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[RP] Echange pas très standard

Gypsi
[Là tout n'est qu'ORDRE, beauté,
Luxe Calme et Volupté...]

Charles Baudelaire

Le vieux et drôle de trio prenait place dans la ville de Chambéry. Deux brunes, un brun assis sur un tabouret jouait aux cartes mais... Non, on va s'arrêter là. Pas de colère, pas de torgnole dans la tronche. Gypsi avec sa plus grande amie, qu'elle considère comme sa soeur jumelle tant on leur a dit qu'elles se ressemblaient, et le berger, soit l'homme a qui elle tient le plus. Sauf que... une certaine distance régnait entre Gypsi et Sulfura. Drôle d'histoire. Sulfura voulait qu'elle quitte Steph pour se remettre avec Exaël qui était parti, et l'avait quitté - dans le fond - pour se mettre en couple avec une autre jeune femme prénommée Kem. Bref, comme dirait une autre amie de Gypsi, c'était le gros "Berdol". Et Gypsi au milieu de tout ce berdol était perdue. Elle aimait Exaël, elle ne s'en cachait pas. Mais elle avait mal. Elle avait peur et surtout elle n'avait plus confiance. Ils se ressemblaient trop. Elle tenait énormément à Steph. Mais son amie faisait tout pour lui démontrer par A + B - C qu'elle n'était pas faite pour lui. Que son véritable amour était Exaël. Qu'ils faisaient une bêtise. Qu'ils se faisaient du mal pour rien. Et qu'elle utilisait le pauvre barbichu.

Ils s'installaient dans une vieille auberge un peu branlante, un peu sale, un peu pauvre, un peu vieille - non ce n'était pas du luxe mais au milieu de nulle part ils avaient déjà eu la chance d'en trouver une. Gyps tira une chaise dont un pied semblait vraisemblablement plus court et alla la placer devant la fenêtre. Le soir tombait lentement, et elle laissait autant que possible son berger et la belle brune se retrouver. Affalée contre sa chaise, qui bougeotait au moindre petit geste trop appuyé, et berçait ou réveillait alternativement, elle regardait les étoiles, en cogitant. Steph, Exa ? Exa, Steph ? Ni l'un ni l'autre ? Faire plaisir à Sulfura ? Ou protéger son barbichu ? Se venger ou pardonner au jeune Albert ? Autant de dilemmes sans réponse. Le noir envahissait peu à peu la pièce. Et ses pensées. Gyps s'affaissait de plus en plus sur sa chaise. Avachie. Un murmure s'échappa de ses lèvres :


Tu me manques barbichu... Tout est plus simple quand tu es là...

Gypsi est alors enveloppée de la nuit. Toujours sur sa chaise, devant la fenêtre. Rien ne se passe. Le temps semble s'être arrêté. Derrière elle la porte s'ouvre. Mais le silence reste entier. Une silhouette entre. Et magiquement la brune se tourne pour la découvrir. Une lente remontée des pieds vers le visage. Un corps magnifique, bien vêtu, bien sculpté. Un pas tranquille mais assuré. De belles mains. Un visage qui reste un peu flou... Gypsi se lève, sans quitter des yeux cette superbe silhouette. Un clignement d'oeil plus tard, et elle se retrouve dans les bras de cette silhouette. Un homme. Ses bras se referment autour de lui. Elle hume son parfum. Le sourire se dessine sur ses lèvres. Lui, ou son incarnation. Steph. Il est là. Dans cette chambre miteuse qui ne le paraît plus totalement. Tout recouvre soudain une beauté cachée. Le sol paraît plus propre, la pièce plus lumineuse comme si les rayons de lune venait éclairé les deux corps enlacés. Le monde semble vide. Il n'y a plus que cette chambre, et ces deux corps. Lentement les visages se reculent, les lèvres se joignent, le baiser est échangé, se propage en long frisson le long de l'échine de Gypsi. Elle sourit. Romantisme niais quand tu nous tiens...
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Stephazur73
Ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière
(Charles Baudelaire)


Nuée qui se dissipe. La dernière image qu’il avait eu d’elle était celle de sa Brebis s’enfonçant dans la nuit noire, emmenée sur un chemin qui l’éloignait de lui, il ne savait pour combien de temps, il ne savait pour où, précisément.

Tout le reste avait été comme une parenthèse floue dans le rythme de la vie… Il s’était certainement passé tellement de choses, mais elles étaient comme enveloppées dans une ouate épaisse qui avait atténué jusqu’à leurs effets. Leur réalité.

Elle était partie, à la faveur de la nuit, comme une barque noire s’échappe sur l’onde nocturne, se confondant peu à peu avec un sombre horizon qui semble si éloigné du petit matin…

Lui était là, comme s’il était resté sur une plage silencieuse et déserte, scrutant ce point qui allait se rétrécissant, jusqu’à devenir un pointillé sur une page humide.

Il s’était réveillé… « Le matin suivant, de peur que tu ne me trouves laid, je me suis réveillé en tremblant, couché dans ce sable. Mais bientôt tes yeux ont dit que non, et le soleil a pénétré dans mon cœur. J’ai vu ensuite, dans une roche en croix, toi, ce bateau noir, dansant dans la lumière. J’ai vu ton bras faire signe, entre les voiles déjà déliées, et les vieilles du village, qui disaient que tu ne reviendrais pas… Mais elles sont folles… elles sont folles… Je sais mon amour, que tu n’es pas partie, car tout alentour me dit que tu es toujours avec moi. Le vent qui lance le sable sur les verres, l’eau qui chante sur le feu mourant, la chaleur de notre couche…

Dans mon cœur tu es toujours avec moi, je sais mon amour que tu n’es pas partie »
(*)

Il avait tellement pensé à ce moment, où il la reverrait. Quels mots échangeraient-ils, quels gestes ? Passion enflammée, ou bien étreinte délicate pour savourer le moment tant rêvé ?

Finalement ce moment aurait lieu, peu importe la manière…

Nuée qui se dissipe… Comme apparaissant de nulle part à travers d’épais nuages sombres habillés de nuit, Steph regarde autour de lui cette chambre qui n’en porte que le nom. Mais au-delà de l’endroit où il se trouve et qu’il découvre, c’est Elle qui compte.

Sa Brebis, Sa Gypsi. Elle est là, par le biais d’on ne sait quel enchantement. Peu importe l’enchanteur pourvu qu’on ait l’ivresse, il se fond dans ses bras lentement, l’étreignant intensément comme s’il pouvait retenir la nuit. La nuit dont elle était l’actrice principale, l’Etoile qui éclaire le chemin, l’unique objectif de son existence.

