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[RP] Un jour je serai...

Karyl
Travailler.. Dormir... Travailler... Dormir... Travailler... manger un peu...travailler... Dormir... et travailler encore. La semaine avait été pour le moins éprouvante pour le jeune Karyl occupé à maintenir à flot la ferme du vieux George tombé malade quelques jours plus tôt. Les poumons avait dit le médicastre. Du repos complet pendant une semaine au moins. Le vieil homme avait ronchonné longuement comme à son habitude traitant l'homme de sciences d'ignorant et d'incapable mais la faiblesse de son vieux corps avait eu raison de sa volonté à se lever. Ordonnant à Karyl de venir près de lui, il lui avait alors demandé de s'occuper du bétail et de ne surtout pas laisser les cultures pourrir accompagnant sa requête d'une ribambelle de mots bien colorés qui avait faire sourire l'enfant malgré lui. Bien qu'il ne cessait de râler après ce vieux rustre, le petit blond devait reconnaitre que quelque part il s'y était attaché. Après tout, ce vieux grincheux était la seule famille qu'il avait jamais eu et même s'il n'était pas un modèle en matière de douceur, il lui avait offert un toit au dessus de la tête et une chance de ne pas finir sa courte vie prématurément au fond d'un ruisseau, alors karyl avait obéit sans rechigner, il pouvait bien faire ça...


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Faut dire qu'il était pas bien épais le Karyl quand le vieux George l'avait surpris en train de lui voler quelques épis de maïs quelques mois auparavant. La fatigue et le manque de sommeil aidant, le p'tit ne s'était pas débattu longtemps quand la main du fermier l'avait choppé par le haillon qui lui servait de chemise. Et puis, au lieu de lui foutre une rouste comme tant d'autres l'auraient fait, le vieux bougre s'était contenté de le détailler de la tête aux pieds avant de le lâcher en lui demandant s'il était capable de surveiller une vache et de porter de l'eau. Sans même attendre de réponse l'homme s'en était retourné vers la bâtisse tout en maugréant contre les manières de la jeunesse actuelle, laissant ainsi derrière lui un Karyl pantois qui ne tarda cependant pas à lui emboiter le pas.


- J'reste deux-trois jours pas plus, l'temps d'me r'poser un peu c'est tout! Pas question de d'venir le larbin d'service" s'était écrié l'enfant en rattrapant le vieil homme. C'est c'qu'on verra! En attendant tu peux dormir là.., s'était contenté de lui répondre le vieux sagouin en désignant une sorte de petit cabanon en bois tombant en ruines. L'enfant avait regardé le taudis d'un air septique mais à choisir entre ça et rien, son choix fut vite fait. Et voilà que presque trois mois plus tard, force était de constater que le petit rebelle était toujours là et que le cabanon avait retrouvé une nouvelle jeunesse.

A l'écouter le vieux George n'était pas toujours facile à vivre mais cette vie lui convenait plutôt bien. Il partageait ses journées entre le travail à la ferme et les quelques moments de libertés que le vieil homme lui accordait à condition qu'il ne traine pas n'importe où et ne rentre pas trop tard. Moments privilégiés où l'enfant partait ainsi à la découverte du monde alentour, apprenant à chasser en forêt avec Louis, le fils du boucher ou encore à pêcher avec Marcel et son cousin Pierre à qui il manquait une jambe à cause de la guerre. A d'autres moments il allait à l'église harceler le curé pour que ce dernier lui apprenne à lire et à écrire. "Tu t'fras toujours marché d'ssus p'tit si tu peux pas t'démerder seul et si t'sais pas d'quoi tous les papelards ils causent" lui avait dit un jour un vagabond en montrant un parchemin expliquant les lois dans la grande ville de Paris. Karyl avait passé un petit bout de temps avec ce voyageur rencontré au détour d'un menu larcin. Ce dernier semblait avoir fait au moins dix fois le tour du monde et avait toujours une anecdote à raconter quelque soit le sujet abordé. L'était pas resté longtemps dans le coin ceci dit, les maréchaux l'avaient rattrapé, mais il avait su émerveiller Karyl et lui donner l'envie de tout savoir et de découvrir le monde. Surement pour ça qu'il avait suivit Arnaud si facilement quelques temps plus tard d'ailleurs.
********


Le travail à la ferme continuait donc pour Karyl. Cependant, bien qu'épuisé, l'enfant avait passé beaucoup de temps à s'occuper de George et cette attention avait certainement touché le vieil homme bien plus qu'il ne l'avouerait jamais car un matin, alors qu'il commençait à aller mieux, ce dernier avait demandé au laitier d'aller passer une annonce à la mairie pour prendre un saisonnier.
"T'es trop p'tit pour l'faire" s'était justifié le malade d'un ton sec devant Karyl. Ce dernier avait alors sourit avant de filer bien vite vaquer à ses occupations. Ils n'étaient pas bien riche et payer un saisonnier, même pour une journée, représentait beaucoup d'argents, surtout que le George était pas exactement ce que l'on pourrait appeler quelqu'un de dépensier... Aussi ce geste marqua beaucoup l'enfant bien qu'il n'en montra rien. Bien trop fier l'un comme l'autre, les deux compères n'allaient tout de même pas tomber dans le sentimentalisme.

C'est pourquoi, ce jour là Karyl eut tout loisir de vaquer à ses occupations personnelles tandis que le vieux George continuait de se reposer tranquillement à la ferme. C'était là l'occasion rêvée d'aller trouver Félina pour la convaincre de passer la journée à lui apprendre le maniement des dagues. Elle lui avait rappeler dans sa lettre quelques jours plus tôt qu'elle n'avait guère changé d'avis, aussi c'est un air confiant et sa toute nouvelle dague à la ceinture offerte par le colosse que l'enfant quitta la ferme, le pas vif, décidé à en découvre avec les cibles qui se dresseraient sur sa route.


Il n'avait pas longtemps à marcher pour atteindre le centre du village, tout au plus un petit quart d'heure, dix minutes en pressant un peu le pas. Il n'avait juste qu'à faire un petit détour par le marché pour aller acheter une nouvelle faux et il aurait ensuite tout le reste de la journée rien que pour lui.
Alors qu'il arrivait à l'abord du marché, il se voyait déjà lançant les armes, qui, bien entendu atteignaient toutes leurs cibles du premier coup. Cette pensée étira d'un large sourire les lèvres du garçon alors qu'il pénétrait dans marché.
Son passage y fut pour le moins bref. Il était encore relativement tôt et de fait, il n'y avait encore que peu de monde à déambuler entre les allées. Le forgeron était déjà là et en plus de cela, la faux commandé deux jours auparavant était prête. L'outil en main, le blondinet s'en alla donc chercher la dagueuse chez elle...

Mais subitement il s'arrêta, une mine perplexe chassant son sourire. Où était-elle descendu au faite durant son séjour à Saumur? Karyl se maudit tout à coup, frappant du pied le sol... Quel sombre idiot, il avait oublié de lui demander où il pourrait la trouver... il avait l'air fin tiens, avec sa faux sans savoir ou aller à présent.


Réfléchit karyl.. réfléchit... se dit-il pour lui même et soudain un éclat brilla dans ses yeux. La volière!!! mais bien sur, s'écrit-il en retrouvant toute sa fougue enfantine. Faisant attention de ne rien perdre en chemin le blondinet se mit alors à courir en direction de la volière municipale. Les pigeons on ne sait pourquoi arrivaient toujours à trouver tout le monde sans le moindre problème alors autant en profiter. Il passa ainsi rapidement devant les gardiens qu'il salua d'un large sourire puis monta les quelques étages qui le séparaient encore des oiseaux. Arrivé au sommet il prit une des feuilles de parchemins présentes sur une petite table non loin des cages, trempa la plume dans l'encrier et commença à écrire :

Traduis : Tu veux bien m'apprendre à daguer aujourd'hui?
Je t'attendrais devant la mairie.... tu viens hein?
K.


Fier de lui, trouvant d'ailleurs qu'il faisait de plus en plus de progrès, le jeune garçon se saisit d'un volatil à la patte duquel il attacha la lettre puis le fit s'envoler en lui ordonnant bien de trouver la féline.

Un petit sourire orna le visage de l'enfant alors que le volatile disparaissait déjà de son champs de vision. Ni une, ni deux, Karyl redescendit quatre à quatre les marches de la volière, passa à nouveau en trombe devant les gardes puis après quelques minutes d'une course folle arriva enfin tout essoufflé devant les marches de la mairie sur lesquels il s'assit. *Plus qu'a attendre*, pensa t-il tout en scrutant les alentours s'attendant déjà à voir se profiler la jeune femme à l'horizon.

Quelques minutes seulement s'étaient écoulées depuis qu'il était arrivé sur le parvis de la mairie mais déjà une pointe d'ennui se fit sentir. le Blondinet sorti alors la dague, se rappelant au passage avec fierté la façon dont il l'avait obtenu. "La première dague c'est sacrée" dit il pour lui même toute en la fixant. Il se voyait déjà dans un dizaine d'année, chevauchant en tête d'une troupe de mercenaire cette dague toujours à son flan alors qu'il était devenu un grand guerrier.

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un simple gamin des rues...
Felina
Route entre Chinon et Saumur.


