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[RP - Mars] Chambre de gauche : "Chambre avec vue"

Desiree.
[Chambre de Gauche]

Elle poussa la porte, tendit machinalement l'oreille. Précéda les deux hommes dans la salle.

Entrez.

Elle sourit, voulant paraître à l'aise, même si elle l'était de moins en moins. Jules. Jules allait la toucher. C'était...
Elle se retint de secouer la tête, désabusée. Du moment que l'homme n'exigeait aucune souffrance, ils pouvaient tout affronter ensemble. Ils étaient amis, n'est-ce pas ?

Pour garder une contenance, elle ajouta :


Prenez place à votre guise, mon sieur.

Les deux fauteuils encadrant un petit guéridon, devant la cheminée, presque au pied du lit, offraient sûrement un point de vue acceptable. Mais l'homme préférerait peut être déplacer l'un d'eux pour mieux les observer, dos à la porte, face au coté du lit à l'édredon de soie.
Ou peut être allait-il prendre place sur le lit pour les diriger ailleurs. Où ?

Refoulant les questions qui affluaient, elle prit le parti de sourire encore. Et d'attendre.

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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
--Germain.de.chavigny


Germain de Chavigny a suivi, son verre à la main. Il va au spectacle lui, et l'Armagnac a toujours ses faveurs quand il n'est pas acteur.
Il suit la blonde. Jolie chambre. Ses amis avaient raison, le Boudoir des Sens était tout à fait ce qu'il lui fallait, même si peu lui importait vraiment le décor. Il ne serait de toute façon pas le bon. Mais ne soyons pas tatillon et la chambre irait trés bien.

Il regarde Désirée et lui sourit. Il sent qu'elle doit le prendre pour un fou ou un pervers. Mais quand on est Duc, l'avis d'une catin n'existe pas, elle n'est qu'une ombre, de celle qu'on ne regarde que parce qu'on en a besoin. Elle n'a pas d'existence propre, pas d'identité et encore moins d'âme. Mais il lui sourit parce qu'elle est celle dont il a besoin cette nuit. Des années, presque une vie qu'il la recherche et elle est là, presque comme dans son souvenir.
Il regarde un peu l'homme aussi. Il est tout aussi important, même si son souvenir est moins vivace et moins troublant. Mais lui aussi il l'attend depuis ce fameux jour où... Enfin il l'attend depuis longtemps.
Il lui sourit aussi. Il imagine bien que ce qu'il leur demande n'est pas chose facile. Mais il ne sait pas si ce qui les gêne le plus est de devoir se lutiner entre collègues ou d'être regardés. Les deux peut-être.

Nouveau regard à la blonde. Depuis le début, sa coiffure le gêne. Mais il prend d'abord le temps de s'asseoir dans un des fauteuils. Il bougera si besoin mais il ne pense pas, le fauteuil lui va trés bien.


Désirée. Tes cheveux. Ca ne va pas. Peux-tu défaire ta natte et faire une sorte de chignon? Tu sais comme les paysannes quand elles travaillent aux champs et qu'elles ne portent pas de coiffe...


Et il boit une gorgée de ce délicieux Armagnac. Les choses s'annoncent bien. Et il allongera quelques écus de plus s'il le faut... Cette nuit n'a pas de prix. Il l'attend depuis si longtemps.
Jules.
Ce n'est qu'une fois dans la chambre que la réalité le frappa de plein fouet. Trop occupé à s'inquiéter de ce qu'il ressentirait à devoir coucher avec Désirée et aux conséquences éventuelles sur leur amitié naissante, il n'avait pas encore pris pleinement conscience qu'ils seraient observés. Et visiblement, de près.

L'homme, assis comme au spectacle, commençait déjà à façonner la "scène" à son idée. Les cheveux de Désirée, d'abord. Visiblement, il avait une idée très précise en tête. Et quoi ensuite... Jusqu'où irait-il dans son implication ? Difficile d'ignorer un spectateur qui parle, songea-t-il. Enfin, au moins s'était-il assuré que le dénommé Germain ne lui demanderait pas l'inacceptable. Adossé à l'un des montants du lit, il échangea un regard avec la blondine. Si elle était aussi inquiète que lui, elle le cachait bien.