Nuée qui se dissipe…. Là où la nuit était froide et fragile, la chaleur de sa présence, la douceur de sa peau sont autant de certitudes qui s’insinuent dans son esprit encore agité d’incompréhensions, de pensées contradictoires, d’impressions inexplicables tant elles semblent n’avoir ni sens, ni raison. Tout ce qu’il sait, c’est qu’elle est là. Devant lui, et que ce moment qu’il appelait de ses vœux chaque nuit, il est en train de se réaliser. L’aimer tout simplement, mais résolument. Ouvrir son cœur tout grand.

Nuée qui se dissipe… en attendant qu’une autre vienne les envelopper les draper d’une soie délicate, celle d’un moment privilégié pour deux âmes qui se retrouvent, peu importe la manière…


(*) Amalia Rodrigues, Barco Negro
Exael
L'amour reste souvent un sentiment magique et mystérieux pour la plupart d'entre nous. Il peut parfois surgir et se découvrir soudainement et même brutalement dans le feu d'une rencontre. Il peut s'éprouver se ressentir et se développer plus lentement, plus subtilement, dans les étonnements et les prolongements d'une relation. Il va rarement se dire, comme si les émotions, l'incroyable variété des émois qui s'y rattachent, ne trouvaient pas suffisamment d'espace et de liberté dans la caresse d'une expression, dans le corps trop rétréci d'un mot, dans l'improvisation ou la spontanéité fragile d'une phrase. L'amour va surtout se vivre, mais s'écrire le plus souvent pour pouvoir se dire.

Dans l’ombre de tes rêves.


Croire aux anges n’avait rien d’illusoire mais lui en était-ce un ?

Nul ne savait ce qu’il adviendrait de la brebis, elle était perdue, embarquée dans une lutte de pouvoir, une lutte acharnée ou se battaient haine bonheur et sentiments. Le sommeil n’apportait pas les réponses, simplement il créait des situations plus ou moins causasses, loufoques …ou s’abandonnaient les acteurs de toute ses émotions que notre gitane connaissait.

La lune était resplendissante ce soir la mais elle n’illuminait qu’un seul et même chemin. Au lointain on pouvait apercevoir un cheval blanc avançait, se rapprochant lentement, puis à chaque battement de son cœur elle découvrait davantage. Un ange montait l’animal on ne distinguait pas encore sa tête. Il était complètement nu le corps parfait, si parfaitement sculpté sans doute forgé par le très haut en personne.

Ses ailes étaient immenses et à quelques mètres de lui la Brebis le figeait.
Un dernier effort , tout petit …et la question pouvait avoir enfin sa réponse. Au fond d’elle , elle le savait mais …les doutes étaient malgré tout la pour éblouir , flouter ce visage qu’elle connaissait pourtant par cœur. Elle ferma les yeux puis les rouvrit et découvrit le visage de L’Exaellisme en personne.


Gypsi devint au même moment une véritable brebis qu’on aurait pu appeler Dolly …(dsl je commence à délirer) elle le fixa et ajouta en bêlant , oui ça avait tellement plus de gueule que si elle avait parlé normalement.

« Bééééhéééé non pas lui pas encore non Béééééhéééé pas possible tu vas encore t’enfuir ? Bééééééhéééééé comme tu le fais toujours ? »

Les ailes de l’ange Exaël disparurent et deux petites cornes sortirent de sa si belle trogne puis sa peau devint rouge, un ange démoniaque .A ce moment là on aurait pu le nommé DarK Momolle du fait qu’il parlait mollement.

C’est…….Moi………Oui……..je…….suis……la……..Brebis……et……tu……sais….pourquoi …..je…..viens……..


Elle ouvrit ses yeux en grand ce changement si soudain bien qu’elle était habitué la c’était quand même assez fort…

Berdol …..Bééééééééééhééééééé tu vas encore me faire du mal…..

Exaël sourit et ajouta.

Non…….Je……viens…..simplement……réclamer……la....betterave…..que…..tu….me…..dois


Elle se mit à rire, elle retrouvait son Exa qui ne pouvait être trop longtemps sérieux elle se précipita sur lui et lui la couvrit de baisers. Ils furent alors téléportés dans un lit , reprenant leur aspect respectif…La nuit fut agitée . Mais il était temps qu’il disparaisse pour qu’elle découvre la suite du songe qui risquerait de durer encore un long moment.

Bonne nuit !
Domenika
Kem était une jeune femme aux longs cheveux noirs, aux yeux noirs légèrement bridés. Elle avait passé la soirée en taverne, à parler à des personnes, dont elle ne retenait pas les noms. Elle cherchait frénétiquement ... à oublier son stress. Il venait la voir à son appel. Pour parler. Le stress montait. Comme lui avait appris Akira, elle s’assied en tailleur, et commença à méditer.

Elle se concentrait sur le nature, les bruits qu’elle entendait. Elle arrivait enfin à faire le kaï, à fondre sa conscience, à faire partie du monde qui l’entourait. C’est ainsi que l’on entrait sur la route des rêves... Que verrait-elle, qui verrait elle, cette fois?


Rêver d'être ailleurs qu'ici. Être ailleurs...

Le monde des rêves était plongé dans une sorte de brouillard. Quelqu’un était avec elle, elle sentait aussi d’autres présences, d'autres personnes. Un, en particulier, s’approchait. Encore flou, car sur la route des rêves, rien n’avait de réelle substance...

Elle sourit en le le reconnaissant. Il s'approchait, Exael. Son Bibou, son renard. La louve et le renard, se tournaient autour, se flairaient, se mordillaient les flancs. Chacun, petit à petit, repris un corps à peu près humain. Qu'il était bon de pouvoir se retrouver, même si c'était de manière onirique, sur la route des rêves... C'était toujours ça de pris sur le réel.

Elle sentait la chaleur monter aux joues, la chaleur embraser son coeur, son corps et son esprit, tandis qu’ils s’approchaient l’un de l’autre. Toujours plus près. Une caresse sur la joue, qui descend le long de l’échine. Et les corps s’approchaient, toujours plus près, une proximité sans cesse réduite. Jusqu’à ce qu’ils ne forment plus qu'un, qu’ils se confondent, se mêlant l’un à l’autre. La fusion semblait presque totale, presque. Ainsi était la route des rêves.

