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[RP] Le test de la Féline...

Eikorc
L’huis gonflé par l’humidité ambiante due à l’orage se met à grincer alors que la masse de muscle le pousse sur le côté… L’ouverture débouche sur la petite cour ou la pluie ne tombe plus que par saccade, pas assez pour empêché le test qui se prépare… Le de Nerra s’avance, se dirigeant rapidement vers l’une des étagères ancrées sur les murs lesquels siègent des armes de tout genre…

Hache, bâton, dague, épées, masse… Toutes les armes pour tout les genre de combattant… Sa main droite se pose sur la garde d’une hache à deux lames, biface comme on dit, et le sourire se fait plus large… L’argent à coulé à flot pour pouvoir fournir ce genre d’armes et surtout celles-ci… L’azur brille quelques instants alors que le colosse fixe son reflet dans la lame, l’œil pétille alors que les souvenirs affluent…

Personne ne connaît son passé, ou si peu… Du moins, personne de vivant. Depuis qu’il sait marcher on l’a initié aux plaisirs de la guerre, on l’a façonné pour qu’il devienne ce qu’il est… Une montagne de muscles maîtrisant la plupart des armes. Mais il garde un sentiment presque nostalgique pour les haches, les premières armes qu’il a apprit à manier…

La tête se secoue pour chasser les images qui défilent avec les éclairs devant ses yeux, lui arrachant un grognement sourd face à sa nuque douloureuse.. Et lentement il regarde par-dessus son épaule pour fixer la féline. Combien de temps qu’il regardait cette lame sans un mot ? Pas plus de quelques secondes sans doute, mais il n’en sait foutrement rien… Légère grimace qui se veut sourire avant qu’il ne se retourne complètement…

« Ici, on teste la façon de combattre… L’endurance, la rapidité, la force…
Quelles armes tu sais utiliser… Quelles sont celles qui t’intéressent… Quelles sont tes préférées…
On va éviter d’prendre des lames pour l’instant, ça s’rait dommage que j’abîme ton joli minois, mais faut que j’teste ce que tu vaux… Même si j’ai une p’tite idée…
Choisis ton arme et rejoins-moi…»


Clin d’œil claqué à la Miaou alors qu’une épée en bois est saisie par le colosse, levant son autre main vers le tas d’armes factices entassées sous chaque étagère… A elle de choisir son arme. Peu importe laquelle… Le colosse pivote sur lui-même, faisant crisser ses bottes sur le sol pavé alors qu’il s’avance dans le sable humide qui craque sous son poids.

La lame en bois siffle dans les airs alors qu’il fait tourner son poignet pour l’assouplir, la faisant décrire ainsi des larges cercles à toute vitesse… Passant l’arme d’une main à l’autre en tournant le dos à la postulante, se préparant au combat-test qui ne devrait pas tarder à se lancer…

Et lentement il se retourne vers elle, cessant les rotations mains continuant de lancer son ‘arme’ d’une main à l’autre… Droitier, gaucher ? Gaucher, droitier ? Ambidextre… Peu l’habitude de se faire attaquer par des gauchers, il en est pourtant capable, l’entraînement permet beaucoup de choses… Même si ses coups sont beaucoup plus puissant avec sa main droite…

Sourire qui se fait plus provocateur alors que l’azur se met à étinceler… Il reste des plaisirs dans cette carcasse diabolique et sans âme… La chair et le combat. Même s’il ne risque pas sa vie, il inspire profondément pour se laisser envahir par les effluves qui s’élèvent de cette cour humide, laissant l’eau s’infiltrer dans la moindre interstice de sa peau… Il est prêt. Et le sourcil se hausse, invitant la féline à le rejoindre alors que sa voix claque à travers les gouttes d’eau…


« Alors ? »
Felina
Comme il l'a finalement fait entrer dans la forteresse, elle l'a suivit sans dire un seul mot dans le long corridor, légèrement crispée mais essayant de n'en rien montrer. Enfin, une porte qui s'ouvre sur une cour pavée, le lieu du « test » comme il lui a dit. Felina n'a rien à prouver, et n'est pas particulièrement ravie de devoir lui montrer ce qu'elle sait faire, préférant de loin surprendre, mais elle sait qu'elle n'a pas le choix. Intégrer une troupe suppose d'en passer par là et d'accepter les règles du jeu, si tant est que l'on puisse nommer cela un jeu. En effet pour cette dernière, il ne s'agit absolument pas de jouer, mais bien de donner si possible un nouveau sens à sa vie.