Une Féline sur sa jument, galopant à brides abattues en direction du village …
Pressée ? Non … Juste l'envie de sentir le vent lui fouetter le visage, de fendre la bise à pleine vitesse, retrouvant ce plaisir de chevaucher, ce sentiment de liberté qu'elle n'éprouve jamais plus que montée sur l'Alezane. Étonnamment la Rastignac est contente de rentrer …. oui rentrer … Saumur la fascine depuis qu'elle y a posé le bout de ses bottes il y a de cela presque un mois, et elle sent bien que malgré elle, elle s'attache à ce village, elle qui refuse de créer le moindre lien avec les lieux, ou les gens. Les autochtones sont francs, n'ont pas la langue dans leur poche. Certes l'accueil est musclé, et la première envie lorsqu'on croise cette famille est de prendre ses jambes à son cou et de fuir, puisque apparemment ils ne veulent pas de vous.

Mais l'effet de surprise passé, les règles apparaissent plus clairement, et il est possible de se faire place ici, même si vous être étrangère. Finalement, la voilà qui a posé son baluchon ici pour un temps encore indéterminé, de nouveau des projets plein la tête. L'envie de vivre a repris le dessus et Féline a retrouvé la nique perdue cette hiver das le Nord du Royaume. Elle mord de nouveau dans cette vie à pleine dents, plus que jamais, sans s'embarrasser de chichis ...Advienne que pourra : enterrer le passé, profiter du présent, et qui sait peut être … croire en un avenir.

Alors qu'elle franchit à peine les portes de la haute muraille Saumuroise, un volatile se pose sur son épaule. Sourire en coin décidément ces p'tites bestioles c'est bien utile. Missive détachée puis déroulée. Écriture hésitante reconnaissable entre mille, cette fois ci il ne s'est pas fait aidé par un autre, et le sourire de la mercenaire s'élargit. La signature griffonnée en bas de page ne laissait plus place à aucun doute, si tant est qu'il puisse encore en subsister. Le blondinet semble y tenir à sa leçon et la Féline, bien que dotée de très nombreux défauts, est femme de parole, d'autant plus avec un enfant qui a placé sa confiance en elle. Non pas qu'elle affectionne particulièrement les gosses, ce serait même plutôt tout le contraire, mais celui là … il l'intrigue. Petit bout d'homme haut comme trois pommes, frimousse d'ange mais si déterminé, défiant déjà les grands et des idées bien arrêté pour son jeune âge. Un futur grand si ses choix s'avèrent être les bons.

Alors si elle peut être l'un des maillons de cette chaîne qui feront de lui un homme, elle n'a pas l'intention de laisser passer l'occasion. La Féline n'a pas de projet précis pour la journée. Le test de passage à la Zoko est terminé … elle sait qu'elle a un peu de temps devant elle avant que le véritable entraînement ne commence. Son regard dévie vers la bague qu'elle porte depuis quelques jours, un serpent s'enroulant autour de son annulaire droit. Son avenir … Sans prendre le temps de se débarrasser de son baluchon ni de changer ses frusques poussiéreuses, la Féline descend de sa monture et, marchant à ses cotés, se dirige vers la mairie, le pli de l'enfant à la main.

A quelques mètres du perron, elle s'arrête et l'observe. Depuis combien temps est il là, assis sur les marches, la dague offerte par Eikorc dans sa main, le regard dans le vide, semblant rêver? Les rêves … Soupir. A son âge on a encore la tête emplie d'espoir, privilège de la jeunesse. Au bout de quelques minutes, elle franchit enfin les derniers mètres qui la séparent de Karyl et sans se soucier de le tirer peut être brutalement de ses pensées, elle l'invective aussitôt.


'Jour Gamin … Paraît qu'on a rendez vous toi et moi ?

A ses cotés l'Alezane piaffe, sentant peut être l'excitation qui s'empare de sa propriétaire en cet instant, et la Féline, un léger sourire étirant ses lèvres, pose un regard mi amusé, mi interrogateur sur le jeune garçon qui lui fait face, guettant sa réaction de la voir là.

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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Karyl
Oui, un grand guerrier... voilà comment il se projetait dans l'avenir. Un guerrier comme Eikroc avec quelques cicatrices en moins peut-être tout de même. Un guerrier qui aurait fait le tour de la France et bien plus encore. Qui aurait été par delà les montagnes de l'Est visiter des contrées inexplorées où même les plus courageux aventuriers n'avaient encore osé y mettre les pieds. Des contrées recelant milles trésors. Des contrées où vivraient de très grands guerriers comme le lui avait conté Ming su, l'esclave aux yeux bridés qui savait tuer un homme à mains nues. Soupir. Apprendre... karyl rêvait d'apprendre toutes les techniques de combat du monde pour devenir un jour le plus fort mais aussi le plus malin des guerriers. Bah oui, cela ne sert pas à grand chose d'être fort si l'on est aussi bête que ses pieds et malgré son jeune âge l'enfant l'avait bien compris. Il avait aussi compris que pour évoluer en ce monde et se donner une chance d'accomplir ses rêves il fallait s'en donner les moyens. C'est pourquoi, bien souvent il s'en allait à la rencontre des gens... ceux qui savaient... certes cela pouvait parfois être risqué, en effet ces derniers n'étaient pas forcément les plus disposés à bavasser ou à s'encombrer d'un gamin mais qui ne tente rien n'a rien après tout, alors au mépris du danger, le petit blond courrait au devant des ennuis dans le seul but d'en apprendre toujours plus, comptant sur ses talents oratoires pour endormir l'hostilité possible de ses interlocuteurs. Et puis, selon lui, les gens qu'il qualifiait "d'intéressants" -comprenez par là, ceux susceptibles de lui enseigner leur art quel qu'il fut- étaient reconnaissables tout de suite... à deux ou trois exemptions près tout de même et certains de ses membres s'en souvenaient encore. Mais peu importait les mésaventures qui avaient pu croiser sa route, l'enfant restait convaincu que les expériences qu'il arriverait à acquérir ferrait un jour de lui ce qu'il rêvait de devenir.

Ainsi perdu dans ses pensées, rêvassant sur son grandiose avenir, l'enfant continuait de fixer la dague comme si celle-ci avait un quelconque pouvoir mystique susceptible de lui révéler l'avenir. Ou bien était-ce peut-être ses rêves d'enfant qu'il tentait de graver dans l'acier. Nul n'aurait pu le dire. Il soupira de nouveau. Et dire qu'il y a cinq mois à peine, il rêvait encore de devenir duc ou membre d'élite de l'ordre royal de la Licorne dont il voyait souvent passer les représentants sur les quais de Seine. Ils semblaient tous si invulnérables, si fort, si...


'Jour Gamin … Paraît qu'on a rendez vous toi et moi ?

Karyl sursauta manquant de laisser échapper sa dague qu'il rattrapa de justesse avant de sauter sur ses pieds l'air légèrement hagard. Combien de temps avait passé? Depuis combien de temps était-elle restée planter devant lui avant d'ouvrir la bouche... Voilà que ses réflexions lui avaient complètement fait oublier de surveiller l'arrivée de la Féline. Une mine renfrognée s'inscrivit alors sur son visage. S'être fait surprendre comme un idiot! Qu'est ce qu'elle allait penser maintenant, songea t-il en se maudissant d'avoir était si distrait.
Cependant, bien que conscient de s'être laissé surprendre, il décida de faire comme s'il n'en était rien, cachant son trouble du mieux qu'il put tout en tentant de reprendre pieds dans la réalité. Elle ne devait guère être là depuis longtemps de toute façon sinon il s'en serait forcément rendu compte.. oui forcément.. du moins essayait-il de s'en convaincre.

Laissant finalement là ses réflexions, il leva un regard empli d'assurance vers Félina et d'une voix claire et neutre, tachant d'ignorer l'excitation qui montait à présent en lui, il répondit simplement :


- Absolument, d'ailleurs je t'attendais!


Et sans attendre davantage il descendit les quelques marches du parvis pour arriver à hauteur de la jeune femme et de sa jument. - Elle est à toi?, demanda t-il alors en levant une main vers l'équidé pour en caresser le flan. C'est une belle bête!, poursuivit-il tel un connaisseur. Tu me laisseras la monter un jour? interrogea t-il ensuite rapidement. Il n'y croyait pas trop lui-même mais après tout rappelez vous : qui ne tente rien... Il décocha alors un sourire qui se voulait charmeur à la jeune femme puis, décidant de prendre les devant de la journée qu'ils allaient passer ensemble et il énonça :

- Bon, faut pas trainer sinon on va pas avoir l'temps. C'que j'te propose c'est d'aller à la lisière de la forêt. Isa, elle a dit que c'était bien pour s'entrainer. Ou alors dans le champs de la mère Lucette. Louis il va s'entrainer là bas quand son père à le dos tourné. Il a installé tout ce qu'il faut dans le fond du champs, la mère Lucette elle va jamais voir si loin alors on s'ra tranquille. Pi si on change d'avis, toute façon les deux c'est à côté alors...


Et sans même attendre que la Féline lui propose une troisième option, l'enfant pris la direction du champs de la dite "mère Lucette" en lançant simplement un "Aller tu viens" à l'intention de la dagueuse. L'endroit en question était apparemment connu des gosses du coin comme un paradis pour tout ce qui avait trait aux jeux avec des armes et par conséquent le lieu idéal pour l'exercice d'aujourd'hui à en croire Karyl.