Le bonheur était total, elle oubliait tout, s'oubliait, oubliait ses peurs, ses colères. Il était lui, elle était elle, rien d'autre n'importait... Ils étaient ensemble, heureux, complet. C'était cela, elle se sentait ... complète.

Je suis à toi, tu es à moi ... , murmura t-elle au creux de son oreille. Un ultime baiser, plein de tendresse, une ultime caresse, la main caressant sa joue piquetée de ... barbe??


Le rêve du pêcheur, laurent Voulzy

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Stephazur73
Je suis à toi, tu es à moi…

La voix était comme déformée par un écho étrange. Sans doute, un effet de cette nuit si lourde et si profonde, si particulière aussi.

Il sentait sa main frôler son visage, fermant les yeux pour savourer cet instant suspendu. La nuée ne se dissipait pas complètement, mais il s’en moquait. Enveloppé de cet onirisme délicat, il aurait pu s’y lover, toute la vie durant.

Ouvrant doucement les yeux, retrouvant une sérénité qui l’avait quittée, un soir sur un chemin, il esquissa un sourire qui se figea soudain, alors que son visage s’immisçait dans son cou pour une énième étreinte.

Oh ma breb…. Les mots restaient coinçés dans son palais, une longue queue épaisse avait-elle poussé pendant dans ce voyage ? Comment cela pourrait-il être possible, la brouve était lebis, non, la brêve était loubis… Bref… Ce n’était pas exactement sa Gyps qu’il serrait délicatement, comme on serre un oreiller une nuit où les rêves se font intenses. Elle avait un regard davantage en amande, une expresion différente…

Certes, une douceur agréable se dégageait de cet instant… mais comment dire ? Détournant la tête quelques instants, il glissa un mot à son ami imaginaire Flippo, qui le suivait partout (mais qui à cet instant, il l’avait promis, avait tourné la tête… quand même… un peu d’intimité, que diable…).

Il marmonna entre ses lèvres, se voulant le plus discret possible : « C’est Gyps ? Elle est… pas pareil. Mais j’ose pas dire quelqu’chose, elle va dire que j’la reconnais plus depuis qu’elle est partie. Dis Flippo, tu crois que j’joue du chapeau ? ».

Flippo haussa les épaules, n’osant se retourner sur l’ébat, se contentant d’une réponse philosophale (il était comme ça, il faisait souvent de la Flipposophie : « Si au matin tu étreins une brebis, et qu’au soir tu caresses une louve, c’est qu’t’es mal »).

Disparaissant soudainement dans une fumée comme sorti d’un mauvais tour de magie, Steph resta ainsi seul avec elle, le cœur battant, ne sachant s’il fallait l’aimer plus avant, ou bien laisser la nuit apporter ses réponses.

Et il se rappela, qu’il était une fois, qu’il avait rêvé d’elle, mais n’avait rien fait pour ça…
Gypsi
Bêêêh c'est quoi ce Mêêêrdol ?!

Dans ses bras, le rêve paraissait merveilleux. Simple, niais pour certain. Tout simplement merveilleux. Profiter de ses bras à distance, sentir la douceur de ses lèvres, l'étreindre à nouveau. Fermer les yeux pour savourer l'instant. Les rouvrir une seconde plus tard, tenant sa main dans la sienne, et découvrir que le lieu n'est plus le même. Une plaine. Un cheval blanc monté par un Appolon vivant apparaissait au loin. Les yeux clignent. Le regard se porte sur l'homme dont elle tient la main, avant de retourner, captivée, sur cet homme nu et sa monture. Elle attend qu'il avance, pour le reconnaître, distinguer son visage, quand bien même le corps lui seul pourrait lui avouer de qui il s'agit. Et soudain l'Apolon descend de son cheval, et avance vers elle. Stupeur. Exaël. Oui, elle le reconnaît. Et elle veut fuir. Elle se tourne vers l'homme à qui elle tient toujours la main. Et tout devient flou. Exaël se tient à la place où se trouvait Steph. Gyps lâche alors la main qu'elle tenait. Et elle n'a pas le temps de se tourner pour voir si Exaël se démultiplie qu'elle se transforme en brebis.

Et voilà qu'elle parle, qu'elle bêle. Que tout part en cacahuèèètes ! Ou plutôt ça part en betterave vraisemblablement. Finalement la brebis rit. Et la brebis redevient femme et envahie par le plaisir de le revoir - de le revoir tel qu'elle l'avait aimé. Et la femme lui saute dans les bras. Lui tombe dans les bras. Et les baisers s'échangent. Le lieu se floute, change à nouveau. Le décor redevient celui de la chambre. Mais une chambre différente. Plus... Grande. Un lit immense. Et en un instant le couple est allongé. Elle ne pense à rien la brune. C'est une situation si familière. Lui, elle, dans un lit, enlacés. A s'embrasser, se froler, s'enlacer, se délacer pour mieux se rejoindre. ça s'agite, l'empreinte des corps est visible sur le lit... Et puis... Ils sont debout. Après une parole étrange, Exaël disparaît sans plus de cérémonie que ça...

La brune déambule alors, sortant de la chambre et se retrouvant directement dans des rues désertes et inconnues. Elle marche en silence, regardant un peu partout, ne mémorisant rien, jusqu'à ce que... les bâtiment disparaissent, se transformant en arbre.
"J´ai vu des dauphins nager dans un ciel de coton
Où des fleurs volaient caressant l´horizon
J´ai vu des arbres pousser remplaçant les maisons
J´ai vu au fond de l´eau une nuée d´hirondelles"*
Oui parce qu'à force de regarder à droite, à gauche, par terre, puis en l'air, de drôles de visions prennent vie sous les yeux émerveillés de la gitane. Tout semble beau, calme, apaisant. C'est le Paradis. Bienvenue au Pays des Bisounours ! Oui mais elle est seule. Et il n'y a actuellement personne pour lui faire des "p'tits bisouuuus". Le rêve part en vrille. Si la brebis devient une adepte des bisounourseries... Oui mais elle ne contrôle pas. Et soudain, les visions disparaissent. Une plaine lui fait face.

