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[RP] Elle n'était plus là. Et en plus elle était bleue

Erwelyn
[Le Mans, plusieurs semaines auparavant]

Elle avait presque réussi à battre son record.
Les poneys roses lui manquaient tellement que n'importe quelle raison était bonne pour se les rappeler et essayer de les imaginer près d'elle. Donc, il fallait réunir tous les ingrédients pour ça : taverne, bière, chope et houppelande rose. Et évidemment, une flopée de curieux zieutant la duchesse en train de réaliser sa magnifique œuvre d'art.
Langue tirée, elle avait déjà aligné cinq chopes devant elle. Venaient ensuite, au-dessus, les quatre suivantes. Puis trois chopes étaient venues compléter l'édifice.


Vous voyez Trilendul...
Non, je m'appelle Thibault, Thibault madame.
Oui pardon, Trenlidul. Donc vous voyez, l'important c'est la base. Si au départ vous ne disposez pas correctement la base, ben tout se casse la figure. C'est Mahaut qui m'a appris hein, elle était vachement douée. J'pense que si on avait lancé un concours dans tout le royaume, elle aurait gagné. Han, d'ailleurs c't'une sacré bonne idée ! On va lancer un concours !
Mais si j'veux battre Mahaut, faut que je m'entraine.


Et la duchesse de reprendre sa mimique de départ, essayant de mettre en place son quatrième étage. Voilààà, celui-ci était en place. Restait plus que deux et enfin elle pourrait marquer d'une pierre rose ce jour. A savoir qu'elle avait réussi à finir sa pyramide de chopes sans qu'un couillon vienne la faire tomber... ou un poney rose.
Concentrée, Erwelyn, poney rose porte bonheur à huit doigts de son état, mit ensuite les deux chopes qui manquaient. Une larmichette coula sur sa joue, car elle sentait que l'esprit de Mahaut était en elle. D'ailleurs, alors qu'elle commandait sa dernière chope, elle songea à la brune. Voilà des semaines, des mois qu'elle n'avait plus de nouvelle. Depuis que Mahaut et Orka étaient parties à la chasse aux futurs maris plein de titres en Kerbretagne en fait. Une chose était sûre, si leur mission avait été réussie, Lynette en aurait été immédiatement mise au courant. Soit avec un parchemin avec plein de poneys, de cœurs et de flèches roses, soit elle les aurait vu débarquer à grand renfort de cris. Ouais, comme lorsque Vaxichou avait eu la super idée de leur annoncer qu'ils allaient se marier...

Son esprit vagabonda le temps de boire sa chope, se remémorant tous les souvenirs, tout ce qu'elle avait pu vivre avec les poneys roses. Encore une fois, la Mainoise se sentit bien seule, le rose était de moins en moins présent autour d'elle. Machouillant une mèche de cheveux après avoir fini la dernière goutte de bière, Lynette loucha alors sur sa construction, prête à mettre la touche finale.

Main levée, chope à quelques millimètre du haut de la pyramide, langue tirée, yeux plissés, elle était à deux doigts d'y arriver, à deux doigts. Lorsque tout à coup, la porte s'ouvrit brusquement et l'homme qui entra aboya d'une voix de baryton à l'intérieur de la taverne.


Est-ce qu'il y a une dame Erwelyn par ici ? On m'a dit qu'elle picolait dans le coin.


Et là, c'est le drame, et on en parle jamais assez. La baronne sursauta, ce qui eut pour effet, logique, de foutre en l'air toute sa superbe pyramide, qu'elle avait mis des heures à construire. Et c'est une réaction toute poneytesque qu'elle eut, évidemment.

Bordel de cornefianchtre ! Quel est l'idiot qui veut me parler ???

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Erwelyn
Il lui avait collé un parchemin dans les mains. Un parchemin sans sceau, avec autour, un tissu... rose. Il y avait quelque chose qui clochait. Lynette n'aimait pas, mais pas du tout ça.

Non j'en veux pas, reprendez-le.

La duchesse se disait que si elle ne le lisait pas, elle ne pourrait donc pas savoir ce qu'il y avait à l'intérieur ou en d'autres termes, la nouvelle qu'on pourrait lui annoncer n'existerait pas, point.

Ah mais, j'peux pas repartir avec ça moi, on m'a dit de le donner à une Erwelyn, femme de Vaxilart.

Ah ben ça commençait bien tiens.
La baronne soupira.


Bon... lisez-le Trilendol. Mais si c'est une mauvaise nouvelle, je vous tape.

Bon, c'est un certain Anatole qui écrit.
« A vous, dame Erwelyn, femme de Vaxilart. »


Pffff... Dire qu'il était amoureux d'Ygerne, cet âne.


« Chère dame. Je ne saurai trop vous décrire aujourd'hui le chagrin qui est le mien. »

Qu'est-ce qui lui arrive encore, il s'est tordu le pied ? Il s'est coupé le doigt avec un parchemin ? J'ai jamais vu un Limousin pareil. Heureusement qu'il y en a qui relèvent le niveau... Enfin... Bon bref, continuez.

« Ce matin, aux premières heures du jour, j'ai trouvé la chieuse votre amie très chère dans son lit. »

Mais qu'il est cruche, aller la réveiller aux premières heures du jour, il est suicidaire ou quoi ? Vraiment, depuis le nombre d'années qu'il travaille pour elle, il n'a toujours pas compris comment un poney rose fonctionnait. Ah là là, le petit personnel, c'est plus ce que c'était, n'est-ce pas Trilandul ?

