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[RP] Les Noirs jouent et gagnent en trois coups.

Edern
Citation:

    À Eusaias de Blanc-Combaz, Bourguignon, roi perdant, débiteur de son état,

    Vous vous êtes repenti à Paris et c'est votre droit le plus absolu.
    Vous vous repentirez à Angers ou Agnès sera pendue.

    Quoi ?
    Cinq mille écus.

    Pourquoi ?
    Letiti et Linon.

    Je vous suspecte d'être le bénéficiaire du pillage de Saumur en août dernier, les coupables n'ayant jamais caché leur sympathie pour votre personne ni leur déménagement en territoire bourguignon. Si vous ne l'êtes pas, tant pis : à vous de les retrouver et de récupérer les fonds en question... je me contenterai de la moitié si vous envoyez le cadavre des deux traîtres par la même occasion.

    La vie est trop injuste, je sais ! Mais ce n'est pas mon épouse qui s'est jetée dans la gueule du loup. Quand on ne sait pas tenir sa reine, on s'expose au fou... la vôtre croit qu'elle gagnera en solitaire, beaucoup se feront une joie de lui démontrer le contraire.

    Je ne saurais trop vous conseiller d'éviter toute tentative de libération ou même de communication. Tous les murs ont des oreilles et vous pourriez vite retrouver celles de votre charmante compagne dans un joli paquet.

    Vous avez deux semaines pour rembourser votre emprunt...
    Passé ce délai, je prélèverai moi-même les intérêts.

    Le Fou,
    Archiduc d'Anjou.





Craon, taverne municipale, nouveau quartier général.
La plus glorieuse des armées au complet autour de la table...
Soit deux personnes, le Fou et la Cavalière qui l'accompagne.


Cher Archimaire, votre veille de la nuit s'est-elle bien passée ?

La sienne courte mais sans incident... notable. La langue le démange moins que la plume, tant il brûle d'annoncer noir sur blanc la nouvelle du retour angevin sur la scène mondiale. Ponant cadré, Touraine retombant en soufflé raté, les ennemis d'hier s'oubliant au point de communier dans leur amour de la royauté... le temps parfait pour un petit scandale.

Elle court elle court, la puissance...
Fumée sans feu ou feu sans fumée ?

La main s'empare d'un verre de vin commandé de bon matin.
Son prix ? Constitutionnel donc coûtant, naturellement...
Songer à remercier le Prince des lieux pour son talent.
Regard brun porté vers celui de Cerdanne.


Cavalière... est-elle facile à filer ?

Les renforts ne devraient plus tarder, cavalerie appelée au secours d'un vengeur aux moyens limités. Regard à la fenêtre entr'ouverte. L'otage ne vient-elle pas d'y effectuer un passage ? Une ombre peut-être, un amas de feuilles soulevées par le vent du nord, l'esquisse d'un mirage. Vraiment ? Allez donc savoir quand ce genre d'oiseau tente d'ouvrir la cage...

Vain, si vain !
Nioc-Nioc veille au grain.

Dehors, une poignée de miliciens patrouillent et surveillent les rares mouvements des habitants.
Ailleurs, leurs homologues empêchent les indésirables de passer la frontière...
Faire une prison de Craon relève décidément de l'ordinaire.
Gnia
    - "C'est un jeu qui demande de savoir faire preuve d'une qualité : la patience.
    La configuration du plateau change, mais très lentement.
    Jouer aux échecs, c'est tout un art.
    Et l'un des secrets, c'est de savoir déterminer la valeur de chaque pièce à chaque instant, et, une fois le moment venu, de sacrifier la plus importante.
    Car dans le vide créé par la disparition de ce qui était le plus précieux émergent des opportunités, les rapports de force sont bousculés, et les désirs se métamorphosent en destinées.
    Par exemple dans cette partie, la pièce qui a le plus de valeur, c'est le fou.
    En conclusion, si nous voulons pouvoir gagner..."

    - "Il faut que le fou soit sacrifié."
Extrait de dialogue - Fringe


Craon, taverne municipale, nouvel univers carcéral.
On a vu pire comme cul-de-basse-fosse, mais rarement pire comme trou perdu.
Soit.
C'est l'heure de la promenade.

Plutôt que régime de pain sec et d'eau, on cantine sévère. Vin et amuses-gueules.
Ca tient toujours mieux au corps que l'amour et l'eau fraiche.
Si la vermine pullule, c'est ailleurs que dans le pageot.
Celui-ci reste- pour une fois - à peu près convenablement fréquenté.
En guise de maton, un prince breton contrariable à l'envie.
Ou à avoir à la bonne contre quelques faveurs.


Auditoire du soir composé des deux animatrices de la ville.
Sujet du jour, le bal masqué.
Qu'à cela ne tienne.


