs alors ? Mais elle allait pleurer... Il allait s'en mordre les doigts...

Le plus sage était encore de montrer l'étendue de son indifférence, avec sa célèbre figure blasée. Il apposa un tapotement froid et assez sec sur la joue charnue qui lui réchauffait les genoux.


Boarf... Inutile de gaspiller vos vigueurs dans la romance. Je ne peux rien pour vous. Si notre cousin entend vous marier, il viendra m'en référer.

Vraiment, il n'était pas concerné. D'ailleurs il regardait ailleurs en parlant, offrant à sa cadette le spectacle tranquille de son profil.
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Yolanda_isabel
Point de mots doux, point de caresses. Aimbaud lui a tant de fois pincé la joue, ébouriffer les cheveux, certaines fois, dans les jours les plus tristes ou les plus gais, quelques douces caresses, mais jamais encore, il n’a tapoté sa joue de cette façon, comme l’on se défait d’un chien trop pressant. Et cette phrase qui vient achever de causer la perplexité de Yolanda. Aimbaud, toujours d’accord, qui répond « oui » à ses caprices, vient de répondre par un ersatz de « Nous verrons bien. » Alors le minois de poupée se relève et l’azur se pose avec consternation sur le profil aimé qui se détourne d’elle.

Elle pourrait se fâcher ou pleurer. Elle pourrait mais c’est Yolanda, mais c’est Aimbaud. Un soupir vite expiré, et sur la main saisie au vol, un baiser est déposé. Elle ne le repousse pas, ne le repoussera jamais, du moins s’en convainc-t-elle, pourtant elle se relève, époussetant le bas de sa robe. Et debout, elle considère en silence son frère, et derechef se baisse pour se saisir de son verre et le porter à ses lèvres dans un regain d’amour-propre. Sur le visage, le sourire vient glisser, un masque qu’elle pose, qu’elle a appris dans son enfance au Louvre, Blanche et Clémence, mentors émérites, lui ont tant fait la morale sur ce qui doit être montré. Et à présent qu’elle grandit, elle comprend la réaction de son frère, et par pur mimétisme, s’applique à lui renvoyer la pareille.

Indifférence.


-« Il le fera. »

Et nous nous marierons, ne t’en déplaise.

-« Bast, brisons là cette histoire de mariage. Tu as ramené Ségur et Vanille ? J’ai tellement hâte de les revoir ! J’ai fait préparer une cage pour elle, mais pas comme celle de Corbigny, celle-ci est protégée par des contrevents pour ne pas qu’elle attrape froid. Je suis sûre qu’elle aimera et qu’elle me pardonnera mon départ. »

Du moins l’espère-t-elle.. Car de tous ceux qu’elle a laissé derrière en gagnant le Languedoc puis l’Anjou, de ces années passées loin de chez elle, il y en a une qui n’a jamais été prévenu : Ségur. Ségur qui a accompagné ses jeunes années au Louvre, Ségur qui a suivi dans la fuite vers Corbigny, Ségur qui était une amie et un soutien. Ségur qui avait, sous ses allures de grand félin, des réactions de bon chien. Avec elle, du moins.

Et à l'Anaon, elle lance en souriant.


-« Vous allez adorer Ségur, elle est amusante. Marraine n’était pas de cet avis, parce que lorsque la Reine de Castille et Leon lui a offert, elle l’a mordu au doigt. Mais ce n’était pas de la méchanceté, ce n’était qu’un bébé. Mais elle a tant grandi.. Elle doit avoir pris encore ! N’est-ce pas ‘Baud ? »

Comme si un léopard adulte pouvait encore grandir, tiens ! Pourtant elle se l’imagine.

-« Ooooh ! Cesse de me faire languir ! Arrivent-elles bientôt ? »

Mes chéries, mes douces peluches.
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Bienvenue à Chateau-Gontier
Un-beau , incarné par Yolanda_isabel


Hum !

À l'annonce du changement de sujet, Aimbaud reprit un meilleur appui de son fessier dans le fauteuil. Le rembourrage de ce siège laissait vraiment désirer, l'inconfort était à son comble. Un flash-back morbide passa devant ses n'oeils tandis que ceux — les n'oeils — de Yolanda se braquaient sur lui, emplis de larmichettes d'impatience.