Elle avance de quelques pas dans la courette, et lève un instant le visage vers le ciel, quelques mèches humides de ses longs cheveux bruns collées contre celui ci. La pluie est en train de cesser, mais le ciel est si noir que l'on se croirait en pleine nuit, rendant le lieu encore plus sinistre et froid. Puis elle s'arrête lorsque le colosse se dirige vers les nombreuses armes entreposées dans un coin de la petite cour, et reste immobile, toujours silencieuse. Elle l'observe alors qu'elle ne voit plus de lui que son large dos, en profitant pour le détailler de la tête aux pieds. Cet homme lui fait forte impression, il lui serait bien inutile de le nier. Elle se souvient de sa première rencontre avec lui dans la cour de Varennes, alors même qu'il n'avait plus rien d'humain, monstre dévastateur déversant sa haine et criant vengeance après la perte de son Ange, comme il le lui avait expliqué plus tard. Ce jour là elle avait pu juger de sa puissance, de sa force et de son pouvoir de destruction, un instant elle s'était vue mourir sous ses coups, et elle savait pertinemment que si un jour le seigneur de Vautorte décidait de la tuer, elle ne pourrait rien faire pour sauver sa peau.

Le temps semble suspendre son vol et de longues minutes s'égrainent pendant lesquelles le colosse semble perdu dans ses pensées, et loin d'elle en cet instant. Un grognement s'échappe de lui et il se retourne lentement vers elle. Les deux billes noires ébènes de la Féline se fichent un instant dans les azurs alors qu'elle l'écoute lui présenter ce qu'elle va devoir faire, même si elle l'avait déjà deviné. Comment tester une future recrue d'une autre manière que par les armes ?

Enfin il lui fait totalement face, une épée factice en main et se dirige vers le centre de la cour d'armes… Épée en bois certes, mais même une arme si désuète dans les mains du colosse peut faire mal et la Rastignac le sait. Elle hoche la tête pour toute réponse à son clin d'oeil et se dirige à son tour vers les armes comme il lui propose de choisir la sienne. Deux étincelles allument son regard quand ce dernier se pose sur les nombreuses dagues qui jonchent les étagère. « Dagueuse » émérite, comme on l'a surnommée il y a des années déjà, elle a appris à les lancer avec un saltimbanque devenu ensuite son meilleur ami, ami qu'elle a d'ailleurs perdu, comme tous ceux avec qui elle s'est lié … Malédiction de la Féline … qui l'approche est sûr de mourir bientôt. Puis son frère lui a enseigner comment s'en servir dans un combat au corps à corps. A son ceinturon, trois lames qui ne la quittent jamais, chacune avec un histoire qui lui est propre, et parfois son épée, cadeau d'un ami forgeron mais dont elle ne sait absolument pas se servir. Son porte bonheur, et un faire valoir dans ce monde de mercenaire, ou qui ne porte pas d'épée ne peut imposer le respect. Mais aujourd'hui elle ne porte que ses dagues.

Laissant glisser un court instant ses doigts sur celles qui se présentent devant elle, son regard glisse doucement vers les armes en bois. Elle ignore immédiatement les épées, elle n'a aucune chance avec cette arme là contre le colosse. Sourire en coin lorsqu'enfin elle se décide, et son choix se porte sur un long bâton dont elle se saisit de la main droite avant de faire face à son adversaire au moment même où il l'interroge d'un alors qui montre son impatience d'en découdre avec elle. De la gauche elle déboucle son ceinturon, le déposant au sol, et se présentant à lui sans aucune autre arme que celle nécessaire à cet "entrainement", sourire aux lèvres, et lui claquant à son tour un clin d'œil.

Bottes de la Féline qui claquent avec légèreté sur le pavé, avant de fouler le sable, alors que l'emprise de ses doigts sur le simple bâton s'accentue. Regard soudé au sien tant qu'elle le peut encore, elle sait le pouvoir de ce dernier sur elle et devra s'en méfier comme de la peste. Le schéma est assez simple, elle va se battre contre un homme qui la domine d'un bon demi mètre et dont la force est sans commune mesure avec la sienne. David contre Goliath certes, mais elle a appris de toutes ses années de combats à se servir de son infériorité pour la faire devenir un avantage. Pourra t-elle lui montrer, là est toute la question.

Le bâton tournoie légèrement dans l'air et la Féline vient se placer face à lui.


A nous deux le Colosse ….