Et puis après quelques pas, prenant un air qui se voulait dure, Karyl s'arrêta et se retourna vers la jeune femme les poings sur les hanches et les sourcils froncés :


-Mais tu diras pas que je t'ai montré hein? Les grands ils doivent pas savoir...sont trop nul, y comprennent rien.. mais toi c'est pas pareil, alors j'te montre.. mais tu dis pas!!


S'étant convaincu après un instant à la fixer qu'elle ne dirait rien, le petit blond repris sa route, son allure trahissant son impatience. S'il n'en avait tenu qu'à lui pour sur qu'ils y seraient allé en courant mais bon...marcher c'est bien aussi.


Sur le trajet l'enfant ne pouvait s'empêcher de détailler la jeune femme. Il fallait avouer qu'il n'était guère habitué à voir des femmes comme elle. A Paris, elles étaient pour la plupart parées de beaux atours ou alors au fond de leur cuisine à préparer le repas ou à s'occuper de leur progéniture. D'autre encore passaient leur temps sur les trottoirs mais ça le jeune Karyl aurait mieux fait de l'ignorer. Les seules femmes qui pouvaient lui ressembler trainaient d'après ce qu'il en savait à la cours des miracles mais il n'avait pas eu l'occasion de les étudier de près. En effet, il n'était pas toujours bon de se faire remarquer dans de tels endroits. Karyl était curieux certes mais tout de même pas suicidaire. Félina était donc l'une des premières femmes mercenaires qu'il avait l'occasion de voir de près et de ce fait elle l'intriguait beaucoup. Il avait notamment remarqué que quelque chose avait changé depuis leur dernière entrevue mais il n'aurait pas vraiment su dire quoi... et cette étrange bague qu'elle portait à présent au doigt... s'était nouveau çà aussi...


-Dis Félina, pourquoi t'es devenue mercenaire? Demanda l'enfant tout à coup après être resté silencieux un petit moment. En effet, se poser des questions à lui-même n'allait pas lui apporter beaucoup de réponses alors autant interroger la première concernée directement. Et tu viens d'où? Tu as toujours été sur les routes? Tu as déjà fait la guerre? Dis, tu le connais depuis longtemps le colosse? Tu l'as rencontré comment? Tu crois qu'il va m'apprendre à être comme lui?

Les questions s'enchainèrent à une allure folle trahissant à la fois l'excitation et la grande curiosité de l'enfant qui n'attendait même pas la réponse à l'une d'entre elles pour poser la suivante. Il voyait en la troupe de mercenaires descendue en ville une occasion rêvée de sortir du train-train dans lequel il s'était installé depuis quelques temps et de ce fait, il voulait tout savoir sur eux et sur leurs vies. Sa vie avec le vieux George n'était gère déplaisante même si ce dernier ne faisait que rouspéter, mais vous l'aurait bien compris , le jeune Karyl aspirait à autre chose.



Un peu plus tard sur le chemin, alors qu'ils approchaient à grands pas de leur destination finale, l'enfant, prenant un ton sérieux dit tout à coup, presque plus pour lui-même que pour son interlocutrice :


- Le moine à Saint-Antoine, y disait toujours que tant qu'on se rappelle des gens ben ils meurent pas.. alors moi, ben je veux qu'on m'oublie pas comme çà je vivrais longtemps...


Et c'est en cette seule phrase que l'enfant, sans vraiment savoir pourquoi, résuma à la mercenaire toutes ses motivations. De celles qui risquaient d'influencer les décisions qu'il prendrait tout à long de sa vie. De celles qui tenaient le plus à cœur. De celles qui faisait de lui Karyl.
Et puis, sans lui laisser le temps de répondre encore une fois, il se mit à courir puis s'arrêta à laurée d'un champs quelques mètres plus loin. Il se retourna alors vers la femme et l'équidé et s'écria d'un air à la fois enjoué et sur-excité :

- C'est là!! T'as vu, j'te l'avais dit que c'était bien, c'est bien hein?

Puis il parti dans le fond du champs et se mit en position attendant que la jeune femme le rejoigne :
Aller!!! tu viens me montrer? lui dit-il alors. Après on ferra un concours pour savoir c'est qui le plus fort!!
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un simple gamin des rues...
Felina
La lueur d'amusement dans le regard de la Féline se fait plus présente quand l'enfant se dresse sur ses deux pieds, visiblement surpris de la voir ici, et s'approche de sa jument blanche. L'animal baisse instinctivement la tête au contact de la main caressante de Karyl sur son flanc, soufflant doucement par ses naseaux, semblant apprécier la douceur de cette main. Étonnamment, l'Alezane aussi sauvage que sa propriétaire ne refuse pas la présence de cet inconnu près d'elle, et cela arrache un sourire à la Rastignac. La dernière fois que sa jument a accepté de se faire caresser par quelqu'un d'autre qu'elle, il s'agissait encore un fois d'un enfant … une petite fille …

Edonice … soupir qui s'échappe de ses lèvres alors qu'elle replonge dans ses souvenirs. Elle entend vaguement Karyl s'adresser à elle, mais le sens de ses paroles lui échappe, car en cet instant, son esprit est loin et vagabonde vers ce Nord, ces Flandres, là où elle a laissé … abandonnée sa nièce. Quel âge peut elle donc avoir maintenant ? 8 ans sûrement. Se souvient elle seulement de cette tante qui ne l'a jamais aimé, et à cause de qui ses deux oncles se sont entretués ? Elles se sont expliquées à l'heure de son départ de Dunkerque, mais qu'en est il de longs mois après ? Les deux ans passés sur les routes avec cette enfant, la fille de Guillaume, son sang, la mercenaire ne risque pas quant à elle de les oublier, mais après la mort de son frère, elle n'a pas pu, pas sur rester à ses côtés et a préféré la fuite.

Et voilà qu'un autre enfant croise sa route, avec le même regard volontaire, la même espièglerie et cette envie de grandir qui habitait Edo. Soudain le ton plus fort de la voix de Karyl sort brusquement la jeune femme de ses pensées, la faisant presque sursauter.


Les grands ils doivent pas savoir...sont trop nul, y comprennent rien.. mais toi c'est pas pareil, alors j'te montre.. mais tu dis pas!!

Mais de quoi diable parle-t-il donc ? Elle n'en a fichtrement pas la moindre idée car elle n'a rien entendu de son laïus sur le lieu possible de leur entraînement à venir. « Mais toi c'est pas pareil ». Sourcils froncés, moue interrogative … Comment ce p'tit bout d'homme peut il ainsi lui accorder sa confiance alors même qu'il ne sait rien d'elle, qu'il ne la connaît que depuis quelques jours ? Il va falloir lui apprendre à se méfier des inconnus et à ne pas suivre aveuglément n'importe qui. Le garçonnet veut grandir, mais il est des choses qu'il doit savoir s'il ne veut pas voir son enfance fauchée en une fraction de seconde. Rester en vie suppose de connaître les ficelles de ce monde de l'ombre auquel il semble aspirer. La première étape passe peut être par cette leçon de lancer de dagues qu'il lui réclame, mais il devra apprendre le reste, d'elle, ou d'un autre.

Alors que le garçonnet ouvre la route, marchant d'un bon pas et la précédant de quelques mètres, elle surprend les regards furtifs qu'il lui lance et lui répond à chaque fois par un sourire aimable. Curieusement, aucune envie de grogner ne lui traverse l'esprit, elle se surprend même à apprécier la compagnie de son futur élève. Tssss saletés de gamins et leur pouvoir sur elle. Quelle image pouvait elle bien lui renvoyer, avec son jupon plus très blanc, son corsage poussiéreux, ses bottes crottées, son épée et ses dagues à la ceinture, sa longue chevelure emmêlée retombant en désordre sur ses épaules ? La mise de l'enfant n'est d'ailleurs pas plus reluisante, et elle ne peut s'empêcher de se demander d'où il vient réellement. Ses chausses sont trouées, signe de leur âge avancé et probablement une preuve du temps passé à sillonner les chemins. Il n'est vêtu que d'une simple chemise et d'un pantalon de toile, dont le tissu est plus qu'élimé.
Qui s'occupe de lui, qui l'a élevé, pourquoi est il tout seul ici, alors qu'il est bien trop jeune pour se débrouiller dans la vie ? Déjà les questions se bousculent dans l'esprit curieux de la Féline, mais avant qu'elle puisse en formuler une seule, Karyl la devance et commence l'interrogatoire.

Elle ne peut retenir une grimace en réaction, détestant par dessus tout parler d'elle. L'enfant enchaîne les questions, sans lui laisser la moindre chance de répondre, et peu à peu, l'amusement de le voir si empressé de tout savoir d'elle prend le dessus sur son agacement et elle ne peut retenir un rire.


Héhé … doucement l'môme, laisse moi en placer une si t'veux des réponses.

Chemin faisant, pour satisfaire à la curiosité du blondinet et parce qu'il fallait bien tuer le temps, elle se décide alors à lui répondre partiellement, laissant volontairement de côté les parties les plus sombres de son histoire, premièrement pour ne pas l'effrayer, et ensuite parce que rares sont ceux auxquels elle se raconte totalement. Ici, seul Eikorc connait toute son histoire, un soir où l'un et l'autre avaient eu cette envie inexplicable de se confier. Apprendre à être comme le colosse ... La Féline songe à la réponse qu'elle lui ferait s'il n'était pas si jeune. Plus tard peut être ...
Je ne te le souhaite pas Karyl, car cela supposerait que tout comme lui, tu aies traversé l'enfer, et en soit ressorti, certes vivant, mais avec le cœur détruit à jamais. Non il ne t'apprendra pas à être comme lui, mais oui tu pourras apprendre à devenir plus fort, tout comme je suis en train de le faire.