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Desiree.
Elle sourit, mécaniquement.
Il allait regarder, et visiblement il allait parler tout du long. Ce qui rendrait probablement les choses encore plus difficile pour Jules.
Elle ne s'inquiétait pas trop pour elle, elle avait tellement l'habitude de tout contrôler qu'un spectateur ne la dérangeait pas réellement.
Elle hocha la tête.


Bien sur mon sieur.

Elle défit le ruban, passa ses doigts dans ses cheveux pour les lisser vaguement – point trop, puisqu'elle devait avoir l'air paysanne – et les releva grossièrement, les nouant avec son ruban mauve.

Est-ce ainsi?

Elle sourit, encore une fois. Pas vraiment nerveuse. En apparence.
Elle glissa un regard vers Jules, s'assurant que ce dernier tiendrait le coup. Elle craignait vraiment qu'être regardé ne le gêne. Ou de la toucher, peut être. Après tout, c'était peut être mal vu entre amis, non ? Cela risquait de fausser leurs prochaines discussions, leurs prochaines chastes étreintes.
Soudain, la blondine réalisa que peut être, elle n'oserait plus se tourner vers lui lors de son prochain coup au moral. Probablement, même.

Mais ils allaient gagner beaucoup d'argent pour cela, peut être autant qu'une soirée ordinaire à eux seuls. Ceci pourrait être un motif de fierté qui les rapprocheraient peut être ?
Elle allait croiser les doigts pour.
Sauf si le détraqué l'en empêchait.

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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
--Germain.de.chavigny


Il la regarde. Intensément. Pendant qu’elle défait sa natte, passe sa main dans les cheveux et les rattache. Parfaite. Oui elle était parfaite. Il fixe sur elle son regard sombre et lui sourit.

C’est très bien.

Et il boit une gorgée d’Armagnac en les regardant tous les deux.
Il repense à cette journée d’août et à cette autre blonde. Elle était différente bien sûr mais celle-ci fait trés bien l'affaire. Parfaite, vraiment.

Il se cale plus confortablement dans son fauteuil. Après tout, il n’est que spectateur. Il interviendra si ça n’est pas ce qu’il veut. Mais en attendant, il va les laisser se débrouiller, c’est leur métier après tout. Dommage pour eux.

Allez-y. Commencez.
Jules.
Tandis qu'elle se recoiffait, Jules gardait les yeux braqués sur elle et tentait d'oublier qui elle était. Peut-être pourrait-il la trouver désirable, ainsi ? Les mains délicates jouant dans les cheveux d'or pâle, la nuque gracile.. Oui, il pourrait, bien sûr qu'il pourrait...

Et puis elle glissa un regard vers lui et tout s'effondra. Elle s'inquiétait pour lui. Il s'inquiétait pour elle. Pour eux. Non, il ne réussirait pas à oublier qui elle était, qui croyait-il tromper...? La panique s'emparait lentement de lui, surtout que son entrejambe restait pour l'instant sourd à tout appel, tandis que Désirée et le client conversaient...


Allez-y. Commencez.

Merde. Déglutissant, il s'approcha d'elle. Allons, Jules, ce n'est pas le moment de flancher, songea-t-il. Désirée avait à peine commencé à lui faire assez confiance pour lui dévoiler un peu de ses faiblesses, et s'il ne savait pas se montrer rassurant... Elle perdrait tout respect pour lui, elle ne se confierait plus et la vie au Boudoir ressemblerait un peu plus à celle qu'ils menaient à la Rose.

