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[RP]Tu fais quoi dans MON lit !

Ryhc


Le rideau se poussa sous le vent, laissant flotter sur un visage masculin une étendue de lumière. Les paupières papillonnèrent avec un grognement dérangé. Laissez-moi dormir...

Gardant les yeux fermés, il se retourna, boudant la fenêtre déplaisante qui en plus, laissait maintenant passer une brise fraîche. Rondediou ! Le sort s'acharnait à vouloir le réveiller. Tu m'étonnes en même temps, il voulait assister à la scène qui allait suivre...

Il tira d'un coup sec sa couverture pour s'en couvrir, étirant sa main droite sur le côté. Ses doigts effleurèrent une texture douce, comme quelques plumes qui se seraient glissées là. Faudrait refaire l'oreiller. Il en perdait son latin celui-là, avec tout ce qu'il lui faisait subir la nuit.

On dirait des cheveux, tiens, c'est drôle...

Ses yeux s'ouvrirent d'un coup sec.
Il les referma aussitôt, la lumière de la pièce causant une lancinante douleur à son crâne malmené. Mouarf, il avait encore trop bu. Ce qu'il avait cru voir dans son lit, là, une espèce de femme, ne devait être qu'une hallucination. Oui, la boisson lui avait fait perdre l'esprit voilà tout.

Il rouvrit prudemment les yeux.


AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!

Là ! Dans son lit ! Une fille ! Une fille inconnue !
Ryhc se leva d'un bond, s'emmêla le pied dans la couverture, trébucha, se cogna la tête contre le mur et tomba dans un vacarme assourdissant, en envoyant valser au passage le pot de chambre plein.

Son crâne lui causait une douleur insupportable, que le coup n'avait pas arrangé. Sa bouche était pâteuse, et le monde semblait tellement hostile


Ooooaaaaïe.

Il regarda à nouveau vers le lit, deux grands yeux ouverts, écarquillés rond comme des soucoupes. Il pointa du doigt la fille, se pointa, la pointa, ouvrit la bouche, referma la bouche.

Je l'ai regardé. Elle m'a regardé. Je l'ai regardé. Bref. Voilà qui n'explique ce qu'elle fout dans son lit.
Et encore, il n'avait pas capté qu'ils étaient tout les deux à poil.
Labda
    Si somnoler dans un tripot crapuleux aux effluves nauséabondes et aux échanges douteux, perdue entre quelques monts de répugnants gobelets, ne lui était pas désagréable, ce serait mentir que d’affirmer que Lindor était forcément contre une nuit passée dans un lit véritable, enfuie entre d’épaisses couvertures. Aaah les aimables draps au toucher soyeux et aux couleurs chatoyantes ! Les oreillers rebondis, le feu crépitant et consolateur à ses heures, les chausses chaudement rembourrées ... Non, assurément, elle n’avait rien contre. Notamment quand elle s’éveillait en aimable et surprenante compagnie. Aimable, on a dit !

    Grmehgeb

    Autrement dit, pourquoi est-ce qu'elle vocifère comme ça, la compagnie ? Non mais c'est vrai, elle a vu l'heure ? Labda n'avait pas encore ouvert les yeux, s’interrogeant sur les méfaits qu‘elle comptait commettre dans la journée, mais là c'était qu‘il l‘avait perturbée, l‘arrogant. On est quel jour, au fait ?

    Ooooaaaaïe.
    Mais y va la fermer sa gueule l'poivrot mal luné !

    Remarquons que le langage matinal de notre oie était particulièrement affriolant. Voilà qui était dit ! La douce Labda se redressa alors un tantinet, prenant appui sur le lit, qui n’était, après vérification, pas si grandiloquent qu’elle ne se l’était imaginée. C’était la même constatation pour le reste de la chambrette, qu’on qualifierait bien plus volontiers d’insalubre que d’harmonieuse : pour le palais luxuriant, on repassera. Outre le mobilier réduit à un misérable lit où pouvait tout juste s’entasser une paire de dormeurs, ainsi qu’un tabouret auquel il manquait un pied, le peu de lumière qui pénétrait dans le taudis ainsi que les relents d’humidité le rendait difficilement habitable. Sans parler du pot de chambre que notre ami avait envoyé valser à travers champs ! Des bouteilles vides jonchaient le sol, semblait-il seules rescapées des frasques de la veille, car ni Lindor ni Ryhc n’en gardaient un quelconque souvenir.