Enfin elle prend la parole :


J'suis mercenaire depuis si longtemps que j'ai arrêté de compter gamin. J'ai passé la majeur partie d'ma vie sur les routes, seule au départ, pour fuir un passé que j'voulais oublier. Puis j'ai r'trouvé mes deux frères et y m'ont appris à m'battre et à survivre sur les routes. J'n'ai jamais fait la guerre non, mais j'me suis battue … pour de l'argent parfois, pour sauver ma peau l'plus souvent. Et …

La Féline s'interrompt, fuyant à cet instant le regard de l'enfant, puis soupire, cherche ses mots et finit par éluder la mort de Devil en Flandres et la disparition de Guillaume en Guyenne, en quelques mots qui ne disent rien tout en signifiant beaucoup :


La vie nous a séparés et j'ai repris la route toute seule, sans aucun autre but que de fuir de nouveau. C'est là, il y a un peu plus d'un mois maintenant, que j'ai rencontré le Borgne, que tu as croisé toi aussi, et le Colosse : Maleus et Eikorc.
Depuis j'ai intégré leur troupe en formation. J'ai encore beaucoup à apprendre, et à leurs côtés j'espère m'endurcir encore.


Et peut être ne plus jamais souffrir, pense-t-elle sans le dire.

Se sentant acculée, avec la désagréable sensation d'en avoir trop dit, elle décide alors de se taire, profitant qu'ils arrivent enfin aux abords du lieu choisi par Karyl pour cette leçon de maniement de dagues. L'enfant semble un moment se replier sur lui même et les paroles presque inaudibles qu'il prononce font tressaillir la jeune femme, dont un sourcil se hausse.

Ne pas être oublié … Se pourrait il qu'un si p'tit bonhomme ait déjà ce genre de motivation, digne des plus grands de ce monde, tout autant ceux vivant dans la Lumière que ceux ayant choisit l'Ombre ? Lui aussi est il habité par cette irrépressible envie de laisser sa marque, sa trace, qui lui survivra même après sa mort ? Ce sentiment est en effet totalement inconnu de la mercenaire qui ne désire rien de plus justement que d'être oubliée, de passer au travers de la vie sans rien laisser comme trace et qui ne songe seulement qu'à vivre le temps que le destin décide de la laisser sur cette terre.

Alors que de nouveau elle veut lui répondre, il ne lui en laisse encore par le temps et s'éloigne en courant, habité d'un nouvel enthousiasme. Déjà en position, il attend impatient que la leçon commence. D'une tape sur la croupe de l'Alezane, la Féline libère sa jument qui s'en va cavaler librement plus loin. Nul besoin de l'attacher, celle ci est aussi libre que sa cavalière, mais elle reviendra toujours auprès d'elle. Félina se débarrasse alors de son ceinturon portant son épée et ses dagues, qu'elle dépose au pied d'un arbre. Ce faisant elle se saisit de l'une d'elle, la plus légère, celle au manche orné d'une tête de Lion, cadeau d'un capitaine Flamand. Puis elle s'approche de lui, arme en main. Mais, avant d'entrer dans le vif du sujet, désireuse de rétablir l'équilibre entre eux, elle décide de lui poser à son tour quelques questions.


Et toi alors p'tit curieux, t'viens d'où comme ça, et qu'es-ce tu fiches tout seul ici ? Pourquoi vouloir apprendre à te battre alors qu'il te coule encore du lait des narines? Ne me dis pas que seule cette raison de " Ne pas être oublié" te motive ?


La mercenaire est volontairement provocante, histoire de tester l'enfant et ses réactions, mesurer ce qu'il vaut, même si elle a déjà sa petite idée sur la question. Elle l'observe alors que dans le même temps elle fait tournoyer son arme dans sa main droite, fixant son regard sombre sur son élève.
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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Karyl
Épaules qui se lèvent, les yeux qui montent au ciel, soupir d'exaspération. Voilà une réaction dont aurait pu se passer Karyl alors que la féline venait de le rejoindre et semblait plus disposée à en savoir d'avantage sur sa personne qu'à lui enseigner sa leçon. Légèrement déçu, il baissa sa sénestre armée, avant de se tourner vers la jeune femme et de daigner lui répondre :

- Ben de Saint-Antoine. Pi j'chui pas tout seul, j'chui avec George, fit-il comme si cela était l'évidence même. En effet, l'un des défauts de Karyl était surement de considérer qu'à partir du moment où il savait quelque chose, alors il en était de même pour le reste du monde.
Puis, il resta un instant silencieux réfléchissant au reste de la question posée. Il y avait bien là une multitude de réponses plus ou moins profondes à donner mais l'enfant n'était guère du genre à s'étaler sur ses états d'âme -signe de faiblesse, disait-on- aussi avec toute l'assurance qui pouvait le caractériser il se contenta de poursuivre simplement :
pa'ce que j'veux être fort pour pourvoir faire tout c'que j'aurais envie quand j's'rais grand. Le grand frère de Charlie, y se faisait toujours embêter par les autres et puis un jour il a du partir, des soldats y sont venu le chercher. On l'a plus revu pendant super longtemps. Même qu'on croyait qu'il était mort. Et ben quand il est revenu, il était devenu super fort... j'sais pas trop comment, il a jamais voulu m'dire. Disait qu'j'étais trop petit. Tss. Nouveau haussement d'épaules avant de reprendre, un éclat dans les yeux. Mais tu sais quoi? plus personne il venait l'embêter après, même le grand robert il disait rien, pourtant il criait tout le temps et pour n'importe quoi celui- là. Tout ça parce que..

Se rendant compte tout à coup qu'une fois encore il s'était perdu dans ses histoires au point d'en oublier tout le reste, il reporta son attention sur Félina.
Tu m'écoutes toujours hein? questionna t-il d'un air soupçonneux la jeune femme qui se contenta d'un froncement de sourcil en guise de réponse. L'enfant ne s'en formalisa aucunement et oubliant déjà l'histoire qu'il contait, parti sur un tout autre sujet :
- En plus tu m'as pas répondu, tu crois qu'il va bien vouloir de moi Eikroc? c'est vrai qu'il à une troupe en formation? il va faire quoi avec les gens dans sa troupe? Une nouvelle vague de questions s'envola dans les airs mais cette fois si, l'enfant s'interrompit troquant son enthousiasme contre une expression soudainement sérieuse. il fixa alors la femme, plongeant ses ébènes dans les iris sombres de cette dernière et d'un air décidé il énonça : Mais j'peux pas venir tout de suite, parce que le vieux George il peut pas rester seul. Y faut quelqu'un pour l'aider et il a personne! Alors va falloir attendre. Il avait dit cela comme s'il était certain de son avenir, comme s'il ne faisait finalement aucun doute que d'une manière ou d'une autre il suivrait durant un temps au moins le même chemin que cette troupe de mercenaires. Pensait-il réellement qu'ils l'attendrait ou essayait-il de convaincre la jeune femme de le faire? La question resterait sans réponse.

Mais peut importait finalement, il avait encore bien le temps de les convaincre et pour l'heure, une affaire bien plus urgente allait les occuper : la leçon! C'est que le temps continuait de passer et à ce rythme il n'aurait pas le temps de tout apprendre et l'impatience de l'enfant rendait inconcevable pour ce dernier de remettre l'apprentissage à une date ultérieure.
Il allait donc se remettre en position lorsque, regardant les cibles, il se mordit la joue d'un air perplexe, gigotant d'un pieds sur l'autre comme s'il hésitait à poursuivre la discussion. Prenant finalement son courage à deux mains- après tout qu'avait-il à perdre?- il reprit :

- t'sais, ça sert à rien d'être dur. Le grand robert près de là ou j'habitais, tu sais le râleur dont j'te parlais t'à l'heure, ben il était vraiment dur.. Et ben tu sais quoi? personne il l'aimait et finalement ben il était tout seul. C'est nul d'être dur.
Il avait dit cela sans la regarder, continuant de fixer les cibles, comme pour lui laisser une certaine intimité dans laquelle elle pourrait réfléchir à ses propos sans avoir besoin de se préoccuper de sa présence ou de faire bonne figure.

Puis, fidèle à lui-même, Karyl changea de centre d'intérêt aussi vite que le précédent était arrivé. Il avait dit à la jeune femme ce qu'il avait à dire et il n'était nullement nécessaire d'y passer trois heures. Après tout, elle était bien assez grande pour faire ses propres choix, il espérait simplement qu'elle ne devienne pas un jour comme le Robert ou pire encore... Elle lui plaisait bien comme elle était après tout alors pourquoi vouloir changer?