Eikorc
Le sourire reste ancré au coin des lèvres de la masse de muscles le temps que son adversaire désignée ne choisisse son arme… Et son regard de glisser sur les courbes de la jeune femme, observant avec attention le moindre mouvement, essayant de comprendre ou d’envisager la façon qu’elle aura de se battre… Beaucoup plus petite que lui, beaucoup plus fine, aussi. Un sourcil se hausse alors qu’elle se retourne dans sa direction avec un bâton… Pourquoi pas après tout…

La pluie cesse de tomber et de ruisseler sur le corps du colosse alors que la Féline s’engage dans l’arène.. Les bottes crissent sur le sable comme les siennes peu avant, arrachant un sourire amusé à la montagne de muscles complètement trempé… Lame factice qui stoppe ses tournoiements alors qu’il fixe son adversaire et la postulante du jour… Ses doigts se refermant fermement sur la garde de son arme…

Longue inspiration du colosse qui cherche à se mettre en condition… Pour tester ses futurs compagnons d’armes, il ne faut pas qu’il hésite à donner le meilleur de lui-même, pour savoir s’ils ont le niveau adéquat pour subir les véritables combats qui s’en suivront… Les paupières se ferment sur les azurs alors que le de Nerra relâche son esprit, laissant sa folie et sa haine s’emparer de la moindre de ses pensées… Rage toujours plus destructrice malgré le temps qui passe, beaucoup plus puissante que lors de son dernier combat ‘d’entraînement’ en Gascogne…

Lentement il rouvre les paupières pour dévoiler le métal flamboyant de son regard, le sourire en coin devenant plus carnassier, plus dur. Muscles qui se contractent faisant redresser la lame glissée dans sa dextre… Sa tête se penche sur le côté alors qu’il part sur la gauche, tournant autour de son adversaire, sans relâcher son attention. C’est le meilleur moment, l’attente dans un combat. Ce moment où la tension des muscles se fait plus forte… Les sensations sont décuplés par la colère du colosse qui fixe la féline du coin de l’œil…

Elle connait déjà sa puissance, son regard… Là-bas, à Varennes, elle en a eut un aperçu. Elle le lui a dit lorsqu’ils se sont retrouvés, lorsqu’ils se sont expliqués. Ils se connaissent, elle le comprend, il lui a expliqué que certaines choses ne changeraient pas… L’une des seules personnes avec qui il a partagé ses pensées et a montré sa diabolique personne…

Un bâton contre une épée… Un femme contre un homme... Une féline contre un homme. Le combat semble déjà plié. Sur le papier… Il faut toujours se méfier d’un adversaire, les plus inoffensif peuvent souvent se révéler les plus dangereux… Chacun son domaine. La force brute, la finesse, la tactique… Chaque mercenaire son rôle…

Les bottes crissent dans le sable alors que la montagne avance toujours, reprenant le mouvement sec de poignet, sa lame sifflant bruyamment dans les airs… Le regard dur se pose une fraction de seconde sur le visage de son adversaire, l’air de dire ‘Prête ma belle ?’et dans la seconde qui suit, le sable s’enfonce et s’envole dans un nuage de poussière au moment même où le Seigneur de Vautorte s’envole…

La distance qui les sépare est traversé a une vitesse ahurissante pour le colosse qui pousse un grognement en même temps qu’il prend une impulsion pour sauter… Son bras droit s’arme, la lame factice levée très haut et très loin derrière lui… Le muscle se contracte puissamment alors qu’il retombe vers elle, la lame siffle dans l’air, direction le morceau de bois qui sert de bâton à la féline…

BAM !!

Le choc est rude, la puissance du coup résonne jusque dans les muscles du Seigneur de Vautorte… Sa lame se tord, se plie, mais ne rompt pas. Quelques éclis de bois s’envolent alors qu’il se réceptionne lourdement à quelques pas dans le dos de la féline… Sa lame vient se poser sur le sol avant qu’il ne se redresse et fasse rouler les muscles de son épaule avant de tourner très lentement son regard vers la postulante, encore debout… ?
Felina
Nous y sommes, il n'est plus temps de tergiverser ni d'hésiter, place à l'action. Le colosse veut savoir ce qu'elle a dans le sang, et bien soit, elle n'a pas l'intention de le décevoir. Certes elle n'a que peu de chance de sortir victorieuse de ce combat, mais elle se battra avec toute sa hargne, toute son âme et ne retiendra pas ses coups sous prétexte qu'il ne s'agit que d'un entraînement. Il va voir ce qu'il va voir.

Les deux mains serrées sur le bâton qu'elle tient face à elle, de façon légèrement oblique, une jambe fléchie en arrière, la Féline assiste à la transformation de son adversaire. Devant lui se tient celui qu'elle a entraperçu dans la cour de Varennes, son regard a changé, les azurs se sont durcies, un éclat métallique ayant pris naissance dans ses prunelles. Elle sait qu'il se laisse à cet instant envahir par cette haine qui fait de lui ce monstre assoiffé de sang et de vengeance, presque inhumain. Elle peine à réprimer un frisson, mais ne fait pas un geste vers lui, le laissant porter le premier assaut, sa seule manière de juger réellement de sa puissance. Elle se souvient comme il n'a eu aucune peine à soulever Ilmarin dans les airs et à la projeter sur elle, aussi s'attend elle à la violence du choc qui va suivre.

