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[RP] Expédition hors les murs, cap sur la jungle vincennoise

Ingeburge
[Palais du Louvre]


Avec lenteur, la duchesse d'Auxerre plia et déplia ses doigts gantés à plusieurs reprises, pour que les accessoires de peau, neufs, puissent se détendre quelque peu et épouser au mieux ses mains. Ces gants de cuir noir parachevait la toilette étudiée de ladite duchesse qui, conformément à ses habitudes, s'était levée dès potron-minet. La journée, comme toutes les autres, s'annonçait chargée même si cette fois elle avait pour principal objet la visite d'un lieu qu'Ingeburge ne connaissait guère et qu'elle n'avait pas, disons-le tout net, réellement envie de découvrir car Vincennes, but de l'expédition projetée, ne recueillait guère ses faveurs et elle s'y rendait car elle ne pouvait agir autrement. Vincennes, c'était hors les murs, au-delà de l'enceinte édifiée par Charles V, ce qui ne la réjouissait guère elle qui quel que soit le lieu où elle se trouvait elle n'aimait rien tant de savoir qu'il y avait un mur protecteur, non loin, affection démultipliée depuis qu'elle résidait dans le château des ducs d'Auxerre, castel intramuros protégé par sa propre enceinte et au-delà, par les murs de la villes, affection qui s'épanouissait car quand elle n'était pas à Auxerre, elle logeait à l'Hôtel des ducs de Bourgogne à Paris, véritable ville dans la ville et travaillait au Louvre protégé par le rempart que Charles V avait eu la bonne idée de reculer par-delà le château royal. Et, ce qui la chagrinait grandement dans la perspective de rallier Vincennes, c'est qu'elle savait qu'elle n'aurait pas le loisir et la sécurité de travailler dans le château local puisqu'elle était condamnée à crapahuter dehors, la Reine de France ayant exigé « une cérémonie simple et en plein air »... Pas la première fois qu'on lui faisait le coup, hélas, elle avait ainsi été témoin héraldique d'une cérémonie d'octroi, en plein hiver, au beau milieu d'une place passante de Dijon. Qu'avaient-ils à tous vouloir être dehors? Elle ne le comprenait pas et le ne comprendrait guère mais elle s'exécutait et ce, avec moult précautions. D'où ces gants de cuir en plein de mois de mai, alors que la journée s'annonçait ensoleillée et chaude, les hautes bottes qu'elle avait passées histoire de ne pas trop souffrir si par hasard elle devait marcher sur un chemin boueux et cette mante à capuche, confortable, douillette et doublée car elle ne pouvait risquer d'attraper mal elle qui depuis toujours – comble quand on est né en Scandinavie et qu'on vous surnomme la Froide – se montrait frileuse. Ainsi parée et assurée de ne pas souffrir du froid des pieds à la tête, le glaçon des Cérémonies quitta l'aile dévolue aux services du Grand Chambellan de France et gagna la cour du château où elle avait fixé point de rendez-vous à tous les membres de la Maison Royale qui répondraient favorablement à son invitation.

Là, elle put apercevoir quelques visages connus mais ne s'attacha guère à examiner qui était là ou ne l'était pas car en gros, elle s'attendait et attendait que le plus grand nombre soit là, c'est-à-dire rien de moins que l'Intendant aux Menus Plaisirs, la Première dame de la Chambre et ses consœurs, le Premier Maître d'Hôtel, le Grand Echanson, le Premier Huissier Roy... ah on, de France, pardon, le Grand Maréchal des Logis, le Maître Enlumineur. Rien de moins. Ce qui signifiait en fait que tout le monde serait de la partie, elle y allait bien elle-même à son corps défendant, non? Et si elle ne prit pas la peine de faire dans le détail quand elle le salua tous c'est que justement, zut, beurk, elle ne voulait pas y aller, elle ne la sentait pas cette visite. D'ailleurs, elle ne cacha rien de son dégoût :

— Le bonjour à vous tous. L'heure est grave. Comme je vous en ai prévenus, nous nous rendons ce matin à Vincennes. Il nous faudra être vigilants car Vincennes, c'est loin, Vincennes, c'est excentré, ai-je déjà dit que c'était loin? Car c'est loin, vraiment. Et puis, Vincennes, c'est plein d'arbres, dans tous les sens, de toutes les tailles, avec en plus, des animaux dedans, certains dans les arbres même, d'autres, autour, tant au sol que dans les airs. Il s'agira donc de ne pas se perdre ou de trouver mignonne telle ou telle bête car comme l'enfer est pavé de bonnes intentions, Vincennes est pavée d'ornières, de trous et peuplée d'animaux que l'on chasse pour les manger ou s'en faire des manchons, pas que l'on admire.

