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[RP] Le temps des lilas ...

Cali
Ah te v'là toi !! ça t'va bien dis donc l'espèce de latrine que t'as sur la tête !! mais enfin c'est pas là qu'ça s'met non plus !!

Voilà une voix qu'elle n'avait pas entendu depuis longtemps et dont elle reconnut la pointe d'accent.

- Hein? Latrine ?

Il faut croire que les paroles de Miana, jetées à la volée d'une voix amusée, furent le "sésame ouvre toi" tant attendu, la clé de sa liberté, le pied de biche de la porte inviolable, car d'un coup le casque partit sous une poussée, manquant de peu d'éborgner Sandino.
La tête de Cali émergea toute décoiffée, avec un air étonné.


- He bien voilà ce qu'il fallait dire ! Mia, mais quelle futée !!
Elle attrapa la taille de la roussette pour la faire tourner en riant, autant à la joie d'être délivrée de son fardeau que de revoir enfin son amie, et salua l'assemblée, allant embrasser aussi sa soeur Zézé, Paim et son guapo de beau frère.

- Tiens Sandino, je te laisse cette chose en cadeau. Tu n'as qu'à la mettre dans ton cabinet des curiosités là, avec une inscription " Suppositoire pour Dinosaure "!
Bon, alors où se trouve la future maman?


La médicastre ouvrit grands les yeux en découvrant Panperdu à genoux devant son Anya grimaçante de douleurs.

- Houla! Mais le travail a l'air bien avancé !

Cali s'aspergea le visage, redressa son chignon tout de travers, et se lava les mains. Avec une façon déconcertante elle passa de l'exubérance au sérieux, son visage soudain emprunt de gravité. La mécanique était bien huilée. Elle redevenait très vite médecin face à l'urgence. Toutefois sa voix était douce, mais ferme et rassurante quand elle s'adressa à la jeune femme alitée et à son compagnon.

- Tout va bien se passer Anya.
Pan ? Vous pourrez continuer à tenir la main de votre chère et tendre, mais je vais vous demander de vous placer derrière Anya afin de lui assurer une position semi-assise. Comme un dossier si vous préférez, et de lui masser les reins entre deux contractions.

Cali se tourna ensuite vers Miana et Zézé.

- Il faudrait préparer une table avec du linge propre, de l'eau chaude et un remontant.
Euh.. le remontant c'est pour moi hein. C'est une tradition! Un petit verre de vin derrière la soquette et c'est parti mon ki... enfin c'est bien parti quoi.


Pendant ce temps la jeune femme plaça un linge sur les jambes de la parturiente et apposa ses mains sur le ventre tendu pour vérifier la bonne position du bébé, ainsi qu'un examen plus poussé.

- He bien ça ne saurait plus tarder on dirait.
Anya? Ces douleurs sont terribles, mais dites vous bien que là à l'intérieur, votre bébé à chaque contraction fait aussi des efforts pour arriver à vous.
A chaque douleur que vous ressentirez, je veux que vous pensiez que c'est un pas de plus pour lui vers la délivrance. Vous l'aidez, il vous aide.
Accrochez-vous à cette idée.

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Chevalier de la Plume d'Or - Championne du Poitou - Eprise de son Pierrot-Yoyo
Paimbohe
Obsédé par la nourriture, Paimbohé ne pouvait pas voir une marmite sur le feu sans penser à éplucher deux ou trois oignons ni sans préparer un bouquet garni.
Déjà, la garniture aromatique était coupée ou ficelée qu'il allait la jeter dans l'eau frémissante quand :

Nom d'un escargot à poils durs ! C'est pas un pot au feu ! C'est un accouchement !

Bien vite, il retint son geste. En même temps, laver un bébé au court bouillon plutôt qu'à l'eau de fleur d'oranger ou de rose, le protégerait tout autant des miasmes et des insectes. M'enfin, quand les dames ont décidé quelque chose, faut pas les contrarier.

Çà bout ! J'vous la mets où ? Hurla-t-il.

Tout de même, une eau à si bonne température, aurait bien servi à cuire une tête de veau ou à confectionner une bonne blanquette d'agneau !

