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[Mariage] Les mariés de l'an 1461

--Charlotte._


Matin

Le soleil n'était pas levé depuis longtemps, et pourtant les alentours bourdonnaient d'activités. De nombreuses charrettes étaient déjà arrivées, apportant les mêts demandés par la mariée.
Les tourtes au pigeon côtoyaient les pâtés de sanglier ; les brioches au faisan saluaient les lapins rôtis. Les navets, les radis, fèves et pois n'étaient pas en reste, bien qu'ils soient encore en train de cuire. La cérémonie n'aurait lieu qu'au crépuscule, il y avait donc le temps.

Tout en contemplant le spectacle des trois carioles désormais vides quitter le domaine, Charlotte jeta un coup d'oeil à une fenêtre du premier étage. Madame était arrivée au beau milieu de la nuit, complètement fourbue et couverte de sueur et de poussière. Sans même prendre la peine de se laver, elle était partie se coucher. Et depuis, on ne l'avait pas revu. La domestique intérimaire ne s'occupait pas d'elle, comme elle le lui avait demandé. Elle avait d'ailleurs bien d'autres chats à fouetter.

Les trois tables étaient disposées en demi-cercle, longeant la partie de la Tour qui ne bordait pas la falaise. Les nappes blanches toute simple venaient d'être agrémentées, par les soins de Charlotte, de guirlandes de lierres. Elle avait fini par se résoudre à servir une païenne. De toute façon, elle ne devait pas assister à la cérémonie, puisqu'elle aurait en charge les enfants.

Ceux-ci, d'ailleurs, étaient pour leur part parfaitement réveillés. La Maîtresse avait dit qu'il en viendrait encore six, ou plus. Pour le moment il n'y en avait que deux, qui s'entendaint comme larrons en foire. La petite Eilidh et le jeune James se tenaient pourtant relativement sages. Cela cachait forcément quelque chose, mais quoi ? Elle n'avait pas le temps d'enquêter. Tapant dans ses mains, elle leur demanda de l'accompagner au bout du sentier, où elle devait attendre l'arrivée des invités. Les enfants suivirent, tout excités. Courant dans les hautes herbes, ils étaient semblable à deux chiens fous. D'ailleurs, parlant de chien, l'immense bête noire de la Maîtresse trottait à ses côtés, langue pendante.

La liste bien en main, la domestique s'arrêta au bout du sentier. Prenant place sur une souche, elle posa le panier plein de victuailles qu'elle avait pris avec elle, et attendit.


Après-midi

La matinée était finie depuis longtemps déjà. Ils avaient mangé tous les trois en bavardant gaiment, puis les enfants étaient repartis jouer. Leur but semblait d'être celui qui verrait en premier le premier invité. Jeu passionnant pour des enfants, mais ennuyeux à mourir pour une femme telle de Charlotte.
Il devait être environ none *. Bien sûr, tout le monde n'arriverait pas si tôt. Sans doute personne. Peut-être la druidesse ? Ou le marié ? Ou les témoins ? Autant dire tout le monde. Mais Charlotte, pour se distraire, songeait à la petite fortune qu'elle toucherait une fois l'office terminé. Cela valait tous les sacrifices.




* None = 15h
Sybelle
Le début de l’année 1461 avait été plus que difficile pour Sybelle. Toutefois, en ce huit février, elle était heureuse. L’union de sa cousine adorée avec celui qu’elle aimait ne pouvait que la réjouir et à ceci s’ajoutait le bonheur d’avoir été choisie pour officier à ce mariage, dans la foi druidique.
Levée depuis l’aube, la rouquine avait préparé ses affaires, réunie ce dont elle avait besoin pour la cérémonie et c’était mise en route vers la Tour sur le dos de son poney. Au dessus d’elle, le ciel était parcouru de gros nuages cotonneux, qui ne laissaient toutefois pas présager de pluie ce qui ne fit qu’ajouter à sa bonne humeur. Alors qu’elle approchait de plus en plus de la Tour, elle repéra James et Eilidh cachés dans les fourrés, juste quelques mètres devant une femme - certainement cette Charlotte qui lui avait écrit. Sautant à terre, elle lança un clin d’œil aux petits.


Bah alors les crapauds, pourquoi z’êtes ici ? Vous devriez pas être en train de vous faire beaux pour la fête au lieu d’espionner les gens ? Fit-elle avec amusement avant de se tourner vers l’employée. Je suis Sybelle, la cousine de Syuzanna. Où est-elle ? En train de se préparer ? Si elle est encore partie en vadrouille et qu’elle est en retard au mariage, je ne répond plus de moi ! Enfin bref, j’vais aller la voir.

Et sans attendre, la jeune femme mena son poney aux écuries où elle le déchargea de tout son petit bazar avant de gagner sa chambre, au deuxième étage de la Tour. Là, après une courte toilette, elle se prépara en vitesse, enfilant sa jolie robe blanche et attachant ses longs cheveux roux avec un ruban doré. Sachant qu’elle était ravissante et ayant plus important à faire que de passer des heures devant le miroir, la NicAvoy fit ensuite un ou deux aller-retour jusqu’au lieu où se tiendrait la cérémonie.

Elle avait choisi pour ce mariage, d’officier du côté est de la Tour, juste à l’orée de la foret. Quelques temps auparavant, elle avait fait installé un joli autel en pierre blanche juste là et maintenant que le grand jour était arrivé, elle pouvait poser ses paniers tout autour. Un premier contenait des bougies que les témoins devraient disposer sur l’autel et allumer avant que la cérémonie ne commence, et les autres contenaient des plantes fraichement coupées : lierres, roses, lavandes, freesia… Certaines serviraient à décorer l’autel et d’autres à tracer des cercles sacrés au sol. Après avoir posé son athamé à lame d’argent sur l’autel, la rouquine retourna vers la Tour, satisfaite. Tout était prêt. Ne manquait plus que les invités.

S’inquiétant un peu de ne pas encore avoir vu sa cousine, elle alla tambouriner à la porte de sa chambre.


Syu-Syuuuuu ! C’est moi ! Qu’est-ce-que tu fiches ? Tu te prépares ? Laisse moi entrer que je t’embrasse… Et surtout que je te montre à quel point je suis merveilleuse dans ma robe !
_________________
Bilbon
[Le jour J a sonné]

Duncan n'était pas par définition, un adepte du costume. Mais c'était son mariage et il devait faire un effort. Il avait empaqueté ses affaires dans un sac de toile et avait pris la route dès la veille. Puis une toilette rapide dans la rivière la plus proche de la tour et hop, il s'était changé.
L'Ecossais avait passé une paire de braies couleur de terre, une chemise blanche en lin, et un gilet de cuir fauve. Ses cheveux étaient lavés de frais, sa barbe rasée de près ou presque et ses bottes étaient cirées. Ce n'était pas la classe absolue mais c'était mieux qu'une de ces trucs plein de dentelles et de soie. En travers de son buste, il avait attaché en écharpe d'une broche en forme d'ours le tartan de son Clan.

