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[RP] Rue des Deux-Ecus, ça pue du cul..

Edmond..
Paris a tout pour plaire et déplaire. L’odeur putride des tanneries et du cimetière des innocents, la vie luxueuse de l’île de la cité et de ses habitants. Paris, ce sont les pires individus des Miracles qui côtoient la fine fleur de la noblesse du Louvre, ce sont les ribaudes et les bourgeoises qui fraient ensemble dans les Halles. Et les Halles c’est la porte ouverte à toutes les merveilles, les Halles c’est un condensé de vie, il y a les marchands, les artisans et le bon vin. Bon ? Oui mais pas toujours, et pas celui de la veille d’ailleurs. Après avoir passé la nuit et la journée sur sa couche à voir les murs de chaux tanguer de babord à tribord, il a enfin réussi à s’endormir mais pour se réveiller encore plus mal. Vraiment entre les deuils et la maladie, il ne supporte décidément plus l’alcool qui était pour lui une seconde nature, à moins que ce ne soit l’abus de boisson des dernière semaines, allez savoir, en attendant, depuis le réveil, il se demande s’il ne va pas mourir par le bas en repeignant son pot de chambre. Et par les vantaux de la piaule, il entend des cris, ceux-là même qui lui font vivre un enfer parce qu’ils lui mettent la tête dans un étau, et il voudrait leur crier de la fermer à ses filles, qu’elles arrêtent de brailler comme ça, mais la bouche est pâteuse. Non, vraiment, il n’aurait pas du tant boire la veille et la bouche s’ouvre contrainte et forcée, pourtant ce ne sont pas des mots qui en sortiront par la fenêtre à l’attention des catins.

Eurg-eurghbllouaaaaarrgh
Heyyyy ! Oh ! Edmond ! Descend vite !


Et la tête difforme du nain de rentrer au plus vite dans la piaule. Descendre vite, elle a de bonnes, elle. Il a beau aimer les femmes de tout son être, des fois, elles lui semblent tellement inconscientes.. Descendre vite et faire tout capoter ? Troquer son image de bon samaritain qui a aménagé dans cette grande maison de Deux-Ecus alors même que la rue est connue pour les putains qui y traînent et qui y pullulent encore plus depuis son arrivée. Griller sa couverture de bourgeois qui a mal choisi sa demeure mais qui a fait avec en abritant lesdites filles de joie moyennant le fait qu’elles se tiennent bien avec le voisinage ? Pourquoi ? Pour des cris ! Il tente une percée pour observer ce qui mérite sa venue, qui mérite qu’il risque de prouver aux yeux des voisins qu’il n’est pas le généreux semi-homme qu’il semble être. Cinq hommes en bas qui escagassent les filles, SES filles, et notamment la petite jeunette dont il s’est occupé quelques jours auparavant.

La peste soit de l’engeance masculine.. Mon Dieu donne moi la force.

Pas de les tuer, il ne se leurre pas, tout au plus, pourra-t-il les calmer. Non, la force de descendre, et vite en plus, il paraît. Les escaliers sont empruntés, mal à l’aise à chaque fois qu’il doit monter ou descendre des marches, les restes d’alcool rendent cela bien pire encore, mais il y arrive, il arrive en bas, mais pas vite, et la porte s’ouvre sur un Edmond à l’air plus renfrogné qu’alcoolisé même si le regard éteint et le teint cireux laissent deviner que le pâté sur la chaussée n’appartient à personne d’autre que le nabot.

C’est pour quoi ?
Ils arrêtent pas d’embêter la p’tite ! Et Velinka qu’est pas là ! T’penses bien qu’on t’aurait pas dérangé sinon.. En plus, il m’a pas payée la dernière fois c’con-là !
Bon messieu..


Pas le temps de finir la phrase qu’il finit à terre poussé par l’un des ruffians. Décidément, pas sa journée. Et cette tête qui n’en finit plus de le lancer, les yeux sont fermés un instant, avant que les deux mains se posent sur le sol pour l’aider à se relever et relever la tête vers la bande d’intrus.

Vous savez, plus on est petit, moins on tombe de haut, plus on se relève.

La chose est énoncée de façon simple, mais surtout pas par bravache, juste par panache. On peut-être un semi-homme est avoir des principes et vouloir secourir des femmes.. Bon des filles de rien, mais quand même. Et sérieusement, le coup qu’il vient prendre dans l’estomac accompagné d'un " Ferme-la " bien senti, n’a pas le panache attendu, et la seule satisfaction qui est accordée à Edmond alors qu’il vomit sur son agresseur, c’est de voir sa trogne, mais l’idée est vite sortie de la tête, parce qu’elle lui fait trop mal pour réfléchir, et que les filles ne veulent pas se taire et continuent à piailler. Saisi par deux bonhommes, il n’essaie même plus de se débattre, et le regard las se pose sur le chef de la bande, couvert de bile et de restes de repas.

T’en restes .. Au coin de la bouche ma belle.

L’orgueil des Wolback n’est pas une légende urbaine, et n’est pas proportionnel à la taille, qu’on se le dise. Il sait que cela va faire mal mais mine de rien quand on y pense, il n’y a rien qui lui aura fait plus de mal ce jour que ce vin qu’il a bu la veille et dont l’âpreté aurait du lui mettre la puce à l’oreille.

Oui, vraiment, il était dégueulasse ce pinard.

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Ma cousine, ce génie de la peinture
Velinka

    [ Au même moment - A tout juste quelques pas ]

    Paris et ses nuits. Un air neutre où il fait bon les percevoir comme une parenthèse, un moment de vacuité où, nombreux sont ceux qui, sans jamais y avoir traîné, s'imaginent que rien ne s'y passe, ou que rien ne devrait se passer, sinon la quête du repos.

    Paris, et ses quartiers mal famés. La vie oisive, l'éducation de l'exploitation du faible et de la femme. Il n'est pas un jour où le pavé parisien ne compte pas un malandrin de plus venu grossir les rangs des bandits et des assassins. Une fille de plus, venue s'ajouter au flot des Putains qui y oeuvraient.

    Paris et ses ruelles, enchevêtrées les unes aux autres, étroites, sales, flanquées de ces maisons hautes de quatre étages, noircies par le temps, et qui voient se dessiner dans certains recoins quelques petits endroits retranchés, tels ces alcôves condamnées. De ces petits endroits devenus lieux de rencontres clandestines. Il en est une en particulier, qui ces derniers temps laisse flotter dans l'air odeur de plaisirs charnels et de peur. Une crainte qui se devinait de jour comme de nuit, et qu'Elle pouvait lire dans les yeux des passants, mais surtout dans celui de ces femmes embourgeoisées qui ne se privaient jamais d'y aller de leur messes basses lorsque de leurs regards pesant Elle la désignait.

