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[RP] Le Nécronomicon doit retrouver sa place

Tanneguy
[Cour des miracles – Paris 1461]

Silence et calme sont les maitres mots en cet instant fatidique. Plongé dans l’obscurité de ses appartements à l’étage du domaine de Nauzhror, son visage n’est éclairé que par quelques bougies dont la cire n’a jamais cessé de couler sur les meubles anciens.
Son masque est tombé, celui-ci repose à ses cotés. Sa buse noire vient d’être époussetée mais c’est tout autre chose qui l’intrigue désormais. Ses yeux scrutent son propre reflet dans un miroir salit par le temps et la poussière.
Sa main gantée aux doigts parsemés de quelques chevalières fit quelques vas et viens sur sa joue d’où quelques légères tâches blanches naissaient peu à peu. Elles prenaient vie, elles s’invitaient sans son consentement et il n’y pouvait rien. Même ses quelques connaissances en matière de médecine n’étaient pas suffisantes pour relever ces quelques interrogations. Pourtant ce n’était pas le moment pour lui de faiblir, il se devait de conduire la Horde Sanguinaire au purgatoire pour y récupérer le bien le plus précieux de l’Ordre.

D’un bond il se redresse, ajutant le capuchon sur le haut de son visage. Quelques affaires sont réunies, notamment sa lame, épée ramenée de Terre Sainte et sur laquelle l’on pouvait y lire certaines inscriptions templières.
En place à son fourreau, c’est cette fois-ci une dague tout à fait banale qui prit place à son ceinturon aux cotés de deux bourses pleines d’écus. Juste de quoi tenir deux journées entières car c’est le temps qu’il aura accordé à ses adeptes pour réaliser cette mission si importante à ses yeux.
Enfin, quand le Nécronomicon aura reprit sa place au sanctuaire de Nauzhror, les sanguinaires pourront alors commencer leur véritable ascension dans le seul but de prendre possession de toute la Cour des miracles pour y imposer certains lois.
Main gantée qui se pose sur le masque blanc ayant appartenu autrefois à Sombrespoir en personne alors que celui-ci vint recouvrir l’intégralité de son visage. C’est ainsi, nul écrit à ce sujet, aucun secret dévoilé par Baphomet en personne, c’est juste une façon de faire. Quand le nouveau maistre arrive à la tête de la Horde, il se doit de porter ce lourd fardeau.
Ainsi, il ne tarde déjà pas à quitter ses appartements à allure moyenne. Personne ne se trouve à l’étage du domaine, tous devraient se trouver dans la cour à l’extérieur, près à quitter les lieux sans plus attendre. Car le Grand Maistre arrive, main délicatement posée sur le pommeau de son épée.

Ses pas le conduisent ainsi jusqu’aux portes du domaine. La Volpe lui restera sur place pour assurer la sécurité des lieux pendant leur absence, Tanneguy lui fait entièrement confiance. Mais face à lui déjà, Tchourka aux cotés d’une charrette plutôt grossière à l’arrière de laquelle se trouvent quelques vivres ainsi qu’un peu de boisson.
Les signes sont exécutés mais aucune parole ne vint en revanche, ceci fut amplement suffisant pour faire comprendre aux adeptes de se mettre en marche. La nuit est tombée, ainsi ils pourront se déplacer avec plus d’aisance, ce qui serait un avantage conséquent pour les sanguinaires.
Ainsi, le voici qu’il prend place à l’avant du dit convoi, attendant patiemment que Tchourka le boiteux se joigne à lui pour prendre les rennes. Les autres pourront monter à l’arrière s’ils le désirent, marcher ou emprunter les rares montures de la Horde. Voici donc un autre problème qui se devra d’être soulevé, celui-ci étant, trouver des chevaux digne de ce nom pour tous les sanguinaires…


[Le Purgatoire - Alençon 1461]

Tout le trajet aura été des plus silencieux et rares auront été les pauses. Car il faut savoir qu’à l’intérieur même des murs du Purgatoire, deux des adeptes de la Horde font tout juste leur entrée. Deux femmes au cœur solide et à la poigne de fer, l’une qui se fera passer pour un simple bourreau et l’autre, fer aux poignets pour s’y faire volontairement emprisonner puis torturer.
C’est sur elles que reposent tous les espoirs de l’Ordre car si le Nécronomicon ne retrouve pas sa place, la Horde Sanguinaire ne reposera jamais en paix et son sanctuaire se retrouvera ainsi privé de tout son intérêt.
Toute cette troupe qui marche vers le Purgatoire servira de renfort car si au bout du deuxième jour personne ne revient, eux se devront d’investir les lieux pour y récupérer les deux adeptes ainsi que le livre qui fait l’objet de toute leur attention…

Nombreuses sont les fois où le masque tourne pour jeter un œil sur les autres adeptes, ceci dans le simple but de vérifier que ceux-ci se tiennent bien. Pour la plupart, c’est leur première sortie au nom de la Horde, pour d’autres, ce n’est qu’une simple routine.
Pourtant le danger est partout, quand l’on marche aux cotés des fils du sans nom, il faut pouvoir parer les coups de faux qui s’en échappent. Mais déjà, des murs se profilent, nouvelle stratégie d’entrée dans ce domaine qu’ils ne connaissent pas.
Se séparer pour passer les murs sans éveiller le moindre soupçon. Tanneguy lui n’aura eu qu’à se faire passer pour un simple malade d’où le masque évitant ainsi la propagation du moindre virus. Tous ont rendez-vous dans les environs du Purgatoire, dans une auberge des bas quartiers.
Lendwei lui s’étant porté volontaire pour se rapprocher du Purgatoire et veiller à ce que rien de grave ne s’y passe n’aura donc qu’à prendre place quand bon lui semblera. Les bas quartiers… Personne n’y passe hormis peut-être quelques malfrats qui finalement passent leur chemin.
Le convoi s’arrête dans une impasse, les montures elles pourront enfin se reposer alors que les membres investissent la salle principale de l’auberge où ils pourront également se reposer, y boire et y manger comme bon leur semble. Le tenancier lui n’aura qu’à tenir sa langue. A dire vrai, il n’en a pas vraiment le choix s’il désire un jour retrouver le plaisir de pouvoir siffler quelques chansons qui lui tiennent à cœur.

Mais pour l’heure, Tanneguy lui reste à l’extérieur de la sombre auberge, préférant rester seul quelques instants car c’est en silence qu’il écoute, tentant ainsi de percevoir quelques paroles dictées par Baphomet en personne. Pour les autres adeptes, ils pourront disposer à même l’auberge sans pour autant attirer l’attention sur cette activité censée se dérouler dans l’ombre…
_________________

Forum externe de la Horde Sanguinaire.
Servane
C'est au moment où sa tête frappait un peu plus violemment le bois de la carriole que la rousse finit par ouvrir les yeux. La vision encore floue, elle mit quelques secondes à retrouver ses esprits et à reprendre pied avec la réalité. Les secousses de la carriole étaient telles que son corps traversait presque l'espace exigu à chaque tour de roue. Elle s'aida de ses jambes pour replier ses genoux et tenta de trouver une position plus confortable en s'appuyant dos au panneau de bois. Quand elle parvint enfin à se caler, elle regarda autour d'elle curieuse. L'endroit était on ne peut plus lugubre et dégageait une odeur nauséabonde qui lui fit froncer les narines de dégoût. Excréments, sang et sûrement bien d'autres matières aussi peu ragoutantes jonchaient le vieux plancher. Retenant à grand peine, une envie de vomir, elle ferma un instant les yeux et essaya de faire abstraction de son estomac révulsé en respirant par la bouche.

Longtemps, elle resta assise là, habituant son corps et son esprit à l'horreur des lieux. Quand elle se sentit enfin prête, elle rouvrit les paupières et tenta une analyse rapide de la situation. Les gardes avaient pris soin de lui ferrer les chevilles et une chaîne plus longue reliait ses jambes à ses poignets , par bonheur ils ne lui avaient pas posé la chaîne dans le dos ce qui lui laissait une petite marge de manœuvre pour changer de position au grès des secousses.


Bon, dis toi que la situation aurait pu être pire !