Monté sur un robuste poney Duncan passa devant une femme potelée et deux enfants gouailleurs. L'inconnue se leva, demandant son nom et l'Ecossais répondit bêtement :

"Je suis le marié."

Elle le laissa passer sur un dernier regard de reproche. Duncan remonta le sentier en souriant d'un air absent. Allait-il vraiment se marier ? Quelque chose lui semblait extraordinaire dans toute cette histoire. Ca sentait le coup fourré, l'intrigue à plein nez ou... Il éclata de rire tout seul au milieu des herbes hautes. Ca sentait... le danois. Cette idée le secoua d'un rire incontrôlable. Ouais, une idée d'intrigue le jour de son mariage c'était d'inspiration danoise ou il ne s'appelait plus Duncan !

Il fut enfin en vue de la haute tour blanche. Tout était prêt et calme, et l'Ecossais se força à rester en bas. Syu devait dormir ou se préparer et il ne voulait pas risquer de la mettre en colère. A la place il se servit une chope de whisky qu'il avala en trois lampées. Ne restait plus qu'à attendre à la fois la fiancée et les invités. C'est alors qu'il remarqua Sybelle qui se dirigeait vers la porte d'entrée. Riant de la voir ainsi, il s'approcha et une fois n'est pas coutume la serra dans ses bras.

"Tu es splendide ma cousine... efin presque cousine. Par alliance."

Il s'empêtrait dans les mots, le pauvre bougre. L'émotion sans doute. Aussi trouva-t-il plus sage de continuer à boire et à attendre.

Edit' parce que posté en même temps que la JD Sybelle !
2ème édit' pa'ce que j'sais pas lire ^^'

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Syuzanna.
[En r'tard, en r'tard, j'ai rendez-vous queq'part] *

La première chose à laquelle Syu pensa en s'éveillant cet après-midi là fut quelque chose comme... « Mais qu'est-ce que je fous là ? » Elle était dans la Tour mais ne comprenait pas ce qu'elle y faisait. Jusqu'à ce que la mémoire la frappe violement. Elle en serait presque tombée si elle n'avait pas été allongée. Le mariage, c'était aujourd'hui. Et vu la position du soleil dans le ciel, la cérémonie commencerait dans... moins de temps qu'elle n'en possédait vu son état.

- Et merrrde, jura-t-elle en bondissant de son lit.

Surtout que quelqu'un montait les marches, là, maintenant, tout de suite. Se précipitant à la fenêtre, elle aperçut la silhouette de Duncan devant un tonneau d'alcool. Bon, au moins, il était occupé. On tambourina à la porte, et la voix haut perchée de Sybelle traversa les murs comme d'habitude une épée transperce un quelconque corps humain qui n'avait pas eu de chance.


- Oh, bordel de foutre, grommella la jeune et radieuse future épouse. Puis, plus haut : J'arriiiiive ! Je suis, euh.... Invisible ! Enfin, euh, je ne suis pas visible. Euh... Oh et puis fichtre à la fin. Attends une seconde, bon sang !

Le baquet ! Le baquet, tout de suite, maintenant. Fort heureusement, sa domestique intérimaire n'était pas que grognon, et avait pensé à lui emplir la veille. Ne prenant que le temps de se dévêtir, elle plongea dans l'eau... qui naturellement après tout ce temps était froide. Retenant un juron fleuri, elle se hâta de faire sa toilette avant d'enfiler une chemise longue. Les cheveux épars autour de son visage renfrogné, elle ouvrit enfin la porte à sa cousine.

- Magnifique ! s'exclama-t-elle, sincère, en la serrant dans ses bras.

L'Ecossaise excusa d'un mouvement d'épaule la simplicité de sa propre mise.

- Ouais, euh... j'ai pas eu trop le temps de... Mais dans deux minutes c'est fini, hein. Pas de soucis.

Et d'afficher un sourire cousin germain d'une grimace en tortillant une mèche de cheveux autour d'un index.


* Le (fameux) lapin blanc d'Alice aux Pays des Merveilles
_________________
Sybelle
Evidemment, elle la fait attendre. Ronchonnant un peu, Sybelle baisse les yeux vers son bras gauche, enroulé dans un bandage immaculé. Cela lui fait terriblement mal, mais elle tâche de ne pas se plaindre, l'heure étant plutôt aux réjouissances.
Enfin, Syuzanna ouvre la porte pour la serrer entre ses bras... Et la tremper au passage.


Mais... Mais... T'es toute mouillée ! S'exclame la rouquine en s’écartant légèrement. Et pas habillée ! Et pas prête ! Rah, là, là... Faut tout faire soi-même dans c'te famille.

Ronchonnant encore et toujours, la renarde entre dans la pièce et referme la porte derrière elle. Avisant un grand draps de bain, elle le lance à sa cousine.

Sèche toi donc les ch'veux ! On va essayer d'faire quelque chose de cette tignasse ! Et ta robe ? Elle est où ta robe ? Il faut que tu la mettes ! S'exclame-t-elle en tournant un peu en rond. Roh, là, là ! On va être en retard ! Enfin, tu vas être en retard !

Se retournant vers sa cousine elle s’empare du draps lancé un peu plus tôt et se met à lui frotter vigoureusement le crâne, lui secouant probablement le cerveau au passage : à croire que l'arrivée imminente de la cérémonie la rend un peu nerveuse. Mais il faut dire que c'est la première fois qu'elle officie en tant que druidesse et que pour l'occasion, elle veut que tout soit parfait... Et en particulier la mise de la mariée.
Les cheveux de sa cousine à peu près secs, elle entreprend de la faire asseoir pour les lui démêler, lentement pour ne pas lui faire trop mal, comme sa mère le faisait pour elle quand elle était petite, dans leurs rares moments de complicité. Le geste répétitif la calme quelque peu. Le rythme de sa respiration ce calque sur celui des coups de peignes dans les boucles rousses de son aînée, et enfin, un sourire apparaît sur son joli minois.


