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[RP]Chroniques italiennes -Le Prince, la Médicis et le tyran

Taliesyn_de_montfort
Ce rp se situe dans le passé, autour de Mai 1460 jusqu'à Mai 1461. Il peut y'avoir des incohérences avec l'uchronie de RR car il se base sur l'histoire réelle.
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    Mai 1460 - Port de Gênes


    La brise est tiède en cette fin d'après-midi, trop peu de vent pour cette chaude journée de printemps. L'approche du port de Genoa s'apprécie d'autant plus qu'elle se fait lentement, la vue précédent les bruits précédent eux mêmes les odeurs du port de commerce de la République. Tandis que notre voile est visible depuis un moment depuis la vigie, un comité d'accueil s'affaire déjà sur les quais. Ce n'est autre que le cygne qui orne l'étendard sur ce modeste navire de croisière. La traversée fut longue, parfois périlleuse mais préférable à la terre ferme. Bon nombre de personnes, tout autant bretonne que française préfèrerait voir ma tête sur une pique.

    Le fils avait préféré répondre à l'appel de son cousin suite aux échanges qu'ils avaient eu avec son père. Les choses bougeaient en Italie, et la soif de conquête de Taliesyn était plus vive que la succession politique de son père. Son sentiment amer encore chaud lui faisait ressentir une haine envers l'ensemble des nobles et bretons en général, bien que la majorité de ceux-ci n'aient rien eu a voir dans l'acharnement ressenti. Plutôt que de voir ici un Duc, là un Marquis cracher sur la tombe de son père, il avait préféré s'exiler, exister par les armes et faire connaitre Retz par les batailles menés, il avait décidé d'être un condottière.


    " Gettare l'ancora !"

    Réveiller par les cris du capitaine italien, le Montfort voit l'embarcation figée et les mannes en train d'être transportés sur les quais. Son regard se porte sur Fanch, le lieutenant de dizaine qui l'avait suivi avec 20 de ses hommes, en pleine discussion avec homme d'arme portant les couleurs de Campobasso. S'approchant d'eux en pleine discussions, encore pensif, il ne sut éviter le bol digestif malencontreusement égaré par un des rares bretons de sa compagnie n'ayant pas le pied marin.


    Mon premier pied posé en Italie l'aura été dans le vomi d'un de mes soldats, je ne sais pas ce que ca annonce... du pied dextre qui plus est... me voila bien marri.

    Ces pensées furent rapidement chassée par un bras qui vint taper dans son dos, claquant les omoplates comme il fallait : " Cugini de bretagna !", cette approche traître et fourbe aux éclats de voix tonitruants, s’enchaîna par une embrassade sur chaque joue, et des gestes amples.

    "Nicola !", Pietravalle di Monforte, pour être précis ou presque, Comte de Campobasso. Deux grandes familles qui n'avait été pour lui qu'une base, ses nombreux titres n'étant dus qu'à ses conquêtes.

    "Ne t'embêtes pas avec tout ceci, mes hommes et les tiens vont s'enquérir d'amener tout ca dans mon hostel", se faisant il le prends par l'épaule et de l'autre main la tend vers la ville, "viens donc faire une visite de la cité avec moi, j'ai tant de chose à te dire depuis nos échanges par missive. Ici la situation a bien évolué, nous ne tarderons pas bien longtemps à Gênes. "

    Se détachant quelque peu de l'emprise très intime du cousin qu'il n'avait encore que lu mais jamais vu, les manières n'étant pas les mêmes il se tourne vers lui, "Dis m'en plus, mon voyage en Irlande et la mort de mon père m'ont fait arrêté à la mort d'Alfonse d'Aragon." Et Taliesyn de se concentrer pour discerner tous les mots brassés dans un mélange italien et français, lui plus habile en breton, gaélique et anglais. Les langues latines n'étant pas sont fort.

    "Hé bé, vois-tu, Depuis la mort du Roy de Naples il y'a deux ans, plusieurs événements nous ont fait venir jusqu'à cet état de guerre. Tout d'abord le Pape Borgia, Calixte III qui voulut évincer tant Ferrante d'Aragon, le fils illégitime d'Alfonse du trône que le fils de l'ancien Roy de Naples, notre actuel Doges ici à Gênes, Jean de Calabre, et tout cela pour y mettre son neveu Borgia, ce figlio de pu..."

    Écoutant, non pas distraitement mais d'une oreille les explications de mon cousin, je ne pouvais que m'apercevoir de la tranquillité affichée des Génois sur le marché du parvis de San Lorenzo. Il était difficile d'imaginer que le Doge s'était nommé lui même par la force et que la conquête était encore relativement récente. J'apprendrais plus tard que le caractère du Doges, Jean de Calabre, y était pour beaucoup, en effet ce dernier faisait dépendre l'ensemble de ses décisions au Parlement de Gênes, il était reconnu pour être sage, généreux et attentif aux besoins du peuple. J'y apprendrai de même que cette guerre de reconquête personnelle de Naples par les moyens de Gênes avait été approuvé par le Parlement sur soumission du Doges.

    "... la mort de Calixte III entraina d'autres événements, dont la reconnaissance de Ferrante en Roy de Naples. Hey Cugini, tu m'écoutes!"


    "Bien-sur, mais tu t'éloignes du sujet non?" J'essayais en vain de diminuer la densité de cousin volubile pour avoir les informations qui m'intéressaient.