Sa voix raisonna dans l'ombre alors qu'elle esquissait une petite grimace ironique. Grimace vite remplacée par un cri de douleur quand elle sentit le sang à nouveau couler de sa lèvre inférieure. Ah, elle avait oublié qu'au tribunal, le garde n'avait pas trouvé drôle sa remarque sur sa petite taille. A peine entrée dans la charrette des prisonniers, il lui avait rendu la monnaie de sa pièce à l'aide de quelques coups de pieds bien sentis. Sa lèvre tuméfiée et sa pommette brûlante lui faisait déjà âprement regretter son orgueil démesuré. Elle savait pourtant qu'elle avait besoin de toutes ses forces pour supporter ce qui n'allait pas manquer de suivre ! Ne pouvait-elle une fois dans sa vie fermer sa grande bouche ?! Évident que ce nabot n'allait pas laisser passer l'affront et qu'elle se ferait démonter à la première possibilité venue, elle avait de la chance qu'il ne l'ait pas violé en prime tiens !


Ah bordel, Servane, apprends à fermer ta gueule ! C'est plus d'ton age ce genre de facéties !


Soupirant, elle releva le bras et dégagea quelques mèches de son visage afin de mieux observer un rai de lumière venant d'une légère fissure à sa droite. Il devait être tard... la lumière était faible, la nuit n'allait pas tarder à tomber. Pensive, elle posa ses doigts sur la fissure, en apprécia la solidité avant de stopper en secouant la tête. Pourquoi trouver un moyen de s'échapper puisqu'elle était exactement où elle souhaitait être ? Secouant la tête en se riant d'elle même, elle reposa sa nuque contre le bois avant de fermer les yeux. Autant se reposer avant l'arrivée, elle avait besoin de toute sa concentration. N'oublier aucune étape, se souvenir de chaque détail, jauger de chaque personne et surtout ne manquer aucune occasion … Deux jours, elle n'avait que deux jours Non de Dieu ! Baphomet fasse que ces deux jours ne soient pas les derniers !
Tchourka



Il était temps, enfin la Horde Sanguinaire allait pouvoir mettre la main sur son bien le plus précieux, celui-ci étant le Nécronomicon, livre sacret dont Tchourka ignore les origines mais une chose est certaine aux yeux du boiteux, il doit reprendre sa place au sanctuaire.
Fidèles à la Horde Sanguinaire depuis bien des hivers maintenant, il l’aura vu se dégrader tout comme son propre état. Les plaies sont apparues avec le temps, certaines ont cicatrisées sans peine, d’autres peinent encore à se refermer.
Sa peau semble s’être resserrée autour des doigts de sa main, ses ongles ont poussés et se sont cornés avant de se recouvrir d’une crasse éternelle. Ses yeux se sont emplis de noir et sa langue victime d’un larcin s’est parfaitement scindée en deux, telle la langue d’un serpent.
Mais son âme elle n’a pas changée, elle appartient toujours à Baphomet et ses services pour la gloire de la Horde Sanguinaire qu’il aura vu renaitre lors du retour de Tanneguy à la Cour des miracles. Bientôt, bon nombre de bordels seront sous l’emprise des adeptes, nouveaux et anciens, que ceux-ci restent fidèles à leur Maistre.

Comme à son habitude, c’est assit bien peu confortablement sur une charrette qui peine à tenir debout qu’il aura emmené le Maistre jusqu’au Purgatoire pour cette mission bien plus qu’importante. Seulement, le boiteux semble douter. Pourquoi avoir confié des tâches dites importantes à deux nouveaux membres ? Un choix qu’il respecte certes mais il n’en pensera pas moins.
Enfin, le cortège quitte la Cour des miracles ainsi que Paris, dans l’ombre, tous se déplacent silencieusement et Tchourka ne peut être que plus fier de pouvoir escorter Tanneguy en personne qui lui comme à son habitude se fait des plus discrets.
Le bruit des roues grinçantes traversant les flaques de boue, parfois haletant sur des pavés imparfaits mais voilà que la puissance des deux montures vint vite compenser le tout. Le regard du boiteux se balade sur l’horizon à la recherche d’un éventuel ennui qui pourrait survenir.
Qui sait, les nouvelles recrues ne sont peut-être pas toutes fiables et il se pourrait que certaines fuites soient survenues avec le temps. Ceci dans le but d’arrêter la mission actuelle car celle-ci a déjà commencée à vrai dire.
Fauve et Maryah devraient être entre les murs du Purgatoire désormais afin de remplir un rôle qui leur aura été affecté depuis quelques jours maintenant.

Un grognement soudain, raclement de gorge suivit d’un sifflement de narine pour finir avec une toux grasse. Cracha balancé sur le chemin mais pas un seul mot, ce n’est pas dans ses habitudes. Peu bavard certes, parler pour ne rien dire n’a jamais été vraiment son point fort.
L’avantage, c’est que la Horde Sanguinaire se voit attribuer un léger coup de neuf avec toutes ces nouvelles recrues, du sang neuf pour l’Ordre, de la vivacité accompagnée de volonté. Tous ont fait leur serment en acceptant l’invitation de Tanneguy à intégrer la Horde.
C’est ainsi, l’on ne quitte pas la Horde Sanguinaire, ce n’est pas un moulin et encore moins un bordel mais ils en prendront bien vite conscience le jour où ils seront désireux de voler de leurs propres ailes. Confiance pour l’heure car le moment n’est pas à la réflexion, les cartes sont posées sur la table, il n’y a plus qu’à espérer que celles-ci soient retournées dans le bon ordre.
Enfin…

L’horizon se profile, quelques chaumières apparaissent surmontées par une fumée noire provenant de quelques cheminées enflammées. Mais la destination est choisit depuis le début, tout a été planifié pour que cette mission se passe au mieux.
Une auberge dans les bas quartiers, discrète et peu fréquentée. Le convoi lui s’arrête dans le fond d’une impasse alors que Tchourka ne tarde déjà pas à détacher les deux montures pour qu’elles puissent souffler un peu.
Le voyage aura été tout de même assez long et ce pour tous et les montures ne sont pas à négliger, c’est ainsi. Du foin et de l’eau, lui-même s’en contenterait mais voici que le vent bien trop froid pour ses os le force à entrer à l’intérieur même de l’auberge. Le tenancier lui aura bien essayé de l’ouvrir mais quelques lames sous sa gorge et le tour et joué.
Déjà, le vin coule dans son gosier alors que son derrière se pose sur un tabouret. Deux jours ils devront attendre et deux jours ils attendront et pas une lune de plus…



Nabot
D'un revers de main l'homme s'essuie la morve qui lui coule du nez. C'est que le vent dans la région arrivait à vous geler jusqu'à la crasse qui recouvrait les gueux ! La garce, elle au moins dans la chariotte était à l'abris alors que lui et Grodard se gelait le cul depuis des heures . Ah elle avait fait la maligne la rouquine, l'avait regardé de haut à la sortie du tribunal en s'prenant pour une princesse … Les connaissait les gueuses dans son genre, toujours à relever l'menton d'vant les gars com' lui, à passer d'vant sans un regard quand elles s'promenait à la cour... C'est qu'elle avait pas gardé son sourire trop longtemps la ribaude ! Une foutue raclée qu'il lui avait mis dès qu'ils avaient été seuls. C'est qu'il avait pas l'habitude de s'laisser faire l'nabot, fallait pas lui en compter malgré sa p'tit' taille et vu la dérouillée qu'il lui avait fichu, elle avait du l'comprendre la chienne...

Relevant légèrement les rennes au détour d'un virage, il donna du coude au Grodard et brailla le cœur d'un coup plus léger.


Tiens nous v'là arrivés l'ami ! Pour sûr, qu'ça va nous faire du bien d'goutter au ragoût d'la mère Blanchette. C'est pas l'bout d'sauciflard qu'on a pris en route qui m'a rempli la panse moi... T'as l'bide qui réclame toi aussi hein …


Pour sûr qu'j'crach'rai pas sur un bon repas bien chaud. J'sais même pas comment j'vais enlever mes bottes tellement j'ai froid, j'suis sûr qu'j'ai les orteils collés au cuir de ma semelle tiens !