Tu te rends compte que tu vas te marier ? C'est fou, non ? M'enfin, tout est prêt pour que ça soit une journée parfaite. Les fleurs que j'ai acheté sont sublimes, tu vas voir. Hé, dis, tu les laisses détachés tes cheveux ? Parce que moi niveau coiffure, ça s'arrête au chignon de base mes compétences... Fait-elle, sautant du coq à l'âne sans s'en rendre compte. Mais où donc sont-ils tous quand on a besoin d'eux ? Tiens d'ailleurs, qui sont vos témoins ?
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Gwaed
Darren est arrivé... Sans s'presser...

Sur un destrier. Acheté pour l'occasion, malgré que Sybelle l'ait récemment dépouillé de plus de 300 écus... Il en avait eu marre de parcourir le Royaume à pied, bien plus vaste que l'Ecosse.
Au pas, il remonte le sentier, apercevant au loin une silhouette sur une souche.

Pour l'occasion il a également investit dans des vêtements neufs. Une chemise blanche et des braies sombres, des bottes de fourrure et une cape aux couleurs des braies, retenue par une fibule portant les armoiries de son clan. Tout droit ramenée d'Ecosse. Et il porte évidemment sa claymore à son côté, inséparable compagne...
Il s'est rasé de près et à noué sa chevelure blonde en une queue de cheval à l'aide d'un lacet de cuir.

En arrivant à sa hauteur, il adresse à peine un sourire à la femme qui semble être la domestique et lui demande le chemin de la tour. En réalité, il ne s'y est encore jamais rendu. Il se demande ce qu'il va découvrir...

Il regarde au loin, au bout du chemin, immobile sur le cheval qui n'attend que son ordre pour repartir. Il songe à sa soeur et aux explications qui l'attendent. Même s'il ne veut pas gâcher ce jour, il ne repartira pas sans avoir discuté avec elle.

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Manu.
[J'avais perdu l'habitude
Le sentiment profond de solitude
Je ne m'apercevais pas
Que tu étais derrière chacun de mes pas*]



Il ne peut pas s’empêcher de sourire. Dès qu’il croise le regard de la châtaigne il fait comme si tout était normal, mine renfrognée et tout le bastringue mais au fond, pour la première fois depuis des semaines, il vient de trouver un semblant de bonheur. Une journée de répit. Il va retrouver les siens, dont sa sœur qu’il n’a pas pu vu depuis plus d’un an, il va admirer sa cousine épouser l’homme de sa vie, il va pouvoir se foutre allégrement de la gueule du MacFayden mais surtout il va à ce mariage avec Childe. Même qu’elle a dit qu’elle était fière et heureuse de l’accompagner. Alors il a fait un effort vestimentaire, abandonnant ses frusques habituelles pour des braies noires parfaitement ajustées et une chemise d’un blanc immaculé ornée du blason de son clan. Il aurait bien voulu mettre une chemise noire mais paraît que ça fait trop « enterrement » alors il a fait un effort. Partis de bon matin, ils arrivaient enfin à destination. La tour des MacDouggal se dressait devant eux, majestueuse et fière, digne représentante des Ecossais. Il sourit, soudain gagné par une bouffée d’orgueil, c’est ça son chez-lui. Ils ne sont peut-être pas dans au beau milieu de leur Ecosse natale mais cette Tour, la mer qui la borde et les forêts alentours…tout ça, c’est à eux. C’est leur terre. Sourire aux lèvres, il met pied à terre et tend sa main à Childe pour l’aider à descendre de cheval. Une fois celle-ci au sol, il désigne les environs, apaisé par l’air marin et cette petite bouffée d’Ecosse.

Bienvenu au domaine des MacDouggal !

Il continue de sourire, fier de lui présenter une facette de sa vie qui n’est pas marquée par la souffrance et les départs. Vrai que le Clan a été fortement secoué il y a de cela près de trois ans mais c’est une autre histoire, faite trahisons et de combats. Peut-être qu’il en parlera un jour à la jeune femme mais pour l’heure, il faut rejoindre la fête et saluer le reste des invités. Le barbu espère grandement tomber sur le MacFayden, pressé de pouvoir le foutre plus bas que terre. Il n’est pas venu que pour ça mais il avoue sans mal que la perspective de voir le Danois en baver le fait bien rire et l’enchante. Une belle journée, vraiment. Il siffle sa jument et lance un :

Trobhad !2

Il attend qu’elle revienne et défait tout son harnachement. Il a confiance en elle, il sait qu’elle reviendra et il a envie de lui laisser un peu de liberté. Voilà longtemps qu’il n’est pas venu ici. Il flatte l’encolure de sa jument, et, se penchant près de son oreille, il lâche un :

Tha sin math. 3

Il s’est attaché à Aïka, elle lui rappelle ses aventures épiques là-bas, en Ecosse. Autrefois, il se fichait pas mal de tout ce qui se rapportait aux jeux de séduction, il ne se préoccupait pas des femmes, ni des enfants. Il était persuadé de finir sa vie en tant que chef du clan MacDowell, avant, il pensait que sa vie serait un enchaînement perpétuel de combats épiques et de quêtes chevaleresques. Et puis il y avait eu l’éclatement du Clan, la fuite vers la France et sa rencontre avec l’Irlandaise Maelys Doyle. Tout avait changé. Elle avait durablement bouleversé sa vie. Penser à la rousse lui arrache un rictus amer et, histoire de donner le change, il défait le harnachement du deuxième canasson, emprunté pour la route. Il sait qu’Aïka veillera sur le cheval et que, de ce fait, celui-ci rentrera. Les cheveux partis, il se tourne vers la jeune femme qui partage sa route depuis leur rencontre en taverne. Elle est magnifique mais il se garde bien de le lui dire, déjà, il lui avait fallu du temps pour l’inviter à ce mariage, sachant pertinemment ce que cela impliquait. Elle allait prendre plus de place dans sa vie car il allait la présenter aux personnes qu’il aime le plus au monde. Son fils, ses cousines, ses cousins –plus ou moins lointains- et surtout sa sœur.

Bon, bah vous v’nez ? Ils doivent nous attendre.

Un sourire vient appuyer ses paroles alors qu’il avance vers les tables. Léger regard en direction de la rousse qu’il ne connaît pas et qui a l’air de garder les lieux. Flemme de se présenter. Il désigne le blason accroché à sa chemise, ça devrait suffire. Et puis de toute façon, c’est le cousin de la mariée alors qu’elle vienne pas l’enquiquiner avec l’invitation qu’il a évidemment oublié. Il aperçoit Duncan à deux mètres d’eux et l’apostrophant, il s’avance vers lui.

Halò ! Ciamar a tha thu?4

Il adresse un sourire désolé à Childe, se rendant soudainement compte qu’il recommence à parler sa langue natale et, à moins que la jeune femme ait des connaissances linguistiques cachées, elle n’a pas dû comprendre ses dernières paroles. Il revient vers elle et, désignant tour à tour Childe et Duncan, il procède aux présentations :

Childe, voici Duncan MacLean. Duncan, voici Childesinthe de Haut Cleebourg.