    "Eh bé, je ne m'éloignes pas du tout, si je m'éloignais, je te parlerais de la Diète de Mantoue faites par le nouveau Pape, le Piccolomini, pour sa croisade qui ne partira jamais du fait des dissensions internes entre les républiques. Bref! La ce qu'il faut savoir, c'est Sforza, le Duc de Milano refuse de cesser de soutenir le Roy de Napoli. Ce qui oblige la Ligue Italienne à tenir son serment d'alliance, donc ni Venise, ni Florence ne viendrons nous aider, contre ce Roy, mon ... bastardo de suzerain, qui à part manigancer, voler et abuser de son pouvoir ne sait rien gérer !"

    "Concrètement, dans ton entreprise, qui avons nous de notre coté ?", le mal de crâne commençait à me gagner, ne connaissant pas assez toutes les forces en présence pour me plonger dans cette histoire.

    "Il Principe de Tarento le fameux Orsini, il Principe de Rossano, le Duc D'Atri, le Marquis de Cotrone, tous des vassaux du tyran, c'est d'ailleurs nous qui sommes allés proposer au Doges de chasser ce dernier. Se joindront à nous le Duc de Suessa, le Duc de Sora, et Sigismond Malatesti et ses 7000 hommes. En face nous aurons tout de même en plus de Napoli, Roma certainement et Milano."

    "Je vois, ca va être serré si je comprends bien! "

    "Parce que tu pensais que je t'aurais appelé si cela avait été trop facile !"


    La discussion entre les deux hommes se finit sur des éclats de rire, leur périple pédestre se terminant devant l'hostel du Comte ou les soldats avait déjà pris place. Demain serait une autre journée...

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Taliesyn_de_montfort
    Faubourgs de Gênes - Hostel de Nicola Pietravalle di Monforte - Compte de Campobasso

    Le coq n'a pas encore chanté que le cliquetis des armes et les rires gras des soudards résonnent dans la place forte du Comte de Campobasso. Taliesyn, se laisse habiller par la grosse marâtre italienne que le cousin lui a fourni comme servante, l'apparat du velours tacheté sur son doublet armant ainsi que la bâtarde finement ciselé a l’équerre sur son baudrier le rend près à être reçu matinalement dans les quartiers du Doges de Gênes, Jean de Calabre. Il ne peut cela dit s’empêcher une moue de dégoût, lorsque les grosses mains de l'italienne frôle son entrejambe en l'habillant, même son corset au balcon débordant ne suffit pas a chasser le dégoût du prince.

    Je suis sur qu'il se garde les plus belles pour lui, à croire qu'il veuille me sevrer cette raclure de Nicola. Quel sens de l'accueil, je fulmine rien qu'à y penser, une des nombreuses taches auquel je devrais m'atteler à très court terme. Bah, elle suinte de lait, en plus, ...

    La bonne-femme remarque alors l'attention du prince pour ses attributs et lui décroche un sourire qu'elle veut être le plus magnifique, pensant son affaire conclue certainement.

    Ahh, mon dieu, elle a que huit dents ! Secouant le bras qu'elle finissait de parer avec suffisamment de dédain pour faire le message, je file promptement dans les salles communes pour y retrouver mon cousin avec une de ses dames à finir le préparatif de la voiture pour les quartiers centraux de la ville. Forcément, la sienne est plus appétissante, je me chargerai de faire changer de place aux deux, même si je ne comprends un traître mot de cet italien trop volubile à mon gout.

    Nicola, tout est prêt à ce que je vois, tu ne m'a pas dis quel était le but de notre visite au Doges?

    Le cousin, qui était deux fois plus âgé que Taliesyn lui parlait sur un ton que l'on pouvait considérer comme paternel, ayant certainement capté déjà l'arrogance un peu juvénile que laissait paraître le prince dans son comportement. Mais cela avait pour don d'agacer ce dernier qui avait tendance à être plus prompt à mal parler de ce fait.

    Cugini, si on le fait c'est parce que nous avons besoin de toi.

    Haussant les épaules, je suivais Nicola dans la voiture, me laissant secouer sur les pavés de la ville. C'est bien parce que j'aimais pouvoir étaler mon argent par mes habits d'apparat que je me forçais a endurer d'être secoué ainsi. Du coup, je prenais mon mal en patience, feintant mon non agacement, me voilà pieds sur le banc d'en face, les bras en croix derrière ma nuque sifflotant une ballade bretonne.

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Taliesyn_de_montfort
    Palais du Doge - République de Gênes

    La porte finit par s'ouvrir, laissant le prince sauter en dehors de la boite tel un diable, les bottes claquant le pavé devant le palais du Doges. On pouvait y remarquer quelques gardes à la livrée du Prince de Tarente en plus de ceux de Gênes et de Campobasso. Suivant son cousin dans le dédale du palais pour arriver jusqu'aux appartements du Doges, richement orné et bien plus chaleureux que les châteaux bretons pouvaient l'être par le nombre de tapisserie et d'ornement présent. Ils s’arrêtent devant la porte pour se faire annoncer.