Rajustant ses gants confectionnés à partir d'une quelconque bestiole – de l'agneau dirais-je – qui n'avait pas été chassée celle-là, le Grand Maître des Cérémonies de France ajouta :
— Et il faudra bien vous couvrir, dehors, il fait déjà si froid et c'est un peu – beaucoup – à cause de la Reine. Pas qu'il fasse froid, Sa Majesté pouvant commander à beaucoup de choses mais pas au temps mais que l'on risque d'attraper froid car ce que nous avons à organiser pour dans une quinzaine de jours aura lieu dehors, du début à la fin.
D'un air sombre, la Prinzessin hocha la tête, lentement, pour que tous comprennent la catastrophe qui se profilait puis, négligemment, elle déclara :
— Bien, ces avertissements donnés, en route. Comme je l'ai indiqué, c'est loin et j'espère que nous serons rentrés sur Paris avant le crépuscule.
Non parce que le château de Vincennes, elle ne connaissait pas et elle en savait même pas si on avait bien compris, là-bas, qu'une délégation de la Maison Royale allait débarquer. Que se passerait-ils s'ils étaient condamnés à y passer la nuit?

En route. Sa voiture avait été avancée et était à l'image de ce qui lui convenait : confort et chaleur. Trois places seraient libres, pour celles ou ceux désireux de faire le trajet avec elle. Mais là, avec ce qu'elle venait de dire, qui se risquerait à venir, au final? Et la question valait tant pour son carrosse que pour le voyage, en général.

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Elianor_de_vergy
C'est une quintefeuille au regard encore passablement embrumé de sommeil qui gagna la cour ce matin-là. Décidément, qu'est-ce qu'elle pouvait détester se lever aux aurores! Mais elle n'avait guère eu le choix: c'était cela ou se présenter en retard au rendez-vous fixé par la Grand Maître des Cérémonies. Le retard étant en la matière totalement inenvisageable, elle avait donc du se résoudre à quitter à l'aube sa douillette couche _ d'autant plus confortable que son époux ne l'ayant pas honorée, elle avait pu y dormir tout son saoûl cette nuit-là.

Mais enfin, le sacrifice était payant: elle était pile à l'heure lorsqu'arriva la duchesse d'Auxerre. Après avoir esquissé un petit salut de la tête, elle écouta avec attention les propos de la duchesse. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne présentait pas leur expédition sous le jour le plus favorable qui soit ! Déjà que la poupée, avec sa peur panique des chevaux et des forêts, n'était guère à son aise avec cette histoire de chasse, si en plus le tout se déroulait au diable Vauvert dans des contrées inhospitalières... Elle contint un petit soupir. Qui qu'en grognât de toute façon, il convenait d'honorer les desideratas de Sa Majesté. Boucles d'Or entreprit donc de faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Cela étant, il lui restait un inconvénient de taille à régler: le mode de transport. Sa litière ayant subi quelques dommages lors de son dernier voyage entre la Guyenne et Paris, elle devait ces jours-ci se contenter de l'un des carrosses de rechange conservés à Barbette. Or ces engins de secours, rarement utilisés et donc sommairement aménagés, étaient tout juste acceptables pour les trajets entre Barbette et le Louvre, mais elle se refusait tout à fait à y faire de plus longs déplacements. Pas à dire, la voiture de la duchesse d'Auxerre avait l'air bien plus attrayante....
Prenant son courage à deux mains, elle s'approcha de la Froide et risqua donc une ouverture.


Prinzessin? Me ferez-vous la grâce de m'accepter dans votre voiture?
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Della
Appartements des Amahir, juste au lever du soleil.

Il était tôt, oui. C'était bien ainsi que Della avait envisagé de débuter cette journée promenade à Vincennes.
Enfin quitter un peu le Louvre !
Enfin prendre l'air et aller respirer dehors, ailleurs qu'entre des murs tellement haut qu'elle avait l'impression d'étouffer !

Quand Della était à Paris depuis trop longtemps, elle se d'mandait à qui ça servait toutes les règles un peu truquées du jeu qu'on voulait lui faire jouer, les yeux bandés.(*)
Surtout, la Bourgogne lui manquait, ce qui faisait la Bourgogne, lui manquait.
Aussi, la perspective d'aller se balader du côté de Vincennes que l'on disait si beau, si verdoyant, l'enchantait !

