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[Rp fermé] A l’heure où les fleurs éclosent.

Fleur.
    Les filles de l´aurore
    Je peux encore les retrouver
    Elles ont autour du corps
    De l´amour et de l´or
    Que l´on peut jouer aux dés
    Elles ont au fond des yeux
    Des rêves que l´on ignore
    Quand vous dormez encore
    Quand l´aube les voit passer par deux
    *





    Il faut du temps pour tout. Pour se faire accepter des siens comme pour être soi-même et Fleur, depuis des semaines, semblait avoir besoin de dire stop à tout pour mieux prendre sa vie par la main et s’en faire une alliée. Trop de choses s’étaient précipitées… les épousailles arrangées, la fuite de ses terres natales, les retrouvailles avec certains membres de sa famille… un nouveau jour, un nouveau clan, une nouvelle destinée… Oui mais sans être mesquine, Fleur avait eu besoin de faire une pause dans tout ça, pour mieux appréhender l’avenir il lui fallait faire table rase du passé et commencer à avancer.

    Dès lors, la jeune écossaise avait pris quelques jours afin de s’éloigner des siens. Oh elle ne comptait pas aller loin mais juste ce qu’il fallait pour se remettre les idées en place et revenir plus forte, plus grande, plus sereine aussi. Il fallait dire à sa décharge que dans sa famille, tout le monde avait un fort caractère alors s’y frotter chaque jour avait de quoi déstabiliser le plus chevronné des têtes de mule mais Fleur n’était pas qu’une eau dormante, bien au contraire. Elle se révélait un peu plus chaque jour, comme une fleur qui, prête à éclore, s’ouvre un peu plus à chaque lueur du jour… Mais en attendant l’éclosion complète, elle continuait à vaquer à ses quelques occupations. Et pour l’heure, c’était celle du ramassage de certaines plantes qui la tenait éveillé si tôt ce matin-là.

    Pour le commun des mortels, ramasser quelques plantes n’avait rien d’extraordinaire mais pour Fleur, cela revêtait de la mission de la plus haute importance. Et puis celles qu’elle désirait aujourd’hui se devaient d’être cueilli à la rosée du matin donc elle s’en était allée encore de nuit, par les chemins qu’elle avait repéré quelques jours plus tôt, afin d’être sur les lieux au bon moment. Petite expédition tout à fait banale pour cette écossaise férue de potions et autres préparations mystérieuses. Sauf que, rien ne se passe jamais comme cela devait être et allez savoir pourquoi, au petit jour, alors que Fleur était à quelques lieues de cette récolte qui n’attendait qu’elle, son cheval se cabra sous un prétexte encore invisible aux yeux de la brune. La chute était inévitable et même si elle était bonne cavalière, Fleur ne put éviter le sort qui lui était réservé.

    Petits battements des bras tout à fait inutiles dans la situation mais qui prouvaient le désespoir de voir la chute arriver, roulé-boulé sur les graviers des plus inesthétique, atterrissage forcé dans les buissons épineux à souhaits et cri d’un chat que l’on tenait par la peau du cou se faisant entendre à des kilomètres à la ronde… et tout ceci en quelques secondes ! Quelques secondes qui avaient semblé durer une éternité à Fleur. Et ce fut dans un silence des plus complets que la jeune fille tenta de se redresser. La tâche s’avéra des plus délicates car les ronces semblaient vouloir la happer tandis que sa robe ne désirait qu’une chose, rester dans ces épines fortement désagréables sur sa peau. Mais en forte tête qui se respecte, Fleur avait poussé l’effort à l’extrême et s’était extirpée de cette prison végétale pour mieux constater les dégâts. Sa monture avait foutue le camp sur les chemins, sa robe était en lambeaux ou presque, son bras droit saignait franchement ainsi que son front qui avait heurté une branche au passage et son poignet la faisait souffrir. Poussant un cri de rage, Fleur se mit même à jurer en gaélique. Sa langue natale qui lui pardonnait tous les noms d’oiseaux qu’elle pouvait dire à cet instant précis. Mais une fois la colère passée, la jeune fille dut se rendre à l’évidence qu’il lui fallait abandonner sa cueillette et revenir dans ses pénates. Chose plus facile à dire qu’à faire surtout vue son état mais de courage elle n’en manquait pas et puis avec un peu de chance, elle croiserait bien quelques paysans qui l’aideraient… c’est beau de croire à l’improbable…

    Les mètres s’étaient enchainés sous la douleur lancinante du bras mais aussi de son côté droit qui lui faisait penser que la chute avait été plus rude qu’elle ne voulait bien l’admettre mais Fleur ne démordait pas. Elle rentrerait coûte que coûte mais quelques mètres plus loin, elle céda à la douleur et s’écroula sur quelques pierres pour pleurer. Heureusement personne ne pouvait la voir ou même l’entendre mais c’était là de gros sanglots contre sa stupidité, contre la bêtise de son cheval, contre le mal qu’elle ressentait. Reniflant comme une petite fille, Fleur leva la tête pour mieux voir le soleil se lever. Le lumineux spectacle lui mit du baume au cœur alors se redressant comme elle le pouvait, Fleur reprit sa route. Quelques lieues tout au plus mais quelques lieues salutaires qui lui apportèrent un espoir nouveau. Là dans un champ se trouvait une carriole, de celle que l’on apprête pour voyager. L’envie de courir dans cette direction la saisit puis la peur de tomber sur quelqu’un de mal attentionné la fit ralentir. Et ce fut la douleur lancinante qui trancha et la fit s’avancer. Fleur ne demandait pas la charité mais juste un peu d’aide pour rentrer chez elle… Une dernière hésitation avant de finalement porter les trois coups sur la porte.




*William Sheller *les filles de l’aurore*

_________________
Flora.villon
Trois coups frappés avec insistance à la porte de la roulotte...
Curieuse, Flora se demanda tout de même qui cela pouvait-être à cette heure de fin d'après-midi. Ses amies savaient que la porte était toujours ouverte... Ce n'était donc ni Louise, ni Kem... et elle ne connaissait point grand monde d'autre susceptible de lui rendre visite. La vie lui avait appris que mieux valait deux amies fidèles à une tripotée qui vous abandonnait à la première difficulté... De plus, en déshabillé de soie, elle était peu présentable à un ou une étranger-e.
Mais la pudeur ne l'avait jamais étouffée.
Alors que les coups redoublaient, elle se décida à aller ouvrir., prenant tout de même une dague avec elle. La roulotte était isolée du village, et seule elle faisait une proie facile pour des hommes malintentionnés. Et quoi qu'elle ne les détesta point, leur infidélité chronique et la tendance naturelle qu'ils avaient à réfléchir avec ce qui pendouillait entre leurs jambes et non avec leur cerveau la fatiguait.
Ce qu'elle découvrit fut tout sauf un groupe d'homme menaçants...
Une femme, fort belle mais la robe déchirée, laissant voir un sein, des morceaux de peau écorchée de ses bras blancs, qui sans doute était tombée dans un roncier tant il est rare de s'y jeter volontairement pour s'y rouler... Elle s'empressa de la faire entrer et posa son arme.