    Il Conte di Campobasso, Nicola Pietravalle di Monforte e Sua Altezza, il Principe de Bretagne e duca di Retz, Taliesyn di Monforte

    Je respecte le protocole, mon cousin m'ayant averti que les deux hommes serait le Doges de Gènes, par ailleurs Duc de Calabre ainsi que le Prince de Tarente. Me voilà a faire une courbette point trop élogieuse du fait de mon rang, quand je vois mon cousin foncé vers les deux inconnus leur faire une embrassade peu réglementaire, de ma position je ne parviens pas à savoir qui est qui et si l'un ou l'autre sont aussi embarrassé que moi ou si c'est moi qui parait ridicule. Me redressant je me dirige vers eux, le premier, qui semble être l'hôte vint à ma rencontre

    Benvenuti Altezza

    Gast ! J'oubliais qu'il parlait tous étranger dans ce pays ! Je rebondis et lui prend le bras, à la manière des hommes d'armes et appuyant mon accent :

    Demat deoc'h, va meurdez, an enor zo evidon

    Nous voici sur un pied d’égalité, personne n'y comprend plus rien et je savoure les yeux effarés de mon cousin au visage si expressif qu'il en devient théâtrale. Le second homme fait une courbette à son tour, qui ressemble au protocole français pour s'exprimer dans un français clairement plus maîtrisés que le mien.

    Votre Altesse ...

    Un regard inquiet de l'Orsini sur mon cousin, qui tout Prince de Tarente qu'il est, est incapable de savoir si je captais un seul mot à ce qu'il disait, après tout bien qu'étant altesse, j'étais altesse d'un pays barbare et guerrier! Du moins presque...Heureusement le hochement de tête de Nicola interrompt le silence qui s'était installé.

    Nous sommes heureux de vous rencontrer. Et avons des projets à vous faire part. Je me présente, Jean-Antoine Orsini, Prince de Tarente et vassal du Roy de Napoli, l'objet de nos problèmes, voici le Doges de Genes, originaire de la Maison d'Anjou, Jean de Calabre, qui je vous rassure parle mieux français qu'Italien.

    De quoi me rassurer à mon tour, je m'assieds au siège qu'on me tend, les discussions commencent par le Doges, qui me réexpliquent ce qu'avait pu me dire mon cousin la veille a renfort de détails avilissant le Roy de Naples et ses actes et légitimant la forfaiture du Prince de Tarent et de ses pairs. Peu m'en chaut à vrai dire, si je viens c'est plus pour aider mon cousin qui a des vues sur le Royaume des Deux Siciles pour y faire revenir la Maison Royale des Monforte des Deux Siciles, Naples n'étant qu'une étape.

    Si vous m'avez invité ici, alors que je n'apporte que deux dizaines de soldats à votre armée qui doit compter 15 000 têtes, ce n'est pas pour vous féliciter d'avoir en plus des catalans, suisses, espagnols, écossais, anglais et j'en passe une délégation bretonne j'imagine?

    Quelques peu surpris par ma façon d'aborder le problème sans entournure et franchement, ce qui ne doit pas être habituel à leur niveau, je ressens comme un coup de froid. C'est d'ailleurs mon cousin, qui, ragaillardit certainement par la présence des deux autres vient me faire la demande.

    Cugini !
    Ce que nous souhaitons te demander, c'est... une plus forte contribution à notre combat, bien que je sache qu'il n'est pas forcément le tien. Mais nous te promettons terres et gloires si nous y parvenons !


    Finalement, on en vient à une partie qui m'intéresse plus que la raison le ferait et je presse mon cousin de continuer.

    Il nous faudrait une aide de quelques centaines d'hommes supplémentaires au moins, Venise et Ferrare refusant de rejoindre notre combat. A cela, Cosmo de Médicis refuse de nous recevoir afin de ne pas froisser le Duc Sforza di Milano. Et pourtant je suis sur que notre proposition pourrait l'attirer, malgré la ligue italienne.

    Je veux bien vous aider Nicola, mais qu'ais-je à y gagner?

    Je m’apprête à me lancer dans les négociations pour ma participation. Car autant mes dizaines ne vont pas coûter grand chose, qu'embauché des compagnie de mercenaires, çà va grimper un peu plus. Cette fois-ci, c'est mon cousin qui s'efface, s’affaissant dans son fauteuil. L'air est tendu, finalement même mon cousin ne me connait pas tant que ça, et la tension des négociations se sent dans la mesure prise dans les paroles.

    Votre altesse, si vous nous joignez des hommes, et que vous parveniez à convaincre Florence de se joindre à nous, a la répartition des terres, je vous promets la Principauté citérieure de Salerno. s'exclamait doucement le Doge, mais avec une rigueur dans le timbre de la voix, guettant ma réaction.

    Je réfléchis quelques instants, cette offre n'est pas inintéressante, mais je n'ai pas mes fonds pour pouvoir payer soldes, de plus, cela part du principe que cette guerre est gagnée, mais je ne me vois pas demandé un petit fief au Doge non plus...Enfin je ne connais pas bien ce Cosmo de Médicis, s'il est allié à Milan, peu de chance pour qu'il cède.

    Bien, Votre proposition ne peut se tenir, je vous propose ceci : Je vais sur Florence négocier au mieux une alliance au pire une étape pour votre flotte en leurs ports, et je vous apporte 1200 hommes de plus. Cependant je prendrai la Principauté Ultérieure de Bennevente avec la Principauté Citérieur de Salerno. Car si je comprends bien, vous comptez sur les relations entre la Banque Montfort et la Banque Médicis pour faire votre proposition, cependant le Florentin est allié avec Milan et rien ne l’empêche de me prendre en otage pour exiger rançon et si vous ne pouvez faire étape sur Florence, vous ne pourrez non plus faire étape à Piombino ni à Sienne. Je pense que ma proposition est honorable.