Citation:
Formulaire de demande bal masqué


Votre Altesse Archimaire,

Veuillez avoir la grande amabilité de trouver dans la présente une demande en bonne et due forme et en un unique exemplaire d'autorisation de pouvoir participer au bal masqué qui se déroulera le 27 de ce mois en la bonne ville de Craon.

Dans l'espoir de votre positive réponse, recevez, Votre Gracieuse et Blonde Altesse, mes respectueuses salutations.

Agnès de Saint Just.
Otage.


Quitte à subir les lubies d'un Archi-fou d'ennui en mal de mauvais coups, autant rompre également le sien et préparer les autres.
Le temps d'écluser un godet, de s'assurer la compassion des gentilles organisatrices.


Citation:
Demoiselle de Saint-Just,
Folle otage,

Nous commettrions la pire des tortures en vous forçant à seulement ne rien être et ne rien faire dans notre ville tant aimée. Otage vous êtes, mais pas enchaînée. La ville entière en est votre prison, une prison d'air, de jeux et de vin. Aussi, bien que des interdits demeurent comme ceux d'approcher le pigeonnier, les frontières de la cité Craonnaise, ou même d'approcher notre ancienne Archiduchesse la Bienveillante, nous ne pouvons vous refuser une participation aux festivités faites en l'honneur des deux Archiducs.

C'est donc un peu tardivement que nous accordons votre requête.

Dans l'espoir, qu'ainsi, vous puissiez trouver une inspiration nouvelle qui ne soit pas que critiques et insultes pour décrire cette charmante ville, son conseil municipal et même son Archimaire.

Gildwen II de Brocéliande,
Prince-Archimaire de Craon.



Restait à tenter de comprendre pourquoi la principale préoccupation des bretons angevinistes en ville consistait à lui prêter de mauvaises intentions envers l'ex-Archiduchesse.
Si elle avait bien une petite idée d'où venait la rumeur, elle s'offusquait plutôt de la sottise de cette crainte injustifiée.
Comme si elle allait se jeter, la bave aux lèvres, sur une proie sans importance stratégique, pour l'éviscérer sans sommation.
Tssss...
Comme si l'on menaçait celui que l'on veut atteindre.
Mécréants !
Incultes de l'art du savoir-se venger !

Quoiqu'on en dise, Saint Just pouvait rimer avec raffinement.
Et dans la vengeance, celui-ci consistait à la rendre sans visage et à la défaire de toute emprise du temps.
Tssss...

Restait aussi à espérer que bientôt le monde civilisé, là bas, au delà de Craon, deviennent subitement plus intéressant et pleins d'incivilités, qu'on l'oublie.
Car si l'on retient sans peine qui n'a pas vraiment prévu de partir, partira celui qu'on retient. D'une façon ou d'une autre.
Surtout quand il ignore dans quel but précis on le retient.
Si ce n'est celui de contrarier.


"Entre l'oignon et sa pelure on ne tire qu'une mauvaise odeur."
Proverbe arabe
_________________
Gnia, incarné par Erwann



[Are you ready, boots ?]*

Finalement le plus difficile avait été sortir du lit puis de la chambre d'auberge sans réveiller son invité.
Quoique.
L'avantage du vin de Guyenne sur celui d'Anjou, c'était sa capacité à administrer quasi à chaque fois un coup du lapin plutôt réussi. Suffisait de savoir doser.
Sans modération évidemment.
Presque autant que le don de sa personne.
L'avantage de la pratique des basses pulsions, c'est que l'exercice est réputé faire sombrer du sommeil du juste le mâle et ôter toute envie de dormir à la femelle.

Bref.
Sortie de chambre réussie.

Arrivée aux écuries sans encombre, non sans avoir moult fois tenté de percer l'obscurité des coins d'ombre des yeux plissés. Comme si l'on pouvait du jour au lendemain être dotés de vision nocturne tiens.
Les sabots de son destrier avaient été ensuite soigneusement enveloppés dans des linges piqués à l'aubergiste et la Saint Just, enveloppée dans un large mantel sombre à capuche,façon Grande Faucheuse en vadrouille, mena sa cavale par la longe dans les rues craonnaises désertes.

Pas si désertes en vérité, puisque des observation qu'Agnès avait fait ses derniers jours, elle avait conclu qu'il y avait au moins un membre de la maréchaussée qui faisait ses rondes, probablement une poignée de bourgeois enrôlés en milice bourgeoise et...
L'armée.

Bon, effectivement appeler ainsi le ridicule campement militaire tenait plus à la condescendance polie qu'à la réalité, mais quand même.
Tout ce petit monde devait néanmoins être feinté.
Toutefois le bal qui battait son plein formait une diversion parfaite.
Arrêts intempestifs, scrutations de pénombre, tentatives de caméléonage avec les murs, formation passe-murailles.
Et enfin...