T'inquiète l'ami, dans quelques minutes on y est ! On dépose la marchandise et on file d'là au plus tôt. Les gardes s'dépatouilleront avec la drôlesse, moi j'veux pas moisir dans l'coin. Ce château il m'file la chair de poule, j'aime pas traîner dans l'coin …

Vrai qu'c'est pas le lieu où on a envie d'moisir hein... L'aut' jour encore le Michel il m'disait qu'il avait vu un fantôme s'ballader dans les couloirs. Bon il picole sec le bougre mais quand même j'serai damné si y'avait pas des spectres dans l'coin avec tous les cadavres qu'ils ont dans leurs douves...


Mouai moi c'est l'bruit qui m'fait frémir... jamais entendu des cris pareils... Et pourtant j'en ai vu des choses, j'suis pas du genre perturbable hein... tu m'connais … M'enfin là, t'entends des choses... J'saurais même pas les décrire... Tiens regarde, rien que d'en parler, j'ai l'poil qui s'hérisse !


Le dernier virage à gauche passé, les deux hommes se taisent. Les murs sont là à vingt pas et d'un accord tacite, les deux bougres passent la porte dans le silence le plus absolu. Quelques minutes plus tard, la chariote s’arrête à la porte principale et les deux hommes en descendant pour en faire le tour. Tendant les clés de la serrure fermant la boite aux deux gardes descendus à leur rencontre, le nabot pointe du menton l’intérieur du chariot.

V'là d'quoi vous amuser ! Une rouquine cet'fois ci... Une drôlesse qui fait la fière … M'est avis qu'elle s'ra matée avant la fin d'la journée la garce ! Mais méfiez vous ,j'la sens pas celle là... Elle a c'truc dans les yeux... Une sorcière m'est avis … M'enfin ça m'regarde pas, vous en f 'rez c'que bon vous semble hein... Allez vous avez les clés, nous on vous la laisse ! A la s'maine prochaine pour la prochaine cargaison l'ami ! Et passe bien l'bonjour au Michel quand tu l'verras !

Un dernier geste de la main et un regard apeuré vers la porte qu'il n'a jamais osé passer et le nabot s'éloigne sans demander son reste. C'est pas l'bruit d'la porte qui s'dévérouille qui l'fait frémir, pas le bruit du corps de la ribaude jeté à terre qui lui glace le sang, c'est l'bruit du vent qui couvre à peine un hurlement sinistre. Un hurlement, un seul, puis le silence...
Lednwei



    Ainsi fous, fous, fous, les sanguinaires s’en vont au Purgatoire, ainsi fous, fous, fous, les sanguinaires se feront voir ! Jouissance sans nom, extase résultant d’un mélange de stress et d’euphorie naissante quand à l’idée de partir en mission pour la toute première fois et ce pour le titre de la Horde et en l’honneur de Baphomet.
    Mais le Roy autoproclamé des fous lui s’est vu attribuer une mission bien particulière car il sera de son devoir de surveiller les environs du Purgatoire. Ainsi il pourra tenir un état des lieux en direct quand au nombre de soldats armés qui s’y trouvent. Mais il espère bien être le premier à pouvoir verser le sang de l’un des leurs.
    Comme tous les autres, il aura donc quitté la Cour des miracles, affalé à l’arrière du convoi entre les différentes vivres emmitouflées dans des draps épais. Somnolant sans fin, lui ne peut avoir le plaisir de partager la marche à dos de cheval et pour cause, le sien est mort.
    S’il s’en souvient bien, il avait commencé par les cuisses tout d’abord avant de s’attaquer au reste de la carcasse, c’était l’hiver dernier et notre fou lui semblait perdu au milieu de nulle part. Quand on crève la dalle, faut savoir se débrouiller et rien de mieux qu’un peu de viande bien rouge et saignante pour se redonner une seconde vie. Fou il restera…

    Comme tous donc, il s’était préparé et pour l’occasion, lui avait prévu un lourd mantel de cuir usé ainsi qu’une lame abimée par le temps et les nombreux combats. Une bouteille d’un bon vin dérobé aux mains d’un noble et toute sa tête pour ne jamais cesser de penser à la façon dont il pourrait étriper le premier garde qui voudrait lui causer du tord.
    Dormir, pour l’heure ceci reste la seule chose à faire car il ne devra pas faiblir lorsqu’il sera en planque dans les environs du Purgatoire. Jouer la comédie, se faire passer pour un crève la faim avant d’attendre que deux jours entiers se soient écoulés.
    Mais le pire reste tout de même pour Fauve à l’intérieur car celle-ci pourrait bien prendre le risque de se voir attribuer tout de même certaines tortures qu’elle n’aura pas prévu. Mais c’est le risque à prendre quand l’on a signé un pacte avec le sans nom et en l’occurrence avec la Horde Sanguinaire.
    De plus, le maistre étant présent pour l’occasion, il leur fallait prouver leur juste valeur et ce quoi qu’il arrive…

    Le trajet ne lui aura pas parut long que déjà, quelques odeurs viennent jusqu’à ses narines, les yeux s’entrouvrent avant que la carcasse du fou ne se redresse. Les os craquent, sa langue pend comme à son habitude alors que sa main passe dans ses cheveux gras.
    Ils y sont, enfin, il n’attendait que ça. Jamais il n’aurait signé avec cet Ordre si ce n’était que pour avoir un rôle de simple figurant, loin de lui cette idée même. Le Fou recherchait quelque chose de beaucoup plus vivant et distrayant tout en ayant une cause à servir et ce, pour le restant de ses jours.
    Car il le savait maintenant mais c’est aux cotés de la Horde qui poussera son dernier souffle de vie avant de rendre l’âme.

    L’auberge elle est trouvée sans grande peine et déjà, il doit prendre ses marques. Avant de partir, c’est dans une besace qu’il inséra quelques bouts de lards bien transpirants ainsi que la bouteille de gniole. Derniers ordres lancés par le maistre en personne puis le voilà qu’il prend la route, seul et à vrai dire, peu rassuré pour une fois.
    L’inconnue ne l’a jamais excité en réalité mais il n’a pourtant pas le choix et ainsi se force à conduire ses pas jusqu’aux environs du purgatoire. Voici donc le tout premier adepte en planque à pouvoir contempler cette bâtisse. Sombre et lugubre, tout ce qu’il y a de plus repoussant pour la plupart bien que lui pourrait y vivre pleinement.
    Reste à savoir maintenant, comment avoir une vue d’ensemble sur le tout mais éventuellement sur l’entrée du domaine qui semble bien gardée. C’est par cette porte que les chariots ferrés entrent, laissant ainsi les futures victimes en proie aux quelques bourreaux présents à l’intérieur.
    Il semble y avoir tout de même un certain espace libre autour de la large bâtisse, il ne devra donc pas se faire remarquer ce qui pour un fou semble presque impossible. Et pourtant non, Lednwei lui pour l’heure trouve un certain confort à poser son derrière sur un tonnelet, juste à la sortie d’une ruelle étroite. Tête posée contre le bois d’une bâtisse, besace à même le sol, non délicatement déposée dans la boue, le voici qu’il attend.

    Des cris proviennent de cette même sombre bâtisse puis s’éteignent à tout jamais pour en voir certains autres renaitre d’une autre cellule. Des cris d’homme pour la plupart mais au moment ou celui d’une femme s’élèvera dans les airs, que devra t-il croire ?



Guibin


[Au départ, dans les couloirs du purgatoire, puis dehors]

Paraît-il que l’on s’habitue à tout, il suffit de passer quelques temps au purgatoire pour se dire que non, l’on ne s’habitue pas, jamais aux cris, aux odeurs, aux suppliques des pauvres erres, que la malchance a conduit là, plutôt que dans une simple prison. On ne se fait jamais à ce qui fait parti constante du quotidien du purgatoire. On s’y adapte du mieux possible, on s’en protège, on s’y ferme ou l’on craque. Nul repos au purgatoire, les bourreaux peuvent officier pour les besoins de la cause, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Sadiquement et d’une perversité régulière, ils attendent que l’astre lunaire monte dans l’obscurité, leurs victimes endormies au fonds de leurs cellules se pensant tranquilles pour un moment, et c’est là qu’ils en choisissent un, celui qui aura l’honneur de faire entendre ses suppliques, ses cris de douleurs dans tout le purgatoire. Et le silence, lourd pesant, mortel, glaçant, terrifiant. Torture psychologique aussi bien que torture physique, les bourreaux utilisent toutes les armes possibles. Tout le monde craque au purgatoire. Tous sans exception aucune, ils finissent tous par aller au delà de leur résistance. Guibin le sait bien, il en a vu défilés devant lui des prisonniers et des prisonnières pleins de suffisance, crachant leurs tripes qu’ils résisteraient, qu’ils ne craqueraient jamais, pour finir au final comme tous les autres : brisés.