« Malgré tous les soins que nous lui avons apportés ces derniers mois, et nos prières, dame Mahaut a rendu son dernier soupir dans la nuit. »

Elle a quoi, j'ai pas entendu ? Parlez plus fort mon brave, je ne suis plus de prime jeunesse enfin.

Dame Mahaut a rendu son dernier soupir dans la nuit.

Mais je ne comprends rien !

Dame Mahaut a rendu son dernier soupir dans la nuit !!!


Et là, c'est le drame – oui, oui, encore – ou comment rendre un poney rose muet pour un long, long moment. Les yeux d'Erwelyn se fixèrent sur un point, la bouche ouverte. Elle ne bougeait plus. Elle n'était pas bleue, mais elle ne bougeait plus. La main de Thibaut passa devant son visage, essayant de provoquer un clignement d’œil, mais il n'en fut rien.
Il continua alors sa lecture, pensant que ça pourrait réveiller la duchesse.


« J'ai tenté mon maximum pour la faire revenir à nous mais rien n'y a fait, le destin s'acharnait. Vous êtes la première personne que j'informe de cette désastreuse nouvelle et vous imaginez combien elle me bouleverse. Je ne sais que faire actuellement, mes sens me dictant de me couvrir les cheveux de cendre et de maudire le sort qui s'acharne sur une aussi grande personne mais je sens et je sais que je dois rester fort, au moins jusqu'à la lecture du testament. Je me tourne donc vers vous, c'est dire si je suis en crise, et attends vos instructions auprès d'elle. Soyez assurée que les meilleurs soins seront apportés à sa dépouille. Avec toute ma compassion, votre dévoué, Anatole. »

C'est alors qu'elle explosa.

Non ! Non ! Remettez le courrier d'où il vient ! C'est pas possible, c'est un mensonge, un poisson d'avril en février, une blague de poney rose même pas rose, c'est un cap, que dis-je c'est une péninsule !

Une chope fila même en direction du mur.

Non ! Elle n'est pas morte, elle va reviendre et nous serons heureux, tous ensemble, vous entendez !
E R E !
Nous sommes immorteeeelllleeeeees ! Immorteeelllleeeeees !


Et elle le cria une dernière fois, avant de s'effondrer au sol, sa houppelande l'entourant telle une corolle rose.
_________________
Anatole, incarné par Erwelyn
Citation:
Très chère dame Erwelyn.
On s'inquiète de votre silence. Quand je dis on", c'est pas moi mais allez comprendre ce qu... Bref. J'espère que l'annonce de la m... de la disparition de votre amie ne vous a pas trop bouleversée. A ce sujet, on me demande si le Roy a programmé une journée de deuil national. Mais vous n'êtes sans doute pas au courant. Sans nouvelle de vous ni du baron Têtedefer, que votre amie avait désigné comme exécuteur testamentaire ou plutôt comme "celui qui va vérifier que vous fassiez pas n'importe quoi non parce que je vous connais, hein !", je prends sur moi de vous faire parvenir le testament de votre amie. Nul doute que votre influence calmera sans doute les envies de partage plus ou moins égalitaire des autres poneys. Ou pas, mais de toute façon, ils risquent d'être déçus.
J'ai pour l'instant fait placer le corps de votre amie dans une cave particulièrement froide afin de la conserver au mieux avant que l'on ne procède à son inhumation, probablement dans le caveau de feu son époux, en espérant que cela ne le réveille pas du pays des morts, le pauvre. Même si je sais que cela lui aurait plu, je ne vais pas la tourner d'un quart de tour chaque jour pour assurer une meilleure conservation, car je ne la considère pas au même niveau que ses crus bordelais. Crus dont "on" me signale qu'ils valent mieux que moi, ce dont je prends bonne note.
Croyez bien que je suis à votre disposition pour toute sorte de chose, et pitié, faites-en sorte qu'on l'enterre vite, je n'en peux plus.

Votre dévoué,

Anatole


Mahaut a écrit:
Anatole, je crois qu’il est temps… Ne nous voilons pas la face, malgré toute ma sainteté, il est possible qu’un jour j’abandonne ce bas-monde pour des sphères plus éthyliques. Evidemment, vous n’en aurez certainement plus pour très longtemps non plus alors, étant donné que le monde doit s’écrouler le jour de ma mort, rapport aux prophéties, toussa toussa… Ceci dit, connaissant l’humour douteux, J’AI BIEN DIT DOUTEUX, de ces enfoirés d’anges aristotélitrucs, ouais, même pas peur, j’les prends un à un… bref, au cas où, il se pourrait que vous me surviviez quelques temps. Après tout il faut bien des spectateurs à la mort d’une étoile, ne serait-ce que pour la raconter aux masses ignorantes. Je préfère donc organiser tout ça plutôt que de vous laisser gérer, vous connaissant, ça va être un naufrage. Et puis ça fait noble de laisser ses dernières volontés. Du coup, notez. Enfin servez-moi à boire et notez. Vous plantez pas dans l’ordre.

De Nous, Mahaut, dame de Nabinaud, Baronne de Barbezieux, Vicomtesse de Verteuil que même si des petits mgnamgnamstaille ont dit que non, on sait bien que je le suis toujours… Bordel, resservez-moi, je sens que ça m’énerve. Bon. De nous, Mahaut, également connue sous le nom de Sainte Boulasse, de MOI, de cheffe absolue et irrévocable et n°1 du trucmachinchosisme, de poney rose mais aussi parfois de « mais je ne vous connais pas, lâchez ma jambe ! ». Laissons ce jour notre testament, en laissant notre avocat le Baron de Mareuil, ce cher Têf, en être le garant et l’exécuteur testamentaire…

Qu’il soit su de tous que je ne regrette rien, sauf la commode du salon principal du Louvre.