    L'hystérique accorda un regard à son interlocuteur. Quelle ne fut pas alors sa surprise de découvrir un visage inconnu, et un corps, ma foi, totalement nu ! Cela eut le mérite de lui arracher un rire joyeux. Celle-ci d’ailleurs n’était pas plus vêtue, quoi que sa face restait entièrement fardée et qu‘il ne lui manquait aucune breloque dans ses cheveux et à ses poignets.

    Faîtes pas vot' mijaurée, c'pas la première fois qu'vous voyez une femelle d'vot' vie !

    Non ? Elle l'aurait bien tutoyé, lui aurait bien susurré un surnom mielleux, une oeillade ridicule, mais son brutal réveil l’empêchait de remettre ses idées en place et elle n’arrivait pas, malgré ses efforts, à se remémorer cette nébuleuse soirée. Elle ne lui fit pas part de ses troubles de mémoire, s'imaginant qu'il en savait plus qu'elle : ainsi, il finirait bien par lui dire de déguerpir de son lit, qu‘une nuit avec elle, c‘était déjà une nuit de trop, et que si elle venait à réapparaître dans le coin, qu’il lui referait la face à coups de pioche. Elle attendrait, donc.

    Toutefois, elle le trouvait particulièrement séduisant, alors, quoi qu'ils aient fait, cela ne pouvait que lui plaire abominablement.

_________________
Ryhc


Ryhc voyait l'arrivée d'une femme chez lui comme une agression personnelle à son encontre. Invitez en une chez vous, et voilà que vous vous retrouvez avec des fleurs dans un vase, un parfum de propreté dans vos linges, toute votre viande séchée jetée aux orties pour la remplacer par un truc plus sain pour toi mon chou, la disparition de ses bouteilles adorées, vos braies rangées introuvables, puis après un chiard, des gosses, et obligé de travailler - quel gros mot - pour nourrir tout ça. AH NON hein !
Comprenez donc que trouver une femme, qui plus est dans son lit, ne mettait pas ce mâle en bonne condition. Pour satisfaire ces besoins, il préférait faire ça à l'extérieur : pas de trace, pas d'intrus dans sa vie.

Non mais c'est qu'elle l'insulte en plus. Déjà qu'elle squatte avec ses cheveux dans son lit - pff va y en avoir partout - , et qu'elle a pas l'air de vouloir en sortir, si en plus elle se permet de faire des commentaires, ça va pas le faire.
Furieux, il se redressa de toute sa hauteur, achevant de découvrir sa tenue d'Adam à la face du monde, et croisa les bras en fronçant les sourcils. Le courant d'air lui fit baisser les yeux vers ses parties et soudain cela fit tilt dans son esprit.

Il s'avança vers elle, et lui arracha les draps pour la découvrir complètement avant de pointer un doigt accusateur vers elle.


Toi aussi t'es nue !

Ouais, ça, on avait déjà remarqué, hein. Il n'avait aucun souvenir de ce qu'ils avaient bien pu faire. L'avait-il défloré ? Dans ce cas, un père ou un fiancé ou un frère risquait de débarquer pour lui foutre une correction. Misère, misère... Il porta la main à son front, le monde semblant tourner autour de lui.
Trop d'agitation...

Un haut le coeur le fit courir vers la fenêtre, et il déversa le contenu de son estomac dans l'herbe de son jardin. Ah, il avait mangé du maïs pour cochon aussi ? L'esprit un peu plus frais, il se retourna vers elle. L'avait pas l'air d'être une vierge éplorée.


Bon... J'du trop boire et t'ramener de ton bordel ici. Va savoir pourquoi on l'a pas fait dans la rue... J'te paye la nuit, et tu te casses de chez moi.