Ses débuts en tant que gardien avaient été difficiles, il s'en souvenait encore. Les premiers jours, les premiers mois avaient été pour lui les plus durs à supporter, l’oppression des lieux, les séances de tortures, les cris des prisonniers, ils lui avaient fallu un peu de temps pour s’y faire, maintenant il ne ressentait presque plus rien, il ne sursautait presque plus aux hurlements, devenus pour lui comme des bruits de fonds. Les âmes qui y venaient y étaient pour une bonne raison, aucun innocent dans ces cellules, aucun, voilà ce qu’il se disait Guibin, pour justifier ce qui s’y déroulait. Il se préférait dans son rôle que dans le leur, un travail comme un autre pour gagner sa vie.

Son regard sombre passe sur les différentes cellules alors qu’il remonte le couloir menant vers le hall d’entrée. Il est l’un des gardiens du purgatoire, il prend son rôle au sérieux, pas de figuration, pas de sentiments, pas de compassion à avoir, du moins il s’y essaye, même si c’est toujours plus dur lorsqu’il s’agit d’une femme. Mais le brun tient à son travail, il lui permet de gagner sa vie honnêtement, alors il tente de le faire au mieux, de ne jamais relâcher sa surveillance. Il doit garder les lieux en sécurité, alors il garde, point. La sécurité et la tranquillité du lieu, des bourreaux et de leurs victimes est primordiale, on n’entre et on ne sort point ici comme dans un moulin, ce n’est pas une maison de passes. D’ailleurs en parlant d’entrer, ils allaient accueillir un ou plusieurs nouveaux pensionnaires, les cellules vides étaient prêtes, ne manquait plus que de quoi les remplir, en attendant que les bourreaux se mettent à l’oeuvre.

Le hall d’entrée, ses lourdes tentures, son impression étouffante et le bureau atteint, le brun salua d’un signe de tête celui qui assit derrière son bureau enregistrait les entrées et les départs, les derniers étant extrêmement rares, surtout sur ses deux pieds. La porte fut atteinte, et ouverte sur la cours en même temps qu’un regard circulaire embrassa celle ci machinalement, vérifiant que tout allait avant de se porter sur la prisonnière enchainée, tenue par ses collègues.


Une rousse !

Il aurait été du genre à cracher, qu'il l'aurait fait, son regard noir détailla cette femme du diable, voilà donc ce qu’on leur livrait aujourd’hui, une engeance du démon, en voilà une qui avait forcément sa place ici. Toutes les rousses devraient finir entre les mains des bourreaux, ou brulées sur des buchés, voilà ce qu’il pensait des rouquines, de toutes les rousses. Il les détestait, les vouaient à la damnation éternelle pour ce que lui avait fait l'une d'entre elle..

Sa cellule est prête à l'accueillir, en attendant son tour…

Un regard à ses collègues et un signe de tête pour qu’ils l’emmènent.
Servane
Et d'un coup la lumière fut... Elle s'y attendait la rousse, un long moment déjà qu'elle avait percu le changement d’atmosphère, longtemps que le bruit de la conversation avait cessé de la bercer. Elle pouvait dire avec une quasi certitude le moment où ils avaient pénétré les portes, le silence absolu qui régnait soudain lui avait glacé le sang et elle fut presque heureuse d'entendre le croassement sinistre d'un corbeau voletant autour de la carriole. Enfin un signe de vie...

Prévoyant que la sortie serait rude, elle s'était un peu avancée vers la porte, espérant ainsi pouvoir en sortir sans trop de secousses. C'était sans compter la lumière aveuglante qui lui transperça les pupilles quand les hommes ouvrirent. Alors que sa main, dans un geste de défense se portait à son visage pour cacher ses yeux, elle sentit des mains l'empoigner fermement par les chevilles et la faire glisser au sol sans plus de ménagement.

Un cri, un seul... De surprise plus que de douleur. Se relever, vite, ne rien leur offrir. Rien dans son attitude ne doit leur donner caution à plus de violence que nécessaire. Elle a beau être là de son plein gré, elle a du vécu la Fauve. Téméraire oui mais suicidaire jamais, ou presque … malgré sa patte folle, elle se retourne adroitement et jouant de la longueur des chaînes ne met que quelques secondes à se mettre à genou avant de tenter de se relever maladroitement.


OUTCH...

Mauvais calcul, on n'apprécie guère les initiatives apparemment et c'est d'un bon coup de coude dans l'estomac que le message est passé. Rester là, respirer, ré apprendre à respirer quand tout son corps s'y refuse. Maîtriser la douleur, la faire sienne pour ne plus la combattre, la laisser la pénétrer pour qu'elle s'en aille au plus vite... Elle a l'habitude la Fauve, elle a su faire durant de longues années, enfin non Servane a su faire. La fauve, elle, l'a combattu, a toujours refusé de s'y soumettre. Redevenir Servane, laisser partir la fauve, retrouver ses automatismes, ses réflexes de repli, son regard fixe qui regarde sans voir.

Les minutes passent, elle reste sagement à genou, un garde flanqué de chaque coté. Elle attend. Quoi ? Elle ne sait, elle ne doit pas savoir d'ailleurs, réfléchir lui coûterait trop d’énergie, seule la survie doit compter désormais. Un bruit de pas, un ombre qui approche. Ne pas lever la tête, ne montrer aucun intérêt pour l'univers qui l'entoure. Lever les yeux, c'est affronter l'horreur et perdre la moitié de ses moyens, Servane le sait. Garder la maîtrise, ne penser qu'à la cause , ne penser qu'à lui, à eux qui espèrent tous sa réussite. Elle est leur salut, ils seront sa voix dans les ténèbres. Si elle se concentre, peut-être peut-elle les sentir, qui sait si l'un d'eux n'est pas déjà là ? Oui fermer les yeux et imaginer qu'ils sont là tout près... Des dizaines d'yeux braqués sur elle qui l’enrobent de leur chaleur. Elle sent leur colère, leur espoir et leur force.


Sa cellule est prête à l'accueillir, en attendant son tour…


Les mots claquent tels un coup de fouet. Oui son tour ne sera pas bien long, il faut d'ailleurs qu'il en soit ainsi. Elle sent son corps qu'on soulève, retrouve quelque stabilité en sentant le sol à ses pieds puis entame la pénible marche des condamnés. Les chaînes lui mordent les chevilles lorsqu'elle tente de passer les marches. Longtemps déjà qu'on lui a enlevé ses bottes et le sang coule déjà de ses chairs abîmées par les fers. Les pieds nus sur la pierre gelées, elle avance tête baissée.

De l'homme qui s'est approché, elle ne voit que le bout des bottes. Non elle ne le regardera pas, non il n'aura pas la joie de voir la douleur sur son visage. Elle ne donnera pas plus que nécessaire, nul doute qu'il pourra se repaître plus tard de sa terreur mais pas encore. Le moment n'est pas encore venu, il lui faut gagner du temps et en même temps ne pas en perdre. Elle a deux jours devant elle, deux jours pour trouver l'objet dans la salle de torture. C'est peu et déjà trop, il lui faut gagner du temps, si elle y passe le soir même, ses chances de survie sont trop minces pour tenir 48 heures. Passer la nuit, c'est le plan qu'elle a en tête, se faire petite et passer au moins la nuit au repos.