Et là, au milieu de cette drôle de plaine entourés d'arbres gigantesques... Son barbichu dans les bras d'une femme. Une autre. Kem à n'en point douter. La brebis redevenant brebis pour passer plus inaperçu - ne chercher pas la logique - observe la drôle de scène. Ils sont trois. Un drôle de petit bonhomme, dos tourné à la scène et complétement flou. Elle ne voit que des tâches de couleur qui se mélangent pour donner ce qui ressemble a priori à un homme. Ensuite, enlacé, un homme qu'elle reconnaît sans soucis. Lui. Dans les bras d'une femme... Brune. Le visage reste cachée. Elle ne voit que la bruneur des cheveux. Cheveux qui paraissent soyeux. Et la beauté de sa silhouette, collé contre Steph. La brebis bêle à la lune. Parce que même s'il fait jour en pleine nuit, et bien c'est La nuit justement ! Donc il y a la lune ! Et donc, la brebis hurle à la lune. Mais la lune s'en fout.

Et soudain, les poings se serrent. Elle est redevenu la brune...Et elle s'approche du couple qui n'en ai pas un. C'est un cauchemar. Elle s'approche pour éclaircir toute cette histoire, mettre son poing dans la tête de cette brune... Mais une main vient enlacer son poignet avec douceur, la retenant. Volte face. Et Exaël est de nouveau là, qui lui sourit avec tendresse. Et la brebis perd la boussole. Sa tête fait un droit-gauche incessant. Malgré tout, elle se retrouve encerclée dans les bras de l'Appolon. Et côte à côte à l'autre couple. Echange ? Pas très standard c'est bien ça ? Effectivement ! Tellement que la bohémienne ne maîtrise plus rien. Elle agit, et parle, embrasse, observe, sans s'en rendre compte. Sans pouvoir réagir.

Et sur sa chaise, Gypsi endormie s'agite comme un beau diable murmurant des "Non" répétitifs et plaintifs tandis que dans son rêve elle semble dire des "Oui" presque jouissif. Hum, inconscience ! douce inconscience !

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Domenika
I am He as You are He as You are Me and we are all together... / Je suis Lui comme Tu es Lui comme Tu es Moi et Nous sommes tous ensemble ....

Barbu.
Barbu.
Barbu !!!!!??? Berdol! Qui est-il? Qui? Où est Exa? Où??? Un frisson d'angoisse traverse Kem. Elle croit percevoir quelques murmures, déformés, répétés, amplifiés dans la tempête qui s'annonce:

ma Gyps... Brebis... Louve... Mal.

Le vent se lève. Deux silhouettes floues apparaissent à côté d'eux. Une brebis, un bouc. Non, un renard. Un boucrenard. Exa, avec une brune. Enlacés. Tandis qu'elle murmure des: oui, oui, jouissifs...

Exa...Souffrance, larmes sanglantes, d'un violet verdâtre. Et la louve hurla, un cri terrible, perçant, déchirant les limbes de la route des rêves. Coup de tonnerre, tremblement de terre, tandis que le cri se répercute à l'infini.
Un instant, la louve se dévoile, une petite femme aux yeux en amande, aux très longs cheveux noirs soulevés par la tempête. Un faucon pèlerin apparu, picora les lèvres de la femme et s'envola à tire d'ailes. L'air brûlant trembla, se troubla, la louve se dédoubla. Et Kem quitta cet endroit de la route des rêves, diaphane, blessée. Emportée dans les airs, sur les ailes du faucon millénium.

Reste... La louve. Et la louve gronda, montre les dents. Prédatrice. Elle passa un doigt sur la joue de la femme-brebis, de la brebis-gitane, non, pas un doigt, une griffe de louve, et planta ses pupilles non plus noires mais bleu acier-rouge de rage, de louve sauvage, dans les prunelles sombres de la gitane. L'acier incandescent se fit coupant, blessant, impitoyable. Ainsi que le rire.


Regarde.

Un ordre. Le sourire carnassier. Promesse douce amère, amère brûlante, brûlante explosive.

Le rêve n'est pas fini, ma chérie. Regarde.

Et la louve se fit femme, magnifique et irrésistible. Elle s'approcha du barbichu, prédatrice, séductrice, sensuelle, tentatrice. La louve incarnée en femme, effleura les lèvres de l'homme, effleura son corps onirique, le touchant dans son âme. La louve savait parfaitement quoi faire pour lui faire perdre la tête. Qui d'ailleurs se détache et tombe, roule dans la poussière. Elle l'enveloppa de ses bras, de ses cheveux noirs soyeux. Prisonnier. Immense, elle le prit dans l'étau de ses yeux de biche. Des yeux kaléidoscopiques. L'enlaça, l'embrassa sans lui laisser de répit.
Ultime arme de destruction massive, la louve se fit brebis, pour achever de tromper l'homme. Sauf aux yeux de la vraie brebis, impuissante... Elle lui commanda, ordonna, péremptoire, impitoyable, murmure hurlé dans le vent.


Succombe.

Et leurs corps fusionnèrent, mouvement implacable, délicieuse langueur, délicieuses caresses, jusqu'au point culminant où la lune occulta le soleil. Éclipse totale. Noirceur éclatante. Ainsi va la route des rêves.

Pendant ce temps là, plus loin dans le brouillard, la douce biche, l'autre incarnation de Kem, observait la louve et son manège, alors qu'elle se mêlait au barbichu, devant une brebis impuissante. Les sourcils froncés, les bras croisés, aux côtés d'Akira, sous les traits d'un faucon pèlerin, posé sur son échine, et d'un étrange petit bonhomme, flippesque.
Autour d'eux, la route des rêves, les mandariniers et un ciel de marmelade, des fleurs de cellophane, jaunes et vertes, poussant à des hauteurs incroyables.
Observatrice. Curieuse. Une biche-femme au dos lacéré, couverte de cicatrices oniriques. Une once de pitié, dans un écrin de douleur, dans ses yeux en amandes noirs. De là où elle était, la brebis ne pouvait la voir.


Ne puis je pas intervenir, Senseï? Elle saigne... Je ne veux pas tout ça.

Non. Et comment as tu fait pour atteindre son rêve? Tu es chez elle, tu ne peux rien faire pour la brebis.
Regarde la louve. Tu ne la contrôles plus. Regarde et apprend.
Observe la louve qui est en toi. Elle pourrait te détruire.
Toi aussi, tu saignes, lumière de mes nuits. J'ai entendu ton cri, il m'a guidé à toi. Je t'ai mise à l'écart, amie éternelle.


Kem se retourna, et aperçut le sang qui coulait de ses plaies, violet-verdâtre, imbibant le sol. Le ciel menaçait de tomber sur elle. . Elle croisa le regard d'Akira. Avertissement. Interdiction de renoncer. Observe et apprend.