Il grimace en passant sa main dans ses boucles brunes. C’est que ça fait très sérieux ce genre de présentations. Enjoué, il glisse une boutade à la suite de sa phrase bien trop cérémonieuse à son goût :

Alors, prêts à faire la fête ? Lancé de Danois au programme !


*Gérard de Palmas, Sur la route
2Viens ici.
3C’est bien.
4Salut ! Comment vas-tu ?

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Enjoy
    Ses cheveux épousent le souffle du vent. Sa monture la porte tranquillement en direction de la Tour. C'est une journée semblable aux autres. Peu importe le climat, elle la savoure comme si c'était la dernière. Son regard se perd sur la ligne d'horizon s'évadant dans les méandres torturés de ses rêvasseries. Une pluie de questions s'abat sur ses pensées. Comment se porte sa soeur ? En voilà une bonne interrogation. Du fait de leurs vies totalement opposées, elles n'ont pas le luxe de pouvoir se côtoyer plus qu'elles ne le voudraient. Mais une chose la rassure, elle sait pertinemment que Sybelle endosse le rôle à sa place et le fait avec brio. Elle doit être sans aucun doute à ses côtés, la complimentant sur la splendeur de sa tenue, sa chevelure de feu qui explose sur la toile d'azur que représente le ciel. Un sourire se sculpte sur ses lèvres à cette vision.

    Parfois, même si elle aime cette vie de vagabondage, elle s'attarde sur ce qu'aurait pu être son existence si elle avait été du genre sédentaire. Milles choses s'entrechoquent comme un torrent de cailloux qui glissent et se perdent. La mustélide aurait pu faire bâtir la demeure de ses rêves, se trouver un homme ou bien une femme. Après tout, elle assume cette ambiguïté, chose extrêmement rare pour le signaler. Au fond, elle se moque bien des lois alors pourquoi plierait-elle devant les conventions et la Sainte parole d'une église qui s'enrichit vilement ? De toute façon, ni elle, ni les membres de sa famille ne pratiquaient la religion d'Aristote alors à quoi bon s'en soucier. Elle pourrait faire comme Syuzanna. Se marier selon les rites druidiques ou bien les procédés spinozistes ou encore la Réforme. Pourquoi pas un mélange des trois ? Peu importe. La furette ne trouvera jamais un époux, elle n'en désire pas. Seule la semence d'un beau parti l'intéresse afin de faire prospérer le lignage. Et encore, même ça, elle n'en est plus certaine étant donné son manque de tact avec les enfants. Faut dire que le dernier né de la matriarche s'est retrouvé sur un rebord de fenêtre par une nuit terriblement froide et cela par sa faute. Hélas, il s'en remettra.

    Les sabots de son canasson s’empêtre dans la boue, le déplacement se fait ainsi plus lourd. Pas grave. Elle a le temps. Est-ce la guerre générale dans le Royaume ? Ou bien la saison qui fait cela ? Mais elle n'a pas croisée un seul brigand. Quel désarroi. Des fois, lorsqu'ils ont un semblant de talent, elle leur propose de rejoindre ses rangs. C'est vital. Elle se demande alors ce que devient son énième cousin, le barbu. Ténébreux, viril, sensationnel. Hum. Elle lui en aurait fait des choses à celui-là. Mais c'est sans doute un coureur de jupons invétéré qui passe le plus clair de son temps aux bras des femmes qu'à voguer librement. La passion que provoque les plaisirs charnels n'est qu'une douce prison dont on ne s'évade jamais. Toujours est-il que ce dernier avait une carrure d'homme de guerre. A l'instar de ceux de son clan. Vu la "conjoncture actuelle" peut être serait-il bon de s'entretenir avec lui sur ses activités récentes. Un mariage est certes un moment de fête et de réjouissances. Mais c'est aussi une occasion propice pour discuter de certaines choses avec plus ou moins d'intérêt.

    Après des heures de crapahutage à travers la campagne, la Tour est désormais visible. A portée de main pour être précis. Les quelques derniers mètres sont avalés avec nonchalance, le cheval est fourbu. Elle le quitte en descendant précautionneusement et l'entraîne vers les écuries. Ses bottes s'enlisent lorsque la terre subit l'humidité. Une fois encore, cela n'a aucune espèce d'importance. Elle récupère son paquetage qui contient ses vêtements des grandes occasions. Une houppelande noire, cela fait certes « enterrement » mais tant pis, elle n'a pas plus classe. Puis c'est la mairie de Toul qui régale alors pourquoi se priverait-on ? On se le demande. Pour l'heure, elle s'affiche d'un ensemble sobre aux couleurs sombres. S'approchant bien timidement, pour une fois. Elle croise alors une bonne femme qu'elle n'a pas l'heur de connaître.


    Cait...Enjoy Macdouggal, la soeur de la mariée.

    Se présenter est un vrai réflexe. D'ailleurs, elle a comme un léger moment de flottement suite à ses propos. P'tête que ce n'était pas nécessaire de s'annoncer. Haussant les épaules à l'évocation du Pour et du Contre dont elle se contrefout. La Furette poursuit son petit bonhomme de chemin jusqu'à rattraper les quelques personnes se tenant là.

    Alors, prêts à faire la fête ? Lancé de Danois au programme !

    Un petit raclement de gorge afin de signaler sa présence. Puis elle se contente d'afficher un maigre sourire. A croire qu'elle ne se sent pas à l'aise. C'est bien étrange. Est-ce bien Enjoy Macdouggal Corleone qui a conspué l'armée de la Fatum en Lorraine ? Ou une pâle copie ? Sa main se perd sous un amas de tissu et elle brandit une dague gravée d'un serpent enroulé dans un crâne.

    Il est où que je lui coupe ses attributs ?! S'il en a encore, bien entendu...

    Ben non en fait. Elle est en pleine forme ! A l'évocation de ces mots, son sourire se fait carnassier...

_________________
Syuzanna.
Elle le sentait. Pouvait-on ne pas voir une avalanche lorsqu'on se trouvait pile dessous ? Exercice compliqué s'il en était. On avait beau tenté de trouver qu'avoir un mètre de neige au-dessus de la tête était tout à fait normal, c'était tout de même assez délicat quand il s'agissait de respirer. Disons qu'on inhalait frais.
Syuzanna l'avait senti à l'avance. A l'instant même où elle avait ouvert la porte de sa chambre. Elle savait que si Sybelle la voyait ainsi à quelques heures de la cérémonie, elle allait s'attirer des problèmes. Ce qui ne loupa pas.