Il faut lui laisser le temps d'arriver, lui laisser le temps de la trouver. Un coup dans son dos la force à partir sur la gauche, du long couloir elle ne verra que les dalles grisâtres du sol qui la mènent vers son enfer. Baphomet faîtes qu'elle arrive, Baphomet faîtes que je ne sois pas seule , Baphomet donnez nous la force ...
Guibin



Aucun regard de défis, aucun mot rebelle de la rouquine, rien, elle se laisse porter, trainée, relevée soulevée, par ses deux compagnons de travail, surement est elle consciente que son sort est d’ores et déjà scellé. Un tel comportement est assez rare à l’arrivée au purgatoire, le plus souvent, les hommes se rebellent, font preuve d’une fierté mal placée, tentent de corrompre leurs gardiens, faisant miroiter un trésor caché, quant aux femmes… elles tentent le plus souvent de les amadouer, de leur vendre leur charme, espérant sauver ainsi leur peau…cruels désillusions pour eux tous. Les gardiens sont inflexibles, ceux qui ne le sont pas passent de la case gardien à celle de prisonnier en aussi peu de temps qu’il en faut pour le dire, de quoi dissuader toute velléité de tendresse.

Une lueur mauvaise éclaire un instant son regard, alors tandis qu’il fait signe à Herbert et Raduf d’avancer avec la prisonnière, pour une fois, ça lui déplait souverainement ce manque de réaction, il aurait aimé pouvoir lui en coller une et plus, là de suite, juste pour le plaisir, un avant goût de l’enfer qui l’attend. Jouer les mises en bouche, ça n’est absolument pas interdit par le règlement, faire croire aux prisonniers qu’ils vont s’en sortir, qu’ils vont échapper au pire, pour au final les amener à ce qui, pour Guibin, est l’enfer sur terre. Ils ne sont que des gardiens, mais ceux du purgatoire, alors à force ils en prennent l’esprit. La vrai torture, les bourreaux s’en chargent.

Ses bottes claquent en rythme sur le sol froid et gris, l’entrée à nouveau, sombre étouffante des ses tentures, son bureau, un arrêt le temps d’enregistrer l’entrée de cette engeance du démon et la direction de l’aile droite est prise, direction les geôles, celle de l’aile gauche et des salles de tortures sera prise bien assez rapidement. Un rictus mauvais se fait alors qu’il s’avance dans le couloir, tandis qu’un grand cri se fait à nouveau entendre dans tout le purgatoire.

Bientôt tu connaîtras toi aussi le même plaisir…

Quelques pas plus loin, il s’arrête devant la grille de l’une des geôles, la troisième sur la droite, se sera l’espace de quelques temps l’antre de cette sorcière. Lentement et dans un bruit grinçant de ferraille, il tire la grille à lui, nul besoin de fermer à clé s’il n’y a aucun pensionnaire pour en apprécier le confort. Petite, exigüe même, mal éclairée, un sol en terre tassée, ou dans un coin se trouve une couche faite de paille. Nul besoin de latrines, tel un animal, la paille sera changée lorsqu’elle sera amener à sa séance de plaisirs. Au mur, un anneau pour y ferré les plus récalcitrants. Le regard noir ébène se porte sur les cheveux feu, descend le long du corps, plutôt pas trop mal au regard des blessures qu’il y voit, y devines, sans compter les pieds blessés d’où le sang coule, sans compter la cicatrice à la main.

Attachez la !

Bien sur, il aurait pu ne pas donner cet ordre, elle n’avait pas résisté, s’était laissé faire, il aurait pu lui laisser du mouvement, une once de liberté, oui, mais voilà, pour Guibin, elle ne méritait aucune pitié, aucun aménagement tendant à adoucir sa peine, encore moins que celui dont les cris arrivaient jusqu’ici. Il vouait une haine viscérale à ces porteuses de flammes, à celles dont la crinière n’est que le témoignage du Sans Nom que ça transpirait par tous les pores de sa peau. Dès qu’il était mis en présence d’une telle engeance, il devait se dominer pour ne pas l’embrocher de manière expéditive. Il ne s’en cachait pas, tous ceux qui le connaissaient le savaient, même sans connaître la raison d’un tel sentiment.

Un sourire méchant se fit, alors que Herbert et Raduf, profitaient pour poser leurs mains avides sur le corps féminin tout en l’attachant, il croisa les bras, posa une épaule contre le mur, cachant l’intérieur de la cellule de sa silhouette massive, et guetta la réaction de la rousse. Un peu d’amusement avant sa séance de torture ? Leur plaisir, dépendait maintenant de la façon dont la femme allait réagir.
Tanneguy
[Une auberge aux environs du Purgatoire].


Deux jours entiers avant que tous les adeptes de la Horde Sanguinaire fassent leur entrée à l’intérieur même du Purgatoire pour y récupérer les leurs. Cependant, il se pourrait tout aussi bien que la mission soit réalisée avec hâtes et dans ce cas, Tanneguy lui comptait sur Maryah pour leur envoyer un signe. En tant que bourreau improvisée, elle serait tout à fait apte à pouvoir aller et venir comme bon lui semble entre le Purgatoire et ses environs.
La tension n’aura jamais été aussi forte pour le Maistre de la Horde qui lui se soit déjà contraint d’avouer qu’un léger sentiment d’inquiétude montait en lui. La Fauve était une recrue digne de ce nom et il ne pouvait pas se permettre de la laisser pour morte.

Mais si Baphomet en a décidé ainsi alors il n’y pourra rien mais il se jure de tuer un garde pour chaque blessure qu’il trouvera sur le corps de celle-ci et il en ferait de même pour tous les autres. Que ses pensées l’accompagnent à chaque instant mais pour l’heure, il est temps de faire son entrée à l’intérieur même de l’auberge pour aller y rencontrer les autres adeptes postés en attente, dans le but de leur faire passer quelques indications.
Ainsi, la buse se redresse lentement, un premier pas est fait, dicté par le bruit de ses bottes qui viennent s’enfoncer dans une flaque d’eau et de boue. Jusqu’à une petite poterne sur le coté de la bâtisse qu’il pousse sans peine avant de disparaitre totalement de la ruelle. Le regard du tenancier des lieux se fait alors ressentir, sans doute le masque qui ne lui attire pas confiance et c’est en cet instant précis qu’il prend la bonne décision en retournant à ses cuisines.

Derrière son masque, un sourire nait enfin alors qu’il se tourne vers la table où est assit Tchourka, le plus ancien des adeptes après Tanneguy. Un fidèle allié à la Horde Sanguinaure qui lui aussi aura connu les dernières croisades en Terre Sainte il y a de cela bien longtemps maintenant.
Lentement, le Maistre s’approche alors que sa main gantée empoigne le dossier d’une chaise qu’il tire légèrement vers lui avant de prendre place sur celle-ci de la manière la plus simple qu’il soit.
Les mains se rejoignent sur le bois de la table, il se fait silencieux pendant un court instant car il doit peser chacun de ses mots, ceci dans le but de ne pas transmettre d’informations fausses ou mal réfléchies. Tous doivent se tenir en place car si un signal est passé alors ils devront prendre la direction du Purgatoire, sans plus attendre.
Ses yeux fixent ses mains, le temps d’une toute autre pensées quand à ces légères tâches blanches qui se font visibles sur son propre visage, autre inquiétude qui se devra d’être reportée à plus tard pour le bien de tous. Mais enfin, il prend la parole et si les autres adeptes voudraient entendre alors ils n’auront qu’à se rapprocher pour écouter avec attention.

Pour commencer, il nous faut faire attention à ce que l’aubergiste n’aille pas alerter la garde. S’il devient trop agité, je compte sur toi pour qu’il ne représente plus aucun danger pour nous.

La tête se redresse alors qu’il fixe le boiteux directement dans les yeux au travers de son masque.

Je tiens à ce que tout le monde se tienne prêt, sans exception, quand le moment sera venu, nous nous rendrons au Purgatoire en toute discrétion. Pour les gardes à l’extérieur, il nous faudra agir en silence mais une fois à l’intérieur, aucune pitié pour les autres… Ne libérez aucun autre détenu, ce n’est pas une évasion collective et je ne veux pas prendre le risque de me retrouver avec des indésirables sur le dos.