    Elle : Vélinka. Fille de rien. Fille de joie... Ribaude ou bien Putain. Certaines la qualifiant même d'instrument du Sans Nom. Fausse, perfide et dangereuse.
    Dangereuse... Un mot qui la faisait sourire et plus encore lorsqu'elle reconnaissaient ceux qui osaient commenter alors même qu'ils prenaient plaisir parfois à venir s'aventurer entre ses cuisses. Vélinka ou une promesse d'évasion...

    Au petit matin encore, c'est à l'abri des regards, dans le coin le plus sombre d'une arche qu'elle voit sa nuit de labeur s'achever. Les tourmalines sont figées, fixant tantôt le mur qui lui fait face, tantôt la voûte qui protège leurs têtes, attendant que le dernier client venu la trouver termine besogne et lui rende sa liberté. L'instant ne tarde pas à arriver, celui-ci trouvant achèvement dans un râle qui vient se perdre au creux de l'esgourde de la Slave. Quant à Elle, c'est un soupir qu'elle retient, soulagée que ce corps qui a jusqu'alors épousé le sien des genoux aux lèvres ne tarde pas à s'éloigner enfin. La main qui la maintenait se retire de sur sa cuisse, laissant à son pied de retrouver contact avec le sol. D'une main, Elle rabat ses jupons retroussés avant de la tendre attendant de recevoir son dû.
    L'homme veut assouvir ses désirs en son sein, soit... Mais pour ça il devra porter la main à l'escarcelle et la payer de ses écus qui lui sont si chers. Chers, pour ce qu'ils lui vaudront un jour de retrouver sa liberté... Pour ce qu'ils lui valent de se protéger encore un peu, Elle et ce pourquoi Elle a fait choix de se retrouver là...

    Les écus, tant que les deniers lui tombent dans le creux de la main avant qu'elle ne voit homme satisfait décamper aussi vite qu'elle l'avait vu arriver. Après quoi, l'endroit est abandonné. L'heure du retour au bercail à sonner pour la Slave. Les prémices d'une nouvelle journée s'étant levé sur la capitale et après une nuit où elle n'en aura pas fini d'être remplie par quantité d'hommes, il devenait catégorique qu'elle aille se débarrasser de tout ce dont Elle se sentait souillée.

    Remontant la ruelle, Elle se dirigeait d'un pas rapide vers la garçonnière qui l'abritait. Mais de sa marche vive qui faisait claquer ses pas sur l'arrondi des pavés, Elle se senti dans l'obligation de ralentir, ses mains et son dos trouvant appui contre la pierre froide et humide d'une maison qui se trouvait tout près. A tout juste quelques pas, devant l'endroit qui l'abritait, Elle et toutes les autres qui ouvraient pour le bon plaisir d'Edmond, Elle aperçu l'attroupement qui s'était formé. Réunion nocturne qui ne l'empêcha pas de reprendre marche lorsqu'Elle entendit qu'on prononçait son prénom.
    Aussi reconnue t-Elle la silhouette de la moitié d'homme , celui à qui Elle appartenait en sorte, s'étaler mains au sol.

    Elle flaire alors l'altercation, accélère le pas et vient rejoindre le groupe qui s'est formé, faisant annonce de son arrivée :

    - Qu'est c'qui se passe encore ?

    Phrase lâchée alors que les tourmalines viennent se poser sur le faciès des trublions.
    - Encore ces sottards ! Et bordel, où sont passés ceux qui doivent veiller à nous en débarrasser ?

    Déjà ses pas l'on fait rejoindre la dernière venue gonfler leurs rangs, un bras lui agrippant les épaules.
    - Viens par là toi... Et à l'avenir, je veillerai à c'que tu n'te tiennes pas trop éloignée de moi... Le temps que tu t'y fasses... T'as fais le choix de la rue... Maintenant va vite falloir t'y habituer. C'est ça... Où tu crèveras. Allez... suis-moi. On sera à l'abri là-haut...

    " Velinka ! Et pour Edmond ?"
    - Quoi Edmond ! Foutredieu, mais laisse-le donc. Il a beau être de petite taille, il n'en est pas moins qu'il sait se défendre... Et puis la protection n'devrait pas tarder à arriver... Et nous en attendant, on ferait mieux de rentrer, crois-moi...

    Comme si Elle avait senti l'étau sur elles, prêt à se refermer les mots sont lâchés... Mais trop tard. Déjà les filles qu'elles sont se voient cernés par deux des cinq hommes, leurs yeux pouvant lire sur les visages les sourires en coins qu'ils affichaient tout en continuant de s'approcher.


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Gwaed
Paris...

Nan, des paragraphes sur la capitale y'en a déjà des centaines d'écrits, j'ai la flemme !

Gwaed connaît déjà Paris. Lorsqu'il a quitté l'Ecosse, après la mort de sa femme et de son fils, pour venir en France, elle a été sa première destination. A la recherche de sa soeur alors, il a songé que l'endroit aurait pu grouiller d'informations ou d'indices sur sa localisation. Il avait alors arpenté les rues, les tavernes et les bordels, priant pour qu'elle n'ait pas fini catin, essayant malgré tout de rester discret sur ses recherches.

Aujourd'hui, il a retrouvé sa soeur et son retour à Paris n'a plus rien à voir avec elle, ou presque. Le géant blond est de retour pour faire les boutiques. Étonnant pour un homme de son tempérament, mais il cherche un cadeau de mariage pour une cousine. Et il sait pouvoir trouver le meilleur choix en la capitale et surtout une idée.
C'est tout a fait par hasard qu'il prend la rue des Deux-Ecus. Quelques éclats de voix lui font tourner la tête vers un attroupement. Il devine tout de suite, pour en avoir l'habitude, qu'il y a des troubles fêtes et des victimes, ainsi que quelques spectateurs. Et que comme souvent, les victimes sont bien choisies : des femmes et un... nain. Il grimace de dégoût, trouvant l'attitude décidément typiquement française.

Sa main se referme sur la garde de son épée. C'est trop tard, il a vu, il a entendu, il ne peut pas ne pas s'en mêler. Son côté écossais, son aversion pour la lâcheté, son impossibilité de passer à côté comme s'il n'avait rien vu ou comme si cela ne le concernait pas.
Ses bottes claquent sur le pavé alors qu'il sort la lame de son fourreau. Sa mâchoire se crispe. Pour le moment, personne ne lui prête attention, mais il va entrer en scène. Personnage principal ou secondaire, héros ou vaincu... L'avenir le dira.