Il s'approcha, prit une profonde inspiration et passa sa main derrière la nuque de Désirée, englobant facilement l'arrière du joli crane dans sa large paume. Si seulement il pouvait lui parler ! Mais ses yeux devraient faire tout le travail... Le pourraient-ils ? Peut-être, s'il pensait très, très fort... "Nous sommes amis. La tendresse et le sexe, c'est pas si eloigné après tout. On est amis on est amis on est amis." Il se pencha alors, fermant les yeux, et prit sa bouche doucement, goutant les lèvres d'abord avant de glisser sa langue entre elles, sa main libre lui serrant la taille pour la serrer contre lui. La sensation fut moins étrange qu'il s'y attendait. Après tout n'etait il pas habitué à embrasser des femmes qu'il ne désirait pas, et d'attendre que le désir vienne avec l'instinct..? Avec elle, ce serait pareil, décida-t-il. Et le client, eh bien il tenterait de l'oublier.

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Desiree.
[Soundtrack* - Like a Virgin]

Ça n'avait pas manqué, bien sur. Peut être que pour les regards extérieurs, pour les deux yeux inconnus rivés sur eux, cela ne se voyait pas, mais elle savait, elle, que Jules n'était pas à l'aise.
Dans la manière qu'il avait de la regarder, dans la manière dont sa main s'était glissée sur sa nuque, sous les mèches échappées du chignon, elle sentait qu'il était tendu... Et pas pour les bonnes raisons.
Elle hésita un bref instant.
Et se laissa aller au baiser, parce qu'il n'était pas un client, mais son ami, elle pouvait lui faire confiance et se laisser aller à ne pas tout contrôler. Parce qu'elle avait confiance.

Like a virgin, touched for the very first time.**
C'était certain, leur amitié allait être déflorée ce soir. C'était plus que cert...

La blondine s'aperçut qu'elle avait les bras ballants, et s'empressa de rectifier son erreur. Dextre au creux des reins, senestre glissée sur la joue, dans le cou. Là, voilà.
Diantre, même quand on s'abandonnait il fallait réfléchir !
Cette idée faillit la faire pouffer de rire. Heureusement, elle se retint au dernier moment. Sinon, comment Jules aurait-il pu le prendre ?
Abandon, Désirée, chut.
Faire taire ses pensées lui demandait un effort considérable, finalement. Rouquine avait raison, elle pensait trop. SI elle pensait moins elle pourrait ressentir plus. Mais que diantre venait faire Rouquine dans ses pensées ? Ce n'était pas assez d'avoir Jules qui la touchait, qu'il fallait y faire venir un autre ami, même en pensée ? Eurk !
Abandon, Désirée, chut !

But you made me feel
Yeah, you made me feel
Shiny and new **

Elle hésite un bref instant, puis elle se rappelle, elle se souvient combien là c'était...
Les lèvres roses abandonnent leurs jumelles, pour glisser vers le cou, effleurer la peau délicate, brève pause, oublier qui est là, mais pas trop, confiance, Désirée, abandon. Et darder la pointe de la langue, à la recherche du lobe de l'oreille. Là, juste dessous, cet endroit si savoureux, si...
Peut être faudrait-il dire quelque chose, en profiter pour chuchoter... Mais quoi ?
Si elle se tait, il finira peut être par oublier que c'est elle, n'est-ce pas, et tout se passera bien. S'il fermait les yeux, il pourrait en imaginer une autre, ça serait encore le plus simple, probablement.
Elle devrait mais... Abandon, Désirée, chut.

Elle pouvait avoir confiance. Il n'avait pas besoin d'elle pour suggérer ça. Elle pouvait avoir confiance. Il allait gérer. Ils allaient y arriver. Confiance.

__
*Bande sonore
**paroles de Like a Virgin
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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
Jules.
Le corps de Désirée, souple sous son baiser, le mit un peu en confiance. Déjà elle ne s'etait pas raidie comme il l'avait craint. Comme si son geste etait déplacé, contre nature. Soit elle ne trouvait pas cela horrible, soit elle jouait magnifiquement la comédie.

Et voilà qu'elle répondait un peu, l'enlacant à son tour. Oui, ça allait très bien se passer, songea-t-il, sentant ses muscles de détendre peu à peu. Infime sursaut de surprise quand elle quitta ses lèvres pour lui agacer la peau du cou, suivi d'un frisson. Il n'avait pas l'habitude que ce soit lui qu'on embrasse... Les yeux toujours fermés, il se retint de froncer les sourcils. Une question venait de lui traverser l'esprit. Une question qui n'aidait pas du tout à s'abandonner et se jeter dans l'action.