Venez belle dame, il faut panser ou du moins nettoyer cela. Et je dois avoir une vieille robe qui sera un peu grande pour vous, mais la votre est inutilisable.
Et de fait elle l'était inutilisable...
Flora passait de ses yeux à ce sein si beau, si tentant.
Elle l'effleura du bout des doigts sans la quitter des yeux...
Puis elle lui sourit et sorti un tonnelet d'eau qui constituait sa réserve et trempa un linge, et délicatement commença à nettoyer les plaies nombreuses.

Mon nom est Flora, quel est le votre ?
Et comment donc vous êtes-vous abîmée comme ça?
Vous êtes si belle Dame...

A nouveau elle lui sourit, le cœur battant.
Effleurer ainsi sa peau réveillait en elle de vieux souvenirs d'amour saphique. Le seul qu'elle eut vraiment jamais connue...

_________________
Fleur.
    Fleur attendait fébrilement que la porte de la roulotte s’ouvre tout en essayant de calmer ses pics douloureux qui lui traversaient le corps. La douleur avait tendance à faire ce qu’elle voulait et pour le moment, elle avait choisi de martyriser chaque parcelle des chairs de l’écossaise. Maugréant contre l’attente tout en priant les dieux que quelqu’un l’entende, Fleur avait décidé de se rendre à l’évidence que personne ne répondrait à son appel tout en se décalant afin de repartir battre la campagne lorsque la porte enfin s’entrouvrit. Le regard de la brune croisa celui d’une jeune femme avant de glisser le long de ses bras et de ses mains par habitude. Une fraction de seconde, Fleur vit l’arme que sa « sauveuse » tenait entre les doigts mais au point où elle en était, elle préféra ne pas y prêter attention. Elle avait d’autres chats à fouetter et même une sérieuse envie de se laisser glisser sur le sol pour ne plus se relever… ne plus respirer aussi, ça lui éviterait de sentir ses côtes se soulever à lui en faire mal… se mordillant la lèvre inférieure, Fleur finit par accepter la main tendue que lui offrait la jeune femme. Et tout en pénétrant dans sa demeure, Fleur soupira légèrement quelques mots exprimant ainsi sa gratitude.

    - Je vous remercie de votre aide…

    Le souffle court de cette respiration qui avait du mal à se faire normal, Fleur observait son interlocutrice qui semblait maîtriser la situation, elle-même ne maîtrisant plus rien depuis un bon moment. Toutefois, lorsque les doigts de l’inconnue vinrent à frôler la pâleur de sa peau sur sa poitrine, Fleur réajusta ce qui fut sa robe en jurant encore une fois à voix basse dans sa langue maternelle. La brune qu’elle avait en face d’elle avait beau être accueillante et l’aider, Fleur se méfier par principe de tout inconnu, homme ou femme d’ailleurs. Et puis elle n’était pas du genre à se laisser caresser aussi facilement l'écossaise, loin de là. Déjà lorsque la situation était plaisante et réunie pour vivre un agréable moment, Fleur avait tendance à jouer les chardons sortant ses épines alors là qu’elle ne contrôlait plus vraiment grand-chose, la brune jouait au hérisson, tout pic dehors.

    Petit chardon d’Ecosse qui ne voulait pas qu’on l’approche, Fleur baissa pourtant les paupières et se laissa aller, voyant que les intentions de son inconnue semblaient raisonnables. Elle se laissa guider afin de se poser sur une chaise et telle une enfant à qui il venait d’arriver une mésaventure, Fleur se laissa bercer par la douce voix de Flora. D’ailleurs, elle esquissa un sourire lorsque cette dernière se présenta.

    - Moi c’est Fleur… Fleur NicGregor… je crois que cela ne s’invente pas de rencontrer quelqu’un qui porte le même prénom que soit…

    Mais les mots moururent dans sa bouche tandis qu’une grimace se dessinait sur son visage. Les plaies, nombreuses, étaient là pour lui rappeler le calvaire qu’elle allait connaitre dans les heures qui suivraient alors que les doigts fins de Flora pansaient ses plaies. Heureusement, la douceur était de mise mais le moindre effleurement faisait frémir l’Ecossaise. Alors pour ne plus penser à ce qui se passait, Fleur entreprit de conter son aventure.

    - Une chute de cheval à plusieurs lieues d’ici… ce matin, le jour à peine levée… Je peux d’ailleurs dire adieu aux plantes que j’étais venue cueillir…

    Le regard de Fleur se détourna de celui de Flora pour regarder dans le vide. Il lui faudrait revenir une prochaine fois mais elle s’assurerait d’avoir une monture qui ne s’effarouche point au moindre bruit ou mouvement des arbres…
    *quel abruti ce cheval…* pensa encore Fleur qui se dit que rien ne valait son vieux highland que son père lui laissait monter depuis sa tendre enfance. Mais il était resté au pays le jour où elle s’était enfuie… Secouant légèrement la tête pour chasser cette nostalgie qui menaçait de la saisir à l’évocation des vieux souvenirs, Fleur reporta son regard chamarré sur la jeune femme qui était en train de la soigner.

    - Et vous, que faites-vous ici, au milieu de nulle part ? Vous fuyez le village ?

    Une simple question où se mêlait une pointe de curiosité. Flora avait l’air de savoir se défendre et sa tenue dénotait une façon de vivre très libre ce qui titillait déjà les pensées de l’Ecossaise. Mais alors que ses yeux se rivaient à ces opposés, Fleur releva le menton avec une légère fierté, se rendant compte quand même du piètre tableau d’elle-même qu’elle offrait. Mais bon sang écossais ne saurait courber l’échine trop longtemps aussi se redressa-t-elle malgré la douleur des plaies qui la tiraillait puis à brûle-pourpoint, elle demanda.

    - Vous n’auriez pas quelque chose de costaud à boire, histoire de me remettre de mes émotions ?

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Flora.villon
Flora réprima un sourire lorsque la jeune femme réajusta sa robe. N'en ayant point, elle appréciait la pudeur chez les autres. Et son amie Louise aurait appréciée ce geste... même si la robe ne cachait plus grand-chose et que nue elle n'eut guère été plus déshabillée. Mais ce fut le juron qui l'intrigua. Du Breton, du Gallois, de l'Ecossais, du Gaélique ? L'une de ces langues Celtiques assurément mais elle ne les distinguait point l'une de l'autre tant elles lui semblaient imprononçables !
Son nom écossais leva ses doutes, son prénom la troubla.

Fleur et Flora, Flora et Fleur...
Son sourire se fit franc et joyeux, bien qu'elle ne put ignorer la grimace de douleur de... Fleur.


Assurément nous étions faites pour nous rencontrer Fleur...
Nos prénoms sont si proches...