Pourtant, sa rapidité lorsqu'il prend son envol, épée levée vers elle, prêt à frapper, la prend de court. A peine a-t-elle le temps de lever son bâton pour parer le coup qu'il vient percuter son arme factice, arrachant quelques copeaux de bois tant à sa propre épée qu'au large bâton de la mercenaire. Sous la violence de l'impact, Félina recule et ses jambes ploient jusqu'à ce qu'elle finisse par poser un genou à terre, réussissant on ne sait pas quel miracle à ne pas tomber en arrière, ni à lâcher son bâton ce qui aurait à coup sûr signé sa défaite dès les premières secondes du combat. Elle laisse échapper un grognement sourd qui traduit la force qu'elle a dut mettre pour résister. Fierté qui en prend un coup, comme à chaque fois qu'elle doit plier devant un adversaire, et celui là n'échappera pas à la règle.

Elle le savait nettement plus fort qu'elle, elle n'est donc pas déçue. Mais désormais elle prend conscience qu'il va lui falloir ruser pour parvenir à lui porter ne serait ce qu'un coup, car non content d'être puissant, voilà qu'il est également rapide, sa taille colossale ne semblant pas lui causer un quelconque handicap. La Rastignac se retrouve donc accroupie, dos au colosse, une main au sol et l'autre serrée sur son arme. Elle porte un fugace regard en arrière, juste le temps de voir qu'il s'est déjà redressé le bougre. Il lui faut réagir vite, prendre l'initiative pour ne pas lui laisser la chance de lui porter immédiatement un deuxième coup alors qu'elle se trouve en position de faiblesse. Il est proche d'elle, juste assez proche, trop proche … à bien moins de deux mètres, normalement ce qu'elle veut tenter devrait réussir.

Tout son corps se tend alors qu'elle plante le bâton devant elle, l'enfonçant le plus possible dans le sable humide, l'utilisant ensuite pour prendre appui sur lui et dérouler son corps, telle une liane, se plaçant à l'horizontal et projetant ses jambes en arrière pour balancer ses deux pieds groupés vers le colosse. Un bruit sourd accompagne son geste quand les semelles de ses bottes viennent heurter le large torse du seigneur de Vautorte et qu'un sourire vient se dessiner sur le visage de la sauvageonne en constatant qu'elle a atteint son but. Certes le coup qu'elle vient de lui porter ne le fera peut être pas reculer, ni même ne lui fera le moindre mal, mais du moins espère t-elle qu'il le prendra de cours, et lui laissera le temps de se retourner.

Rapidement, sans lui laisser le temps de réagir elle envoie l'une de ses jambes vers le visage du colosse et vient le frapper avec force à la mâchoire de son pied gauche, puis elle retombe avec légèreté sur le sol, en ressortant le bâton fiché devant elle, et de nouveau lui fait face, reculant de quelques pas. Enfin elle fonce tête baissée vers lui et vient planter son bâton dans l'une de ses bottes, lui écrasant le pied avec toute la hargne dont elle est pourvue en cet instant, cette envie de lui faire mordre la poussière prenant le pas sur celle de lui prouver sa valeur. En quelques bonds elle se recule ensuite, faisant voleter autour d'elle de nombreux grains de sables, prête à affronter la riposte, arme face à elle, bien campée sur ses appuis pour ne plus se laisser désarçonner.
Eikorc
Quelques secondes… Quelques secondes seulement il aperçoit la silhouette de son adversaire avec le genou posé au sol… L’azur étincelle d’amusement alors que le sourire carnassier vient se glisser au coin de ses lèvres. Lame glissée dans le sable, il sait que son coup est rude, il pense avoir le temps de se replacer… Erreur. Le Diable pêche par excès d’orgueil, certes plus grand, plus fort que sa postulante, pour le coup il est beaucoup moins malin…
Colosse qui fini de tourner sur lui-même, elle est loin, elle est sonnée. Alors qu’il abaisse son regard sur la pointe de sa lame, contractant le poignet pour redresser son arme dont le fil en bois est plus qu’amoché… Au moins, l’arme n’est pas brisée…