Le flash-back était noir et blanc, il retraçait le dur et long voyage qu'il avait fait sur les routes du Berry et celles de Touraine, dans les flaques de boues grises et les feuilles mortes qui glissaient. On y voyait les roues d'un carrosse qui s'embourbe, et les visages souffrants des serviteurs qui poussaient la voiture en gémissant d'effort (et dans le flash-back les gémissements avaient un écho sinistre). On y voyait Clémence de l'Épine qui tapotait sur le rebord de fenêtre, avec ses petits doigts aux ongles rongés, en poussant de longs soupirs agaçants (écho sinistre du soupir agaçant). On y voyait le vaillant Vanille, poney émérite, traîné par une longe doublée de soie, parce qu'il refusait d'avancer dans la gadoue.

On y voyait enfin la grande cage du méga-gros-chat-tâcheté — quel nom portait cette espèce exotique déjà ? Gromolard ? Loupél'car ? raclure ? — bref la chose féline qu'on avait prénommée Ségur, made in castilla y Léon, qui, forcée de subir l'exode angevine, verdissait à vue d'oeil au gré des cahots de la route, qui tremblotait dans les courants d'air comme un grabataire tiré du lit, et qui tentait visiblement une tactique d'évasion car, à vomir tout ce qu'on lui mettait en gamelle, elle avait à n'en pas douter le souhait de rivaliser de maigreur avec un balais-chiotte pour tenter ensuite de passer entre les barreaux de sa cage. La traîtresse...

Mais Aimbaud de Josselinière, chargé par sa soeur de veiller à la bonne santé de son arche de Noé, veillait au grain. Tous les jours — toujours dans le flash-back — il tâtait la peau mollasse de la bête (puis secouait vite la main en faisant "BLEUurg beurk mais c'est dégueu !" pour épousseter la grosse touffe de poil qui lui restait en main). Il surveillait les repas de la bête, allant jusqu'à recouper lui-même, avec son coutelas-hélvète, un bout de foie cru qui lui aurait paru trop épais pour des canines fatiguées. Il comptait ensuite lui-même le nombre de dents qui étaient tombées dans la gamelle, observait attentivement les flaques de vomi et les pipis-fourrure disséminées dans la cage pour en étudier les variantes de couleur, suivait les conseils des meilleurs spécialistes (son écuyer Aymon par exemple : "Beuh faudrait p'tet y donner du lait caillé avec d'la courge en purée, ça purge !"), puis des meilleurs philosophes (sa femme par exemple : "Mais abattez-la, cette bête ! Qu'attendez-vous ?"), enfin, de lui-même : "Dites dont, messieurs, est-ce une mouche que je viens d'apercevoir lui sortir de l'oreille ? Tâtez-lui le pouls. Comment ça, il a cessé de respirer hier ? Mais QU'EST-CE QU'ON SE TRIMBALLE UN FOUTU LIMONNARD MORD DEPUIS HIER ?!". Il avait donc agit du mieux qu'il pouvait pour cette bête...

Le flash-back nous transportera au bord d'un chemin de forêt où les pages de Nemours creusèrent un trou profond (pour limiter les risques de contagion). Le Gibraltard y fut ensevelit au ralentit, avec un chant tragique, tandis qu'Aimbaud de Josselinière tapotait tristement la main de Clémence de l'Épine, car on était dans un flash-back. Aymon prononça quelques mots entrecoupés de souffles gras dans un mouchoir (ou était-ce dans sa manche ?). Et la noble caravane reprit sa route vers les terres familiales promises. Ainsi avait péri Ségur. Ségur le Lupanard.

Aimbaud de Josselinière secoua la tête pour chasser cette triste vision. Il quitta son siège pour faire quelques pas dans la chambrée, et posa une main sérieuse sur le bas de son visage, feignant d'avoir une surface rêche à frotter à cet emplacement.


Ma soeur, je sais que vous serez forte. Vous n'êtes pas sans ignorer que l'hiver emporte parfois les âmes les plus braves. On a vu tant de preux survivre à des croisades, et mourir bêtement d'un mal de poitrine. Le Très-Haut rappelle parfois à lui les âmes qu'il juge trop belles pour se souiller ici-bas. Enfin concernant les bêtes, elles n'ont pas de paradis, hein ! Ah ah... Euh.

Il fit craquer ses phalanges et tourna une figure contrariée vers sa soeur.

... je suis désolé, ma vie. Mais votre Lepinard a trépassé durant le voyage, à cause de vomissures. Nous lui avons fait correcte sépulture en chemin...