Lucy in the Sky with Diamonds, the Beatles
I am the walrus, the Beatles, once again
Skyfall, adele

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Stephazur73
"La difficulté, ce n'est pas de rêver, mais d'accepter et de comprendre les rêves des autres"
Zhang Xianlang (que je n'ai pas l'honneur de connaître)

Cette voix, ces murmures, ces cris particuliers... il les connaissait, il les avait comme appris par coeur, des nuits durant, comme on écoute la leçon pour mieux la répéter le soir suivant...
Mais que se passait-il.... Ce n'était pas la personne qui était à ses côtés, qui ainsi, exprimait son plaisir. Sa voix était plus lointaine, à côté d'un autre... Juste ciel!

Un moment, Steph fut littéralement perdu, devant une scène sortie des plus belles légendes que l'on racontait autour de la table ronde que certains chevaliers retrouvaient après des quêtes valeureuses.

Sa Brebis Gyps était "femme" près de lui, puis s'était muée en Brebis, pour venir l'observer, avant de redevenir femme... Une louve qui s'était brebisée, était en train de l'approcher, un regard entendu dans la façon de le fixer... Ce regard qui vous fait dire que, non, vous ne lui êtes pas indifférent. Une douce biche quant à elle, filait par delà les nuées pour observer la scène, pendant que la Brebis qui fut mais qui ne l'était plus, s'ébattait avec Exaël, et que des bras d'une femme d'une passion carnassière était en train de le prendre.

"Flippo, tu prends des notes, s'il te plaît....?" Une Brebis, une louve, un renard, une biche.... Un air lui vint à l'esprit mais il le chassa pour conserver à l'instant tout le sérieux, que tout de même, il méritait.

Comment comprendre ce qui se passait sous ses yeux? La brebis qu'il aimait avait l'air autant blessée qu'elle semblait savourer ce moment loin de ses bras... Quant à lui, il se retrouvait objet de la sensualité d'une Louve qui, sous les traits d'une brebis, semblait autant l'aimer lui, qu'elle ne défiait le duo qui fusionnait non loin... Bien que sa peau frémissait à cet instant nouveau et intensément troublant, il était perdu, perclus de sensations contradictoires.

Berdol, réveillez moi!

Il ne savait pas à qui il demandait cela en fait... Mais tout était si fou, si irréel, comme des coups de couteaux dans l'âme portés pendant qu'une caresse s'insinuait. Comme une douleur sensuelle, ou une peine souriante. Il ne savait plus ce qu'il devait ressentir.

Soudain, Steph se dit qu'il fallait prendre l'instant en main, même s'il n'était qu'onirique, même s'il ne pouvait s'agir qu'un cauge, ou d'un sonchemard. Non d'un songe, ou d'un cauchemard. Trouble. L'esprit de Steph se mit à tourner comme le monde tout autour, la pièce se met à entrer comme dans une ronde insatiable qui aspirait tout ce qui se présentait à elle. Sa Gyps, sa Brebis, son Amour, son ancien Amour, cette femme enigmatique dont le sang violet verdatre qui s'écoulait de ses plaies était soulevé par le vent de cette tempête soudaine. Flippo a peur, une peur caractéristique, osera-t-il dire qu'il flippe...(*)

Steph se transforma en lama. Ne lui demandez pas pourquoi, il n'avait même jamais vu cet animal curieux. Peut être parce qu'un soir, il avait chanté, "je suis salade" avec Gyps, dans une taverne, un soir bien arrosé, sans doute. Mais il ne voyait pas le rapport...



Il tourna la tête, et toujours pris dans ce tourbillon qui semble sans fin, il aperçoit leur reflet dans la glace. Il se vit, il était laid, animal bizarre de cette scène irréelle. Que signifiait cet échange pour le moins incongru, ce mélange inattendu? Et si les rêves veulent dire quelque chose, quel était le message que lui délivrait celui-ci... Est ce le sien? Celui de sa Brebis qu'il aurait rejoint par quelque magie? Celui d'un autre encore? Une vie parallèle?

Quelle leçon tirer? Que comprendre?
Peut être que quelle que soit l'aventure, quelque soit la blessure, je ne peux oublier son corps... Je l'aime encore... et toujours

(*) Des siècles plus tard, l'expression sera reprise pour qualifier une peur angoissante et paralysante. Si, si...
Gypsi
Tournent les vies ô tournent les vie ô .... lentes

Ou quand le rêve devient cauchemar... Jaillir des bras d'Albert et... se figer. Louve. Louve. SOS ! Mayday Mayday ! J'veux pas m'faire bouffer par une louve en rogne ! La brebis est déconnecté de son rêve même. Elle ne comprend plus rien, ne suit plus rien. N'est plus rien. La louve griffe. Le sang perle, glisse, goutte. Et la belle porte la main sa joue. Les yeux, le rire, elle est figée la brebis. Pétrifiée. Regarder ? Mais quoi ? Non ! arrêtez ! Pourtant elle est paralysée. Le rêve n'est pas fini. Le rêve devient cauchemar. Le rêve fait peur. Le rêve fait mal.


    Le rêve est un joli chemin mais il conduit souvent à une impasse. *

Et la brune assiste impuissante au spectacle de la louve qui séduit Son barbichu. Aucun son ne sort même de sa bouche. Choquée. Terrifiée. Blessée. Au plus profond d'elle. Non c'est impossible... Pas Steph. Lui ne le ferait pas. Et la femme-brebis se met à trembler. A... pleurer ?! Et oui. Cela ne pouvait arriver que dans un rêve. Des larmes ravagent le visage de la bohémienne et ce en public. Elle tourne la tête... Ô le grand paradoxe que permet le rêve. A-t-elle réellement le culot de faire ce qu'elle est en train de faire à ce moment précis ? Elle tourne la tête pour poser son regard sur Exaël... Comme pour lui demander de l'aide. L'échange ne suffit pas. Faudrait-il que chacun reprenne sa place ? Mais quelle est la place de chacun ? Et pendant qu'elle regarde son Albert, le monde se met à tourner. Tourner, Tourbillon et tourbillon. Tournent les vie ô tournent les vies... Tournent et s'en vont. Tournent les formes, tournent les couples, tournent le monde. Tournent les sentiments. Tout tourne. Et c'est à en vomir. Mais la brune ne vomit pas.