Tissus qui se froisse face à lui, le visage se redresse le plus vite possible, se posant sur l’arme plantée dans le sol alors que les sourcils se haussent en sentant un choc violent en plein dans son torse… L’air s’échappe de ses poumons dans un grognement sourd… Douleur vive qui traverse son poitrail alors que l’amusement tinte dans son esprit comme si une petite voix lui lançait un ‘touché abruti !’. Le corps bascule légèrement en arrière, le coup est puissant mais pas assez pour le faire s’écrouler, et pourtant la jambe gauche se glisse en arrière pour soutenir son poids… Il se plie légèrement en contractant les muscles puissant de son thorax, cherchant à calmer la douleur de ses poumons vidés…

Longue inspiration qui se fait alors qu’il cherche du regard la donzelle aussi vive et agile qu’il le croyait… A son tour de jouer… Du moins c’est ce qu’il s’imagine dans la seconde qui suit, le sourire au coin des lèvres. Juste avant de sentir un choc violent venir le cueillir en pleine mâchoire… Semelle d’une botte qui racle le long de l’os glissant sur le visage du Diable qui cherche à suivre le mouvement pour atténuer la force… Et pourtant il ne peut empêcher ses lèvres de se fendre sous la force du coup… Gerbe vermeille qui s’envole avec sa salive alors qu’un grondement d’ours s’échappe de sa gorge…

Montagne de muscles qui vacille sur le côté, esquissant un pas pour se tenir en approchant sa main gauche de ses lèvres… Les éclairs dansent violemment devant ses pupilles alors que la douleur lui rappelle à quel point son corps n’est pas encore vidée de toutes substances… Rage qui se décuple autant que l’amusement… Oui. Laisser libre court à cette folie qui fait désormais partie intégrante de soi, ne surtout pas réprimer le fait que la douleur ne le bloque plus comme avant… Avant, quand il voulait encore protéger sa gigantesque carcasse…

A nouveau un choc aussi rude que le précédent, il sent plus qu’il ne voit le bâton venir heurter le cuir de sa botte pour heurter violemment les os de son pied… L’azur étincelle et le nez se plisse quelques instants… Mais au lieu d’un grognement ou un cri de douleur qui aurait pu s’échapper de ses lèvres, c’est un rire qui s’élève dans les airs… Rire désincarné, effroyablement diabolique et sans vie, sans âme… Crachat pourpre qui vient s’écraser sur le sable blanc alors qu’il tourne lentement son regard vers la féline et il lui adresse un sourire, étirant ses lèvres fendues sans sourciller alors que le sang coule sur son menton pour venir goutter lentement sur le sable.
El Diablo n’esquisse pas le moindre geste, plantant son regard dans celui de son adversaire, laissant défiler les secondes en regardant le sable retomber lentement, avant de laisser sa voix puissante s’élever dans les airs…


« Tu t’défends bien… T’utilises tout ton corps et pas que ton arme… C’est bien… Autre chose à me montrer où on a fait le tour ? »

Quelques mots lâchés l’air de rien… Comme s’il avait décidé de stopper là ce combat. L’azur pétille une seconde avant qu’il ne se jette en avant, sa main à peine cicatrisée se refermant sur le bâton qui lui fait face tandis que le bras s’écarte sur le côté, essayant d’arracher l’arme de son adversaire tout en l'attirant à lui pendant que de son autre bras il laisse sa lame s’abattre à pleine vitesse vers le crâne de la féline… Grognement bestial qui s’échappe du colosse alors que le mouvement se poursuit, comme une sentence hurlée à son adversaire alors que l’épée siffle d’en l’air pour venir s’abattre en plein milieu du front de Félina.

Du moins, c’est ce qui aurait dû se produire, car le colosse contracte tout les muscles de son corps pour stopper son mouvement, arrêtant sa lame à quelques millimètres seulement de la chair de son adversaire, lâchant dans un sourire un
"t’es morte !"
Felina
Une étincelle s'allume dans les iris sombres de la sauvageonne quand elle constate qu'un mince filet carmin s'échappe de la lèvre inférieure du colosse, mais aussitôt son regard se glace et son propre sang se fige dans ses veines alors que le rire presque inhumain du De Nerra retentit dans la courette, résonnant contre les hautes murailles de la sinistre forteresse.