Que je pars consciente du vide béant que laissera mon immense personnalité et que je pardonne déjà à ceux qui s’entailleront les veines par pur désespoir, leur garantissant une entrée au paradis des poneys.

Concernant la répartition de mes biens et propriétés, je laisse la loi et les hommes décider du destin, mais souhaite néanmoins donner quelques menues directives de rien du tout.

A mon père bien-aimé,
Valnor de Lande-Morte, je rends ses terres et son fief de Nabinaud. Mille grâces lui soient rendues d’avoir bravé les qu’en-dira-t-on et de me l’avoir octroyé en reconnaissance de paternité. J’espère n’avoir pas trop abîmé le tout, et je suis convaincue qu’il se rangera à mon idée de décoration à rayures multicolores. De toute façon, j’ai donné ordre de peindre en rose fuschia un « merci papounet d’amour » sur le pont levis. Mon seul regret sera de n’avoir jamais réussi à forcer le verrou qu’il a fait posé sur sa porte de cave à la Rabatelière, mais il faudra transmettre mes compliments à l’artisan, c’était du beau boulot. Chapeau, papapair.

A ma belle-mère et belle-paire,
Elayne, j’adresse un franc merci pour nous avoir acceptées, Orka et moi, dans sa vie, et je lui lègue un parquet tout neuf à motif « pieds de poules » pour sa chambre à coucher. Encore pardon pour le prof de maintien, mais il s’en remettra, la peau des fesses cicatrise très bien à ce qu’on m’a dit.

A mon demi-frère,
Pârys, je souhaite la plus grande réussite dans le monde, lui ordonnant de devenir Roy de France, ou à la rigueur Empereur, afin de faire en sorte que notre nom rayonne encore sur le monde, malgré mon absence. Je confie à Anatole un petit sac en cuir empli de petits papiers-conseils dans lequel il pourra piocher en cas de coups durs. Je suis consciente que cela ne remplacera pas ma présence à ses côtés pour lui apprendre à bien se tenir dans le monde, mais cela pourra peut-être lui sauver la vie, surtout s’il traîne en taverne. Et je prie le ciel qu’il y traîne, payant une tournée à ma santé à chaque entrée.

A ma sœur,
Orkaange. Voilà enfin l’occasion pour toi de briller en société, sans ma présence pour t’éclipser. Quels que furent les mots prononcés entre nous, et Aristote sait combien il y en a eu…, tu as été une complice de premier ordre durant ma courte existence, et le monde se souviendra à jamais de notre tandem modesque qui a révolutionné le monde de la mode. Je te lègue donc mes parts dans la Baleine rose, ma chambre à la Rabatelière, ainsi que l’intégralité de ma garde-robe et de mes chaussures, y compris mes Loups Bouttins vernis roses à paillettes faits sur mesure (je te connais assez bien pour savoir que tu forceras tes pieds à y entrer, même à leurs cor(p)s défendant). Evidemment, tout cela t’ira moins bien qu’à moi, mais bon, quitte à ne plus rien pouvoir mettre, autant que ce soit toi qui laisses les gens bouche bée quand tu apparaîtras. Et puis j’ai mis des étiquettes avec mon nom partout, cousu avec un point hypra serré que si tu le défais, tu fais un trou dedans. Peuche-euppe, sisteure.

A celui qui fut mon presque frère, même s’il faut l’appeler mon père et que des fois il fut un fils, un juge, un porte-parole, un n°2 très convaincant du Trucmachinchosisme (quoiqu’éternel second), bref à Choubinet-Doudinet, TOI,
Lotx… Je ne sais combien de temps j’aurais pu survivre dans ce monde sans ton indéfectible soutien. Peut-être à peine le temps d’une barrique. Je te lègue mes vignes ainsi que mon alambic (revu et arrangé par Léonard). J’ajoute pour la peine ma bouchonneuse et mon carnet d’adresses de fournisseurs et détaillants en vin. Enfin les 17 tomes de carnets d’adresses, quoi. Je sais que tu en feras bon usage, surtout si tu continues à marier des gens, c’est tellement barbant qu’il te faudra bien de quoi tenir. Comme on dit chez les mourants facheunes : sillou, bro !

A celle qui n’est pas vieille mais qui a de l’expérience, à l’unique poney à 8 doigts, à celle qui réussit à épouser un duc et donc à être au dessus de moi héraldiquement parlant, bref, à
Lynette… Ne désespère pas. Tout mari finit par mourir et les bébés peuvent naître roses parfois. Je te lègue tous mes sacs à main, ainsi que mes armes de combat (épée avec tête de chaton en brillants, stylet imprimé léopard, talons aiguilles télécommandés, système intégré de rattrapage de révérence et autres menues trouvailles de Léonard) afin de t’aider dans ton futur veuvage, ainsi que toute ma correspondance aux douaniers. Merci à toi de m’avoir initiée à l’art délicat de la diplomatie. Je te laisse également les vergers relatifs à mes terres, notamment les poiriers, tu sauras en tirer le meilleur alcool. Je serai aux côtés d’Ygerne pour t’accueillir au paradis des poneys quand ton heure sera venue (mais t’as encore le temps, je te prévois encore quelques maris croulants). Et essaye de garder tes doigts, cette fois.