Elle s’habilla simplement, tout en veillant à ne pas refroidir malgré tout. Printemps oui, mais petit vent aussi.

Après un
"A bientôt, Kéri, soyez sage !", elle quitta les appartements, direction la cour du château.

Cour du château.

Della venait d'arriver lorsque la duchesse d'Auxerre arriva.
Salut rendu, tentative de sourire avortée, la Froide parla de Vincennes comme s'il s'agissait de traverser l'Anjou, cette terre peuplée de saletés d'Angevins !
Du coup, le Grand Echanson fut elle aussi un peu refroidie...Et si Ingeburge avait raison et qu'on lui avait menti en racontant que Vincennes était si beau ?
Bah, ce serait toujours plus excitant qu'une journée au secrétariat d'Etat à compléter des fiches d'informations sur les différents organes de la Cour ! Ca, c'était galère, vraiment !

On allait se mettre en route.
Oui mais comment faire ?
La Dame de Railly ne s'était pas vraiment intéressée à la distance qui séparait Vincennes de Paris et n'avait donc pas prévu de faire sortir la voiture de son époux pour l'y conduire.
Hum...Elianor semblait vouloir monter avec Ingeburge...Bigre...C'était soit voyager avec la Froide, soit se débrouiller rapidos pour trouver une voiture, risquant par là d'arriver en retard à Vincennes, ratant sans doute une bonne partie de la visite !
C'est ainsi qu'à la suite d'Elianor...:

Votre Eminence, puis-je également bénéficier de votre hospitalité ?
Elle ne pouvait que lui dire non, au pire...
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Ayena
La nuit avait été mauvaise. Très. Ça arrivait, parfois : depuis qu'une épée avait joliment tranché quelques muscle à notre pauvrette, elle avait parfois des sueurs nocturnes, des douleurs fantômes ou des cauchemars atroces. Généralement, le tout ne se trouvait pas en une seule nuit mais... Là...

Ayena arriva au point de rendez-vous, dans la cour, en traînant la patte plus que d'habitude. Plus de grâce, plus de coquetterie : ça, c'était hier. Et peut-être demain, mais je ne suis pas voyante. Ceux et celles qui se réjouissaient d'une Demoiselle d'Alquines toujours de bonne humeur allaient aujourd’hui être servis : rien que ses cernes auraient découragé quiconque de lui sourire.
Vêtue de bleu, elle patientait depuis un moment lorsque la Maison du Roy commença à se regrouper : l'insomnie lui avait permit de se lever plus tôt que nécessaire.

Comprenez que le discours de la Froide ne réchauffa pas Ayena. Mais la GMCF semblait connaitre la jungle dans laquelle ils se rendaient : si la Demoiselle avait su, elle n'aurait pas fait apprêter sa voiture et serait montée auprès d'elle. Mais...
Reniflant discrètement, elle se dirigea vers le carrosse aux armes du Comté de Thérouanne Sur Lys et y monta. Elle laissa la porte ouverte derrière elle : pas besoin d'invitation, si quelqu'un avait besoin, il ou elle viendrait. Pas envie de parler, ce matin. Pas envie de grand chose d'ailleurs. Mais le boulot, c'est le boulot.

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- Bases par Truscot et DellaGrottaglia - Héraldique > Ayena est habillée par DECO
Linien_lamora
Les jolies colonies de vacanceuh,
Merci Inge, merci Acta !
Tous les ans, on voudrait qu'ça recommenceuuuh
Youkaidi, aidi, aida !


Eilinn était un peu dans cette optique là au petit matin. Levé avant l'aube, une vieille habitude cistercienne, après l'office de prime le Premier Maitre d'Hotel avait revêtu sa tenue, et demandé à ce qu'on prépare le carrosse aux armes d'Avize, avant de rejoindre la réunion de motivation improvisée par le Grand Maitre des Cérémonies.
A l'énumération de tous les obstacles qui les attendaient, dignes d'un James Bond, Eilinn leva le nez vers le ciel en se demandant ou étaient les nuages annonciateurs de tempête, d'inondation, d'apocalypse qu'Ingeburge prévoyait. Un froncement de nez et de sourcil, et tout le monde se déploya tel un commando super-entrainé pour partir à l'assaut de Vincennes.

Eilinn opta pour un repli stratégique dans sa voiture, ou elle espérait pouvoir étudier un peu.