Il ajouta, en levant l'index :

Le poney est vivant.
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Yolanda_isabel
Il y avait le sourire sur son visage, et puis il y a ce silence. Le silence qu’elle connait si bien pour l’avoir entendu dans les couloirs du Louvre, ce silence qui précède la nouvelle dévastatrice. Aimbaud n’a pas besoin de poursuivre, elle s’est déjà contractée, refermée sur elle-même. Le silence est le pire ennemi d’une exubérante. Le silence c’est celui qui ouvre le ban lors de la venue de la Mort et les mots sont dits, et l’azur se pose sur le dos de l’aimé tandis qu’il annonce ce que le silence a annoncé, quand le regard croise son homologue contrarié, il lui semble que le monde s’effondre.

Elle se souvient du redoux printanier qui avait ouvert ses bras sur les jardins du Louvre pour laisser s’y rencontrer deux monarques aussi élégantes qu’intelligentes, elle se souvient alors que la Trastámara Borja avait offert en cadeau à la Castelmaure-Frayner un bébé léopard aux grands yeux effarouchés et à la fourrure duveteuse. Le rire de Marraine quand Ségur lui avait mordu la main, déchirant le beau gant de soie blanche, alors que d’aucuns auraient été fâchés. Ségur, venue du pays des bois d’ébène, Ségur si rétive au départ mais si douce à la longue. Ségur qui avait apaisé chacune de ses angoisses nocturnes au Louvre. Sous ses doigts, il lui semble qu’elle éprouve encore le pelage si différent de celui d’un chien, du léopard, les yeux se ferment, et en un instant, elle se perd dans le regard indéfinissable du grand félin, emprunt de lassitude et de pesante sagesse. Ségur aura donc subi la moiteur puante de Paris, et les rigueurs hivernales de Corbigny pour mourir en se vidant. Ainsi donc, la mort avilit tout le monde sans prendre en compte le prestige de ceux qu’elle emporte.

Plutôt que les larmes bien connus, ce sont des tremblements qui la prennent, et la bouche s’entrouvre sur des mots qui ne sortiront pas. Ségur est morte. Et elle n’était pas là. Elle est donc comme les autres. Le monde se trouble, le souffle lui manque, Yolanda perd pied, son monde lui échappe une fois encore et son amie n’est plus. « Qu'elle hérite également de Ségur, léopard offert par Sa Majesté Elena Ruth de Trastamara Borja, Reine de Castille & Léon, avec lequel elle grandit & qui ne saurait obéir à une autre qu'elle.. » avait dit Marraine.

Les jambes se font molles sous son poids et sans prévenir, elle s’affaisse, perdant tout à fait connaissance.

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Bienvenue à Chateau-Gontier
Anaon
    Le regard se défait de sa vide contemplation. Les prunelles se portent avec discrétion sur les deux protagonistes, l'esgourde attentive, bien que l'esprit demeure quelque peu englué dans ses pensées noires. Silencieuse et oubliée, le chaperon veille, professionnelle. Yolanda s'agenouille. Elle guète. Aimbaud s'indiffère. Elle s'acère.

    Le regard qui se pose sur la froideur du fraternel est presque réprobateur. La nonchalance sonne étrangement. Si les traits de l'Anaon ne perdent pas leurs impassibilités habituels, les azurites elles, se font inquisitrices et décortiquent sans pudeur les moindres mouvements du jeune homme. Aimbaud, elle ne le connait pas. De nom, à peine. Elle ne saurait pas lire entre les lignes que cachent ses non-dits, elle ne saurait savoir ce que Yolanda devine, mais la mercenaire est bien décidée à percé la carapace de la caboche brune qui se retient bien de leur livrer clairement le fin fond de ses pensées.

    C'est ce qu'elle s'évertue à faire quand son attention est soudainement appelée ailleurs. Le visage du chaperon se tourne, le masque se façonne dans un sourire poli. Ségur... Ségur. Ah oui! Le... le... Chose? L'animal – que dis-je -dont lui avait parler Yolanda lors de leur toute première rencontre. Un gros chat jaune qu'elle se souvient, de la taille d'un chien. Tacheté et exotique. Autant dire une bestiole que l'inculte de la géographie et du monde n'avait sut identifier. Autant dire que çà ne lui déplairait pas d'assouvir enfin sa curiosité en découvrant la dégaine que peut bien avoir une bête pareille.

    L'Anaon s'apprête à répondre, mais le silence qui suit la demande lui coupe bien vite la chique. L'air pèse soudainement. Les azurites sautent d'une silhouette à l'autre. Et que sonne le glas. La mercenaire se crispe à la révélation avant de sentir grimper en elle une vague d'appréhension. Le regard se fige sur Yolanda.

    Un battement de cœur qui se loupe.
    Un second qui appelle le frisson.

    _ Yolanda!

