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[RP]Reve de garbure

Feliantine



Elle en avait eu une indigestion, à force de bouffer des pruneau. Et puis le saumon fumé par là dessus, meme avec de la creme fraiche et un peu d'aneth, ça avait fini par lui donner mal au ventre, sans parler que les pruneaux... chacun connait les effets sur le transit intestinal. Alors elle avait pris sa vache, son fidele guide Michelin, à la criniere verte forcement, et un petit cadeau pour son ami le Dénéré.

Chemin faisant, depuis les rives de la Garonne, elle s'etait arretée en Armagnac, histoire de faire le plein de douce liqueur ambrée qui demenage le cerveau et rend moins truffe. Ahhhh qu'il allait faire bon vivre en Bearn! De quoi s'amuser qu'elle avait dit la Comtesse. Et Erel lui avait aussi promis une vie douce et joyeuse. Feli pourrait se remettre de tout ce qu'elle avait traversé ces derniers temps.

Elle avait ecrit à la comtesse quand meme avant, pour prevenir. Sa maman lui avait toujours dit de demander avant. Alors elle avait pris sa plus belle plume

Citation:
Ô merveilleuse comtesse

Je vous ecris pour vous demander la permission s'il vous plait m'dame vot'comtessité, de venir vivre dans votre bonne ville de Tarbe, pour me peter la panse de tome, de garbure et de tout ce que vous voudrez bien me donner à grailler.
Je vous demande aussi de bien vouloir m'accorder l'asile psychiatrique, parce qu'il y a quelques temps j'ai une arete de poisson qui m'est monté au cerveau et j'ai plus toute ma tete. Remarquez ce n'est pas un fait nouveau, mais autant profiter de ce pretexte.

Je vous amene un petit cadeau. Non pas que je veuille acheter votre bienveillance, mais les petits cadeaux ça entretient l'amitié.

A la revoyure
Feliantine


Simone avait bien tiré la tronche. Elle aimait bien les pruneaux elle. Mais le voisinage commençait à se plaindre de la bovine, qui à force d'en manger commençait à degueulasser les rues agenoises. La vache voyait pas la difference entre le avant et le apres. Mais Feli avait promis des verts paturage, de la garbure et des jolis taureau. Alors les voilà tous partis, la coupine Melinne de la Roche Jolie dans les bagages.

En arrivant à Tarbes, sur son Michelin, elle se rendit sur la place, esperant trouver ses amis.




Ingenue
Pruneau d'Agen, ça vous va bien ! Telle était la devise de ces chieurs de Guyennois... Mais comme disait la Mamé, point trop n'en faut et les blagues les plus courtes et ben ce sont les plus courtes ! Et nul n'avait osé contredire la Mamé de son vivant, et encore moins de son trépas !

A l'équivalent de ce fruit séché dépuratif et allégorie de cette peuplade primitive qu'étaient les Guyennois, le Béarn avait aussi son lot caguèristique comme la Garbure à Tarbes, les haches qui s'émoussent trop vite à Lourdes et GRMY à Orthez...

Et même si le régent actuel de Guyenne était homme fort charmant et tendait à lui tout seul à inverser cette cruelle fatalité, la blonde et ingénue Comtesse du Béarn ne pouvait que comprendre la détresse morale et le désespoir tenace qui tenaillaient le cœur et l'âme de la rouquemoute Toulousaine.

Et c'est dans un altruisme, une bienveillance et une mansuétude extrême que la blonde arracha une plume du cul d'une oie pour répondre à la gribouille, parant ainsi le vélin de son écriture ronde et nerveuse.


Citation:
A vous, Feliantine de Walsh-Monfort,

La missive suivante se fera concise et brève, j'espère que vous aurez à cœur d'entraver que je n'ai pas que ça à faire de lire vos divagations épistolaires ma bonne dame.

Dans les grandes bonhommie et gracieuseté qui sont les miennes, j'accéde à votre demande et de facto, vous accorde le droit de vous établir à Tarbes et de fuir l'archaïque et béotique Guyenne en espérant que notre bonne ville vous accueillera avec tous les égards qui vous sont dûs et que vous vous péterez la panse à coup de Jurançon et de fromage de biquette qui puire.

Vous me dites qu'une arête s'est coincé dans votre encéphale ? A la bonne heure ! Cessez de geindre et relativisez donc ! Elle aurait pu se coincer dans votre cul et adieu voyage, Béarn, veaux, vaches, et gros cochons !

Enfin, c'est avec bonne grâce que j'accepte vos pots de vin, le pouvoir ayant été de tout temps corruptible, je ne vois pas pourquoi je dérogerai à cette régle séculaire.

La bienvenue chez les fous donc,

Eugénie de Varenne, blondine enchignonée du Béarn, fleurant bon pétales de rose sur lit de jasmin.


Et c'est dans un gloussement crétin qu'elle apposa son paraphe, gage officiel d'une folie congénitale officieuse.
Qu'allait répondre la Walsh-Montfort ? Et surtout qu'allait-elle lui offrir ?