Liberté !
La pampa angevine.

Mettre encore un peu de distance entre une prison à ciel ouvert et elle, et ensuite seulement, fanfaronner.




    - "J'ai tout compris de travers. C'était moi le fou à sacrifier...
    J'étais le fou depuis le début."
Extrait de dialogue - Fringe

*[hrp : "Bottes, êtes-vous prêtes ?"]
_______________
Erwann
[Saumur]

Un courrier venait d'arriver et Erwann l'ouvrit sans attendre. Sa cousine, encore et toujours. Au fond, ça ne l'étonnait pas vraiment. Qui d'autre qu'elle pouvait bien lui écrire depuis qu'il était en Anjou ?
Il parcouru vaguement la lettre et soupira. Il se devait donc de rejoindre le Fou à Craon. Inutile de prendre le risque qu'un Mainois puant, égaré et hagard abatte le pigeon pour se nourrir et tombe sur le précieux message.
Refusant de faire le trajet seul, il erra quelques temps en taverne pour trouver âme charitable qui l'accompagnerait. Là le miracle -oui le terme est sans doute un petit fort, mais rien n'allait en ce moment- se produisit. La Saint Just devait elle aussi se rendre à Craon pour voir... le Fou. Etrange coïncidence ? Sans doute, mais le fait est que tous les deux devaient voir le nouvel Archiduc.

Ils choisirent donc une date et se mirent en route, non sans avoir emporté quelques bouteilles de chouchen. La brune semblait apprécier le breuvage. Plus que le vin de Guyenne ? Erwann était incapable de répondre à la question.
Le trajet se déroula sans encombre et le Bleizh se sentait un peu plus léger. L'atmosphère oppressante de Saumur n'était plus. A force de ronger son frein, désespérant de recroiser son Archiduchesse, il s'était usé les nerfs. Abondance, Calyce ou Sassa n'avaient rien pu y faire. Le courrier de Leyah et l'invitation de l'Archiduc à Gnia étaient donc les bienvenus. Sans regret, il prit la route.


[Craon]

S'il y a bien ville étrange en Anjou, c'est bien Craon. Morne, Gildwen avait fait le pari de la rendre vivante. S'il devait comparer ses deux séjours, assurément, les tavernes étaient plus vivantes à présent.
De toute manière, il était bien accompagné, donc que les tavernes ne soient pas remplies ne le dérangeait pas plus que cela. Dire qu'il s'entendait bien avec la Saint Just était un doux euphémisme.
Même grain de folie. Le terme de "fou" avait été lancé. Etait-ce la réunion des fous à Craon ?
Deux courriers convainquirent le Bleizh. Le premier émanant de l'Archiduc qui lui demander de ne plus voyager avec Gnia, car il ne souhaitait pas voir le porteur de paroles ducales devenir un dommage collatéral. Après un bref entretien, il lui explique qu'elle était retenue en otage. Enfin, pour les habitants de Craon, elle ne l'était pas "vraiment". Conception étrange, mais, n'était-on pas entre fous ?
Le second venait directement de Tiss, première régnante de l'Anjou indépendante. Trois lignes écrites à la hâte. Son départ avait été remarqué, alors que lui la cherchait encore à Saumur, quelque temps auparavant.

Il lui répondit. Courrier cinglant ? Non. Désespéré ? Non plus. Mélange de sentiments et de frustrations ? Surement.
D'ailleurs, la Saint Just lui avait dit quelque chose. Quelque chose avec lequel il était d'accord :


"Au moins, votre escapade à mes cotés a permis de raviver l'attention de votre promise"

C'était vrai. Le poème était resté lettre morte. Son départ non. Un bon point. Puis, le Fou lui annonça qu'elle comptait venir. Elle vint, mais ne prévint pas. On en revint au même stade. Craon était devenue étouffante.
Mais un matin, plus rien.
La folie n'était plus. L'Archiduc non plus. L'Archiduchesse idem.
Au moins avait-il reçu de Gnia un courrier pour expliquer sa disparition. Une fuite qui était évidente mais qu'il n'avait pas eu vraiment envie de voir. En trois mois, la venue de la Saint Just avait été une bouffé d'air frais. L'embrume qui frappe au visage quand on est marin, debout face au vent. Mais la tempête s'était calmée. Retour au quotidien, attendre et se morfondre du retour de Tiss. Celle qu'il avait connu à son début de règne.

Entre fous, pouvait-on véritablement se comprendre ? Sans doute pas, la folie n'était pas compréhensible. Mais Agnès de Saint Just et Erwann Bleizhmorgan s'étaient compris. Continueront-ils à se comprendre ?
Folle pensée. Une amitié était néanmoins née.

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