A mon beauf’ de chez beauf, à la honte de la famille, au gueux-qui-sent-le-gueux-dans-une-famille-de-nobles, bref, au mari de ma sœur,
Myrmillmze. Je ne lui lègue rien sinon mon indéfectible amitié. Une chorale a été missionnée et grassement payée pour l’accompagner lors de ses cueillettes aux champignons afin de lui rappeler les meilleures heures de notre entente à grands coups de « je serai làààà toujours pour toiiiii ». Ah, et rajoutez-lui le sponsoring d’une équipe de soule qu’il dirigera. Comme d’habitude, il n’arrivera à rien niveau tactique, mais bon, ayant toujours été grande partisane du mode bourrin, je pars avec le sentiment rassurant de voir que les bonnes vieilles techniques d’attaques perdureront (et aussi avec l’espoir qu’on pourrira une bonne fois pour toute les Bretons).

A ma marraine,
Isabel de Mendoza, inénarrable hispanique et cuisinière émérite et éméchée à la liqueur de glands. Merci à toi de m’avoir trouvé à me loger et à me sustenter lors de ma sortie du couvent. Merci également de m’avoir appris le bon goût et de m’avoir forcée à développer mes talents en communication structurelle et résiduelle. Même si tu restes à jamais hermétique au charme des œufs-mayonnaise, ton goût immodéré pour les pique-niques aura éclairé mes jours. Je te lègue mes chapeaux, y compris ceux à plumes et à voilette. Et pour pouvoir les ranger correctement, je te lègue également ma petite propriété de Bergerac dans laquelle les ranger.

A son grand amoureux, au plus grand lapin que la Terre ait jamais porté, à
Fazzino . Toi qui as si souvent dû porter nos affaires, sans rien dire, et connaissant ton goût pour ma pharmacopée, (vous avez vu Anatole, je l’ai dit sans me tromper, c’est bien un signe que les temps changent), je te lègue mon lot intégral de baume-qui-pue-qui-soigne. Ainsi qu’un double des clés de la propriété d’Isabel, avec la recommandation de bien vouloir y vivre avec elle afin de veiller à sa sécurité, sa réputation de bretteuse hors-pair pouvant lui attirer des soucis (surtout si ses macarons lui viennent dans les yeux, elle aura bien besoin de ton aide pour repousser ses assaillants, même en hurlant en hispanochépaquoi (que je parle couramment)).

A mon plus grand fan, au poney chauve, à celui dont les yeux brillent quand on dit « trajet simple avec quelques étapes », bref à
Gourry. Je regrette infiniment de devoir t’abandonner alors que tu crois encore en moi (et avec raison, à ce jour, on n’a pas encore trouvé mieux) et je te prie de me pardonner en te léguant le texte original de la chanson du hérisson, en espérant que tu le chanteras à tue-tête lors de ma veillée funèbre ainsi que pendant le trajet de mon cortège funèbre. Parce que le hérisson, lui, ne peut pas se faire mettre, ne l’oublie jamais.

A celle qui a des problèmes avec ses pieds, à celle qui aurait dû faire plein de poneys avec Gourry (et qui en fera, je l’exige), bref à
Espartame. Tu avais tout pour être poney, tu l’es devenue en temps record. Je te lègue donc un poney tout neuf dont tu feras tout l’usage que tu veux, ainsi que l’adresse d’un chausseur parisien de renom qui te réalisera des chausses sur mesure pour que tes pieds cessent de se faire la tête. Même si toi et moi, on sait que le problème principal, c’est que c’est le sol qui est pas droit.

A mon grand-parrain, à celui dont je fus une ex, au plus vieux poney à l’haleine chargée, bref, à
Optat. Je te lègue une champignonnière où tu pourras cultiver à loisir ton plat préféré ainsi qu’un champ attenant où, à ce que l’on m’a dit, un ail très vif y pousse à merveille. Puisse-t-il te garantir une longue vie et une haleine parfumée que tu pourras glisser à toute jeunette venant te demander conseil (voire même pour les vieux, mais c’est toujours plus amusant sur les jeunes). Et je maintiens qu’il faut les faire sauter. Les champignons gardent toute leur saveur quand ils sont sautés.

A mon avocat, à mon premier initiateur de bonnes manières, au capitaine éternel du radeau de la méduse, à celui qui paya quand même pas mal de coups et qui continuera à jamais à apprendre le droit à des apprentis gouvernants pleins d’acné, bref à
Têtedefer. Merci pour tout, Baron. Je vous lègue tout mon attirail d’artiste, sachant que vous soupirerez en constatant la prédominance évidente des teintes roses dans le lot. Je vous lègue également un troupeau de moutons, ayant souvenance de votre attrait pour l’animal (ceci expliquant sans doute votre non-résignation face aux apprentis gouvernants susmentionnés) (et ouais, vous avez vu, j’ai réussi à dire « susmentionnés » sans ricaner. Ah non, tiens). Puissiez-vous garder le cap dans votre tour d’ivoire inaccessible. (Franchement, vous pouvez en sortir, les gens ne se vexeront pas de votre goût pour vous habiller en femme, hein, les esprits s’ouvrent cornefianchtre !)