De dépit, et en attendant qu'on lui ordonne de poser le récipient bouillant là ou là, il se jeta une autre rasade d'eau de vie et demanda au sculpteur d'antidote contre les em..quiquinements néonatals s'il en voulait aussi.
Chacun son rôle, dans cette « kompania », mais fallait aussi que chacun ait assez d'huile dans sa lampe pour le jouer !
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Zeze5
On se serait cru quelques mois plus tôt, au bord de la mer. Ca hurlait de tout cotés. Les seules choses qui avaient changées étaient ... La femme qui allait enfanter ... L'homme à ses cotés ... La médicastre ... Le fait que l'action se passait en Poitou et non en Languedoc.

Zézé avait souvent vu sa soeur Cali en action, mais jamais pour donner la vie et encore moins casquée, comme elle était arrivée. Tout était en place, l'eau était chaude, le linge propre attendait, manquait que l'enfant ... le plus dur. Faut s'imaginer faire passer une corde de bateau à travers le chat d'une aiguille et voilà ce que pouvait être un accouchement.

Même si elle n'avait pas d'enfant, Zézé savait ce que pouvait ressentir Anya. Elle était passé par ces douleurs, il y a bien longtemps, mais le résultat avait été tout autre, l'enfant était mort-né.

Zézé tend un verre de vin Toscan à sa soeur.

- Toi Anya, tu en auras un après, sinon ton bébé aura l'accent italien et risque de gueuler toute sa vie !!!
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Anya.
Cali, Zézé, Miana ..... tout le réconfort des femmes entre elles, tout l'encouragement de voix amies ! comme un secret que seules les femmes connaissent et gardent jalousement du regard des hommes. Miana avait deux enfants .... pour Zézé, Anya savait, pour avoir eu l'oreille un peu indiscrète, qu'elle avait connu la douleur de mettre au monde un enfant mort-né et la brunette comprenait ce jour la souffrance que l'on devait en ressentir.

C'était un acte de femmes, depuis l'aube des temps, un acte où tout homme n'avait point sa place et pourtant ... pourtant, quand Pan vint s'asseoir près d'elle pour prendre sa main, que ses yeux vrillèrent les siens, ce fut comme si une sérénité sans fin descendait sur elle. La main broya l'autre, celle de son âme soeur, de celui qui lui était destiné depuis toujours ....
Citation:
Ça va aller, je suis là. Tout va bien se passer.

Une phrase banale, une phrase immortelle répétée par une ribambelle d'hommes depuis toujours. Une phrase qui ne voulait rien dire, mais qui disait tout justement .... tout le désarroi d'un homme désarmé devant la souffrance de la femme qu'il aime.
Citation:
Toi Anya, tu en auras un après, sinon ton bébé aura l'accent italien et risque de gueuler toute sa vie !!!

Anya émit un petit rire entre deux contractions qui ne dura pas. Son corps se contracta sous une douleur violente qui la ramena dans ce long couloir noir au moment où la petite fille qu'elle avait été s'arrêtait devant une immense porte ..... la porte de son destin.

La petite main se posa sur la haute poignée si haut placée que les petits pieds se haussèrent sur leur pointe, et que la petite, échappant de peu à la main de la domestique prête à l'attraper , poussa la lourde porte et entra vivement dans la chambre.

Dans l'ombre de la pièce, muette de peur, la main sur le nez devant l'odeur du lieu, les larmes séchées faisant des trainées sur ses joues, Anya contemplait le lit où elle distinguait une silhouette .... une silhouette si petite qu'elle eut l'impression que ce n'était pas lui, qu'elle voyait bien plus grand alors qu'il avait le même âge qu'elle ..... pourquoi tu restes dans le noir ? ça fait peur le noir !

La réponse ne vint pas et Anya s'était avancée jusqu'au lit et elle avait poussé un long hurlement devant le visage couvert de pustules immondes, devant les mains croisées sur le ventre, devant la bouche crispée et les yeux fermés de son frère, de son autre, de son double, de sa moitié, de son jumeau.

Le hurlement avait résonné dans la demeure et sa mère, arrivée en courant l'avait saisi dans ses bras, la ramenant, hurlante et à moitié inconsciente dans sa chambre.