Il la lorgna de haut en bas et poussa un soupir résigné.

Dommage qu'j'm'en rappelle plus.
Labda
    Toi aussi t'es nue !
    Perspicace le mignon.

    Lindor était alors d'agréable humeur, c'était à peine croyable mais véridique : un sourire, même, s'étira sur ses lèvres carminées. A croire qu'aux doux hydromels, elle s'y était faite, aux fréquentes absences, aussi. Ca ne la dérangea pas outre mesure, qu'il la toise comme un pochtron, c'est qu'elle n'était qu'une carnavalesque souillon, le problème résidait ailleurs ; il faisait froid, elle se les caillait sévère, la balafrée. Alors madame se leva, quittant le lit en un grincement strident, et oscilla entre les restes d'une nuit qu'elle aurait volontiers qualifiée d'arrosée, quoi qu'elle en profita pour se saisir au passage d'une bouteille rescapée du naufrage. Elle la porta négligemment à ses lèvres avant d'avoir atteint un mont d'habits. Le nouveau rebondissement de l'affaire arriva ici : ses affres à elle n'y étaient pas, il n'y avait qu'à voir ces robes-la : trop ternes, trop vilaines. Elle pivota sur ses talons, s'apprêtant à vociférer quelques rugissements furieux, tenant fermement à sa panoplie, quand elle fut interrompue par de bruyantes régurgitations qui moururent mollement, Dieu merci, à l'extérieur.

    Mais chez qui elle était encore tombée ?

    Bon... J'du trop boire et t'ramener de ton bordel ici. Va savoir pourquoi on l'a pas fait dans la rue... J'te paye la nuit, et tu te casses de chez moi.
    Oh oh oh, j't'arrête tout de suite mon coco, à qui tu crois causer ? Ta bonne gueule ne fait pas tout.
    Dommage qu'j'm'en rappelle plus.
    Toi non plus ?!

    Quoi que la situation aurait pu paraître très cocasse pour n'importe qui n'y prenant pas part, Lindor, elle, commençait à être relativement irritée. L'hystérique reprit alors toute sa constance habituelle, se dressant de tout son long, et articula, sourcils froncés et poings serrés :

    Vous apprendrez que cette soirée m'est un mystère tout comme elle l'est pour vous. Deuxièmement, j'ignore à qui sont ces habits, je n'en ai d'ailleurs strictement rien à faire, mais les miens ne s'y trouvent pas. J'espère pour vous que vous aurez plus de chance, s'il est réellement question de chance dans nos mésaventures ! Pour finir, je ne suis pas plus catin que le fut votre faquin de père.

    J'ai été claire ? Pas sûr, c'est pourquoi elle choisit d'accompagner ses propos, déjà ponctués de régulières accalmies dues aux rasades amères qu’elle s’envoyait directement au fond du gosier, d'un regard sévère et de grognements réprobateurs.

    Le fait d'être venu ici m'échappe à moi aussi, un rat mort est plus ragoûtant que votre chez-vous. De plus, si j'en venais à convoiter vos affaires, bien que cela m'étonnerait grandement, je me servirais bien toute seule, merci !

    Non, effectivement, Labda n'avait jamais été de bonne humeur très longtemps. Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

_________________
Ryhc


L'homme, se tenant toujours debout nu comme un ver, tout à fait fier de sa virilité, la regarda s'agiter avec un sourire grandissant. Une femme énervée était toujours un petit spectacle à elle toute seule. D'ailleurs la moitié de ses mots n'arriva même pas jusqu'à son cerveau, trop occupé qu'il était, encore embrumé par les effluves de la veille, à contempler sa poitrine s'agiter en même temps que ses gestes amples et désordonnés.

Voici un peu près ce qu'il entendit :


soirée...mystère... à qui sont ces habit...les miens...pas... chance... mésaventures... pas plus catin...votre faquin de père.
...rat mort...convoiter...
je me servirais bien toute seule, merci !