Le message était passé. Tanneguy pourrait avoir choisit de libérer d’autres détenus, ceci dans le seul but de pouvoir créer une diversion mais il avait dans l’idée de ne laisser la vie sauve à aucun des gardes présents sur place.
Il s’agissait seulement d’une prison et non pas d’une caserne, il était donc tout naturel qu’une poignée de gardes seulement s’y trouve. Mais il fallait tout de même prendre certaines précautions bien que face à cette action, la Horde Sanguinaire s’apprêtait à marquer à tout jamais les environs de sa trace et c’est ce qu’il espérait en réalité.
Le retour à Paris se devra d’être des plus rapide, ils devront sans aucun doute se séparer il en a bien conscience mais après tout, ceci restera dans le seul but de ramener tout le monde en vie. Le Maistre se redresse enfin alors que son regard se pose sur chacun des adeptes présents en ces lieux, espérant du plus profond de lui-même qu’il pourrait compter sur eux jusqu’au bout.
Mais tous le savent désormais, ils sont condamnés et si l’un d’eux voudrait pour une raison quelconque quitter l’Ordre, il leur faudrait s’adresser directement à Tanneguy qui leur donnerait ou non l’autorisation. Certains comme Tchourka sont tout à fait apte à quitter la Horde, ils ont servit honorablement, manquant de perdre la vie à de nombreuses reprises et c’est sur des faits que le Maistre tient à s’appuyer.

Enfin il quitte définitivement la table pour rejoindre le rebord d’une fenêtre su lequel il prend place tout naturellement, le regard porté sur l’extérieur de la bâtisse. A sa façon il surveille mais cet isolement est aussi pour lui un moyen de réfléchir à la suite.
Car au moment où la Horde Sanguinaire reviendra à la Cour des miracles, les bordels et autres échoppes se verront contraints d’essuyer de nouvelles lois dictées par les fils de Baphomet, tous devront se plier à de nouvelles règles c’est ainsi et rien ni personne ne pourra empêcher la Horde Sanguinaire d’arriver à ses fins…
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Forum externe de la Horde Sanguinaire.
Scult



[La cellule avoisinant celle de la Rousse]


Hmmmmm !

Le raclement de gorge se fait long et douloureux, comme si une foutue pierre y était coincée au point de me déclencher quelques saignements mais au Diable les plaintes futiles, les faibles crèveront, c’est ainsi.
Allongé sur le ventre, à même le sol de la cellule dans laquelle je me trouve depuis une durée que je ne connais plus maintenant, j’ai toujours cette même odeur de pisse qui vient me chatouiller les narines.

A croire qu’une femme occupait les lieux avant mon arrivée, une donzelle au cœur léger qui devait s’pisser dessus à chaque fois qu’elle entendait les armures des gardes approcher vers cette même position. Pensée qui me fait légèrement sourire, à croire qu’ils pourront m’hotter la vie mais pour ce qui est de mon humour, je l’emmènerai avec moi dans la tombe.

Mes doigts grattent le sol légèrement humide avant que je ne finisse par prendre appui sur mes deux mains pour me redresser avec une certaine peine.
Mon genou droit me fait terriblement mal, tout comme ma tempe où je peux sentir une cicatrice se former, signe d’un bel accueil en cette prison.

Cela doit bien faire des jours entiers qu’ils tentent de me faire cracher le morceau mais ils ne sont pas encore au bout de leurs peines et ils le savent ! Suffit pour eux d’me comparer à leur propre carrure, j’suis aussi épais qu’n’importe quel gringalet d’ici équipé d’une armure.
Ceci je le dois à une vie passée en solitaire loin de tout, à vivre au jour le jour avant de me faire enrôler dans une armée pourtant bien organisée. Mais le respect, l’ordre et la discipline, c’était trop pour moi.

A de nombreuses reprises, des soldats m’ont récupéré dans quelques bordels, complètement ivre avec des paires de fessiers dans les narines, la langue pendant comme jamais.
Suite à ça et aux nombreuses punitions exemplaires, j’ai craqué et j’ai choppé le premier soldat qui passait sous mon nez avant de lui empoigner la gorge jusqu’à ce qu’il recrache son dernier souffle de vie.
Après ça, on m’a accusé d’avoir des liens directs avec le sans nom au point d’être possédé ou envouté, j’me souviens plus exactement des termes exact.

Ce qui est certain maintenant, c’est que j’suis coincé ici mais que je n’ai pourtant pas l’intention d’y laisser ma peau, que mes ancêtres m’en soient témoins.
Un autre cri qui recouvre tout juste le bruit de l’arrivé d’autres gardes, à peine le temps pour moi de me jeter sur la porte de ma cellule pour y coller mon oreille.
Jour de chance, ce n’est pas pour moi mais j’ose croire que le voisinage se remplit enfin, j’vais peut-être avoir un peu de visite dans la soirée… Ou c’est peut-être à moi de faire le premier pas, je devrais sans doute préparer une espèce de tarte pour l’apporter à mon nouveau voisin de cellule.
Et puis quoi encore !

Oh mais c’est que l’nouveau voisin a le droit à un traitement de faveur, les fers lui seront passés, voilà un détail auquel j’aurais échappé en arrivant ici.
Pas la peine de jouer la maquerelle plus longtemps, faut que j’pense maintenant à la façon dont j’vais m’tirer d’ce trou, j’ai encore pas mal de cous à tordre à commencer par ceux des geôliers du Purgatoire.
Auxane
Une nouvelle directive donnée par Tanneguy et toute la troupe devait quitter le repère de la Horde Sanguinaire, enfin toute le monde ou presque ...

La route fût longue et silencieuse entre l'un qui dormait bouche ouverte ou elle aurait bien mis volontiers un bout de chiffon pour boucher le tour béant ou sortait le raffut des ronflements et l'odeur nauséabonde c'était à ce demander si il n'aurait pas manger une chausse l'animal ... puis des silencieux entre sa brune qui avait perdu sa langue comme à l'habitude et Tchourka, enfin lui c'était très très rare avec qui elle faisait causette.

La charrette s'arrêta ce qui remua tout ce petit monde. Auxane se fit bousculer par la même occasion et ne put s'empêcher d'en montrer son mécontentement, la prochaine fois elle piquerait un cheval pour éviter d'être emmerder et de se faire écraser par les fesses d'on ne sait qui.

Voilà que ça faisait quelques jours qu'ils avaient fait halte dans cette auberge. La nattée était calée dans un coin et attendait en s'amusant a lancer des miettes de pain rassit. Son attention fit attiré du côté du Grand Chef qui prit la parole, fallait savoir ce qu'il avait à dire et Auxane s'avança un peu et écouta attentivement. Elle demeura silencieuse jusqu'à la fin de la conversation puis elle regagna sa place et attendit.

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La faim justifie les moyens ... et moi je crève la dalle ..
Servane
[ Purgatoire, Cellule de la rousse]


Le couloir est long, le sol à ses pieds est rêche et à chaque pas, une trace de sang se dépose sur la pierre brute. Tenue fermement a chaque bras par les gardes flanqués à s es côtés, elle garde les poignets bien bas à son ventre de façon à donner quelque mou à la chaîne qui les relie à ses chevilles. Malgré cela les faux pas sont fréquents et à chacun d'eux la poigne des hommes se resserre à ses muscles, la rousse , regard toujours obstinément rivé au sol, retient à grand peine des rictus de douleur.

Rapidement elle est menée face à une porte, sa cellule. Le corps révulsé à l'idée de pénétrer dans cette cage, la fauve durcit ses membres, une seconde, elle hésite, résiste à la poigne de fer qui la presse avant de recouvrer un semblant de calme et d'accepter d'entrer elle même dans l'obscurité.
De ce qu'elle peut en voir, la pièce est étroite, son seul luxe, une paillasse qui la protégera de la vermine qui traîne au sol durant les quelques heures qu'elle devra y passer.


Attachez la !

A nouveau l'échine frémit, la rousse se cambre, crispe fort ses doigts sur la chaîne comme pour en faire une arme. Pourquoi l'attacher ? N'a t-elle pas fait tout ce qu'on lui demandait depuis son arrivée ? Du calme, garder son calme... Fermer un instant les yeux, penser à eux, à lui, à l'idole qui attend son précieux. Quelques secondes lui sont nécessaires pour que son corps s’alanguisse à nouveau aux désirs des gardes.