Et finalement elle se retrouve dans une salle de fête. Un chateau, avec... des musiciens. Tournent les vie ô long...ues ?! Pourtant la vision précédente ne quitte pas les yeux de la belle. Elle voit Kem et Steph enlacés, succombés... Elle l'imagine lui dire :
    [...] auprès d'elle il se penche
    Lui glisse à l'oreille en lui frôlant la hanche
    " Tu es bien jolie " dans un divin sourire

Et elle le voit lui, avec un... goût sur les lèvres, juste après les baisers ; Une amertume à peine devinée...
. Et la brune, qui retrouve sa tenue légère habituelle, la main toujours posée sur sa joue. Elle ne voit pas tous les changements. Et sa main vient se glisser vers ses yeux, comme pour tenter d'échapper à l'image qui refuse de la lâcher. Cette image de Steph avec Kem, d'Exa avec Kem... Les traces de sang s'étire vers les yeux de la brune. Un peu plus et on verrait en elle une indienne en tenue de combat. Et le cri franchit enfin ses lèvres. Andrea sort de ce corps :

BêÊêÊêRDOOOOOOL !

Mais pourquoi peut-elle séduire plus que la brebis ? Qu'a-t-elle de plus ? Ses cheveux longs et fins ? Ses yeux bridés ? Quoi ?! Quoi de plus que la brebis ? Qu'a-t-elle pour lui voler tous ses compagnons ? Et les deux à qui elle tient le plus ! elle aurait pu en dérober des tas que ça ne lui aurait rien fait. Mais lui, et lui. Eux... La brune enlève la main de son visage et voit enfin... Que voit-elle ? Un Lama ? Affreux ! Et finalement un mince rire s'échappe de ses lèvres... Une bestiole blanche, touffue, à la dentition douteuse... Plissement de nez. Blanc... ça veut dire vieux. Et elle aimait appeler son barbichu l'ancien.

Heeeein ?!

La tête se penche sur le côté... Tandis que le renard semble entrer en action. Les pas de la brebis suivront-ils ses rêves ou la mèneront-ils dans une autre direction ? Prions pour l'autre direction ! Parce que c'est déjà suffisamment compliqué comme ça ! Une mélodie entrainante se met en place. Qui donne envie de danser. Mais imaginez seulement une brebis essayer de danser avec une louve, et un lama avec un renard. Ah, tu chantais la brebis ? Et bien danses maintenant !*
Comme un fil entre l'autre et l'un, Invisible, il pose ses liens. Dans les méandres des inconscients, Il se promène impunément
Et tout un peu tremble, Et le reste s'éteint...Juste dans nos ventres. Un nœud, une faim
Il fait reine l'esclave Et peut damner les saints L'honnête ou le sage Et l'on n'y peut rien
C'est le rêve. Il fait la reine esclave. Il modifie, transforme, invente... Il fait cauchemardé. La brebis s'élance et sa main toujours vaguement rougie vient s"abbatre sur la joue de la brebis - pâle copie de la version originale. Non mais ! Oui... Et maintenant ?


Jean Jacques Goldman power musicale : Tournent les violons, Un goût sur les lèvres, Et l'on n'y peut rien.
* Pierre Bottero, Les âmes Croisées
* La Fontaine, La cigale et la Fourmi ! et toc.

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Domenika
Tu vois, comment... À l'intérieur de moi, je me sens... Personne, ne voit, et ne s'aperçoit de ce qui m'attend...

Le rêve se poursuivait, de plus en plus confus. Kem la biche regardait, en compagnie d'Akira le faucon et de Flippo. Elle voyait la louve, avec un naturel nonchalant, faire du mal à la brebis, faire exactement ce qu'il fallait pour la détruire. La blesser. La louve était furieuse, enragée. Le barbichu était obligé de subir, sans autre choix que de succomber. Et secrètement, une partie de Kem se réjouissait, jouissait de la situation, et répétait, sans fin, comme un leitmotiv, une comptine enfantine irritante, d'une voix haut perchée : tu n as que ce que tu mérites... Tu voulais tout, et moi,je t'ai tout pris....Tu voulais tout, et moi, Tu voulais tout, et moi je t'ai tout pris....je t'ai tout pris!

Le barbichu, pris de peur, fit une chose incongrue et se transforma en une bête hideusement drôle, un lama. Tandis que le renard, transparent, devenait de moins en moins tangible.


Akira... Pourquoi Exa ne fait rien? Le barbichu a bien réussi à prendre le contrôle, lui...

Bien que trop tard, puisqu'il avait été vampirisé par Kem la louve, pensa t-elle avec un sourire sardonique. La chair est faible...

Lumière de mes nuits... Exael n'est qu'une évocation de la brebis, alors que l'homme barbu est une invocation. Autrement dit, il peut interagir, le barbu, alors qu'Exa n'est qu'un ... disons, un souvenir. Alors, si le barbu a la force morale, il peut agir, instinctivement. Toi, tu t'es retrouvée là par hasard, passant d'évocation à invocation. Connaissant la route des rêves, tu sais agir. Sauf que la louve s'est émancipée... Tu es dans la mouise.

Alors je peux évoquer et invoquer lors de mes méditations, de mes rêves?

Une évocation est très simple, à partir de tes propres souvenirs. Par contre, tu ne peux invoquer quelqu'un que si la personne dort, ou médite, qu'elle soit proche de la route des rêves. Mais évidemment, c'est plus simple pour l'hébergeur du rêve, que pour ses invités...
Mais nous, nous sommes si proches, mon amie, que tu as réussis à m'invoquer dans le propre rêve de la gitane. Puissant, ton cri... La gitane peut invoquer des personnes plus facilement, c'est SON rêve.


Kem se concentra et évoqua Exael à ses côtés, pour le soustraire à la danse infernale. Il était comme absent, simple souvenir. Une évocation, quoi. Néanmoins, il lui adressa un sourire plein de tendresse. Bel entraînement, se dit-elle... Elle observa ensuite Akira la regarder intensément, un mélange de douleur et d'envie dans ses prunelles noires...

Tout à coup, la douleur la ramena brusquement à l'observation. La brebis venait de gifler Kem la louve, et Kem la biche l'avait ressenti aussi. Elle sentit la louve se fendre d'un sourire carnassier, se préparer à éventrer la gitane. Kem se leva alors, se dévoilant aux yeux de la brebis, qui pouvait voir les deux Kem, dédoublée.


Shiroï! Non! Arrête!

Un cri, un cri stupide. Mais la louve ne l'entendait pas, ne l'entendait plus... la rage l'habitait. Et elle se préparait tranquillement à dévorer la brebis, impitoyable. Le paysage avait changé, la tempête soufflait de nouveau. Le ciel, noir d'encre, et la scène était uniquement éclairée par de nombreux éclairs roses, et par le sang vert violet luminescent. La louve se fit également des traces sur le visage, comme des peintures de guerre.
Une énorme bourrasque balaya la piste, poussant le lama avec les autres spectateurs, Akira, Flippo, Exael, Kem la biche, qui se retrouvent à présent habillés en pompom girl et agitant des pompons de couleur vives, puis faisant des figures acrobatiques démentes, des pyramides, des losanges...