Il se concentra donc sur les cibles oubliant tout ce qui pouvait l'entourer. Celles-ci étaient pour le moins d'aspect rudimentaires, confectionnées avec ce qui semblait être des couvercles de fûts de bière recouvert de feuilles de parchemins sur lesquelles étaient dessiné au charbon des cercles et dont le centre était allègrement noirci. Ces cibles étaient au nombre de quatre disposées plus ou moins loin de l'air de lancement représentée par un bâton sur le sol. Un peu plus à droite, sur un rondin de bois couché était aligné une dizaine de bouteilles de lait qui n'attendaient plus qu'a être fracassées par les tirs enfantins plus ou moins précis. Le tout était dissimulé à l'abri des regards par un mur de grosses pierres censé camoufler à l'origine les récoltes et qui était aujourd'hui laissé à l'abandon.

L'enfant se mit à sourire en réarmant son bras. Oui cet endroit était parfait. Il se décida alors à regarder une nouvelle fois la jeune femme comme pour se donner du courage et sans attendre davantage lança de toutes ses force sa dague qui alla se planter bien droit , en plein milieu.. non pas d'une cible mais d'un arbre à à peine deux mètres sur la gauche du jeune homme... arrachant un grognement de frustration à ce dernier qui se maudit d'être aussi "nul" alors qu'il voulait impressionner sa professeur.

Visiblement des efforts étaient encore à faire et la leçon du jour ne serait pas de trop.

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un simple gamin des rues...
Felina
Les questions fusent, source intarissable et flot incessant que la Féline n'essaie même pas d'interrompre. Le moulin à paroles est lancé, et rien ne semble pouvoir l'arrêter … aussi à quoi bon tenter ? Elle tente de dissimuler son agacement croissant, par respect pour l'enfant, et aussi parce qu'il lui semble inutile de lui montrer son mauvais caractère immédiatement. Ne pas l'effrayer ne pourra qu'aider à ce que leur rapport prof-élèves soient le plus amicale possible. Elle note qu'il pose beaucoup de questions au sujet de la Zoko et d'Eikorc et elle lui réponds très brièvement à ce sujet, n'ayant plus guère envie de s'étendre sur le sujet.

T'sais quoi … si le colosse et ses projets t'intéressent, va lui en causer directement. T'auras toutes les réponses à tes questions p'tit curieux.

Ça c'est fait, non mais c'est qu'elle ne fait pas agence de renseignement non plus, et ce p'tit gars, des questions il en pose beaucoup trop au goût de la mercenaire. Manquerai plus qu'il se lance dans la série des « Dis Pourquoi les vaches elles font meuhh ? » et ça serait la cerise sur la gâteau. Son visage reste impassible; le plus froid possible, si ce ne sont ses sourcils froncés.
Un tressaillement s'empare néanmoins d'elle alors qu'il lui fait une remarque sur la solitude des gens qui se montrent dur et froid. Et alors, de quoi je me mêle gamin, qui te dit que c'est pas ça que j'cherche justement, être seule? Ne cherche pas, t'es bien trop jeune pour philosopher sur les grandes questions existentielle. Profite de te jeunesse et de ton insouciance, et laisse les grands avec leurs emmerdes, les tiens arriveront bien plus vite que tu ne le penses.
Ne plus s'attacher, ça fait bien trop mal, terminé tout cela pour elle.

Heureusement qu'à ce moment là Karyl ne la regarde pas, tout concentré sur les cibles qu'il semble pressé de viser, car dans le cas contraire, il aurait pu croiser le regard de la jeune femme, différent, dur, presque froid, alors qu'elle sombrait de nouveau pour quelques secondes dans les abîmes.
Mais alors qu'il prend place, dague en main, la Féline reporte son attention sur le garçonnet, abandonnant par la même ses noires pensées. Elle l'observe comme il arme son bras, visiblement désireux de planter sa dague dans l'une des cibles qui sont placées face à lui. Sourire contenu quand il lui jette un regard, car avant même qu'il ne tire elle sait qu'il manquera son lancer, la position est désastreuse, et l'enfant trop peu concentré.
La suite ne la fait pas mentir et ne la surprend pas outre mesure, et elle sourit franchement cette fois-ci lorsqu'elle l'entend grogner d'agacement. Elle se revoit quelques années en arrière, en Guyenne, près de cette rivière en compagnie de Don-Guy. Elle-même était bien trop impatiente et avait collectionné les erreurs avant de parvenir à maitriser l’art du saltimbanque. Ne comprenant que trop bien la frustration de Karyl d'avoir lamentablement échoué dans sa tentative mal déguisée de la surprendre, elle se dirige vers l'arbre, décroche la dague fichée dans son tronc. Puis elle s'approche du blondinet et s'agenouille à ses cotés pour être à la même hauteur que lui. Elle dépose sa propre dague au sol, et, plantant son regard sombre dans le sien tout aussi sombre, elle se saisit de la main gauche de l’enfant et lui replace son arme entre ses doigts.


Tu dois la tenir plus fermement … pour qu’elle ne t’échappe pas …là comme ça.

La Féline place les doigts de l'enfant sur le manche de la dague dans une meilleure position, puis ses mains à elle remontent sur son bras alors qu'elle fait un pas de coté pour se retrouver derrière lui, toujours accroupie, un genou à terre.

En revanche, ton bras lui doit être beaucoup plus souple. Tu es beaucoup trop crispé, détends les muscles du haut de ton corps. Reste solidement campé sur tes jambes, écarte les légèrement, mais pas trop … voilà … comme ça.


Tout en lui parlant, la Féline le guide pour lui faire prendre la meilleure posture possible, ses gestes sont autoritaires sans être brusques, mais ne traduisent pour autant aucune douceur. Enfin, lorsqu’elle le juge bien positionné elle reprend le fil de ses explications, d’une voix posée.


Pour commencer, tu peux effectuer plusieurs mouvements de balancier avec ton bras, lentement … Tes mouvements doivent ensuite être de plus en plus amples, et pendant ce temps, tu ne dois pas quitter ta cible des yeux un seul instant.

De sa main libre, elle passe son bras sur l’épaule droit du jeune garçon et le tend vers la cible, pour qu’il l’utilise comme viseur.

Il ne faut penser qu'à elle, ne faire qu'un avec elle. Plus rien n'existe hormis cette cible. Regarde son centre, ne le lâche pas du regard

Tout en lui parlant, à voix basse, elle imprime le dit mouvement au bras de l'enfant, le tenant sans le tenir vraiment, juste pour le guider.

La pointe de ta lame doit être pointée vers la cible quand ton bras passe en position horizontale. Ensuite, quand ton bras est en train de redescendre, et lorsqu’il se retrouve parfaitement aligné avec ton arme et la cible … alors là, et seulement là tu décoches ton tir. Il n’y a que toi qui peut sentir le bon moment …

Sans s'écarter de lui, et alors que les mouvements de balancier s'amplifient toujours plus, la pression sur le bras de l'enfant se fait moins évidente, jusqu'à devenir quasiment inexistante quand elle se rend compte qu'il mène désormais le rythme seul.

Respire … et quand tu le juges bon … tire !!!

Le laisser faire … et ne plus dire un mot, c’est à lui de jouer maintenant.

edit pour cohérence, Karyl étant gaucher
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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Karyl
Il n'eût pas vraiment le temps de se lamenter le Karyl car déjà la jeune femme, après être allée se saisir de l'arme fichée dans l'arbre, revenait vers lui. Il cessa alors de ronchonner. Son expression passa ainsi du mécontentement à la neutralité et seul l'éclair empreint de détermination qui luisait dans ses yeux trahissait ses pensées. C'était une de ces fois où l'enfant se taisait et se contentait d'observer alors que Félina avançait vers lui, signe s'il en était du respect qu'il éprouvait. Respect lié autant à son admiration qu'à un désir de ressembler à cette femme tout du moins pour ce qui était du maniement des armes blanches car pour le reste, il fallait bien reconnaitre que peu en importait à cet enfant bien trop habitué à côtoyer des adultes froids et indifférents. La chaleur humaine des "adultes" était pour karyl une notion plus qu'abstraite et la jeune femme, bien qu'il la soupçonnait de vouloir jouer les dures, avait été parmi ceux à lui montrer le plus de considération et d'attention. Il se garda bien de lui en faire la remarque mais cette idée le fit sourire : L'image que les autres perçoivent de nous n'est pas toujours celle que l'on voudrait ou que l'on pense transmettre.


Arrivée à sa hauteur la féline vînt s'agenouiller à ses côtés et lui mit la dague en main, le faisant ainsi sortir de ses pensées. Une nouvelle opportunité de faire ses preuves s'offrait à l'enfant. Une nouvelle chance de montrer de quoi il était capable. Une chance à ne pas manquer. Alors Karyl écouta attentivement dans un silence presque religieux les conseils de son professeur. Celle-ci parla d'une voix claire, accompagnant ses explications de gestes, corrigeant la position de la main de l'enfant sur le pommeau de sa dague ou bien encore ses appuis au sol..
Dans le champs régnait à ce moment là un grand calme tout juste troublé par les chants de quelques oiseaux qui accompagnaient les explications de la jeune femme, la concentration était palpable.

La main ferme - Le bras souple - des mouvements amples.. et ne jamais perdre sa cible des yeux.