On la pousse pour qu'elle se retrouve à genou, on la défait de la chaîne qui relie ses poignets entre eux et on la force à s’asseoir. Rapidement, elle se retrouve bras en l'air les mains solidement arnachées de chaque coté de sa tête. Nul besoin de s'y entendre pour comprendre que d'ici quelques heures, la position sera un supplice pour ses épaules. Elle en a vu souvent des damnés, condamnés au joug en place publique. La plus grande douleur lui avait-on dit une fois n'était pas de porter le joug à son cou, non la souffrance la plus intense que ressentait les prisonniers était le moment exact où on le leur retirait. Bien souvent c'est à ce moment là que les muscles se rompaient et que les tendons se déchiraient . La foule s'y connaissait, elle était d 'ailleurs bien plus nombreuse en fin qu'en début de spectacle pour assister à la dernière agonie.

Et puis il y a les mains... Cela commence par un effleurement de son flanc puis rapidement, les doigts se détendent, s'aventurent sur ses seins, son ventre qui se cambre malgré lui pour éviter l'intrusion. Serrant fort les poings à s'en faire saigner les paumes, elle se mord la lèvre pour s'éviter de crier.

Ne leur donne rien Servane, ne leur fait pas ce plaisir. Ce ne sont que des mains … Juste des mains sans valeur. Laisse les donc penser qu'ils sont les maîtres du jeu, ne les laisse pas te salir … Juste des mains , il y en a eu tant d'autres, quelle importance au fond... respire ma grande, respire et n'y pense pas. Leur rire salace ne t'atteint pas, ils n'ont pas les capacités de te salir. Ne pense pas à l'autre qui te regarde, ne lui laisse pas le plaisir de te voir te débattre !

De l'autre, elle ne voit que les bottes à deux pas des siennes, elle sent confusément que quelque chose se passe. C'est confus, ses sens sont en alerte. Le danger vient de lui ! N'y tenant plus, elle s'autorise un regard, il faut connaître son adversaire si on veut le combattre, elle ne peut lutter contre des spectres. Lentement alors que les autres s'acharnent sur son corps, elle relève la tête. Son regard remonte alors des jambes solidement campées au sol au visage du garde. Captant ses yeux, elle reste de longues secondes à l'observer. Son visage ne lui est pas familier et pourtant la lueur qui anime ses prunelles l'est. Combien de fois ne l'a t-elle pas vu cette fureur sournoise chez l'autre ? En quelques secondes, elle comprend à qui elle a affaire. L'homme est enfant du diable, la haine qui inonde son regard la transperce. Rien n'est à attendre de lui, il n'est là que pour jouir de sa déchéance.

Leurs yeux se lancent alors dans un combat muet dont elle sait déjà qu'il lui sera fatal mais la fauve est là qui couve, elle resurgit en quelques secondes dans ce défi d'âmes damnées. Un rictus moqueur retrousse alors ses babines, un haussement de sourcils pour lui prouver qu'elle accepte le combat. Elle n'est pas sanguinaire pour rien, elle ne refuse jamais un combat soit-il perdu d'avance... Fille du diable elle est née, victorieuse elle sortira !

C'est sans crier gare que sa tête se retourne vers sa gauche ou une main tente de s'aventurer à son épaule. Sans hésiter, ses dents attrapent le premier bout de chair venu et le serre à s'en fendre la mâchoire. Un cri guttural sort soudain de sa gorge alors que le sang coule sur son menton. Secouant la tête dans tous les sens pour échapper aux mains qui tentent de la faire lâcher prise, la Fauve devient sourde aux coups qui pleuvent. Le combat ne fait que commencer mais elle gagne ainsi sa première bataille.

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Sarah_callahan
Elle est venue alors que de nombreuses raisons l’amenaient à refuser. D’une part, le Purgatoire est situé dans le duché d’Alençon autrement dit dans un duché de cons du point de vue de la Sanguinaire. Là-bas elle s’est retrouvée plusieurs fois en procès, condamnée à moisir dans des geôles insalubres dont elle avait fini par s’enfuir. D’autre part et c’est sans doute la raison principale, parce qu’elle les missions, c’est pas forcément son truc. Recevoir des ordres, attendre, recevoir des ordres, agir. Elle n’aime pas qu’on lui dicte sa conduite ni le fait de dépendre d’autres personnes. Mais elle est venue parce qu’elle a juré d’être toujours là pour la Horde, d’être fidèle à Baphomet. Et la brune a beau être une foutue emmerdeuse –dixit Manu, Ayla, Sawyer et…pas mal de monde en fait- elle est fidèle et n’a qu’une parole. Trahir ? Elle préfère crever. Elle luttera aux côtés des Sanguinaires jusqu’à ce que mort s’ensuive, quitte à croupir dans un duché rempli d’abrutis et d’incompétents. En parlant d’incompétents…pourrait-on lui expliquer pourquoi le tavernier s’est empressé de se planquer à leur arrivée ? D’accord leurs trombines sont pas franchement avenantes mais tout de même, et l’hospitalité dans tout ça ?

Lorsqu’elle voit Tanneguy se rapprocher de Tchourka, elle coupe court à ses interrogations râleuses pour rejoindre le petit groupe. Le voyage a été assez long –surtout que la sauvageonne n’aime pas particulièrement voyager en groupe- mais elle est loin d’être épuisée. D’une oreille attentive, elle écoute les différentes directives et acquiesce lentement. Si l’aubergiste devient un danger, elle peut même remplacer Tchourka dans l’assassinat, histoire de se faire la main avant de passer aux choses sérieuses. Agir en silence ? Depuis quand les Sanguinaires sont-ils des adeptes du badinage ? Adepte de Baphomet, ils ne parlent pas pour rien dire alors hors de question de perdre un combat ou de foutre en l’air leur mission en devenant tout à coup plus bruyant qu’un troupeau de pochtrons. Elle se contente de lever les yeux au ciel à cette remarque, réfléchissant au dernier point de la phrase de Tanneguy. Se contenter de libérer les leurs ? Pourquoi en aurait-il était autrement ? Elle les connaît pas les autres. Ce ne sont ni ses amis, ni sa famille alors leurs sorts lui importent peu. Qu’ils vivent ou crèvent, qu’ils soient libres ou croupissent en prison, tout ça n’a aucune importance. Elle se contente de hausser les épaules, attendant une nouvelle consigne qui ne vient pas. Le nouveau Maistre de la Horde s’en va se poser sur une fenêtre sous le regard suspicieux de la brune. Quoi, c’est tout ? Pas de nouvelles techniques de combat à apprendre ? Pas de plan B, C ou D ? Pas d’explications plus poussées sur les lieux ? Pas de « répétition » ? Hum.

La sauvageonne n’a pas peur, voilà longtemps qu’elle ne tremble plus à l’idée de perdre la vie. Si leur plan « récupération et carapatage » échoue, ils n’auront plus qu’à aviser. Lutter pour survivre, voilà une notion qu’elle n’a cessé d’apprivoiser. En parlant de lutte, elle n’a aucune envie de rester ici à attendre que l’ordre soit donné d’attaquer. Rester sans rien faire à se morfondre sur le sort de leurs collègues envoyées là-bas ? Très peu pour elle. Elle a tout de même une petite pensée pour Fauve et Apeau’ qui risquent leurs vies mais elle ne s’attarde pas sur ce qui est peut-être en train de leur arriver. Les deux femmes savaient très bien ce qu’elles risquaient en jouant leurs rôles respectifs au Purgatoire, seul l’avenir dira si elles sauront assez bien les jouer pour rester en vie. Sarah jette un regard à tous les Sanguinaires ici présents, une cruelle envie de leur proposer d’aller s’entraîner au combat la prend mais elle se tait. Elle sait que leur rôle est capital et qu’ils ne peuvent pas se permettre d’aller se distraire alors il ne reste plus qu’à attendre. Renâclant quelque peu, elle se hisse sur le comptoir et, dague en main, elle s’amuse à la planter dans le bois entre ses doigts, ponctuant le silence de bruits réguliers. Au bout de quelques minutes, elle relève la tête et lâche un :


Désolée.