    Mon cœur tape tellement fort dans mes tempes que je n'entends quasiment que lui, je me rends compte que je suis debout a prendre appui sur la table qui me séparait du Doge, pointant du doit la carte se situant devant moi. Le Doge eut un mouvement trahissant la situation lorsqu'il mit sa main sur le bras de l'Orsini, comme pour le retenir. A mon avis, Bennevente était pour lui ou sa famille. Le Doge se lève pour me faire face, et me tends sa main, "affaire conclue", me dit il en me serrant la main, avant de quitter la pièce suivi de l'Orsini qui me fixe longuement avant de partir. Il faudra que je m'en méfie sur le champ de bataille. Enfin, mon cousin me prend par le bras, je sens de l'admiration dans sa voix, j'ai réussi à emballer les négociations. Nous descendons les marches et pour moi la voix du cousin n'est qu'un bourdonnement tant cette réussite me fait monter le sang.

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Taliesyn_de_montfort
    Sur les quais du port de Gênes le lendemain.

    Tu verras Cugini, il y'a là bas une femme que l'on compare à un volcan tellement elle parait ardente, ses yeux, sa facilité à faire céder un homme est impressionnante. Mais tu ne pourras t'en approcher du fait de son mari, tiens le pour su, ne va pas finir en prison alors que nous avons encore besoin de toi.

    Je souris, de moi et de mon or, après tout j'ai aussi besoin d'aller à Florence pour y retirer 15 000 florins pour entretenir les troupes que Campobasso va recruter pour moi durant mon absence à Florence. Mon séjour n'aura pas été long à Gênes, mais vu l'accord que je venais d'arracher, je ne m'y sentais plus à l'aise. J'avais hâte de voir Florence, non, ce n'était pas pour voir la construction du Palais Pitti, l'on m'avait susurré que les putains y était les plus talentueuse au monde, et il y'avait cette femme, que la rumeur disait désirable mais inapprochable. Jusqu’alors, avoir un mari n'a jamais été un problème !

    Florence me voilà !

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Alessia.medicis



Résumé des épisodes précédents.

Alessia Médicis, pour ceux qui s'en souviennent, a disparu du jour au lendemain après une carrière politique fulgurante. En moins de huit mois, elle fut CaCissima à deux reprises, DuKessima (duchesse), la 1ère Consule du Ponant pour la Bretagne et enfin Amirale de Bretagne. Recherches furent lancées sur terre comme sur mer sans résultat. Les mois puis les années passèrent sans que jamais ce mystère soit résolu...jusqu'à aujourd'hui.


La Mariée était en noire !

Aussi loin des rêves de conquêtes que possible, derrière les murs infranchissables de la Banque Médicis qui garde le trésor colossal de la République de Florence, derrière une grande porte à colonnes dans le saint des saints mercantile, derrière le premier rideau de velours et la seconde tenture de toile, assise à son bureau de bois précieux, se cache la Femme qui éveille tous les désirs de Liberté et symbolise l'Aventure, (et les Macarons !).

Celle-ci est mariée. Et depuis le jour de son mariage avec le Duc Alessandro Pazzi, porte le noir avec une outrageuse constance.
Fini les froufrous et les dentelles de crème rose.
Terminé le satin émeraude et la soie pourpre.

Sa conduite depuis plus d'1 an réveille dans l'âme de toute la noblesse florentine une immense curiosité.
Que cherche-t-elle à expier ainsi de noir vêtu ?
Les plus charitables murmurent qu'elle rachète ses pêchés, qu'elle paye ses crimes.
Interrogation, rumeurs... Chacun se raconte son histoire.

La haute noblesse se divise déjà en deux camps : les Velours Noirs qui admirent son allure et son style. Les Velours Blancs, l'état-major de sa belle-mère Contessina Pazzi, qui déteste son martyre.

Cette femme-là sème le désordre.
Même dans le silence hostile de son mariage forcé, même dans l'ombre d'un bureau froid, même à genoux dans le choeur de Santa Maria Del Carmine, Alessia Médicis attire encore la lumière et suscite le scandale.




" L'abus d'une Médicis est dangereux pour la santé, à consommer avec modération"
Taliesyn_de_montfort
    Port de Pisa

    J'ai peu de temps pour profiter des joies de la cité maritime de Pisa, ancien république maritime à l'ombre de son apogée. C'est un marathon qui s’enchaîne, arrivé tardivement du fait du calme plat des vents et d'une mer d'huile, un cavalier m'attend déjà avec une monture. J'ai la chance de parvenir à dormir sur un bateau car la chevauchée fut de longue haleine et sans interruption, même si nous n'étions pas à bride abattue pour autant. Il fallait que j'eusse rapidement de quoi payer les hommes que mon Comte de cousin regroupait sous ma bannière, et la flotte du Doge attendait pour partir.