Qui allait mener la danse ?

Tous deux étaient habitués à la mener. Tout en se basant sur les reactions et envies du client mais là...? Là, le client, il ne pouvaient certes pas le sentir vibr... BEURK ! Ah non Jules, mon gars, si tu commences à te fourrer des images dégueulasses dans la tête, ça va pas le faire du tout !

Pour chasser l'idée perturbante, il plongea à son tour le visage dans le cou de la blondine, laissant courir sa barbe sur sa nuque, sa tempe... Elle avait la peau douce. Indéniablement douce et parfumée. Et pourtant toujours aucun signe de vie dans ses braies pourtant si rapides à se tendre d'ordinaire. Chiotte. Glissant ses mains le long des côtes de la jeune femme, il en risqua une en coupole sous un sein. Non, toujours rien... Etait-ce parce qu'il etait persuadé qu'elle n'aimerait pas ça...? Oui, sûrement, puisqu'elle n'était pas une cliente qui l'avait choisi. L'idée qu'elle se force, le subisse, lui... etait bien plus dérangeante que l'idée qu'elle en subisse un autre. En fait, il n'y avait jamais vraiment songé avant...

Ah ben ils étaient pas dans la merde, tiens.

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Desiree.
Elle tressaille. La barbe dure la pique un peu, mais ce n'est pas désagréable. Au contraire, cela s'associe merveilleusement bien avec la coupole sous son sein.
De surprise, elle échappe un gémissement, qu'elle étouffe dans le col du soldat. De surprise, vraiment ? Alors pourquoi se presse-t-elle un peu plus, et pourquoi la main mâle peut elle sentir s'ériger la cime rose sous la chemise ?
Et pourquoi s'est-elle sentie obligée d'étouffer sa surprise ?
Et d'ailleurs, pourquoi le rouge lui monte-il aux joues ?

Parce qu'elle a honte, peut être ? Honte de ressentir du plaisir avec un autre, honte de ressentir du plaisir, tout court.
C'est si étrange, si inattendu, si joliment doux, qu'elle en oublie un instant le client qui les observe, et se presse contre le corps masculin. Qu'elle glisse les doigts sous la chemise, à la recherche de plus de peau.

Et puis, et puis l'instant d'après elle réalise où elle est, et surtout, qui elle touche. Et, collée comme elle l'est, elle sent bien que son collègue à beaucoup, beaucoup plus de mal qu'elle à s'abandonner, et à désirer. Flûte !
Elle sait bien qu'elle est aux antipodes des corps qu'il aime le plus. Grande et mince, plate et frigide, quand il n'aimait rien mieux qu'une gironde cliente alanguie.
Elle se mordit la lèvre un instant. Puis mordit la peau du cou du Jules, à la place. Au moins cela serait plus agréable à voir pour leur client.

Elle tira sur la chemise du courtisan, puis, discrètement, sur les liens des braies. Elle connaissait une chose qui rendrait sa vigueur à n'importe quel impuissant, mais elle voulait que Jules réalise où elle se rendait avant le client, pour qu'il puisse l'arrêter s'il était trop mal à l'aise.
Après tout, une fois qu'elle aurait effleuré cette zone d'un baiser, leur amitié aurait pris un sérieux coup de canif.
Mais il n'avait qu'à pas commencer, aussi !

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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
Jules.
Le gémissement étouffé près de son oreille pouvait être feint. Le corps pressé contre le sien, aussi. Mais pas la sensation au creux de sa paume, de cette pointe tendue sous la chemise. La preuve que si elle le subissait, ce n'etait pas avec dégout. La preive qu'il arrivait à lui faire au moins un peu d'effet ! La réponse fut immédiate : enfin les braies se tendirent un peu alors qu'elle jouait des doigts sur sa peau nue. Pas encore tout à fait ça, Jules, mais tout n'est pas perdu...

