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[RP] Cousinades.

Eldearde
    La ville ne s'apprête point des mêmes fragrances ni des mêmes éclats lorsqu'elle dissimule en ses ruelles mutines quelques âmes jolies issues du même lignage que le vostre. Meshui, Eldearde recouvrait une capitale limousine aux attraits nouveaux, dont chacun des murs épais se trouvait susceptible de soustraire à son œil impatient le visage de son sang jusqu'alors irrévélé. La mystérieuse Kierkegaard sillonnait possiblement l'une de ces longues artères terreuses, piaillait peut-être allègrement sur les quelques bancs vétustes de l'auberge voisine, repoussant courtoisement du dos de sa dextre un ou deux bocks mousseux et maladroitement proposés...Cette présence sibylline suffisait à orner la cité d'agréments inédits faisant de ce retour pourtant bousculé par maintes imprévus une délicieuse promenade aux charmes inégalables.

    Les deux parentes n'avaient jusqu'alors échangé que quelques plis amicaux quoique empreints d'une touchante candeur, l'une comme l'autre ne sachant réellement définir les sages limites de leurs confessions respectives. Tâtonnantes et malhabiles, les douces ingénues s'étaient pourtant autorisé quelques révélations considérables, entérinant cette confiance bienveillante semblant vouloir les lier. Ainsi, de Marie-Amelya, la jeune haridelle ne savait presque rien tout en connaissant l'essentiel : fiancée comblée et portant l'enfant de l'être aimé, la Limougeaude lui avait écrit ses ardentes joies, que l'empathique cousine s'empressait évidemment de partager. Et le Très-Haut s'en trouvait bien remercié, de cette félicité habilement mutualisée.

    Mais quelques phrases affables adroitement griffonnés ne pouvaient contenter bien longtemps ces deux gamines empressées. C'était la raison pour laquelle l'étique patichonne faisait présentement le pied de grue devant le seize rue de la Justice, avisant béatement les hautes façades de pierres grises et l'imposant battant de chêne. La jouvencelle avait beau ne pas en mener bien large, les quelques marches du perron furent prestement gravies et la hâve senestre de se tendre vers le heurtoir rubigineux.

    Trois coups.

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Mahelya
    Pas de réponse... Pas de nouvelle, bonne nouvelle non ? Enfin c'était bien ce que disait le proverbe. Oui mais voilà, la Rousse frêle enceinte de deux mois et quelques se demandait finalement si elle avait bien fait de confesser à sa cousine tout juste retrouvée sa grossesse pourtant déjà tant aimée. Le bureau était une pièce reposante pour la Jeune Flamme et Kylian lui laissait ses quelques instants à elle, dont elle avait besoin. Ici pas de bruit, une odeur réconfortante de parchemins, d'encre et de bouts de chandelles consumés. Son Havre de Paix. La fine main blanche se pose sur le tout petit renflement de cet abdomen qui abrite la Vie, l'Avenir. Les sinoples se perdent vers l'horizon. * Que fais-tu ma Cousine, est-ce que mon propre sang que je ne connais pas encore me rejette déjà ? * Les pensées sont confuses dans l'Esprit tourmenté de l’Étincelle, c'est que durant sa courte vie, elle a déjà subi tant de rejets. L'estomac cabotin ces temps-ci se met à gargouiller, un fin sourire s'esquisse sur les purpurines de la Flammèche.

    - Tu as faim mon chéri ? Allons voir à la cuisine ce que Bertille nous prépare de bon.

    La Fine silhouette s'extirpe de la chaise confortable en bois ouvragée. Le souffle frais éteint la Flamme qui conférait un peu plus de lumière à la pièce qui disposait pourtant d'une fenêtre sur rue. Le Lieu est quitté un peu à contre cœur, mais Mahelya sait déjà qu'en bas, elle retrouvera la chaleur réconfortante des bras de son Ténébreux. A cette pensée, le pas se fait plus pressé, et l'allure augmente encore dans les escaliers. C'est fou comme la personne tant aimée peut avoir un effet bénéfique sur vos humeurs. L'estomac de l'Incandescente se rappelle à son bon souvenir. Le sourire devient franc et amusé. * Petite canaille de bidou ! tu me fais déjà tourner en bourrique et j'adore cela ! * Le pied devient léger sur le bois des dernières marches et les doigts délicats se tendent déjà en direction de la porte qui ouvre sur la pièce des plaisirs du palais. Mais alors qu'elle allait enfin pouvoir répondre à ses envies - tartine de fois gras et de confiture de framboise - l'on toqua à la porte d'entrée. Inutile que tout le monde se lève, la Rousseur est déjà dans la place.

    - Bougez pas j'y vais ! je suis devant !