Il prit une des bouteilles encore à moitié pleine hier dont seul le quart restait à l'instant après sa grande bousculade, pour tenter de se stabiliser l'esprit. Soigner le mal par le mal, voilà une très bonne méthode.
Soudain, un fou rire le gagna, le faisant à moitié s'étouffer avec la vinasse bon marché qu'il était en train d'avaler. Le comique de la situation avait fini d'achever son mental déjà passablement secoué par ce réveil chargé.


Vous dites... que vous êtes condamnée à vous promener à poil jusque chez vous ? Que vous m'connaissez même pas, et qu'en plus vous avez bouffé un rat mort ?

Il vida la bouteille et la lança par la fenêtre -toute façon, au point où en était son jardin - avant de se relever.

Bon à moins que vous ayez envie qu'j'vous fasse visiter le septième ciel, vu qu'on s'en rappelle pas, ferez bien d'enfiler une de ces robes qui sortent d'chez pas où qu'on aille chercher vos affaires. Non pas que ça me déplaise de vous voir à poil, mais z'allez prendre froid.

En même temps qu'il disait cela, Ryhc cherchait lui aussi ses affaires qui devait se trouver un peu par çi par là. Il retrouva son chapeau qu'il s'enfila sur la tête. Là ! Un bout de chemise ! En tirant l'habit, son sourire disparut, remplacé par un air de dégout.

Pourquoi est-elle ROSE ?!
Dites donc là, un de mes amis vous a envoyé, c'est une farce ? Hein, c'est ça ?!


Il commençait passablement à s'énerver, le bonhomme. Non mais c'est vrai quoi, qu'est-ce que ce souk dans sa maison ! Sa maison ? Attendez voir un peu... Il regarda les murs d'un air étonné.

Heu... On f'rait bien de filer vite fait. C'pas chez moi ici.
Labda
« Toutes les bonnes histoires méritent d'être ...

    Et allons donc.

    En un soupir de désolation, la paume de sa main vint s'abattre sur son front devenu moite par son agitation. Elle glissa ensuite, lentement, le long de sa face, raclant au passage un peu de maquillage. Lindor s’accorda ainsi la poignée de secondes qu’elle estima nécessaire à la formulation d’une meilleure répartie, une réponse claire et précise à cette affaire farfelue qui prenait, peu à peu, des ampleurs qu‘elle n‘appréciait pas, mais aussi à la légitime vérification qu'elle était bien éveillée, et non point dans un songe surprenant à la trame cauchemardesque. Cependant, ceci expliquait cela ; s'ils ne se trouvaient pas chez Ryhc, alors il apparaissait normal que ces affaires ne soient pas les leurs, quoi qu'elle en vint à se demander où pouvaient bien se trouver les siennes, justement. Et puis le fond du problème restait le même, qu'ils s'y étaient rendus nus ou parés d'habits d'inconnus, pourquoi avaient-ils eu besoin de festoyer dans ce trou à rats ? Chez quelqu'un, Lindor n'en doutait désormais plus, qu'ils ne connaissaient pas et qui ne serait, certainement pas, pris par l’envie de les connaître après avoir regagné sa turne misérable. La main avait atteint le menton sans que Labda ne soit plus avancée, c’est pourquoi elle articula, parfaitement réveillée :

    Faut s'tirer.