Elle écouta ses explications. Une mauvaise chute, un cheval qui prend la poudre d'escampette... Il n'avait du aller bien loin et elle partirais à sa recherche demain, juchée sur sa plus modeste mais fort belle et surtout docile mule. La brave bête n'avais jamais rechignée, ni à la monte, ni pour tirer la roulotte.

Les deux questions lui plurent : Fleur était franche et directe... et un verre de prune serait idéal pour se remettre et faire connaissance. Et de l'ancienne vocation de taverne ambulante d'un genre un peu spécial de sa roulotte, il lui restait quelques bonnes bouteilles qui ne demandaient qu'à être ouvertes.


Bien sûr que si Fleur j'ai ça ! Et je suis sotte de n'y avoir point pensée plus tôt ! Une vieille prune dont tu vas me dire des nouvelles ! C'est un de mes amis qui l'a distillée... et c'est du raide !

Elle sorti deux beaux verres de "cristallo" de Venise et y versa le liquide odorant et en offrit un à son infortunée compagne, puis s'installa confortablement.

Non je ne fuis pas la compagnie des hommes... mais tu as eu de la chance de me trouver !
Inconsciemment, elle passa à un tutoiement spontané sans même s'en rendre compte : elle n'étais pas du genre à faire des chichis de nobliaux conversant dans un salon distingué !

Bien que j'ai fort voyagé du Bourbonnais à la Champagne, de la Champagne au Béarn, du Béarn à la Bourgogne... et maintenant en Bretagne, je ne me suis éloignée en forêt que quelques jours pour braconner et pêcher. Les lièvres et les truites se revendent bien sur les marchés ! Et même la peau des premiers intéresse les fourreurs !
Cela m'assure ainsi un revenu facilement gagné: je n'ai qu'à poser des collets et tremper des cannes dans la rivière en attendant que ça morde... Rien de bien aventureux je le crains...

Elle termina son verre et en servi deux autres.
Elle l'observa, le bras en écharpe et vêtue de haillons.


Allons ne fais point ta fière et acceptes une vieille robe. Il faudra que je refasse tes pansements si tu ne veut point que cela prenne une vilaine tournure : il te faudra me supporter quelques jours...
Et tu pourras me raconter ce que tu fais si loin de l'Ecosse d' après ton nom... ou du moins ce que tu souhaites en raconter : l'on ne pars jamais en exil par hasard.



D'un trait elle avala sa prune et se leva pour fouiner dans une malle d'où elle extirpa une robe rouge un peu passée et usée jusqu'à la trame. Et qui serais bien trop large. Mais c'était mieux que rien ou presque rien et elle présentait l'avantage d'être d'un seul morceau.

Allons passes moi ça!
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Fleur.
    Fleur ne put s’empêcher d’émettre un petit rire cristallin qui lui arracha bien vite une grimace tant ses côtes étaient encore soumise à la douleur de la chute mais elle ne pouvait pas imaginer quelque chose de plus fort que la boisson que sa tante distillait, là-bas, dans son pays. Aussi accepta-t-elle avec plaisir ce verre de prune, le porta rapidement à ses lèvres après avoir trinqué et remercié son hôtesse de l’extrême gentillesse qu’elle avait eu de la recueillir puis finit par apprécier le liquide qui vint doucement glisser dans sa gorge. La jeune écossaise ferma les yeux, attendit la « rudesse » de la boisson puis sourit largement.

    - Humm… pas si raide que je le pensais mais pas mauvaise non plus cette prune… Il te faudrait goûter l’Uisge beatha… ça c’est quelque chose. Et si tu en bois un verre et que tu ne meurs pas, tu es bonne pour vivre au moins centenaire !

    Le sourire se fit plus chaleureux. Les souvenirs de son père goutant la mixture ambrée à chaque nouvelle cuvée restait un moment épique dans la famille. Gwenda, sa tante, laissait la primeur à son frère de tomber raide mort au cas où l’alcool fut mal distillé et finalement, cela présageait toujours un moment de franche rigolade dans la famille… La nostalgie voila un instant le regard de la brune mais elle la chassa bien vite pour regarder son interlocutrice. Le tutoiement s’était installé des deux côtés et ravissait l’écossaise. Là-bas, chez elle, il était rare de vouvoyer quelqu’un mais ici, tout était tellement différent… Le deuxième verre finit par mettre complètement Fleur à l’aise même si Flora la titillait sur sa fierté naturelle.

    - Sache que les écossais sont un peuple fier de naissance… Nous sommes fiers, provocateurs et arrogants… ah et j’oubliais, tête de mule de surcroit ! Tout un programme n’est-ce pas ?

    Fleur finit son second verre en souriant puis se redressa pour venir se planter devant Flora.

    - Et j’accepte volontiers cette robe que tu m’offres si gentiment… parce que moi et ma fierté on ne va pas aller bien loin à moitié nue ce qui pourrait être amusant je l’avoue dans d’autres circonstances mais là, je crains que les miens ne le prennent mal si je rentre complètement dévêtue !

    Plongeant son regard chamarré dans celui plus clair de Flora, l’écossaise souleva légèrement son bras pour le lui montrer.

    - Par contre, si tu n’y vois pas d’inconvénients, te serait-il possible de me venir une nouvelle fois en aide… j’ai bien peur de ne pouvoir passer correctement ce vêtement… et j’imagine que m’entendre maugréer en gaélique peut t’amuser un moment mais cela risque de prendre des proportions dont je ne veux même pas imaginer les conséquences…

    Fleur se moquait d’elle-même. Elle savait très bien qu’elle ne pourrait pas passer une manche de la robe seule donc autant prendre les devants et puis ce n’était pas comme si Flora était un homme, au regard pervers, qui se régalait déjà de la situation. La jeune femme était douce, posée, adorable…

    - Quant à savoir pourquoi je suis venue en France, c’est tout simplement pour retrouver ma famille. Quelques cousines et cousins avec qui je vis et nous formons un groupe très soudé…

    Que dire de plus à une parfaite inconnue alors que la plupart des membres du clan ne savait même pas pourquoi elle était venue se mettre sous la protection des siens ? Le mariage qu’elle avait fui était pour elle une mort certaine et jamais, ô grand jamais, son père ne pourrait l’obliger à accepter cette union… Non pas qu’elle n’aimait pas les hommes mais Lachlan Kerr, le futur époux était dangereux et ses fils tout aussi pervers que leur père. Tout le monde savait que ça ne tournait pas rond dans leurs têtes alors non, elle ne se sacrifierait pas… surtout qu’en fait, son père n’avait jamais voulu lui dire le fond du problème… pourquoi ce mariage, pourquoi cet arrangement, pourquoi cet homme… Fleur avait cet entêtement bien prononcé qui faisait hurler sa mère lorsque la jeune fille décidait quelque chose et qu’elle s’y tenait. La preuve, elle avait mis des milliers de lieues entre eux et elle pour ne plus être atteinte par cette folie de mariage. Mais à quel prix ?