Au nain beau, au petit Juju en culotte de Nemours, au troubadour éternel, au métis angevin-bourgognonnais, bref, à
Aimbaud. N’oublie jamais ta passion pour le spectacle. Tu aurais pu être le plus grand des troubadours de la Renaissance. Et personne t’aurait rien dit si tu avais voulu continuer à t’habiller en action-chevalier, le plus grand de tous les héros. Le destin t’emmène sur des routes plus guerrières… Afin que tu n’oublies pas le monde merveilleux du spectacle, je te lègue ma cargaison de poudre de champignon, ainsi que le contact de mon dis-leur. Une fois parvenu au sommet, n’oublie pas d’organiser de méga-fêtes, le peuple aime bien et en plus on peut pécho. Bigue Heuppe !

A mon défunt époux, s’il peut m’entendre là où il est… Mon
Roudoudou choupinou, si tu étais vivant, je t’aurais légué tes 3000 écus, livrés dans une baignoire. Et la garantie que je te retrouverais pour qu’on en discute. Puisque tu es mort et donc libéré des contingences matérielles, je ne te lègue rien mais je te rejoins pour qu’on ait enfin cette petite discussion sur l’usage des domestiques avec une baignoire. Réjouis-toi, on a l’éternité pour en discuter posément.

Voilà, je pense avoir fait le tour. Evidemment, je n’ai pas distribué l’intégralité de mes possessions, ne serait-ce que les 2000 écus qui traînent dans mon sac à main, ou encore cette magnifique tapisserie de poneys, sans parler de mes fûts et de mes poules… Tout cela vous revient, Anatole. Je ne sais pas si vous êtes un saint ou un abruti complet mais mon foie, vous êtes resté toutes ces années, malgré toutes mes tentatives. Ce fut très intéressant d’un point de vue psychologique. Voilà, vous resterez donc une mauviette jusqu’au bout, mais une mauviette tenace, et riche. Vous allez voir qu’un de ces quatre vous ne serez plus puceau… Fermez votre grande bouche de limousin et cessez de bredouiller, c’est très agaçant et ça va diminuer le tragique de ma mort. Occupez-vous des poules comme si elles étaient le pruneau de vos yeux. Ah pis vous ferez un cortège pour aller m’enterrer auprès de Roudoudou, entourée de tous les poneys. Ça vous prendra bien un an, alors arrosez-moi bien d’alcool pour me conserver. Naturellement, de la mirabelle, bon sang, à qui croyez-vous parler ? Vous n’aurez qu’à vous débrouiller, après tout vous serez riche, ne vous restera qu’à devenir dégourdi.

Je pense avoir dit l’essentiel, même s’il y aura beaucoup à dire sur tout. A partir de maintenant, débrouillez-vous, moi j’ai poney.
Que mes volontés soient faites et tout le bordel.
Vous me mettrez le sceau officiel hein. Pis resservez-moi, au lieu de pleurer. Limousin, va.


Optat
Des amis communs lui ont appris que son ex compagne de combats de taverne erre dans les rues de la ville, l’œil hagard, la parole trop rare pour être dans un état normal, le gosier sec, le coude baissé. Il entreprend immédiatement de chercher dans les moindres recoins, derrière chaque tonnelet, même vide.

Enfin il la trouve. Elle semble triste comme un jour sans gueule de bois, effondrée comme une voûte de cave abandonnée. Elle tient en sa main non pas un fromage mais un bout de lettre, cause semble-t-il de son émoi.


Lynette mon amie, que t'arrive-t-il ? Je suis à la joie de te revoir ici, loin de nos terres, et je t'aperçois sans même une chope dans un périmètre de sécurité raisonnable, ni même une fiole de secours. Qui ou quoi peut causer autant de ravages sur une personne aussi joyeuse que toi habituellement ?


Avant d'écouter toute réponse, il tire de sa besace son nécessaire de premiers soins qui ne le quitte jamais, une petite gourde d'eau de vie de prune qu'il produit lui-même, avec amour et abondance, dans sa propriété périgourdine. Un peu à regret quand-même, car il ne lui en reste qu'une demi-charrette, il tend l'équipement de survie à son amie.
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Eloso
Un peu desoeuvré, mais il se desoeuvrait vite, il rôdait dans les rues. Rôder, c'est pas le mot, puisqu'on y attache une notion de discrétion. Or la discrétion, au chevalier, c'est pas son truc. Pas que ca le gene, mais ca le fatigue. Etre discret avec une cuirasse frappée d'une énorme croix de Malte, et plus de quatre vingt kilos de barbaque dedans, c'est une gageure, et il avait passé l'âge des défis bêtes.

Bref, tout ça pour vous dire qu'il déambulait, à cheval et au pas, dans les ruelles de la ville. Le nez au vent, vaguement pensif, laissant sa monture, d'un coup de poitrail, ouvrir la route quand la gueusaille se pressait trop.

Monture qui, et là vous verrez comme la transition est habile, stoppa net d'un coup, à coté d'un bai couvert des armes de Sainte Colombe. Optat. Son dada, plus précisement. Signe infaillible que le barbu n'etait pas loin.

Un sourire éclaire le visage de l'Auvergnat. Son ami était donc en vadrouille, lui aussi, ce qui promettait force claques dans le dos, rasades et charcutailles.

Il eut tôt fait de se retrouver les bottes sur le pavé, l'oeil deja plus vif, scrutant les alentours.

Chevalier !!! Où vous cachez vous , à quelle table, sous quel jupon ???
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Erwelyn
Alors là, c'est le dra... ah non, ça fait déjà trois fois qu'on la fait celle-là.
Lynette avait bien reçu le tas de courrier envoyé par Anatole, à peu près deux ou trois heures auparavant. D'abord, elle avait craché de la bière marinée en bouche sur le messager, fâchée de recevoir à nouveau un courrier du Limousin. Bon, c'était pas noble mais là, elle s'en tapait. Pourquoi donc s'acharnait-il à vouloir lui faire croire que Mahaut était mourue, hein ? Les hommes, vraiment, aucun tact...
Et dire qu'hier on lui avait suggéré de prendre amant, comme si elle allait supporter un homme en plus de son mari qu'elle ne voyait plus depuis des lustres. Les gens avaient des idées bizarres...