Jamais elle n'a vu la folie personnifiée, même l'assassin de son frère, ce Blayac de malheur lui semble soudain un véritable agneau comparé au démon qui lui fait face. Presque tétanisée par la réaction d'Eikorc, et comme il lui parle, la Féline commet alors sa deuxième erreur et baisse légèrement sa garde. A peine a-t-elle entendu et réalisé le sens de sa question qui sonne comme la fin annoncée du combat, que déjà il est sur elle, sans qu'elle ait eu le temps de le voir bondir vers elle. Vaine tentative de résistance quand sa main gauche vient tenter de lui arracher son bâton auquel elle s'accroche comme elle peut, de la force de ses deux bras. Mais le gauche, toujours fragilisé depuis l'épisode de Varennes, cède sous la puissance du colosse. Elle ne peut plus retenir son arme qui se fait arrachée sans aucun mal par son adversaire, et vient finir sa course dans le sable, alors que ce dernier l'attire contre elle. Le corps à corps qu'elle redoutait tant … si près de lui et désarmée elle n'a plus aucune chance et elle le sait. Pourtant elle croit encore qu'elle va pouvoir se défendre, réagir, le mordre, le griffer peut être pour se dégager de son étreinte et remettre cette distance entre eux qui seule lui permettra de reprendre le combat.

Alors qu'elle songe à riposter, le regard soudé au sien, la Rastignac ne voit pas le bras droit du géant s'élever et venir s'abattre vers elle, mais lorsqu'un grognement animal s'échappe de sa gorge, elle comprend qu'elle est perdue et l'espace d'une seconde, est persuadée qu'il va la tuer, là dans cette sombre cour, lui fracassant le crâne avec cette seule épée en bois. Elle ferme alors les yeux par réflexe, tout son corps se crispant contre le sien et elle pousse un cri de rage et de frayeur mêlées, ne pouvant plus empêcher l'inévitable de se produire.

Mais rien, absolument rien … aucun choc ne se produit, et lorsqu'elle réouvre les yeux, apercevant la lame de bois à quelques millimètres de son front c'est un colosse tout sourire qui la regarde, et sonne définitivement le glas du combat par ses mots.

Les poings serrés, le corps tremblant et contenant avec grande difficulté toute sa fureur, une animosité nouvelle brillant au fond de ses prunelles, la Féline le fusille littéralement du regard, vexée, blessée dans son amour propre. Ainsi donc il ne lui aura pas fallu plus d'une minute pour rendre les armes face au colosse, et si elle savait le combat perdu d'avance, elle aurait souhaité tenir et résister plus longuement. Et ce sourire … se moque t-il d'elle ? Comment ose-t-il ? Si elle en avait eu le cran elle l'aurait giflé, mais elle n'en fait rien.

D'un geste rageur elle se détache de lui et recule d'un pas, sans détourner son regard du sien. Les mâchoires serrées, presqu'à s'en faire mal, elle frissonne et retient sans savoir comment elle y parvient les mots acerbes qui ne demandent qu'à franchir la barrière de ses lèvres pincées.

Elle n'a jamais supporté de perdre, ni d'admettre sa faiblesse, et voilà que devant celui à qui elle devait prouver sa valeur, elle doit abdiquer, et montrer qu'elle est incapable de s'opposer à lui. Elle en pleurerait presque de dépit et elle utilise toute la force de sa volonté pour empêcher les perles salées qui prennent naissance au coin de ses yeux de s'écouler sur ses joues.

Incapable … Tu n'as pas su empêcher ton frère de mourir devant toi … Que croyais tu donc, que tu ferais le poids face à cet homme ? Sotte ! Tu n'es qu'une faible femme et tu prétends vouloir te battre avec eux ...

De longues secondes s'écoulent avant que la colère, plus tournée contre elle même que contre son adversaire, ne se distille dans son corps et finisse par s'estomper peu à peu. Puis, lentement, tel un automate, elle fait quelques pas en direction de son bâton, s'accroupit pour le ramasser, puis gardant un genou au sol, comme pour montrer qu'elle accepte sa défaite, elle lève le visage vers lui et plonge son regard dans les deux azurs. Elle ne sait s'il consentira à la prendre à ses côtés après son échec cuisant, mais ravalant sa fierté légendaire et d'une voix calme, ne trahissant aucune des émotions qui viennent de l'ébranler jusqu'aux tréfonds de son âme, elle murmure :


Apprends moi ...
Eikorc
Un cri de frayeur et de rage s’est élevé alors que la lame approchait du but… Le sifflement de la lame qui fuse dans l’air en aurait tétanisé plus d’un et la féline fait parti du lot. Comment stopper cette frayeur qui est toute humaine ? Comment bloquer ce corps qui se crispe alors que la peur du choc et de la mort s’empare de lui… Il a connu ça le colosse. Il y a très longtemps, de nombreuses années certes, mais il a connu cette frayeur qui peut aussi bien tétanisé qu’éveiller des réflexes incroyables…