    Offrant un nouveau sourire mais cette fois-ci de circonstance, Fleur n’était pas prête à parler de ce qui la rongeait au fond d’elle-même. Elle regarda Flora puis passa ses doigts sur la robe usée.

    - Elle a dû être magnifique… entre ça et ton aide, je vais t’être sacrément redevable… Si je peux t’aider à t’assurer quelques revenus supplémentaires, je veux bien t’aider à pêcher… ça me rappellera mon enfance quand je partais toute la journée au bord du loch… Toutefois, je ne veux pas abuser de ton hospitalité aussi si je dérange, je peux repartir dès maintenant. Je trouverais un autre moyen pour te rembourser cette dette…

    Fleur n’aimait pas abuser de la gentillesse des autres et encore moins lorsqu’elle se trouvait dans une position si délicate. La chute avait laissé des traces douloureuses certes mais elle se sentait surtout fatiguée après cet évènement aussi préférait-elle prendre les devants si elle devait repartir en direction du village. Bien qu’elle ne rechignait jamais à marcher, aujourd’hui elle s’en serait bien passée !

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Flora.villon
Flora lui sourit... et l'embrassa.

Allons Fleur, tu ne m'est redevable de rien !
Qu'est ce qu'une vieille robe et un peu d'hospitalité ? De plus ta compagnie me fera grand plaisir et si tu le souhaites nous irons pêcher ensemble en papotant de nos vies respectives...
Et c'est avec plaisir que je t' accueille ici, je commençais à me sentir seule sans ma vieille amie Louise ! Je l'ai trouvée fort fatiguée sur une route du Limousin : elle allait à Nevers, moi aussi. Je l'ai prise comme passagère, elle est devenue comme ma mère et moi sa fille et depuis nous ne nous quittons plus ! Elle est restée garder ma petite maison au village.

Mais attends je vais t'aider. Le bras en écharpe il n'est guère aisé en effet de se déshabiller et de se rhabiller !
Quoique dans ton cas la première manœuvre n'est guère difficile, ta robe pars déjà en lambeaux...


Flora tira d'un coup sec sur la robe qui acheva de craquer.
Sa nouvelle amie, désormais nue, révélait une peau d'une blancheur de marbre des seins rond et bien faits, des jambes comme des colonnes harmonieuses, des extrémités fines...
Elle lui caressa doucement le visage du bout des doigts en approchant son visage du sien.


Tu es si belle...

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Fleur.
    Flora avait raison sur une chose, la robe de Fleur partait en lambeaux. Mais au moins elle avait fait son office en protégeant sa peau de plus de dégâts qui lui serait arrivé si elle ne l’avait pas eu… rien que cette pensée fit frémir Fleur ou bien était-ce les doigts de la jeune femme qui virevoltaient sur sa peau, s’affairant déjà à débarrasser son corps de ses oripeaux ? En tout cas, Fleur sourit doucement. Elle aimait les mouvements doux et la jolie brune savait y faire. D’ailleurs, l’écossaise, bien que pudique d’ordinaire, se laissa faire sans rechigner. Sans doute avait-elle une confiance aveugle en Flora ou tout simplement pas le choix mais elle ne bougea pas jusqu’au moment où Flora se montra plus familière. Fleur n’étant pas habituée à ce genre de démonstration resta de marbre quand son hôtesse l’embrassa puis l’observa tout en rapprochant son visage du sien. Mais alors qu’elle sentait que quelque chose allait se produire, Fleur se recula légèrement en tendant la robe élimée à sa vis-à-vis.

    - L’air est un peu frisquet et je ne voudrais pas, en plus d’être râleuse, tomber malade ce qui serait le paroxysme à mes galères… surtout que je suis une très mauvaise patiente… la chute me suffira je crois…

    Fleur avait détourné la conversation. Cela la mettait mal à l’aise qu’on la juge ainsi et qu’on la réduise à « sa » beauté. Non elle n’était pas belle, elle était surtout intelligente et voulait qu’on la reconnaisse ainsi. Au diable la beauté. Ce n’était qu’éphémère et si peu important. Une vague de colère monta en elle et elle ne put que relever le menton en signe de provocation.

    - La beauté n’est qu’un mirage qui fait croire à bien des choses qui ne sont guère la réalité… quant à moi, je n’aime pas qu’on me fasse ce genre de compliment. Si la plupart des femmes s’enorgueillissent de ça, ce n’est pas mon cas.

    Qui s’y frotte s’y pique. Le chardon avait mis ses épines à contribution et avait ramené les choses à ce qu’elle pensait être. Non mais ! Et encore, Flora avait de la chance. Le dernier garçon qui lui avait dit une chose pareille en pensant pouvoir l’embrasser en retour s’était vu secoué d’une gifle magistrale. Le pauvre Rory McGuinness devait s’en souvenir encore tant Fleur ne s’était pas fait prier pour l’envoyer balader. Un vrai chat sauvage qui avait bien du mal dès qu’il s’agissait de sentiments et autres émotions plus intimes. Oh, elle avait bien surpris quelques regards ici et là lorsqu’elle grandissait mais rarement les garçons l’approchaient. Sans doute cela qui la rendait précieuse aux yeux de son futur époux. Il comptait bien pouvoir « éduquer » sa jeune épouse à sa façon… Manque de chance pour lui, l’oiseau s’était envolé et se trouvait un peu trop proche d’une jeune femme dans un endroit légèrement exigu. D’ailleurs, Fleur eut la sensation que Flora se délectait de ce rapprochement ou bien rêvait-elle et interprétait-elle tout de travers ? Un frisson vint parcourir son échine la rendant un peu plus vulnérable qu’elle ne l’était déjà.

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Flora.villon
Flora soupira en l'aidant à passer la robe...
La jeune Fleur se montrait bien naïve en ce monde d'hommes... Et le rôle des femmes se réduisait bien souvent à celui d'épouse ou de putain... ce qui somme toute était à peu près semblable. A ceci près que dans le premier cas l'on versait une dot, dans le second les hommes payaient... et tant qu'à faire autant gagner sa vie comme elle l'avait fait plutôt que de partager la couche d'un barbon.


Tu sais Fleur, j'ignore les mœurs de ton pays.
Mais ici une jolie fille a plus de chances de survivre qu'un laideron... surtout lorsqu'elle n'est point fortunée et doit manger chaque jour. Les hommes hélas commandent à la société.
Et ils sont nombreux à ne point penser avec leur cerveaux... J'aime les femmes, je ne te le cache pas, parce que subir la dictature des caprices d'un homme en écartant les jambes lorsqu'il le décide ne m'est plus supportable. Plusieurs fois j 'ai crue qu'un homme m'aimait... Pauvre naïve ! Tous ont abusés de cette naïveté. Au moins entre femmes c'est tendre et différent...


Elle plongea son regard dans le sien et changea néanmoins de sujet.