La douleur reflua et son esprit repris pied une fois de plus dans la réalité, suffocante, transpirante et paniquée de revivre cette horreur. Quel but avait donc tout ceci .... pourquoi ?
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Sandino
…Dépendant du bon vouloir de la nature et des lumières de Cali, l’enfantement suivait son cour. On était inquiet mais pas outre mesure, chacun conscient de ce qui se jouait au-delà de l’arrivée d’un nouveau petit d’homme sur Terre.

De tout temps la naissance portait en elle crainte et espoir, accomplissement et nouveau départ, achèvement d’un cycle et commencement d’un autre, certes on oeuvrait pour l’espèce, à sa perpétuation, d’évidence l’homme partageait ce moyen avec le reste du vivant.

De tout cela Sandino qui avait terminé le talisman et observait le groupe en était affranchi, cependant il ne pouvait croire que les âmes qui s’incarnaient, l’étaient sous la seule pression d’un réflexe de survie de l’espèce. Ses croyances l’inclinait à penser que le mystère était bien plus épais, la vérité sur la naissance bien plus subtile.

C’est pourquoi comme on le fait chez les bohémiens pour qui l’arrivée d’un nouveau membre dans le clan revêtait une importance majeure, il se mit à chanter sitôt assis sur le toit du vago.


Petit d’ homme vient,
puis de sa vie fera des ricochets
Des tours sur lui-même,
des pas de coté,
des crochets

Petit d’ homme vient
Et plus tard…
petit d’homme fera de sa vie feu ardent
Flammes complexes venues du dedans

Petit d’ homme vient,
petit d’homme fait de sa vie un rocher
Par le burin du vague à l’âme éternellement écorché

Petit d’ homme, petit d’homme
fait de sa vie destin rêvé
Osant vivre ses rêves quand d’autres ne font qu’ y songer

Petit d’ homme, petit d’homme pourra faire de sa vie voie de raison
Oubliant que l’amour vit sous un autre horizon

Petit d’homme,
petit d’homme peut faire de sa vie bien des choses
Pour peu que fidèle à son âme, il persévère, il essaye, il ose…
Panperdu
Inlassablement, Panperdu épongeait le front de son aimée de sa main libre.

Les boissons réconfortantes avaient été distribuées à la ronde, Zézé préparait les linges propres et Miana vérifiait d'un œil inquisiteur que chacun était à sa place alors que Paim s'éclipsait discrètement pour soutenir moralement Sandino une fois sa tâche achevée.

Cali achevait de préparer Anya pour l'accouchement. Il aurait aimé afficher le même calme et la même sérénité qu'elle. L'habitude, l'expérience sans doute.

C'est alors qu'une mélodie commença à s'élever en provenance de l'extérieur. Il reconnut la voix inimitable de Sandino qui appelait le nouveau-né à les rejoindre dans ce monde.

Pan inspira un grand coup, retint son souffle, puis expira longuement.


- Allons, écoute Sandino, tu peux venir maintenant nous sommes prêts à t'accueillir.

Façon de parler bien sûr. Serait-il jamais prêt à être père ?

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Anya.
Que le chemin était long, ardu, cahoteux .... un chemin fait de la souffrance de l'enfantement bien sûr, mais aussi de souvenirs bien plus douloureux même si ils n'étaient pas physiques ceux là.

L'esprit d'Anya oscillait entre la réalité d'une litanie chantée d'une voix douce par Sandino, la voix inquiète de Pan qui parle au bébé et la vision de son frère mort .... sans bien comprendre pourquoi.

Mais la douleur se transforma en un poids dans son bassin et elle ouvrit les jambes instantanément, oubliant toute pudeur, l'instinct prenant le dessus sur la bienséance .
... le bébé pousse .... son regard paniqué capte celui de Cali et elle murmure ... j'ai peur !

Peur de quoi ? oh pas pour elle, même si elle mélange un peu tout à cet instant. La vie qu'elle est sur le point de donner, mais aussi la mort qui se rappelle à son souvenir et elle tremble ... serait ce donc un présage que son bébé ne vivra pas ? alors elle se rebelle contre le destin en criant de détresse, alors que son esprit s'évade encore une fois .... mais tout a changé et le couloir noir a disparu !