    Sur la route, le long du fleuve Arno

    Nous faisons étape, sur un poste relais, quand, mon cavalier, dans un français balbutiant, il n'enlevait que les o et les i de ces mots en italien, me fais comprendre que notre route est barrée. Une compagnie d'écorcheurs ayant décidé de bloquer le gué pour voler les marchands et voyageurs. Il me propose de passer plus au sud, pour rattraper la route de Sienne, mais que nous aurons besoin de nouveaux chevaux et que nous ne pourrons faire une pause dans l'auberge, faute de place. Ce faisant il tend sa main, je comprends que c'est à moi de raquer pour prendre de nouveaux chevaux, plus frais pour enchaîner.

    Florence, République des Médicis

    Je ne pensais pas pouvoir avoir autant de bonheur à apercevoir la Porta Romana, qui nous faisait entrer par le Sud de la ville. l'effervescence matinale, nous avions chevauché une bonne partie de la nuit, commençait à faire naître un brouhaha aux accents chantant. Après avoir traversé la ville, mon guide me montrait la grande esplanade devant ce qui semblait être la Banque Médicis. Je laisse les bride et donne une pièce à mon cavalier pour qu'il puisse boire et manger en m'attendant, je le retrouverais plus tard, mon seul espoir était d'avoir un contact francophone désormais.

    Grimpant les marches du petit bijou qu'était ce palais, il se présenta à un valet en livrée des Medicis m'aborde et comprend rapidement que je suis étranger, il m'oriente vers les appartements de la Duchesse de Pazzi, il semblerait qu'elle parle ma langue. Il me restera après à joindre le palazzo vechio, demeure de Cosme de Medici, mon audience ayant été visiblement acceptée.

    Voilà que le page me laisse, seul dans une antichambre mal insonorisée, personne pour m'annoncer, il semblerait qu'il faille attendre. J'ai ce désagréable sentiment infantilisant, un peu perdu dans ce pays, il aurait peut-être été préférable que je demande à Nicola de m'accompagner, mais cela aurait été faire aveu de faiblesse, et je tenais avant tout à paraître dangereux devant lui, afin qu'il véhicule le bon message à Jean de Calabre et au Prince Orsini, qu'il tienne leurs engagements. Je ne sais pas encore comment je vais aborder le sujet avec le prince de la ville, mais j'improviserai selon sa personnalité, rien que l’opération des 15 000 florins suffira à démontrer ma force de volonté dans cette entreprise, il ne pourra que me suivre.

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Alessia.medicis




S'occupant de la branche étrangère de la Banque Médicis (Alessia parle 6 langues), la Duchesse de Pazzi (et Marquise de San Miniato, Comtesse de San Sepoltro la Verda, Vicomtesse de Livorno, Baronne de Montepulciano et de Pienza) rédige des lettres de créances pour des dignitaires turques.

Soudain son mari ouvre la porte d'un coup sec et avance à grande enjambée jusqu'à une carafe de chianti dont il se sert généreusement.
Chemise et chevelure défaite. La nuit a été blanche.


LA MEDICIS_ (sans relever la tête) Mon époux, votre mine est blafarde.
ALESSANDRO_ (avec un rictus méprisant) J'espère que votre dernier amant était meilleur au lit qu'à l'épée. (Vidant son verre cul sec) C'est six pieds sous terre qu'il roucoule à présent.
LA MEDICIS_ (imperturbable) Passer vos nuits à enterrer la moitié de la population masculine n'arrangera en rien votre teint de déterré.
ALESSANDRO (reposant le verre avec un rire) Faites de l'humour ! Un seul regard de votre part sur ses freluquets et je sais lequel vous baise...
LA MEDICIS_ (faisant fondre à une chandelle la cire pour cacheter son courrier) Vous ruinez votre santé, ainsi que la démographie florentine, pour des chimères. (Levant son regard sans tendresse sur lui) Aucun ne me baise. Ni eux, ni VOUS.
ALESSANDRO_ (posant les mains sur le bureau, son visage près du sien) Ma chère et tendre, vos mensonges et votre perfidie n'ont d'égale que votre libido. L'odeur de vos cuisses embaume jusqu'à Constantinople ! J'arracherais les tripes de tous ces chiens. Un par un !
LA MEDICIS_ (louchant sur la bouche d'Alessandro). Votre langue est chargée. Tirez pour voir ? En épouse bienveillante, je vous conseille d'aller prendre les eaux à Milano.
ALESSANDRO_ (perdant son sang froid devant son insolence, il l'attrape par le cou violemment) Méfiez-vous que je ne vous y noie...
LA MEDICIS_ (murmurant, proche de l'asphyxie). Fais-le...Je t'en supplie... Met fin à notre supplice mutuel...
ALESSANDRO_ (resserrant sa prise, le visage assez proche pour humer son parfum) C'est une joie, mon petit coeur, que je ne t'offrirais jamais.

Pris d'une soudaine frénésie, il écrase ses lèvres sur les siennes et tente de briser le barrage de ses dents avec brusquerie.
Il recule soudain, poussant un grognement, du sang au coin la bouche.
La Médicis l'a mordu.


Avec un rire de damné, il la repousse sur son fauteuil et renverse par inadvertance la fiole d'encre noir qui se répand sur tous les papiers.

ALESSANDRO_ (Reculant vers la porte) L'un après l'autre. Shlaaack (mimant un coup d'épée), pour un seul regard de vous, un sourire, une oeillade appuyée.
LA MEDICIS_ (Relevant un menton fier plein de morgue) Je vous remercie de bien vouloir fermer la porte en sortant. Les courants d'air, en cette saison sont...mortels.