Tout d'abord la renarde lui sécha les cheveux. Tempête sous un crâne. Un cerveau n'aime pas trop quand ça gigote dans tous les sens. Il était bien tranquille sous les cheveux, pénard. Mais ça, c'était avant. Avant la prêtresse surexcitée. Mais en même temps, elle l'avait bien cherché, la NicDouggal. A une torture succède une autre, toujours dans le registre capillaire. Le brossage. Elle qui ne se coiffait qu'aux années bisextiles... Ça commençait bien.
Et un nouveau supplice ! A croire qu'ils ont organisé un bal. Bigre, s'ils se mettaient à danser...


- Coiffure... Chignon. Bas. Sur le côté. Touffu.

Faire des phrases construites relevait du défi, après tout ça. Dieux, elle ne se marierait pas tous les jours !
Patiemment - du moins autant que faire se pouvait - l'Ecossaise se laissa tripatouiller la chevelure. Elle laissait s'exprimer le talent artistique de sa cousine. Il faut toujours encourager les arts. Quels qu'ils soient.
N'y tenant plus - ça faisait bien un siècle et demi qu'elle ne bougeait pas ! - elle se leva, jugea du résultat. Satisfaisant. C'était joli. La robe maintenant.
D'un mouvement assez brusque, elle arracha la poignée de l'armoire, qui s'ouvrit sous le choc. Bah, songea-t-elle en haussant les épaules et en balançant la poignée de laiton par-dessus son épaule. Elle allait se marier, non ? Et les hommes, c'était en parti fait pour réparer les trucs cassés. Le sien aurait du boulot.
Délicatement, elle se saisit de sa blanche tenue. Impudiquement, elle se débarassa de sa chemise trempée pour en enfiler une autre. Et rapidement, elle se drapa dans la petite chose qui lui avait coûté les yeux de la tête. Se tournant vers Sybelle, les bras écartés, elle demanda d'une voix légèrement vibrante d'émotion :


- Chuis comment ?

Se souvenant soudain qu'elle possédait aussi un bouquet et une couronne de fleurs, elle s'enfonça la seconde sur le crâne et serra comme lors d'une strangulation le premier. Sourire béat qui ne révèle pas l'intelligence affiché sur les traits, elle espérait un compliment de l'intraitable cousine.
Puis des bruits, en bas, attirèrent son attention. Se dirigeant à pas de loup - comme s'ils pouvaient l'entendre de l'extérieur ! - vers la fenêtre, elle glissa un oeil...


- Oh bah dis ! En v'là du monde ! Et... Oooh, Cait ! Cait vient d'arriver !

Syu amorça un départ rapide comme l'éclair, mais se ravisa au dernier moment. De nouveau, consulter Sybelle. La rousse avait, semblait-il, mis son cerveau en gage contre sa robe de mariée. Pas très malin comme échange.

- Euh... On y va ? Là ? Maintenant ?
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Bilbon
Il picolait tranquille. Le whisky détendait son estomac qui s'amusait à faire des noeuds. Mais non ce n'était pas de la peur, Duncan n'avait pas peur il était Ecossais.
A combien de chopes carburait-il lui-même n'aurait pas su dire. Ce qu'il commençait à comprendre par contre c'est qu'il allait devoir se trouver un coin pour se soulager. Mais pile au moment où il trouvait que ce bosquet là-bas s'y emploierait à merveille, quelqu'un débarqua. La gorgée manqua son chemin et il dut cracher ses poumons avant toutes choses.

"Manu ! Manu MacDowell ! Par tous les dieux !"

Riant de joie le brun s'avança et donna une grande claque amicale dans le dos de son presque cousin. A ses côtés se tenait une fort jolie femme. Childesinthe de... Oh ? Une noble ? Son orgueil d'Ecossais se disputait la partie avec la galanterie et finalement il opta pour le serrement de main énergique.

"Enchanté !" lança-t-il avec un grand sourire. "Mais fais comme tout le monde, appelle-moi Dun."

Le vouvoiement ? Connaissait pas. Trop de lettres. Et puis il ne fallait pas oublier qu'il sortait tout droit d'une peuplade où pour se dire bonjour on se tapait dessus, alors bon... après ça, les politesses...
Une nouvelle venue fit son apparition. La superbe Cait, Enjoy maintenant. S'il n'était pas fou amoureux de sa soeur pas de doute c'est elle qu'il aurait voulu pour femme. A croire qu'il avait une attirance spéciale pour les filles de ce bon vieux William.

"Enjoy !" fit-il, respectant l'adoption du surnom. "Heureux de te revoir, ma vieil... ma chère !"

Pas fou non plus l'Ecossais, il tenait encore à son entrejambe. Ca pourrait lui servir et en particulier ce soir-même. Il se racla la gorge en tiraillant sur le col de sa chemise. Bon c'était pas tout ça mais s'il voulait paraître bien élevé...

"J'vous sers quoi ? Whisky, whisky, ou whisky ?"

Il indiqua du pouce un petit tonneau de bière éventée.

"Ca c'est pas touche. C'est pour noyer le danois. S'il vient. Parce que comme disais Enjoy, le manque d'attributs doit faire qu'il préfère se terrer dans son lupanard préféré, ah ah ah !"

Visiblement, il était plus éméché que ce qu'il pensait mais en bon Ecossais le whisky ne le ferait pas chavirer. Après tout ne naissaient-ils tous pas, là-bas, avec un mélange de sang bouillonnant et de whiksy pur malt dans les veines ?

"Et si on organisait un concours de tir à l'arc ? Celui qui plante sa flèche dans la tronche du danois a gagné !"

Rancunier l'Ecossais ? Pas du tout !
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Childesinthe
Elle s'était laissée guider, sur un cheval qu'elle ne connaissait pas, vers un endroit qui était cher à l’Écossais.
Il lui avait envoyé une invitation par missive, avec des mots qu'elle s'était surprise à relire encore et encore : "Pourquoi cette invitation ? Eh bien j'ai envie de vous avoir près de moi...". La phrase était ambigu, mais peut-être n'était-ce pas volontaire. Lui qui avait promis de veiller sur elle peut bien préféré l'avoir près de lui pour ne pas qu'il lui arrive quelque-chose, pendant que lui festoye.

Qu'importe ! tentait-elle en vain de se dire. Ces choses là ne sont plus pour toi... Et pourtant, difficile par moment de penser à autre-chose.