Bref, revenons à nos poneys.
Elle avait craché, d'abord.
Ensuite, elle lui avait crié « Immorteeeellleeeees ! » histoire qu'il comprenne bien que la duchesse n'était pas un lapin de six semaines et qu'il ne pourrait pas la couillonner avec des parchemins qui n'étaient même pas écrits en rose.
Et après, il était parti. Tous des goujeons, ces hommes !

Assise là, elle avait lorgné sur les papiers sans vouloir les lire, en répétant « Immortellles » à chaque fois qu'elle voyait passer quelqu'un.
Jusqu'à ce que, n'y tenant plus, elle se jette sur le premier parchemin, écrit encore par Anatole.

Gnagnagna, pas trop bouleversée, gnagnagna...
Une journée de deuil national ! Mais évidemment, une année même pour Sainte Boulasse !
Gnagnagna, testament, gnagnagna, quart de tour, gnagnagna, conser...
Testament !


Ses n'oeils allèrent se poser sur l'autre papier, beaucoup plus gros. Ses huit doigts tremblant le saisirent et elle aperçut le sceau de la baronne aux poules de Barbezieux. C'était le sien, indubitablement. Le parchemin fut déplié et elle commença à lire. Sans contestation possible, on reconnaissait la papatte de la truffe du Périgord. Elle lut les premières lignes puis sauta tous les paragraphes sur les papaetmamanpair, la blonde aux gros seins, le curé à moitié timbré, comme tous les poneys roses, notez, jusqu'à arriver au passage qui la concernait elle.
Tremblante, elle réalisa. Oh maille godeuh ! Elle lui donnait toutes ses armes de combats et ses sacs à main !

Mahaut, toujours le cœur sur le foie, c'était une véritable amie, un poney rose dans toute sa splendeur. Si tant est qu'un poney rose ne puisse pas être splendide de toute façon. La duchesse, celle qui avait effectivement réussi à la coiffer au poteau en épousant un duc et en faisant un high coup, s'effondra en larmes.

Jusqu'à ce qu'elle sente une odeur d'ail envahir le lieu où elle se trouve. Un poney rose, c'était un signe !

Optat... toiz'ici... Les poneys sont immortels n'est-ce pas ?

Et très organisés, la preuve. Un poney en détresse et en voilà un autre qui rapplique, liqueur de prune en renfort. Si ça c'est pas de la télépathie...
Criant, elle répondit à la voix qui cherchait des jupons.


Y a pas de jupons ici, que des poneys immortels ! Hein Optat ?

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Optat
Il est vraiment inquiet. Il comprend tout ce qu'elle dit du premier coup, ce n'est pas normal, elle n'est pas dans un état normal, serait-elle devenue présidente de l'amicale locale des orthophonistes intelligibles, coquecigrue s'il en est ? Oh oui son style correspondrait bien à son état civil. Sale état s'il en juge l'absence obstinée de jurons du autant que de jurançon .

Bah c'est quoi tout ce fatras de vélins, te serais-tu transformée en larve papivore ? Cornecul ! Ça te donne un air romantique de poney qui réfléchit, ce qui est très rare comme nous le savons tous. Si c'est un nouveau jeu je t'avertis que je préfère les concours de pompons roses à franges dorées, nettement plus dans mes cordes.


Il entend le pas tranquille d'un cheval, le cavalier démonte et l'apostrophe sans introduction.

Chevalier !!! Où vous cachez vous , à quelle table, sous quel jupon ???
Immédiatement il reconnait la voix aussi mélodieuse que le bruit d'une bouche à canon de campagne importé d'Italie. C'est son ami Eloso, infatigable compagnon de chevauchées diverses
.

Eh chevalier ! Vous savez bien que je ne peux mâcher et tâter en même temps sans avoir le gosier encombré. C'est pour ça que vous me trouvez la fiole innocente et la main interrogative.

Il se retourne vers Lynette qui lui pose une question aussi sotte que grenue.

M'enfin ma Lynette ! Comment diable un poney rose pourrait-il décéder mortellement ?
Le Grand Trucmachinchose ne le permet tout simplement pas.
Vraiment tu m'inquiètes.

_________________
Erwelyn
Ceci, chers amis lecteurs, est une véritable histoire de poneys, avec des vrais morceaux de poneys roses dedans, c'est un fait.
A la réflexion sur le papivore, elle ronchonna, s'enfilant une bonne rasade de prune histoire de revenir à un état normal de poney.


Je ne suis pas vieille, cornefianchtre ! Simplement expérimentée. Pourquoi voudrais-tu que je mange des vieux en plus.

Elle reprit un peu du poil du poney à son écoute. Un poney rose, c'était tout ce qui lui fallait pour revenir à la réalité vraie : les poneys roses ne pouvaient pas mourir, c'était dans leurs gênes. Ainsi que la verve haute, l'amour du rose et de l'alcool et une forte propension à perdre leurs interlocuteurs dès qu'ils ouvraient la bouche.