Tirant sur la porte avec fracas, il sort en la laissant grande ouverte. Et dans sa furie aveugle il ne remarque pas "celui" qui attend là.
Et qui a tout entendu...



" L'abus d'une Médicis est dangereux pour la santé, à consommer avec modération"
Taliesyn_de_montfort
    Dans l'antichambre de l'enfer

    J'entendais deux personnes s'invectiver de manière violente, et en italien de surcroit, je n'avais rien d'autre à faire que de les écouter et d'essayer de comprendre ce qu'il se disait, un bon exercice de style en soi !

    Dire que le mari avait l'air jaloux serait un doux euphémisme, il valait mieux se tenir à l'écart de sa femme visiblement. N'ayant pas à coeur de me battre dans une ville que je ne connaissais pas, contre un noble certainement qui devait soudoyer la moitié de cette ville encore moins, et pour une femme qui devait certainement avoir la libido de la mère jaouen pour ne pas profiter ne serais-ce qu'une nuit des prétendants que son mari tuait... Un rare cas de frigidité cadavérique il semblerait.

    M'approchant du pas de la porte, je m'empressais de chasser mon sourire de mes lèvres, il allait falloir que je négocie les frais d'avance de fonds, la Banque Médicis n'étant pas la Banque Montfort, elle ne connaissait pas les prêts à taux zéro, et le chemin de l'or jusqu'au plus proche comptoir des Médicis était long depuis la Bretagne. Je pioche mes documents avec sceau , papier officiel etc, attestant d'une part de mon identité, et d'autres part de l'accord des deux banques pour les échanges de montant.

    Le soleil à le don d'arroser la pièce, et mes yeux peinent à s'habituer depuis la pénombre de l'antichambre. Je m'approche du bureau où la femme est assise, ne distinguant que les formes, mon regard s'accroche forcément sur ses formes, rien d'étonnant cela dit, je comprends mieux les cadavres aux yeux qui transpire le désir par les atours de cette femme. Je repense à ce que m'avait dit mon cousin, ca ne peut être que la Duchesse de Pazzi. Sa description colle bien après tout, je me présente, à voix haute et distincte, tout en me courbant, ca me laissera le temps d’arrêter de cligner des yeux comme un poussin :

    Taliesyn de Montfort, Prince de Bretagne, Duc de Retz, héritier de feu Elfyn de Montfort, Grand-Duc de Bretagne et dirigeant de la Banque Montfort.

    Vaut mieux faire ronflant au début quant on parle d'argent ! Ca laisse moins de doute au prêteur et le taux en diminue d'autant que leur crainte baisse. Je me relève n'attendant pas que la femme se présente. Après tout, mettre une femme à gérer les comptes, à par si le mari coupe aussi la tête des créanciers, ca n'a pas de grand intérêt, mais je ne ferai pas de remarque, chaque pays à droit à ses défauts.

    Mes yeux croisent les siens, et je la revois, toute pimpante, à la gauche de mon père durant leur sacre. MALLOZH RUZ ! La putain de mon père ! Celle-là même qui s'est enfui comme un rat.

    VOUS ! Espèce de ..., un soupir, le Prince se mord littéralement la langue, pour retenir ses hurlements, ses insultes, mais aussi parce qu'il vient de repenser que c'est elle qui détient l'argent pour l'instant. Les pensées se bousculent, tandisque son coeur tapes directement sur ses tempes, impossible de se calmer, il pointe du doigt la médicis comme si la foudre pouvait en sortir. Rouge de colère, son automatisme se porte sur le pommeau de sa batarde, comme s'il allait la sortir pour couper la tête de la traitresse sur le champ.

    Lui qui la rendait coupable de tous les maux à la mort de son père, il lui en voulait plus qu'à tout autre, car son père était mort seul. Et autant d'un ennemi on sait à quoi s'attendre que la trahison d'un proche est pire acte qu'il puisse exister à ses yeux.
    A défaut d'invectiver, de lui cracher au visage ou de l'embrocher, il la fixait droit dans les yeux, cherchant si dans son corps une once de sagesse pouvait s'y cacher.

    Les négociations commencent bien, ca sent les agios !

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Alessia.medicis



Fébrilement, Alessia imbibe un papier buvard pour nettoyer l'encre qui a tout souillé.
Le palais est vide de page, valet, huissier. Alessandro ayant rapidement mis tous ces hommes hors de portée de ses regards.
Par contre, une dizaine de femmes de chambres et carmélites sont à son service.
Et lorsqu'elle est dans son bureau de la Banque Médicis, elle est seule.

Soudain, un bruit de pas se fait entendre. Est-ce lui qui revient ?
Elle n'a pas encore repris son souffle. Garder obstinément son regard sur le buvard. Rester concentrée sur cette encre qui s'étend et lui macule les mains.
Mains noires. Robe noire. Ame noire. Coeur noire.


Taliesyn de Montfort, Prince de Bretagne, Duc de Retz, héritier de feu Elfyn de Montfort, Grand-Duc de Bretagne et dirigeant de la Banque Montfort...

La Médicis relève le regard au ralenti. Elle plisse les yeux et observe un jeune homme du même âge qu'elle, parfaitement inconnu.
De prime abord elle croit à la mauvaise blague. Un usurpateur.

VOUS ! Espèce de ...