Un grognement lui échappa lorsqu'elle lui mordit le cou, et se mit, mains cachées entre leurs deux corps, à vouloir ouvrir ses braies. Bonté divine, il ne voulait pas que le client le voit comme ça, à moitié... mou ! Déjà que Désirée s'en soit certainement rendu compte, la honte, quoi. Mais cette pensée fut remplacée sans prévenir par une autre. Elle voulait l'aider. Lui offrir une caresse rare, du moins depuis qu'il était payé pour donner du plaisir et non en recevoir. Elle, qui devait faire ça tous les soirs... Un cadeau, donc. Son membre se tendit un peu plus en conséquence, il ne lui fallait plus grand chose à présent... Une main agaçant toujours le sein menu, l'autre prit la main délicate et, détachant à peine leur corps, la posa sur la bosse encore discrète. Qu'elle sente qu'il etait presque prêt à être éposé au client. Presque. Lui relevant le menton, il plongea ses yeux noirs dans les iris gris. Un regard tendre, avec une pointe de désir encore mal assuré. Et là, il nota qu'elle avait rosi. Sous la main de Désirée, la colonne de chair prit plus d'ampleur. Plus il la troublait, plus il prenait d'assurance. Glissant sa main des reins au fessier, il l'attira à lui et prit ses lèvres, avec plus de fougue que la premiere fois.

Qui l'eut cru ? Il commencait à désirer Désirée !

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Desiree.
Oh !
Oh !
Oh !
Mais c'est qu'il se passe des choses finalement !
Il réagit ! Il... Oui, cette fois, c'est absolument définitif. Leur amitié va prendre un autre tour. Il n'y a pas vraiment d'autre possibilité, vu là où elle a sa main, là où il met la sienne, et là où le client va très certainement poser ses yeux !

La blondine sourirait presque. Comme si tout cela n'était qu'une bonne blague. Genre Waw Jules touche mon fondement !
Mais elle se retient. D'autant plus fort qu'elle sait que la chaleur qu'il éveille en elle est un peu trop hors de contrôle. (n.b : « hors de contrôle » pour Désirée, c'est un peu comme « potentiellement agréable » pour un humain normal. Mais on sait maintenant que la blondine ne sait pas lâcher prise, donc forcément, commencer à l'envisager c'est déjà le drâââme!).

Elle se reprit donc bien vite. Elle ne voulait pas que Jules soit trop exposé. Après tout il avait moins d'expérience qu'elle. Elle et sa sacro-sainte maîtrise de soi, elles avaient tout vu, déjà, ou presque.
Elle profita donc du rapprochement des corps – d'ailleurs, du coup, sa main était bien coincée contre une bosse qu'elle avait senti grandir, et impossible de bouger pour faire quoi que ce soit ! - pour susurrer à l'oreille du courtisan.


Déshabille moi.

Rien de romantique dans l'injonction chuchotée tout bas. Elle pensait simplement qu'une fois nue, elle pourrait pousser Jules vers le lit, et qu'il serait, ainsi allongé, presque caché à la vue de leur client, tandis qu'elle, de toute sa nudité, serait exposée. Elle attirerait sur elle les regards du voyeur, et pourrait peut être en protéger un peu son ami.
Elle tenta de remuer les doigts, caressant le tissu gonflé. Repoussant l'idée qu'il serait probablement plus agréable qu'il la presse ainsi contre lui s'ils étaient tous deux nus, et lui déjà niché au creux d'elle. Pas très professionnel. Du tout.
Du tout, j'ai dit. Concentration, Désirée. Garder le membre en éveil et descendre y voir de plus près si un baiser pouvait souffler sur les braises.
Une fois qu'elle serait nue et concentrerait sur elle les regards qu'elle supposait libidineux du client-voyeur.

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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
Jules.
Il avait pensé trop vite. Passive sous son baiser, elle ne semblait finalement pas si troublée que ça... D'un autre côté, c'était bien normal, pauvre blondine, avec le client qui les regardait... Sentant ses braies à nouveau dégonfler sous la main de Désirée malgré la caresse prodiguée, le soldat déglutit. Rien à faire, il avait l'impression de la forcer. La douche froide.

Déshabille moi.