Le rêve s'installe .... le présage se réalise .... et elle marche dans une allée embaumée d'une haie de lilas mauves, la même allée qui les voyaient rire et jouer, son frère et elle, et son coeur bat à tout rompre, envahi d'un espoir fou. Elle marche d'un pas assuré sur ce chemin sans ornière aucune , elle marche vers une silhouette qui se dessine un peu plus loin et qui lui ressemble, et soudain Anya comprend ... et elle murmure en regardant Pan ... Amaury ! le lilas ...

Avant même que son enfant naisse, elle sait que ce sera un garçon et que dans ce petit être une partie d'Amaury vivra, comme une sorte de résurrection qui apaisera cette douleur latente dans le coeur d'Anya ... son enfant partagera cette petite once de l'esprit de son jumeau et Anya répète son nom, comme un cri de délivrance en poussant son enfant vers la vie ... Amaury !

Elle a compris, et désormais elle se bloque plus encore contre Pan qui la soutient, reprend totalement pied dans le moment présent et regarde Zézé entre deux poussées ... j'aurais droit à un verre ... et du fort !!!!!!!!!!!
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Miana
La gorge nouée d'émotion, la rousse épongeait de temps à autre le front d'Anya et ne pouvait s'empêcher de se rappeler sa douleur qui restait encore si fraîche dans son souvenir.

Elle se rappelait aussi la matrone qui l'avait aidée à accoucher et un sourire effleura ses lèvres. Elle était ce qu'elle était mais Miana l'aimait bien. Evidemment, ce n'était pas la même chose avec Cali, plus douce, plus souriante, enfin Cali quoi !!

Elle écouta la voix... enfin les couacs de Sandino qui poussait une jolie petite chansonnette bohémienne.

S'approchant légèrement d'Anya pour ne pas la gêner, parlant tout doucement contrairement à son habitude elle murmura


T'verras ma belle, ton p'tiot n'pourra être qu'heureux ! Comme moi t'as la chance d'avoir Sandino et Zézé, ils protègeront ton petit comme ils l'ont fait pour les miens. J'ai entièr'ment confiance en eux !
Pis quand tu l'verras, ce s'ra l'plus beau moment de ta vie !! crois moi, la douleur s'envolera aussitôt !
Enfin n'oublies pas hein ?? t'as dit si t'en as deux, tu m'en donnes un ! j'oublie pas moi !!


La rousse s'éloigna un peu, tout en restant très attentive aux réactions d'Anya.

Citation:
j'aurais droit à un verre ... et du fort !!!!!!!!!!!


Elle se tourna vers son Paim affairé à on ne savait quoi

Amour !! prépares vite quelqu'chose à boire à Anya !! va bien en avoir besoin !! l'arrive le p'tiot !!!
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Cali
La future maman avait l'air complètement affolé. Ce qui n'avait rien de nouveau vu que c'était son premier enfant. Par contre ce qui parut étrange à la médicastre, c'était le regard perdu d'Anya, comme deux petites fenêtres ouvertes sur un monde profond empli de terreur.
C'est alors que se produit un miracle. Comme si d'un coup toute peur s'éloignait avec l'arrivée d'une bande de petites fées bienveillantes.
La première eut le don certain de détendre l'atmosphère à sa façon. Ce qui était une des qualités de Zézé.


--Toi Anya, tu en auras un après, sinon ton bébé aura l'accent italien et risque de gueuler toute sa vie !!!

Cali manqua de s'étouffer en buvant une première gorgée du bon verre de vin que sa soeur venait de lui tendre, rigola un bon coup et vida, après s'être reprise,
le fameux verre traditionnel qui avait un bon goût de reviens-y.

La deuxième petite fée eut un effet des plus apaisant sur tout le monde. La tête légèrement penchée de côté, la brune écouta la petite ritournelle chantée d'une voix douce par Sandino.
La troisième se pencha, non pas sur le berceau, mais à l'oreille de la jeune femme, Mia trouvant les mots justes pour la rassurer, avec toujours cette petite pointe d'humour que ses proches lui connaissaient.
La quatrième .. ah celle ci était la fée farceuse, s'agitait avec une marmite d'eau bouillante, hésitant entre faire un pot-au-feu et un pot-au-marmot .