Les conseils de Félina raisonnaient dans la tête de Karyl à mesure qu'elle les lui confiait. Ce dernier se laissait faire gravant dans sa mémoire chaque posture qu'elle lui faisait prendre, chaque mot qu'elle prononçait. "L'enfant" avait laissé ainsi peu à peu place, le temps d'une leçon, à "l'apprenti", sage, discipliné, attentif. L'heure de rire, de jouer au petit dure ou bien encore de faire des bêtises avec Louis reviendrait bientôt mais pour le moment la rigueur était de mise. Pour Karyl, plus rien n'existait mis à part la voix de la jeune femme et cette cible qu'il ne lâchait plus des yeux. Le monde autour semblait s'être évanoui autour d'eux... la concentration de l'enfant atteint bientôt son paroxysme...

"Respire … et quand tu le juges bon … tire !!!"

Karyl aborda ces quelques mots avec froideur. Il ferma les yeux un instant, se répétant une fois encore les quelques conseils donnés, puis les rouvrit fixant une nouvelle fois la cible comme si celà pouvait influencer la trajectoire future de sa dague.

Mouvements de balancier de plus en plus amples, bras souple, main ferme, pieds bien ancrés dans le sol...

Ainsi prêt ce n'est qu'au bout d'une bonne minute qu'il se décida enfin à tirer. Mais à peine eut-il amorçé son mouvement que déjà il sut que ce ne serait pas encore pour cette fois qu'il épaterait la dagueuse et l'avenir immédiat ne put que lui donner raison, la dague alla se ficher dans une botte de paille à gauche de la première cible.


"Je sais... le poignet plus souple" commenta-il avant même que Félina ne puisse dire quoi que se soit, pour lui montrer qu'il avait compris son erreur, du moins le pensait-il.

Bien qu'un certain progrès était notable entre les deux lancés, du chemin restait à faire et Karyl le savait. Cependant l'enfant ne se démoralisa pas. Le lancé de dagues, ça devait pas être plus sorcier que le tir à l'arc avec Louis alors s'il arrivait à décocher une flèche correctement il devrait bien arriver à lancer une dague non?

Cette pensée lui mit du baume au cœur et c'est avec le sourire il écouta la remarque que lui fit Félina. Il était un peu effrayé à l'idée que ses échecs ne finissent pas ennuyer la jeune femme et que celle-ci ne décide alors de rebrousser chemin. Il tenait bien trop à progresser et sans la jeune femme cela deviendrait compliqué aussi estima t-il qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps pour au moins toucher la cible. La troisième fois serait donc la bonne.. enfin l'espérait-il.

" j'vais la chercher et on essaye encore une fois tu veux bien?" lui lança t-il sur le ton du compromis avant de courir vers la dague et de revenir bien vite.

De nouveau auprès de la jeune femme il reprit place tel qu'elle le lui avait enseigné quelques minutes auparavant. Puis, tachant de retrouver toute sa sérénité, il laissa un instant son esprit voguer dans ses souvenirs. Il se souvînt ainsi d'une leçon qu'il avait reçu voici presqu'un an : Anticiper, appréhender son environnement, être à l'écouter du monde alentour pour ne jamais se laisser surprendre, écouter au delà même du bruit jusqu'à entendre l'inaudible.. Se rappelant de cela, le jeune garçon fixa de nouveau la cible et se mit à écouter...

Il ne prit pas la peine de lever les yeux vers la jeune femme, les mots étaient devenus inutiles pour lui, s'il faisait une erreur de technique elle le corrigerait et il le savait. Il avait fait des erreurs lors de son précédent lancé mais la plus importante n'était pas celle qu'il avait invoqué... Il voulait apprendre une leçon, mais voilà qu'il en avait oublié les 'autres : Il ne lui suffisait pas de connaitre une technique, il lui fallait aussi prendre en compte tout ce qui l'entourait, à commencer par le léger vent qui venait de se lever.

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un simple gamin des rues...
Eikorc
[Tic tac, tic tac… Le temps passe]

Minutes et heures défilant à toute allure… Jours, semaines, mois… Toujours plus. Aucune prise, aucune emprise pour bloquer, stopper, accélérer… Rien qui ne permette au colosse diabolique de maîtriser les arrivés, départs, actions, réactions. Et lui se retrouve balloté ici et là depuis que cette histoire d’enlèvement s’est terminée… Est-elle réellement finie d’ailleurs ? Rien est moins sûr… Il est en attente. Attente des conséquences, attente et espoir pour cette compagnie qui s’éveille… Des rencontres en taverne, des retrouvailles aussi. La ville a changé depuis son dernier passage… L’Anjou même a évolué… A l’opposé de sa propre évolution par certains côtés…

Un galop sans fin dans les abîmes et l’obscurité d’une âme déchirée… Une cavalcade de plus en plus rapide dans un torrent de sentiment qu’il n’a pu contrôlé… Jusqu’à la chute, la réception sur les rochers acérés qui ont fini d’éveiller une face cachée et dissimulée grâce à la pile d’une même pièce… Noirceur qui s’empare d’un être dont le surnom prend enfin tout son sens… El Diablo. Le colosse diabolique fait son apparition officiellement. L’image sur sa peau endosse une autre signification, le serpent tentateur devient tueur…

Le de Nerra devient un autre colosse, légèrement las, légèrement plus solitaire… Et pourtant beaucoup plus entouré, beaucoup plus déterminé.
Comme le montre le pas qui foule les pavés de Saumur, les bottes ferrées claquant violemment, agressant la pierre qui recouvre le sol alors qu’il avance résolument dans les ruelles sombres… Visage marqué par les combats qui désormais ne se masque plus derrière cette capuche qu’il a arboré pendant des années… A quoi bon se dissimuler alors qu’on assume complètement ce qu’on est ?

Le sourire reste ancré au coin des lèvres alors que le regard métallique se fait dur sur le peu de personnes qu’il croise dans ses chemins oubliés ou volontairement évités… Lui les emprunte pour sortir et entrer en ville sans avoir à se présenter encore et toujours à la douane. Ces petites portes dissimulée à la vue de tous dans lesquelles on se retrouve obligé de se plier en deux pour s’extirper à travers les murailles… Qui aurait pensé que celle qu’il vient de dénicher le mène dans la campagne même de Saumur et non sur la route ? Certainement pas lui qui se créé mentalement une carte depuis des semaines pour mieux pouvoir fuir en cas de besoin…

La montagne de muscle s’arrache à l’embrasure presque trop étroite pour lui, s’étirant une fois hors de la ville, laissant ses membres se détendre alors qu’il rejette la tête en arrière pour calmer cette douleur sourde qui habite sa nuque… Il sait qu’un jour cette souffrance pourrait lui coûter la vie, il sait que cette cicatrice dissimulée par le reptile ancré sur sa peau est la porte entrouverte sur une mort qui saura le cueillir quand il le décidera… Nouveau sourire qui vient flotter sur ses lèvres alors que son regard se glisse vers le ciel, suivant les formes des nuages, comme s’il signifiait réellement quelque chose…

Des bruits de pas, une voix aigüe de gamin qui résonne dans les tympans du Seigneur de Vautorte qui a juste le temps de retrouver l’ombre avant de voir débouler le blondinet qu’il a côtoyé quelques instants en taverne et à qui il a offert une dague, suivit de peu par la féline qui se trouve être son apprentie depuis peu… Un sourcil se hausse alors qu’un sourire amusé vient se glisser au coin de ses lèvres, que peuvent donc bien faire ces deux là ensemble ? Quelles conneries peuvent-ils bien inventer…
Alors il laisse l’azur froid de son regard glisser sur les deux personnes qui se font face, détaillant les tenues et les ports avant de fouiller l’horizon pour apercevoir les quelques cibles dissimulées et surtout disposée à bonne distance… Et là il se rappelle de la promesse de la belle brune au garnement… La dague à peine entre les mains il voulait savoir s’en servir et c’est Félina elle-même qui s’était proposée de lui apprendre…

Le sourire amusé s’élargit alors que pétille au fond des iris une lueur presque oubliée… L’œil pétillant, il croise ses bras puissants sur son torse, s’adossant au mur en surveillant le cour qui débute devant son regard attentif… La botte crisse sur la pierre de la muraille pour venir s’y poser alors que le môme lance une première dague. Sourcil qui se hausse à nouveau de voir à quel point il lance étrangement, et surtout avec imprécision… Est-il donc le seul à qui on a appris à se battre dès qu’il a su marcher ? Est-il donc le seul qui savait esquiver les coups en courants dans tous les sens dès que son sens de l’équilibre le lui a permis ?

Et en regardant ce petit bout d’homme qui veut devenir mercenaire, il ne peut s’empêcher de songer lui-même à sa propre enfance… A tous les gnons et marrons qu’il a pris dans la face avant de savoir courir sans traîner les pieds pour pas s’étaler... A tous les coups de bâtons qu’il s’est mangé pour pas être assez rapide… Tout vient à point à qui sait attendre… Adage qui n’était pas pour lui et certainement du gout de son maître d’arme. Mais loin de lui en vouloir, il le remercierait presque, ses enseignements venant voguer dans son esprit à chaque fois qu’il le faut… Et puis, pourquoi en vouloir à quelqu’un qui a fait de lui un mercenaire aguerris et maître de plusieurs armes ?