Son bras se relève et la pointe de l'épée s'enfonce légèrement dans le dos de l'homme le plus proche, contre sa colonne vertébrale.
C'est alors sans doute le moment de sortir une phrase classe et appropriée, c'eut été du plus bel effet, mais les mots bien placés ce n'est pas son domaine. Alors il garde le silence et laisse parler ses yeux qui éructent de haine. Il est écossais et forgeron, il sait aussi bien fabriquer les armes que les manier...

Il jette un coup d'oeil furtif au petit homme maintenu par deux brutes avant de relever ses azurs sur celui qu'il menace de son arme. Ce dernier se retourne légèrement, et Gwaed retire sa lame sans pour autant cesser de le tenir en joue.


T'as le droit d'fuir.

Il ne lui fera la peau que si l'autre le cherche, il préférerait éviter de se faire trop remarquer.
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Velinka

    - Et ben mes jolies, où est c'que vous comptez aller comme ça ? Vous n'envisagiez pas quitter la fête tout d'même ?

    Qui dans pareille posture, ne sentirait pas le danger menacer ? Et pour avoir connu pareille situation à maintes reprises, Elle sait comment les choses peuvent tourner. Elle sait la main légère dont certains "couards" peuvent être dotés. Il n'était rien de plus lâche et de moins virile qu'un homme portant les coups sur une femme. Et pourtant, il était un malin plaisir qu'ils s'offraient.

    C'est songeant au pire, qu'Elle repousse la plus jeune, la laissant prendre place dans son dos, s'offrant première à la vermine qui se dresse devant elles. Le regard balaye furtivement ce qui les entoure pour constater qu'Edmond se trouve toujours en mauvaise posture et que rien ne semble venir pour les sortir de ce guet-apens.

    Leçon numéro une : Ne jamais tourner le dos à l'ennemi.
    Fugace inattention, mais qui s'est avéré être trop longue et qui lui vaut de se voir empoigner, une main intruse s'incrustant dans sa chevelure.

    - Lâches-moi espèce de brute !

    - Ferme là la putain ! Où j'vais t'empêcher de l'ouvrir pour longtemps t'm'entends ? Et m'dis pas qu't'aimes pas qu'on t'brusque... J'suis certain qu't'aimes ça ?

    Coups de dents qui vient lui mordiller le lobe de l'oreille alors qu'Elle sent une seconde main s'activer à vouloir passer sous sa robe, cherchant à trouver une place au chaud entre ses cuisses. De force, Elle n'a pas assez pour se débattre, son corps étant maintenu avec virulence contre celui de son tortionnaire. Et elle n'aurait de toute façon pas cherché à s'en défaire pour la simple et bonne raison que pendant qu'on s'en prend à elle, on oubli de s'en prendre aux deux autres. D'ailleurs, c'est sur elles que se pose son regard et la détresse qu'elles affichent.

    - Rends c'te catin à sa rue et regarde plutôt qui v'là...

    A l'autre homme d'interrompre son comparse désignant un dernier venu. Et la réponse qui ne tarde pas à se faire, le tout dans un silence absolu.
    La poigne qui retenait la Slave fermement s'entrouvrit pour venir terminer sa course en un coup donné au creux de ses deux omoplates. Un coup qui lui coupa le souffle et dont la force la fit chuter à terre avant que les deux autres filles ne s'élancent à ses côtés pour voir si Elle n'avait pas trop morflée.
    Tourmalines relevés sur la scène qui se jouait à présent, Elle regarda Edmond, puis l'inconnu venu faire face aux problèmes.
    Restait à profiter de l'éloignement des deux hommes pour se relever, mais encore fallait-il pouvoir y arriver.
Osfrid
    Il était encore l’heure où les gens se cachaient dans leur sommeil lorsque le danois entra à Paris. Bien longtemps qu’il n y’avait pas mis les pieds. Des mois, des années même… Son séjour en Italie l’avait retenu plus que de raison mais il avait bien œuvré. Giovanni avait été un excellent compagnon de fortune, lui offrant une place de choix à sa table en guise de remerciements pour la protection qu’Osfrid lui offrait. Et puis il y avait eu les voyages, les maisons de plaisirs, les tables de jeu que Giovanni fréquentait ardemment. Le danois s’était plongé dans ce monde de débauche d’abord de loin et puis doucement s’y laissant envahir par les habitudes. La boisson surtout et quelques filles qui savaient garder leur place. Au moins elles ne s’accrochaient pas à lui pour l’aimer, elles savaient que jamais il n’y aurait de retour de sentiments. Et ça lui convenait au danois, oh oui ça lui convenait. Autant il aimait se frotter au menu fretin et se battre avec le cœur et le corps autant ils se tenaient éloignés des femmes trop envahissantes.

    Et tout en pensant à ce passé pas si lointain, Osfrid sourit légèrement. Il avait donc quitté l’Italie de bon cœur, Giovanni ayant maintenant une garde personnelle que le danois s’était évertué à former tant bien que mal, pour prendre la direction du Nord. Le retour dans son foyer pouvait maintenant se faire sans problème. La colère des temps anciens était apaisée, Osfrid avait rangé son mal être dans quelques cases bien scellées. Il n’oubliait pas pour autant les siens disparus trop vite, trop tôt mais il avançait maintenant dans sa vie avec un peu plus d’enthousiasme qu’autrefois, un peu plus de confiance aussi et quelques cicatrices jalonnant son corps, prouvant sa voracité à se jeter dans l’action quand elle le méritait.

    Passant donc à Paris, le danois avait décidé de rester quelques jours avant de remonter plus au nord pour y trouver un bateau pour le Danemark. Et la ville de lui offrir tant de plaisirs qu’autrefois il n’avait pas vu ou sur lesquels il ne s’était pas attardé. Laissant son compagnon équidé à l’écurie d’une auberge qu’il avait choisi pour être proche des quartiers commerçants bien connus, Osfrid s’en était allé de par les ruelles encore sombres malgré le petit jour qui se pointait. Quelques signes de tête aux bourgeois qui déjà pressaient le pas pour atteindre leur destination et ouvrir leur commerce de tout et de rien, quelques zigzagues pour éviter des pochetrons en mal de rixes afin de se prouver qu’ils tenaient encore debout et des sourires aux belles de nuit qui rentraient au bercail afin de chasser les effluves de la rue pour mieux s’endormir dans l’oubli. Mais voilà qu’à Paris, à chaque coin de rue, se tenait la promesse d’un spectacle hors du commun.