Et c'est quand il semble la reconnaitre, l'insultant, l'invectivant la main sur la paume de l'épée, qu'elle tressaille. Elle aussi le reconnait.
D'instinct elle porte la main à son cou fraichement meurtrit.
Mais Alessia, incomparable, se pare du masque de la Médicis.


LA MEDICIS_ (Reprenant sa besogne) Quand on veut tuer quelqu'un, ça ne coûte rien d'être poli.

De là où il est, il ne peut voir sa main qui tremble en appuyant le buvard de toutes ses forces.




" L'abus d'une Médicis est dangereux pour la santé, à consommer avec modération"
Taliesyn_de_montfort
Il la fixe, et voit son regard se défiler, elle l'ignore, le mettant plus hors de lui qu'il ne pensait pouvoir l'être. Le calme, il ne l'avait appris que sur les champs de bataille, même si celui-ci en devenait un. Il n'existe plus de Banque, plus de Florence, plus de Napoli ni de Cugini. Maintenant, il n'y avait qu'eux d'eux.

Quand on veut tuer quelqu'un, ça ne coûte rien d'être poli.


Abattant ses dernières défenses, le prince fulmine, comment osait-elle.

Je n'ai aucune leçon de politesse à recevoir d'une souillon qui couchait avec un Montfort et un Brocéliande à la fois. Quel honneur peut-on avoir à être la grande maquerelle de Bretagne ! Où se trouve la politesse lorsqu'on abandonne, sans loyauté aucune !

Baissant son doigt et se redressant il crache au sol, la défiant du regard
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Alessia.medicis



La violence verbale s'intensifie. Le fils n'a pas le self-control du père.
A l'évocation du souvenir d'Elfyn et de Riwan, deux hommes qu'elle a aimé différemment pour des raisons différentes, Alessia a le ventre qui se déchire, les os qui s'entrechoquent, une brèche dans le masque.

Non. Je suis plus forte que toi petit prince. Tu peux me cracher dessus, jamais tu me détesteras plus que je ne me déteste moi-même... Ils étaient tous les deux ma chair, mon sang, une partie de moi.

Avec un mouvement d'humeur, elle jette le buvard souillé au sol.
Sur le bureau, un bol de bonbon à la rose. Elle pioche délicatement l'objet de gourmandise et le porte à ses lèvres. Et dans un léger craque, le broie en mille petites constellations qu'elle suçote tout en se levant à sa rencontre.
Un bonbon et ça repart !

Elle traverse les quelques mètres qui les sépare de son pas nonchalant, voluptueux, en dilettante. On n'imagine pas une seconde qu'arrivée à sa hauteur, elle le gifle avec une force hors du commun.


CLAAAAAAACK !!!!
Voilà, celle-là est offerte par la Maison. Sans frais de fonctionnement ni surtaxe liée au taux de change. Comme quoi il négocie pas si mal le Montfort !

Puis tirant négligemment sur sa manche de dentelle noire qui s'est relevée sous la violence de l'impact, elle lui balance :

Par principe, une mère Maquerelle ne consomme pas. Qu'elle soit grande ou pas.

Balle au centre !
Mal à la main un peu quand même...



" L'abus d'une Médicis est dangereux pour la santé, à consommer avec modération"
Taliesyn_de_montfort
J'essaie de reprendre mon souffle, ma colère ne s'arrête pas malgré le flot d'injures que je sors de mes tripes. Cette chienne ne se repend pas d'excuse, non elle s'en fouttait royalement visiblement. Encore que je m'étonne de ne pas la retrouver finalement au pied du Brocéliande, vu qu'il à la couronne de père.

Mon regard la suit lorsqu'elle vient à ma hauteur, je ne m'attends pas à ça, je ne m'attends à rien, je n'anticipe pas et ca, ca me bouffe. Par réflexe j'ai aggripé son poignet, le serrant par la force de ma colère.

Par principe, une mère Maquerelle ne consomme pas. Qu'elle soit grande ou pas.

Mon sang ne fait qu'un tour, et je ne peux me laisser souiller ainsi de cette femme. Je passe son poignet dans son dos d'un mouvement, lui faisant une clé de bras pour voir apparaitre mon stiletto à la base de sa pomme d'adam. Se positionnant dans son dos, lui sussurant à l'oreille :

Pensez-vous que parce que vous êtes une femme noble, vous pouvez tout vous permettre? Pensez-vous que parce que mon père vous enflait que je n'aurai aucun remord à vous égorger, telle la truie que vous êtes. Et qui va accourir ici? Votre dame de chambre?
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Alessia.medicis


Oh oui, chéri, fais-moi mal. Enfin...si tu pouvais juste faire attention à ma mule de brocard que tu as écrasé pour l'occasion. Merci.

La première impression que son corps ressent ainsi pris dans un étau : merde il pue ! Odeur mêlé de poussière, de crasse et de filles de mauvaises vies.
La seconde : il est plus vigoureux que le père. Quoiqu'il se défendait pas mal malgré son âge. Mieux que pas mal...

Bien sûr, Alessia, la dague coincée sous le cou, n'en mène pas large. Jusqu'ici son humour lui a sauvé la vie bien des fois. Au propre comme au figuré.
Mais là, étrangement, rien ne lui vient. Le vide absolu ... C'est quand même dommage. Maintenant qu'elle en a le plus besoin.