La Tour s'était approchée petit à petit, et sa hauteur impressionnait la petite Childesinthe. Si bien qu'elle s'en retrouva bouche bée une fois arrivée devant. Manu l'avait aidé à descendre de cheval, en lui tendant la main. Chaque contact physique avec lui remuait le centre nerveux de la châtaigne, et elle en avait quasiment toujours des frissons. De plus, sa tenue élégante n'en rajoutais qu'à son charme. Quelle virilité ! A s'en mordre la lèvre. Discrètement, hein !

C'est plus pour moi ces choses là, grognait-elle au fond d'elle même.

Elle aussi s'était apprêtée et mise sous son meilleure jour. Sa plus belle houppelande, la blanche. Elle avait tressé ses cheveux humides pour qu'ils ondulent une fois secs et détachés.

Elle le suivi, ne connaissant personne ou presque. Elle avait déjà aperçu la future mariée, au détour d'une taverne. Une femme d'une extrême beauté, la seule personne qui se soit donnée la peine de défendre son cousin alors que Sarlat faisait preuve d'une grande injustice envers le barbu. Très réservée, et encore plus timide qu'à l’accoutumée, elle l'observait du coin de l’œil à chaque arrêt, par peur qu'il ne file sans elle et qu'elle se retrouve au milieu d'inconnus qui se questionneraient sans doute sur sa présence. Plus audacieuse, elle aurait pris ce prétexte pour lui attraper la main.

Les présentations commencent
.

Enchantée
, dit-elle d'un sourire radieux - essayant de donner la meilleure image d'elle - à Duncan MacLean, sans oser demander s'il s'agit d'un ami, d'un cousin...

Puis, une jeune femme aussi belle que la cousine Syu vient se poster près d'eux avec une prestance certaine. Ahhhh, ces Écossais !

Elle adresse un sourire amusé au barbu, visiblement ravie d'être de la fête.


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Sarah_callahan
Et voilà, évidemment, elle est en retard. Sure qu’elle sera la dernière arrivée, elle lâche un juron et presse son cheval. Elle aurait pu partir en même temps que la belle Enjoy, collègue actuelle de pillages, sauf qu’elle avait d’abord eu envie de passer au domaine de Nauzhror histoire de s’entraîner au lancer de poignard sur cible vivante dans l’arène. Il y avait aussi eu les visites aux salles de tortures tenues par Maryah –ou Apeau’, c’est la même- où elle avait admiré divers instruments alliant l’utile au sadisme. Sanguinaire jusqu’au bout des ongles, elle n’avait pas encore mesuré l’étendue des déviances de la Horde. Maintenant, elle savait. Tout. Et pourtant, elle n’avait pas pris la fuite. Non, elle a donné sa parole aux Sanguinaires, elle a prêté serment devant le Grand Prêtre de la Horde alors elle restera jusqu’à la fin. De toute façon, que pouvait-elle faire d’autre ? Depuis la mort de sa fille la sauvageonne a perdu toute trace d’empathie, elle a chassé de sa mémoire tout ce qui ne l’aide pas à survivre. Marche ou crève, voilà son credo. Elle est toujours sur ses gardes, n’accordant sa confiance qu’à de rares personnes. Elle tue beaucoup. Trop. La moindre parcelle de son âme réclame vengeance. Elle n’oubliera jamais la mort de sa fille : toute sa vie s’est effondrée lorsqu’ELLE est morte. Elle n’a pas su la protéger, pas su la sauver.

Lorsqu’elle voit la Tour se dessiner au loin, elle pousse sa monture à ralentir. Elle s’est entraînée à monter à cru et désormais un infime balancement du corps suffit à guider son cheval. Elle aime l’ivresse de la course, le vent qui fouette son visage lorsqu’elle accélère. A contrecœur, elle se sépare de son cheval, préférant finir la route à pied. Elle sait que la plupart des invités sont du Clan mais…et les autres ? Elle ne prendra aucun risque. S’il doit y avoir des combats, elle préfère être libre de ses mouvements. En parlant de combats...Elle passe sa main sur la dague qui jouxte sa hanche droite, plus par automatisme que par réelle peur de l’avoir oubliée. Les autres armes sont cachées un peu partout sur sa personne, de l’aiguille glissée dans un pli de sa natte brune aux dagues cachées dans ses bottes. Ces dernières, en cuir souple, s’accordent à merveille avec les braies et le bustier, tous deux noirs comme la nuit. Elle est consciente qu’elle aurait pu faire un effort vestimentaires mais non. Les robes ne se prêtent pas aux combats et elle a dépensé les écus de Toul pour s’offrir un nouveau couteau de lancer, l’ancien s’étant volatilisé en même temps que Maryah…Hum, autre énigme à éclaircir.

Son pas est silencieux et sa démarche aussi souple que celle d’un félin. Elle est belle et elle le sait. Elle n’hésite d’ailleurs pas à en jouer pour se sortir de situations délicates. Elle se souvient encore du dernier homme qui a réussi à appuyer la pointe d’une lame contre sa jugulaire. La brune avait fait mine de l’embrasser, l’autre idiot s’était laissé prendre au piège et, dans la seconde, il s’était retrouvé à embrasser les pavés froids de la Cour des Miracles, une plaie mortelle lui barrant le torse. La Sanguinaire sourit à cette pensée, quel abruti ce type. Baisser sa garde en plein combat pour s’adonner aux plaisirs charnels, tsss…


"Et si on organisait un concours de tir à l'arc ? Celui qui plante sa flèche dans la tronche du danois a gagné !"

Ah, elle est arrivée. Elle reconnaît la voix de Duncan, vestige de son passé en Ecosse. A l’époque elle était encore Ellana NicDowell et pas Sarah Callahan. Il lui avait fallu beaucoup de changements de noms pour éviter de finir en zigouillée dans une ruelle sombre. Et puis, elle pensait aux siens. A son frère, son neveu, ses cousines. Elle ne voulait pas qu’ils puissent subir les conséquences de ses actes. Elle avance vers le petit groupe, les dévisageant tour à tour. Enjoy, une femme qu’elle ne connaît pas, Duncan, un type qu’a pas l’air commode et…son frère. Il lui a tellement manqué le barbu. Voilà un an qu’elle ne l’a pas vu. Elle aimerait être plus présente dans sa vie, répondre plus souvent à ses lettres mais elle ne sait pas comment s’y prendre. Elle a peur de semer le chaos dans sa vie, de le mettre en danger. Elle lui en dit le moins possible sur ses « occupations » parce qu’elle sait qu’il essayera de la changer, de la rendre à nouveau heureuse. Mais il ne peut pas, il ne le pourra jamais, même avec toute sa bonne volonté d’Ecossais têtu.