    Tandis qu’Osfrid tournait les talons pour emprunter une ruelle un peu plus éclairée, des éclats de voix lui firent relever le visage dans la direction qu’il pensait être la bonne. Ralentissant le pas et sans trop se montrer, il longea le mur d’une maisonnée avant d’y prendre appui avec nonchalance. Un nain semblait en bien mauvaise posture, à tâter le sol de ses membres, bien que déjà un grand blond paraissait vouloir prendre sa défense tandis qu’une jolie donzelle se faisait trousser contre sa volonté. D’un soupir, le danois signala sa présence. Se décalant du mur, il observa de ses prunelles céruléennes les deux hommes qui venaient de vouloir jouir sans payer.


    - Et bien messieurs, on profite des joies de fin de nuit pour faire ses petites affaires ?

    Comme s’il s’en moquait, Osfrid s’avança d’un pas calme et presque enjoué. Il tendit la main à la fille qui avait fini sa course sur les pavés, le souffle coupé et l’aida à se relever.

    - Quelles affreuses manières vous avez là messieurs… cette pauvre fille ne faisait que son travail et vous nous l’abimez… comment voulez-vous qu’elle puisse travailler après ça ? Et moi qui me faisait une joie de venir dépenser quelques écus dans ce quartier… non franchement, vous êtes des plaies pour la clientèle…

    Sourire moqueur sur le bord de ses lèvres, Osfrid poussa doucement la belle sur le côté, au milieu de ses sœurs de la nuit avant de s’avancer vers les deux sombres crétins qui s’étaient retournés dans sa direction pour l’invectiver.

    - Toi dégage, on t’a rien d’mandé… t’as encore le choix d’partir sans trop d’casse !

    Et le danois d’éclater de rire. Ce rire qu’il chérissait, fort et bruyant, celui qu’il gardait pour les moqueries, celui qui menaçait tout en s’échappant de sa gorge. Et d’un geste leste, le guerrier qu’il était depuis sa prime jeunesse tira sa lame de son fourreau pour mieux la pointer dans la direction des cancrelats qui déjà cherchaient à fuir de leur regard.

    - Tu disais… mon brave ?

    Il savait que de parler ainsi allait titiller leur éducation de la rue. Et d’une étincelle joueuse de luire dans le regard du danois, prévenant que rien ne l’arrêterait si combat il devait y avoir.
Edmond..
La gueule de bois a toujours été en tête de liste dans les situations qui peuvent être désagréables et rendre une journée infernale. A cet instant précis, Edmond se dit que finalement, il peut y avoir pire qu’une gueule de bois : Avoir la gueule de bois et être pris à parti dans une rixe. Et là, maintenu par deux abrutis, il observe la scène aussi calmement que l’on peut être quand on a la tête prête à exploser et les entrailles en ébullition. Un instant, il s’en veut d’avoir renvoyé les deux hommes qui avaient pour tâche de surveiller les filles, parce qu’ils avaient essayé de voler dans sa propre piaule deux jours auparavant. Voleurs mais bien utiles. Comme Velinka d’ailleurs, le vol en moins. Velinka qui arrive et lui fait espérer un peu bêtement que la situation va se dénouer, ou du moins qu’elle arrivera à attirer les filles ailleurs pendant qu’il se fera refaire le portrait. S’il est le père, Velinka est la mère. Une putain et un nain comme parents, il y a lieu de s’inquiéter pour l’éducation de ces filles. Si Velinka est là, ça va aller. Ou peut-être pas, puisqu’elle aussi se retrouve en fâcheuse posture, et que voulez-vous qu’un nain puisse y faire à part peut-être jeter un regard mauvais à leurs assaillants.

Pourtant, il ne s’inquiète pas trop. Velinka en a déjà vu des pires et en reverra, mais la voir malmenée ne le comble pas de joie même si réaliste, le nabot sait que si à son âge, la putain est toujours en état de travailler, c’est qu’elle a toujours réussi à se sortir des mauvais pas. Oui, vraiment c’est une de ses situations tout à fait désagréables, résumons-la : Son foie est au bord de la rupture, des truands s’apprêtent à détruire son gagne-pain et à lui prendre sa vie ou au moins un bout de son intégrité physique, et en plus, un marchand l’a escroqué en lui vendant du prétendu bon vin. Le Très-Haut a certainement un message à lui faire passer à n’en point douter. Au moins, doit-on se rassurer à l’idée qu’à cette heure-ci peu de parisiens auront le courage d’ouvrir les vantaux de leurs fenêtres pour voir ce qui se passe dehors. Au moins s’il meurt, sa réputation sera épargnée. Mais Dieu n’en a pas voulu ainsi, du moins c’est ce qu’on pourrait penser à voir l’homme qui s’avance vers eux et menace placidement l’un des ruffians. En vérité s’il ne menaçait pas le brigand qui en veut à ses filles, il lui ferait certainement peur, parce qu’Edmond n’est pas un sur-homme, tout au plus une moitié d’homme et que ce géant blanc ne lui inspire pas confiance ou du moins, si mais seulement quant à sa force de persuasion. Les choses semblent se dénouer même si à un contre plusieurs, le colosse ne fera pas l’affaire.

Le nain esquisse un sourire en coin, appréciant l’ironie de la situation, leur sauveur est tout seul et il va se faire rétamer avec eux, mais c’est un beau geste qui fera se pâmer les putains des Deux-Ecus pendant de longues semaines. Le regard croise celui de Velinka, un regard las mais serein, le nain n’a pas peur de la mort, pas plus que la slave. Leurs vies sont à la hauteur de ce qu’ils en ont fait. Seul le Très-Haut pourra les juger. Fataliste, il attend comme tout le monde que quelqu’un bouge, mais les choses se compliquent d’autant plus avec l’arrivée d’un autre homme, ami ou ennemi, qu’en sait-il ? Mais quand il repousse les vandales et redresse Velinka, du moins le considère-t-il comme une personne civilisée, bien loin de ressembler au premier libérateur, celui-ci est tout en gouaille et fanfaronnades mais sa taille ne donne pas l’envie à Edmond d’aller lui dire. Velinka debout, cela a de quoi requinquer n’importe qui, ou du moins de réveiller le Wolback de sa torpeur.