Il sourit tristement et hocha la tête. Tout à son travail, la jeune fille se maitrisait à la perfection. Elle ne comprendrait sûrement pas que ca le paralysait, lui, qui même avec les clientes, ne connaissait que des femmes consentantes. Face à elle, il mesurait son manque d'expérience. Et encore une fois elle lui sauvait la mise. La voir nue l'aiderait peut-être, et lui ferait en tout cas gagner un temps précieux. Lentement, laissant ses doigts frôler sa peau, plus pour tenter de retrouver ses instincts d'homme que par espoir d'éveiller le désir de la blondine, il défit son corset, puis sa chemise, ses larges mains caressant la peau douce alors qu'il la faisait glisser de ses épaules. Son regard sombre, planté dans celui de sa collègue, semblait s'excuser de devoir ainsi l'exposer. Avec précaution il s'attaqua aux jupons, passant ses bras autour de la taille fine pour en défaire les boutons. La poitrine ferme et menue frôlait son torse, et à nouveau dans ses braies, un peu de vie revint.

Enfin les lourds jupons tombèrent en corolle à leurs pieds. Nue comme un vers, elle semblait plus jeune encore. Sans oser encore la détailler, il plaça ses mains caleuses sur les hanches un peu trop fines, mais joliment marquées tout de même. Et attendit, le souffle un peu court.

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Desiree.
[Une épaule fragile et solide à la fois, ce que j'imagine et ce que je crois]

Allo, Houston, on a un problème ! Et un problème de taille ! Enfin, de manque de taille, plutôt. Elle sent bien sous sa main, la disparition de l'espoir que leur client soit rapidement satisfait.
CA va être compliqué. CA l'est d'autant plus que Désirée, elle est habituée à être désirée. C'est la première fois qu'un homme n'a pas envie d'elle. Que le désir est absolument absent de la relation.
Oh, elle en a vu passer, des puceaux terrifiés, qu'il a fallu attendrir et rassurer.
Mais cette fois le problème est autre.

Et sous les grandes mains, si la peau réagit parfois, hors de contrôle, à l'intérieur, c'est perplexité... et un brin de panique, aussi. De raideur dans le corps.
Oh, oui, les mains de Jules sur elles pourraient être agréables. Oh, oui, il la touche avec tant de délicatesse que si elle arrivait à s'abandonner...
Mais s'abandonner à quoi, puisqu'il ne la désire pas ? Puisqu'il se force à la toucher alors qu'elle le répugne ?

Elle est tellement perturbée par l'idée qu'elle en oublie d'agir et se laisse dévêtir, comme une poupée. Elle ne touche plus son collègue, puisqu'elle le dégoûte. Ce qu'elle redoutait depuis des années est en train de se produire : la panique va avoir raison de sa raison. Toute analyse cesse. Le souffle s'accourcit, et on est à deux doigts de la crise d'angoisse en public. Au travail. Ces crises qu'elle avait eu, il y avait... longtemps. A l'époque où elle ne faisait que débuter dans le métier, où elle avait si peur des hommes que son corps se paralysait si bien qu'ils pouvaient faire d'elle ce qu'ils voulaient. Où elle était comme... tétanisée.

Mais non. Elle était adulte, maintenant, elle n'allait pas se laisser dominer par son corps. Ni par la panique.

Les mains sur ses hanches la firent sursauter. Juste assez pour qu'elle se ressaisisse et passe ses bras au cou de l'ancien soldat.
Son instinct savait très bien ce qu'il fallait faire. Simplement ce qu'elle s'appliquait si bien à éviter, à chaque instant.
Il fallait qu'il la voie, qu'elle abandonne toute ses armes, toute sa carapace. Qu'elle laisse son orgueil factice derrière elle, et qu'elle se laisse toucher.
Qu'il la voie.

Elle chercha son regard. Y plongea le sien, essayant de lui ouvrir le plus grand possible ces fenêtres sur son âme. Qu'il comprenne qu'elle était aussi dépassée que lui, qu'elle avait peur de ce qu'elle était en train de faire, mais que pour lui, parce qu'ils étaient amis, elle allait abandonner toute prétention à la maîtrise. Qu'il mène la danse, elle laisserait son corps prendre le contrôle sur sa tête.
Pour sauver leur amitié.