Un an… La sauvageonne sent son cœur se serrer. Il lui a manqué, c’est indéniable. Elle crève d’envie de se jeter dans ses bras, de lui dire à quel point elle l’aime, à quel point elle est heureuse de le revoir. Mais les autres sont là. Elle ne veut pas passer pour une faible, ne pas étaler ses états d’âme, jamais. Alors elle se contente d’une légère caresse sur l’épaule et d’un sourire tendre. Puis, se tournant vers les autres, elle incline la tête en direction de sa collègue et adresse un mince sourire à Duncan. Ses yeux noirs détaillent ensuite la jeune inconnue. Sourcils froncés, elle perçoit le regard que celle-ci pose sur son frère. Léger mouvement de tête en direction du barbu qui lui aussi la regarde. Sourire amusé qui se peint sur ses lèvres. C’est surement elle la fameuse Childesinthe de hautmachinchose. Sarah n’aime pas les nobles, encore moins depuis l’épisode Lacienda-Abigail-Manu-Liu. Elle sait que son frère n’appréciera surement pas l’initiative qu’elle s’apprête à prendre mais tant pis, mieux vaut prévenir que guérir comme on dit.

Salut la compagnie. Dun, tu peux m’servir un verre de whisky ou tu comptes tout garder pour toi ? *son regard se pose sur celle qui accompagne son frère, elle esquisse un mince sourire*. Dis-moi, Childe c’est ça ? En attendant que l’autre loque de Danois arrive, tu peux m’suivre j’te prie ?

Le tutoiement ? Bah elle connaît que ça. Le « je te prie », simple tactique visant à ne pas effrayer la donzelle. Parce que sinon le barbu va pas apprécier. Sauf que la donzelle en question n’a pas intérêt à refuser l’invitation.
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Sybelle
Sous l’œil admiratif de sa cadette, Syuzanna termine de se préparer. Dieux qu’elle est belle !

Chuis comment ? 
Bah, à ton avis espèce de poireaux ? S’exclame Sybelle d’un air réjouit en la serrant délicatement entre ses bras pour ne pas froisser sa robe. Tu es grandiose ! Duncan va s’évanouir en te voyant arriver !
Bon, par contre je crois que je vais t’apprendre un truc… Normalement le blanc c’est pour la druidesse et la mariée est en rouge, ajoute-t-elle, un brin moqueuse.

Tendant l’oreille, elle réalise qu’en bas ça s’agite : les invités doivent avoir commencé à arriver. Et d’ailleurs, Syu l’a réalisé aussi puisqu’elle fait mine de sortir de sa chambre. Aussi vite que sa robe - ce fichu truc - le lui permet, la rouquine fait barrière de son corps pour empêcher l’aînée - qui de toute manière c’est arrêtée - de sortir.

Tu as perdu la tête ou quoi ? Moi, j’y vais ! Toi tu restes là et tu attends sagement le début de la cérémonie ! Et y’a pas intérêt à ce que je vois ton sale petit nez de fouineuse en bas avant le Grand Moment ! S’écrie-t-elle.

Hors de question qu’elle lui gâche sa cérémonie ! Après tout c’est son mariage à elle aussi ! Et son premier en plus, alors pas question que sa cousine préférée vienne tout foutre en l’air.
Remarquant toutefois son air perdu, elle se radoucie… Oui c’est elle la druidesse et oui elle veut que tout soit parfait, mais c’est la vie de sa cousine qui est en jeu, pas la sienne.


Bon… J’vais dire à Cait’ de venir te voir, d’acc’ ? Comme ça elle veillera à ce que tu ne fasses rien d’idiot en plus.

Et sur ces bons mots, la rouquine rejoint le reste de l’assemblée. Lorsqu’elle arrive, elle se met immédiatement à sourire, d’un air pleins de tendresse. Sa famille. Son affreuse famille de têtes de mules écossaises est là, réunie. Profitant qu’on ne l’ai pas encore remarqué, elle les observe. Il y à Duncan, l’air anxieux… Quoique la chope qu’il a à la main devrait l’aider à se détendre. Cait’, sublime dans une robe noire (on ne lui a pas dit que c’est pour les enterrements et pas pour les mariages ?) blague avec lui à propos de cet imbécile de Soren, et prêt d’elle Manu surenchérit. Autour du beau barbu, se trouvent deux femmes, et si la brune semble étrangement à sa place parmi tous ces cabochards aux propos violents, la blonde semble trop frêle, trop fragile… Ce qui laisse deviner à Sybelle que la brune est cette cousine dont elle ne se souvient pas et la blonde une énième conquête de l'éternel amoureux qu'est le barbu.

Et très loin en retrait, elle aperçoit son frère. Instinctivement, sa main se porte à son bras blessé quand elle l’aperçoit. Evidemment, il va vouloir avoir des réponses… Mais il devra attendre un peu. D’abord, elle s’occupera de la joie, de la fête et des mariés et ensuite, elle se confiera à son frère. Mais pas trop. Sinon il voudra la venger et il est hors de question qu’il se retrouve face à une psychopathe comme Cyrielle. C’est lui le grand frère mais elle aussi elle peut le protéger.

Sortant de la maison, elle s’approche enfin de la joyeuse assemblée, un grand sourire plaqué sur son visage en forme de cœur.


Bah alors, vous ne m’attendez pas pour boire ?! C’est honteux ! S’exclame-t-elle en s’approchant de Duncan pour lui prendre son verre des mains (et le vider dans la seconde qui suit). Et pour ce qui est de Soren, moi je vous le dit : je veux le manger ! Il est gras comme un petit cochon, autant en profiter.

S’approchant de Cait’, elle dépose un baiser sur sa joue. La brune n’est certes pas sa cousine préférée (étonnement, elle c’est toujours sentie en compétition avec elle) mais ce jour là, elle n’est que paix et amour… Enfin, version écossaise bien sûr. Et puis, elle la supporte mieux depuis quelques temps aussi.

Il faudrait que tu ailles retrouver Syu’, elle a besoin de sa sœur auprès d’elle… Et puis il vaut mieux la surveiller : je ne sais pas ce qu’elle a fait de son cerveau mais il n’est pas là aujourd’hui, ajoute-t-elle avec une pointe d’amusement, avant de parler tout haut. Bon. Et sinon qui sont les témoins ? J’ai besoin de vous pour la cérémonie mes vieux !

Et en attendant que lesdits témoins ne se manifestent, elle s’approche de son grand frère, fièrement dressé sur son cheval. Elle le trouve beau dans ses habits de fête.