« Post tenebras lux .. Bah, vous risquez pas de savoir ce que va dire, abrutis.. Mes bons sires, si vous pouviez éviter de les tuer, ils me doivent de l’argent et une gifle à Velinka. »

Autrement dit, il n’est pas encore mort, et d’ailleurs, le voilà qui se tortille et s’agite, parce que nain mais pas frêle, le petit tonneau roule et s’échappe de la poigne des mécréants avant de sortir une dague de sa botte. Il ne titube même pas.. Ou presque pas. Mais il ne fera pas le premier pas, pas assez rapide pour ça. Est-ce d’être menacé par un nain ou privé de la possibilité d’exercer leurs bas instincts, toujours est-il que l’inaction et la stupeur des ruffians se muent soudain en agressivité dénuée de toute moquerie.

Ca chauffe aux Deux-Ecus, tout ça pour le cul d’une putain et trois pièces. Foi d’Edmond, on ne l’y reprendra plus.. Ou pas avant demain ! Au moins..

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Ma cousine, ce génie de la peinture
Gwaed
L'homme s'est retourné. Gwaed le toise, de toute sa hauteur. Il est un peut plus grand que la moyenne et a toujours profité de cet avantage pour calmer ceux qui pourraient lui chercher des noises. Ajouté à cela ses muscles de forgerons bandés, et souvent les mécréants en face savent à qui ils ont affaire. Ce qui ne les décourage pas tous pour autant... La preuve en cette rue des Deux-Ecus.

L'écossais plisse les yeux en remarquant la traînée de vomis sur les vêtements du malandrin. Il a raté cet épisode. Mais il oublie bien vite ce détail quand il remarque que tous ses acolytes se tournent vers lui. Il les observe furtivement un à un, essayant d'analyser la situation, espérant que les deux qui tiennent le nain resteront à leur place. Face à trois hommes, il a encore une chance, surtout s'ils sont mauvais escrimeurs.


Fuir ?

Les lèvres du chef s'étirent d'un sourire carnassier et moqueur, tandis qu'il tire son épée bâtarde de son fourreau.
Mais une voix leur fait tourner la tête, et tous observent le nouveau venu, visiblement décidé à se joindre aux festivités. Au contraire de Gwaed, lui semble savoir manier les mots, en plus de l'épée qu'il tient dans la main. A moins que, comme les mots, elle ne serve qu'à faire effet...
Mais l'écossais ne crache pas sur l'aide qu'il pourrait lui apporter.

La dernière phrase du nain achève d'énerver l'homme souillé de vomis qui hurle quelques ordres à ses hommes avant de s'avancer vers le grand blond.

Qu'il approche, puisqu'il n'a pas peur d'un géant...

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Velinka


    Comme privée d'air, les mains à plat baignant dans l'humidité des pavés, Vélinka tentait tant bien que mal de retrouver son souffle. De la scène elle se détourna, baissant la tête, ne pouvant retenir une grimace venue témoigner de la douleur qui persistait à lui comprimer le thorax. Le coup avait été donné si violemment, qu'elle eut l'impression, sous l'intense panique, de mourir.
    Le soutien retrouvé des filles lui avait valut de se redresser un peu, tandis que sa senestre écorchée avait quitté le sol pour venir prendre place sous son sein gauche, appuyée à l’endroit même où se trouvait son cœur, victime de palpitations au rythme irrégulier.
    Puis une première bouffée d’air venait à nouveau lui emplir les poumons.
    Une prise d’air qui lui rendit tout autant la parole.
    Des mots qui s’échappèrent dans un souffle :

    - Malo Sranja *

    L’insulte avait été lâchée avec dégoût, non sans perdre de vue celui qui l’avait ainsi envoyé valser sur les pavés.
    Qu'elle aurait aimé alors, à défaut d'être mâle, retrouver toute la hargne de sa jeunesse, trouver la force de se relever sans laisser à la douleur de la dominer. Mais avec les années, l'expérience acquise des mauvaises rencontres, elle avait davantage appris à se taire, à se soumettre, surtout lorsqu'elle devait faire face à l'animosité masculine. Question de survie ? Probablement.
    Mais qu'en serait-il ce jour, dans ce combat non équitable qui opposait un homme et la moité d'un autre, face à la vermine en surnombre ?


    " Profitons-en pour foutre le camps... Relèves-toi... Maintenant !"

    Se posant la question, la voix d'une des deux filles parvenant discrètement à ses oreilles, elle chercha la force de se relever s'essayant à prendre appui sur leurs épaules, mais voilà qu'au même moment, se présentait sous son nez une main tendue. Main d'un homme qui, comme surgit de nulle part, semblait cette fois ne pas vouloir s'en servir contre elle comme d'une arme. Bref instant d'hésitation tout en lorgnant ce support offert avant qu'elle ne s'aventure à y mettre la main pour enfin quitter terre.
    Ses yeux noirs détaillèrent brièvement l'inconnu et sur le fait le remercia d'un simple mot :

    - Merci...

    Un bien court échange, tandis que son regard venait quant à lui, lui faire part de bien plus de reconnaissance.
    Puis dans un geste ou elle fut mise à l'écart, elle retrouva le soutien de ses fidèles compagnonnes qui déjà l'entraînait vers la garçonnière dans le seul but de pouvoir aller s'y mettre à l'abri. Traînée, avançant péniblement, l'une de ses chevilles la torturant un peu, elle jetait néanmoins regard par dessus son épaule, répondant à l'irrésistible besoin de savoir ce qu'il en était pour chacun.
    Un dernier appel se fit entendre alors, lorsque son regard croisa une fois encore celui de leur souteneur et qu'elle le vit se défaire de l'emprise des deux sauvages l'ayant jusqu'ici malmené :

    - Edmond !

    Et comme une supplication faites aux deux hommes venus porter de leur aide, elle rajouta prenant place sur le seuil de la "Ruche" du Wolback :

    - Aidez-le !... Avant qu'ils ne nous l'tue ! S'il vous plaît !

    S'il le fallait, les filles qu'elles étaient sauraient le moment venu les remercier, pourvu seulement qu'il viennent en aide à leur "Sauveur".


* petite m.erde
Osfrid
    Tout le monde se regardait en chien de faïence et le nordique sourit. On aurait pu le prendre pour le dernier des abrutis sauf que les années sur les champs de bataille l’avaient façonné à attendre un jour que la mort arrive. Alors ici ou ailleurs il n’y avait aucune importance pour Osfrid qui savait qu’un jour elle viendrait frapper à sa porte. D’ailleurs ce dernier observa du coin de l’œil ses adversaires et ceux qui étaient du bon côté de la barrière.