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Le RP crétin ? Parce que je le vaux bien.
Melinne


Après avoir suivi Simone, Michelin et la susnommée Féliantine à travers les rues agenoises fleurant bon la bouse et les pruneaux digérés de la vacca Simona puentissima, Mélinne avait accepté en frétillant de plaisir de se joindre à l'équipée sauvage pour un ch'ti voyage sur les bords de la Garonne. Puantes et suintantes à souhait, les deux fleurs délicates arrivèrent en vue de Tarbes, suivies de près par Mélinne et Féli.
Z'alliez pas croire que les fleurs étaient ces charmantes personnes, toutes deux recouvertes de crasse et d'herbes séchées collées à leur tignasse échevelée ! Avec c'te chaleur, penseriez-vous, un ch'ti bain dans les eaux fraîches de la belle Garonne leur aurait certainement rafraîchi les idées, le cul bouillant et chassé l'arrête de saumon sauvage plantée dans l'hémisphère droit de la belle Féli ! Hélas, braves gens... allez tremper votre siège, et le reste, dans une eau où flottent encore les glaçons au milieu des pruneaux emportés par le vent ! Si, n'allez pas me contredire ! Les pruneaux volent.... la preuve en est que lorsqu'on se prend une prune dans la tronche, ça fait un mal de chien !!!!
Par temps de grand vent, dis-je et soutiens-je, une nuée de prunes au dessus du petit groupe effraya la vacca Simona puentissima, qui se retrouva allégrement les quatre sabots en l'air, dans les eaux glacées du fleuve. la crinière vert prairie du fidèle guide Michelin subit une coloration radicale et en pénétrant entre les murs de la ville, la pauvre bête rasait les murs, honteuse de ses crins marron-lie-de-vin.
Féli avait juré à Mélinne qu'elles trouveraient de quoi ripailler, et se rincer le gosier, la luette, la cale, la dunette arrière.... pardonnez-moi, je m'emballe !
Bref, Féli avait prévenu la comtessissime Ingénue, de leur prochaine arrivée et Mélinne ne pensait plus qu'à une chose :
Tenter de dérober une bouteille de ce liquide chaud et ambré qui, d'après son amie, transformait une citrouille en truffe... à moins que ce ne soit le contraire... Encore que Mélinne deLaRochejolie appréciait fort peu qu'on la traite de citrouille. Son estomac fragile supportant difficilement la cucurbitacée en question.
Lors d'une escale, Féliantine avait raflé le doux breuvage en une soirée, et s'était vautrée dans la souillarde de l'auberge, effrayant Babe le cochon qui s'en alla se plaindre auprès de son maître vénéré.
À l'approche de la fête des matrones, Méli eut la peur de sa vie en constatant que l'aubergiste les regardait toute deux avec appétit ! Ils les voyaient en haut de l'affiche... du menu. Babe servant les convives, un petit tablier blanc autour de sa taille rondelette.
Un paon fier et hautain passant dans la cour, elle lui arracha une plume, faisant brailler la bestiole outragée. Elle s'empressa de rédiger une missive à la Comtessime afin de l'informer de l'état pitoyable de Dame Feliantine de Walsh-Monfort.

Citation:
Sublimissime Comtesse,

Par la présente, je tiens à vous informer de l'état desastreux dans lequel se trouve notre amie. Gravement atteinte, cause d'un os de filet de poisson fumé sauvage, planté dans les profondeurs abyssales de sa cervelle de moineau, la pauvrette ronfle à présent dans l'auge d'un cochon dépravé. Je vous conjure, Comtessima, de planquer toutes les bouteilles de pinard, de roteuse, et autre liqueur que je ne nommerai point, afin d'éviter qu'un désastre, pire qu'une invasion de sauterelles germaniques, ne s'abatte sur votre jolie ville !
Je vous propose de planquer une caisse dans ma chambrée... Soyez certaine que j'en ferai bon usage.

Au plaisir de trinquer avec vous,

Vo't dévouée Mélinne de LaRochejolie

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Feliantine


Bon ben c'etait deja ça. Une bonne chose de faite. La comtesse acceptait sa demande d'asile. Sans doute ne mesurait-elle pas dans quel guepier elle s'etait fourrée en faisant ça. Mais au moins la Feli elle avait un endroit où se poser. Restait plus qu'à faire son trou.

Et c'est munie du precieux sesame, que la rouquine etait arrivée dans le pays du fromage de brebis, et du beret basque.

Apres avoir poussé des ho et des ha d'admiration au fil de ses peregrinations dans la cambrousse environnante, apres avoir regardé le Pic du Midi en se disant "C'qu'elle est haute c'qu'elle est haute cet'là!", elle arriva donc sur la grand place de Tarbes, avec un cheval et deux vaches.

Bon ben fallait trouver la comtesse maintenant. Une blonde dégéneré, et non pas Dénéré, qui se la pete, ça devrait pouvoir se trouver. Elle scrutait les dames qu'elle croisait. Non pas celle là, trop typée, pas celle là trop grosse, trop maigre, et elle avec on espece de meche en forme de tuyau, bah oui, Feli sait pas ce que c'est qu'une banane, non non non, toujours non. Elle arrivait decidement pas à trouver la Varenne.

Et puis soudain elle l'aperçu, remontant la grand rue, accompagné de quelques gens en beaux atours.


Fffiouuu!! Mazeeeeette!! Elle a de l'allure la comtesse!! Comment qu'elle est beeeeellle!! Une charette toute fraiche carrossée!! Dit elle en donnant un coup de coude à sa coupine.

Alors elle se mit à sauter en agitant les bras pour qu'on la voit

Youhouuuuuuu!! M'dame la Comtesse!!! Nunuuuuuue!!! C'est mouaaaaaa!!!

A peine avait-elle dit ça qu'elle vit arriver dans l'autre sens un visage connue.

Mais dites moi pas que c'est pas vrai!! C'est mon jour de chance! Oooohh!!! Ereeeeelllll!! Couuuuuuu!!! Cooooouuuuuu!!! J'ai ton petit cadeau mon chou-maire!!!!

Un coucou à gauche, un coucou à droite, re coucou à gauche, re coucou à droite, on aurait dit qu'elle dansait un quadrille, mais peut-et'ben qu'on etait à la Saint-Gui en fait.
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