    L'ont-ils entendue ? ou Pas ? Peu importe, la Frêle ouvre la lourde porte de chêne ouvragée, peut-être était-ce Joska le marieur improvisé qui venait rendre visite au couple fiancé ? Anna qui lui ferait une surprise ? Ou un Limougeaud venu partagé un verre comme elle l'avait proposé lors de sa compagne municipale... Surprise ! La vision qu'offrait cette porte ouverte était étrangère pour les iris de la rouquine. Un instant interdite. Le suivant, les sourcils qui se haussent doucement, le dernier les lèvres qui forment un parfait "o".

    - Bonjour ?!... Euh... Je peux vous aider ?

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Eldearde
[Where I found you]
    Sans doute était-il impossible de porter l'orangé plus élégamment que ce bout de femme là. L'alezan d'une crinière abondante cerclait finement un minois bien allant dont accortise et gracieuseté se disputaient les traits harmonieux. Le nacré de la peau se paraît exquisément de quelques éphélides mignonnettes, conférant à la trogne juvénile une espièglerie toute attendrissante. Les sourcils roussâtres et courtoisement haussés surmontaient deux jades brasillantes quoique, sur l'instant, teintées d'une certaine perplexité. Petit gabarit et taille menue, la demoiselle semblait délicatement vulnérable, tout en dégageant intimement une impétueuse vitalité.

    Le tendron semblait avoir l'âge requis : le même que le sien, à quelque chose près. Au sortir de l'enfance, au seuil du bel âge ; femme sans l'être tout à fait, gamine mais qu'à moitié. L’œil attentif ne put s'hasarder jusqu'à l'indice évident d'une légère bedaine, cette lorgnade indiscrète ne s'accordant nullement avec les manières parfaites d'une patichonne éduquée. C'est donc sur un faciès patiemment dubitatif qu'Eldearde quêta quelques témoignages d'un sang semblable au sien, d'un lien de parenté si évidemment manifeste qu'elle pourrait le discerner aussi aisément que ce petit nez gentillet posé au milieu de la figure limougeaude.

      Mahelya, y es-tu ?

    L'haridelle cessa cependant rapidement sa contemplation du visage flamboyant, désireuse de mettre un terme à ce silence gênant dont elle était elle même la cause. Les menottes blafardes liées sous une gorge quasi inexistante, la coiffée entreprit de proposer une réponse concise aux légitimes interrogations de la créature rutilante.

    - Très certainement mademoiselle. Je me nomme Eldearde Kierkegaard, et je désirerais échanger quelques mots avec Marie-Amelya qui, m'a-t-on dit, habite ici.

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Mahelya
    Le temps semble s'arrêter, le silence s'installe sur le palier de la demeure de pierre à la sortie nord de la Ville, et enveloppe les deux actrices de la scène. Il ne s'agit pas d'un silence pesant, lourd, où l'un ou l'autre des protagonistes ressent un malaise, une gêne quelconque. Non. C'est un silence d'observation. Elles se jaugent, s'observent durant un instant qui semble s'éterniser et qui laisse le temps aux deux jeunes filles de se détailler. Car oui ! Si la Brunette détaille la Rouquine, la Rousse en fait de même. Cette "drôle" d'habitude dont elle est friande. * Montres-moi ton apparence et je devinerai qui tu es *. Ainsi, laisse-t-elle ses iris émeraudes scruter la toute fine silhouette qui lui fait face. L’Étrangère est grande, bien plus grande que la Flamme de presque d'une tête. Cependant elles ont en commun cette fragilité apparente, certainement dû à leur carrure plus que mince. Pliant un peu la nuque, le regard viride s'attarde sur les traits du minois inconnu. Une chevelure sombre qu'elle devine sous la coiffe grâce à quelques mèches éparses qui dépassent ça et là, encadre un visage qui pourrait semblait sévère si les prunelles bleu pâle ne trahissaient pas une certaine candeur de l'âme. Le vert glisse encore et s'attarde sur la mise. Simple. Modeste. Seule une ceinture marque la féminité nouvelle des hanches. Elles ont probablement le même âge.