Les deux femmes se faisaient face dans une arène de sable noir brillant.
Des clameurs se faisaient entendre d'un public invisible: Go Gypsi, Go! Cours Forest! Alleeeez les verts, on a un bon public et les meilleurs supporters! Yes we can! Allez la louve! Bouffe la!

Et les deux femmes se tournaient autour, se jaugeaient, le match allait commencer...
June, indochine

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Stephazur73
« Je rêve de vos rêves, je désire vos lointains »
Martine Le Coz

Pris dans un tourbillon infernal, Steph en fut sorti par un geste cinglant. La Brebis, Sa Brebis, avait giflé l’autre brebis, celle qui l’avait étreint. Ce geste fut comme un déclic. Soudain il ouvrit les yeux, et il vit son chez lui, dans la nuit, qui l’entourait.

Ses murs familiers, le breb’lit et non loin les casseroles.. Mais qu’en était-il de cette scène ? De la Brebis, de sa Gyps dans les bras d’Exa, et qui était la louve qui sous d’autres traits, était venue lui offrir une surprenante passion ? Même son ami imaginaire, Flippo, qu’il avait certes un peu délaissé depuis qu’il n’était plus un gamin et que son père lui avait dit, « T’seras un homme, mon fils », avait été de la partie.

Le souffle court, il respirait. Fort, vite. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Et au fond de lui, un sentiment, une sensation, celui que ce rêve, que ce songe, n’était pas fini, qu’il était en fait inachevé. Qu’il en était sorti, trop tôt.
Il lui fallait y retourner, coûte que coûte. Dans le rêve, retrouver sa Gyps. Et si la louve se vengeait ? Et si, même par delà les rêves, quelque chose pouvait lui arriver ? Il ne pouvait se résoudre à voir sa Brebis souffrir, avoir mal. A la sentir en détresse, ou proche du désespoir. Non, il fallait qu’il puisse y retourner, retrouver la route onirique, revenir là où il était et redevenir ce qu’il était. Un animal étrange à la chevelure hirsute, à la dentition incertaine et au sourire ravagé.

Il fermait les yeux, se concentrait. Mais rien n’y faisait. Les bruits de la nuit couraient dans sa tête, l’empêchant de retrouver le chemin qu’il avait quitté quelques instants plus tôt.
Il se leva, se prenant la tête à deux mains, invoquant on ne sait quelle force inconnue mais puissante. « Ramène moi dans ce rêve. Ramène moi près d’elle. Laisse-moi aller l’aider… »

Debout dans ce qui lui servait de cuisine, il parcourait d’une main molle ce qui traînait là. Ustensiles en tous genres, fruits, tas de grains, miches de pain, légumes et autres… Il saisit enfin une casserole, la regarda, se regarda dans le reflet, et vit… non plus lui. Le Barbichu… Mais c’était bien l’autre ! L’animal ! Le lama !
D’un geste réflexe, il projeta l’ustensile sur le tas d’ail qu’il y avait posé là, criant tout net : « Bats l’ail, Lama » !
Il fut alors entouré de nuée, il retrouvait le chemin, cette voie qui vers son rêve à elle, encore l’emmenait. Bruit de foule. Odeurs mélangées. Défi qui se déroule devant ses yeux.

« Go Gypsi, Go! Cours Forest! Alleeeez les verts, on a un bon public et les meilleurs supporters! Yes we can! Allez la louve! Bouffe la! »
Que se passerait-il ? La louve et la Brebis se mesuraient du regard devant une foule bigarée, porteuse de ce qui semblait être des bières et des tuniques vertes. Un marin, que l’on reconnaissait à son Haut-Bas mât, criait quelque chose de grandbreton, qu’il ne savait déchiffrer.
Le sang de Steph, bien qu’animal, ne fit qu’un tour. Se jetant dans la mélée, il vint se poster là, entre elles. Zozotant à cause de sa dentition hirsute et remarquable avec la coiffure empruntée à un ami, Paul Naref, il prit par la patte sa Brebis et regardant la louve, se lança dans une diatribe profonde :
« Il était une fois, tout commenze comme za. On prend zon histoire, la vie comme elle va. Avec zé zerreurs, zes manques et zes lois. Pour croire le bonheur zouvent loin de zoi, alors qu’il bat, qu’il est toujours là en zoi. Tant qu’on rêve encore…. Rien n’est perdu !»

Il ne savait pas pourquoi ça lui était venu comme ça. Mais ça sonnait bien, dans le fond.
Steph le Lama réussirait-il à imposer son infinie sagesse que lui conférait son physique d’animal étrange pour éviter que les évènements tournent mal ? En tout cas, il ne quitterait pas ce songe, non, tant qu’il pouvait rester tout près d’Elle.
"J’irai au bout de Ses rêves, où la raison s’achève, tout au bout de ses rêves", pensait-il.
Gypsi
    Les mots sans qu'on les craigne ont d'effrayants pouvoirs.
    Ils sont les bâtisseurs hasardeux des pensées,
    L'âme la plus puissante est parfois dépassée
    Par ces rêves actifs que l'on voit se mouvoir.

Brebis face à louve. Combat perdu d'avance non ? Le lama s'interpose. Autour, une foule. Des visages connus mais mal reconnu sur l'instant. D'autres inconnus. Le lama s'interpose. Gyps fronce les sourcils. Et le regarde, l'écoute. Sa main dans la sienne. Enfin... La sienne... Elle n'a pas vraiment l'air d'une main au final. Elle l'écoute. Et si le message aurait pu être beau, le zozotement, la dégaine de celui qui le prononce lui font perdre tout son charme. Toute sa véracité. Lui font perdre tout l'impact qu'il aurait pu avoir. Elle retire sa main, et en douceur la pose sur le... poitrail de la drôle de bête. Lui intimant de reculer. De s'écarter, de ne pas s'en mêler. Et le regard se pose sur la louve, avec dureté. Froideur. Inspiration. Expiration. Elle lève les yeux au ciel la brebis, et... Indéniablement elle perçoit une colombe qui piaille.

    Laissons se balancer dans leur ombre décente
    L'excessive tristesse et l'excessif besoin !
    Confions le secret ou la hâte oppressante
    Au silence sacré qui ne les livre point.