Ah voilà, c'est ce que je disais à Trilandul quand il me faisait lecture, le Grand Truc ne le permettrait pas, et tout le monde sait que c'est lui qui régule l'univers du monde hein. D'autant plus que c'est tout simplement ini...inma...ninimaginable que Mahaut testamente toutes ses robes à la baleine ! Mon foie, de mémoire de poney rose, on aurait jamais vu ça.

Tournant la tête lorsqu'Optat harangua le nouvel arrivant, elle l'aperçut, poil au... C'était l'homme de la taverne – et non pas des cavernes, il y a une nuance – celui qui avait parlé des galettes aux sarrasins de Jérusalem.

Alors vois-tu cher OMH, l'homme que tu vois là avec sa gouaille et ben il fait partie de l'ordre des hospitalisés de Saint Jean-Baptiste de Jérusalem et du groupe Sepultura. Comme j'te l'dis ! Et ils sont tous frères et sœurs là-dedans. Certains ont toutefois des vrais sœurs, ça paraît assez compliqué. Chuis même sûre qu'il y a des faux-frères dans le lot, mais faudrait creuser.

Et Lynette d'appuyer sa présentation à grand renfort de hochement de tête avant de remettre un peu de liqueur dedans son pauvre sang tout asséché.

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Optat
Creuser ? Quelle drôle d'idée quand on est en deuil ma Lynette ! Je te dis que tu tournes papivore, je suis très inquiet du cœur léger.
Mais pourquoi donc me parles-tu des test.. de testamentatition de la sœur de la baleine ? Elle sait écrire maintenant ?


Il se rassure un peu, enfin on commence à ne plus rien comprendre.

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Eloso
Étrangement, c'est d abord une voix féminine qui lui répond. C'est a la fois rassurant, parce que ca augmente les chances qu il ait réellement trouvé le chevalier, et inquiétant de songer que ce dernier ne peut s' exprimer seul.
Priant furtivement pour ne pas tomber sur une scène déconseillée aux mineurs, espérant qu Optat n' est étouffé que par un saucisson, il s' avance. Par bonheur pour sa pruderie bien connue, c'est a cet instant que retentit le doux organe de son ami.
Le son a pour vertu de l amener au pied d' un spectacle dont il ne capte pas bien la quintessence, de prime abord. Mais peu importe, au fond. L'essentiel est dans la présence de son estimé compagnon d'armes.
Sans s' encombrer de civilités, le ci-devant seigneur des Granges se saisit d' une chaise qu il enfourche à l' envers. Le craquement révolté du bois malmené ne l' emeuvant pas le moins du monde, il s' installe, salue d' un signe de tête particulièrement harmonieux l' inconnue, puis fixe Optat.


Mon frère... Ni le lieu ni les accessoires ne m' étonnent, mais je vou entends parler... Sauriez- vous me dire ce qui vous amène a considérer comme réelle l' existence de poneys de couleur ?

Le regard pétillant, ravi de croiser le chevalier, faisait sonner bien faux la question. Et lentement le jour se fait... Poney. Il regarde mieux la femme. Erf.

Erwelyn... Pardon le temps que les yeux s'habituent, je ne vous avais pas remise.
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Erwelyn
Il ne comprend pas, ce qui est rassurant finalement, car preuve que Lynette commence petit à petit à recouvrir ses capacités de poneys roses. La liqueur de poire ? Peut-être. Le fait qu'en effet, ils sont persuadés que le Grand Truc ne saurait faire mourir un poney ? Sûrement.

Elle ne sait pas écrire, mais elle sait parler ! C'est ce cruchon d'Anatole qui m'a envoyé deux courriers... et son testament ! Vois un peu...


Elle allait lui faire lecture lorsque la chaise couina sous le poids du chevalier. Les yeux levés vers le frère assis devant elle, la duduche cligna les paupières.


Le bonjour Esolo... mais, vous voulez me remettre où ?

Oui, il apprendrait sans doute que chaque mot avait son importance avec un poney rose. Mais bizarrement, pour le peu qu'elle l'avait croisé, elle sentait au fond de lui de fortes capacités et l'étoffe pour le devenir lui aussi.

Et puis... quelle question, quel homme de peu de foi ! Je vous pardonne, dans ma grande mansuétude, car vous découvrez à peine ce monde merveilleux. Auriez-vous connu la baleine rose, le moulinet d'épée pour occire les Limousins, les poules de Barbezieux, le castel redécoré en rose, le balai-canne et j'en passe, que vous ne douteriez pas à ce point, farpaitement. Fichtrebleu !

Et elle conclut sur le signe de la chope avant de déplier à nouveau le parchemin et de planter le sceau de Mahaut sous le nez d'Optat et d'Eloso. Vu qu'il les avait rejoint, pas de raison qu'il ne profite pas du pestacle lui aussi.


Regardez, c'est son sceau ! Anatole est Limousin, soit, mais jamais il n'aurait utilisé le sceau de Sainte Boulasse sans son consentement et sans avoir peur de souffrir dans d'atroces souffrance. Déjà qu'il souffre beaucoup cet homme... En même temps c'est logique, il est Limousin.
Et voilà la partie qui te concerne Optat, d'ailleurs :

" A mon grand-parrain, à celui dont je fus une ex, au plus vieux poney à l’haleine chargée, bref, à Optat. Je te lègue une champignonnière où tu pourras cultiver à loisir ton plat préféré ainsi qu’un champ attenant où, à ce que l’on m’a dit, un ail très vif y pousse à merveille. Puisse-t-il te garantir une longue vie et une haleine parfumée que tu pourras glisser à toute jeunette venant te demander conseil (voire même pour les vieux, mais c’est toujours plus amusant sur les jeunes). Et je maintiens qu’il faut les faire sauter. Les champignons gardent toute leur saveur quand ils sont sautés. "


Mahaut était une ex, une ex quoi ? Une excommuniée ? Non parce que paraît que ça se fait beaucoup en ce moment, c'est sacrément à la mode dans les milieux autorisés.
Et puis je suis d'accord, le champignon, soit sauté, soit en poudre, c'est une évidence. Elle avait vraiment de l'esprit hein ?