Peu habituée aux sorties groupées, elle avait vaguement sorti de sa tête que ce genre de jeu ne lui plaisait qu’à elle. Elle descend du comptoir et, prenant une voix qui n’appelle pas de réponse négative, elle lance :

Tavernier, ce serait trop demander d’avoir d’quoi bouffer ?

L’attente, d’accord. La politesse, on repassera.
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Lednwei



    Ils vont, ils viennent, ils braillent et sa marrent, l’un boit et l’autre attend qu’on lui refile la bouteille. Le Fou pourrait en perdre la tête mais ses yeux n’ont pas quitté les agissements des deux gardes postés à l’entrée du Purgatoire.
    S’ils se rincent le gosier, il ne fera aucun doute qu’ils seront à point avant l’aube ce qui pourrait présenter une occasion idéale pour les adeptes de Baphomet. Mais il leur faut attendre dans tous les cas car à l’intérieur de la dite prison, Fauve se tient déjà en position… Espérons-le.

    Car elle pourrait tout aussi bien se retrouver l’âme privée de son enveloppe corporelle qui par la même occasion pourrait-être souillée par tous les gardes avant d’être jetée dans un faussé comme un simple animal.
    Des pensées peu rassurantes certes mais il fallait s’attendre à tout. A son tour donc, la bouteille est portée jusqu’à ses lèvres alors qu’il en boit quelques gorgées. Lui aussi se s’envouterait bien l’esprit mais il doit s’en tenir à garder tous ses moyens.
    De temps à autre, il change de position ou se redresse pour faire quelques pas dans la ruelle où il se trouve pour ensuite se rasseoir. Intérieurement, il tient les comptes de tout ce qui se passe à l’entrée du Purgatoire et c’est ainsi qu’une idée lui vient alors. Quand ils devront passer à l’acte, un effet de surprise pourrait leur être favorable.

    Il suffirait simplement de se retrouver dans l’une de ces charrettes ferrées où sont enfermés les quelques prisonniers qui entrent au Purgatoire. Ainsi lors du contrôle à l’entrée, ils n’auront qu’à leur sauter dessus pour les étriper, sans même qu’ils n’aient le temps de faire quoi que ce soit.
    Une idée à murir et qu’il faudra sans nul doute exposer à Tanneguy quand le moment sera venu mais pour l’heure, il lui faut encore attendre et ne surtout pas quitter son poste.
    La nuit avance peu à peu, des cris proviennent du Purgatoire, autre souffrance qui vient d’être soulevée. Ces cris qui à chaque fois le ramènent à ses esprits, lui qui commençait tout juste à fermer les yeux sous le poids de la fatigue.

    Alors il se relève, s’accorde le droit de quitter la ruelle dans le seul but de marcher. Emmitouflé dans son lourd mantel, l’envie qui monte alors en lui serait de s’infiltrer dans une bâtisse avoisinante espérant ainsi tomber sur une femme de n’importe quel âge pour la forcer à écarter les cuisses avant de la tuer.
    Mais ceci pourrait bien vite attiser la curiosité des patrouilles et ce secteur deviendrait alors bien trop risqué pour la Horde Sanguinaire. La Fauve se retrouverait donc dans une situation plus que délicate il faut l’avouer.

    Regard perdu sur un clébard, le Fou qui se baisse alors vers le sol, main plongée dans la boue à ses pieds pour en extraire une pierre bien vite jetée en direction de l’animal qui fuit en un instant.
    La main recouverte de terre est bien vite essuyée sur ses propres braies, lui n’a que faire du fait de se tenir dans un état correct ou non. Mais bien vite, l’ennui retombe tout comme ces quelques goutes qui viennent rafraichir son visage.
    Et voilà qu’il commence à pleuvoir !



Tanneguy
L’ennui s’installe peu à peu, il prend possession de toute l’auberge et pourtant, ils devront encore attendre assez longtemps avant de pouvoir passer à l’acte… Les yeux se perdent au travers de la fenêtre aux carreaux recouverts de crasse, la ruelle à l’extérieur est des plus calmes et aucune garde ne s’est pour le moment manifestée.
Tanneguy lui reste tout de même attentif au moindre détail environnant car ce qui pourrait être négligé n’aurait aucun mal à se retourner contre eux même pour les surprendre sans même qu’ils ne s’en rendent compte. Autour de lui, les adeptes de Baphomet eux semblent ne pas apprécier la situation présente et pourtant, ils doivent savoir que cette attente sera récompensée comme il se doit.

Du sang à faire couler pour toutes et tous, un combat digne de ce nom contre des gardes en armure et bien entrainés et au final, une satisfaction, bien plus grande que celle d’un simple tireur de bouses qui vient de commettre son larcin. C’est la première fois que tous agissent ensemble et Tanneguy lu tente de se remémorer quelques souvenirs du passé.
Sombrespoir lui se serait fait d’avantage plus discret, au point peut-être même de ne pas décrocher un seul mot à l’égard de ses disciples. Mais l’actuel Maistre de la Horde Sanguinaire lui essaye par tous les moyens de donner un petit coup de neuf à cet Ordre présent maintenant depuis bien des hivers. Depuis la Terre Sainte jusqu’à Paris, l’histoire a prit forme mais elle ne se sera jamais arrêté… Tant que des adeptes vivront.

Voilà Sarah qui semble tourner autour du comptoir pour grimper dessus, elle qui semble légèrement agitée pour cette heure qui commence à se faire tardive. Le tenancier lui doit sans nul doute prier à son dieu que nous ne soyons pas ses tous derniers clients avant qu’il ne perde la vie malencontreusement.
Et pourtant, la vie lui sera retirée si jamais il se décide à alerter les gardes des environs. Derrière son masque, le sourire est revenu alors qu’il fixe désormais Sarah, une adepte dont il ne connait que peu de choses en réalité. Alors il pense, notamment au fait que ça soit l’occasion pour lui d’apprendre à les connaitre d’avantage.

Seulement à la Horde Sanguinaire, le seul moyen réellement fiable pour cerner les différents frères d’arme, c’est encore de les combattre. Hésitant quelques courts instants, lui sait qu’il n’a rien perdu de son savoir faire en terme de combat à l’épée et pourtant, quelque chose le retient.
Mais il se force, tire une motivation soudaine du plus profond de ses entrailles avant de se redresser du bord de cette fenêtre pour se tenir parfaitement droit sur ses deux jambes. Main posée sur le pommeau de son épée, il fixe l’adepte, toujours face au comptoir alors qu’il lui lance enfin avec un air de défis.


Cesses donc d’importuner ce bougre et viens me montrer ce que tu sais faire avec une épée en mains… Encore faudrait-il que tu puisses la soulever.

Il y a une époque où il aurait éclaté de rire, sentant le courage monté en lui et le tout provoqué par les effets du vin. Désormais, ce Tanneguy n’est plus mais c’est ainsi et son humour semble avoir quelque peu changé bien qu’il soit toujours présent.
Sur ces paroles, le voici qu’il prend la direction de la porte de l’auberge, n’adressant pas un regard de plus à Sarah, le voici qu’il quitte les lieux. De nouveau en proie au vent glacial qui s’engouffre sans peine par les deux trous de son masque alors que ses yeux se font déjà légèrement humides.

Un lourd nuage visiblement chargé en plus se profile dans le ciel, les gouttes commencent à tomber alors que le sol, lui, s’humidifie à nouveau mais pour lui, ce n’est qu’un simple détail. Son lourd mantel de cuir est retiré d’une seule main alors qu’il le pose sur un tonnelet présent à coté de l’entrée de l’auberge alors qu’il prend place au milieu de la ruelle.
Le Maistre ne porte plus qu’un simple haut d’où l’on pouvait voir quelques motifs brodés, un haut propre et bien porté qui aurait pu appartenir à un noble, sans nul doute. Mais encore une fois, ce n’est qu’un simple petit détail. L’épée est extirpée de son fourreau et ainsi, la lame passe devant son visage pour qu’il puisse observer les différentes gravures. Combien de corps sont-ils tombés suite aux coups portés par cette arme qu’il tient fermement… Bien trop…

Sagement, il attend que Sarah daigne enfin quitter la pièce principale de l’auberge alors que la pluie se fait de plus en plus présente en ces lieux et que les gouttes n’avaient de cesse de venir rencontrer son masque…

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