L’enseignement semble suivre son cours, la féline plaçant le garnement comme il faut, les bras qui se mettent à osciller de concert, la dague qui scintille légèrement à chaque fois que les rayons du soleil viennent s’abattre sur elle… Et le sourire s’élargit alors que la dague se décoche à nouveau. Pas loin. Un petit rire monte dans sa gorge et retenu de peu alors que le gosse se carapate à nouveau à la recherche de sa dague et se remet en position pour se préparer à lancer. Douce brise qui se lève et arrache un hochement de tête à la montagne de muscle qui s’arrache à sa muraille et surtout à son ombre pour se rapprocher discrètement du duo…

Il s’arrête à quelques mètres, prenant une longue inspiration en plantant son regard sur les cibles… Et lentement il glisse sa dextre dans son dos, longeant la ceinture du bout des doigts pour venir s’emparer du pommeau de la dague glissée dans ses reins… Lentement il s’empare du manche, arrachant l’arme à son fourreau pour venir la glisser devant lui pendant que ses doigts la font tourner dans sa paume… Les sourcils se froncent alors qu’il surveille le gamin, essayant de faire le moins de bruit possible en se rappelant les mots du vieillard… Se concentrer, s’imaginer lame, visualiser la cible et seulement la cible… Ne pas penser à autre chose… Et un sourire se glisse au coin de ses lèvres alors qu’il se souvient qu’il n’avait jamais réussi à toucher une cible…

L’heure est venue de voir s’il est toujours aussi mauvais… Un pas le fait se mettre en position et d’un coup de poignet la dague se retourne pour que la lame se glisse entre les doigts massif du colosse juste avant que le bras se lève et se détende dans le même mouvement, sans préparation, sans concentration… Juste l’instinct et cette cible qu’il imagine être la tête du borgne qui a l’habitude de réceptionner les choppes… La lame siffle dans les airs, passant au-dessus de la tête du gamin, filant vers la cible pour se planter sur le bord supérieur, transperçant le bois, ne s’arrêtant qu’une fois la lame ayant traversée entièrement la cible…


« Oups…
On dirait qu’il y a encore du boulot… »


Au moins, il a touché la cible, certes pas en plein centre, mais il l’a eut… Et un sourire amusé se glisse au coin des lèvres alors qu’il tourne son regard vers les deux autres personnes présentes sur le champ de tir…
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"Mercenaire rôliste, cherchant une troupe ? Contactez moi..." Zoko ad eternam
Felina
Progressivement, alors que Karyl commence à imprimer seul le mouvement de balancier, la Féline lui lâche le bras et recule légèrement pour lui laisser toute liberté d'action. La position de l'enfant est désormais correcte, quoiqu'il lui semble un brin trop crispé. Mais pas un mot ne franchit la barrière de ses lèvres, et elle se contente de l'observer avec toute son attention, mêlée d'un sentiment étrange qu'elle se surprend à ressentir. Qu'est ce donc que cette chaleur qui s'insinue en elle faisant battre un peu plus rapidement son cœur, alors que son regard reste rivé sur le garçonnet? Qu'est ce donc que ce frisson qui s'empare d'elle lorsqu'il décoche enfin son tir ?

Fierté … oui c'est cela … c'est bel et bien de la fierté qu'elle ressent en cet instant, envers cet enfant il y a peu totalement inconnu, et qui là, sous ses yeux, sort progressivement de sa chrysalide, appliquant à la lettre les maigres conseils qu'elle vient de lui inculquer, s'en remettant totalement à son savoir faire, lui faisant indéfectiblement confiance pour le lui enseigner.

Les deux onyx suivent la trajectoire de la lame, et c'est d'un léger sourire en coin qu'elle accueille le verdict de ses premiers enseignements. Certes il a manqué la cible, mais de peu cette fois ci, et surtout, l'arme a parcouru la distance, net progrès par rapport au lancer précédent.

Alors qu'elle entrouvre les lèvres pour commenter le jet, la tête blonde ne lui en laisse pas l'occasion et fait déjà sa propre auto critique, la faisant sourire d'avantage. L'aplomb et la maturité dont il fait preuve malgré ses quelques années de vie ne cesseront jamais de la surprendre.


En effet gamin … tu étais trop tendu … Il faut détendre, non seulement ton poignet … mais également tout le reste de ton corps, ne pas te crisper avant le jet.

La Rastignac se contente de ses quelques mots et cette fois ci ne fait pas un mouvement vers l'enfant qui est déjà parti ramasser son arme. Amusée de son empressement, elle replonge un instant dans ses souvenirs, sa première leçon et ne peut que constater que les erreurs de débutants sont les mêmes pour tous. Il lui en fallu des heures d'entraînement, seule dans les bois, à lancer, relancer sa lame. La douleur dans son bras peu habitué à être soumis à pareille torture, mains griffées à fouiller les ronces à la recherche de sa dague lorsqu'elle manquait inlassablement le tronc d'arbre qu'elle visait. Mais les efforts avaient fini par payer, et rares sont désormais les fois où sa lame ne se plante pas exactement où elle le désire … la dagueuse faisant mouche quasiment à tous les coups.

Comme le jeune Karyl se replace pour un nouvel essai, un bruissement de feuilles dans son dos fait se retourner la sauvageonne qui écarquille les yeux lorsqu'elle reconnaît le colosse, se mordant les lèvres pour retenir le cri de surprise qui ne demande qu'à être exprimé. Que diable fait il là ? Depuis combien de temps les observe t-il ? Mais … Mais que fait il ?
Le regard félin glisse vers la dague que le de Nerra tient en main, non … il ne va pas !!??

En un éclair il décoche pourtant bien son arme et la Féline porte sa main à sa bouche pour étouffer un cri de frayeur lorsqu'elle réalise que Karyl se trouve pile poil sur la trajectoire de la lame, entre le colosse et la cible


Hummmpf !!

Elle ne peut s'empêcher de fermer les yeux, redoutant le pire et ne les réouvre, péniblement, qu'au son de l'impact de la lame dans le bois de la cible. Le centre n'a pas été atteint, mais la mercenaire s'en carre royalement, car aussitôt son regard se porte sur l'enfant qui n'a pas eu le temps d'esquisser le moindre geste. Indemne … il n'a rien. Sans réfléchir à la portée de ses actes, Félina se redresse alors et lance un regard assassin en destination du colosse.

Mais ça va pas !! Tu aurais pu le tuer !!!

A peine les mots sont ils prononcés qu'elle regrette déjà amèrement ses paroles. Mais baste, ce qui est dit est dit, il ne sert à rien de revenir dessus. Elle a eu peur, et sa seule parade a été d'incendier le coupable bien involontaire de sa fureur. A coup sûr, une mèche blanche sera le résultat de cet accès de panique qui l'a fait vieillir de dix ans en une seconde.

Les poings serrés il y a quelques secondes se détendent tout aussi rapidement, la Féline se calme en une fraction de seconde et se dirige lentement vers la cible, arrachant d'un coup sec la lame qui s'est totalement fichée dans le bois. Puis tout aussi lentement, elle vient se poster près du colosse et, un sourire aux lèvres et une lueur taquine dans le regard lui lance d'une voix qui n'a plus rien d'agressive :


Que fiches tu là beau brun… tu viens pour une leçon toi aussi ?
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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Karyl
Concentration... tel était le maître mot de Karyl alors que ses prunelles fixaient la cible. Deux fois, il l'avait manqué deux fois... Bon d'accord il débutait mais tout de même! Il n'allait pas donner raison à Finam, si?! Et bien Non, c'était un homme et il allait leur prouver à tous de quoi il était capable... Fallait juste refaire le même lancé mais avec un poignet plus souple et tenir compte de ce satané vent. En visant un peu plus à droite la dague devrait filer droit au centre... Facile quoi...

Résolu à en découdre une bonne fois pour toute avec cette maudite cible, l'enfant arma de nouveau son bras tout en repensant une fois encore aux conseils donnés. Il tendit l'oreille à l'affut du moindre bruit imaginant la mère Lucette derrière lui, son rouleau à pâte à la main, prête à le trucider sur place dès qu'il se retournerait mais il chassa bien vite cette pensée. Pas le moment de se distraire, et puis si la vieille mégère avait été là, pour sûre qu'elle se serait déjà mise à vociférer, c'est qu'on l'entendait de loin la mère Lucette, surement un copine au grand Robert d'ailleurs songea l'enfant avec amusement. Il n'y prêta guère plus attention et s'apprêtait à tirer lorsque qu'un bruit suivit d'un sifflement lui passa au dessus de sa tête. Il n'eut pas le temps de comprendre ce qui arrivait que déjà la dague du colosse venait se planter dans la cible devant lui détruisant pour partie cette dernière tant la force avec laquelle elle fut lancée était forte. Le blondinet resta interdit une seconde tant par la surprise que par l'idée qu'il venait de frôler la mort puis il se retourner avec fougue prêt à en découdre avec le maraud qui avait osé l'attaquer par derrière. Il n'allait pas se rendre sans combattre et s'il devait mourir se serait avec honneur comme un homme et puis y avait Félina à protéger après tout!

Une nouvelle expression de surprise flotta sur ses traits lorsque son regard se porta sur le colosse planté à quelques mètres de lui, une drôle d'expression sur le visage. Sa colère s'évanouit aussitôt et il ne put s'empêcher de rire à la remarque de ce dernier. Il allaiit lui répondre lorsque Félina se mit à hurler. Karyl la regarda les yeux ronds se demandant ce qui lui arrivait mais il n'eut guère le loisir de satisfaire sa curiosité car déjà la demoiselle était partie chercher la lame. Le garçonnet se retourna alors vers Eikroc et d'un air quelque peu narquois fit :
Ben on dirait que je suis pas le seul à avoir besoin de cours.. en plus si tu détruis la cible à chaque fois que tu lances on est mal barré... Puis souriant il se tourna de nouveau vers les cibles pour constater les les dégâts que la dague avait occasionné avant de laisser son regard dériver sur la féline qui remontait déjà vers eux tranquillement.