Est-il vrai que les hommes de ton pays portent des jupes et montrent leurs fesses aux Anglois ? Jamais je n'ai voulu y croire, mais maintenant que tu peut me le dire...


Elle s'esclaffa à cette idée saugrenue !
Si c'était vrai les Écossais étaient vraiment un curieux peuple !

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Fleur.
    Fleur observa Flora tout en essayant tant bien que mal de passer cette foutue robe.

    - Par tous les dieux, qu’est-ce qui nous a donné de tels vêtements ! maugréa la jolie brune qui s’était empêtrée le bras valide dans la manche de sa robe. Mais heureusement, les doigts agiles de sa nouvelle amie avaient eu tôt fait de rattraper l’erreur de l’écossaise. Et cette dernière écouta tout en se parant son petit discours sur les femmes et leur place ce qui lui hérissa le poil.

    - Vous êtes archaïque vous les françoys… Dans mon pays, il ne fut pas rares d’avoir eu des femmes qui commandèrent aux hommes lors de batailles sanglantes ou même de conflits majeurs avec des hautes autorités… Et il n’est pas rare encore de nos jours d’avoir des femmes à la tête de clans… C’est quand même abject de nous réduire à une image de mère ou de putain. On peut faire tant de choses…

    Fleur s’était retournée pour mieux faire face à son interlocutrice. Les sourcils froncés, elle essayait de comprendre comment se passaient les choses par ici.

    - Je me suis laissée dire que vous aviez eu des Reines dans votre pays et qu’elles n’avaient pas hésité à mener bien des guerres... Mais cela veut-il dire qu’elles ont eu accès à leur trône en écartant les cuisses ? Que jamais on ne leur aurait fait confiance ? Qu’elles n’étaient que des pantins entre les mains des hommes ?

    Marquant une courte pause, Fleur sembla réfléchir avant de lever ses yeux sur Flora tout en remettant une mèche de sa longue chevelure derrière son oreille.

    - Homme ou femme, lorsqu’il s’agit de sentiments, il y a toujours un trompé et un trompeur dans l’histoire. Rares sont les gens qui s’aiment avec sincérité… homme ou femme c’est du pareil au même… Maintenant, les femmes peuvent tout autant abuser de ta gentillesse et de ta douceur… les sentiments c’est toujours délicat…

    Fleur n’aurait pu en dire plus. Elle parlait par rapport à ce qu’elle avait constaté car elle-même n’avait jamais vraiment ressenti cet élan du cœur qui permettait de dire qu’on était amoureux. Elle avait eu quelques attirances ici et là… quelques garçons de son enfance avec qui elle se sentait en sécurité et qui lui permettaient de s’épanouir comme elle le désirait et puis quelques demoiselles, lorsque l’été elle avait pris quelques bains à la rivière quand la chaleur devenait trop étouffante et qu’on ne pouvait envisager autre chose qu’une bonne baignade. La proximité des corps d’adolescentes, le besoin de se découvrir, le charme avait opéré mais l’écossaise n’avait jamais mené une relation plus loin. Et ce fut son rire, légèrement en cascade, qui accueillit la phrase suivante de Flora.

    - Je vois que nos hommes intrigues… et je peux te confirmer que c’est un affront suprême que de montrer son séant à l’angloys. Mais après tout, ils n’ont qu’à rester sur leur terre et éviter de vouloir prendre les nôtres !

    Le rire de Fleur s’éleva tant l’image des hommes dans cette situation l’amusa et lorsqu’elle se retourna trop vivement, elle fut prise d’un vertige. Ses mains alors cherchèrent à se retenir et se fut l’épaule de Flora à laquelle elle s’agrippa. Son rire cessa immédiatement.

    - Désolée, je crois que la prune accouplée aux émotions et à la chute de ce matin finissent par me jouer un mauvais tour…

    Fermant les yeux, Fleur posa son front contre la rondeur de cette épaule amicale. La tête lui tournait et ça commençait à tanguer sérieusement dans la petite roulotte.

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Flora.villon
Flora écoutait attentivement Fleur, tâchant de son côté de répondre à ses questions...point toujours aisées !
Il faut dire que les Altesses et tout le falbala... C'était point son fort. La maison close où elle avait été élevée et avait travaillée n'était certes pas un établissement glauque dans une rue borgne et des gens bien habillés venaient parfois qu'à leur tenue on se doutait que c'était de la noblesse ! Mais on demande rarement sa situation au client dans ses endroits, et un prénom suffit vrai ou faux...
Certains portaient un masque, guère gênant pour ce qu'ils venaient y chercher et pouvant même se révéler érotique. Seule E de L... , son amante passionnée de Lourdes était noble et elle en savait quelque chose ! Elle avait du quitter précipitamment le village... et Louise ne l'avait guère encouragée à changer d'avis. Comment elle disait déjà ? ha oui ! "Un gouvernement par le peuple, pour le peuple" et que tous devraient s'unir au lieu de se combattre pour chasser les puissants !
Après tout c'est des raisons un peu semblables qui lui avaient fait choisir la Réforme car il n'y avait point de chefs ni de tralalas ! Mais c'était pas près d'arriver son gouvernement du peuple... et fallait bien faire avec les puissants de ce bas-monde...alors elle s'en accommodait en évitant de s'en mêler. Son ami Salvi lui avait bien dit que sa chef, une certaine Everym. , était fort respectée même des hommes de sa bande de brigands , la Main de Laverna... mais c'est point le genre de connaissances dont on se vantait à une inconnue. Bref notre Flora était fort embarrassée...


Et bien disons qu'en France puisque je connais que la France et la Bretagne, mais c'est pareil pour ça, ce sont les hommes qui commandent oui. A la maison comme au gouvernement ! Et je t'avoue que je n'aime guère être commandée par quiconque ! Homme ou femme...
Quand aux Altesses... je fréquente point ces gens là et ne pourrait guère te répondre non plus... J'ai bien connue une Comtesse qui gouvernait fort mal le Béarn et une Régente qui se servait de ses appâts pour pêcher le nigaud en Bourgogne. Mais presque partout la France est en guerre... et c'est en la fuyant que je suis arrivée tout au bout de la terre en Bretagne ! Tu as eu de la chance : ici la Paix règne et l'on y vit insouciant.... c'est tout ce que je demande à la vie !


Elle soupira...

Tu as sans doute raison... c'est l'Amour qui est cruel. Mais même si le poids de l' Eglise et de la Noblesse a voulu que ça se termine mal, ma seule véritable passion amoureuse fut avec une femme... Alors...
Elle lui sourit.