    Car il était temps d'entreprendre quelque chose de sensé. Fuir avant de se faire attraper ! Quoique la fortuite arrivée du propriétaire aurait pu, qui sait, leur permettre d'y voir plus clair, mais Lindor choisit d'opter, plutôt que pour le réprimandes, pour l'oubli ! Va pour les doutes, tant pis, cette soirée, elle se l'imaginerait une fois à l'abris et en ferait une farce, il y a avait là matière à l'affaire. Abandonnant la consolatrice bouteille, la poussant même à rejoindre les carcasses de ses consoeurs, Labda se saisit de quelques hardes qui lui parurent être les moins vilaines, et les enfila à la sauvette. Elle prit même le temps de s‘admirer, madame était coquette, avant de se redresser. Sa nouvelle acquisition était trop grande pour sa frêle stature, mais les couleurs, qui étaient d‘un ocre et d‘un noir usés, lui plurent assez. Elle fit signe à son étrange partenaire de bien vouloir se taire, décidée à prendre les choses en main, et se glissa contre la porte, y collant même son oreille. Aucun grabuge de l‘autre côté, ni même aucun murmure, elle en fut persuadée, il ne se trouvait personne de l‘autre côté. Elle caressa l’huis de sa main, cherchant à faire renaître en elle, paupières closes, un quelconque souvenir remontant à moins loin que la veille au matin. Mais le bois ne fut d’aucun secours, il fut pire encore : la porte ne voulut s’ouvrir, elle était fermée à clef. L'inattendu, elle aimait bien, mais pas le matin, ni à trop fortes doses, or il lui sembla que l'invraisemblable avait atteint son apogée. Elle fit volte-face et siffla une menace stridente à l’intention de monsieur.

    Je vais vous tuer.

    Restait la fenêtre. Ingénieuse idée, chance inespérée, bien que Lindor était alors trop occupée à menacer pour en prendre conscience et, filer.

... enjolivées. »
    G.

_________________
Ryhc


"Faut s'tirer. "

Hé c'est ce que je viens de dire, pécore ! Pensa l'homme qui, plus la journée se dévoilait, plus il en avait mal au crâne rien que de se dire qu'il fallait se taper une fille. Et pas dans le bon sens du terme. Sa lubricité déjà fortement aiguisé par le phénomène qui se promenait librement devant ses yeux empêcha sa raison de l'interrompre.
Il eu une moue de déception en voyant disparaître le corps désiré sous une robe trop large. Bien sa veine... Et son engin qui le titillait et menaçait de le trahir.


Ou pas.

Le "je vais vous tuer" le refroidit quelque peu mais bon puisqu'il était lancé...

Puisqu'on est coincé là, autant en profiter nan ?

Allez ! Et une gifle en avant première pour M.Ryhc, une ! Quand aura-t-elle lieu, à quel moment, sous quelle force et quelle frappe ? Mystère, mystère. Le chapeau toujours sur la tête, et le reste toujours nu - il n'allait pas mettre une chemise rose ou une robe, pas fou le bougre, il a sa dignité - il se planta devant la dernière issue de secours d'un air narquois. Quoi, z'avez une fille, dans une pièce, verrouillée qui plus est, vous tenteriez pas d'en profiter vous ?

D'autant plus qu'il n'avait vraiment pas envie de passer le premier par la fenêtre : sa galette et les bris de la bouteille lancée ne réjouissait pas ses pieds nus outre mesure. Les dames d'abord, comme on dit. raclure.

On peut s'tutoyer hein. Après tout, il semblerait que nous avons passé la nuit ensemble. Et j'bien envie de savoir ce qu'on a fait, pas toi ?

Une idée fit tout à coup tilt dans son cerveau qui se trouvait à cet instant dans son entrejambe.

Pour savoir si on a couché, suffit d'le refaire. On verra bien si on s'en rappelle ou pas.

Malin ou con ?
Labda
    L’incandescente proposition aurait pu lui convenir, la distraire même un temps, mais elle manquait grossièrement de charme et de légèreté, ainsi Lindor se prit à la refuser. Elle ne pipa plus un mot et lança au racoleur un dernier éclair de ses mirettes sévères avant de trouver autre affaire à mener : elle se mit en quête d’une quelconque bourse ou autre objet de valeur, furetant partout, prenant toutefois soin d’éviter la lie naissante et les confins les moins avenants. Elle fit ainsi main basse sur quelques possessions, non point mirobolantes mais satisfaisantes ; les piécettes furent glissées dans un baluchon de fortune conçu pour l’occasion à l’aide de quelque manœuvrable étoffe, tout comme le furent un misérable ornement de robe, un pain rassis et d’attrayantes bouteilles où stagnait encore un fond de boisson.