    Quelque chose dans cette apparition imprévue semble néanmoins familier à la Flamboyante. L’Écho de quelques mots gravés à l'encre noire sur un morceau de parchemin s'impose à son Esprit. Un seul raisonne plus fort dans le crâne qui semble pourtant perdue dans quelques brumes incompréhensibles : "Cousine". Les émaux de jade remontent alors avec un empressement qu'elle désire cependant ardemment contrôler. * Comment petite Flamme peux-tu être certaine qu'il s'agit d'elle alors que tu ne l'as jamais rencontré ? *. Et se scelle enfin à se regard sur lequel elle ne s'était pas vraiment attardé. La Curiosité de la Brulante allait une nouvelle fois frapper mais elle fut prise de court par ce songe éveillé. Kierkegaard. Le nom fend l'air pour se perdre dans les pensées de l’Étincelle. Ce nom défendu et fièrement porté, ce sang oublié ... Ils sont là devant elle, à à peine un pas. Les sourcils de feu se haussent davantage et le silence demeure encore quelques instants, le temps pour Mahelya de réaliser pleinement qui est cette visiteuse. Le "o" muet qu'esquissaient les purpurines depuis l'ouverture de la porte en chêne et enfin libéré de la gorge aux nouvelles rondeurs généreuse.


    - Oh !

    Que faire ? Que dire ? Fallait-il qu'elle soit incapable de composer avec l'imprévu ? * Présentes-toi jeune fille. *

    - Je ... je suis Marie-Amélya ... Kierkegaard.

    La voix qui exulte est chevrotante, mal assurée et déstabilisée. Enfin ! Enfin elle rencontre cette cousine qu'elle ne connaissait finalement que depuis quelques mois par quelques missives interposées. L’Étincelle n'a pas pour habitude de museler les émotions qui l'envahissent, et une fois encore c'est avec naturelle qu'elle les laisse s'exprimer. Le pas, cette petite barrière invisible entre les deux femmes, est franchi et la Rousse étreint doucement la Brune. Un souffle, un murmure s'échappe des lèvres qu'elle avait pourtant souhaitées sceller en cet instant pour ne pas éclater en sanglots.

    - Ma Cousine ... Eldearde c'est toi ? Vous ?

    Le contact est fugace, La rousse ne peut se targuer d'une éducation enfantine pleine d'amour et d'attention, tout comme sa cousine elle a passer de nombreuses années chez les nonnes, mais il n'en reste pas moins salvateur. Le rêve devient palpable. Là devant ses mirettes ébahies. La Fine se recule, et le sourire qui illumine la porcelaine tacheté de brun de son visage ne peut signifier qu'une seule et unique chose. Elle est heureuse. La petite main toute fine attrape délicatement celle de la Brune.

    - Viens ! Entre ! Nous avons tant de choses à rattraper.

    Et sans plus de cérémonie, elle invite l'Eben à la suivre dans le hall, direction la porte sur la gauche qui ouvre sur le salon. Quelques mots à la cantonade, lâchés pour la Cuisinière et Kylian dans la cuisine avec les jumeaux d'Aldraien.

    - Je suis dans le salon. Eldearde vient d'arriver.

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Eldearde
    Elle l'est.
    La survivante, l'unique parente, la cousine chérie.
    Cette Rousseur incandescente venait combler l'arbre dépouillé d'une ascendance trépassée et éclairer de ses œillades mutines le sens même du mot « famille ». Délicieusement, elle chargeait de sa présence safranée le désert généalogique de l'amère coiffée, apaisant de sa simple trogne mouchetée le vide existentiel de l'enfant délaissée. Éradication de la solitude, en une demie seconde, le temps d'une affirmation salvatrice :
    « Je suis Marie-Amelya Kierkegaard ». Si les quelques missives échangées avaient laissé miroiter la beauté d'une situation semblable, la réalité de ce corps aux courbes audacieuses, de ce minois tacheté de son, de cette voix doucettement balbutiante scellait ce qui s'avérait désormais une éclatante certitude : la fin d'une morne déréliction. Et qui ne se laisserait submerger par quelques émois doucereux de se savoir accompagné en ce bas monde un peu fou, dans cette danse démente des illustres lignées ? Certainement point la candide Eldearde dont le touchant ravissement abreuva une goutte joyeuse au coin de la paupière.

    Icelle s'échoua clandestinement sur le feu d'une ample chevelure. Dans un poignant élan du cœur, la petiote Flamboyante accueillait la cousine efflanquée de ses bras chaleureux, le temps d'une étreinte rapide quoique infiniment prévenante. L'hésitation ne dura que l'instant d'une inspiration stupéfaite avant que les membres chétifs ne cerclent à leur tour les gracieuses épaules. Bien que peu versée dans l'art d'exprimer ses sentiments, cette embrassade spontanée parut naturelle à la jeune élancée : n'est-il pas usuel de serrer aussi fort qu'on les aime ces êtres adorés qui façonnent de leurs rires l'absolue magnificence de l'existence ? Or, elle l'aimait déjà, cette étincelle enjouée présentement blottie contre le palpitant agité. A la vibrante question doucement chuchotée, Eldearde ne put répliquer que d'un franc hochement de tête, l'émotion vigoureuse broyant sans ménagement ses menues cordes vocales.