Et n'ai point trop mauvaise opinion des putains, Fleur...
Je fus recueillie un soir d'hiver par une brave femme dans le fond, la Mère Marie qui me donna son lait comme aux autres bébés de son bordel... Plus tard je lui ai remboursée son pain en travaillant pour elle. Puis j'ai investie dans cette roulotte et ai vendue mon corps souvent à des pauvres bougres vieux garçons ou dont la femme se refusait et même des curés de village en village. Et à tous je leur ai donnée un moment de bonheur tu sais... jusqu'à ce que j'arrive dans le Béarn dans un village nommé Lourdes.
Là il s'est produit un miracle aussi vrai que mon nom est Flora !
Ma meilleure amie et moi étions fort curieuses de connaître un fort bel homme prêchant la Religion Réformée.
Lui n'a point jugé la fille de joie que j'étais m'appelant sa Sœur et m'a ouvert les yeux sur la Vraie Foi, celle de Déos. Et j'ai cessée ce métier pour transformer la roulotte en taverne ambulante ! La seule que j'ai jamais croisée sur routes et chemins ! Mais d'autres ici sont Druides comme dans ton pays. A chacun sa croyance du moment qu'on ne veut pas me griller les pieds pour la mienne !
Mais .... Fleur ! Ça va ?


Sa nouvelle amie tenait visiblement moins bien la prune qu'elle... Faut dire qu' elle avait sortie le brutal ! Et y' avait de la prune mais aussi de la betterave, et y'avait pas que ça...
Elle sentit sa tête se poser sur son épaule. Doucement elle baisa ses cheveux puis les caressa.
Elle la pris dans ses bras et l'allongea sur la banquette qui le soir se transformait en lit grâce à un ingénieux système d'un menuisier de sa connaissance. De nouveau elle la regarda, de nouveau elle sentit son cœur battre plus fort... Oui Cupidon était bien cruel... mais ses flèches si douces à recevoir, que l'on en ressentait point la blessure tout de suite et parfois jamais...
Elle se pencha vers elle et posa ses lèvres sur les siennes.
Puis elle pris sa main et la caressa doucement.


Dors mon ange blessé...
Et béni soit Déos d'avoir fait ce jour qui nous a fait nous rencontrer.

Je t'aime...

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Fleur.
    La douceur qui l’avait surprise tandis que sa tête tanguait doucement l’emporta rapidement vers un sommeil qui fut peuplé de contrées aux brumes éternelles, aux forêts verdoyantes, aux rivières chantantes. Fleur s’était laissée happer sans aucune retenue par cette sensation que rien ne pourrait l’atteindre, que tout était finalement à sa place, qu’elle pouvait faire confiance à autrui. Mais même le plus parfait des sommeils pouvait parfois être parsemé d’embuches. Ce qui ne manqua pas d’arriver à la jeune écossaise. Se retournant tant bien que mal, Fleur chercha une nouvelle place, peut être un réconfort dans son repos car elle s’agita énormément ce qui eut pour effet de lui amener une grimace de douleur sur son doux visage. Les muscles encore endoloris lui rappelaient que la chute avait été rude et qu’il lui faudrait compter quelques jours pour se sentir mieux et pouvoir à nouveau gambader dans la campagne. Toutefois, au bout de quelques instants, elle trouva la paix à nouveau, s’envolant vers d’autres paysages aux contrées inconnues. Et aux petites heures du jour, Fleur s’éveilla en sursaut, le corps parsemé de perles de suée, la bouche pâteuse, le regard perdu.

    Le temps de sortir des limbes de sa conscience, de ses rêves et de reprendre pied dans la réalité, Fleur tenta de se lever en marmonnant tout bas. Il lui fallait retrouver ses esprits et vite avant que…
    *que quoi ?* lui souffla sa conscience toujours fidèle au poste pour venir la titiller à n’importe quel moment. Réfutant cette question qui la laissait perplexe, Fleur fit le tour du propriétaire de son regard qui s’illuminait rapidement. Les souvenirs de la veille revenaient en place même ceux guère plaisant de son accident mais aussi cette conversation avec cette jeune femme au verbe haut et au caractère de feu qu’elle avait deviné sous ces quelques échanges verbaux. Et malgré elle, Fleur sourit tout en cherchant cette nouvelle amie des yeux. Elle ne voulait pas la réveiller surtout après la gentillesse dont elle avait fait preuve en lui venant en aide mais Fleur avait besoin de sortir, de prendre l’air, de respirer l’odeur du matin qui s’éveille, de se remettre les idées en place tout en marchant pieds nus sur l’herbe qui venait la chatouiller de ses perles de rosée.

    Ne faisant aucun bruit, l’Ecossaise se dirigea vers la porte de la roulotte afin de s’en extirper doucement. Le petit rayon de lumière qui passait par l’encadrement l’aidait à se diriger sans trop de dégat puis discrètement, la brune se faufila. Et à peine les pieds posés au sol qu’elle virevoltait malgré les lancements qui la tenaillaient dans les côtes. Mais rien n’aurait su l’arrêter. La liberté avait toujours été pour elle une priorité et ainsi, au petit jour, elle se sentait libre de toute contrainte, de tout faux semblant. Ses pas la menèrent sur un petit chemin escarpé qu’elle suivit par curiosité. Fleur tenait les bords de son jupon entre ses doigts valident et descendait sans trop d’effort pour arriver jusqu’à un ruisseau qui débordait d’énergie. Le cœur en joie, un frisson d’enthousiasme lui parcourant le corps, Fleur aurait presque pu danser de bonheur.

    - Ainsi c’était toi qui chantait dans mon rêve… je vais pouvoir profiter de tes bienfaits…

    Et sans plus attendre, ses gestes accompagnés de grognements se firent pourtant précis et Fleur fit glisser ce carcan de tissu qui l’emprisonnait pour enfin gouter aux joies de la fraîcheur du matin. Les pieds glissèrent rapidement dans l’eau et après avoir maitrisé un long et rebelle frisson, la jeune fille s’immisça dans l’eau complètement nue. Fermant les yeux, rien n’aurait su déranger cet instant de communiant et de bienfait total.