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Je te donne, JJ.Goldman et M.Jones
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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
--Germain.de.chavigny


Germain regarde, il ne perd pas une miette du spectacle qui s'offre à lui. Depuis quelques minutes, il les laisse se débrouiller, ce sont des professionnels après tout.
Il a hésité pourtant. Hésité à intervenir, à dire qu'il ne voulait pas que la fille soit complètement nue, surtout qu'elle est bien moins gironde que dans son souvenir la blondine. Les maigrichonnes, c'est tout de même moins émoustillant. Enfin, il en faut pour tous les goûts et au moins elle semble mettre du coeur à l'ouvrage.

Il n'est pas intervenu parce qu'un fond de compréhension pour le couple l'en a empêché. Surtout pour l'homme en face. Germain n'est ni particulièrement gentil, ni particulièrement généreux mais il a suffisamment d'expérience dans les choses du désir pour savoir que ce qui leur demande là est un exercice périlleux. Encore, la fille, Désirée, pouvait-elle simuler - ce qu'il ne souhaitait pas et il lui ferait savoir si ses soupirs ne lui semblaient pas assez convaincants - mais le barbu... Oui un fond de solidarité masculine faisait qu'il pouvait imaginer que ça n'avait rien de simple. Alors pour l'instant, ils les laissaient faire à leur guise. Qu'ils s'affolent un peu, que leurs corps se veuillent et quand tout sera bien en place, là, il jouera au grand maitre, et ils n'auront pas intérêt à le décevoir.

Il en avait été contrarié un instant, tout à son envie de revoir devant lui le charmant et troublant tableau de sa prime jeunesse mais finalement, à bien y réfléchir, il pouvait bien patienter encore un peu et se contenter de regarder ce que les deux avaient à leur offrir.

Voyeur? Assurément! Pervers? Si peu!
Jules.
Loin, bien loin de comprendre ce qui se passe dans la tête de Désirée, le soldat l'avait déshabillée en prenant sa passivité pour un manque clair de désir. S'il avait su. C'est délicieusement ironique, quand on y songe, que lui bloque parce qu'il ne veut pas la forcer, et qu'elle bloque parce qu'elle croit le dégoûter. Cette valse hésitation eut pu durer longtemps encore, jusqu'à ce que le client s'impatiente et les bouscule encore plus, jusqu'à la dégringolade totale.

Mais la jeune blonde eut un regard salvateur. Un regard ou la peur démentait la passivité. Un regard de détresse. Devinette à cent sous : qu'est-ce qui peut, mieux que tout, faire fondre la caricature du mâle moyen-âgeux, lui donner confiance en sa virilité, lui faire déplacer les montagnes ? Eh oui, une belle en détresse. Dans l'esprit manichéen du courtisan aux valeurs de chevalier, il fallait la sauver. La protéger, la rassurer. Toussa toussa.

Les mains sur les hanches de Désirée se rafermirent, et il colla son bassin au sien, murmurant "ne crains rien" dans son oreille. D'un coup l'épée défectueuse avait retrouvé force et vigueur. Il était redevenu le grand, le fort, le protecteur de la veuve et de l'orphelin. Fierté gonflée à bloc, assurance au max. Il en faut si peu pour masser l'ego d'un soldat de base, que voulez vous.

La soulevant dans ses bras, il la déposa sur le lit et retira sa chemise d'abord, ses braies ensuite. L'épée tirée au clair, le regard noir plein d'assurance, il la rejoint s'allongeant à ses côtés. Que le client fasse ce qu'il voulait, qu'il les critique, les dirige, tente de les humilier, il ne pourrait plus l'atteindre. Pas si la blondine qui s'était, il y a peu, refugiée dans ses bras et lui avait donné un peu de sa confiance, avait besoin de lui. A eux deux, ils pouvaient tout réussir.

Ah, c'est beau l'arrogance. Reste à voir si Jules ne surestime pas ses capacités...

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