Il y a des écuries où tu peux conduire ton cheval. Il y sera bien, indique-t-elle en arrivant à sa hauteur, ressemblant plus que jamais à leur mère dans sa longue robe blanche, avant d'ajouter tout bas : Je suis heureuse de te voir.
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Childesinthe
Une autre femme arrive également, encore une Écossaise - parce qu'elle parle comme un charretier et que Childesinthe lie cette particularité aux Écossais depuis qu'elle connaît Manu - et encore une femme d'une extrême beauté.

Ça doit être dans la famille, d'être gâté par la nature
, pense-t-elle. Mais alors qu'elle commence à lui adresser un sourire empli de méfiance et de défiance à la fois, son estomac se noue. Et cela doit se lire sur son visage. Elle ressent comme un malaise, comme de l'adversité dans la demande, mais pourquoi dire non ?

La peur n'enlève pas le danger.


Euh... bien sûr, je vous suis.

La brune connait son nom, son surnom même, alors que la châtaigne ignore tout de celle qui la réclame. Elle jette un coup d’œil moins complice que le précédent à Manu. Un regard dont la traduction verbale pourrait vouloir dire "SOS !" ou "Mais, euh, pourquoi m'avez vous amenée ici ?" ou encore "Adieu, c'était agréable de vous avoir connu, mais ô combien dangereux".

Elle s'avance vers la brune, n'osant même pas lui demander qui elle est et trouvant stupide de se présenter, état donné qu'on la connaissait déjà apparemment. Elle sent le sermon arriver avec ses gros sabots, et regretterait presque d'être là.

Et comme à chaque fois qu'elle a peur, Childesinthe a les pieds froids.

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Enjoy
    Une chose la surprend. Ce n'est certes pas le contraste flagrant entre le barbu et sa compagne. Qu'elle est l'air aussi douce que la rosée du matin ne la dérange pas. Tant qu'elle peut porter de beaux enfants. Après tout, pourquoi pas. Ce n'est, semble-t-il, pas une femme à guerroyer. Une possible politicienne, peut être ? La mustélide s'en moque bien. Son cousin fait ce qu'il veut avec ceux qu'il désire. C'est plutôt le fait de voir la présence de Sarah. Faut dire que les deux jeunes femmes travaillent de concert pour piller des mairies. Quand elles y arrivent, hahin. Mais elles n'ont jamais trop d'occasions de discuter. Si bien qu'elles se connaissent que de vue, se respectent aussi sans doute. Mais elle sait aussi que sa loyauté est acquise à d'autres. Et que rejoindre les rangs de la « famiglia Corleone » n'est que provisoire. Une simple passade. Hélas, c'est souvent le cas. Les mercenaires se succèdent, offrent leurs bras et vont vaquer à d'autres occupations en des compagnies diverses. Des fois, on constate l'éloignement d'un membre qu'on aurait aimé garder encore bien longtemps. Mais c'est ainsi. Cela fait parti du "milieu". De temps en temps, on retrouve même des types au sein de groupes qu'ils raillaient quelques mois plus tôt. Elle se tait, souriant à Duncan qui a eu l'intelligence de se rattraper avec sa vieille là. Puis se contente d'observer les enjeux sociaux qui se déroulent sous ses yeux. Une main posée sur une épaule. Des regards échangés qui en disent bien plus que de long discours. Étrange. Mais le clou du spectacle est enfoncé lorsque sa cousine pointe le bout de son museau. La "Si Belle" s'incruste toujours de cette façon si particulière qui la caractérise. La Furette a peut être omis les codes de sa famille. Si bien que lorsqu'elle reçoit une bise sur la joue. Sa réaction est immédiate. Figée. Elle reste interdite avec les prunelles en alerte. Des mots lui sont susurrés à l'oreille qui la portent doucement. C'est comme écouter un théologien tout en somnolant. On enregistre et on s’exécute sans chercher à se rebeller. Tournant vaguement la tête vers sa cousine, elle lève la main suite à sa question.

    J'suis témoin. Pour une fois, cela me change. D'habitude, je suis plutôt l'accusée...

    Le son de sa voix s'étouffe dans un voile de gêne. Il ne faudrait pas qu'elle oublie qu'elle a pas besoin d'en rajouter ici. Ni de paraître forte ou de faire des blagues vaseuses sur ses activités illicites. Elle est à la maison avec une partie des siens, les fiers Écossais. Pas besoin de grogner pour se faire entendre, ni de brandir ses armes ou jouer d'orgueil pour avoir l'impression d'exister. Il suffit juste de suivre le sens du vent. Sybelle va rejoindre le mystérieux et ténébreux Gwaed. Qui lui aussi travaille avec elle à l'occasion. Tandis que Sarah entraîne la "Fragile" à l'écart pour...? Lui faire des remontrances ? Lui faire des menaces ? Couper la tête de son cheval pour le glisser dans sa couche ?! Un haussement d'épaules s'en suit, elle reporte son attention vers le Barbu en se mordillant la lèvre inférieure. Et cette fois, c'est un soupir qui retranscrit une déception incommensurable. Qui pourrait se traduire par une simple pensée : "Pourquoi est-il mon cousin celui-là ?!"

    Hum...

    Elle l'abandonne et entre dans la Tour afin de rejoindre sa soeur. Au fur et à mesure de ses pas, une pointe de trac l'assaille. Comment se comporter ? Quoi lui dire ? M'en veut-elle de ne pas être assez présente ? La mustélide se pose bien trop de questions comme d'habitude. Elle ouvre la lourde qui lui fait face et s'est drapée d'une houppelande sombre qu'elle fait son entrée. Syuzanna se tient là, près de la fenêtre. La lumière forme le prisme de milles reflets sur sa chevelure incendiaire. Son épiderme est l'écrin de la beauté. Le miroir d'Aphrodite qui se serait amourachée d'un guerrier des landes éternelles. Sa robe immaculée lui offre prestance et magnificence. Elle est certes une Macdouggal mais en cet instant, elle est avant tout un joyau. Un diamant issu des terres brûlées et souillées par le sang de leurs ancêtres. Une pierre précieuse taillée selon les affres du temps et les bourrasques qui essuient violemment leurs lames sur les cotes de mailles de leurs victimes. La Flamboyante est mirifique, somptueuse, et exceptionnelle. C'est le plus beau cadeau qu'elle pouvait lui offrir. Soudain la Furette a presque honte d'être si pauvrement vêtue. Une larme fond sur sa joue et un sourire illumine ses lippes. Sa carapace s'évapore totalement, elle emboîte le pas en direction de sa soeur. Sans réfléchir, elle la serre longuement dans ses bras. Puis en se retirant doucement, elle pose ses mains sur les épaules de la future mariée et la fixe.

    Syuzanna NicDouggal, tu es... Tu es juste magnifique !

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