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Flora.villon
Flora avait mis du temps à s'endormir...
L'élan presque immédiat qui avait touché son cœur la tourmentait. Elle qui s'était promise de ne plus tomber amoureuse tenait bien mal sa promesse. Mais le serment concernait les hommes... Ce n'était donc qu'une demie-trahison... Et peut on dompter l'Amour ? Elle savait bien que non. Si la tentation charnelle pouvait être bridée, les sentiments sont fort différents...
Elle caressait toujours la main de fleur, y déposant un tendre baiser de temps à autre. Fleur et Flora, Flora et Fleur...
Fleur...
Ses paupières alourdies de fatigue et d'émotions se fermèrent doucement et elle plongea dans des rêves où nues toutes deux, elles s'adonnaient aux jeux de l'Amour...
Puis il n'y eu plus rien.
Les rayons du soleil qui entrait par la fenêtre de la roulotte l'éveillèrent. Elle se frotta les fesses, un peu douloureuses après une nuit passée sur une chaise et ne fut pas longue à se rendre compte que Fleur était partie. Faire une balade sans doute, dans son état elle ne pouvait aller bien loin. Elle mangea un morceau de pain et du fromage, puis une fois passé son corset et ses braies, enfila des bottes et parti chercher la Margotte. Il fallait mener boire la mule, puis elle partirais à la recherche de ce damné cheval qui pouvait être n'importe où dans la forêt... Elle caressa le museau et l'encolure de sa brave monture puis monta sur son dos. Elle était d'une belle taille, supérieure à celle de certaines juments. Et fort intelligente, partant presque tout de suite d'elle même vers la rivière. Flora sourit... Sa compagne à longues oreille restait sa plus vieille et fidèle amie après ces presque cinq ans passés ensemble, de Paris à Rohan en passant par la Champagne et le Béarn ainsi que l'ensemble des Comtés et Duchés entres les deux provinces, puis du Béarn à la Bourgogne et de la Bourgogne à la Bretagne... Enfin elle y avait trouvée sa place. Du moins le souhaitait-elle. Et la présence de Fleur...
Le bruit de la rivière qui descendait en cascade des rochers avant de calmer son cours jusqu'au gué la tira de ses pensées. N'ayant point passée de filet à Margotte, elle la dirigea vers la gauche, là où l'eau était calme et profonde avec sa longe.
Soudain elle la vit...
Nue dans l'eau, telle une Nymphe des bois...
Elle talonna un peu Margotte qui accéléra le pas, puis sauta à bas de sa monture. Elle la regarda encore, les cheveux ruisselants, ses petits seins visibles dans la transparence de l'eau, ses jambes blanches qui bougeaient doucement pour se maintenir à la surface.
Sans la quitter du regard, elle se déshabilla lentement, avec sensualité.
Puis elle entra en frissonnant lorsque l'eau fraîche lui arriva au ventre et se jeta à l'eau et nagea dans sa direction.
Elle caressa doucement son visage. Puis laissa son désir parler, lui faisant un long et passionné baiser qui se prolongea dans son cou tandis que sa main s'égarait sur son sein. C'était si doux...
Ses caresses s'arrêtèrent et à nouveau elle la regarda, devenant sérieuse et craignant soudain sa réaction.


Pardon Fleur.
Mais ce n'est point que mon corps qui te réclame... mais aussi mon cœur.
Je t'aime. ..
Déos que je t'aime !


Elle fondit en larmes et posa sa tête sur son épaule puis laissa aller ses larmes dans son cou. Oui l'amour était chose bien cruelle... Elle se sentait si bien avec cette femme... qui la quitterais sitôt remise dans quelques jours. Brusquement elle se sentit ridicule. Ridicule de s'être laissée aller ainsi, ridicule de sa déclaration d'amour, même si celui-ci était sincère et profond.
Le bonheur lui semblait interdit, cause de ses errances à travers les deux Royaumes de France et de Bretagne.
Jamais elle n'avait trouvée quelqu'un avec qui elle voulais véritablement vivre... ou qui le souhaitais en retour.
Ce serais comme d'habitude, et elle pauvre cruche rêvait encore au Grand Amour...

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Fleur.
    Fleur se laissait porter par l’eau qui lui faisait oublier ses tiraillements et autres petites douleurs. La fraicheur l’apaisait et l’eau la transportait au point d’en oublier même le plus petit bruit aux alentours. Elle était bien, tranquille, fermant les yeux, sentant les quelques herbes de la rive venir lui caresser l’épaule puis ce fut une tout autre caresser. D’abord Fleur sentit les doigts puis la paume de cette main avant de comprendre qu’on allait l’embrasser. Et avant qu’elle ne réagisse autrement qu’en se redressant pour ne pas couler, les lèvres de Flora avait atteintes les siennes pour lui offrir mille sensations qu’elle ne maîtrisa pas longtemps puisque le baiser cessa assez rapidement tendit que la main féminine venait se perdre sur son corps.

    Surprise, interdite, muette, voilà que Fleur ne savait plus où elle en était surtout lorsque Flora fondit en larmes. Bien sûr que l’acte en lui-même la pris par surprise mais plus encore la déclaration de cette nouvelle amie. Fleur n’avait jamais cru en l’amour ni à tout ce que l’on en racontait. Le coup de foudre, les sentiments qui vous assaillent avec voracité, la sensation qu’à deux on peut affronter le monde…. Tout ça était d’une banalité et d’une idiotie à faire pleurer mais lorsque l’écossaise leva son regard sur Flora, quelque chose vint lui étreindre le cœur et chavirer ses entrailles. Alors doucement, elle essuya les larmes de la jeune femme du bout de son pouce avant de continuer sa douce caresse pour venir se perdre sur cette bouche qui avait conquise ses propres lèvres. Elle les dessina avec douceur comme si elle voulait en connaitre chaque courbe et les mémoriser puis sa voix s’éleva doucement dans le silence de la rivière.

    - Je t’interdis de t’excuser Flora… Parler d’amour est une chose bien sérieuse et sans aucun doute d’une grande beauté… on ne demande pas pardon parce que l’amour a frappé à son cœur…

    Puis lentement Fleur approcha son visage de celui de sa compagne et vint lui donner un baiser. D’abord timide, elle s’enhardit rapidement pour laisser parler ses émotions. Émotions dont elle découvrait la teneur un peu plus à chaque instant.

    Le baiser fut d’une tendresse absolue avant que Fleur ne se recule pour faire face à cette compagne bien surprenante. Elle remit une mèche de cheveux derrière son oreille puis l’observa quelques secondes. Si Flora lui avait ouvert son cœur, l’écossaise ne pouvait pas lui dire en retour la même chose. Savait-elle au moins ce qu’était l’amour, elle en doutait elle-même alors avouer par des mots quelque chose dont elle n’avait même pas conscience… Mais l’instant d’après, plutôt que de réfléchir sur ce qui venait de se passer, son corps était venu épouser celui de Flora tandis que ses lèvres reprenaient avec ferveur ses jumelles pour mieux envoûter et la transporter vers un monde de volupté. La candeur de Fleur face à la situation n’avait duré qu’un bref instant. Désormais ses mains prenaient l’initiative de découvrir à leur tour un corps qu’elles ne connaissaient pas, faisant naître moult sensations chez l’une comme chez l’autre des jeunes femmes. Toutefois, ce fut un hennissement qui rompit le charme aussi Fleur fut la plus prompte à se reculer pour chercher aux alentours ce qui se passait. Mais sans pour autant négliger ce qu’elle venait de vivre, elle attrapa de sa main valide celle de sa compagne en murmurant :

    - Sortons de l’eau… sait-on jamais qui nous pourrions croiser…

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Flora.villon
Flora une fois de plus, éprouvait ce sentiment de désespoir si familier... Celui qui parfois lui donnait envie d'en finir, de se pendre à une quelconque poutre de grange... ce qu'elle s'abstenait fort sagement de faire, redevenant joyeuse après quelques temps plus ou moins long.
Mais le poignard plongé dans son cœur à chaque nouvelle déception l'était toujours plus profondément... Et de nouveau elle avait eu cet espoir fou de se voir rendre un amour inattendu, un coup de foudre datant à peine de la veille...
Soudain elle sentit la douceur des doigts de Fleur sur ses lèvres...
Elle ouvrit des yeux agrandis par la surprise, mais non... Fleur ne se jouait point d'elle, comme elle eu put aisément le faire.
La tendresse puis la passion de ses lèvres d'abord, la fougue de son baiser, ses mains caressantes qui exploraient son corps jusque dans ses parties les plus intimes... Elle y répondit avec la même fougue, la même passion, le même amour fou !
Ses lèvres à leur tour rencontrèrent la bouche, le cou de Fleur. Ses mains se perdirent en de doux délices, sur ses seins, ses hanches, ses fesses... Elle se sentit haleter, recommencer, fermer les yeux, envahie de plaisir et d'amour donné et reçu.
Régulièrement des
"je t'aime"franchissait ses lèvres, répétés à l'envie car c'est bien d'amour qu'il s'agissait comme en témoignait son cœur qu'elle sentait palpiter de plus en plus vite.
Brusquement le charme fut rompu...