-Çà bout ! J'vous la mets où ?
- Sur la table Paim!!

Et enfin les deux dernières petites fées qui encadraient la future maman. L'une étant le doux compagnon d'Anya, qui par sa seule présence rassurante, aimante, avait le rôle du rocher contre qui se reposer. L'autre étant Cali , qui avait d'ailleurs intérêt à se manier si elle ne voulait se prendre dans les bras une expulsion de bébé digne d'un lancé dans un match de soule.

- Le bébé pousse..... j'ai peur..

Ce bref moment de peur chez Anya ne dura pas, la nature reprenant ses droits au point qu'elle insuffla à la jeune femme la force et la volonté de donner la vie.

- C'est le moment Anya. Jamais bébé ne fut autant entouré par des personnes aimantes, prêtes à l'accueillir.
Aller! Dés que vous sentez votre bébé pousser, aidez le.... poussez Anya! Poussez... poussez..... Hop on s'arrête... respirez doucement, longuement.
A la prochaine contraction vous poussez à nouveau!

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Chevalier de la Plume d'Or - Championne du Poitou - Eprise de son Pierrot-Yoyo
Paimbohe
La marmite d'eau chaude avait été posée sur la table, le godet d'eau de vie, rempli pour lorsque Anya aurait rempli son rôle... Sauf que comme çà n'avançait pas assez vite au goût de Paimbohé, il préféra le vider dans son gosier plutôt que la boisson ne se gâte ou qu'elle soit malencontreusement renversée.
C'est ainsi éméché, que, entendant les souffrances de la future maman, Le bonhomme tenta d'aider son amie.
Entre deux « hips », il attrapa le luth vermoulu et commença une polka endiablée.

Il faut pousser pour faire bouger la charrette,
Il faut pousser le pied dans la chaussette,
Il faut pousser, la porte pour entrer,
Il faut pousser la table pour danser...

Pousse pousse donc la belle,
Pousse pousse pousse
Tu verras çà va aller !

Il faut pousser Mémère dans les orties,
Il faut pousser l'allure pour arriver
Il faut pousser les portes du paradis
Il faut pousser ses pion sur le damier

Pousse pousse donc la belle,
Pousse pousse pousse
Tu verras çà va aller !

Il faut pousser, le bouchon assez loin
Il faut pousser les belles dans le foin
Il faut pousser, les amis à rester
Il faut pousser, la voix pour bien chanter.

Pousse pousse donc la belle,
Pousse pousse pousse
Tu verras çà va aller !

Allez tous ensemble !

Pousse pousse donc la belle,
Pousse pousse pousse
Tu verras çà va aller !


Bizarre, ces regards noirs qui le transperçaient ! C'était heureux pour lui que les dames n'aient eu que des yeux plutôt que des arbalètes ! A l'heure qu'il est, il serait épinglé comme les médailles sur le poitrail d'un vieux capitaine ayant connu les guerre de Bretagne, d'Anjou, de Touraine, du Berry, de Provence, de Genève, d'Artois, d'Espagne et d'autres encore.

Bon, bon ! Je sors ! "Hips!"Dit-il en s'éclipsant !
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Miana
Miana surveillait du coin de l'oeil son Paim et lorsqu'il se mit à pousser sa chanson parsemée de hoquets, elle lui fit les gros yeux et un signe de la main éloquent.

Retenant son fou rire pour ne pas le pousser à continuer, elle s'assit en tailleur, les deux bras écartés, son pouce et son index formant un O, posture que lui avait appris un vieux sage, et se mit elle aussi à fredonner....



C'est fou c'que tu m'fais peur mon petit bout de vie
Appuyé sur mon coeur courageusement blotti
T'as ancré dans ma chair ton fragile rafiot
Moi j't'envoie mes rivières et j'te secoue d'sanglots
J'ai peur que tu décroches j'ai peur que tu dérives
Mais plus je te sens proche et plus que j'ai peur qu't'arrives
C'est fou c'que tu m'fais peur avec ton grand mystère
J't'endends déjà qui pleure j'me vois déjà m'en faire.

J'voudrais voir ton visage j'te voudrais déjà grand
J'te voudrais déjà sage et déjà éloquent
J'ai peur de ton language cousu de cris divers
Que j'devrai comme toutes les mères décoder sans relâche.