    Le demi-homme avait le verbe facile et fit accentuer le sourire du danois. Parler latin à des sottards voilà qui menait pas bien loin mais lui apprenait que le bonhomme avait déjà une certaine éducation. Bien que ses vêtements le lui avaient prouvé depuis un petit moment. De bonne facture, taillé sur mesure, forcément avec sa taille peu commune, mais il n’était pas aisé de trouver un bon couturier sauf si on y mettait le prix… bref, le petit bonhomme n’était pas n’importe qui… quant au grand blond, taciturne, légèrement sauvage, mais les muscles là où il le fallait apparemment donc capable de tenir une épée sans la lâcher ou se la retourner contre lui… C’était déjà un bon point et autant se serrer les coudes contre les adversaires qui se dénombraient par cinq.

    L’œil du danois suivit le mouvement d’un des deux qu’il avait invectivé et dont il avait surpris le changement de position ainsi que sa main qui se portait doucement à sa taille. Alors d’un geste vif, Osfrid vint chatouiller le cou de ce dernier de la pointe de son épée.


    - Tsss tsss un mouvement trop brusque et je te garantis que de toi ou moi c’est toi qui finira la gorge tranchée…

    Puis il tourna légèrement son visage vers Edmond avant de lui sourire.

    - Il est dommage qu’on ne puisse pas les occire messire, je me faisais une joie d’offrir un petit cadeau à la mort en ce début de matinée mais soit… une petite leçon devrait leur suffire puisque, en plus d’être des lâches ce sont là des mauvais payeurs…

    Et alors qu’il terminait sa phrase, il entendit la voix de la catin qui leur demandait, à son compagnon de fortune et à lui-même, assistance. Il n’était pas du genre à ignorer un appel et encore moins à fuir de l’action. Le danois n’avait pas l’intention de s’enfuir car, dès lors où il était arrivé à hauteur de cette entrevue musclée, son choix était fait.

    - Rassurez-vous belle de nuit, personne ne va tuer personne ou alors nous... dans un moment d’inattention bien entendu !

    Puis sans crier gare, celui qui avait fait mine de bouger quelques instants plus tôt tira une dague de sa ceinture et la brandit en direction d’Osfrid. Esquivant le geste, la lame vint quand même flirter avec le haut de son épaule et lui laisser un petit souvenir sur la peau. Grognant et cette fois de mauvaise humeur, le danois engagea le combat avec ce malotru dont les bonnes manières avaient été jetées dans le caniveau. Un coup d’épaule pour le faire reculer afin qu’il n’aille pas du côté des filles, Osfrid évita avec soin les coups de dague que l’autre tentait de lui asséner. Un pas de côté, le danois se retourna pour se retrouver dans le dos de l’abruti. Il lui flanqua un coup de pied magistral au cul afin de le renverser et l’homme s’étala sur les pavés. Et se tournant vers Edmond, il rajouta plus par amusement que par besoin…

    - Vous disiez cher ami… ne pas les tuer n’est-ce pas ?

    Mais déjà les autres malandrins bougeaient pour foncer dans le tas. Et Osfrid de rajouter.

    - Je crois qu’ils n’ont pas encore compris qui ils avaient en face d’eux…
Edmond..
Pour survivre, il y a plusieurs solutions. La première consiste à rester sagement chez soi, la deuxième se résume à avoir la plus grosse .. Lame, la troisième finalement est plus simple, il s’agit d’être dans le camp des plus forts.

Dans la situation actuelle, Edmond s’en sort plutôt bien même s’il a quitté la sécurité toute relative de la piaule, en dépit de sa dague, il se retrouve à combattre aux côtés de deux hommes qui font presque le double de sa taille. Pas de quoi s’inquiéter n’est-ce pas ? Toujours est-il qu’il aurait tendance à être de l’avis du géant blanc, et à préférer la menace plus que l’exécution. Et voilà que Vélinka attirant tous les regards sur elle et arrachant un sourire amusé au nabot.

L’apprécie-t-elle donc tant que cela ?

Bah, si l’on veut se donner du cœur à la tâche, il ne faut surtout pas se poser des questions sur les éventuelles affections d’une putain aussi agréable soit-elle, même si elle s’appelle Vélinka. Pourtant, puisqu’il est homme, cela lui met du baume au cœur de savoir que de façon intéressée ou non, une femme s’intéresse à sa vie, à sa survie. Et alors que l’un des hommes attaque l’autre grand blond. Celui-ci l’amuse à son corps défendant, plus par ses moqueries que par sa façon de se battre. Adepte des bons mots, il aime l’humour caustique même si avec l’âge, il a su calmer sa verve pour le moins dangereuse en raison de son petit gabarit. Il les envie ces deux blonds parce qu’ils sont grands, et parce qu’ils n’ont rien à craindre surtout. Et puisque tout le monde fonce dans le tas et surtout sur les deux géants, Edmond de foncer vaille que vaille.. Non, c’est faux. En vérité Edmond s’avance sournoisement et à la dérobée vient planter sa dague dans l’arrière du genou d’un des brigands, savourant avec un plaisir non feint le cri et le bruit mat du corps qui s’affaisse sous la douleur.


« Ne peut-on parler entre adultes civilisés ? »

Bordel, oui. En plus, il a la bouche pâteuse.

Non, Edmond n’a rien de commun avec ses deux sauveurs autrement plus distingués dans leur façon d’être, mais enfin, comprenez-le. Vous pensiez réellement qu’il allait attaquer de front avec son poignard ?

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Ma cousine, ce génie de la peinture
Gwaed
Les épées s'entrechoquent.
La claymore de Gwaed et la batarde du chef qui l'a pris pour cible.

En fuyant l'Ecosse, le grand blond n'a pas pu abandonner cette épée si particulière aux Highlanders. Quitte à se faire repérer par des connaisseurs, et lui faire perdre sa fausse identité, elle ne le quitte pas. Elle toujours fidèle, de qui il connaît par coeur le poids, la taille, le maniement, le moindre entrelacs de sa garde... Elle qui lui fut offerte par son père et qui le sauva de bien des dangers...

Elle qui à cet instant précis tourbillonne dans l'air nauséabond de Paris, et s'acharne sur une soeur éloignée.

Il pare sans mal les coups de son agresseur qui use de passes très classiques. Un coup à droite, un coup à gauche, puis un coup en bas. Il s'en amuse et esquisse un sourire à son adversaire qui ne semble pas apprécier. Dans ce qui semble être une dernière tentative desespérée, le chef se rue sur lui dans un hurlement de rage. Les épées se rejoignent presque à la verticale et les visages s'y approchent dangereusement, jusqu'à venir frôler les lames.