Sortons de l’eau… sait-on jamais qui nous pourrions croiser…

Un instant elle regarda sa... compagne ? Puis à son tour discerna un hennissement, le galop d'un cheval qui approchait. Elle caressa la main qui avait pris la sienne, lui vola encore un doux baiser, une tendre caresse... Puis les deux femmes sortirent de l'eau, la main de Flora serrant celle de Fleur avec la force d' un semi-noyé qui s'accroche à un tronc d'arbre qui seul peut le sauver. Elles sortirent, ruisselantes et belles toutes deux... Aux rondeurs de Flora répondait la minceur de Fleur, à sa peau bronzée par les voyages sur les routes, la pâleur de sa peau de fille d'Ecosse...
Elle lui sourit, l'embrassa à nouveau en prenant leurs vêtement au sol. Mais il n'était guère aisé tout à la fois d'aider Fleur à remettre sa robe et d'enfiler un corset aux multiples agrafes... le tout à la hâte.
Elle était encore à moitié nue lorsque le cheval se rapprocha, toujours au galop, puis vint jusqu'à elles au pas.
Un cheval sans cavalier !
Flora se mit à rire, mais à rire !
De bonheur, de soulagement de n'avoir pont été surprise dans sa toute nouvelle intimité avec Fleur, d'amour !


Fleur... Ma belle Fleur, je crois que tu as retrouvée ta monture !

A nouveau elle la serra dans ses bras, mais non point de désespoir cette fois, mais d'Amour.
Quand elle rompit leur étreinte, elle lui sourit, effleura son visage du bout de ses doigts...
Les mots n'auraient su en dire plus que cette caresse.
Alors lentement, faisant durer l'opération à l'envie elle lui renfila sa robe, déposant des baisers sur ses seins, finit d'agrafer son corset.
Un sourire de nouveau, puis sa main repris la sienne...

Viens, allons voir si des lièvres se sont pris à mes collets !
Elle resta pieds-nus, aimant le contact un peu humide de la terre des sous-bois, la caresse de l'herbe et des fleurs..
Les caresses de Fleur...

Viens, viens mon aimée...
Son ton se fit grave, sa voix trembla.
Tu ne me quitteras jamais Fleur...? Je t'aime tant...
Nous laisserons les commères parler, qu'importe ! Cela ne manquera point d'arriver, mais qu'est ce que des commérages lorsque l'on s'aime ?

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Fleur.
    Tandis qu’elle tournait la tête, Fleur avait souri en voyant le cheval qu’elle avait loué pour parcourir la distance qui la séparait de sa quête aux plantes. Quelques jours et cela lui avait couté une petite fortune mais elle n’avait aucunement envisagé de faire tout ce chemin à pieds et encore moins revenir jusqu’aux siens avec sur le dos toutes les plantes qu’elle désirait amasser donc la solution avait vite été trouvé et la bête vite acquise. Mais le destin sème toujours le trouble, elle devrait le savoir la brune que jamais rien dans la vie ne se déroule correctement.

    D’ailleurs en parlant de destin, tout en s’avançant vers sa monture après avoir été rhabillée par Flora, l’Ecossaise tendit la main vers le cheval afin de lui offrir une caresse sur le museau. La douceur sous ses doigts comparable à du velours la fit sourire et doucement, elle murmura quelques mots dans sa langue à l’oreille du cheval. Oh rien de compliquer, juste un remerciement d’être revenu jusqu’à elle. Elle aurait été bien embêtée de devoir expliquer au propriétaire du relais où elle l’avait acquis comment ce superbe animal avait pris la tangente et surtout où il se trouvait. Mais alors qu’elle s’apprêtait à faire le tour du cheval histoire de voir s’il ne s’était pas blessé quelque part Flora la détourna de son idée en voulant aller voir les prises des collets. Souriant légèrement, la brune n’y voyait aucun inconvénient, elle s’occuperait du cheval plus tard après tout. Alors prenant les rênes dans sa main, elle se préparait à suivre la jeune femme quand elle se stoppa net.

    Si un peu plus tôt Fleur n’avait pas fait attention aux mots d’amour que Flora lui avouait, il en était tout autre maintenant et un frisson parcourut son dos jusqu’à venir lui mordre avec méchanceté la nuque. Presque avec stupeur, Fleur se rendait compte de la portée de ce que Flora lui disait. Elle soupira, leva avec lenteur son regard sur la brune puis elle lâcha sa monture pour venir se planter devant sa nouvelle amie.

    - Flora… tu me sembles bien précipitée… je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais nous ne nous connaissons que depuis quelques heures et… on ne tombe pas amoureux comme ça par magie…

    L' Écossaise observait son vis-à-vis avant de redresser le menton comme elle le faisait souvent. Provocation ou simple fierté que ses gênes portaient, allez savoir mais ce qui était certain c’était que Fleur n’allait pas lui dire des mots qu’elle ne pensait pas.

    - Ce qui vient de se passer c’était un très beau moment toutefois… l’amour n’a rien à y voir… J’en suis la première désolée car je comprends que tu sembles éprise de moi mais enfin… ça n’a aucun sens. Il y a quelques heures tu ne me connaissais pas…

    Plus rageusement, Flòraidh repris les brides du cheval dans sa paume pour le tirer avec fermeté.

    - Si tu n’y vois pas d’inconvénient, je préfère rentrer à la roulotte. Il va me falloir songer à rentrer. Ma famille va s’inquiéter…

    Adieu les prises au collet, Fleur réfléchissait en avançant doucement. Cet amour dont parlait Flora la contrariait complètement. Déjà elle ne comprenait pas que ça puisse arriver et surtout avec autant de vigueur. En se laissant aller à quelques instincts qu’elle avait ressenti elle ne pensait pas que cela aurait été jusqu’à une déclaration de ne pas quitter la brune. Après tout, que savait-elle d’elle et inversement ? Certes rien… Et ça, cela faisait la différence dans toute situation.

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