Arrivée à hauteur du colosse celle-ci s'était calmée et se fit tout aussi taquine que le petit blond le faisant rire de nouveau. Il ne les connaissait pas depuis longtemps ces deux là et n'avait qu'une très vague idée de qui ils étaient en réalité ou de ce qui les unissait mais peu en importait, il avait décrété qu'il les aimait bien et profitait simplement de leur présence. Faut dire que ce n'était pas tous les jours qu'on faisait attention à lui autrement que pour lui dire d'aller jouer ailleurs. Il était trop fier pour le reconnaitre mais leur attitude envers lui l'avait touché et avait fait naître en lui un sentiment de loyauté plus fort que n'importe quel serment. Grâce à eux, il avait de nouveaux rêves, en effet depuis qu'il les avaient rencontré l'idée de devenir noble lui semblait bien fade face à leur vie et l'envie de découvrir le monde prenait de plus en plus de place dans son esprit. Il ne savait pas encore s'il serait mercenaire ou licorneux, noble ou vagabond, bandit ou gentil homme. Cela, seul l'avenir le lui révélerait mais pour l'heure il voulait se montrer digne de ceux qui semblaient croire en lui.


Ce matin encore si on lui avait proposé d'intégrer la Zoko, certainement qu'il aurait sauté de joie en acceptant tout de suite. Pourtant, étrangement, à mesure que la leçon progressait son avis était lui aussi entrain de changer. Il avait déjà beaucoup appris depuis ces trois dernières années. De son errance parisienne il savait chaparder les bourses, apitoyer les bonnes âmes contre quelques piécettes, baratiner autant pour gagner pitance que pour se sortir de situations délicates. A Saumur il avait apprit à cultiver un champs, s'occuper des bêtes mais rien de toute cela ne le rendait digne à ses yeux d'intégrer la troupe. Au bien sur il y avait aussi les enseignements du vagabond, de ming ou bien entre de Félina.. mais cela lui semblait bien dérisoire. Et puis, il voulait découvrir le monde faire ses propres expériences, suivre des gens différents et se construire au fil des rencontres. Un jour ou l'autre, quand il serait plus grand il les retrouverait... il en était certain mais pour le moment une route semée d'embuches et de découvertes s'offrait à lui et celle-ci commençait par un colosse briseur de cible.

L'enfant écouta un instant les deux autres palabrer puis lorsque tout le monde se tue, il regarda le colosse puis désignant la cible lui rappela qu'il allait maintenant devoir la réparer... ou lui montrer comment en faire des mieux ajouta-il avec un sourire espiègle. Ben quoi? autant profiter que le colosse ait une dette pour lui soutirer quelques infos y avait pas de mal!

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un simple gamin des rues...
Felina
Bien des jours plus tard : quand la sauvageonne s'attendrit au contact d'un gamin.
Le temps des adieux

Sur les rives de la Loire, Félina est assise contre le tronc noueux d'un saule pleureur, le regard perdu dans le vague. Sur ses genoux, un vélin et entre les doigts de sa main droite, une plume … Une missive à écrire, mais aucun mot qui ne lui vient. Comment lui dire, comment lui apprendre qu'ils partent tous, et que peut être ne se reverront ils jamais ? Elle sait qu'elle devrait le lui annoncer en face, les yeux dans les yeux, mais comme à chaque fois, elle ne s'en sent pas la force. Elle l'a déjà fait pour sa nièce Edonice, il y a de cela plus d'un an, mais plus jamais elle ne veut lire la tristesse dans les yeux d'un enfant. Lâcheté quand tu nous tiens ... elle est belle la mercenaire sans peur et sans reproche. Satanés gamins qui ne cessent de lui rappeler que ce cœur qu'elle croit mort est pourtant toujours bel et bien vivant.

Les jours, les semaines ont passé depuis ce fameux jour où Karyl a voulu apprendre à lancer des dagues. Au final le garçonnet avait finit par très bien se débrouiller, ne manquant presque plus sa cible. A chacune de leur rencontre, soit en taverne, soit dans les ruelles, la Féline n'a jamais manquer de tester son jeune élève, le provocant, le corrigeant sans cesse et ce jusqu'à qu'il devienne le plus précis possible.

Cet enfant exerce un étrange pouvoir sur la Rastignac d'ordinaire si sombre, si agressive, toujours sur la défensive, et d'autant plus avec celles ou ceux qui parviennent à fendiller la carapace, comme c'est le cas du blondinet. Sa frimousse a le don d'arracher sourire niais et regards attendris à la vagabonde. Les occasions de croiser le garçonnet n'ont pas été nombreuses, mais Félina a vécu chacun de ses moments avec un plaisir qu'elle ne cherchait même plus à dissimuler. Un soir, Karyl l'a même invitée à dîner chez lui, en compagnie du vieux Georges qui s'occupe de lui depuis son arrivée à Saumur. Le gamin lui a alors montré son talent de cuisinier, leur préparant le fruit de sa pêche, deux belles truites aux oranges. Un moment de simplicité pur, si rare dans la vie tourmentée de la sauvageonne.

Au fil du temps, un instinct de protection est même née en elle, et cette envie de mordre quiconque cherche à faire le moindre mal à l'enfant … telle une lionne protégeant son petit.
Instinct maternel ? Impossible, elle ne peut pas ressentir un tel sentiment, si éloigné de tout ce qu'elle est, alors même qu'elle n'a jamais connu l'amour d'une mère, et fait de son côté tout ce qu'il faut pour ne surtout jamais le devenir. Les enfants : elle les déteste, c'est bien connu … cela ne doit donc pas être cela.

Force est de constater qu'elle n'est pas la seule de la Zoko à s'attendrir devant l'enfant, ses deux « chefs » ne faisant pas exception. Il est même presque drôle d'observer le Borgne ronchon, au visage presque éternellement impassible, se fendre de larges sourires dès que Karyl entre dans la même pièce que lui, ou de se rendre compte que le colosse devient presque paternel lorsque l'enfant demande conseil, devenant alors le plus doux et patient des hommes, laissant de côté, pour un instant au moins, toute folie meurtrière.

Un peu de douceur dans ce monde de brute, voilà ce que représente ce petit bout d'homme aux yeux de la sauvageonne, qui ne peut s'empêcher de se retrouver en lui. Fier, capricieux, volontaire et courageux malgré son tout jeune âge. Jamais un mot pour se plaindre, jamais un cri, jamais une larme … Mais dans tout ce qu'il fait, cette naïveté de l'enfance, ce regard neuf sur le monde, cette fraîcheur dans le discours …

Jalousie ? Non, mais une certaine nostalgie, sûrement. Assortie d'une pointe d'inquiétude quand elle songe à l'avenir possible du jeune garçon et l'espoir qu'il ne change pas, du moins … pas tout de suite.

Un soupir s'échappe des lèvres entrouvertes de la sauvageonne, lorsqu'en enfin elle s'extirpe de ses pensées et se décidé à écrire cette lettre.




Karyl,

Je ne sais si tu parviendras à lire seul les mots qui vont suivre, malgré tes nets progrès, mais je ne doute pas que le vieux Georges saura t'aider si ce n'est pas le cas.

J'aurai pu, non j'aurai du venir te parler au lieu de t'écrire, mais je ne suis pas douée pour les longs discours. La Zoko s'apprête à prendre la route, et ce pour un temps indéterminé, et je tenais à t'en informer, que tu ne nous cherches pas dans tous les coins de la ville.
D'ici à deux jours, au maximum, nous serons partis de Saumur. Je sais qu'il te reste ici des amis, en particulier cette jeune fille avec qui tu sembles si bien t'entendre. Sache que je ne t'oublierai jamais et que j'ai passé avec toi de réels moments de joie, ce qui ne m'arrive pas si souvent quand on y pense. Conserve avec toi le Pigeon qui t'apporte cette missive, il est brave et il saura me retrouver où que je sois, si tu désires me donner des tes nouvelles. Pour ma part je t'en donnerai, et te raconterais nos exploits.
Continue de t'entraîner chaque jour et ne laisse pas les adultes et les ronchons te changer : reste toi même et je te promets un avenir empli des aventures dont tu rêves tant.

Prends soin de toi.

Féli.



Elle ne prend pas la peine de se relire, sans quoi elle déchirerait sûrement le parchemin. Puis ce dernier est roulé et lié à la patte du fidèle volatile, qu'elle laisse enfin s'échapper. Elle fixe le ciel, longtemps encore après que l'oiseau ait totalement disparu de sa vue. Un geste rageur vient rapidement balayer cette maudite larme qui coule sur sa joue et dans un grognement, elle se redresse, range plume et vélin dans sa besace et prend la direction de la forteresse de la Zoko. Il lui reste encore beaucoup à faire avant de partir, et s'occuper l'esprit pour ne plus penser à ce maudit gamin qui a pris bien plus de place dans sa vie qu'elle ne l'aurai voulu.
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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
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