    La chasse avait été bonne, il était désormais temps d’enfoncer la porte d’un solide coup d’épaule. C’était ce qu’elle comptait réellement entreprendre, déambulant d’une démarche nonchalante, quand elle se tourna vers Ryhc et distingua, l’encadrant d’un pâle halo de lumière, l’étroite fenêtre qu’elle avait simplement négligée puis tout bonnement oubliée. L’aventure prenait d’agréables tournants qu’elle n’aurait pas soupçonnés.

    Labda propulsa son providentiel baluchon sur son épaule et se dandina, suave, jusqu’au beau mâle. Ses pieds nus glissèrent dans la poussière, oscillant entre les bouteilles, sa chevelure fouettant ses courbes sauvages. Tanguant ainsi, elle vint se poster devant monsieur et se saisit de ses cheveux pour les caresser un peu, yeux dans les yeux. D’abord interdite, elle se colla finalement tout contre lui, pinçant avec avidité le dos nu qui s’offrit à elle et qui rougît volontiers sous la douleur. L’incitant d’une main à s’égarer entre ses seins, elle amena ses lèvres à son oreille et susurra :

    Quand on couche avec Lindor, on s’en souvient.

    Pour finalement assener avec véhémence un vilain coup de genou à son entre-jambe avant de se reculer vivement, l’abandonnant à son triste sort.

    Pousse-toi maintenant.

    Pauvre rêveur.

_________________
Ryhc


Une chaleur gagna ses reins quand elle s'approcha de lui, et puis là... ce fut le drame.

OUAAAAAAAAAAHHH !!! T'es complètement tarée !

L'homme se tint les parties, le visage crispé, plié par la douleur. Ses bijoux de famille... ses boules cosmiques rien qu'à lui... son petit trésor... Malheur. Ô miséricorde, aie pitié. Il s'écroula sur le sol, se forçant à prendre de grandes inspirations pour se calmer. Le nez dans les cadavres de bouteilles, c'est un tout autre spectacle qui l'attendait sous le lit.
Sous un lit en général on a : des moutons de poussière, des chaussettes oubliées, des images de femmes dénudées, une valise qui nous attend, des gosses qui se cachent voir quelques petites araignées.


Mais pas ça !!

Ryhc ouvrit deux mirettes rondes comme des soucoupes, et resta interloqué quelques instants. On le regardait. Si si j'vous jure. Deux yeux vides d'un cadavre de vieux. Il se releva d'un bond, courant vers la porte - oubliant qu'elle était verrouillée - s'acharnant dessus avant de se rappeler la fenêtre. Il sauta en plein dans sa gerbe pour se sortir de ce pétrin - avec pour seul vêtement son chapeau - et hurla après la donzelle.


Je sais pourquoi !!

Il la rattrapa à grandes foulées et lui empoigna le bras.

Dedans... un... un... il a... vieux... des yeux... crevé. Crevé.

Un éclat de rire dans la rue lui fit monter le rouge aux joues - "Ah, ah il est tout nu !" - et il descendit son chapeau sur ses parties, qui, avec le froid, n'avaient pas fières allures. Son cerveau continuait pourtant de fonctionner parce qu'il finit par dire le plus sérieusement du monde dans un murmure :

Milice. Nous.

Un épouvantail subit ses assauts, et il enfila ses braies le temps de lui laisser digérer l'info - et de se donner une contenance. Fou comment elle le perturbait celle-là.
Labda
    Elle le toisa d'un regard morne à sa première réplique parfaitement sensée. Ca n'était cependant pas la première fois qu'on mettait l'accent sur sa déraison et son comportement aléatoire, elle n'en fut donc pas attristée, ni plus chamboulée. Baluchon sur l'épaule, elle le regarda gesticuler dans la poussière, et faillit s'impatienter, car il était temps qu'il finisse son numéro, qu'ils se quittent, sans autre forme de procès, pour ne plus jamais se revoir. Mais cette matinée était décidément pleine de rebondissements et riche en sensations fortes : elle le comprit en voyant notre ami pâlir, s’enfuir pour finalement rebrousser chemin et se saisir de son bras. Quoiqu'il en fallait plus pour la désarmer, Lindor frissonna à l'idée d'un cadavre à ses pieds ; elle fut toutefois soulagée de ne pas avoir pensé à chercher là quelque trésor.