C'est fou c'que tu m'fais peur mon silencieux copain
Planté comme une fleur dans mon précieux jardin
Cet espace de chair sans roses ni jonquilles
Réservé au p'tit frère de ma jolie grande fille.

J'ai peur de ce regard que tu poseras sur moi
Quand pour la première fois j'te tiendrai dans mes bras
J'ai peur de ton soleil j'ai peur de j'ter de l'ombre
Sur ton premier premier réveil avec mes humeurs sombres

C'est fou c'que j'me fais peur je crie je m'impatiente
Je porte tant de bonheur que ca m'fait mal au ventre
Je me ronge les pouces et la panique me frôle
Quand j'pense à ta frimousse juchée sur mon épaule

Donne moi du courage je devienrais plus grande
Les femmes sont plus sages chaque fois qu'elles enfantent
J'écouterais ton language cousu de cris d'enfants
Et comme le font toutes les mères j'y décoderais maman !!




Et on rend à César ce qui appartient à Linda n'est-ce pas ! Donc tout texte cité pour partie ou dans son intégralité se doit de voir son auteur mentionné : ici Linda Lemay pour la chanson J'voudrais voir ton visage. Merci d'y penser pour la prochaine fois... Bon jeu à tous !
{l'Epineuse}

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Anya.
Citation:
poussez Anya! Poussez... poussez.

Rouge comme une pivoine, Anya y mettait du coeur et si ce n'était ce mal de chien qui lui broyait le corps, elle aurait souri ! son esprit avait repris pied dans une réalité douloureuse, mais désormais la petite brune n'avait plus peur ...

Entourée de personnes aimantes , oh oui elle l'était ! l'amour de sa vie la soutenait, lui insufflant l'envie de continuer, de ne pas abandonner si près du but et ses amis l'encourageaient par des mots qui lui parvenaient dans un imbroglio de sentiments divers .... des phrases qui la faisaient soit tordre du nez .... Il faut pousser les belles dans le foin ... quand on voyait où ça les menaient les belles un beau jour ... les jambes ouvertes à hurler une souffrance qui punissait les cris de plaisir des "batifoleries" dans le foin. et entre deux poussées elle se rebella contre la voix hoquetante de Paim ... bien une phrase d'homme ça tiens ! ... tout en songeant que personne ne comprendrait.

Mais la voix de Miana, si douce qu'elle en fut étonnée, remplaça celle de Paim et Anya se sentit fondre de tendresse ..C'est fou c'que tu m'fais peur mon petit bout de vie ....C'est fou c'que tu m'fais peur avec ton grand mystère !

La naissance est un mystère qui ressemble à un miracle ! et c'est un recommencement éternel depuis l'aube de l'humanité !

Mais il n'était plus temps de laisser divaguer ses pensées, une douleur plus forte que les autres la fit hurler et ce fut comme une porte de son corps qui s'ouvrait dans une violence inouïe et elle sentit la tête de son enfant faire son entrée dans ce monde ..... et elle broya bien plus encore la main de Pan, sans se rendre compte que ses ongles s'étaient enfoncés dans la chair de sa paume .... mais après tout ce n'était rien par rapport à ce qu'elle subissait n'est ce pas ?
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Sandino
.
…Le petit d’homme se décidait finalement à faire son entrée dans le monde.

Quant à savoir si c’était sa voix de fausset qui en avait précipité l’arrivée ou celles des autres, ou la nature, ou la combinaison des deux, ou bien encore pour la raison première qu’il était temps, Sandino n’en avait cure. La seule pensée qui l’avait assailli au moment du dénouement avait été celle de saluer comme les autres le prodige de la vie qui s’incarnait dans le nouveau né.


- Té avès bartalo chavo* !! Avait-il lancé du haut de son perchoir

Redescendu à l’intérieur du vago, le bohémien après avoir ramassé le talisman promis à tous les nouveaux nés du clan avait rejoint Pan pour le lui donner.



- Paniji !! attache ça au-dessus du coude de ton fils avant de dévoiler son nom à tout le monde.

Ainsi Sandino perpétuait la tradition des anciens, celle des Pères des bohémiens, des sédentaires de l’hindoustani enlevés et déportés en Perse, devenus plus tard nomades et sans terre.