L'Ecossais observe l'homme qui lui fait face. Sa machoire est serrée et il semble mettre toute sa force dans son arme. Ses petits yeux porcins lui donnent l'air moins intelligent qu'il ne doit l'être réellement. Gwaed prend alors une grande inspiration et dans un grognement le repousse violemment. L'agresseur bascule, fait quelques moulinets avec les bras et tombe à la renverse. Alors il s'approche, et du pied repousse la batarde qui est tombée au sol dans un bruit sourd. Il pointe sa lame vers l'homme à terre tout en jetant un rapide coup d'oeil autour de lui.
Deux sont avec le blond qui les a rejoins alors qu'un troisième à plié le genou sous le coup de poignard insidieux du nain. Le quatrième est à terre, menacé par la claymore, et... Le cinquième ?

Il se pose la question trop tard. Le cinquième est dans son dos et s'est jeté sur lui pour lui attraper les deux bras qu'il tire en arrière, rendant son torse écossais vulnérable.

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Rosalinde
Silhouette encapée et encapuchonnée qui déboule dans le quartier, semblant connaitre le dédale de ruelles comme sa poche. La Parisienne est à Paris. Pour un temps seulement, celui de passer le concours des avocats du Dragon, et de suivre les cours préliminaires. Et c'est dans les entrailles de son Paris qu'elle semble se ranimer, louvoyant entre les ivrognes et les catins qui terminent leur nuit de labeur, au rythme des souvenirs qui affluent des méandres du passé, lorsque c'était en compagnie de sa cousine qu'elles regagnaient leur maison au petit matin.

C'est dangereux. Elle ne devrait pas. Finn deviendrait fou, s'il l'apprenait. Oui mais voilà, Finn n'était pas là. Finn n'était plus là. Abandonnant son entêtée de femme engrossée, confuse et déboussolée au moins de se foutre de risquer la vie de son enfant à venir. Risquer vraiment, pas comme se prendre une paire de claques de la part d'Astana en taverne. Il n'avait rien vu, l'Irlandais, de ce qu'elle était capable d'accomplir lorsqu'elle était livrée à elle-même. Comme il n'avait rien vu de ce qu'elle avait accompli pour lui plaire et tenter d'être une bonne épouse.
Qu'importait qu'un enfant qui n'avait jamais vu le jour meure ? Peut-être n'était-il même pas conscient d'exister, et puis... Peu importe où irait cette âme innocente, ce serait sans doute mieux que la vie qu'elle aurait à lui offrir, celui de fils ou de fille d'une petite intendante au cœur en miettes et d'un coureur de guerres absent. Quant à elle... Ils seraient bien peu à la regretter. En comptant bien... Anne, Davia, Katina, peut-être Judas et... Voilà. Quatre personnes pour la pleurer. Piètre score, pour vingt-et-un ans d'existence.

Alors elle avançait, prudente, mais résolue. Serrant entre ses doigts blancs un petit bout de parchemin.


Citation:

      Edmond Wolback
      Rue des Deux-Ecus



Il lui avait pris l'envie d'aller surprendre son cousin, qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam, au saut du lit. Et elle approche, de son pas vif. S'arrêtant cependant au coin de la ruelle, l'oreille dressée et les sens en alerte. Une rixe, en témoigne le fracas métallique des épées. Un cri "Edmond ! Aidez-le !" lui fait comprendre que son parent semble au moins aussi doué qu'elle pour se fourrer dans les embêtements divers et variés. Réflexe de limier, elle se plaque contre le mur, dans la pénombre, puis fait glisser de sa manche le stylet dont deux Réformés plutôt amicaux ce jour là l'avaient poussé à faire l'acquisition.

Silencieusement, elle s'approche, un peu, mais pas trop près, le dos toujours plaqué contre la paroi, analysant la scène. Une putain, qui braillait depuis le seuil d'une maison, un nain qui venait de planter une dague dans le genou d'un homme, qui manifestement était identifiable comme "un méchant", ainsi que quatre autres compères de cet acabit, tandis que deux hommes semblaient les tenir en respect... Jusqu'à ce que l'un d'eux se retrouve tenu par les bras, offrant son buste en pâture aux agresseurs. Un détail avait attiré l'attention de Rose. Cette épée singulière, qu'il lui semblait avoir vue comme illustration dans un livre traitant de l'Albion et affiliées... Nul doute qu'il devait s'agir du cousin Wolback.

Les phalanges de la senestre se crispent sur le stylet. Elle ne pouvait pas laisser Edmond - ou celui qu'elle pensait être Edmond - ainsi.
La paume de la dextre se presse contre l'encore relativement discrète proéminence de son ventre abritant la vie.
Dans l'ombre s'insinue l'adrénaline au creux des veines de la Rose. Elle se rappelle des leçons de Maleus. Frapper où la chair est tendre. Elle est proche. Personne ne l'a vue. Si elle ne le fait pas maintenant...

Alors elle s'élance, dans un léger bruissement de tissu. En deux pas, elle a atteint sa cible qui lui tournait le dos, en un geste du bras elle plantait la lame dans son cou. Carotide et voisines percées, sang qui gicle artistiquement alentours. Et après avoir retiré son arme de son fourreau de chair, deux pas en arrière, et elle regagne l'ombre protectrice, le cœur battant à tout rompre.

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Gwaed
Il joue des épaules et essaye de se dégager, sans quitter des yeux celui qu'il venait de mettre à terre quelques secondes plus tôt et qui se relève. Sourire satisfait aux lèvres, de voir que la tendance s'inverse. Tellement facile d'être deux contre un... Et visiblement tellement jouissif.
Il serre les dents, essaye de se débattre un peu plus, jouant du poignet pour avancer sa lame, espérant retenir l'autre qui s'avance maintenant après avoir récupéré son arme.

Alors que Gwaed s'apprête à lever les pied pour le balancer contre son agresseur, il sent comme un flottement soudain dans l'air. Le chef, face à lui, s'immobilise et écarquille les yeux, pendant qu'il sent les bras emprisonneurs se relâcher. Un peu étonné, il secoue les épaules un peu plus pour se libérer, sentant que c'est sa seule chance, d'où qu'elle arrive. Derrière lui, le corps s'effondre et l'écossais avance vers le chef sans regarder par dessus son épaule. Il verrait plus tard...

Éberlué, le couard recule, regarde ses autres hommes... Il semble annalyser diféremment la situation, s'apercevant qu'il a plus d'ennemis que prévu. Alors, finalement, sans demander son reste, il prend la fuite, non sans adresser un "
tu m'le paieras" au nain qui l'a mis dans cette situation.

Gwaed, avant d'analyser ce qui a pu arriver à celui qui gît au sol, surement mort, préfère s'occuper de ceux encore vivants. Il s'approche de celui qui a plié le genou et le menace seulement de sa taille.
Il tourne la tête vers Edmond, regard interrogateur.