Le rêve reste cauchemar. Si elle était réellement maîtresse de son rêve, la louve menaçante se changerait. Louve toujours, elle aurait les poils blonds-blancs, et elle s'appelerait Stan. Si elle était réellement maîtresse de son rêve, Kem n'aurait pas existé. Elle aurait eu deux hommes pour elle seul. Si elle était réellement maîtresse de son rêve, elle aurait autour d'elle une Reyne volcanique et un berger-boulet neuf. Sa poule aurait donné une plume à Meval qui ferait l'indien. Et tiens, 4 autres donzelles à qui elle tient danserait à ses côtés tandis qu'elle chanterait en langue berbère et en agitant les bras. Mais le rêve reste cauchemar, et rien de tout ça ne se produit. Le lama est écarté. Et tout semble s'effacer pour ne laisser que la louve et la brebis, en face à face. Et... La brebis se dédouble. Elle en a toujours rêvé, elle n'a jamais pu le faire, c'est le moment ou jamais ! Gypsi la femme est observatrice au loin - ils sont tous deux pourquoi pas elle hein ?! et l'équité dans tout ça ? Et Gypsi la brebis reste dans l'arène. La brebis bêle, la louve grogne. Et le lama zozote. Et la colombe piaille. Et le pigeon roucoule ?! Et le renard... se tait parce qu'on sait jamais quel bruit peut bien faire cette bestiole. Et la poule cot cot... Et la brebis attaque. Et la louve mord. Et la louve mord, Et la louve mord. Et la louve grogne et la brebis pouic. Et la foule en délire s'exclame en coeur un "Wouhouuu bien fait !" Hein ?!

    Ô vérité tentante et qu'il faut qu'on esquive,
    Monacale pudeur, effort, renoncement,
    Sainteté des torrents retenant leur eau vive,
    Solitude du coeur et de la voix qui ment !

Reprenons. Pouic ? Ouais pouic. C'est sanglant. C'est... Fini. Vainqueur la louve. Perdante la brebis. Comment ça vous aviez compris ? Bref la brebis est donc teinte de rouge, et percée par des crocs, et déchue sur le sol sablonneux ou boueux. Les pom pom girl s'en foutent royalement, c'est la fête au village. Ouais mais comme le pousson Piou, la Gyps elle va prendre sa revanche ! On ne s'arrête pas en si bon chemin. Elle fout une claque à tous ceux qui passent à portée de mains. Puis... Elle s'élance, elle court et elle saute sur la louve. Et... Vlan ! Elle la... râte ! C'est vraiment un rêve pourri cette affaire, vous trouvez pas ? Pourquoi la louve est-elle intouchable ? C'est pourtant le rêve de GYPSI ! Le sien berdol de berdol ! Mais elle est seule face à elle. Elle est seule face aux autres. Parce que... au fond, ils ne sont tous que spectateur du combat de la brebis. Ils ne sont que spectateurs, bien que certains tentent d'intervenir. Ils ne peuvent pas. Parce que... La brebis se bat avec ses peurs. Avec ses propres démons. Avec son orgueil bafoué. Allongée sur le sol la Gypsi-femme tape avec violence du poing contre le sol en beuglant un


BERDOL !!!! J'en ai marre !!!

Pour un peu elle tendrait presque le cou à la louve pour qu'elle vienne la mordre et l'achever. Qu'on en finisse. Se dénué. La brebis morte disparaît. N'y-a-t-il personne pour venir l'aider ? Mais réellement ?

Sur sa chaise, devant sa fenêtre, la brebis s'agite, crie des mots incompréhensibles. Et de ses yeux fermés ses larmes coulent. Cauchemar. Incompréhensible lui aussi. Cauchemar qui la tient, qui la garde qui refuse de la laisser s'échapper, retourner à la réalité. La nuit, la solitude... Non rien. Rien qu'un sommeil agité qui la garde prisonnière, observatrice impuissante face à ses peurs et des "ennemis" étranges.

* extrait d'un poème de la Comtesse de Noailles.
Pardon pour les extraits musicaux !

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Stephazur73
"Tous nos actes visent à écarter de nous la souffrance et la peur"
Epicure

Une main posée sur son poitrail. Une main familière. Mais cette fois, elle ne s'applique pas comme une caresse. C'est une main qui repousse, lui, sous les traits de cet animal curieux, au pelage inégal. Une main qui l'écarte, en silence. Lui, bête soudain inutile et stupide, au milieu d'un théâtre de passions et de violences. Lui, la chose venue d'ailleurs, au zozotement insupportable... qu'était-il devenu?

Une main posée sur son torse. Mais le rêve se transforme, la foule autour et ses cris, se diluent comme s'écoule de l'eau jusqu'à la mer. Se perdent. Il ne reste plus que lui, observant en silence, la Brebis et cette louve, se battant. La Brebis qui souffre, la Brebis blessée. Et lui, redevenu l'humain, observant comme incapable de bouger. Retenu par des liens invisibles mais puissants. Repoussé par un vent qui l'empêche d'avancer, le fait même reculer.

Ce rêve dans lequel il voulut résolument revenir n'est donc qu'un cauchemar... Sortir... En sortir...
La scène le fait frémir, la Brebis qui souffre et lui qui lance des hurlements, assourdissants de silence. Qui ne peut pas bouger, monstre d'inutilité comme cet animal qu'il fut et qui avait soudain disparu. Laissant la place à l'homme et ses limites, spectateur vain d'un spectacle tragique.

Derrière lui, la falaise, le gouffre qui l'appelle. Chaque pas en avant est un pas en arrière, chaque cri un silence encore plus profond. Ses pieds se dérobent, Steph tombe dans ce vide qui semble infini.... En remontera-t-il victorieux, une rose entre les dents? (*) Le doute s'immisce en lui comme un frisson qui parcourt sa colonne.


Une main sur son torse. Des yeux qui s'ouvrent. Un breb'lit, la nuit sombre. Une souffle rauque, c'est sa propre main qui sur son torse est crispée, serrant ce pendentif offert, comme s'il allait le graver dans sa propre peau. Le coeur bat à tout rompre. Les liens invisibles, ceux qui l'avaient retenu loin d'elle, éloigné même, avaient ils pour autant disparu? A quoi était-il encore utile...... L'angoisse perlait sur son front, et si c'était son sentiment profond qui l'étreignait en cette nuit sans lune?


(*) Désolé pour la référence, absolument kitchissime.
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