* Que tu viennes heureux garçon
Panperdu
Pan n'avait pas quitté des yeux Anya pendant tout le travail, sa gorge se serrant à chaque fois qu'elle poussait un cri en poussant avant de se laisser aller pour respirer entre deux tentatives.

- Ça vient, encore un effort.

Sans s'en rendre compte Pan retenait sa respiration, c'est qu'il avait l'impression qu'on lui récitait un cours d'anatomie : la tête, puis l'épaule... alouette ! Au moins tout semblait se dérouler comme prévu d'après ces dames, mais pitié qu'on en finisse !

Et puis ce fut la délivrance tandis qu'Anya se laissait retomber sur la couche improvisée et Pan osa regarder vers l'endroit où l'objet de tant de désir et de souffrance à la fois venait de faire enfin son apparition dans le monde. Mauvaise idée.

Pendant qu'on ôtait de la vue les restes du placenta, déjà on toilettait rapidement la chose informe qui poussait ses premiers cris - enfin, ce qui y ressemblait, on aurait dit une sorte de miaulement - avant de la placer sur le ventre de sa mère. Qui a dit qu'un nouveau-né c'était beau ? Violet, à moitié fripé, une touffe qui collait à la tête, encore attaché par son cordon auquel on s'affairait à faire les nœuds à l'endroit où il serait coupé...

Sandino lui présenta son amulette qu'il attacha maladroitement au-dessus du coude comme il le lui avait demandé. Le bras était si petit !
Et puis une toute petite main emprisonna son index qu'il n'osa pas retirer avant de le fixer de ses petits yeux sombres. Le braillement s'éteignit et il resta quelques secondes à fixer la chose qui le dévisageait en retour. Le bébé. Premier échange muet entre le père et son enfant.

- Bienvenu dans le monde... Amaury... mon fils.

C'était beau un bébé...
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Cali
Si elle n'avait pas été certaine que seule Anya accouchait, Cali aurait sûrement pensé que les poussées pour mener le petit bout à la vie étaient collectives. Paim et Mia, qui avaient déjà traversé cette épreuve , accompagnaient la primipare de leurs mots et aides précieuses.
Concentrée sur le travail d'accompagnement qui lui était demandé, la médicastre n'en demeurait pas moins touchée par l'esprit qui unissait la petite troupe d'amis autour de la future mère.


- Vous y êtres presque Anya... respirez bien, je dégage une épaule, et surtout ne poussez plus!

Quelques gestes précis pour faciliter le passage délicat...

- C'est bon! Prochaine contraction.... aller! Poussez! Poussez... poussez... Il arrive! C'est bientôt fini.

En quelque poussées, le nouveau né fit son entrée dans le monde, saluant ses efforts pour aspirer la vie par des petits cris de chaton tout mouillé. Cali leva les yeux vers Anya pour vérifier son état et sourit en présentant aux nouveaux parents leur enfant.

- Un beau garçon plein de vigueur! Je vous l'enlève juste un instant Anya.

La médiscatre emporta le petit d'homme guère loin pour le déposer sur des linges affrétés par Zézé et Mia. Le temps de désobstruer les voix respiratoires, vérifier après examen que tout allait bien. L'eau avait eu le temps de baisser en température sinon c'est une écrevisse qu'elle leur aurait rendu. Après avoir vérifié avec son coude la chaleur de l'eau, Cali lava le petit et l'emmaillota, non sans avoir noué un lien serré sur le cordon ombilical .
L'enfant fut déposé sur le ventre de sa mère et fut ornementé de la traditionnelle amulette préparée par Sandino pour les nouveaux nés du clan, agrippant déjà par réflexe le doigt de son père. Cali, en souriant, présenta un fin stylet au père qui énonçait le nom du petit.


- Amaury? Quel joli nom. Il me fait penser à Amour.
Hep papa, à vous de travailler maintenant en finissant de couper ce qui unissait votre enfant au ventre de sa mère. Symboliquement, par votre geste, vous allez créer une autre sorte de lien entre vous trois.

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Chevalier de la Plume d'Or - Championne du Poitou - Eprise de son Pierrot-Yoyo
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