Alors, elle s'accroche à son bras. Agneau touchant le loup d'une patte douce sans être aguicheuse. Résignée sans doute devant la gueule qui la dévore d'insulte.

La voix essoufflée, légère comme une gorgée de chianti, elle lui répond.

Non, personne ne viendra. Pas même un chien pour niaquer vos mollets...

Juste entre toi et moi.
Elle ferme les yeux. Son cou saigne, blessure anodine sur une peau fragile.
Son sang peu à peu goutte sur la dague, inaudible ploc ploc qui sonne comme un tic tac.

Je t'ai attendu si longtemps. Et tu viens enfin à moi...
Et on fait quoi maintenant ?


" L'abus d'une Médicis est dangereux pour la santé, à consommer avec modération"
Taliesyn_de_montfort
    Elle s'abandonne, ne résiste plus et le combat s'arrête là. Devenant d'un coup beaucoup moins intéressant, rendant la situation absurde et inconvenue. Comment en était-il arrivé là? A croire que dans les sentiments du Prince, soit on était avec lui, soit on était contre. Totalement absolu dans sa réaction le Montfort reprend son souffle, la colère s'échappant petit à petit, laissant libre place à d'autres émotions.

    Je ne parviens pas à desserrer des dents, et j'entends mon souffle contre sa peau, elle semble d'un coup si fragile, je prends conscience de notre position, bien qu'il y'ait cette lame, je suis tout contre elle et mes yeux s'attardent sur sa nuque, sa gorge, le mélange des réflexes physiques et de l'intensité de la colère sont une dissonance dans mes sentiments que je ne contrôle pas.

    Non, personne ne viendra. Pas même un chien pour niaquer vos mollets...

    Le contact de sa main, une fragilité charnelle fait naître des sentiments contradictoires, malgré toute la haine que je peux avoir envers cette femme, sa volonté m'attire et sa fragilité me désarçonne. La colère remonte en moi, c'est moi qui suis faible, je ne peux me permettre ca, pour tout ce qu'elle a fait à mon père.


    Je t'ai attendu si longtemps. Enfin tu viens à moi...

    Ces dernières paroles ne font qu’exacerber sa confusion, il la repousse violemment loin d'elle. Hurlant : SORCIERE!, comme si elle l'avait investi d'une quelconque malédiction comme à tout ces hommes qui croisait son regard. Ca ne pouvait être qu'elle qui jouait sur ses sentiments, jamais, oh non ca jamais il n'aurait pu avoir quelconque attrait pour une femme à qui il prêtait mille traîtrises et vices.

    J'essaie de reprendre mes esprits, mon stiletto toujours à la main, je vois au sol mon vélin scellé pour la demande de fond. Je pique du bout de ma lame pour planter le velin sur le bureau avec la demande. Je prends soin d'éviter de la regarder, je ne saurai quel artifice elle pourrait employer contre moi pour parvenir à ses fins.

    Sachez, duchesse ces mots sonnent faux, mais il appuie bien dessus, voulant appuyer son rangque je ne venais pas pour le plaisir de voir votre sang coulé, sinon cet office serait déjà conclue depuis longtemps. J'ai besoin de fonds pour la guerre à venir, je m'en vais au Palazzio vechio, je m'attends a voir les coffres sur chariot sous garde de la compagnie du Comte de Campobasso sur la plazza della calza, à mon retour

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Alessia.medicis



Oh yeah yeah oh yeah yeah oouh !

Sale moment pour la Médicis.
Ce n'est pas lui qu'elle attendait, mais la mort qui l'accompagne...

Dans un monde où les femmes sont considérées comme mineures à vie, où elles appartiennent stricto sensus à leurs pères, à leurs maris, à leurs fils, à leurs frères, Alessia a brisé les lois de Dieu et toutes les règles de la société. Prétendant régner en maitre sur les hommes : marchands, nobles, politiques, marins, militaires, diplomates. Et dans le coeur de deux Rois.

Inconcevable. Impensable, impossible. Cet impossible-là, Alessia Médicis l'a tenté.
Comment insulter, bousculer, mépriser impunément un tel personnage ?

Jetée contre le marbre de la cheminée, son dos heurte violemment la pierre glacée. Et une ecchymose de plus ! Est-ce assez pour la déstabiliser ? Lentement, elle se détourne de lui et fait face au miroir qui orne le foyer. Son image la surprend : son visage est étonnamment lumineux. Seule la goutte de sang qui perle à son cou contraste avec la blancheur de sa peau.


_Sachez, duchesse que je ne venais pas pour le plaisir de voir votre sang coulé, sinon cet office serait déjà conclue depuis longtemps. J'ai besoin de fonds pour la guerre à venir, je m'en vais au Palazzio vechio, je m'attends a voir les coffres sur chariot sous garde de la compagnie du Comte de Campobasso sur la plazza della calza, à mon retour.

Tirant un fin mouchoir de dentelle de sa manche, elle tamponne doucement la plaie avec la précision d'un orfèvre.

_ Non. Un regard sur lui à travers le miroir. Il baisse les yeux, évite de croiser son reflet.
Un mince sourire vient orner la lèvre d'Alessia.
Elle répète alors.

_ Non, votre Altesse.
Comment ça non ? Le pouvoir est l'aphrodisiaque suprême.

Qui a dit que ce serait facile...



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