    Un troisième battement de cœur pour se retrouver au pied de la Josselinière. Une main sur la joue, des azurites qui s'affolent.

    _Yolanda? Vous m'entendez? Dimezell!

    Le chaperon n'attend pas, l'adolescente est tourné sur le côté et les mains de l'ainée s'acharnent à défaire au plus vite les lacets qui resserrent la robe dans son dos. Prions pour son salut si par malheur elle endommage la précieuse étoffe! Mais s'il ne lui restait pas un grain de conscience, c'est à la dague qu'elle l'aurait ouverte.

    Un regard noir se pose sur le coupable de tout ce trouble. La mercenaire ne perd pas souvent son sang-froid, mais l'irritabilité de ses derniers temps fait bien vite mentir son caractère. Ah! Injustement, elle le traiterait bien de piniouf, de gland, de dindon – admirez son étrange politesse -! Mais comme tout juron il n'aura qu'un :

    _ Et en plus c'était un LEOPNARE!!!


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Images originales: Victoria Francès, concept art Diablo III -Anaon dit Anaonne[Clik]
Nain-beau, incarné par Yolanda_isabel


La façon de réagir de l'adolescente fut tout à fait imprévisible. Au lieu de lui crier dessus et de menacer de tout raconter à Sa-Grasce-leur-père — comme jadis lorsqu'Aimbaud déclenchait une guerre fratricide en jetant un coup de pied vengeur dans une maison de poupée, ou faisait pendre, par les cheveux, une poupée de rubans au dessus de la cage des chiens de chasse — Yolanda n'avait cette fois pas prononcé un mot. Son seul discours : tomber dans les pommes.

Voyant la tête blonde rejoindre les tapis, Aimbaud exécuta un geste avorté par la précipitation de la servante. Il resta un moment glacé par la bêtise qu'il venait de commettre, les mains suspendues, ne sachant que faire. Le cri nasillard d'Anaon lui rendit tous ses esprits, avec un sursaut. Il s'empara du gobelet de vin qu'on lui avait servi et, posant un genou près de sa sœur, lui approcha vivement la boisson de la bouche afin de la raviver de force. A la suivante, qui perdait son sang froid, il répondit sèchement.


Taisez-vous, bécasse, et tenez-lui la tête.

Et plaf ! Une flaque de vin sur la figure de Yolanda. Il avait tenté d'appuyer son ordre par un geste un peu vif...

Pardon ! Pardon, ma vie !... De la manche, il essuya le trop plein sur les joues. Buvez un brin, quoi, ravivez-vous ! Je suis désolé. Pardon ! Oubliez mes dires ! Ouvrez les yeux, bon Dieu !...

Et de la secouer gentiment, de tenter de lui lever la paupière, de la serrer dans ses bras.
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Yolanda_isabel

Les entend-elle se chicaner ? Non.

Yolanda est dans son monde éthéré où ne règnent que les souvenirs et les rêves. Elle est de nouveau au Louvre, à ce beau défilé où on lui a confié la garde de Ségur, et tandis que les deux reines discutent, elle, s’est assise sur les graviers d’une allée et considère en silence le gros chaton qui lui fait face, méfiant. Des minutes de silence, et l’animal s’est rapprochée enfin de la fillette pour renifler cet être incongrument rose, Yolanda n’a pas bougé, malgré son jeune âge, elle a attendu. Et les deux monarques ayant fini leurs visites des jardins, quelques heures plus tard, sont repassées devant elles, pour retrouver Yolanda tenant contre elle, un petit léopard bien trop éprouvé par le voyage et la peur. Deux orphelines se réconfortant, deux amies se trouvant.

Le souvenir devient lointain, et ses bras sont vides de sa présence, les voix se font entendre, et elle se sent mouillée soudain, toussotant pour reprendre de l’air. Les mains autour d’elles sont repoussées avec fébrilité, et elle se relève, moitié titubante, la main se pose sur la couche pour se maintenir.


-« C'était un léopard. Sortez.. »

Elle ne le répétera pas. Et dans sa tête déjà, ils ne sont plus là, ses pas la conduisent, toute habillée de sa nouvelle robe, à sa couche, les fourrures sont tirées, et elle s’y glisse, les rabattant sur elle. Un pan est attrapé et attiré jusqu’à son nez pour en humer l’odeur, en apprécier la douceur, le pouce vient de lui-même se glisser entre les lèvres, les yeux se ferment.

L’espace d’un instant, d’une souffrance, l’enfant revient et fait son deuil.

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Bienvenue à Chateau-Gontier
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