      Toi. Vous. Elle. Peu importe : je ne suis plus l'Inconnue.

    S'imprégner de cette âme consanguine, de sa vérité matérielle... avant de s'en détacher posément pour se voir offrir le plus étincelant des sourires. Les pommettes rosées piquetées de bai et ainsi gaiement rehaussées eurent vite fait de peindre sur la mine voisine le même masque de joie enfantine. La menotte familière venue cueillir sa jumelle se vit instinctivement pressée par les doigts effilés tandis que l'orléanaise se laissait béatement entraîner par sa parente guillerette. Pour sûr, les deux jeunettes avaient beaucoup à rattraper : maintes années l'une sans l'autre, sans ces jeux de fillettes qui emplissent le jardin d'insupportables gloussements, sans ces cachotteries ridicules et autres secrets de jeunes filles en fleur habilement susurrés... Quelques printemps plus tôt, la petite Marie aurait certainement emporté sa brune cousine d'une manière comparable, mimines liées, vers une nouveau poupon de chiffon, une sauterelle récemment capturée, qu'il lui tardait de délivrer au regard ébaubi d'une Eldearde rieuse. Tout un univers serait aujourd'hui dévoilé, et rien ne pouvait rendre la frêle patichonne plus joliment curieuse.

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Mahelya
    La Rousse guide l'Ebène vers le salon. Une grande pièce traversante, éclairée par une fenêtre sur rue et par une sur jardin. Une petite pointe de luxe. Du coté du jardin trône une grande et large table, ornée d'un magnifique chandelier en étain reposant sur un chemin de table brodé de quelques fils d'or et de vert. En face de la porte, une imposante cheminée en pierre, où un feu paresseux égaie joyeusement de ses quelques flammes l'atmosphère de la pièce. A coté de l'âtre, un petit salon, dont les tapisseries sont l’œuvre de la Flammèche, dans des tons de vert allant du plus profond au plus claire. C'est là que l’Étincelle invite sa cousine à prendre place. La table basse face à la banquette tapissée abrite en réalité, une petite réserve des plus fameux alcools, ouvrant le coffre, Mahelya en sort deux godets et quelques liqueurs. Tout ce temps, les prunelles sont restées accrochées sur le visage d'Eldearde, le sourire ne tarit pas sur le minois aux tâches de Rousseur. Et bientôt, cette visite imprévue, leur permettra de rattraper un peu le temps perdu.

    - Je suis vraiment heureuse de te rencontrer ! Pardonnes-moi, je te tutoie mais je veux effacer cette distance qu'a mise la vie entre nous... Bon alors commençons les questions. Que désires-tu boire ? J'ai du vin de paille, une spécialité Limousine, de la liqueur de prune et un petit bourgogne blanc.

    Pour l'Incandescente ?! Du vin de paille bien sur, juste une larme histoire de se délecter du gout, d’imprégner son palais et sa langue de cette délicate gourmandise dont elle n'a plus vraiment le droit d'abuser. Les godets servis, la Frêle prend place à coté de la belle figure marmoréenne, digne, droite, laissant transparaitre cette douceur dont elle avait soupçonné l’existence au travers des vélins échangés. La Fine silhouette s'installe, la Rousse lisse ses jupons. Petite manie qui ne la quitte jamais trahissant sa coquetterie. Mais le regard viride reste bien entendu scellé au visage de la Brune. le sourire s'élargit encore si cela est possible. Par quoi commencer ? Là est la question. * Que veux-tu savoir ma cousine, de ce que je ne t'ai pas encore dis ? *

    - Tu sais ? Tu es assise sur l'une de mes œuvres. quand j'ai quitté le couvent à l'age de six et demie, je n'avais aucune ressource alors j'ai loué mon talent pour la couture et le tissage, j'ai commencé par tisser des galons. De bien mauvaise qualité au début je l'avoue, mais au fur et à mesure du temps qui passait, j'ai appris, j'ai acheté de meilleurs fils et je revendait le tout aux Maître tisserand. Petit à petit j'ai économisé et quand je suis arrivée ici, j'ai pu m'acheter cette demeure. Te voilà donc chez moi, et c'est un peu chez toi aussi. Si tu as besoin, si tu le souhaite, je t’héberge. J'espère que tu appréciera Limoges. J'ai tout trouvé ici. Une famille de substitution, il faudra que je te la présente d'ailleurs. L'amour, il est dans la pièce à coté. Et l'impression de vraiment servir à quelque chose... Et toi Alors ma Belle Cousine. Que me racontes-tu ?

    Le godet de vin est porté aux purpurines. Une gorgée, juste une pour donner à ce moment parfait, plus de saveur encore. Enfin si cela est possible.

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