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Eloso
En fait, c'est definitif, il ne comprend rien. Il venait de mettre le pied dans un monde parfaitement inconnu et a priori totalement renversé.

Pied qu'il retire, prudemment, le ramenant sous son siège.

Coi il est, coi il reste. Ben oui, quoi. Parfois un mot traverse le brouillard, et il en comprend le sens mais pas forcement la place dans le discours. Pourtant, foutrecul, il est tôt et il n'a rien bu qui puisse de la sorte l'embrumer. A moins... A moins qu'à l'inverse, il n'ait pas assez bu !

Derechef, il puise dans la large poche du tabart, pour en extraire un objet relativement precieux, non par son contenant mais par son contenu. Oui, fidèles lecteurs, c'est bien de la poire, celle -là même qui, eternellement disparue, reapparait tout aussi eternellement.
Déboucher le flacon, immanquablement, le replonge dans les souvenirs de sa verte jeunesse, les filles vite troussées, les jours de faim et les premiers coups d'estoc.
Ca, c'est juste avant la brulure de la premiere gorgée. Qui bien souvent reste la dernière, car s'il aime les fruits, il n'en fait que rarement une consommation éhontée.

Bien bien bien....

Il va falloir s'accrocher... Reste à voir si Optat a un peu plus de raison.
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Optat
Aillé ! J'hallucine d’ouïr cette mauvaise foi à propos de champignons ! Je dis et je répète qu'il faut sauter, encore sauter, toujours sauter, rien que sauter. Le caractère primesautier de Mahaut est proprement.. proprement.. oui c'est ça.., proprement !!

Chevalier n'êtes-vous point d'accord ?


La moustache qui frise il lit le document que lui tend Lynette.

Non non, c'est impossible. Papapair et Belle-Paire doivent être effondrés de constater qu'il n'y a même pas une pantoufle dans son trousseau de mourrue. Et puis permets-moi de pouffer en songeant à la baleine claudiquent sur loups bottines à étiquette. Déjà que chez les Sire-à-gnole à Bergerac elle oubliait de pousser la soule, je ne vois pas l'outre cuidant sur les talons.

Imagines-tu Toi alambiqué sans que le père Sifflard ne tire sur le manche ? Bast ! On n'en tirerait même pas une liqueur de gland acceptable pour Isabel, chantre infatigable de la geste.


Les bras droit pointés vers le sol, les épaules relevées et le cou rentrant il se tourne vers son ami.

Chevalier... dites-lui vous que ça dépasse l'entendement.!

Il persiste à nier du chef. C'est un grand nieur. Il adore nier le chef.

Non non, ou alors il ne nous reste plus que le suicide collectif à l'eau en chantant le Truc.
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Erwelyn
Elle est proprement dans le vrai, sauter les champignons, il en va de soi. Pas de soi comme de Toi ou Moi ou encore lui. Enfin quoique Lui, c'était pas lui, c'était Bikko, que je n'ai jamais connu d'ailleurs.

Hop, petit doigt ganté pointé vers le chevalier, perdu comme tout être normalement constitué au milieu d'un dialogue de poneys.

Mais de soi comme le champignon, qu'il faut sauter.
Moi ce que je trouve proprement, comme Mahaut, scandalant c'est qu'elle ait testamenté deux mil écus à Anatole. Elle n'y va pas avec le dos de la main morte, je te le dis. Donner de l'argent à un Limousin ! Mon foie, l'a-t-il menacée avec de l'eau pour ça ? Je mettrai cette histoire au trouble, cornecul !


Et la duchesse de lever un regard, suivant celui de l'aillé, vers le chevalier assis tout près d'eux.

Oui, dites-nous Esolo que le Grand Machin s'est trompé, qu'il file de la mauvaise laine, même pas rose, que Sainte Boulasse ne peut nous avoir quitté.
Ou alors, Optat a raison, il ne nous reste plus qu'à la rejoindre sur le Soleil en nous trempant dans l'auge à poney rose. Par contre moi je ne pourrai chanter le Machin, si cette vérité est vrai, il en sera le seul responsable et mon foie se détournera de lui.

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Eloso
Optat est grand, Optat est lumineux, Optat a toujours raison car Optat raisonne. Et pas résonne, sans quoi il serait creux.
Si l'on en revient au sujet, le champignon se rissole à l'ail, avec l'huile la plus pure. C'est, selon Sorirrati, Grand Maitre corse de la noble moisissure, le seul moyen honnete de lui conserver ses saveurs.
A cela s'oppose, evidemment, la théorie d'obedience germanique, qui le cuit à la bière. Mais le malt en annihile le goût d'humus, ce qui à mon sens nuit fortement à sa dégustation.


Cette fois il a choisi son camp, sans savoir pourquoi, sans non plus savoir dans quoi il est tombé. La ferraille cliquete un peu tandis qu'il s'approche de la table.

Il est, de plus, incontestable que le champignon accompagne parfaitement la viande de poney, fut-il rose ! Quand mangeons nous ?
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