    Elle se laissa ensuite brinquebaler négligemment à travers rues, paysage inconnu, jusqu’à ce que Ryhc prit la judicieuse décision de s’arrêter pour se couvrir de quelques habits. La course permit au moins à Lindor de retrouver un semblant d’esprit, retraçant partiellement leurs élucubrations. Secouée, elle lâcha donc :

    Nous avons du, toi et moi, nous rencontrer hier entre deux verres, puis nous avons passé la nuit ensemble chez cet inconnu qui … pourrit sous sa couche.

    Le constat n’était pas moins désolant que décoiffant. Lindor s’étonna ; cette nuit la surprenait, la piquait, lui plaisait. Un dernier regard à l’ami avant de fermer les yeux, savourant à pleins poumons les pétillantes émanations d’une titanesque exaltation. Elle crut prendre pleinement conscience des agréables atours des heures passées, s’y lovant allègrement. Pervers plaisir fut aussi court qu’intense, car la Bda, à l'aurore de l'extase, s’éveilla presque aussitôt dans un tripot malfamé mais connu de la balafrée.

    Sa joue était cramoisie, sa main s’y étant longuement appuyée, signe d’un somme profond. L’hystérique mit à moment à remettre ses idées en place et à sortir du sommeil toute entière ; assurément cette histoire-ci, aussi rocambolesque avait-elle été, n’était qu’un songe, poussières de l’inconscient, rien d’autre. Lindor se permit tout de même de douter un instant, tant ses contours lui étaient apparus réels, presque tangibles. Non, elle n'avait pas tué un vieux en son antre, ni batifolé avec le mâle, ni perdu la mémoire, ni confectionné un prodigieux baluchon. Elle portait ses habits, la précieuse panoplie.

    Elle décida finalement de quitter l’auberge où elle supposa avoir passé la nuit - encore une à sombrer en un lieu sordide -, car le jour, à présent, perçait à travers d'étroites ouvertures. Elle bouscula toutefois, dans sa précipitation, un brun dont la silhouette lui causa quelque réminiscence, mais elle ni prêta pas attention et s'éclipsa.

« Un rêve sans étoiles est un rêve oublié »
    Paul Eluard

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Ryhc


"Nous avons du, toi et moi, nous rencontrer hier entre deux verres, puis nous avons passé la nuit ensemble chez cet inconnu qui … pourrit sous sa couche. "

Oui voilà qui était plus sensé que l’hypothétique histoire d'un coup monté pour cacher le meurtre du vieux. Après tout, un vieux meurt pour beaucoup de raisons. Peut-être ne s'étaient-ils glissés là que pour assouvir leur passion, lâchant leur habits dans la nature.
Ah l'alcool, maux si cocasses.


Sans doute...

Dit-il en fermant les yeux, main sur le front, dans un soupir soulagé et résigné. Il aurait presque préféré croire au complot : l'occasion rêvée pour lui de rester auprès de la jeune femme.
Ryhc se sentit tout d'un coup basculer dans le vide : quelqu'un l'avait poignardé dans le dos pour son meurtre !
Il voulut crier mais aucun son ne sortit de sa bouche. Le vide le happait, et impossible de se rattraper dans ce noir...

La sensation de tomber s'arrêta au contact du matelas de paille. L'esprit embrumé de sommeil s'éveilla sous les caresses du jour, et le brun regarda autour de lui. La taverne de hier. Bien solide et réelle. Le rêve s'évaporait déjà de ses souvenirs. Il se vêtit nonchalamment et sortit dans le couloir.

Une blonde le bouscula, et son regard accrocha ce visage qui lui paraissait familier. Un air de déjà-vu. Il tendit la main vers elle, ouvrant la bouche comme pour dire quelque chose, puis plissa le front et renonça à son geste qui aurait pu paraître déplacé.

Après tout, il ne la connaissait pas, n'est-ce pas ?
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