C’est ce que son père adoptif s’était évertué à lui apprendre, à maîtriser cette peur de la mort, à maîtriser son esprit pour pouvoir contrôler son corps… Lui l’impétueux enfant n’avait pas réussi à obéir, à se plier à la discipline stricte du vieillard qui l’avait recueilli, préférant user de la vitesse et de la force que lui donnait son corps à la vivacité d’esprit que voulait lui inculquer son maître d’arme… Et pourtant il avait fini par se plier à cet enseignement, pour passer à autre chose, pour évoluer dans ce domaine qui l’attirait et dans lequel il restait bloqué… Des mois, des années peut-être avant de retenir cette façon de combattre aussi militaire que dangereuse…

Désormais il est une alliance des deux… Mercenaire aguerris, maître dans la plupart des armes, il allie force brute, puissance musculaire et esprit aiguisé… Malgré sa folie, il continue d’analyser… Un simple changement opéré dans sa façon de se battre : chercher les points sensibles au lieu de chercher à mettre hors d’état de nuire sans blesser.

Un sourire qu’il ne peut retenir devant ce visage respirant la peur, devant ce petit corps presque tremblant plaqué contre le sien… Amusé par cette frêle mercenaire qui joue les durs et qui finalement n’est encore qu’une simple jeune femme qui a encore beaucoup à apprendre…
Attente… Oui la montagne de muscle attend.
Elle attend que la féline réagisse, morde, griffe, frappe, claque… Mais non, elle ne fait rien. Au contraire, elle serre les dents, les poings, fronce les sourcils en l’assassinant du regard… Il soutient les onyx devenu vague de fureur de ses azurs froids, essayant de la provoquer plus encore.

Mais rien. Nada, niente, que dalle. La féline ploie devant la montagne, battant en retraite sans lâcher le moindre mot, comme si elle allait tout simplement abandonner à l’entrée du domaine alors que le test est réussi… Elle l’a frappé, elle l’a touché, elle a fait couler son sang… Et pourtant ça ne semble pas lui suffire… Les sourcils du de Nerra se soulève lentement alors qu’elle se dirige vers son bâton qui s’est envolé un peu plus loin…

Le sourire vient se glisser au coin des lèvres alors qu’une supplique muette vient pulser dans l’esprit du diable… Bien ma belle, attrape cette arme… Reprend le combat… N’abandonne pas… Oui, viens…
Mais non. Elle ne semble pas décidée à combattre à nouveau, comme si par son dernier assaut il avait détruit les dernières résistances de la brune… Bâton ramassé, elle garde pourtant le genou au sol, le faisant froncer les sourcils… C’est quoi ce délire encore ?
Eikorc soutient le regard qui vient trouver le sien, lueur interrogatrice brûlant dans le fin fond de ses prunelles métalliques… Attendant encore quelques secondes avant de hausser un sourcil de surprises par la voix qui s’élève dans le silence presque devenu pesant de la forteresse…

Apprends moi ...

Mots qui résonnent dans l’esprit de la montagne de muscle, il continue de fixer cette jeune femme qu’il connaît plus qu’elle ne le voudrait… Cette fierté qui la fait crever la faim plutôt que de lui demander de l’aide… Cette fierté qui la fait jouer les durs et ne pas montrer ses faiblesse… Cette fierté… Ravalée. Ravalée pour lui demander de lui enseigner l’art de combattre, pour lui apprendre la façon de vaincre… Oh oui il connaît les réponses. Et elle a choisi la voie qu’il voulait, elle pourrait devenir plus qu’une simple apprentie, même si elle a encore à apprendre…

Le sourire se glisse au coin des lèvres, presque fier de ne pas la voir abandonner devant sa défaite et s’approche lentement de la féline, jetant son épée en bois dans le sable sans quitter les onyx qui le fixe… Sa senestre venant se glisser dans une bourse qui pend à sa ceinture, ses doigts s’immisçant dans le fin tissu pour fouiller et tâter ce qu’ils rencontrent… Jusqu’à ce que le bout de son index touche l’un des bouts de métal qui désigne cette compagnie. Il parcourt les formes, caresse les courbes, suivant les contours de ce serpent qui s’enroule sur lui-même, avec une dague… Et lentement il l’arrache de la bourse au moment même où sa main droite se pose sur l’épaule de son apprentie…
La voix s’élève, basse et grave, résonnant dans la cours vide tandis qu’il dévoile la bague aux yeux de la féline…


« Bienvenue à la Zoko ma belle…
Je vais faire en sorte de t’apprendre ce qu’il te reste à apprendre… De te former à ne jamais plier, à ne jamais céder… A toucher là où il faut pour faire mal…
L’apprentissage sera rude, mais tu en sortiras que plus forte…
Porte cette bague comme symbole de ton appartenance à cette Compagnie Franche, à partir de maintenant, tu fais partie des notre.
Suis-moi ma féline, car maintenant tu es Mon Apprentie et tu as le droit d’entrer réellement en enfer… »