J'te le laisse ?
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Edmond..
Si on lui avait dit quand les malfrats l’ont pris à partie que la situation pourrait s’arranger, il n’y aurait pas cru. Des putains et un nain face à des hommes armés, les chances de réussite sont plutôt limitées. Mais là, cela s’arrange et surtout, le cynisme naturel du nain le pousse à considérer la situation d’un air détaché, il se retient à grande peine de lâcher « Quand je serai grand, je serai comme vous. » Déjà, parce qu’il ne sera jamais grand, et ensuite parce que la situation dégénère alors même qu’il la pensait sauvée. A quel moment ont-ils quitté du regard le dernier ruffian ? Il ne s’en souvient pas et c’est trop tard, le chef se relève et lui n’ose pas. C’est un nain, bon sang ! Et la situation ne s’arrangera pas, pas à moins que le destin n’en décide autrement.

Et c’est le cas. Il voit en face de lui, l’ombre encapuchonnée qui s’approche, la tête hébétée de l’homme qui maintient le grand blond et la situation revient à leur avantage quand le brigand tombe au sol et que le chef se sauve, courageux mais pas téméraire. La menace ? Il la prend comme elle vient. Pas de provocation inutile, il n’a pas peur, il est juste réaliste. Rien ne sert d’être provocateur quand on ne peut pas se défendre tout seul, il n’est pas fou.

Les choses se dénouent enfin, et l’air débonnaire du nain ne le quitte pas quand l’écossais lui propose de lui offrir le malfrat en cadeau de rencontre.


« Votre générosité n’a d’égale que votre dextérité mon ami. »

On pourrait s’attendre à ce qu’il soit mauvais ce nain devenu adulte qui a été un enfant souvent persécuté, mauvais parce qu’il a à sa merci un homme et que personne ne le laissera faire s’il tentait quelque chose. Mais c’est sans compter la patience d’Edmond, et sa gueule de bois qui n’est pas à négliger non plus. La dague se pointe vers le gosier de l’homme et descend lentement vers la ceinture, le regard est las et le sourire mécanique. Dans un bruit mat, la lame vient trancher le cordon de la bourse qu’il récupère de l’autre main.

Voilà bien tout ce qui l’intéresse.


« Dis à ton ami que le guet aura certainement vent de cette petite rixe demain.. Evitez de trop traîner par ici, n’est-ce pas ? Je ne te raccompagne pas. »

La bourse en main, il va pour regagner le pas de la porte, et finalement se tourne vers les deux blonds, un vrai sourire aux lèvres, tandis que la bourse est déposé dans les mains de Vélinka et que la senestre vient caresser le bras de la catin dans un geste rassurant.

« Préparez tout. Quant à vous, mes .. Amis, entrez donc, j’ai une bouteille qui attend d’être partagée en bonne compagnie à l’intérieur. Que l'on salue votre courage. » La tête se tourne vers l’encoignure du mur. « Vous aussi, entrez, il ne sera pas dit qu’Edmond Wolback est un ingrat. »

Et cette fois, c’est du bon vin !
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Ma cousine, ce génie de la peinture
Rosalinde
    "Connaissez-vous l'histoire
    D'Edmond le p'tit nain ?
    Qui en avait marre
    De n'faire ça qu'avec sa main ?"

    D'après La Bande à Jacky de Gierdé (et oui le pléonasme est volontaire !)


Retour à l'ombre protectrice, donc. De nouveau, elle s'adosse au mur, fixant à présent d'un regard inquiet les différents protagonistes des combats. Qu'a-t-elle fait ? Une main, posée sur son coeur dans l'illusion d'en freiner les battements, laisse une trace pourpre sur la cape brune déjà souillée de sang. Ce sang encore chaud dont des gouttes dévalent son avant-bras jusqu'à son coude. Pourquoi s'en être mêlée ? Après tout, elle ne le connaissait pas, cet Edmond, si cela se trouvait elle aurait préféré le voir mort. Ou mieux encore, il aurait pu se débrouiller tout seul, même si elle voyait mal comment.

Mais pourquoi était-elle allée se fourrer dans ces ennuis ?! Se rire du danger, heingh? Se sentir plus vivante, se moquer de mourir ? Bordel ! Le mouflet dansait la gigue dans son ventre, sans doute pour rappeler sa présence à l'attention maternelle. Rose, une fois de plus, avait fait ce qu'elle savait faire de mieux : Agir avant de réfléchir aux conséquences de ses actes.

Heureusement, en face, la situation semblait se débloquer, et les maroufles fuyaient la queue entre les jambes. Le nain s'empare d'une bourse (it is a truth universaly acknowledged... les nains aiment l'or), et flatte la catin, avant d'inviter tout le monde à entrer. Chez lui ? Cela voulait dire que... ?

Réflexion coupée dans son élan, il se tourne vers son coin d'obscurité, l'invitant également à le suivre, et se présentant comme Edmond Wolback. Damn it. Alors elle s'était trompée ? Et son cousin n'était pas le grand, musclé et blond, mais le... Nain ? Mon Dieu ! Et c'est... C'est... Héréditaire ? La voilà qui craint pour son petit. Enfin, comme rester plantée là n'y changerait rien, et que le nanisme n'était sans aucun doute pas contagieux, elle se décida à pénétrer à l'intérieur de la demeure, à la suite de son... Cousin.

Porte franchie, donc. Du regard, elle détaille la pièce qui s'ouvre à elle. Typique d'un intérieur bourgeois. Avantage non-négligeable, un bon feu brûle encore dans la cheminée, vers laquelle elle se sent attirée comme par un aimant. C'est qu'il ne fait pas chaud, dehors. Ceci dit, elle n'avait pas été élevée chez les jacques, le mieux était donc de faire montre de quelques marques de politesse envers leur hôte avant de prendre ses aises dans son coin préféré de la pièce. Car la Wolback-Carrann avait des tendances Sheldon-Cooperiennes qui lui faisaient choisir SA place, la place idéale, et ne plus en décoller. "This is my spot !"

Pressée de se réchauffer, elle rabaissa donc le capuchon qui masquait sa pâle figure, libérant une forêt de boucles auburn par la même occasion. Inclinaison de tête en direction du nain, et sur ses lèvres plaquer un sourire courtois, mâtiné d'amusement face à la cocasserie de la situation.


- Mon cousin, c'est un plaisir de vous rencontrer, même... En de telles circonstances.

Et une requête, de circonstance, justement.

- Auriez-vous de quoi me permettre de... Me laver les mains ?

Et de lever deux mimines carmines, dont l'une tenant encore l'arme du crime.
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