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Ingeburge
Les carrosses d'Ingeburge étaient des merveilles de technologie – robustesse du bois, ergonomie des roues, souplesse des essieux – et de confort – banquettes moelleuses, couvertures molletonnées, brasero ouvragé, drageoir empli de merveilles – et les chevaux, dans le genre, n'étaient pas mal non plus, il lui faudrait encore remercier la Flamboyante Maîtresse Equine, ces Frisons – noirs, c'est toujours noir un Frison , pile poil assorti à la vêture ingeburgesque – avaient une allure de tous les diables. Et c'était certainement parce que la voiture qui avait été avancée pour la froide duchesse d'Auxerre était la démonstration de cette excellence et de cette qualité que l'invitation lancée à y prendre place rencontra du succès. Ingeburge n'était pas aussi aveugle au point d'accroire que l'on acceptât sa proposition pour ses seuls beaux yeux et la richesse de sa conversation, non, d'autant plus lorsque c'est la Dauphine et Grand Echanson qui se manifestent, la première étant l'épouse de son âme damnée et ayant connu quelques troubles avec le second, la Prinzessin mettait tout sur le compte de son carrosse. Le trajet promettait d'être... intéressant avec la présence de la moitié de Chlodwig et la vassale de Béatrice.

Néanmoins, hôtesse accomplie jusqu'au bout des ongles, Ingeburge répondit gracieusement aux deux blondes :

— Votre Altesse, ma dame, ma voiture est la vôtre!

Les portières claquèrent et le signal du départ fut donné. Quelques cavaliers prirent la tête du convoi composé des carrosses transportant les officiers royaux et de lourds chariots, d'autres fermèrent la marche... car l'on n'est jamais trop prudent lorsque l'on sort des murs, d'autant plus lorsque l'on doit traverser les giboyeuses forêts vincennoises. Et puis, on ne sait jamais, car mettez dans le même espace clos trois représentants du sexe féminin qui n'ont pas pour habitude de se fréquenter en dehors de l'exercice de leur charge et ajoutez à cela que deux d'entre elles ont de puissants motifs d'en vouloir à la troisième — un mari taré pour l'une et de fâcheuses conséquences pour l'autre – à votre avis, ça donne quoi? Pour l'heure, une Ingeburge quelque peu roide qui tend avec un non-sourire aux lèvres – faut pas trop lui en demander non plus – un drageoir empli de pâtes de fruits de Carpentras.
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Elianor_de_vergy
Sa requête ayant été gracieusement acceptée, la poupée prit donc place dans ce modèle de luxe et de confort qu'était le carrosse ingeburgesque. Celui-ci offrait même assez d'espace pour qu'elle put étendre à son aise sa jambe boiteuse. Et comble de la joie, le drageoir tendu par la GMCF contenait des pâtes de fruit, péché mignon de la quintefeuille. Pour le coup, elle aurait pu passer le reste du voyage à regracier son hôtesse de tant d'attentions!

Elle s'en abstint néanmoins. Cela aurait été fort monotone niveau conversation de se contenter de "merci votre altesse" tout au long du chemin, n'est-ce pas?

Pour autant, s'installa alors dans le véhicule un silence quelque peu emprunté. Il n'est guère facile de converser à bâtons rompus avec une personne que l'on n'a jamais côtoyé que dans l'exercice de ses charges. Les réticences informulées de la duchesse d'Auxerre étaient pourtant vaines, du moins en ce qui concernait Boucles d'Or. Elle ignorait si bien tout ce qui concernait son époux qu'elle ne savait rien des relations qu'il entretenait avec la princesse. Les seuls échanges au sein du couple delphinal se résumaient généralement à des échanges de coups et insultes et au pénible accomplissement de la corvée conjugale, certainement pas à de plaisantes conversations sur les occupations de l'un et de l'autre. La quintefeuille ignorait donc tout du rôle d'âme damnée de son époux. Qui lui ne savait pas que l'un des passe-temps de sa douce et docile moitié consistait à embaucher des mercenaires pour le faire rouer de coups sous couvert d'embuscades de grand chemin.

Mais laissons là la charmante intimité de ce couple modèle et revenons au carrosse transportant nos trois dames. Résolue à briser ce silence qui menaçait de durer, la poupée tenta au moins de le faire avec un peu d'optimisme.


On dit que le logis royal de Vincennes est encore fort beau, bien qu'il n'ait été que parcimonieusement utilisé par nos souverains depuis le règne du premier des levanides. Il n'aura certes pas les agréments du Louvre mais peut-être y trouverons-nous tout de même quelques commodités pour la cérémonie à venir?
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