Hochement de tête dans sa direction, le ton est peut-être plus solennel qu’il ne devrait, les mots peut-être plus fort encore… Mais peu importe, c’est comme ça qu’il voit les choses…
Felina
Un genou toujours au sol, la main posé sur un bâton devenu inutile présent, elle ne détourne pas le regard comme le colosse s'avance vers elle. Son cœur cogne presque douloureusement dans sa poitrine .. Elle attend que sonne définitivement le glas de sa défaite, qu'il lui annonce que l'aventure se termine là, entre ces quatre murs, avant même d'avoir commencé. Il sourit … elle pince les lèvres, crispant plus encore son poing sur son arme factice.

Allez, crache ton venin le Colosse … qu'on en finisse et vite … Abrège mon supplice j't'en prie.

Mais pas un mot ne sort de la montage de muscles qui lui fait face, désormais tout près d'elle. La Rastignac hausse un sourcil, une lueur interrogative éclairant ses yeux sombres. Mais que diable manigance t-il encore, n'a t-il à ce point si peu de cœur pour la faire languir autant ? Le regard de la Féline glisse lentement vers la large paluche toujours blessée d'Eikorc lorsqu'il vient la glisser dans une bourse de cuir, et elle est tellement concentrée sur cette main qu'elle sursaute presque au contact de sa dextre sur son épaule.

Enfin elle découvre la bague, ce serpent en acier qui s'enroule autour d'une dague … Zoko ad eternam. Son regard se fiche de nouveau dans les azurs métalliques du colosse, mais elle ne fait pas un geste, attendant la suite, et soudain ses yeux s'écarquillent quand il prend la parole et comme les mots qu'il prononce peinent à prendre tout leur sens dans l'esprit embrumé de la brunette.

Bienvenue … apprendre … toucher là ou il faut pour faire mal …
Bague … Compagnie Franche ...


Se pourrait il que … elle ait … qu'elle ait finalement réussi cette épreuve ? Un bref instant, elle ferme les yeux pour s'approprier ce qu'il vient de dire, et lorsqu'il finit par employer à deux reprises le possessif en la désignant, un large sourire vient se dessiner sur son visage, aux traits soudain radoucis. D'aucuns s'y étaient déjà essayé, et sa réaction d'ordinaire ne se faisait guère attendre, les mots claquaient, cinglants et agressifs ... Mais pas cette fois-ci, pas avec lui. Ses paupières se soulèvent, croisant de nouveau le regard du colosse posé sur elle. Lentement elle lâche le bâton qu'elle n'a cessé de serrer jusque là et se saisit de la bague, tentant de contrôler le léger tremblement de sa main droite alors que les derniers vestiges de sa colère et de sa déception s'évanouissent pour de bon.

Aucun mot ne parvient à franchir la barrière de ses lèvres, pourtant elle sait qu'elle devrait lui répondre quelque chose, le remercier, réagir ... mais rien … absolument rien ne vient. Ce diable d'homme lui fait décidément perdre trop souvent contenance. La bague toujours en main,qu'elle fait tourner entre ses doigts, elle décide finalement de se redresser et contre toute attente, elle passe à côté de lui sans le regarder, sans lui parler, se dirigeant vers l'armurerie. Ces quelques pas lui permettent peu à peu de réaliser ce qui vient de se produire. Elle fait désormais partie de la Zoko, elle va obtenir ce qu'elle est venue chercher en franchissant ces hautes murailles. Lentement elle ramasse son ceinturon et le ceint autour de sa taille avant de se retourner pour de bon vers le seigneur de Nerra. Puis, sans cesser de le regarder, elle glisse la bague à son annulaire droit, resserrant ensuite son poing comme pour sceller à tout jamais cet instant.

C'est seulement après cela qu'elle vient se porter à sa hauteur, et passant sa main sur sa lèvre tuméfiée, se permet d'y apposer ses doigts pour cueillir une perle carmin qui s'en écoule encore.Il gardera encore quelques jours les stigmates de son combat avec elle. Lui adressant un clin d'œil complice, elle ne prononce alors qu'une courte phrase, qui vaut tous les remerciements et les discours du monde pour la vagabonde, avare en paroles la plupart du temps.


Je te suis en Enfer alors …

Une page se tourne, le passé n'est pas pour autant oublié mais pour la première fois depuis des mois, elle se remet à penser à l'avenir, réapprenant à conjuguer au futur …

Tout n'est pas terminé, non … c'est tout le contraire … aujourd'hui tout commence.
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